close
Aller au contenu

Christian Ingrao

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Christian Ingrao, né le à Clermont-Ferrand, est un historien français, directeur de recherche au CNRS au sein du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA) de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris.

Spécialiste de l’histoire du nazisme et de la violence de guerre, il se consacre à l'histoire culturelle du militantisme nazi et aux pratiques de violence allemandes, notamment sur le front de l'Est. Il est directeur de l’Institut d'histoire du temps présent de 2008 à 2013.

Origines et formation

[modifier | modifier le code]

D'une famille d'Auvergne, il a fait ses études au lycée Ambroise-Brugière. Il poursuit ses études à l'université Clermont-Ferrand-II et à l'université Paris-Sorbonne. Il est agrégé (1995)[1] et soutient, en 2001, une thèse de doctorat en histoire intitulée « Les intellectuels SS du SD, 1900-1945 », à l’université de Picardie, sous la direction de Stéphane Audoin-Rouzeau et de Gerhard Hirschfeld[2]. Il présente un mémoire d'habilitation universitaire en 2016[3].

Il naît dans une famille d'« intellectuels purs ». sa mère, sœur du physicien André Roussarie, est originaire d'Auvergne, a grandi à La Bourboule de parents pharmaciens et devient auditrice libre à l'École normale supérieure de Saint-Cloud au moment où son frère l'intègre comme élève. Son père est issu d'une famille parisienne entre à l'ENS Saint-Cloud où il rencontre sa mère par l'intermédiaire de son camarade de chambre André Roussarie. Il devient brièvement mathématicien logicien avant de commencer une autre carrière[4]. Il se dit mauvais élève et « pur produit des universités de province » n'ayant pu entreprendre le cursus honorum, c'est-à-dire l'École normale supérieure.

De 2001 à 2004, il effectue une recherche postdoctorale à la Hamburger Stiftung zur Förderung von Wissenschaft und Kultur. Chercheur associé à l’IHTP, il est coresponsable et coordinateur scientifique du groupe de travail « Violence de guerre, approches comparées sur le XXe siècle » (Historial de la Grande Guerre/IHTP) et coordinateur en France du projet « Borderlands. Identity, ethnicity and violence in the Shatter zone of Empires 1848-1945 » (en collaboration avec l'université Brown, l'université du Minnesota, l'université Stanford et le Simon-Dubnow-Institut (de) à Leipzig). Il poursuit ses travaux au Hamburger Institut für Sozialforschung (de) avec un projet : « Vers une histoire culturelle de la violence nazie. Le cas de la politique de lutte contre les partisans. Fronts de l’Est (Pologne, URSS, Balkans) 1939-1945 ».

De 2005 à 2008, il est chargé de recherche au CNRS, directeur-adjoint de l’Institut d'histoire du temps présent et maître de conférences à l’IEP de Paris.

En juin 2008, il succède à Fabrice d'Almeida en tant que directeur de l’Institut d’histoire du temps présent. À la fin de ce mandat, en décembre 2013, il est remplacé par Christian Delage.

Il participe à plusieurs documentaires, dont Einsatzgruppen : les commandos de la mort (Michaël Prazan, 2009), Jusqu'au dernier : la destruction des juifs d'Europe (William Karel et Blanche Finger, 2014) ou encore Les Tribunaux d'Hitler (Jean-Marie Barrere et Marie-Pierre Camus, 2023).

Vie privée

[modifier | modifier le code]

Il était marié avec Laëtitia Ingrao, qu'il rencontre à l'université Clermont-Ferrand-II, qui décède tragiquement en . Au début des années 1990, alors que Laetitia décide de partir à Paris, Christian Ingrao cherche un sujet de maîtrise qui lui permet de partir pour la capitale alors que ses parents y sont a priori opposés. C'est à cette occasion qu'il choisit d'étudier les intellectuels nazis[5].

Publications

[modifier | modifier le code]

Participations

[modifier | modifier le code]
  • Dossier historique sur les malgré-nous dans la bande dessinée Le Voyage de Marcel Grob[13], Futuropolis, 2019
  • Participation à l'ouvrage dirigé par Xavier Delacroix, L'Autre siècle[14], Fayard, 2018.
  • Participation à l’ouvrage dirigé par Nicolas Beaupré et Florian Louis, Histoire mondiale du XXe siècle, PUF, 2022
  • Participation à l'édition critique de Mein Kampf dirigée par Florent Brayard et Andreas Wirsching, Historiciser le mal, Fayard, 2021.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Agrégations », sur lemonde.fr, .
  2. SUDOC 088646173
  3. CV sur ihtp.cnrs.fr [lire en ligne].
  4. Entretien avec Christian Ingrao, « Qui êtes-vous Christian Ingrao ? », ABC Penser, 2020.
  5. 1 2 3 Philippe-Jean Catinchi, « « Les Urgences d’un historien » : Christian Ingrao, historien d’un paroxysme », Le Monde,
  6. Thomas Wieder, « Christian Ingrao : les braconniers du Grand Reich », Le Monde,
  7. Didier Paineau, « La troupe militaire et criminelle de Dirlewanger, "Les Chasseurs noirs" », L'Internaute,
  8. Thomas Wieder, « Croire et détruire. Les intellectuels dans la machine de guerre SS », de Christian Ingrao : quand le nazisme fascinait les intellectuels, Le Monde, 30 septembre 2010
  9. André Loez, « Une biographie d’« Hitler » malavisée », Le Monde, (lire en ligne)
  10. Jean Birnbaum et Florent Georgesco, « Une réponse aux auteurs de la biographie d’Hitler aux PUF », Le Monde, (lire en ligne)
  11. Philippe Petit, « Entretien "Le soleil noir du paroxysme" : un livre pour comprendre le nazisme et les violences de guerre », Marianne,
  12. Thierry Jobard, « Le soleil noir du paroxysme », Sciences humaines,
  13. Cédric Gouverneur, « Le Voyage de Marcel Grob », Le Monde diplomatique,
  14. Jean-Noël Jeanneney, « L'armistice de 1914 », L'Histoire - mensuel 453,

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]