Pitcairn
| Pitcairn Pitcairn Island (en) | |||
Image satellite de Pitcairn. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Archipel | Îles Pitcairn | ||
| Localisation | Océan Pacifique | ||
| Coordonnées | 25° 04′ 00″ S, 130° 06′ 24″ O | ||
| Superficie | 5 km2 | ||
| Point culminant | Pawala Valley Ridge (347 m) | ||
| Géologie | île volcanique | ||
| Administration | |||
| Territoire britannique d'outre-mer | Îles Pitcairn | ||
| Démographie | |||
| Population | 40 hab. (2021[1]) | ||
| Densité | 8 hab./km2 | ||
| Gentilé | Pitcairnais | ||
| Plus grande ville | Adamstown | ||
| Autres informations | |||
| Fuseau horaire | UTC−08:00 | ||
| Site officiel | government.pn | ||
| Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique
Géolocalisation sur la carte : îles Pitcairn
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| îles au Royaume-Uni | |||
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Pitcairn[2], en anglais Pitcairn[2] et Pitcairn Island, en pitcairnais Pitkern, est une île de l'océan Pacifique, principale terre du territoire britannique des îles Pitcairn et abritant la capitale Adamstown. Pitcairn se situe à environ 5 000 km des côtes de la Nouvelle-Zélande et autour de 5 700 km de celles de l'Amérique du Sud et n'est accessible que par bateau depuis l'archipel des Gambier, qui possède la piste d'atterrissage la plus proche, situé à environ 540 km à l'ouest-nord-ouest.
Désertée par ses habitants avant le XVIe siècle, elle est repeuplée depuis la fin du XVIIIe siècle essentiellement par les descendants des mutins du Bounty et de leurs femmes polynésiennes qui ont trouvé là une île vierge et méconnue, où se réfugier.
Géographie
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C'est la seule île habitée de cette partie de l'archipel, qui comprend aussi les îles Henderson, Ducie et Oeno.
L'île a été vidée de ses habitants polynésiens à la suite de sa déforestation « qui a rendu de plus en plus difficile la construction de pirogues à Mangareva et à Pitcairn »[3], comme dans l'île de Pâques, ce qui a isolé les habitants à partir d'une période comprise entre 1000 et 1450[3],[4],[5].
C'est — ensemble avec l'île Henderson — l'un des cinq cas étudiés par Jared Diamond dans son livre sur le risque de collapsus écologique chez les sociétés insulaires qui surexploitent leur environnement (les autres cas sont l’île de Pâques, le peuple des Indiens Anasazis, et ceux des Mayas et des Vikings)[3].
Au XXIe siècle, les habitants de Pitcairn sont pour la plupart des descendants des mutins du Bounty et de leurs femmes polynésiennes qui ont trouvé là une île vierge et méconnue, où se réfugier et se cacher loin des routes maritimes empruntées régulièrement par les bateaux de la Royal Navy à la fin du XVIIIe siècle.
Les habitants de Pitcairn ont développé un créole dérivé de l'anglais, le pitcairnais.
En tant que « pays dépendant du Royaume-Uni », l'économie et certains travaux insulaires pouvaient bénéficier d'aides européennes avant le [6].
Géologie
[modifier | modifier le code]À la différence des autres îles de la région qui sont des atolls coralliens (sauf Mangareva), Pitcairn est entièrement d'origine volcanique. Elle est d'ailleurs située sur l'un des points chauds de l'hémisphère sud (dit le « point chaud de Pitcairn »)[7].
La pétrologie de l'île et plus largement du socle océanien a notamment été étudiée par Alfred Lacroix[8].
Flore et faune
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De vastes zones de Pitcairn sont façonnées par l'intervention humaine, maintenant couvertes de plantes non-natives de l'île. Parmi les plantes cultivées sur l'île, on peut retrouver la noix de coco, l'ananas, les agrumes, la banane, la papaye, le melon, la goyave, la canne à sucre, l'igname, le taro et l'arbre à pain.
La végétation indigène ne couvre désormais environ que 30 % de la surface de l'île, généralement sur des pentes abruptes et des vallées reculées.
Pitcairn connait aussi un problème de déforestation. Il ne reste qu'une petite zone de la forêt originelle résultant des coupes pour le feu et pour dégager des zones d'habitat. La forêt était déjà fortement dégradée depuis le début du second millénaire jusqu'à la disparition des habitants autochtones, avant l'arrivée des mutins de la Bounty.
La faune endémique sur terre se limite aux insectes, aux escargots et à certains petits reptiles. Tous les autres animaux de l'île ont été introduits par les Européens lors de leur arrivée.
Aire marine protégée
[modifier | modifier le code]L'environnement marin entourant l'île Pitcairn est l'un des plus intacts au monde[9],[10]. Afin de le protéger, le Royaume-Uni crée en 2016 une aire marine protégée couvrant près de 830 000 km2 autour de l'archipel, soit 99 % de sa zone économique exclusive. La pêche de subsistance est autorisée pour les habitants dans un périmètre de 12 miles nautiques autour des îles. Au-delà et jusqu'à 200 miles nautiques, toutes les activités de pêche et d'exploitation minière sont interdites[9].
Au moment de sa création en 2016, cette aire marine protégée bénéficie d'une méthode de surveillance novatrice pour assurer le respect de la zone[9]. Elle combine analyse d'images satellites et de données provenant de sources multiples, ainsi qu'une surveillance sur place par un drone flottant[9]. En 2023, les îles Pitcairn reçoivent le Blue Park Award décerné par l'organisation non gouvernementale Marine Conservation Institute (en)[11]. Pitcairn abrite depuis 2024 une base scientifique dédiée à l'étude de la vie marine qui comprend des équipements scientifiques ainsi qu'un lieu d'hébergement permettant d'accueillir des chercheurs[10].
Histoire
[modifier | modifier le code]Peuplement
[modifier | modifier le code]L'histoire des îles Pitcairn débute à la Préhistoire, lors du peuplement des îles par des Polynésiens. Interrompu au XVIe siècle, le peuplement de l'île ne recommence qu'à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les mutins du HMS Bounty débarquent et s'installent sur les îles.
Affaire judiciaire
[modifier | modifier le code]L'affaire judiciaire des îles Pitcairn concerne des accusations de crimes sexuels, survenue dans les années 2004-2006.
Dans la culture
[modifier | modifier le code]- Les premières années de vie humaine sur Pitcairn ont inspiré L'Île, un roman d'aventures, basé sur des faits historiques, écrit par l'écrivain français Robert Merle, et paru en 1962.
- D'autres romans s'emparent du sujet plus tôt : Jules Verne décrit, en trois chapitres, Les Révoltés de la Bounty en 1879, James Norman Hall et Charles Nordhoff publient, en trois tomes, Les Révoltés de la Bounty en 1932. Plus tôt encore, la publication d'Appendice d'Edward Christian en 1794[12] a fait connaitre, de manière plus confidentielle, l'existence de l'îlot. Par delà le journal du capitaine William Bligh, le premier récit de la mutinerie est celui de l'explorateur John Barrow, publié en 1831.
- Publiée chez Glénat à partir de 2022, la série de bandes dessinées Pitcairn de Marc Eacersall, Sébastien Laurier et Gyula Német relate elle aussi l'arrivée et l'installation des premiers colons sur l'îlot[13].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « Welcome to Pitcairn Islands - Pitcairn stats (bottom) », sur visitpitcairn.pn (consulté le ).
- 1 2 Commission nationale de toponymie, conseil national de l'information géographique, Pays, territoires et villes du monde juillet 2021, , 34 p. (lire en ligne [PDF]), p. 28.
- 1 2 3 Henri Nicolaï, « Diamond J., Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Paris, Gallimard, NRF, Essais, 2006, 648 p. » (compte-rendu), Belgeo, no 4, , p. 493-497 (ISSN 1377-2368, e-ISSN 2294-9135, DOI 10.3917/dec.berge.2012.01.0291).
- ↑ Esty, A. (2009). Pourquoi les civilisations meurent-elles ?. Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, 13(1), 4-4 (résumé).
- ↑ Esty, A. (2005). Jared Diamond. La leçon des cités perdues. Sciences humaines, (5), 15-15 (résumé).
- ↑ Bloch, B. M. (2008). Marchés de travaux hors de l'Union européenne. Ed. Techniques Ingénieur.
- ↑ Guillou, H., Gillot, P. Y., & Guille, G. (1994). « Âge (K-Ar) et position des îles Gambier dans l'alignement du point chaud de Pitcairn (Pacifique Sud) ». Comptes rendus de l'Académie des sciences. Série 2. Sciences de la terre et des planètes, 318(5), 635-641.
- ↑ Avias J (1950) « Alfred Lacroix et la Pétrologie océanienne ». Journal de la Société des océanistes, 6(6), 219-229.
- 1 2 3 4 « A fact sheet from The Pew Trusts » [PDF], (consulté le ).
- 1 2 « The Pitcairn Islands Marine Sciences Base », sur Government of the Pitcairn Islands (consulté le ).
- ↑ « Pitcairn Islands Marine Protected Area », sur Marine Conservation Institute (consulté le ).
- ↑ Alexander 2003, p. 343-344.
- ↑ Mark Eacersall, Sébastien Laurier et Gyula Németh, Terre promise, Glénat, coll. « Pitcairn », (ISBN 978-2-344-03425-5)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- J. Fralon, La Commission du Pacifique Sud. Civilisations, 155-158. Giuge, P. (2011). « La cérémonie du Bounty Day : l’histoire des révoltés du Bounty comme récit fondateur sur les îles de Pitcairn et Norfolk et ses représentations en Occident » (résumé).
- Olivier Goujon, Pitcairn. Les révoltés du Bounty vont disparaître, éditions Max Milo, 2021.
- A Lacroix, Les Roches volcaniques de l'île de Pitcairn (Océan Pacifique Austral). CR Acad. Sci. Paris, 202, 788-798, 1936.
- A. Lacroix, Clipperton, îles de Pâques et Pitcairn : esquisse lithologique. impr. F. Soulisse-Martin, 1939.
- H. A. Lavachery, Contribution à l'étude de l'archéologie de l'île de Pitcairn (travaux de la mission franco-belge à l'île de Pâques. Société des Américanistes de Belgique, 1936.
- L. Leblanc, & R. Putoa, Les Mouches des fruits de la Polynésie française et des îles Pitcairn. Service de la protection des végétaux, secrétariat général de la Communauté du Pacifique, 2000.
- M. Pérez, Culture et identité à Pitcairn, Éducation, culture et identité : actes, 97, 223, 1998.
- A. G. Thompson, « Davidson (John Wightman): Peter Dillon of Vanikoro, Chevalier of the South Seas ». Éd. by OHK Spate. Revue française d'histoire d'outre-mer, 63(230), 176-177, 1976.
- Charles Vidil, Histoire des mutins de la "Bounty", et de l'île Pitcairn (1789-1930). Payot, 1932.
- J. D. Woodhead & M. T. McCulloch, « Ancient seafloor signals in Pitcairn Island lavas and evidence for large amplitude, small length-scale mantle heterogeneities ». Earth and Planetary Science Letters, 94(3), 257-273, 1989 (résumé).
- M. Zimmermann, « L'Île de Pâques et l'ethnographie du Pacifique » in Annales de géographie (Vol. 26, No. 143, p. 392–395). Société de géographie, 1917.
Radio
[modifier | modifier le code]- « Pitcairn, une île maudite au coeur du Pacifique » [radio], sur France inter, Affaires sensibles, 22 avril 2022.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative au vivant :
- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Pitcairn people, court métrage documentaire, 1962, 27'
- « Pitcairn, 50 habitants, enjeu de puissance britannique au cœur du Pacifique », France Culture, Les enjeux internationaux par Julie Gacon, le
