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Antonin Terme

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Antonin Terme
Portrait d'Antonin Terme, vers 1877 (photographie collée sur carton ; 27 × 24 cm), Liège, musée de la Vie wallonne.
Fonctions
Directeur de musée
Musée des Tissus
-
Président
Institut archéologique liégeois
Maire de Chamelet
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Antoine Catherin TermeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Activités
Père
Fratrie
Enfant
Georges Terme (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Institut archéologique liégeois (-)
Comité d'organisation de l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Antonin Terme, né à Lyon le et mort dans sa ville natale le , est un officier de marine, archéologue et collectionneur français. Il est également maire de Chamelet de 1865 à 1870, puis fabricant d'armes et résident à Liège de 1870 à 1885 et, enfin, conservateur du musée des Tissus de Lyon de 1885 jusqu'à sa mort.

Premières années (1828-1870)

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Antoine Catherin Terme, né à Lyon le [1], est le fils cadet de Jean-François Terme, médecin mais aussi maire de Lyon de 1840 à 1847, et de Marguerite Billiet[2]. Une fois ses études achevées, le jeune homme fait brièvement carrière dans la marine marchande, puis en tant qu'officier de marine dans le flotte militaire royale[3],[4]. Il finit par démissionner de ses fonctions[2], épouse Marie Mouton-Duvernet en 1852 et s'installe à Chamelet, où il possède une maison héritée de son oncle maternel[4]. Début 1856, son fils Georges naît, mais son épouse décède quelques jours après l'accouchement, laissant Terme très affecté par cette perte prématurée[4].

Il décide alors de voyager, transitant en Chine et en Afrique[3], avant de s'installer vers 1860 à Alger[4]. Il y reste jusqu'en 1865, côtoyant les résidents français et les notables locaux, apprenant l'arabe et traduisant quelques ouvrages et poèmes en français[4]. Il revient à Chamalet, où il est élu maire[4],[5],[6], mais il est rapidement appelé par ses cousins de la famille Laport à Liège, pour rejoindre l'entreprise familiale de fabrication d'armes[4],[3],[7]. Pendant plusieurs années, il va combiner ses fonctions à Chamelet avec celles dans la société Laport à Liège, où il part définitivement s'installer vers 1870, à la fin de son mandat de maire.

Le séjour à Liège (1870-1885)

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Une fois arrivé à Liège, « son exquise amabilité, le charme de ses relations, la vivacité de son esprit et la variété de ses connaissances » lui permettent de rapidement conquérir ceux qui savent « apprécier ses éminentes qualités »[8]. Installé au quai Saint-Léonard, il se livre, « dans ses moments de loisir, à son goût pour les antiquités », rassemblant une impressionnante collection de mobilier, d'orfèvrerie, de céramique, de tableaux, de tapisseries, d'armes et d'autres objets d'art, entre autres, orientaux[3],[8],[9]. Il transforme ainsi sa maison en un véritable musée « des plus curieux »[8], qui est d'ailleurs visité en par un groupe d'élèves du cours de peinture de l'École professionnelle des demoiselles dirigé par les professeurs Émile D'Heur et Édouard van Marcke[9]. Il finit par former et conseiller une « petite phalange artistique » de collectionneurs d'objets anciens[10].

Adrien de Witte, Portrait de M. Terme, 1877 (eau-forte et pointe sèche; 17,8 × 13,5 cm), Minneapolis, Minneapolis Institute of Art.

Durant ses années passées à Liège, il se lie d'amitié avec l'artiste Adrien de Witte, à qui il achète plusieurs œuvres et qu'il invite chez lui à Lyon une fois devenu conservateur du musée des Tissus[3]. Durant la première moitié des années 1870, De Witte partage avec le sculpteur Léon Mignon un atelier rue de l'Étuve[11] où se réunit un petit groupe d'habitués qui comprend, en plus d'Antonin Terme, Achille Guillaume Durup de Baleine (professeur et directeur de l'Institut Royal des Sourds-Muets et Aveugles de Liège), Félix Nisen (peintre ; fils du portraitiste Jean-Mathieu Nisen), Alphonse Taïée (sculpteur amateur), Jean Ubaghs (peintre) et Léonard Hubert Zeyen (photographe)[12].

Il prend une part active dans l'organisation de l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège de 1881, en tant que membre du bureau permanent du Comité d'organisation[13],[14],[15]. Dans le cadre de cette exposition, Joseph Demarteau le décrit comme un « amateur aussi prodigue des richesses de ses collections que de celles de son bon goût d'organisateur »[14]. De 1877 à 1885, il est aussi l'un « des plus zélés et des plus érudits » membres de l'Institut archéologique liégeois[7],[8]. Alors qu'il vient d'être nommé président de l'institut en 1885[7], il apprend que la place de conservateur du musée d'Art et d'Industrie de Lyon est vacante[8],[10]. Il postule, obtient la place, et doit rapidement quitter Liège, « où son départ cause beaucoup de regrets »[8],[10]. Avant de partir, il lègue « un bon nombre de verreries et de céramiques qui ont un lien historique avec la Cité ardente » à l'Institut archéologique liégeois[7] et liquide le reste de sa collection[3] lors d'une vente aux enchères qui a lieu en , dure 6 jours et comporte un total de 1 217 lots[16].

Le conservateur du musée des Tissus (1885-1902)

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Antonin Terme (photographie publiée dans le Catalogue des objets d'art et antiquités composant la collection de M. A. Terme de 1885).

Lorsque Raymond Cox[17] commente la nomination d'Antonin Terme en 1885 comme directeur-conservateur de l'actuel musée des Tissus, qui est alors connu sous le nom de musée d'Art et d'Industrie, il retrace brièvement l'historique de l'institution et remet en contexte la division du musée qui a lieu en 1890-1891[18] :

« Le musée a été inauguré le sous le nom de Musée d'Art et d'Industrie. Il comprenait alors non seulement des échantillons de soieries, mais toute espèce de matériaux pouvant développer le sens esthétique et servir l'inspiration des dessinateurs de fabrique et des fabricants. M. Jourdeuil, puis M. Brossard, furent successivement conservateurs du nouveau musée. En 1885, M. Antonin Terme succédait à M. Brossard décédé, avec le titre de directeur. Sa profonde expérience des choses d'Art, dont il était depuis longtemps l'apôtre fervent, devait donner un intérêt tout particulier à une organisation plus savante des collections.

Avec un pareil collaborateur, la Chambre de Commerce put songer à transformer le musée et à l'appliquer à un but unique, c'est-à-dire la Collection des tissus, ne pouvant, vu l'état des locaux et des resources, poursuivre la formation du Musée général d'Art industriel, qui avait été l'idée première des fondateurs. Elle résolut de spécialiser l'institution afin d'arriver à en faire, ce à quoi elle a réussi, le premier musée du monde en ce genre. Des travaux d'aménagement considérables furent décidés en 1890. Après une fermeture de plus de neuf mois, le on inaugurait solennellement les nouvelles salles. L'institution prit alors le nom de Musée historique des Tissus de la Chambre de Commerce de Lyon »[18].

Lors de cette inauguration, le musée présente ses collections dans un parcours remanié par son conservateur[19] : « Une classification méthodique habilement conçue par M. Antonin Terme, directeur du musée […] guide le visiteur, le conduit pas à pas à travers les âges du tissu, et lui permet ainsi de suivre siècle par siècle, parfois année par année, les transformations successives de l’art appliqué au tissage des étoffes de soie »[20]. Terme est également membre associé ou honoraire de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon[21].

Alors âgé de 74 ans, Antonin Terme meurt le à Lyon[2],[8]. Selon la rubrique nécrologique du journal La Meuse, la France perd, avec ce décès, l'un de ses archéologues « les plus distingués et les plus érudits »[8].

Photographies de sa maison-musée à Liège (1885)

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Distinctions

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Notes et références

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  1. « no 1482 - Acte de naissance d'Antoine Catherin Terme » Accès libre, sur Archives municipales de Lyon,
  2. 1 2 3 4 « no 3514 - Acte de décès d'Antoine Catherin Terme le  » Accès libre, sur Archives municipales de Lyon,
  3. 1 2 3 4 5 6 Clercx-Léonard-Etienne et Lejeune 1981, p. 85.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 Aupetitallot 2025, p. 193.
  5. « Terme, Antonin (1830?-1902) » Accès libre, sur Système universitaire de documentation
  6. « Terme, Antonin Cathélin » Accès libre, sur Comité des travaux historiques et scientifiques (consulté le )
  7. 1 2 3 4 « Les « grands fonds » du département des Arts décoratifs du Grand Curtius », Liège museum, bulletin des musées de la Ville de Liège, no 2, , p. 2 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Nécrologie », La Meuse, , p. 3 (lire en ligne Accès libre)
  9. 1 2 « Chronique locale », La Meuse, 10-11 août 1878, p. 2 (lire en ligne Accès libre)
  10. 1 2 3 « Chronique locale », La Meuse, , p. 2 (lire en ligne Accès libre)
  11. Delchevalerie 1927, p. 9.
  12. Clercx-Léonard-Etienne et Lejeune 1981, p. 15, 23-24, 81, 85.
  13. Demarteau et Comité d'organisation de l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège 1881, p. VIII.
  14. 1 2 Demarteau 1881, p. 5.
  15. Aupetitallot 2025, p. 194.
  16. Biar, Renard-Soubre et Renard-Fabry 1885, p. 1-94.
  17. « Notice de personne : Cox, Raymond (1856-19..) » Accès libre, sur Bibliothèque nationale de France,
  18. 1 2 Raymond Cox, L'art de décorer les tissus : D'après les collections du musée historique de la chambre de commerce de Lyon, Paris - Lyon, P. Mouillot - A. Rey et Cie, , 21 p. (lire en ligne Accès libre), p. 5
  19. « Le musée des tissus de Lyon l’une des plus riches collections textiles du monde » Accès libre, sur Académie des beaux-arts (consulté le )
  20. Aziza Gril-Mariotte, « Exposer l’objet industriel : L’impact des modes décoratives sur les pratiques muséographiques », dans L’effet musée : Objets, pratiques et cultures, Paris, Éditions de la Sorbonne, coll. « Histo.art », , 175–193 p. (ISBN 979-10-351-0848-9, lire en ligne)
  21. « Terme, Antonin Cathélin » Accès libre, sur Comité des travaux historiques et scientifiques (consulté le )

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Yves Aupetitallot, « Antonin Terme et l’Institut archéologique liégeois, de Liège à Lyon », BIAL, Liège, vol. t. CXXIX, , p. 191-206 (lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • M. Biar (notaire), M. F. Renard-Soubre (expert) et M. J. Renard-Fabry (expert), Catalogue des objets d'art et antiquités composant la collection de M. A. Terme dont la vente aura lieu Salle de l'Émulation, place de l'université, les 18, 19, 20, 21, 22 et 23 mai 1885 à 2 heures, Liège, Imprimerie L. Grandmont-Donders, , 94 p. (OCLC 1031247729, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Françoise Clercx-Léonard-Etienne et Sylvie Lejeune, Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures (Catalogue de l'exposition organisée au cabinet des Estampes - musée de la Boverie du au ), Liège, Imprimerie Georges Thone, , 104 p. (OCLC 10610655). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Charles Delchevalerie, Adrien de Witte : peintre, dessinateur et graveur. Catalogue de son œuvre précédé d'une notice par Charles Delchevalerie, Liège, Imprimerie Bénard, , 94 p. (OCLC 31671709). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Joseph Demarteau (rédaction de l'introduction), Comité d'organisation de l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège, Cinquantième anniversaire de l'indépendance nationale : Exposition de l'art ancien au pays de Liège (Catalogue officiel), Liège, L. Grandmont-Donders, , 539 p. (OCLC 25987364, SUDOC 014140128, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Joseph Demarteau, À travers l'exposition de l'art ancien au Pays de Liège, Liège, Imprimerie Demarteau, , 288 p. (OCLC 25715967, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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