Gustave Tridon
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Edme-Marie-Gustave Tridon |
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Gustave Tridon, né le à Châtillon-sur-Seine[1] et mort le à Bruxelles, est un avocat, journaliste, écrivain, libre-penseur et homme politique français, leadeur blanquiste sous le Second Empire puis membre de la Commune de Paris.
Biographie
[modifier | modifier le code]Fils d'un riche propriétaire, Gustave Tridon est envoyé faire son droit à Paris. Durant ses études, il se mêle activement au mouvement révolutionnaire et se fait connaître en rédigeant, en 1864, un ouvrage : Les Hébertistes, plainte contre une calomnie de l'Histoire.
Il fonde également, à la même période, le journal La Critique (1867) et devient le rédacteur en chef du journal Candide en 1865. Cependant, le journal est saisi après la publication d'un article dans le huitième numéro () et supprimé par décision judiciaire. Tridon est quant à lui condamné à six mois de détention à la prison Sainte-Pélagie, mais participe avant de purger sa peine au Congrès international des étudiants de Liège ( au ). De retour en France, il purge sa peine et fait en prison la connaissance d’Auguste Blanqui dont il deviendra le disciple et l'ami.

Il est arrêté en 1866, lors d'une réunion organisée par la société secrète dite du « Café de la Renaissance » à Saint-Michel, en compagnie d'Eugène Protot, Raoul Rigault, les frères Levraud, Gaston Da Costa, Charles Longuet, etc.[2] En , il représente Blanqui au congrès de l'Association internationale des travailleurs, qui se tient à Genève. À son retour il est arrêté et est condamné à 100 francs d'amende et quinze mois de prison. Il est libéré en 1868 et hérite d'une somme importante de 60 000 francs laissés par son père mort au même moment. Il participe avec son ami Albert Regnard à l'Anticoncile de Naples en .
Il est impliqué, le , dans le procès de Blois, comme complice d'attentat contre la sûreté de l'Etat et contre la vie de l'empereur avec cinquante-trois révolutionnaires, ce qui le fera s'exiler en Belgique et condamner par contumace à la déportation (). Après la proclamation de la République le , il rentre en France et finance le journal de Blanqui La Patrie en danger au sein duquel il critiquera violemment le gouvernement de la Défense nationale. Il est membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et l'un des quatre rédacteurs de l'Affiche Rouge qui appelle à la formation de la Commune à Paris.
La Commune de Paris
[modifier | modifier le code]Aux élections du , il est élu député de la Côte-d'Or par 32 721 voix et siège à l'Assemblée nationale. Il démissionne à Bordeaux après avoir voté, le , contre la ratification des préliminaires de paix signés entre le gouvernement d'Adolphe Thiers et l'Allemagne.
De retour à Paris, il prend part à la Commune et est élu le au Conseil de la Commune dans le Ve arrondissement par 6 469 voix sur 12 422 votants ; il est nommé à la Commission Exécutive, puis à la commission de la Guerre. Il vote contre la création du Comité de Salut public et va siéger avec la Minorité. Après la Semaine sanglante, atteint de troubles nerveux, il gagne la Belgique au mois d'août et meurt huit jours après son arrivée à Bruxelles.
Le Molochisme juif
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On lui doit divers ouvrages portant sur les girondins, les hébertistes et la Commune de 1793 mais surtout un ouvrage (posthume) antichrétien et antisémite intitulé Du Molochisme juif: Études critiques et philosophiques[3], écrit en prison en 1867 et publié en 1884, dans lequel il considère que le judaïsme n'est qu'une survivance du culte du Moloch en raison d'une pratique supposée de crimes rituels ; que les Juifs, représentants d'un sémitisme incompatible avec la morale aryenne, sont une race inférieure, corruptrice, barbare et ennemie du genre humain[4]. Il écrit en effet :
« La morale des Juifs diffère de celle des Aryens […] La race sémitique représente le côté négatif du genre humain, et nous allons retrouver ces caractères dans sa religion ».
Dans un autre passage très repris par la suite, il écrit :
« Les Sémites, c'est l'ombre dans le tableau de la civilisation, le mauvais génie de la terre. Combattre l'esprit et les idées sémitiques est la tâche de la race indo-aryenne ».
Peuple pratiquant le « culte molochiste », les « Sémites » sont accusés par Tridon d'exploiter les « Gentils » et d'avoir fait prévaloir sur Terre les cultes d'« Allah, Moloch, Jéhovah [qui ne sont que] la divinisation de cet orgueil fanatique et peu éclairé des races Sémitiques ». Tridon affirme également que :
« Le Sémite n'a jamais pu s'élever à la compréhension de la nature […] Le Sémite, fermé à l'intuition n'a jamais pris la peine d'étudier, ni compris la science ».
Postérité
[modifier | modifier le code]Certains antisémites de la fin du siècle tels qu'Édouard Drumont dans La France Juive se revendiqueront de ses écrits ainsi que son ancien camarade blanquiste Albert Regnard dans son livre Aryens et Sémites.
Publications
[modifier | modifier le code]- Les Hébertistes: plainte contre une calomnie de l'Histoire, Paris, 1864[5]
- Les Hébertistes: la Commune de Paris de 1793, Paris, 1871[6]
- Du molochisme juif : études critiques et philosophiques, éditions Edouard Mahieu, Bruxelles, 1884 (ouvrage posthume)[7]
- La Force, éditions de la Revue Socialiste, 1889 (ouvrage posthume initialement daté de 1865 )[8]
- Œuvres diverses du Gustave Tridon, éditions Jean Allemane, Paris, 1891 (composé de cinq textes inédits: "La Gironde en 1869 et en 1793", "La France malheureuse", "Lettre aux électeurs de la Côte-d'Or", "Jules Simon" et "Garnier-Pagès")
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ http://archivesenligne.cotedor.fr/console/ir_ead_visu.php?PHPSID=f787d04ff91bbb38059112f47a8db2b9&ir=914#.UnwGGihwfSl
- ↑ Auguste Lepage, Les cafés artistiques et littéraires de Paris, P. Boursin, 1882
- ↑ Du molochisme juif : études critiques et philosophiques par Gustave Tridon (1884) lire en ligne sur Gallica
- ↑ Michel Dreyfus l'antisémitisme à gauche, histoire d'un paradoxe La découverte 2011 p.41 (ISBN 978-2-7071-6998-3)
- ↑ https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=hvd.hnw8cr&seq=5
- ↑ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5612566t/f6.item.r=Gustave%20Tridon
- ↑ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62073w/f3.item.texteImage
- ↑ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5823055c/f46.item.r=Tridon
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jules Clère, Les hommes de la Commune : Biographie complète de tous ses membres, Paris, Libraire-éditeur É. Dentu, , xiv-195, 1 vol. in-18 (OCLC 457798492, lire en ligne sur Gallica), p. 159-162
- Jules Clère, Les hommes de la Commune : Biographie complète de tous ses membres, Paris, Libraire-éditeur É. Dentu, , 4e éd. (1re éd. 1871), vi-215, 1 vol. in-18 (lire en ligne sur Gallica), p. 176-178
- Paul Delion, Les membres de la Commune et du Comité central, Paris, A. Lemerre éditeur, , 446 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 202-205
- « Gustave Tridon », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Coaraze, L'Amourier éditions, coll. « Bio », (1re éd. 1971), 722 p. (ISBN 978-2-36418-060-4, ISSN 2259-6976, présentation en ligne), p. 753-754
- « Notice Tridon Gustave [Tridon Edme, Marie, Gustave] », sur maitron.fr, Le Maitron, dictionnaire bibliographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, Association Les Amis du Maitron (consulté le )
- « Notice Tridon Gustave, Edme, Marie. [Dictionnaire belge] », sur maitron.fr, Le Maitron, Association Les Amis du Maitron (consulté le )
- Notice Assemblée nationale
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la vie publique :
- Gustave Tridon (1841 - 1871), Communard antichrétien et antisémite
- Les Hébertistes
- Du molochisme juif disponible sur Gallica
- Député de la Côte-d'Or (Troisième République)
- Journaliste français du XIXe siècle
- Député à l'Assemblée nationale (1871)
- Élu de la Commune de Paris
- Journaliste blanquiste
- Antisémitisme en France
- Personnalité liée au Châtillonnais
- Naissance en janvier 1841
- Naissance à Châtillon-sur-Seine
- Décès en août 1871
- Décès à 30 ans
- Décès à Bruxelles
- Blanquiste
- Socialiste français
- Membre de l'Association internationale des travailleurs