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CASSANDRE BY AM.CASSANDRE

Découvrez A.M. CASSANDRE, Maître de l'Art Graphique

PORTRAIT A.M.CASSANDRE à Central Park NY photo Herbert Malter 1937

A.M. CASSANDRE, mon grand-père.

J'ai grandi au milieu de ses images. Sur les murs de la maison, dans l'atelier de mon père, Henri Mouron, dans les discussions de famille qui s'enflammaient à son sujet — il n'y a pas eu un moment de mon enfance où son œuvre n'était pas là, à portée de regard. Très tôt, sans le savoir, j'ai appris à lire une image comme lui la construisait : l'ossature d'une composition, la perspective qui désigne, la lettre choisie, l'accord exact entre un visuel et ce qu'il doit dire. C'est cette grammaire que j'ai voulu, plus tard, remonter jusqu'à sa source — pour comprendre la méthode d'un homme que l'on tient pour l'un des plus grands créateurs d'images de son siècle.

​Les œuvres que tout le monde connaît

Qui ne connaît pas le paquebot Normandie dressé comme une falaise d'acier, L'Étoile du Nord filant vers son point de fuite, le triptyque Dubo Dubon Dubonnet, ou le monogramme d'Yves Saint Laurent ? Ces images sont entrées dans notre mémoire commune au point qu'on oublie qu'elles sont nées d'une seule main. Elles disent une époque disparue — et elles tiennent encore debout, intactes, sur nos murs et nos écrans.​

Blaise Cendrars l'avait vu mieux que personne. Cassandre, écrivait-il, n'a « pas seulement été un peintre, mais surtout un des plus fervents animateurs de la vie moderne : le premier metteur en scène de la rue ».

​​On l'a baptisé Cassandre — du nom de la prophétesse de Troie, celle qui voyait l'avenir sans être crue. Le pseudonyme lui va : ses affiches des années 1920 et 1930 ressemblent à une annonce de ce que deviendraient les villes modernes. Tour à tour affichiste, typographe, décorateur de théâtre et peintre, il a fait de la publicité un lieu d'échange entre l'art et la rue, là où l'on ne voyait jusque-là qu'un commerce de réclame.

L'homme et le nom

La part d'ombre

Il y a, dans cette réussite, une part d'ombre que je ne veux pas taire. Perfectionniste jusqu'à la déraison, mon grand-père a vécu tiraillé entre la reconnaissance que lui valait l'affiche et le désir, jamais comblé, de s'accomplir dans ce qu'il tenait pour l'art majeur : la peinture. Cette exigence d'absolu, qu'aucune œuvre ne pouvait satisfaire, l'a peu à peu miné. Il s'est donné la mort en 1968. On ne comprend pas Cassandre si l'on oublie cela.

Pourquoi ce site​

Adulé de son vivant, mondialement connu, Cassandre est pourtant lentement tombé dans l'oubli du grand public — alors qu'il est resté, pour les gens de l'image, une référence de tous les jours. C'est ce silence-là que j'ai voulu rompre. Ce site rassemble, réunie pour la première fois, la méthode qui a guidé ses œuvres les plus fortes, et tente d'approcher l'homme derrière le créateur.

​​​Les questions du site

​Comment fonctionne la mécanique visuelle qu'il a inventée, pour que ses images tiennent encore dans la mémoire collective ? Comment a-t-il su capter l'air de son temps ? En quoi a-t-il changé le sien ? Et pourquoi reste-t-il, un siècle plus tard, une référence ?

Ce sont les questions auxquelles ce site entend répondre — une fenêtre, ouverte à tous, sur l'œuvre d'un créateur aussi doué que tourmenté, et, à travers elle, sur la première moitié d'un siècle qu'il aura su lire mieux que personne.

Roland Mouron, Estate of A.M. CASSANDRE

ATELIER CASSANDRE

portrait Roland Mouron, Estate of A.M.CASSANDRE
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