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Johann de Kalb

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Jean de Kalb
Johann Kalb
Johann de Kalb
Portrait de Johann de Kalb d'après un tableau de Charles Willson Peale (1782).

Surnom Baron de Kalb
Nom de naissance Johann Kalb
Naissance
Hüttendorf, principauté de Bayreuth
Décès (à 59 ans)
Camden, Caroline du Sud
Mort au combat
Origine Allemand
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Arme Infanterie
Grade major-général
Années de service 1743 – 1780
Commandement Troupes continentales du Maryland et du Delaware
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance des États-Unis
Faits d'armes Bataille de Camden
Distinctions institution du Mérite militaire
Hommages Monuments à Camden et Annapolis
Autres fonctions Agent d'observation en Amérique du Nord

Johann de Kalb, également connu en France sous le nom de Jean de Kalb et aux États-Unis comme baron de Kalb, né Johann Kalb le à Hüttendorf, dans la principauté de Bayreuth, et mort le à Camden, en Caroline du Sud, est un officier d'origine allemande au service du royaume de France, puis major-général de la armée continentale pendant la guerre d'indépendance des États-Unis.

Après avoir servi dans l'armée française pendant la guerre de Succession d'Autriche et la guerre de Sept Ans, il est envoyé en Amérique du Nord dans les années 1760 afin d'observer la situation politique des colonies britanniques. Il revient en Amérique en 1777 avec La Fayette et sert dans l'armée continentale. Mortellement blessé le à la bataille de Camden, il meurt trois jours plus tard.

Origines et jeunesse

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Ancien emplacement de la maison natale attribuée à Johann de Kalb à Hüttendorf, près d'Erlangen.

Johann Kalb naît le à Hüttendorf, près d'Erlangen, en Franconie, dans la principauté de Bayreuth[1],[2],[3],[4]. Il est le fils de Johann Leonhard Kalb, cultivateur, et de Margarethe Seitz, également mentionnée sous les formes Margarethe Seiz ou Margareth Putz selon les sources[1],[3]. Une date alternative, le , apparaît dans quelques notices[5].

Les premières années de Kalb restent mal connues. Les sources modernes écartent les rattachements nobiliaires parfois avancés au XIXe siècle et retiennent une origine modeste. La Neue Deutsche Biographie souligne également que le titre de baron sous lequel il est connu est discuté dans son fondement juridique, même s'il fut largement employé par les sources françaises et américaines contemporaines ou postérieures[1].

Carrière au service de la France

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Kalb entre au service de la France en 1743 dans le régiment de Lowendal, régiment allemand levé par Ulrich Frédéric Woldemar de Lowendal, futur maréchal de France. Il y sert sous le nom de Jean de Kalb. Il participe à la guerre de Succession d'Autriche et prend part aux opérations de l'armée française en Flandre, notamment à la prise de Bergen-op-Zoom en 1747[1],[6],[7].

Il atteint le grade de capitaine en 1747. Pendant la guerre de Sept Ans, il sert comme major dans l'armée commandée par Victor-François de Broglie. Il se distingue notamment pendant la retraite qui suit la bataille de Rossbach et lors de la bataille de Bergen. Il est promu lieutenant-colonel et devient quartier-maître général dans l'armée du Haut-Rhin après la dissolution du régiment de Lowendal[1],[6],[7].

À la fin de la guerre, il reçoit les insignes de l'institution du Mérite militaire, distinction destinée notamment aux officiers protestants qui ne pouvaient recevoir l'ordre royal et militaire de Saint-Louis[1],[3]. Les notices anciennes et plusieurs sources américaines le désignent couramment sous le nom de « baron de Kalb ». Les sources modernes invitent toutefois à distinguer cette appellation d'usage d'un titre juridiquement établi : la Neue Deutsche Biographie présente le titre comme incertain, tandis que les Maryland State Archives le qualifient de nobleman « self-styled », c'est-à-dire se présentant lui-même comme noble[1],[3]. Les documents repérés attestent en revanche des lettres de naturalité délivrées en 1766 et enregistrées au Conseil souverain d'Alsace en 1767[8].

En 1764, il épouse à Paris Anne Élisabeth Émilie van Robais (1748-1785), fille de Pierre van Robais, issue d'une famille protestante liée à la manufacture des Rames d'Abbeville[1],[3]. Le couple acquiert ensuite des biens à Milon-la-Chapelle, dans l'actuel département des Yvelines[8].

Mission d'observation en Amérique du Nord

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Après la guerre de Sept Ans, la France cherche à mieux connaître l'état d'esprit des colonies britanniques d'Amérique du Nord. À la demande du duc de Choiseul, Kalb est chargé d'observer les tensions entre les colonies et la Grande-Bretagne. Sa mission consiste notamment à évaluer l'ampleur du mécontentement colonial et l'intérêt que ces tensions pourraient représenter pour la politique française[1],[6],[7].

Les Maryland State Archives indiquent qu'il agit comme agent du gouvernement français dans les colonies britanniques pendant la crise du Stamp Act, entre 1767 et 1768[3]. Cette mission précède de plusieurs années l'intervention française dans la guerre d'indépendance des États-Unis et constitue l'un des épisodes importants de la politique d'observation menée par la France après la perte d'une partie de son empire colonial à l'issue du traité de Paris de 1763[9],[10],[11].

Engagement dans l'armée continentale

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Johann de Kalb présentant La Fayette à Silas Deane, estampe d'Alonzo Chappel, 1879.

Après le déclenchement de la guerre d'indépendance américaine, Kalb cherche à reprendre du service en Amérique. En 1776, il entre en relation avec les représentants américains en France, notamment Silas Deane et Benjamin Franklin, dans un contexte où le Congrès continental recherche des officiers expérimentés capables d'encadrer la armée continentale[6],[5],[7]. Il reçoit la promesse d'une commission de major général et embarque en 1777 avec La Fayette sur le navire La Victoire[1],[5].

Le groupe débarque en Caroline du Sud en juin 1777, puis gagne Philadelphie. Kalb se heurte d'abord aux hésitations du Congrès concernant les engagements pris en France. Il reçoit finalement le rang de major-général à l'automne 1777[3],[12].

Durant l'hiver 1777-1778, il sert auprès de l'armée de George Washington à Valley Forge, où il gagne l'estime du commandement américain[6]. En 1778, il participe également, comme second de La Fayette, au projet d'expédition contre le Canada, finalement abandonné en raison des difficultés logistiques et de l'état des troupes[6]. Une lettre adressée à John Adams en décembre 1777 témoigne de ses liens avec les milieux français et américains engagés dans la cause de l'indépendance[13].

Campagne du Sud et bataille de Camden

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La mort de de Kalb à la bataille de Camden, gravure du XIXe siècle.

En 1780, alors que les Britanniques déplacent leur effort principal vers le théâtre sud, Washington envoie Kalb renforcer Charleston avec une division composée de troupes continentales du Maryland et du Delaware[5],[14]. La ville capitule cependant devant les Britanniques le , avant son arrivée[5]. Kalb poursuit néanmoins sa marche vers le Sud. À Deep River, en Caroline du Nord, il se place sous les ordres d'Horatio Gates, nommé commandant du département du Sud par le Congrès[15].

La bataille de Camden a lieu le , au nord de Camden, contre les forces britanniques commandées par Charles Cornwallis. Les milices américaines de Virginie et de Caroline du Nord se dispersent rapidement face à l'avance britannique, tandis que les troupes continentales du Maryland et du Delaware, placées sous les ordres de Kalb, résistent plus longtemps sur le champ de bataille[16],[14].

Au cours du combat, son cheval est tué sous lui. Kalb est grièvement blessé, notamment par des coups de baïonnette, puis fait prisonnier. Son aide de camp, le chevalier Charles-François du Buysson, tente de le protéger pendant l'action. Transporté à Camden, Kalb succombe à ses blessures le [5],[15],[7]. Il est enterré par les Britanniques avec les honneurs militaires[15].

Jean de Kalb épouse en 1764 Anne Élisabeth Émilie Van Robais (1748-1785), fille de Pierre van Robais et de Suzanne Gastebois[1],[3]. Le couple a trois enfants[1],[17] :

Filiation simplifiée

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La filiation suivante résume le rattachement de la descendance française de Johann de Kalb à la famille de Vandière de Vitrac d'Abzac[17],[19],[20].

Éléonore Nicette de Kalb, petite-fille de Johann de Kalb, épouse le à Milon-la-Chapelle Raymond de Vandière de Vitrac, vicomte d'Abzac. Des documents conservés à la William L. Clements Library de l'université du Michigan concernent notamment un litige relatif à des terres de l'Ohio attribuées aux héritiers de Johann de Kalb ; le fonds comprend des copies d'actes français relatifs au mariage d'Élie de Kalb, à la naissance de Léonore Nicette de Kalb et au mariage de cette dernière avec Raymond de Vandière de Vitrac, vicomte d'Abzac[17].

Postérité

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Buste de de Kalb à Decatur (Géorgie).
Statue de Johann de Kalb sur les terrains du Capitole de l'État du Maryland, à Annapolis.

Dès le , le Congrès continental adopte une résolution prévoyant l'érection d'un monument à la mémoire de Kalb à Annapolis, dans le Maryland, en reconnaissance de son service auprès des troupes américaines[3]. Le projet met cependant plus d'un siècle à aboutir. Une statue en bronze réalisée par Ephraim Keyser, datée de 1886, est finalement installée sur le terrain du Capitole de l'État du Maryland[21].

À Camden, Kalb est d'abord enterré près de l'hôpital où il meurt. En 1825, lors de son voyage de retour aux États-Unis, La Fayette participe à la mémoire de son ancien compagnon d'armes ; la South Carolina Encyclopedia indique qu'il pose la première pierre du monument de Camden. Les restes de Kalb sont ensuite réinhumés sous un monument situé près de la Bethesda Presbyterian Church[15],[5].

Plusieurs villes et comtés des États-Unis portent le nom DeKalb en souvenir de lui. Sa mémoire est également entretenue par des portraits, des bustes et des marqueurs historiques aux États-Unis et en Allemagne[5],[21].

Iconographie

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Portrait gravé de Johann de Kalb conservé par la New York Public Library.

Le portrait de Kalb le plus diffusé est lié à une réplique d'un tableau de Charles Willson Peale, réalisée en 1781-1782 et conservée dans le parc historique national de l'Independence Hall à Philadelphie[6]. La Neue Deutsche Biographie mentionne également ce portrait conservé à Independence Hall[1]. D'autres représentations anciennes, notamment des portraits gravés et des scènes consacrées à sa mort à Camden, ont circulé dans l'iconographie américaine du XIXe siècle[22]. La catégorie Wikimedia Commons consacrée à Johann de Kalb rassemble plusieurs représentations, dont des portraits, des monuments, des marqueurs historiques et des vues liées à sa mémoire[23].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (de) Horst Dippel, « Kalb, Johann (zu Unrecht: Baron von) », sur Deutsche Biographie, Historische Kommission bei der Bayerischen Akademie der Wissenschaften, (consulté le ).
  2. (de) « Kalb, Johann (nicht Baron von): 29. 6. 1721 Hüttendorf b. Erlangen — 19. 8. 1780 in der Schlacht v. Camden, South Carolina/USA; General », sur Bavarikon, Freistaat Bayern (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) « Johann de Kalb (1721-1780), MSA SC 3520-14859 », sur Maryland State Archives (consulté le ).
  4. (en) A. E. Zucker, General de Kalb, Lafayette's Mentor, Chapel Hill, University of North Carolina Press, (lire en ligne).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Johann de Kalb », sur American Battlefield Trust (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Johann Kalb », sur Encyclopædia Britannica (consulté le ).
  7. 1 2 3 4 5 Edmond Lerville, « Un général français peu connu, le baron de Kalb, 1721-1780 », Revue historique des Armées, no 162, , p. 78-87 (DOI 10.3406/rharm.1986.6494, lire en ligne, consulté le ).
  8. 1 2 Xavier Soulange-Teissier, « À propos du fonds Kalb : contribution à l'histoire familiale » [PDF], (consulté le ).
  9. Ludovic de Colleville, Les missions secrètes du général-major baron de Kalb, et son rôle dans la guerre de l'indépendance américaine, Paris, É. Perrin, , 161 p..
  10. Henri Doniol, Histoire de la participation de la France à l'établissement des États-Unis d'Amérique : correspondance diplomatique et documents, Paris, Imprimerie nationale, 1886-1899 (lire en ligne).
  11. Bertrand Van Ruymbeke, 1776, l'année américaine, Paris, Tallandier ; Ministère des Armées, , 137 p. (ISBN 979-10-210-4949-9).
  12. (en) Friedrich Kapp, The Life of John Kalb, Major-General in the Revolutionary Army, New York, H. Holt and Company, (lire en ligne).
  13. (en) « From Johann de Kalb to John Adams, 27 December 1777 », sur Massachusetts Historical Society, Adams Papers Digital Edition (consulté le ).
  14. 1 2 (en) Kieran J. O'Keefe, « Battle of Camden », sur George Washington's Mount Vernon (consulté le ).
  15. 1 2 3 4 (en) Samuel K. Fore, « De Kalb, Johann », sur South Carolina Encyclopedia, University of South Carolina, Institute for Southern Studies, (consulté le ).
  16. (en) « Camden », sur American Battlefield Trust (consulté le ).
  17. 1 2 3 (en) « Johann de Kalb family legal documents, 1848-1856 », sur University of Michigan Finding Aids, William L. Clements Library (consulté le ).
  18. Archives nationales, T 278.
  19. Bernard de Larquier, Dictionnaire de Broglie et du vaisseau « La Victoire », 1777, Saintes, Éditions de Larquier, , 270-275 p.
    Section « de Vandière de Vitrac d'Abzac »
  20. Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France, vol. 59e année, Paris, Bureau de la publication ; Honoré Champion, , 165-172 p. (lire en ligne)
  21. 1 2 (en) « Baron Johann DeKalb », sur Maryland State Art Collection, Maryland State Archives (consulté le ).
  22. (en) « Maj. Gen. the Baron De Kalb », sur Wikimedia Commons (consulté le ).
  23. (en) « Category:Johann de Kalb », sur Wikimedia Commons (consulté le ).

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Thomas Balch, Les Français en Amérique pendant la guerre de l'indépendance des États-Unis, 1777-1783, Paris, 1872, [lire en ligne].
  • John Beakes, De Kalb: One of the Revolutionary War's Bravest Generals, Berwyn Heights, Heritage Books, 2019, 485 p.
  • Ludovic de Colleville, Les missions secrètes du général-major baron de Kalb, et son rôle dans la guerre de l'indépendance américaine, Paris, É. Perrin, 1885, 161 p.
  • Horst Dippel, « Kalb, Johann (zu Unrecht: Baron von) », dans Neue Deutsche Biographie, vol. 11, Berlin, Duncker & Humblot, 1977, p. 46.
  • Henri Doniol, Histoire de la participation de la France à l'établissement des États-Unis d'Amérique : correspondance diplomatique et documents, Paris, Imprimerie nationale, 1886-1899.
  • Friedrich Kapp, The Life of John Kalb, Major-General in the Revolutionary Army, New York, H. Holt and Company, 1884, [lire en ligne].
  • Bernard de Larquier, Dictionnaire de Broglie et du vaisseau « La Victoire », 1777, Saintes, Éditions de Larquier, 1984, IV-528 p.
  • André Lasseray, Les Français sous les treize étoiles, 1775-1783, Mâcon, Imprimerie Protat, 1935, 2 vol.
  • Edmond Lerville, « Un général français peu connu, le baron de Kalb, 1721-1780 », Revue historique des Armées, no 162, 1986, p. 78-87, DOI 10.3406/rharm.1986.6494, [lire en ligne].
  • Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, p. 222-223.
  • Paul G. Sifton, « La Caroline Méridionale: Some French Sources of South Carolina Revolutionary History, with Two Unpublished Letters of Baron de Kalb », The South Carolina Historical Magazine, vol. 66, avril 1965, p. 102-108.
  • John Spear Smith, Memoir of the Baron de Kalb: read at the meeting of the Maryland Historical Society, 7th January, 1858, Baltimore, John D. Toy, 1858, [lire en ligne].
  • Bertrand Van Ruymbeke, 1776, l'année américaine, Paris, Tallandier ; Ministère des Armées, 2026, 137 p. (ISBN 979-10-210-4949-9).
  • Lascelles Wraxall, Remarkable Adventurers and Unrevealed Mysteries, p. 194.
  • A. E. Zucker, General de Kalb, Lafayette's Mentor, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1966, [lire en ligne].

Articles connexes

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Liens externes

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