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Sherman Firefly

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Sherman Firefly
Image illustrative de l’article Sherman Firefly
Caractéristiques de service
Type Char moyen
Service Juin 1944-2018
Utilisateurs Principalement le Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
et le Drapeau du Canada Canada
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Année de conception 1943
Constructeur Royal Ordnance Factory de Barnbow
Unités produites 2 139-2 239
Caractéristiques générales
Équipage 4
Longueur 7,85 m
Largeur 2,67 m
Hauteur 2,74 m
Masse au combat 32,7 t
Armement
Armement principal 1 canon de 17-pdr
Armement secondaire 1 mitrailleuse M1919A4
Mobilité
Moteur Chrysler A57
Puissance 425 hp
Vitesse sur route 32 km/h
Autonomie env. 100 km

Le Sherman Firefly est un char moyen britannique de la Seconde Guerre mondiale basé sur le char américain M4 Sherman réarmé avec le canon antichar Ordnance QF 17 pounder. Son développement débute en 1943 et est motivé par la faiblesse de l’armement des autres chars britanniques et le peu de perspective d’avoir à brève échéance un véhicule capable d’affronter les blindés allemands les mieux protégés comme le Tigre et le Panther. Le canon de 17-pdr, qui peut détruire n’importe quel char alors existant à de longues distances, permet de résoudre ce problème, tandis que le Sherman a l’avantage d’être déjà en production, ce qui évite d’avoir à développer un châssis pour porter l’arme. Le principal problème, l’installation du canon de 17-pdr dans une tourelle qui n’a pas été conçue pour une arme aussi volumineuse, ayant été résolu, le véhicule entre en production en . Celle-ci prend fin en , après qu’entre 2 139 et 2 239 exemplaires ont été produits en deux versions : le Sherman IC, basé sur le M4, et le Sherman VC, basé sur le M4A4. Les deux versions sont usuellement réunies sous l’appellation collective de Firefly luciole »), sobriquet donné au char par les troupes.

Le Firefly connaît son baptême du feu lors du débarquement de Normandie le et sert par la suite principalement sur le front d’Europe du nord-ouest, ainsi que, dans une moindre mesure, sur le front italien. Il sert essentiellement dans les unités blindées des forces du Commonwealth, bien que les Américains en aient aussi acquis quelques dizaines. À la fin de la guerre, Britanniques et Américains retirent rapidement le Firefly du service, mais certains exemplaires sont revendus ou donnés à d’autres pays. Il participe ainsi encore à la guerre du Liban dans les rangs des milices phalangistes, avant que son usage cesse à la fin des années 1990 dans la plupart des forces armées en disposant encore.

Le Firefly partage avec le Sherman sur lequel il est basé l’inconvénient d’avoir un blindage relativement faible, mais corrige son autre principal défaut, à savoir les performances limitées de son canon contre les autres chars. Néanmoins, cette amélioration est faite au prix de l’efficacité de l’équipage, réduit à quatre membres et à l’étroit du fait de l’encombrement de l’espace intérieur par le canon et ses munitions.

Dénomination

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Alors que pour les Américains la désignation du modèle de base du char est « medium tank M4 », les Britanniques, qui ont l’habitude de donner aux chars américains qu’ils utilisent des noms de généraux de la guerre de Sécession, introduisent pour celui-ci le nom de Sherman avec un chiffre romain indiquant la version. Ainsi, dans la British Army le M4 est appelé Sherman I, le M4A1 Sherman II et ainsi de suite jusqu’au M4A4 correspondant au Sherman V. Par ailleurs, les Britanniques ajoutent une lettre à la fin du nom lorsque le canon n’est pas le 75 mm standard, le 17-pdr étant désigné par la lettre C. Par conséquent dans la nomenclature britannique, les chars Sherman I armés du 17-pdr sont appelés Sherman IC[1]. Il n’y a probablement eu que des Sherman IC et VC, les IIC, IIIC et IVC ne semblant pas avoir été produits[2].

Le surnom Firefly luciole ») est apparu vers et s’est rapidement diffusé pour désigner toutes les versions du Sherman équipées du canon de 17-pdr. S’il a été employé par les troupes, ce surnom n’a en revanche pas été officiellement adopté et ne se trouve pas dans les publications officielles. Son origine et la raison pour laquelle il a été choisi pour ce véhicule en particulier demeure par ailleurs obscure[3].

Développement

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photographie en noir et blanc d’un char
Le Challenger, dont les retards de production motivent la conception du Firefly.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques se trouvent désavantagés par la faiblesse de l’armement de leurs blindés : non seulement ils ne disposent au mieux que de canons QF 2-pdr d’un calibre de 40 mm, mais en plus la génération suivante de char, alors en développement, n’est pas mieux armée. Le problème est considérablement aggravé par la perte de la totalité des chars engagés par les Britanniques dans la bataille de France, ce qui les oblige à prioriser la production de matériels déjà existants ou dont le développement est presque terminé aux dépens de la mise au point d’un armement plus efficace[4].

Ainsi, les Matilda, Valentine, Crusader et Covenanter qui entrent en service entre 1939 et 1941 conservent tous le canon de deux livres[4]. Il existe bien un programme de développement pour le Cromwell, qui doit être armé d’un canon de 6-pdr d’un calibre de 57 mm, mais celui-ci ne progresse que lentement. Ce retard affecte par ricochet la mise au point du Challenger, une variante équipée d’un canon venant récemment d’entrer en service, le 17-pdr[5].

Du Challenger au Sherman

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photographie en noir et blanc d’une rue bordée d’immeubles en ruines avec des soldats et des véhicules
Un Firefly à Putanges en .

La situation en est toujours plus ou moins au même point au début de l’année 1943, si ce n’est que le Challenger, qui est alors au stade des essais, se révèle souffrir de nombreux défauts. Convaincu que le Sherman serait plus adapté, le major George Brighty commence à travailler indépendamment sur l’installation du 17-pdr sur celui-ci. Il est rejoint en juin par un autre officier, le major George Whiteridge, mais le duo se heurte à une difficulté de taille : la tourelle du Sherman est trop étroite pour y installer le canon en l’état[6]. Autre problème, le département chargé du développement des chars ayant eu vent de leurs expériences, il leur est ordonné d’y mettre fin immédiatement[7].

Faisant jouer ses relations, Whiteridge obtient que le projet devienne officiel, bien que cela ait pour effet de le faire passer sous l’égide du département chargé du développement des chars[8]. Un ingénieur, W. G. Kilbourn, y est affecté en pour tenter d’apporter une solution au problème de place dans la tourelle[9]. Après plusieurs essais, Kilbourn y parvient en modifiant en profondeur la culasse et le dispositif d’absorption du recul du 17-pdr. Outre le canon, il est également nécessaire de transformer la tourelle en l’agrandissant vers l’arrière et en ajoutant une trappe pour le chargeur, qui ne pourrait sinon évacuer facilement le char en cas d’incendie du fait de l’imposant obstacle constitué par le canon[10]. Les plans de l’arme sont prêts le et le premier prototype le 28[11]. La tourelle et son armement sont testés à l’arsenal de Woolwich le [12].

Le prototype du véhicule complet est achevé le . Le Challenger n’étant pas toujours pas prêt à cette date et du fait de l’urgence à disposer d’un nouveau char avant le débarquement en Normandie, les commandes de celui-ci sont réduites au minimum en faveur du Sherman armé du 17-pdr[13].

photographie en noir et blanc d’un char avec des soldats dessus
Un Firefly à Namur, 1944.

Le War Office valide ainsi immédiatement l’entrée en production, en donnant l’ordre de convertir au plus vite deux-mille-cent Sherman. La principale difficulté est alors de trouver suffisamment de M4, d’autant qu’il n’est pas possible de détourner l’intégralité des chars reçus vers la production du Firefly[14]. Ainsi, au , seulement 342 Firefly ont été produits, bien que la conversion en elle-même ne soit pas complexe à effectuer. La cadence s’accélère ensuite, avec environ un millier produit à la fin du mois d’août et deux-mille en . Dans l’intervalle, le War Office porte les commandes à 3 414 exemplaires. Le rythme de production ralentit toutefois à partir de ce moment, le besoin étant moins fort du fait de l’imminence de la fin des combats en Europe et de la mise en production du Comet (char). La production prend fin en , entre 2 139 et 2 239 Firefly ayant été produits en dix-sept mois[15].

La production a lieu principalement à la Royal Ordnance Factory de Barnbow, près de Leeds, bien qu’il soit possible qu’une partie ait également pu avoir lieu au Royal Arsenal et à Hayes, près de Londres[16].

Histoire opérationnelle

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Seconde Guerre mondiale

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Commonwealth

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photographie en noir et blanc d’un char sur une plage avec un bateau à l’arrière plan
Un Firefly de la 7th Armoured Division débarque en Normandie le .

La dotation prévue est de deux Firefly par troupe de Sherman dans les régiments blindés britanniques, canadiens et polonais déployés sur le front d’Europe du nord-ouest. Malgré les demandes pressantes, le front italien n’est pas considéré prioritaire et la dotation n’y dépasse pas un Firefly par troupe dans les régiments britanniques, polonais, canadiens, néo-zélandais et sud-africains. Ainsi, à la fin de l’année 1944, le 21e groupe d’armées dispose de sept-cent-vingt-huit Firefly contre seulement soixante-dix-sept en Italie[16].

Le Firefly est utilisé pour la première fois au combat le pendant l’opération Overlord. À cette occasion, trois Landing Craft Tank Mark V sont modifiés par l’ajout d’une estrade sur laquelle peuvent prendre place deux Fireflies, qui peuvent alors tirer par-dessus la rampe depuis cette position surélevée. Deux de ces barges sont assignées aux Canadiens qui débarquent sur Juno, tandis que la troisième est rattachée au 13th/18th Hussars destiné à Sword. L’efficacité réelle du système n’est pas connue, les mouvements devant rendre la précision du tir toute relative ; il est par ailleurs établi que les chars du 13th/18th n’ont pas tiré de tout le trajet[17]. Après le débarquement, ils rejoignent le reste de leurs unités, qui sont équipées d’un Firefly par escadron[18]. Le Firefly est également en dotation au sein du Staffordshire Yeomanry, qui joue le même jour un rôle important dans la protection des plages du débarquement contre la contre-attaque de la 21. Panzerdivision. Toutefois là encore les détails manquent pour pouvoir mesurer exactement leur implication[19].

L’épisode le plus marquant de la carrière du Firefly a lieu le pendant l’opération Totalize près de Saint-Aignan-de-Cramesnil, lorsqu’une contre-attaque emmenée par des Tigre du Schwere SS-Panzer-Abteilung 101 se heurte à des Firefly du régiment 1NY de la 33rd Armored Brigade britannique[20]. Lors de son avance, la deuxième compagnie allemande est attaquée par la troupe 3 de l’escadron A britannique[21]. Dans l’engagement d’un quart d’heure qui s’ensuit, le Firefly VC de la troupe détruit trois Tigre, dont celui de l’égérie nazie Michael Wittmann, à huit-cent mètres et avec seulement cinq obus[22]. Quelques heures plus tard, un autre Firefly détruit un Panzer IV à mille-cinq-cent mètres[23].

Le Firefly n’ayant été pour le Royaume-Uni qu’un char de circonstance devant pallier les retards dans sa production domestique, il est retiré du service dès la fin de la guerre. Il est remplacé dans l’armée britannique par le Comet[24].

États-Unis

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photographie d’un char rouillé et démantelé avec un soldat à gauche
Vestiges d’un Firefly utilisé par les milices phalangistes au Liban.

De leur côté les Américains ne prennent dans un premier temps pas en considération le Firefly, du fait de leur propre programme de développement d’un canon de 76 mm. Les performances antichars de celui-ci se révélant bien moins bonnes qu’espérées, ils cherchent néanmoins à s’en procurer de grandes quantités à partir d’[25]. Les Britanniques ne peuvent toutefois pas répondre à la demande avant 1945 du fait de la forte demande pour leurs propres forces armées[26]. Les livraisons ne commencent ainsi qu’en et le total reçu avant la fin de la guerre se monte à moins de cent chars. Ceux-ci sont rapidement retirés du service une fois le conflit terminé du fait de la difficulté à les alimenter en munitions[27].

Entre et , les Allemands parviennent à s’emparer d’une poignée de Firefly — au moins quatre, mais le nombre exact est inconnu. Si ces chars apparaissent sur des photographies avec des marquages allemands, il n’existe pas d’éléments attestant de leur utilisation au combat, une éventualité sans doute empêchée par la difficulté à assurer l’approvisionnement en munitions. Ils ont donc probablement uniquement servi à des fins d’instruction et d’essais[28].

Conflits postérieurs

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Le Firefly est engagé au combat en 1976 pendant la guerre du Liban par les milices phalangistes[15]. En 1978, dans la perspective d’un conflit avec le Chili, l’Argentine améliore cent-vingt des deux-cent-six Firefly qu’elle a achetés entre 1946 et 1948 en les dotant notamment d’un canon de 105 mm, copie du CN-105/57 français. Le conflit n’a finalement pas lieu grâce à la médiation du pape Jean-Paul II et ces chars sont retirés du service en 1998 sans avoir combattu. Trois sont vendus en 1988 à l’Armée paraguayenne dans laquelle ils servent jusqu’en 2018[29].

Caractéristiques

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Disposition générale

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photographie en couleur d’un char vu de face dans un hangar
Vue de face avec à l’avant-gauche le bouchon couvrant le sabord de la mitrailleuse de proue (Musée des Blindés de Bovington)

Le Firefly est très similaire au Sherman, dont il est issu, bien que son long canon caractéristique permette de l’identifier immédiatement[19]. Dans le détail, les différences se concentrent sur la tourelle : outre le canon, elle se distingue de la tourelle d’origine par la protubérance servant de contrepoids à l’arrière, ainsi que par la présence d’une trappe de toit supplémentaire. Celle-ci, située près de la coupole du chef de char, sert à la fois à charger plus facilement les munitions dans le char et d’issue de secours pour le chargeur, l’évacuation de celui-ci étant sinon difficile en cas d’urgence du fait de l’espace occupé par le canon. Au niveau de la caisse, la principale différence est l’absence de la mitrailleuse de proue, dont le sabord est obturé.[30].

Les éléments moteurs du Firefly sont identiques à ceux de la version du Sherman dont il est issu. Ainsi, le Firefly IC dispose, comme le M4, du moteur Continental R975 C1 9 cylindres d’une puissance brute de 400 hp à 2 400 tr/min, tandis que le VC a, comme le M4A4, un moteur Chrysler A57 30 cylindres d’une puissance brute de 425 hp à 2 850 tr/min. Les performances des deux versions sont très proches, avec une vitesse de croisière sur route d’environ 30 km/h, mais le IC dispose d’un plus grand rayon d’action lié aux réservoirs d’essence de taille supérieure du M4[31].

photographie en noir et blanc d’un char traversant un village et acclamé par une foule
Firefly canadien recouvert de maillons de chenilles dans le (faux) espoir d’améliorer sa protection.

Le blindage d’un Firefly est identique à celui du modèle de Sherman dont il est issu. Un Firefly IC dispose donc de la même protection qu’un M4 et un Firefly VC qu’un M4A4. Celle-ci étant réputée insuffisante, beaucoup d’équipages prennent l’habitude d’empiler divers objets, notamment des maillons de chenille sur le glacis et les côtés dans l’espoir d’augmenter leur défense. Cette pratique prend les proportions les plus démesurées au sein des troupes canadiennes, dont certains Firefly sont couverts de haut en bas de maillons de chenille. Ces blindages improvisés servent essentiellement à maintenir le moral, leur efficacité étant faible, voire nulle. Ils ont en revanche l’inconvénient d’ajouter une masse considérable au char, ce qui entraîne une usure accélérée des composants mécaniques[32].

La rumeur s’étant répandue que les Allemands visent en priorité les Firefly qu’ils identifient grâce à son long canon, les équipages improvisent divers moyens de maquiller celui-ci[19]. Les méthodes les plus fréquentes impliquent l’emploi de peinture ou de végétation à l’extrémité du canon. Dans l’ensemble leur efficacité est douteuse, certaines étant même dangereuses, comme la pratique consistant à évoluer avec la tourelle tournée vers l’arrière et un faux canon pointant vers l’avant, ce qui implique qu’en cas d’attaque il faille faire tourner la tourelle à 180° pour pouvoir affronter l’adversaire[33]. Par ailleurs, les statistiques ne montrent pas un taux de pertes plus élevé pour le Firefly que les autres Sherman ; les premiers étant toutefois moins faciles à remplacer et donc plus souvent manquants, cela a pu donner une fausse impression qu’ils étaient davantage détruits[19].

Armement et équipement

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Armement principal

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photographie de deux obus côte à côte
Boulet perforant à sabot détachable tiré par le 17-pdr. L’élément à gauche est le cœur en tungstène qui joue le rôle de pénétrateur.

La raison d’être du Firefly est son armement principal, à savoir le canon Ordnance QF 17 pounder. Celui-ci ayant toutefois été prévu à l’origine comme canon antichar tracté, il doit faire l’objet de nombreuses modifications avant de pouvoir être installé dans la tourelle du Sherman[34]. En particulier, les freins de recul sont raccourcis et la culasse est modifiée : le verrou à bloc tombant rendant le chargement difficile du fait du manque d’espace dans la tourelle, il est transformé en bloc glissant latéralement. Cette nouvelle version du canon est appelée « 17-pounder quick-firing Mark IV »[10]. Par la suite la culasse est encore modifiée dans le but de légèrement retarder son ouverture après le tir, ce qui doit permettre de réduire le retour de flamme qui incommode l’équipage. Les canons modifiés de la sorte sont dénommés Mark VII[35]. À la différence du Sherman, le canon du Firefly n’est pas stabilisé, sa masse étant trop importante pour le système existant, ce qui impose l’arrêt pour tirer[36].

Le Firefly peut emporter soixante-dix-sept obus[15]. Trois types de munitions sont principalement utilisées : obus explosifs, boulets perforants à coiffe (APC[a]) et boulets perforants à coiffe et ogive balistique (APCBC[b]). Ce dernier est une évolution du second dont il conserve le corps plein coiffé d’un pénétrateur en métal dur, mais se voit ajouter au sommet une coiffe ayant une forme aérodynamique améliorant sa pénétration dans l’air et donc la vitesse du projectile[37]. À partir d’ apparaissent également des boulets perforants à sabot détachable (APDS[c]), qui restent toutefois peu utilisés. En effet, en dépit de leurs excellentes capacités de perforation permettant en théorie à un Firefly de détruire un Tigre II de face à plus d’un kilomètre, ils sont peu appréciés en raison de leur manque de précision et de leur tendance à abîmer le tube et le frein de bouche[38].

Le stockage des munitions est un problème majeur du Firefly. Seuls cinq obus sont immédiatement disponibles à portée de main du chargeur[39]. Un casier de vingt autres obus se trouve sous le plancher de la tourelle, mais il ne peut en réalité n’en contenir que dix-huit et n’est accessible que lorsque le canon est pointé entre 10 h et 3 h. Par ailleurs, la position et la masse des obus, en moyenne seize kilogrammes selon les modèles, rend le travail plus difficile pour le chargeur et ralentit le temps de chargement[40]. Quarante autres obus se trouvent du côté droit sous la tourelle et sont donc inaccessibles pour le chargeur en situation de combat, de même que les quinze stockés à l’avant-droit de la caisse, à la place du mitrailleur avant sur le Sherman standard[41].

Armement secondaire

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Comme le Sherman, le Firefly dispose d’une mitrailleuse coaxiale Browning M1919A4. En revanche, la mitrailleuse de proue est absente, afin de faire de la place pour les obus. Bien que cela dépende de leur date de production, la plupart des Firefly disposent d’un lance-grenades fumigènes de 2 pouces (51 mm) installé sur le toit. Les exemplaires les plus anciens disposent également de deux lance-grenades fumigènes de 4 pouces (102 mm) sur le côté droit de la tourelle, remplacés sur les exemplaires ultérieurs par de simples pots largables montés à l’arrière du char[30].

Contrairement aux Américains, les Britanniques préfèrent installer la radio dans la tourelle plutôt que dans la caisse. Cela pose problème lors de la conception du Firefly, l’encombrant Wireless set no 19 ne pouvant être placé qu’à l’arrière de la tourelle, là où il y a de grands risques qu’il soit endommagé lors du tir ou du chargement du canon. La solution retenue est de placer la radio dans une excroissance soudée à l’arrière de la tourelle, qui sert également de contrepoids. Une petite ouverture dans la cloison de la tourelle permet au chargeur de manipuler la radio[30].

photographie en noir et blanc de soldats se passant des obus sur un char
L’équipage d’un Firefly l’approvisionne en munition, Normandie, .

L’équipage du Firefly compte un chef de char, un tireur, un chargeur et un conducteur, soit un membre d’équipage de moins qu’un Sherman classique du fait de la suppression du poste du mitrailleur avant. Cela a pour conséquence d’augmenter d’une part la charge de travail du chargeur, qui se voit dans l’obligation de s’occuper également de la radio, mais aussi celle de tout l’équipage sur les opérations de maintenance et d’entretien[42]. En outre, le poids élevé des munitions et le manque de place dans la tourelle rendent le travail du chargeur considérablement plus pénible que dans le Sherman[36]. La surcharge de travail de l’équipage, notamment en ce qui concerne la radio, fait que le Firefly n’est pas utilisé comme char de commandement, même au niveau de la troupe. Ainsi, le chef de char est dans la majorité des cas un sous-officier ayant le grade de sergent plutôt qu’un officier[43].

Dans l’ensemble, les équipages britanniques ont souvent une formation générale sur les blindés plus longue que celle de leurs adversaires allemands, ce qui leur permet d’être plus polyvalents et d’occuper avec plus d’aisance une fonction autre que celle qui leur est assignée, par exemple pour remplacer un autre membre d’équipage blessé. En revanche, du fait du peu de Firefly disponibles et de leur arrivée tardive, les équipages arrivant en Normandie en n’ont qu’une connaissance assez superficielle de ce modèle particulier, avec lequel ils n’ont pu se familiariser que quelques semaines avant le débarquement[44].

Données techniques

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Caractéristiques générales par version
Modèle Sherman IC[45] Sherman VC[46]
Équipage 4
Longueur hors tout 287 po (7,29 m) 309 po (7,85 m)
Longueur caisse 232 po (5,89 m) 254 po (6,45 m)
Largeur 103 po (2,62 m) 105 po (2,67 m)
Hauteur 108 po (2,74 m)
Hauteur de tir[d] 88 po (2,24 m)
Longueur de contact au sol 147 po (3,73 m) 160 po (4,06 m)
Garde au sol 17 po (0,43 m)
Masse à vide 67 000 lb (30 391 kg)
Masse en ordre de combat 72 100 lb (32 704 kg)
Pression au sol 13,6 psi (93 769 Pa)


Tableau récapitulatif des caractéristiques motrices
Modèle Sherman IC[45] Sherman VC[46]
Motorisation Continental R975 C1 9 cylindres (973 po3 (15 944,61 cm3)) Chrysler A57 30 cylindres (1 253 po3 (20 532,99 cm3))
Refroidissement Air Liquide
Puissance brute[e] 400 hp à 2 400 tr/min 425 hp à 2 850 tr/min
Puissance nette 350 hp à 2 400 tr/min 370 hp à 2 400 tr/min
Puissance massique brute 11,8 hp/t
Puissance massique nette 10,3 hp/t
Embrayage Disques à sec à deux plateaux
Transmission Synchromesh, cinq vitesses avant et une arrière
Suspension Ressorts à volutes verticaux (VVS)
Type de carburant essence 80 octane
Contenance des réservoirs de carburant[f] 175 gallons (662 L) 160 gallons (606 L)
Vitesse maximale sur route 39 km/h 40 km/h
Vitesse de croisière sur route 34 km/h 32 km/h
Autonomie sur route env. 193 km env. 100 km
Franchissement hauteur 0,61 m
Franchissement largeur 2,29 m 2,44 m
Franchissement profondeur 1,02 m 1,07 m
Franchissement pente 60 %
Rayon de braquage 18,90 m 21,33 m
Tableau récapitulatif du blindage
Modèle Sherman IC[45] Sherman VC[46]
Caisse glacis haut 2 po (51 mm) à 56°
Caisse glacis bas 2 po (51 mm) à 0-56° 2 po (51 mm) à 0-45°
Caisse côtés 1,5 po (38 mm) à 0°
Caisse arrière 1,5 po (38 mm) à 0-10° 1,5 po (38 mm) à 0-20°
Caisse toit 0,75 po (19 mm) à 83-90°
Plancher 1 po (25 mm) (avant)-0,5 po (13 mm) (arrière) à 90°
Tourelle bouclier 3,5 po (89 mm) à 0°
Tourelle avant 3 po (76 mm) à 30°
Tourelle côtés 2 po (51 mm) à 5°
Tourelle arrière 2,5 po (64 mm) à 0°
Tourelle toit 1 po (25 mm) à 90°
Tableau récapitulatif de l’armement et de l’équipement[46]
Modèle Sherman IC Sherman VC[45]
Armement principal 17pdr Mk IV ou VII en tourelle
Traverse/Élévation armement principal 360° hydraulique ou manuel / -5° à +20° manuel
Cadence de tir 10 coups/minute
Viseur Télescope Mk 3/1
Munitions armement principal 77 obus
Armement secondaire 1 1 mitrailleuse M1919A4 coaxiale
Munitions armement secondaire 1 5 000 cartouches de .30-06 Springfield
Armement secondaire 2 Lance-bombes 2-in MkI ou MkIA
Munitions armement secondaire 2 27 bombes fumigènes
Autre armement 1 pistolet-mitrailleur Thompson M1928A1, 9 x grenades
Radio Set No 19

Bibliographie

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  • (en) David Fletcher, Sherman VC M4A4 Firefly, vol. 19, Darlington, Darlington Productions, coll. « Military Ordnance Special », .
  • (en) David Fletcher, Sherman Firefly, vol. 141, Oxford, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », (ISBN 9781846032776).
  • (en) Stephen A. Hart, Sherman Firefly vs Tiger : Normandy 1944, vol. 2, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Duel », (ISBN 9781846031502).
  • (en) Richard Pierce Hunnicutt, Sherman : A History of the American Medium Tank, Presidio Press, (ISBN 0891410805).

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Armour Piercing Capped
  2. Armour Piercing Capped Balistic Capped
  3. Armour Piercing Discarding Sabot
  4. Distance entre le sol et l’axe du canon lorsque celui-ci est réglé à 0° d’élévation.
  5. La puissance brute est celle mesurée sur le moteur seul sans accessoires (filtres à air, générateurs, etc.). La puissance nette est à l’inverse celle du moteur en opération normale, installé dans le véhicule avec tous les accessoires prévus.
  6. En l’absence de précision dans les sources, la conversion en litre est basée sur l’hypothèse que la contenance est exprimée en gallon américain pour les liquides.

Références

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  1. Hunnicutt 1976, p. 298.
  2. Fletcher 2008, p. 25.
  3. Fletcher 2008, p. 46.
  4. 1 2 Fletcher 2008, p. 4.
  5. Fletcher 2008, p. 5.
  6. Fletcher 2008, p. 9-10.
  7. Fletcher 2008, p. 11.
  8. Fletcher 2008, p. 12.
  9. Fletcher 2008, p. 12, 17.
  10. 1 2 Fletcher 2008, p. 13, 16.
  11. Fletcher 2008, p. 17.
  12. Fletcher 1997, p. 3.
  13. Fletcher 2008, p. 24.
  14. Hart 2007, p. 23.
  15. 1 2 3 Hart 2007, p. 24.
  16. 1 2 Fletcher 1997, p. 5.
  17. Fletcher 2008, p. 32-33.
  18. Fletcher 2008, p. 34.
  19. 1 2 3 4 Fletcher 2008, p. 36.
  20. Hart 2007, p. 52-53, 58.
  21. Hart 2007, p. 60-61.
  22. Hart 2007, p. 63-64.
  23. Hart 2007, p. 67.
  24. Hart 2007, p. 77.
  25. Fletcher 2008, p. 43-44.
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