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Caquins et Caquineries

dans l�ancien dioc�se de Saint-Brieuc

 

 

      La base de cette �tude repose sur le texte de l�aveu du 21 novembre 1690 de Monseigneur Louis Marcel de Co�tlogon, Ev�que de Saint-Brieuc, au Roi Louis XIV.

 

 

Dans ce texte, le r�dacteur nous informe qu�il existe dans cet �v�ch� : � certaines familles de gens appellez les Caquins, lesquels sont r�put�s serfs de lՎglise, demeurants en certains lieux appellez les Caquinneries qui � �. L�ancien �v�ch� de Saint-Brieuc est le seul des anciens �v�ch�s bretons  dont la liste des caquineries, qui sont au nombre de vingt-deux, nous semble la plus compl�te car il n�y a aucune caquinerie dans cet �v�ch� qui soit au domaine royal, voil� pourquoi les caquins du dioc�se de Saint-Brieuc sont dits � serfs de l�Eglise �. Cet aveu qui nous reste est cependant post�rieur � la r�union de la Bretagne � la France ; mais on ne peut douter qu�il constate un �tat ancien cr�� par les Ducs de Bretagne et continu� par les Rois de France.

 

     Les noms de Caquin, caqueux, en breton : � kakous �, apparaissent dans les textes progressivement � partir du XVe si�cle, o� ils ont remplac� les noms de L�preux, ladres, malornez ou m�seaux. Ceci nous conduit � faire un bref historique de la l�pre et des l�preux � partir du Moyen �ge, puis � �tudier la condition des Caquins, qui sont les descendants des l�preux. Pour finir par une �vocation des Cordiers qui remplaceront peu � peu les caquins � la fin du XVIIe si�cle dans le dioc�se jusquՈ la R�volution.

 

- La L�pre et les l�preux

      La l�pre est une maladie chronique provoqu�e par une mycobact�rie, d�couverte en 1872 par Armauer Hansen. C�est une maladie proche de la tuberculose, qui se d�veloppe sur de longues ann�es, et dont le rem�de n�a �t� trouv� qu�au milieu du XXe si�cle. On a d�abord utilis� une monoth�rapie aux sulfamides. Actuellement on utilise une poly-chimioth�rapie pour �viter les r�sistances. Le boulle de la l�pre ou boulle de Hansen se divise tr�s lentement, ce qui fait la haute chronicit� de la maladie.

 

     Auparavant, cette maladie �tait incurable, et les nombreuses mentions faites dans les anciens documents � des l�pres gu�ries montrent que l�on d�signait souvent sous ce mot d�autres maladies de peau, d�ailleurs souvent difficile � identifier.

 

      La l�pre se multiplie lentement et la p�riode d�incubation de la maladie est d�environ cinq ans, mais les sympt�mes peuvent n�appara�tre qu�au bout de vingt ans. Cette maladie n�est pas tr�s contagieuse. Elle est transmise par des gouttelettes d�origine buccale ou nasale, lors de contacts �troits et fr�quents avec un sujet infect� et non trait�. Cette maladie attaque les nerfs, la peau, les ganglions lymphatiques, couvre le derme de pustules et de plaques puis d�forme et ronge les doigts et les orteils.

 

      La l�pre qui s�vissait depuis les temps anciens de fa�on end�mique est surtout apparue chez nous � la suite des Croisades, car on peut imaginer que des crois�s et des p�lerins  revinrent contamin�s de Terre Sainte en particulier � partir des XIIe et XIIIe si�cles.

 

      Cette maladie �tait tr�s mal connue au Moyen Age, il suffit de voir comment Ambroise Par� en 1585, dans son livre au chapitre XI � Du prognostic de Lepre � parle de cette maladie : � La Lepre est une maladie hereditaire et contagieuse, quasi comme la peste, et du tout incurable, comme aussi souvent est la peste. � Il ne fait malheureusement que d�crire ce que pensait l�opinion publique depuis des g�n�rations en Bretagne mais aussi en France.

     Il s�est forg� sur les l�preux un certain nombre de fantasmes : ainsi : l�homme atteint de la l�pre ne pouvait plus gu�rir, il devait transmettre son mal � tout ce qui entrait en communication avec lui, ses enfants portaient en eux le germe de la maladie. On retrouve aussi  des �crits surtout � partir du XVIIIe si�cle, on peut citer, par exemple, le Dictionnaire  de la langue bretonne, de dom Le Pelletier, publi� en 1752 mais compos� d�s le d�but du si�cle, o� il est �crit � l�article � Cacous � : � Ils sont cens�s descendus des Juifs dispers�s apr�s la ruine de la sainte Cit� de J�rusalem (�), la populace aura attribu� (leur) s�paration la l�pre Juda�que, que la Loi Sainte excluait de tout commerce avec les sains  � � et � l�article � Lorganac�h � : � Nos Bretons se sont imagin�s que tous les L�preux sont de race Juive et les ont en horreur. � Cette r�f�rence aux Juifs est d�autant plus remarquable que ceux-ci furent toujours peu nombreux en Bretagne depuis lՎdit d�expulsion du duc Jean Le Roux en 1240. Avant 1940 un mythe de la l�pre s�vissait  encore, puisqu�il �tait question dans une publication en 1939 de L�pre autochtone  bretonne : maladie de Morvan ou syringomy�lie ? au sujet de laquelle nous trouvons encore � la fin du XXe si�cle des publications de th�ses de m�decine sur le sujet.

                                                                                                                                                              

      Cette fantasmagorie n�a pas �pargn� l�Eglise, car elle avait elle-m�me institu� un c�r�monial imposant, relevant de l�office des morts, consacrant la s�paration perp�tuelle du l�preux qui ne devait plus para�tre en public pour ne pas affecter la population encore saine. Le malade �tait exhort� � la patience, � la r�signation : on lui expliquait les conditions de sa nouvelle existence. Il ne devait plus para�tre en public sans son costume de l�preux. Il ne devait pas marcher pieds nus, para�tre au four, au moulin. A lՎglise, il devait rester pr�s de la porte, � la place assign�e � ses semblables. Il ne devait pas se laver dans les ruisseaux, ni puiser aux sources, sinon avec un vase sp�cial. Il ne pouvait manger qu�avec des l�preux, dans les march�s ne toucher aux denr�es que du bout de sa baguette et ne recevoir les aum�nes que dans son baril. Il ne devait parler � personne qu�en se pla�ant sous le vent, et annoncer son approche par le bruit de sa cr�celle. Ses restes devaient reposer dans un cimeti�re particulier. Les l�preux sont pour les soci�t�s du Moyen Age des hommes impurs, des parias, qui apr�s un tel c�r�monial sont � morts quant au monde �.                                                                                                                                                                                                                                                                                               - Les L�proseries

     Les l�proseries que l�on trouve parfois sous les noms de Ladreries, Maladreries, ou m�me par d�formation Maladrie, sՎtaient �tablies progressivement � lՎcart des villes ou bourgs o� la g�n�rosit� de lՎglise, de communaut�s religieuses, ou m�me parfois dans des domaines seigneuriaux. Les l�preux nՎtaient pas tenus d�habiter ces � h�pitaux �. Souvent on les laissait dans leur propre demeure, avec les pr�cautions convenables ; mais ils n�en �taient pas moins sous la protection de l�Eglise.

 

     Cependant certains, quoi que possesseurs de biens, habitent dans des l�proseries ; ainsi en mai 1271, un l�preux Thomas Maloste r�sidant � la l�proserie du Gouray, renonce, devant le recteur et son vicaire, � tous ses droits dans la for�t de Boquen au profit des moines de l�abbaye de Sainte-Marie de Boquen. Il n�appara�t dans cet acte de la fin du XIIIe si�cle aucune trace de servage.

 

     Lors d�un bapt�me � H�non, nous trouvons encore en 1700, comme lieu de naissance : la Maladrie de H�non. Nous trouvons �galement une maladrie � Pl�dran. Dans l�histoire de Tr�daniel,  les l�preux �taient accueillis pr�s d�un prieur� (le prieur� de la Madeleine) pr�s duquel il existait une maladrerie.

    

 

- Les descendants des l�preux : les Caquins

      A partir du moment o� les caquins se livrent au m�tier de cordier, c�est qu�ils ne sont plus atteints de la l�pre, car le m�tier de cordier est avant tout un m�tier tr�s manuel.

 

 

La l�pre, on le sait, provoque des l�sions cutan�es et nerveuses qui entra�nent des l�sions progressives et permanentes des membres en particulier. Celles-ci n�auraient pas permis � un l�preux de pr�parer le chanvre, de le teiller et de le peigner, pour le d�barrasser des d�bris et de s�parer les fibres en fils tr�s fins pour finalement le filer avec autour de sa taille, une touffe de chanvre en bataille, que ses mains de prestidigitateur vont transformer en corde. Non, aucun l�preux n�a jamais fait ce travail et nos historiens du XIXe si�cle, qui nous ont laiss� entendre ces fantasmes, se sont d�lib�r�ment tromp�s.

 

       Plus sՎloignaient les causes qui avaient pu justifier la mise � lՎcart des l�preux, plus ceux-ci faisaient semble-t-il d�efforts pour rentrer dans la vie commune. La plupart d�entre eux n�avaient plus aucune trace de l�pre et pourtant l�opinion publique se pronon�ait de plus en plus contre eux. C�est sans doute la confusion avec les pestes qui mirent la Bretagne en coupes r�gl�es, dans les XVe, XVIe et XVIIe si�cles. Toujours est-il que les descendants des l�preux, que l�on commen�ait � d�signer le plus souvent sous les qualifications de caquins et caqueux ne trouv�rent plus autour d�eux que d�fiance, haine et m�pris. La Bretagne, avec les caquins, eut v�ritablement alors � sa race maudite �.

 

       La l�gislation vint bient�t fortifier ce sentiment et lui donner une sanction que l�on n�avait pas rencontr�e jusqu�alors, puisque les l�preux avaient b�n�fici� des habitudes charitables de lՎglise, mais le pouvoir civil, en se substituant peu � peu au pouvoir religieux vint, � partir du XVe si�cle, �dicter des textes pour r�gir ces � parias �.

 

      Le 12 f�vrier 1425 le duc Jean V dans ses constitutions, � Touchant les meseaux.� interdit � ceux-ci de faire du commerce et �� pour ce que c�est maladie  contagieuse, � � �� et que nos juges dessus les lieux les fassent s�parer d�avec les autres. � Toutefois le 16 avril 1447 le duc permet aux caqueux de prendre des terres � louage dans lՎv�ch� de Vannes comme ailleurs sans doute.

 

      Le 18 d�cembre 1456, Pierre II rend une longue ordonnance sur les fouages (l�imp�t pay� par chaque feu). Les caquins sont exempts de cette taxe : le duc apparemment va se borner � constater cette exemption. Mais, il commence par rappeler que � caqueux, malornez et ladres� � doivent �� vivre du mestier de cordage et de faire des mesures de  bois � bled et aultres ouvrages � �. Puis, il leur fait grief d�� affermer h�ritages et y font labourage et aussi marchandent publiquement de plusieurs marchandises aultres que celles que doibvent faire, dont en sont partie d�eulx grandement enrichis, � �.

 

      Mais, en 1475, toutes les dispositions prises par le duc Pierre II sont chang�es par un mandement de Fran�ois II qui va mettre les caqueux dans une situation mis�rable qu�ils ne connaissaient plus depuis de longues ann�es.

 

      Le 5 d�cembre 1475, le duc leur interdit le m�tier de faiseur de mesures de bois que son pr�d�cesseur, le duc Pierre en 1456, leur reconnaissait � comme accoutum� d�anciennet� �. Voil� supprim� leur gagne-pain de l�hiver. Le duc leur interdit de prendre aussi � ferme des terres, sous peine de confiscation ; et il interdit � tout sujet de les donner � bail, sous la m�me peine ; enfin le duc prescrit � � tous les caqueux hommes et femmes, quand ils sortent de la maladrerie, de porter en lieu apparent de leur v�tement la marque rouge �.

 

      Le 14 juin 1477, le duc Fran�ois II dans une ordonnance att�nue les s�v�rit�s de l�ordonnance de 1475 en faveur des caquins de Saint-Malo et vraisemblablement valable ailleurs. Il fut repr�sent� au duc que les familles de caqueux �taient nombreuses, que la cessation de leur labourage et sans doute aussi de leur m�tier de barattier, les r�duisait � mourir de faim ; qu�il leur faudrait se mettre � mendier au-dehors. Le duc compris le danger du vagabondage des caquins qu�il se voyait impuissant � emp�cher, et crut apparemment le pr�venir en autorisant la ferme des terres ; mais avec quelle parcimonie !

 

     C�est dans cette ordonnance de juin 1477 que l�on trouve cette phrase : � Nos autres sujets non estant de leur vacation et secte � � ( nos sujets sains et non suspects (dՐtre) de leur secte), voil� comment � la fin du XVe si�cle, on suspectait les caqueux en Bretagne ducale.

      Les juges ducaux sont charg�s de reconna�tre le nombre de personnes en chaque m�nage, et, sur ce nombre, ils appr�cieront � la quantit� de terre dont le louage est n�cessaire � chaque m�nage pour sa substantation � ; et ils autoriseront les baux de champs au plus proche des caquineries, mais seulement pour trois ann�es.

 

      On s�explique mal le parti pris des ducs Pierre II et Fran�ois II contre l�aisance, la richesse des h�tes des caquineries. On ne comprenait pas, � cette �poque, que l�aisance, prix m�rit� du travail honn�te, devait avoir pour cons�quence plus de bien-�tre, de propret�, d�hygi�ne,   qui sont les conditions indispensables pour la cessation de la l�pre. Mais on peut aussi penser que, les voisins des caquineries aient �t� jaloux de l�exemption des fouages dont b�n�ficiaient les caquins et se plaignirent au fermier des fouages, qui n�a jamais assez de d�biteurs et que sur ces motifs, les ducs vont punir les caquins de leurs obstinations � ne pas acquitter cette taxe minime, en leur interdisant de louer ou d�acheter des terres et de vendre les produits de ces terres.

 

     Au point de vue de l�imp�t, l�aveu de 1690 nous pr�cise que les caquins � � ne devaient aucun fouage au Roy et ne payent aucune rente ny devoirs au dit seigneur Evesque pour leurs dites maisons nomm�es caquinneries, mais tous ensemble luy doivent payer une taille de vingt livres monnoye au premier jour de chaque ann�e � �. Voil� peut-�tre pourquoi dans les si�cles pr�c�dents les caquins �taient jalous�s et r�put�s ais�s par la population environnante au point que les Ducs dans leurs ordonnances cherch�rent � limiter leur suppos�e aisance. Une taille de 20 livres pour l�ensemble des caquins du dioc�se, m�me en supposant qu�il y ait une soixantaine de familles (52 caquins assujetis � lՎgail de 1635) cela fait un imp�t de 4 sols ou 48 deniers par caquins ou famille de caquins. Quand on sait qu�un artisan ou un laboureur payait 2 � 3 livres de capitation � cette �poque (capitation de Langueux en 1696). Cependant les caquins �taient � contraignables � les uns envers les autres du paiement de cette taille car en cas de non-paiement, le premier pris par les officiers de lՎv�que restait responsable devant ses semblables, sauf s�il introduisait un � recours vers les autres �.

 

     Juridiquement, les caquins, parce qu�ils habitaient dans les caquineries et bien qu�ils � soient en diverses juridictions dans le dit dioc�se, leurs dites caquinneries et eux y demeurants, ne sont toutefois justiciables que du dit seigneur Evesque, tant du r�el que du personnel. � Autrement dit les caquins �taient toujours justiciables de la juridiction des R�gaires de lՎv�ch� de Saint-Brieuc, quelle que soit la ou les juridictions, hautes, moyennes ou basses, pouvant se trouver sur le territoire de leur paroisse.

 

     Cependant en f�vrier 1737, le Comte de Toulouse, Duc de Penthi�vre fait r�diger un � M�moire touchant le droit de fief, mouvance et juridiction pr�tendue par monsieur lՎvesque de Saint Brieuc sur les caquins ou cordiers demeurants dans plusieurs paroisses du Duch� de Penthi�vre dans les quelles son altesse s�renissive le comte de Toulouze a l�universalit� de fief � �. Ce m�moire r�dig� semble-il par les notaires du Duc est trait� en sept points, mais il n�a sans doute jamais �t� soumis au Parlement de Bretagne.

 

     Il se produisit chez les caquins, du fait de leur mise � lՎcart, une situation endogamique avec pratique des unions consanguines au quatri�me et troisi�me degr� apr�s dispense de lՎv�que de Saint-Brieuc, mais il y eut aussi des unions consanguines au deuxi�me degr�, avec dispense du Pape. Il y eut m�me des mariages annul�s jusquՈ dix huit ans plus tard pour cause de consanguinit�, avec un second mariage dans une autre paroisse, les enfants n�s entre les deux mariages �tant consid�r�s comme naturels ont d� �tre l�gitim�s lors de ce second mariage. Car pour se marier les caquins n�avaient d�autre ressource que la recherche de conjoints �ventuels dans les autres caquineries et pas seulement du dioc�se, comme nous le verrons en parlant des caquineries et des patronymes qui y persist�rent.

 

     On recherche en vain une �tymologie au mot caquin et il existe comme toujours des sources qui sont peu vraisemblables et rel�vent de la fantasmagorie, la seule �tymologie qui pr�sente une certaine vraisemblance, nous semble �tre celle-ci : tout l�preux comme nous l�avons dit �tait porteur d�un petit baril pour recevoir le breuvage que la charit� lui offrait. En vieux fran�ais, ce baril se nommait caque, caquet ou caquin. D�o� une extension possible � son porteur. Le mot caquin ou caqueux d�signerait donc les descendants pr�sum�s des l�preux. Mais comment ce terme a-t-il  surv�cu � la l�pre ?

 

-Les Caquineries

      O� trouvait-on des caquineries dans lՎv�ch� de Saint-Brieuc ? L�Aveu de 1690 nous donne la r�ponse

 

 

puisqu�il pr�cise qu�il existe des caquineries dans l��� �vesch� de Saint Brieu(c), scavoir aux paroisses de Saint Michel de Saint Brieu(c), Pl�rin, Pl�quien, Plouha, Pl�h�del, Pl�lo, Tr�gommeur, Quintin, Pl�dran, Quessoy, H�nnon, Loud�ac, Plumieux, Tr�daniel, Le Gouray, Maro��, Ruca, Erquy, Pl�neuf, Planguenoual, Hillion et Yffiniac, auxquels lieux   le chacuns des dits nommez Caquins, ont cymetiers s�parez des autres paroissiens, � �.

 

     On peut se rappeler que ces cimeti�res hors du bourg pour les victimes de la peste aux XVIe, XVIIe si�cles ont �t� une habitude au cours des �pid�mies o� on enterrait les � contagi�s � dans des cimeti�res sp�ciaux, on avait fait de m�me pour les l�preux et l�on ne cessa cette pratique que  vers la fin du XVIIIe si�cle en g�n�ral, mais � Marou� on enterrait encore � part les cordiers en 1832.

 

Notons une coutume que les Caquins conform�ment � l�Aveu de 1690 � doivent au jour de visites des paroisses o� ils demeurent respectivement chacun m�nage au dit seigneur Evesque ou � son grand vicaire faisant la dite visite un licoul de corde pour servir aux chevaux des visiteurs �.

 

     Mais le texte de l�aveu ne nous pr�cise pas l�emplacement de la caquinerie dans la paroisse, aussi nos recherches se sont port�es sur les noms de villages dans les premiers cadastres de chaque commune ayant succ�d� aux dites paroisses. Ces recherches se sont r�v�l�es la plupart du temps infructueuses et nous nous sommes tourn�s vers les lieux-dits. Nous trouvons sur les vingt deux caquineries de 1690 : � Saint-Brieuc une rue de la caquinerie et un lieu-dit la caquinerie � Pl�h�del,  � Tr�daniel, il y avait, autrefois, un lieu-dit la caquinerie encore sur les cadastres d�but XIXe. La plupart du temps nous trouvons surtout le nom de corderie qui a succ�d� � une caquinerie, ainsi � Pl�rin, Erquy, Pl�neuf, Planguenoual, Pl�lo, Marou�, Quessoy, Ruca, Loud�ac et sans doute Yffiniac. On trouve dans deux communes le nom de maladrie, d�formation de maladrerie  � H�non et � Pl�dran. A Quintin, dans le faubourg du Vau-de-Gou�t, on trouve la madeleine ainsi quՈ Plumieux.  Dans cinq communes, nous n�avons pu, � ce jour, trouver l�emplacement de la caquinerie.

 

     Nous ne pouvons pas �tudier ici toutes les caquineries de l�ancien dioc�se de Saint-Brieuc et nous avons d� faire un choix dans celles o� nous poss�dons actuellement le plus dՎl�ments :

 

-       a) La caquinerie de Saint-Brieuc

 

 

     La caquinerie de Saint-Brieuc dont nous trouvons l�emplacement sur un plan du XIXe , de la ville de Saint-Brieuc au d�but du XVIIe (Plan Geslin de Bourgogne) et dont il reste un nom de rue situ� derri�re l�ancien abattoir rue Notre-Dame. L�, pr�s de la chapelle saint Armel (St- Hermel, acte de 1653) qui para�t avoir �tait r�serv�e aux caquins, se trouvait la caquinerie proprement dite, la fontaine qui leur �tait sp�cialement affect�e (fontaine es-caquins), une corderie, une maladrerie et vraisemblablement un cimeti�re. Nous apprenons, au travers des textes, que les caquins allaient aux offices � lՎglise Saint-Michel o� une place leur �tait r�serv�e dans le bas de la nef, pr�s de l�entr�e mais ceux-ci nՎtaient surtout pas enterr�s dans lՎglise ou le cimeti�re proche.

 

      Cette caquinerie  sise en bordure du fief de Boisboissel, pourrait laisser penser que celle-ci ait �t� institu�e par les seigneurs du Boisboissel, avant dՐtre int�gr�e au r�gaire de lՎv�que par la suite.

 

     Parmi les noms rencontr�s � la caquinerie de Saint-Brieuc, nous pouvons citer : les Rouault, les Touesnon, les Havet. Il nous semble qu�il n�y avait dans cette caquinerie que trois ou quatre familles.

 

 

Dans le registre paroissial des bapt�mes de lՎglise Saint-Michel, nous trouvons en 1630 une naissance enregistr�e en fin de registre et sous le titre � Caquins � et � suivre une naissance d�un enfant ill�gitime. C�est dire, comment �taient consid�r�s les caquins � cette �poque. Un incident �clate lors d�une inhumation en 1647, voici ce que l�on trouve  dans le registre des s�pultures : "le treiziesme jour de may mil six cent quarante et sept est d�c�d� en la communion de la Saincte Eglise Gilles Havet, cordier, lequel apr�s avoir �t� administr� des saincts sacrements a �t� ens�pultur� dans le simetiere de St Michel et du depuis, la nuit d'entre le mercredi et jeudi, d�terr� par la populaire comme �tant de la race des caquins. Sign� Jan Boujart". Nous retrouverons des incidents de ce type � Pl�rin, Erquy, Marou� et Planguenoual.

 

 

- b) La caquinerie d�Erquy

     La caquinerie d�Erquy, connue actuellement sous le nom de corderie �tait proche de la maladrerie du Saint-S�pulchre, cette caquinerie a �t� �tudi�e par Jean-Pierre Le Gal La Salle dans le tome I de l�Histoire d�Erquy. Nous nous sommes permis d�en reprendre des extraits.

 

 

     Cette caquinerie se trouvait au carrefour du chemin de Pl�neuf � la Bouche et du Bourg d�Erquy � Lamballe par la Croix-Rouge. Le cimeti�re primitif se trouvait au pied de la chapelle du Saint-S�pulchre ou chapelle Saint-Pierre. Ce lieu ayant �t� donn� aux Ursulines de Lamballe, les caquins furent enterr�s ailleurs.

 

     Parmi les familles ayant v�cu � la caquinerie, on peut citer : les Havet, les Ligeret, les Touesnon et les Rouault, auxquelles pouvaient �ventuellement se joindre des caquins venus d�ailleurs, Pl�neuf, Planguenoual et autres paroisses plus lointaines, comme des Denis ou des Carsimon, caquins dont la pr�sence � Erquy fut �pisodique. Au XVIIIe si�cle on compte de quatre � six m�nages, inscrits sur la liste de la capitation d�Erquy.

 

     Le premier caquin connu d�Erquy �tait Alain Havet qui en 1583 poss�dait un champ le long du chemin allant � de la Caquinerie au bourg d�Erquy �, cette famille Havet fit des alliances avec des caquins de Marou�, de Pl�neuf et de Planguenoual et disparut d�Erquy au milieu du XVIIIe si�cle apr�s un incident dont il sera question ci-apr�s. Le caquin Pierre Touesnon appara�t vers 1640. En 1659 le recteur nota que sa fille Catherine � fut inhum�e dans le cimeti�re de la Caquinerie �. Cette famille Touesnon eut des alliances avec des familles de Pl�neuf, de Marou�. Une autre famille, les Rouault se trouvaient � Erquy en 1680 il y eut dans cette famille un fait curieux : Le 9 novembre 1706, se mariaient � Planguenoual, Simone Havet et Fran�ois Rouault. Ce mariage devait �tre annul� 18 ans plus tard pour cause de consanguinit�. Lors de la visite du vicaire �piscopal de Saint-Brieuc il s�aper�ut qu�ils n�avaient pas demand� de dispense de consanguinit�, aussi le 12 mai 1724 ils se mari�rent une seconde fois � Erquy apr�s avoir obtenu une dispense de l'�v�que. Entre les deux mariages, ils ont eu cinq enfants, consid�r�s comme naturels, qui ont �t� l�gitim�s lors du second mariage.

     Si la situation des caquins paraissait  ais�e au XVIIe si�cle (ils poss�daient des terres en dehors de la caquinerie proprement dite)  et dans lՎgail de 1635, ils payaient pour quatre familles la somme de quarante-six sols, seule la caquinerie du Gouray payait quarante-sept sols.Par contre ces caquins semblent avoir p�riclit� au XVIIIe si�cle. En t�moigne la vente de plusieurs de leurs biens. En 1721 se d�roul�rent � Erquy des �v�nements qui rappellent �trangement ceux de Saint-Brieuc de 1647, de Pl�rin en 1690, de Pl�neuf en 1694 et de Planguenoual en 1716. Le 4 avril 1721 meurt le caquin Julien Havet �g� de 102 ans ? Le recteur, en ex�cution des arr�ts du Parlement, autorisa son fils � le faire inhumer dans lՎglise, mais � cause de � l�opposition de plusieurs particuliers � ne l�inscrivit pas au registre. Dans la nuit suivante � les dits particuliers forc�rent la porte de lՎglise, d�terr�rent le corps et le port�rent au seuil de la maison de son fils � la caquinerie, en tirant plusieurs coups de fusil avec des menaces �.

 

     Le lendemain matin, le fils enterra lui-m�me son p�re dans l�ancien cimeti�re de la caquinerie et se rendit ensuite � Saint-Brieuc pour d�noncer ce fait au substitut du S�n�chal. Le 10 avril, ce dernier � descend � � Erquy, fait exhumer le corps puis inhumer dans le cimeti�re et d�fendit toute inhumation de qui que ce soit � hors du cimeti�re ou de lՎglise � �. Trois jours apr�s, dans la nuit, � les malfaiteurs continuant leur impi�t� � d�terrent une seconde fois le corps et le remettent � la porte de ses enfants � �. Ceux-ci n�os�rent plus l�enterrer hors du cimeti�re de peur de tomber sous le coup de la justice, ni dans le cimeti�re de peur de nouveaux incidents, ils le gard�rent devers eux � dans l�esp�rance de le faire r�enterrer en terre sainte �.

 

     Le fils du d�funt s�en retourna � Saint-Brieuc pr�venir le substitut. Celui-ci au lieu de � sՎmouvoir de telles impi�t�s � se d�clara � indispos� � �. Le fils n�eut alors d�autre ressource que de se tourner vers le Parlement de Bretagne. Le 29 avril 1731, le Procureur G�n�ral fait � remontrance � au Premier Pr�sident de Brillac, d�enjoindre au S�n�chal de Saint-Brieuc de faire � enterrer le corps en terre sainte � et de faire publier des monitoires afin de d�couvrir l�identit� des � particuliers �.

 

     Il ne semble pas que cette affaire eut des suites. Julien Havet d� retourner au cimeti�re des caquins car il n�etait pas inscrit au registre des s�pultures. En revanche, on y trouve � la date du 2 juin le nom de son fils que ces �motions avaient conduit de la vie au tr�pas. A partir de cette date, aucun caquin ni cordier d�Erquy nՎprouva l�ostracisme s�culaire de ses concitoyens.

 

- c) La caquinerie de Pl�rin

     On avait l�habitude de dire que la caquinerie de Pl�rin se situait au S�pulcre, or en consultant r�cemment le cahier paroissial de Pl�rin, nous avons trouv� pour l�ann�e 1690 un texte datant de la deuxi�me moiti� du XIXe si�cle

 

 

et donnant des pr�cisions sur l�emplacement de la caquinerie de Pl�rin : � Ils habitaient le lieu nomm� encore aujourd�hui la Corderie et avaient un cimeti�re � proximit� de leur village, � � Mais � Lorsque les Etats de Bretagne firent ouvrir en 1773 la nouvelle route de Lanvollon, maintenant ancienne route de la C�te-aux-Roux, le trac� traversa le cimeti�re des cordiers et les ouvriers mirent � d�couvert une certaine quantit� d�ossement. Le cimeti�re d�ailleurs avait �t� abandonn� d�s 1690, en suite d�un arr�t du Parlement qui ordonna que l�inhumation des cordiers se fit dans le cimeti�re commun �.

 

     Comme � Saint-Brieuc et � Erquy � des sc�nes scandaleuses � se produisirent � Pl�rin  au mois de d�cembre 1690. En effet : � � cette mesure (l�inhumation des cordiers dans le cimeti�re commun) suscite dans le quartier de la Boissi�re, une v�ritable �meute. Le premier cordier qui mourut, Mathurin Havet, apr�s avoir �t� d�pos� � lՎglise et d�pos� dans le cimeti�re commun, fut exhum� la nuit suivante et transport� dans une ruelle � o� il fut retrouv� le lendemain. Le Recteur proc�da � une nouvelle inhumation. Nouvelle exhumation la nuit suivante ; la bi�re du malheureux fut port�e � la porte du presbyt�re contre laquelle on l�appuya debout et la premi�re personne qui sortit le lendemain faillit �tre �cras�e.�

 

     Pour �viter de nouvelles profanations, le recteur sur l�avis du procureur fiscal, inhuma le cadavre dans lՎglise. � On ne l�y laissa pas davantage. Une bande de forcen�s, arm�s de pioches, y fit le lendemain, 28 octobre irruption � l�issue de la grand�messe, au moment o� le Recteur donnait la communion, et l�, en pr�sence du S. Sacrement, d�terr�rent les restes de l�infortun� Havet et le transport�rent au bas du chemin du Colvez d�o� le Recteur le fit de nouveau enlever et r�int�grer dans lՎglise �.

 

     Mais le recteur nՎtait pas encore au bout de ses peines, car : �� ces �nergum�nes, ne se trouvent pas pour battus et voulant � tout prix emp�cher que le corps du malheureux parias fut enterr� en terre sainte, revinrent � la charge le 30 octobre, excit�rent la population � se joindre � eux et n�y pouvant parvenir, se rendent la nuit suivante � l�une des portes de lՎglise, celle de la chapelle S.Yves, qu�ils enfonc�rent avec des barres de fer et exhum�rent pour la 4e fois, l�objet de leur haine et le transport�rent au loin accompagnant leur marche de coups de fusils �. La notice ne pr�cise pas ce qu�il est advenu du corps du malheureux.

 

     Un arr�t de la cour royale condamna les principaux auteurs des troubles � �tre fustig�s pendant trois jours de march�s cons�cutifs, aux divers carrefours de Saint-Brieuc et ils furent exil�s ensuite de la paroisse et de toute lՎtendue de la juridiction royale, sous peine de mort , s�ils �taient repris.

 

     Parmi les caquins ayant habit� la caquinerie de Pl�rin, nous trouvons dans la notice de la paroisse, un �tat dress� le 8 janvier 1635 par l�official, qui constate l�existence � Pl�rin de cinq chefs de famille participant � la taille annuelle per�ue par lՎv�que du fait de sa juridiction sur les caquineries du dioc�se. A savoir :

 

                    Gilles Havet, fils Alain, impos� � 10 sols

                    Sylvestre Kersauson �����...1 sol

                    Simon Havet���������5 sols

                    Yvon Totivin�������......16 sols

                    Simon Totivin��������...5 sols

 

     La caquinerie de Pl�rin payait  donc � cette �poque 37 sols de taxe, soit une moyenne de 7,4 sols par caquin, or il fallait que l�official trouve 20 livres ou 400 sols (sans compter les vacations des officiers, des �gailleurs et des collecteurs), entre les 22 caquineries de la juridiction de lՎv�que, une soixantaine de familles pouvaient donc participer � la taille annuelle, ce qui nous donne entre trois ou quatre familles en moyenne dans chaque caquinerie.

 

     On trouve aussi dans des naissances au tout d�but du XVIIIe � Pl�rin des Denis et des Rouault, on note dans les bapt�mes d�enfants que les parrains et les marraines sont aussi des caquins. Dans les registres paroissiaux, on trouve pour l�ann�e 1681 la s�pulture d�un cordier du � village de la vall�e � inhum� au � lieu accoutum� �, cimeti�re des caquins, au Colvez, sans aucun doute. Mais en 1710 la s�pulture d�un cordier eut lieu au � cimeti�re paroissial de Pl�rin �. L�arr�t du Parlement avait �t� enfin respect�. Mais la discrimination vis � vis des caquins �tait, l� aussi, compl�te.

 

-       Les Cordiers

 

 

      M�me si les caquins exer�aient le m�tier de cordier qui leur avait �t� impos� par les ducs de Bretagne, leurs descendants, anciens caquins rest�rent pour la plupart dans les caquineries o� ils �taient n�s gr�ce aux droits de jouissance presque gratuits bien que transmissibles qu�ils avaient acquis sur les biens de leurs parents dans les caquineries. Ils h�rit�rent pour longtemps encore de l�aversion que leurs p�res avaient encourue, et rest�rent soumis � quelques mesures d�exception que la n�cessit� avait pu justifier quand elles furent �dict�es contre les l�preux.

 

     Cependant dans les registres paroissiaux, � compter du d�but du XVIIe si�cle, ils sont de plus en plus nomm�s Cordiers et m�me Cordi�res, lors de mariages. Ils sont devenus � cause de leur ascendance une � race � part � puisqu�ils sont les seuls � exercer ce m�tier car ils ont le savoir faire et personne ne voudrait exercer un m�tier auquel se rattache tous les fantasmes qui entourent les l�preux et les caquins.

 

- Les Corderies

     C�est sous ce nom que l�on trouve encore l�emplacement ou la proximit� des anciennes caquineries. Mais il ne faut pas confondre ces corderies avec celles qui ont �t� cr��es au XIXe si�cle au voisinage des ports comme au L�gu� � Saint-Brieuc ou � Pl�rin par exemple o� l�on trouve � cette �poque plusieurs corderies de cr�ation r�cente. Les caquins qui avaient achet� des terres en dehors du p�rim�tre de la caquinerie sur d�autres seigneuries et juridictions s�y �tablirent progressivement, cr�ant des lieux-dits corderies. Voil� comment un certain nombre de caquineries sont connues � partir du d�but du XIXe sous le nom de corderies. C�est g�n�ralement ce nom que l�on trouve dans les cadastres dits napol�oniens.

 

     L�aveu de 1690, sur lequel nous nous sommes appuy�s puisqu�il est  le seul texte existant sur cet ostracisme s�culaire, semble d�pass� � cette date, car il parle de caquins, alors que les actes, que nous avons largement consult�s, parlent toujours de cordiers comme d�ailleurs les registres paroissiaux. Il semble bien que cet aveu ne soit qu�une copie d�aveux ant�rieurs qui en 1690 ne sont plus, la r�alit� puisque les actes notariaux et les registres depuis presque cinquante ans nous parlent de corderies et de cordiers. On peut donc conclure, que depuis le milieu du XVIIe si�cle, les cordiers avaient remplac� les caquins dans le langage courant. Les caquins et les caquineries, que l�on trouve dans les textes � partir du XVe si�cle, ont disparu vers la fin du  XVIIe si�cle pour �tre remplac�s par les cordiers vis � vis desquels on garde la m�me intol�rance malgr� les nombreux jugements du Parlement de Bretagne qui en 1690 avaient proclam� la disparition totale de la l�pre et la r�int�gration des caquins ou cordiers dans tous leurs droits, qui ne seront reconnus quՈ la R�volution et dont le souvenir ne commencera � s�estomper en Bretagne qu�au milieu du XIXe si�cle.

 

     Pour conclure permettez-moi de reprendre les derni�res phrases de la notice du recteur de Pl�rin, qui a �crit dans le livre de paroisse, apr�s 1850 :

� En 1789, et de m�me de nos jours, les pr�jug�s si injustes qui existaient autrefois contre les caquins, restaient encore dans toute leur force.  Une famille se fut cru d�shonor�e si un de ses membres avait contract� une alliance avec eux. Mais, depuis une cinquantaine d�ann�es, les progr�s aidant, on a �t� un peu moins susceptible ; un certain nombre de jeunes gens et de jeunes personnes de nos meilleures familles n�ont pas cru d�roger en �pousant des gar�ons ou des filles de caquins ; il est vrai que ces derniers ayant toujours �t� laborieux et �conomes, se trouv�rent � la t�te de fortunes respectables, couvrant ainsi l�indignit� originelle de leur race�.

 

 

                                          Michel Chevalier  (http://eric.havel.free.fr)

 

 

Bibliographie :

-        Rozenweig (L.), � Les cacous de Bretagne �, Bull. Soc. Polym. du Morb., (1871) pp. 140-165 

-        Geslin de Bourgogne (J.) et Barth�my (A. de) ; Anciens �v�ch�s de Bretagne, Saint-Brieuc, Paris, 1855

-        Tr�v�dy (J.), � Caquins en Bretagne �, Bull. Soc. Polym. du Morb., (1903) pp. 192-255

-        Geslin de Bourgogne (J.), � Les races maudites en Bretagne �, Bull. Soc. Emul. des C�tes-du-Nord, t. XI, (1873), pp.207-215

-        Le Gallo (Y.), � L�pre et mythe de la l�pre � dans La Sant� en Bretagne, �dit. Hervas, pp. 263-258

-        Croix (A.), � Les caquins en Bretagne �, Ann. de Bretagne, (1979) t.86, n�4

-        Le Gal La Salle (J.P.) � Histoire d�Erquy � t.1, pp. 565-566

-        Recteur de Pl�rin, � cahier de paroisse � Pl�rin, vers 1850, pp. 69-71

-        Archives d�partementales 22, �gail caquins, 1600, 1611, 1635 – m�moire de Feuvrier 1737 – Comte de Toulouse.

-        Gilbert Loub�s, � LՎnigme des cagots � �dition sud ouest