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Isca Augusta

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Isca Augusta
Image illustrative de l’article Isca Augusta
Amphithéâtre de Caerleon

Lieu de construction Caerleon
Type de bâtiment Forteresse légionnaire romaine
Vicus
Protection Cadw
Coordonnées 51° 36′ 37,08″ nord, 2° 57′ 32,04″ ouest
Géolocalisation sur la carte : pays de Galles
(Voir situation sur carte : pays de Galles)
Isca Augusta
Géolocalisation sur la carte : Newport
(Voir situation sur carte : Newport)
Isca Augusta
Liste des monuments de la Rome antique

Isca, désigné tout à tour sous les noms d'Isca Augusta ou d'Isca Silurum, est le site d'une forteresse légionnaire romaine ainsi qu'une colonie ou vicus, dont les vestiges se trouvent sous certaines parties de la ville de banlieue actuelle de Caerleon au nord de la cité de Newport au sud du Pays de Galles. Le site comprend l'amphithéâtre de Caerleon et est protégé par Cadw.

Quartier général de la Legio II Augusta, qui prit part à l'invasion sous les ordres de l'empereur Claude en 43, Isca revêt une importance unique pour l'étude de la conquête, la pacification ainsi que la colonisation de Britannia par l'armée romaine. Il s'agissait de l'une des trois seules forteresses légionnaires permanentes en Bretagne romaine tardive et, contrairement aux autres sites de Chester et de York, ses vestiges archéologiques reposent, relativement intacts, sous des champs ainsi que la ville de Caerleon et fournit une opportunité unique d'étudier les légions romaines en Bretagne. Les fouilles continuent de déterrer de nouvelles découvertes ; à la fin du XXe siècle, un ensemble de très grands bâtiments monumentaux à l'extérieur de la forteresse entre l'Usk et l'amphithéâtre fut découvert. Cette nouvelle région des canabae fut auparavant inconnue.

Le nom brittonique Isca signifie « eau » et fait référence à l'Usk[1]. Le suffixe Augusta figure dans la Cosmographie de Ravenne et fut un titre honorifique emprunté à la légion étant disposée là[2]. L'endroit est communément appelé Isca Silurum afin de le différencier d'Isca Dumnoniorum et en raison qu'il se trouve dans le territoire de la tribu des Silures. Toujours est-il qu'il n'existe aucune preuve que cette forme ait été utilisée à l'époque romaine. Le nom ultérieur, Caerleon, dérive du gallois signifiant « forteresse de la légion »[3].

Fondation et histoire

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Isca est fondée en en 74 ou 75 lors des dernières campagnes du gouverneur Frontin contre les tribus indigènes farouches de Bretagne occidentale, notamment les Silures au sud du Pays de Galles ayant résisté à l'avancée des Romains pendant plus d'une génération.

Isca devint le quartier général de la Legio II Augusta établi dans une grande forteresse à la forme caractéristique de « carte à jouer » propre aux camps légionnaires, et construite à l'origine avec un rempart de terre et une palissade en bois. Elle demeura leur quartier général jusqu'à 300 apr. J.-C. au moins. L'intérieur était aménagé avec l'ensemble habituel de bâtiments militaires : un bâtiment du quartier général, la résidence du légat, les maisons des tribuns, un hôpital, de vastes thermes, des ateliers, des casernes, des greniers et, chose inhabituelle, un grand amphithéâtre.

À cette époque, il y avait quatre légions en Bretagne sur un total d'environ 30 légions dans l'Empire, faisant de la Bretagne l'une des provinces les plus lourdement militarisées en raison de son statut de zone frontalière ainsi que ses voisins hostiles. Chaque légion était composée de plus de 5 000 soldats professionnels lourdement armés et grandement disciplinés engagés dans l'armée pendant au moins une vingtaine d'années. En tant que pilier de l'armée, les légionnaires furent les conquérants ainsi que les fondateurs de l'Empire romain ayant apporté avec eux des idées étrangères, des pratiques ainsi que des traditions qui transformeraient la société ainsi que la culture de la Bretagne à jamais.

Une tour romaine partiellement intacte à Caerleon, dessinée en 1783.

Une inscription de Trajan indique la date de 99/100 apr. J.-C. pour le remplacement des murs de la forteresse, lorsque les remparts d'origine en terre et en bois de la forteresse furent renforcés par l'ajout d'un revêtement en pierre sur la façade. Ce rempart « composite » se composait d'un mur de pierre de 5 à 5 pieds et demi d'épaisseur, adossé à un talus d'argile et précédé d'un fossé unique.

Forteresses légionnaires en 80 apr. J.-C..

Vers 120, des détachements ou vexillations de la légion furent nécessaires ailleurs dans la province et Isca devint plus une base militaire qu'une garnison. Cependant, on pense que chaque cohorte a maintenu une présence à la forteresse. Lorsque Septime Sévère prit le pouvoir dans les années 190, il fit rénover Isca, et la légion y prit ses quartiers pour se reconstituer après avoir subi de lourdes pertes sur le continent. D'autres travaux de rénovations eurent lieu sous les ordres de Caracalla, lorsque la porte sud-ouest fut reconstruite, l'amphithéâtre rénové, et que les bâtiments de casernement ont été dotés de nouvelles toitures et ont fait l'objet d'autres réparations. La légion a peut-être été rappelée pour combattre au nom de l'un des nombreux empereurs revendiquant le pouvoir à la fin du IIIe siècle. Bien que la majorité du fort était désert, on pense qu'une équipe chargée de l'entretien a maintenu les installations en état, et des travaux de réoccupation et de reconstruction ont lieu jusqu'aux années 270. On pense que les principales structures militaires ont finalement été démolies par les usurpateurs, Carausius ou Allectus, lorsque la légion eut besoin de repousser une potentielle invasion du continent. La pierre d'Isca aurait pu être utilisée pour construire des défenses sur la côte sud. Il est possible qu'une présence militaire occasionnelle ait persisté jusqu'à une époque aussi récente que le début du IVe siècle, or, la forteresse fut probablement reprise par la suite par les habitants du vicus environnant. La basilique des bains fut utilisée en tant que parc à bestiaux. Des découvertes récentes suggèrent une occupation romaine d'une forme ou d'une autre jusqu'à fin 380[4],[5].

Martyrs chrétiens

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D'après Gildas le Sage (suivi par Bède le Vénérable), la Caerleon romaine fut le site de deux martyrs chrétiens des premiers siècles en Bretagne, à la même époque que saint Alban, le premier martyr britannique, ayant été assassiné dans la cité romaine de Verulamium (près de l'actuelle St Albans). Il écrit :

« Seigneur, donc, qui souhaite que tout homme soit sauvé, et qui appelle les pécheurs pas moins que ceux qui se pensent eux-mêmes justes, magnifia sa miséricorde à notre égard, et, tel que nous le savons, au cours de la persécution citée plus haut, que la Bretagne pourrait ne pas être totalement enveloppée dans les teintes sombres de la nuit, il a fait naître parmi nous de brillantes lumières des saints martyrs de son propre don gratuit, dont les lieux d'enterrement et de martyr, s'ils n'avaient pas été empêchés par de nombreux crimes et détruits par les barbares, auraient tout de même allumé dans l'esprit des spectateurs un feu non négligeable de charité divine. Tels furent saint Alban de Verulamium, Aaron et Jules, citoyens de la Cité des Légions, et les autres, des deux sexes, qui, en divers lieux, tinrent bon dans le combat chrétien. »

Cette ville des légions est identifiée à Caerleon, plutôt que Chester, parce qu'il y avait deux chapelles médiévales dédiées à chacun de ces martyrs. Ils furent probablement exécutés en 304, durant les persécutions religieuses du règne de Dioclétien. Toujours est-il que ces chapelles pourraient avoir été fondées à la suite des écrits de Bède ; sur le plan archéologique, elles ne peuvent être datées d'une époque antérieure à celle de l'église Saint-Jean de Chester, également située à proximité d'un amphithéâtre.

Amphithéâtre

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En raison de sa forme arrondie, l'amphithéâtre non fouillé était connu des habitants sous le nom de « Table ronde du roi Arthur », cependant, il n'y existe aucun lien connu. Une enquête initiale en 1909 prouva le potentiel d'une fouille à grande échelle de la structure, qui débuta en 1926 et fut supervisée par Victor Erle Nash-Williams. Ceci révélé, parmi d'autres choses, que l'amphithéâtre fut construit vers 80. Cette bâtisse (« Période I ») fut détruite par le feu au début du IIe siècle, et la seconde bâtisse (« Période II ») érigée vers 138 fut détruite environ soixante ans plus tard vers 196/197. Elle fut à nouveau bâtie pour la troisième et dernière fois lors des campagnes de Sévère et Caracalla en Bretagne vers 197-211. La bâtisse de la « période III » a fini par tomber en désuétude vers le milieu du IVe siècle à la même époque que la forteresse de Caerleon fut évacuée. La pièce la plus récente provenant de ce site est celle de Valens (364–378).

L'arène ovale possède huit entrées, avec une capacité d'environ 6000 spectateurs. Outre les spectacles de gladiateurs habituels, il était probablement utilisé pour des démonstrations et des exercices par la garnison de la forteresse.

Vue panoramique à 360° de l'amphithéâtre.

En août 2011, les vestiges d'un port romain fut découvert à Caerleon[6].

Thermes.

D'importants vestiges romains de la forteresse romaine mis au jour archéologiquement peuvent être vus à Caerleon.

Cadw gère :

  • L'amphithéâtre militaire, l'un des plus impressionnants en Bretagne
  • Une partie des thermes militaires, surmontés in situ par la forteresse et les thermes romains de Caerleon
  • Caserne de Prysg Field, la seule caserne légionnaire romaine visible en Europe
  • Le mur de la forteresse, qui s'élève encore à 3,7 mètres de hauteur
Caserne de Prysg Field, Isca Augusta.

Musée de la Légion

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Le Musée national de la légion romaine, situé dans la ville, fait partie du Musée national du pays de Galles. Le musée expose des artefacts ainsi que des découvertes des fouilles menées à travers la ville ainsi qu'à proximité de Burrium (en) (Usk), dont des pièces de monnaie romaine, des armes, des uniformes, etc.

Murs de la forteresse romaine.

Articles connexes

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Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Isca Augusta » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) John Davies, The Welsh Academy Encyclopaedia of Wales L'Encyclopédie du Pays de Galles de la Welsh Academy »], Cardiff, , 1 059 (ISBN 9780708319536), p. 103.
  2. (en) Alison Grant, Roman Military Objectives in Britain Under the Flavian Emperors Objectifs militaires romains en Bretagne sous les empereurs flaviens »], , 207 p. (ISBN 9781407301143), p. 19.
  3. (en) Peter Guest et Andrew Gardner, « From fortress to field » [« De la forteresse au champ »], British Archaeology, .
  4. (en) « From June 16th until July 25th 2008 archaeologists excavated what was believed to be a Roman warehouse in Priory Field Caerleon... » [« Du 16 juin au 25 juillet 2008, des archéologues ont fouillé ce que l'on pensait être un entrepôt romain à Priory Field, à Caerleon... »] Accès libre.
  5. (en) « Archaeology at CAERLEON 2010 - The Priory Field Dig : Archaeologists from UCL and Cardiff University continued their explorations of the Priory Field site during August and September 2010... and, as in 2008, visitors were welcome to watch their progress. » [« Archéologie à Caerleon en 2010 – Les fouilles de Priory Field : des archéologues de l'UCL et de l'université de Cardiff ont poursuivi leurs recherches sur le site de Priory Field durant les mois d'août et de septembre 2010... et, tout comme en 2008, les visiteurs étaient invités à suivre l'avancement des travaux. »] Accès libre.
  6. (en) « Caerleon Roman harbour find hailed : THE DISCOVERY of a Roman port in Caerleon was hailed by academics. » [« La découverte d'un port romain à Caerleon saluée : la découverte d'un port romain à Caerleon a été saluée par les universitaires. »] Accès libre, .

Liens externes

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