Sultan Yaqoub
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| Mère |
Selçukşah Begum (en) |
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| Conjoint |
Gawhar-Sultan Khanum (d) |
| Enfants |
| Membre de |
Sultan Yaqub's council of poets (d) |
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Yaqub ben Ouzoun Hasan[1], communément appelé Sultan Ya'qub, règne sur les Aq Qoyunlu de 1478 jusqu'à sa mort, le . Fils d'Ouzoun Hassan, il accède au trône après le décès de son frère, le Khalil Mirza Beg (en). Les frontières de la dynastie Aq Qoyunlu restent stables durant son règne. Dans son ouvrage Tarikh-i Alam-ara-yi Amini (en), Fazlallah Khunji Isfahani (en) le loue comme un digne successeur d'Ouzoun Hassan[1]. Ya'qub est également salué par d'autres historiens pour son soutien aux poètes et aux savants.
Histoire
[modifier | modifier le code]Contexte
[modifier | modifier le code]Yaqub Beg est le fils d'Ouzoun Hassan. Il a un frère aîné, Khalil Mirza Beg (en), et un frère cadet, Yusuf Beg,. Le , son père meurt [2] et son frère Khalil se proclame sultan. Il exile ses deux frères et fait assassiner son demi-frère Maqsud Beg, fils de Théodora Comnène[3],[4]. Un autre demi-frère, Ughurlu Muhammad (en), fils de Jan Khatun, s'enfuit à Constantinople, à la cour du sultan ottoman Mehmed II, où il épouse sa fille Gevherhan Hatun (en)[5],[6]. Cet événement déclenche une guerre civile entre Khalil et sa famille[7],[4]. Le , Yaqub vainc son frère, le fait exécuter et se proclame nouveau sultan[4].
Règne
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Au début de son règne, Ya'qub doit faire face à une révolte des princes bayandour Alwand Beg et Kusa Haji, respectivement à Shiraz et Ispahan, mais les deux révoltes sont écrasées. La plus importante de son règne est celle du cheikh Heidar, père d'Ismaïl Ier, qui entraîne la mort de ce dernier[9]. En 1480, Qait Bay, sultan mamelouk d'Égypte, envoie une armée sous le commandement de son chef petchénègue Yashbak al-Zahiri envahir Diyar Bakr (en). Ya'qub dépêche alors une armée commandée par Bayindir Beg, Sulayman Beg Bijan (en) et Sufi Khalil Beg Mawsilu (en) pour contrer cette armée. Les deux forces s'affrontent en novembre à la Bataille d'Urfa (en), ce qui se solde par une victoire des Aq Qoyunlu et la capture de Yashbak al-Zahiri, qui est exécuté quelques jours plus tard. La même année, les forces de Ya'qub défont Balish Beg, le commandant en chef de la Syrie, qui a tenté de conquérir Diyar Bakr[9].


Sous le règne de Ya'qub, le royaume conserve la même superficie que celui de son père et ses institutions sont renforcées. Il maintint les mêmes rangs et concessions de terres que ses sujets ont reçus de son père. Il entreprend cependant une réforme agraire afin de consolider son royaume et d'instaurer un gouvernement stable. Les Aq Qoyunlu utilisent un système politique fondé sur les anciens iqta en vigueur depuis la période pré-seldjoukide. Ce système, connu sous le nom de soyurghal, est appliqué depuis le sultanat djalayiride. Il exempte le titulaire d'un iqta d'impôts et lui confère une grande autonomie. La réforme est initiée par le précepteur de Ya'qub, Qazi Isa Savaji (en)[9],[1].
L'érudit religieux et historien Fazlallah Khunji Isfahani (en) condamne l'abolition du soyurghal, affirmant qu'elle a perturbé nombre d'érudits religieux de Shiraz[9]. Le cadi de Fars, Jalal al-Din Davani, s'oppose également aux réformes de Ya'qub, ce qui envenime leurs relations[10],[11]. Avec Abu-Yazid al-Davani et Maulana Muhammad al-Muhyavi, Davani envoie des lettres au cadi Isa Savaji pour protester contre ces réformes[12]. Après la mort de Ya'qub, la réforme agraire est annulée[9],[1].
Ya'qub tombe gravement malade et meurt le au Karabakh. Plusieurs érudits pensent qu'il est empoisonné par sa femme[9]. Les principaux dirigeants de la confédération installent son fils Baysunghur (en) âgé de huit ans sur le trône afin d'accroître leur propre pouvoir. Cela marque le début du déclin des Aq Qoyunlu[9].
Famille
[modifier | modifier le code]Yaqub Beg a une épouse, Gawhar-Sultan Khanum. Ils eurent deux fils et une fille :
Littérature
[modifier | modifier le code]La cour de Ya'qub compte plusieurs poètes de renom, tels que Baba Fighani Shirazi (en), Ahli Shirazi (en), Kamal al-Din Bana'i Haravi et Shahidi Qumi. Un autre poète éminent, Hatefi, neveu du poète Jami, séjourne cinq ans à la cour de Ya'qub[16]. Khatai Tabrizi, poète azerbaïdjanais du XVe siècle, dédie un mathnawi intitulé Yusof wa Zoleykha au sultan Ya'qub[17], et Ya'qub écrit même de la poésie en langue azerbaïdjanaise[17]. Baba Fighani Shirazi dédie une ode cérémonielle (qasida) à Ya'qub, ainsi qu'un éloge funèbre après sa mort[18].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 Quiring-Zoche 1986, p. 163–168.
- ↑ Franz Babinger, Mehmed the Conqueror and his time, Princeton, N.J., Princeton University Press, , 232 p. (ISBN 0-691-09900-6, OCLC 3168859)
- ↑ Bryer, « Greeks and Türkmens: The Pontic Exception », Dumbarton Oaks Papers, vol. 29, , p. 113–148 (ISSN 0070-7546, DOI 10.2307/1291371, JSTOR 1291371, lire en ligne
) - 1 2 3 The Cambridge history of Iran., Cambridge, Cambridge University Press, 1968–1991 (ISBN 0-521-06935-1, OCLC 745412)
- ↑ Ottoman women in public space, Leiden, , 231 p. (ISBN 978-90-04-31662-1, OCLC 945767549)
- ↑ Necdet Sakaoğlu, Bu mülkün kadın sultanları : vâlide sultanlar, hâtunlar, hasekiler, kadınefendiler, sultanefendiler, Beyoğlu, İstanbul, 1. baskı, , 179 p. (ISBN 978-975-329-623-6, OCLC 316234394)
- ↑ (en) Hugh Murray, Historical Account of Discoveries and Travels in Asia: From the Earliest Ages to the Present Time, A. Constable and Company, , 16 p. (lire en ligne)
- ↑ John E. Woods, The Aqquyunlu: Clan, Confederation, Empire, Salt Lake City, The University of Utah Press, (ISBN 0-87480-565-1, lire en ligne), p. 133, Plate V
- 1 2 3 4 5 6 7 Langaroodi et Negahban 2015.
- ↑ Pourjavady 2011, p. 11.
- ↑ Dunietz 2015, p. 34–35.
- ↑ Minorsky 1955, p. 454.
- ↑ Ebnʻayyāš – Eʻteżād-al-Salṭana, Costa Mesa, Calif, Mazda Publ, , 628–636 p. (ISBN 1-56859-050-4, OCLC 246186527)
- ↑ John E. Woods, The Aqquyunlu : clan, confederation, empire, Salt Lake City, Rev. and expanded, , 192–193 p. (ISBN 0-585-12956-8, OCLC 44966081)
- ↑ Roger Savory, Iran under the Safavids, Cambridge, Cambridge University Press, , 18 p. (ISBN 978-0-521-22483-3, OCLC 5354386)
- ↑ Lingwood 2013, p. 112.
- 1 2 Javadi et Burrill 2012.
- ↑ Losensky 2020.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Alexandra Dunietz, The Cosmic Perils of Qadi Ḥusayn Maybudī in Fifteenth-Century Iran, Brill, (ISBN 978-9004302310, lire en ligne)
- Leube, « Aqquyunlu Turkmen Rulers Facing the Ruins of Takht-i Jamshīd », Der Islam, De Gruyter, vol. 95, no 2, , p. 479–506 (DOI 10.1515/islam-2018-0031, S2CID 166087209, lire en ligne)
- Chad Lingwood, Politics, Poetry, and Sufism in Medieval Iran: New Perspectives on Jāmī's Salāmān va Absāl, Brill, (ISBN 978-9004254046)
- Minorsky, « The Aq-qoyunlu and Land Reforms », Bulletin of the School of Oriental and African Studies, vol. 17, no 3, , p. 449–462 (DOI 10.1017/S0041977X00112376, JSTOR 609589, S2CID 154166838) (registration required)
- H. Javadi et K. Burrill, « AZERBAIJAN x. Azeri Turkish Literature », dans Encyclopaedia Iranica, (lire en ligne)
- Reza Pourjavady, Philosophy in Early Safavid Iran, Brill, (ISBN 978-9004191730, lire en ligne)
- R. Quiring-Zoche, « Āq Qoyunlū », dans Encyclopædia Iranica, online edition, Vol. II, Fasc. 2, New York, , 163–168 p. (lire en ligne)