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Thèse soutenue

Anatole Le Braz (1859-1926) et la tradition populaire en Bretagne : analyse de quatre carnets d'enquêtes inédits (1890-1895)

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Auteur / Autrice : Alain Tanguy
Direction : Donatien Laurent
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Brest

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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On a souvent accusé le folkloriste Anatole Le Braz d'avoir littérarisé et amplifié ; les récits qu'il recueillait dans les campagnes avant de les reproduire dans ses oeuvres majeures, La Légende de la mort et Les saints bretons d'après la tradition populaire en Cornouaille. L'analyse de ses carnets d'enquêtes inédits permet aujourd'hui de relativiser ce jugement trop péremptoire. Après avoir comparé les textes qui s'y trouvent notes avec ceux qui ont été publiés, nous en sommes arrivés à la conclusion que les retouches opérées par Le Braz sur ses récits manuscrits peuvent être rangées dans trois catégories distinctes : la première regroupe les modifications qui visent vraisemblablement à combler les lacunes inhérentes à un texte issu d'une prise de note sous la dictée, et donc à se rapprocher le plus possible de la narration faite par le conteur ; la deuxième rassemble les remaniements qui ont permis au folkloriste d'effectuer le passage d'un récit à vocation orale à un récit destiné à être lu par un large public ; la troisième répertorie des corrections plus personnelles au transcripteur, ne pouvant s'expliquer par des impératifs strictement scientifiques, ni même par la volonté de rendre accessibles au plus grand nombre des textes trop étrangers à ses préoccupations. Indéniablement, Le Braz a arrangé un grand nombre de récits, témoignant par moments d'une trop grande complaisance vis-à-vis d'un lecteur plus sensible à la couleur locale qu'aux exigences du collectage scientifique. Mais, d'un autre côté, on a sans doute mal appréhendé les dures contraintes auxquelles il était soumis, liées aux limites de la prise de note sous la dictée et à la difficulte de restituer par écrit un récit à vocation orale. Comme Francois-Marie Luzel, il a réglé ces problèmes du mieux qu'il a pu, en fonction de l'époque à laquelle il vivait, de la conception qu'on se faisait alors du folklore scientifique et de son tempérament. Et nul ne peut, en l'occurrence, lui porter rigueur des choix qui furent les siens.