Programme MAPS
| Type | |
|---|---|
| Construction | |
| Localisation | |
| Code MPC |
W94 |
Le programme MAPS (acronyme de Maury, Attard, Parrott, Signoret), initialement et jusqu'en 2022 MAP (acronyme de Maury, Attard, Parrott) (initialement et provisoirement observatoire AMACS1), est un programme (en anglais : survey) indépendant de découverte d'astéroïdes basé sur l'utilisation de petits télescopes à grand champ, de caméras CMOS et la technique du suivi synthétique (en anglais : synthetic tracking). Les télescopes utilisés sont localisés à San Pedro de Atacama au Chili. Sa première découverte date d'. Le code d'identification donné par le MPC est W94[1]
Historique
[modifier | modifier le code]Alain Maury est astronome amateur et photographe de formation. Autodidacte, il est membre de l'UAI, au départ en France et aujourd’hui au Chili où il réside depuis l'an 2000. Il découvre son premier astéroïde géocroiseur en 1983 sur des plaques photographiques prises avec le télescope de Schmidt du Cerga en France[2].
Il découvre plusieurs autres astéroïdes géocroiseurs et 2 comètes entre 1985 et 1988 alors qu'il travaille à l'observatoire Palomar en Californie dans le cadre de la seconde « survey » de l'observatoire[2].
De retour en France, il travaille essentiellement à la mise en fonctionnement correcte du télescope de Schmidt de l'OCA, puis en son équipement d’une caméra CCD permettant la détection automatique des astéroïdes. Dans le cadre du programme ODAS, entre 1996 et 1999, 5 astéroïdes géocroiseurs et une comète sont découverts[2].
En 2014, l'entreprise américaine Celestron développe des télescopes à grand champ.
En 2015, Alain Maury conduit un programme de recherche automatisé en collaboration avec Joaquin Fabrega du Panama, à l'aide d'un télescope de Newton de 40 cm et d'une caméra de 16 Mpx. Ce programme est conduit durant un an mais ne donne aucune découverte intéressante[2].
En 2018, Alain Maury entre en contact avec Michael Shao qui développe depuis 2014 des algorithmes de suivi synthétique pour la recherche d'astéroïdes, tandis que Daniel Parrott, informaticien américain, lui indique qu'il a développé un logiciel de suivi synthétique tycho-tracker.
En 2019, l'entreprise chinoise ZWO (es) commence à commercialiser des caméras grand format adéquats pour le projet.
C'est également en 2019 qu'Alain Maury et Daniel Parrott commencent à travailler ensemble, rejoints rapidement par Georges Attard, astronome amateur mouginois, membre du GAPRA, tout comme Alain Maury[2]. Le trio fondateur du programme MAP est ainsi formé et les travaux de mise au point peuvent démarrer.
Le , un premier objet est découvert, l'astéroïde 2020 UN6[3].
Au 2e semestre 2022, Jean-Marc Mari, astronome amateur biotois et Florian Signoret, astronome amateur valbonnais, tous deux également membres du GAPRA, se joignent à l'équipe initiale et il est alors décidé de modifier le nom du projet en MAPS pour Maury, Mari, Attard, Parrott, Signoret[4].
En , un des deux télescopes tombe gravement en panne, puis ce sont des caméras qui tombent en panne. Les observations ne reprennent qu'en . Cette interruption, de près d'un an, permet cependant d'installer 4 télescopes RASA sur la même monture[3].
En 2025, Jean-Marc Mari quitte l'équipe, le nom du projet reste MAPS pour Maury, Attard, Parrott, Signoret.
En 2026, le programme détecte la comète C/2026 A1 (MAPS) qui appartient au groupe de Kreutz dont le périhélie est très proche du Soleil et sera atteint le .
Suivi synthétique
[modifier | modifier le code]La technique du suivi synthétique est mise au point en 2013 par Michael Shao et son équipe du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena en Californie[5],[6].
Comme l'indique Denis Huber du Gapra : « le suivi synthétique consiste à additionner les images entre elles avec plusieurs hypothèses de décalages dans toutes les directions. Les étoiles présentes sur cette image dessinent des trainées lumineuses. Si au milieu de tout ça il y a un point qui ne bouge pas, c’est soit un astéroïde, soit une comète ou un satellite. »[7].
Description du programme
[modifier | modifier le code]Au lancement du programme, un premier télescope Celestron de type RASA (Rowe Ackerman Schmidt Astrograph) de 28 cm de diamètre (11 pouces) et de 62 cm de distance focale[8] est monté sur une monture Paramount ME et équipé d'une caméra ML16803[2].
Plus tard, trois autres télescopes sont achetés, un du même type et deux du type Celestron 14 Hyperstar (35,6 cm de diamètre)[4]. Ils sont équipés cette fois-ci de caméras grand format (24 × 36 mm) ZWO (es) 6200 MM avec des détecteurs de marque Sony IMX455 de 60 Mpx, de très haute sensibilité, très faible bruit et de temps de lecture quasi instantané. Une nouvelle monture est utilisée (VMA200 du constructeur français Valmeca) permettant de supporter les 4 télescopes. Un système de montage a été réalisé au Chili permettant de décaler correctement les 4 télescopes de façon à couvrir des champs contigus. Les tubes originaux en aluminium sont remplacés par des tubes en fibre de carbone. Avec les quatre télescopes, une image représente ainsi 240 Mpx[2].
Au départ, le logiciel tycho-tracker n'était pas utilisable en mode automatique, mais il est progressivement modifié pour pouvoir être « scriptable » et fait l'objet de nombreuses améliorations, dont l'utilisation du catalogue astrométrique Gaia (dans une version réalisée par Marc Serrau, membre également du GAPRA), d'une Dll fournie par Raoul Behrend de l'observatoire de Genève permettant le calcul de la position précise des astéroïdes déjà connus. Georges Attard écrit un panneau de contrôle qui permet la gestion des détections faites durant la nuit. Une procédure de confirmation des objets intéressants détectés est mise en place grâce à un télescope de Newton de 40 cm (de marque ASA sur monture Nova 120) qui sera à terme remplacé par un télescope de 50 cm à f/4[2].
Florian Signoret, informaticien et membre du GAPRA, rejoint l'équipe en 2022. Il apporte des modifications au logiciel d'acquisition. Cela permet à un ordinateur maître de contrôler plusieurs ordinateurs « esclaves » et offre une meilleure tolérance aux pannes. Il développe également un logiciel permettant de démarrer le relevé de manière autonome et met en œuvre une nouvelle stratégie de recherche[4].
Jean-Marc Mari, également membre du GAPRA, ancien ingénieur de Texas Instruments, a travaillé avec Alain Maury sur le logiciel d'acquisition[9].
Objet célestes découverts
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Une liste des astéroîdes découverts par le programme MAPS est régulièrement mise à jour par Alain Maury[3].
En termes de nombre de découvertes de géocroiseurs et à la fin de l'année 2025, le programme MAPS se classe en 4e position mondiale derrière les trois programmes américains financés par la NASA, Pan-STARRS, Catalina et Atlas[10].
Au , le programme MAPS a permis de découvrir 317 astéroïdes géocroiseurs[3] :
- 120 astéroïdes de type Amor (118 W94 - 1 W95 - 1 M11) ;
- 167 astéroïdes de type Apollon (166 W94 - 1 M11) ;
- 30 astéroïdes de type Aton (1 M11).
Parmi ces astéroïdes, 14 sont potentiellement dangereux (OPD) (en anglais : Potentially Hazardous Object/Asteroid - PHO/PHA).
Au , le programme MAPS a permis de découvrir 8 comètes.
Comètes
[modifier | modifier le code]| Comète | Date de découverte | Type |
|---|---|---|
| C/2021 J1 (Maury-Attard) | Comète de type Halley | |
| P/2021 U3 (Attard-Maury) | Comète de type Jupiter | |
| C/2021 X1 (Maury-Attard) | Comète hyperbolique | |
| C/2022 J1 (Maury-Attard) | Comète à période longue | |
| C/2022 N1 (Attard-Maury) | Comète à période longue | |
| C/2025 L2 (MAPS) | Comète à période longue | |
| C/2025 O2 (MAPS) | Comète à période longue | |
| C/2026 A1 (MAPS) | Comète de type Kreutz |
Astéroïdes
[modifier | modifier le code]Distinctions
[modifier | modifier le code]En 2021, Alain Maury, Georges Attard et Daniel Parrott sont lauréats de la bourse Shoemaker NEO. Ils reçoivent une bourse de 8 000 $ pour l'achat de 2 caméras pour passer ainsi de 2 à 4 télescopes[12]. Ils sont à nouveau lauréats en 2023 et reçoivent une bourse de 8 000 $ pour l'achat de 2 caméras CMOS[13].
En 2021 (pour la comète C/2021 J1), en 2022 (pour les comètes P/2021 U3, C/2021 X1, C/2022 J1) et en 2023 (pour la comète C/2022 N1), Alain Maury et Georges Attard sont lauréats du prix Edgar-Wilson[14].
En 2023, Alain Maury, Georges Attard et Daniel Parrott sont nommés au prix Henry-Rey[15].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « List Of Observatory Codes » [« Liste des codes des observatoires »], sur minorplanetcenter.net, MPC (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « MAP historique et description »
- 1 2 3 4 « Les découvertes du programme MAPS ».
- 1 2 3 (en) Alain Maury, « MAP activity report 2022 » [« Rapport d'activité 2022 »], sur spaceobs.com, blog d'A. Maury, (consulté le ).
- ↑ (en) « “Synthetic Tracking” Set to Revolutionise Near-Earth Asteroid Discovery », The Physics arXiv Blog.
- ↑ (en) « Synthetic Tracking on a Small Telescope », JPL/NASA, 2018.
- ↑ Jean-Baptiste Feldmann, « C/2021 J1 Maury-Attard, la comète française inespérée », sur blogs.futura-sciences.com, Cielmania : le blog de Jean-Baptiste Feldmann, (consulté le )
- ↑ Celestron RASA de 11 pouces
- ↑ (en) Alain Maury, « 2023 DW », sur spaceobs.com, (consulté le ).
- ↑ Statistiques issues du site de Jost Jahn.
- ↑ Astéroïdes numérotés.
- ↑ (en) Bruce Betts, « Announcing the 2021 Shoemaker NEO Grant Winners », sur planetary.org, The Planetary Society, (consulté le ).
- ↑ (en) Bruce Betts, « Announcing the 2023 Shoemaker NEO grant winners », sur planetary.org, The Planetary Society, (consulté le ).
- ↑ (en) « Edgar Wilson Award Winners », sur minorplanetcenter.net, UAI/CPM - SAO (consulté le ).
- ↑ « Les lauréats 2023 de la SAF », sur saf-astronomie.fr, SAF, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) « “Synthetic Tracking” Set to Revolutionise Near-Earth Asteroid Discovery » [« Le suivi synthétique devrait révolutionner la découverte des géocroiseurs »], sur medium.com/the-physics-arxiv-blog, The Physics arXiv Blog, (consulté le ).
- (en) Michael Shao, Russell Trahan, Chengxing Zhai, Navtej Saini et Slava G. Turyshev, « Synthetic Tracking on a Small Telescope » [« Le suivi synthétique avec un petit téléscope »], AMOS International SSA Data Operator Exchange Workshop 2018, Maui, Hawaii, September 11-14, 2018, JPL/NASA, , p. 6 (présentation en ligne, lire en ligne, consulté le ).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à l'astronomie :
- Blog d'Alain Maury
- Alain Maury, « MAP historique et description », sur spaceobs.com, (consulté le ).
- Alain Maury, « Les découvertes du programme MAPS », sur spaceobs.com, (consulté le ).
- (en) Site officiel pour le logiciel tycho-tracker
- (en) Site officiel du Centre des planètes mineures (MPC) (Minor Planet Center) de l'Union astronomique internationale
- (en) « List Of Observatory Codes » [« Liste des codes des observatoires »], sur minorplanetcenter.net, MPC (consulté le ).
- (en) « Minor Planet Discoverers » [« Découvreurs de planètes mineures »], sur minorplanetcenter.net, MPC, (consulté le ) — Minor Planet Discoverers (Alphabetically) Liste des découvreurs par ordre alphabétique
- (en) Jost Jahn, « MPEC statistics », sur mpec.jostjahn.de (consulté le ).
- (en) Jost Jahn, « MPEC statistics for W94 », sur mpec.jostjahn.de (consulté le ).
- Site officiel du Groupement astronomique populaire de la région d’Antibes (GAPRA)