Indice adiabatique
En thermodynamique, l'indice adiabatique[1], aussi appelé coefficient adiabatique[2], exposant adiabatique[3], coefficient de Laplace[4], ou constante de Laplace[5], noté , est défini comme le rapport des capacités thermiques à pression constante (isobare) et à volume constant (isochore) d'un gaz (corps pur ou mélange) :
Il se définit également à partir des capacités thermiques molaires et si la transformation concerne une quantité de gaz, ou des capacités thermiques massiques (ou spécifiques) et si la transformation concerne une masse de gaz :
Le coefficient de Laplace porte le nom du physicien et mathématicien français Pierre-Simon de Laplace. Cette grandeur sans dimension apparaît notamment dans la loi de Laplace : pour une transformation adiabatique réversible d'un gaz parfait, , en supposant que ne dépend pas de la température.
Valeurs
[modifier | modifier le code]Gaz parfaits
[modifier | modifier le code]Pour un gaz parfait monoatomique (type gaz noble : argon, hélium, etc.), quelle que soit la température, les capacités thermiques valent exactement[6] :
avec la quantité de matière et la constante universelle des gaz parfaits. Le coefficient de Laplace vaut donc exactement :
Contrairement au cas des gaz monoatomiques, les capacités thermiques des gaz diatomiques, et donc le coefficient de Laplace, dépendent de la température. Pour un gaz parfait diatomique (type dioxygène, diazote, air sec, etc.) dans des conditions de température proches de 20 °C[6],[7] :
le coefficient de Laplace vaut :
Pour un gaz parfait, la relation de Mayer donne . Connaissant , on a donc[8] :
Gaz réels
[modifier | modifier le code]| Indice adiabatique pour différents gaz[9],[10]. | ||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Gaz | Température °C |
Gaz | Température °C |
Gaz | Température °C |
|||||
| H2 | −181 | 1,597 | Air sec | 200 | 1,398 | NO | 20 | 1,400 | ||
| −76 | 1,453 | 400 | 1,393 | N2O | 20 | 1,310 | ||||
| 20 | 1,410 | 1000 | 1,365 | N2 | −181 | 1,470 | ||||
| 100 | 1,404 | 2000 | 1,088 | 15 | 1,404 | |||||
| 400 | 1,387 | CO2 | 0 | 1,310 | Cl2 | 20 | 1,340 | |||
| 1000 | 1,358 | 20 | 1,300 | CH4 | −115 | 1,410 | ||||
| 2000 | 1,318 | 100 | 1,281 | −74 | 1,350 | |||||
| He | 20 | 1,660 | 400 | 1,235 | 20 | 1,320 | ||||
| H2O | 20 | 1,330 | 1000 | 1,195 | NH3 | 15 | 1,310 | |||
| 100 | 1,324 | CO | 20 | 1,400 | Ne | 19 | 1,640 | |||
| 200 | 1,310 | O2 | −181 | 1,450 | Xe | 19 | 1,660 | |||
| Ar | −180 | 1,760 | −76 | 1,415 | Kr | 19 | 1,680 | |||
| 20 | 1,670 | 20 | 1,400 | SO2 | 15 | 1,290 | ||||
| Air sec | 0 | 1,403 | 100 | 1,399 | Hg | 360 | 1,670 | |||
| 20 | 1,400 | 200 | 1,397 | C2H6 | 15 | 1,220 | ||||
| 100 | 1,401 | 400 | 1,394 | C3H8 | 16 | 1,130 | ||||
Détermination
[modifier | modifier le code]Le coefficient de Laplace peut être déterminé par l'expérience de Clément-Desormes, l'expérience de Rüchardt ou la vitesse du son dans un fluide[2].
Dans le cas général, la vitesse du son dans un fluide vaut[11] :
Pour un gaz parfait, on a et , d'où[11] :
avec :
- la vitesse du son ;
- la masse molaire ;
- la pression ;
- la constante universelle des gaz parfaits ;
- la température ;
- le volume molaire ;
- la masse volumique, ;
- la compressibilité isentropique.
La relation de Reech permet également de déterminer ce coefficient à partir des pentes des courbes isothermes et isentropes tracées dans un diagramme de Clapeyron[12].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Michel Dubesset, Le manuel du système international d'unités : lexique et conversions, Éditions Technip, , 169 p. (lire en ligne), p. 74 indice adiabatique.
- 1 2 Richard Taillet, Loïc Villain et Pascal Febvre, Dictionnaire de physique, Louvain-la-Neuve/impr. aux Pays-Bas, De Boeck supérieur, , 4e éd., 976 p. (ISBN 978-2-8073-0744-5, lire en ligne), p. 131-132 coefficient adiabatique.
- ↑ Institut international du froid, « Dictionnaire international du froid : exposant adiabatique », sur dictionary.iifiir.org, 2015-2022 (consulté le ).
- ↑ Jean-Luc Godet (université d'Angers), NumeLiPhy, « Entropie et phénomènes irréversibles : Loi de Laplace du gaz parfait », sur res-nlp.univ-lemans.fr (consulté le ).
- ↑ Théodore Cherrière, Alexandre Daby-Seesaram, Steeven Janny et Jeanne Redaud, Physique-Chimie : Oraux corrigés et commentés de physique-chimie PSI-PSI* - X, ENS, CentraleSupélec, Mines-Ponts, CCINP, Éditions Ellipses, , 552 p. (ISBN 9782340054219, lire en ligne), p. 119 Expérience de Rüchardt.
- 1 2 Roland Solimando, Louis Schuffenecker et Jean-Noël Jaubert, Propriétés thermodynamiques du corps pur, Techniques de l'ingénieur (no AF 050), (lire en ligne), p. 5 paragraphe 1.4.2.
- ↑ Jimmy Roussel, « Le Gaz parfait : Évolution du facteur calorimétrique », sur femto-physique.fr, juin 2013, révisé mars 2025 (consulté le ).
- ↑ Bertrand Beaufils (dir.), Patrick Beynet, Stéphanie Calmettes, Walter Damin, Thierry Finot, Ivan Gozard, Marie-Laure Kaiser-Lavielle, Nicolas Nguyen et Lionel Vidal, Formulaire Maths Physique Chimie SII, Ellipses, coll. « Prépas sciences », , 3e éd., 416 p. (ISBN 9782340-072169, lire en ligne), p. 121.
- ↑ White, Frank M., Fluid Mechanics, 4th ed. McGraw Hill.
- ↑ Lange's Handbook of Chemistry, 10th ed. page 1524.
- 1 2 Jean-Pierre Corriou, Thermodynamique chimique : Définitions et relations fondamentales, vol. J 1025, Techniques de l'ingénieur, coll. « base documentaire : Thermodynamique et cinétique chimique, pack Opérations unitaires. Génie de la réaction chimique, univers Procédés chimie - bio - agro », (lire en ligne), p. 12.
- ↑ Georges Gonczi, Comprendre la thermodynamique avec des exercices résolus et commentés, Éditions Ellipses, , 2e éd., 298 p. (ISBN 9782340051706, lire en ligne), p. 104-105.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Capacité thermique
- Détermination expérimentale de
- Loi de Laplace (thermodynamique)
- Processus adiabatique
- Relation de Reech