Njordr, Nerthus et le folklore Scandinave des génies de la nier1
Le dieu Scandinave Njordr a fait l'objet, ces derniers temps, d'un grand nombre de publications. A vrai dire, malgré le peu qu'on sait de lui, il n'avait cessé d'intéresser : en plus de son identité onomastique avec la Nerthus de Tacite, une des rares divinités de la Germanie continentale dont nous connaissons en détail un rituel, le fait qu'il soit un des principaux dieux Vaaes et que le problème des rapports des Vanes et des Ases soit au cœur de la mythographie Scandinave et des options qu'elle comporte, justifie assez cette attention. Depuis trois quarts de siècle, toutes les écoles ont dû s'éprouver sur son cas ; il a profité aussi de presque tous les moyens nouveaux par lesquels on a voulu éclairer le paganisme Scandinave : examen des emprunts lapons, interprétation des gravures rupestres, étude des noms de lieux, comparaison indo-européenne. Même si l'on n'en retient pas la dernière partie, comment négliger l'article fameux de Magnus OIsen sur l'île de « Njardarlog » (1905) et les instructives discussions qui ont suivi ? Il y a pourtant, depuis quelques années, un intense renouveau : Edgar Polomé écrit en flamand son Nerthus-Njord (1951)2 ; au Danemark, Hans Ellekilde identifie à Naerum un sanctuaire du dieu ( 1 952 )3, tandis que, en
1) Sur l'aimable initiative des P" Kaj Barr et L. L. Hammerich, la matière de cet article a été exposée dans une conférence, le 30 novembre 1953, à l'Université de Copenhague. 2) Handelingen V der Zuidnederlandse Maatschappij voor Taal- en Lelterkunde en Geschiedenis, 1951, pp. 99-124. 3) Naerum, Guden Njords Hjem, Sellered Bogen, 1952, pp. 57-95.


















