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Catilinaires

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Catilinaires
Cicéron dénonce Catilina, fresque de Cesare Maccari (années 1880).
Titre original
(la) In CatilinamVoir et modifier les données sur Wikidata
Formats
Discours
Série d'œuvres (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Comprend
Première Catilinaire (d)
Deuxième Catilinaire (d)
Troisième Catilinaire (d)
Quatrième Catilinaire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Langue
Auteur
Genre
Sujet
Personnage
Date de création

Les Catilinaires, en latin In Catilinam I-IV, sont une série de quatre discours célèbres de Cicéron, prononcés en 63 av. J.-C., durant son consulat, contre Catilina, homme politique de rang sénatorial qui conspirait contre la République romaine.

La première catilinaire est prononcée le 8 novembre devant le Sénat, y compris Catilina, au temple de Jupiter Stator, la deuxième et la troisième les 9 novembre et 3 décembre devant le peuple romain (ad Populum) au Forum pour l’informer des événements[1], la quatrième le 5 décembre au Sénat romain (in Senatu Habita).

Les Catilinaires sont devenues un exemple d’éloquence et de rhétorique.

Il s'agit de la seconde conjuration de Catilina. Celui-ci a déjà organisé un complot en -66, sans résultats. En -64, battu par Cicéron pour le consulat, il décide d'entrer de nouveau dans l'illégalité et de faire assassiner Cicéron.

Mais celui-ci est informé par Fulvie, maîtresse d'un complice de Catilina[2]. L'affaire dévoilée, le Sénat octroie les pleins pouvoirs aux consuls de l'année (21 octobre).

Historique des discours (novembre-décembre -63)

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Le 8 novembre, le Sénat se réunit non pas à la Curie, mais au temple de Jupiter Stator, pour des raisons de sécurité. Catilina est présent parmi les sénateurs. Dans son premier discours, Cicéron exhorte Catilina à se décider à quitter Rome et à rejoindre l'armée de Manlius[pas clair], afin que ses intentions criminelles deviennent évidentes pour tous et qu'il puisse être puni[2].

Catilina quitte effectivement Rome et rejoint Manlius en Étrurie.

Dans sa deuxième catilinaire (9 novembre), Cicéron justifie sa conduite, tout en rassurant le peuple romain contre les menaces d'une guerre civile[2].

La troisième catilinaire (3 décembre) raconte au peuple la séance du Sénat, au cours de laquelle les partisans de Catilina, convaincus de leurs crimes, ont été arrêtés. Cicéron met son propre rôle en valeur son rôle et en appelle à l'intervention des dieux romains[2].

Dans la quatrième catilinaire (5 décembre), les sénateurs sont appelés à décider immédiatement du sort des conjurés : la mort ou la perpétuité[réf. nécessaire]. Cicéron affirme être capable d'exécuter le jugement qui sera pris[2].

Transmission écrite par Cicéron et Atticus (-60)

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En -60, trois ans après les événements, Cicéron couche par écrit ses discours et les envoie à son ami Atticus dans une lettre où il lui demande de les rendre publics.

L'enregistrement écrit de ces discours et leur publication ont eu pour résultat que, de façon inhabituelle, on sait beaucoup de choses sur les conspirations de Catilina, mais présentées du point de vue de Cicéron.

Celui-ci influence les historiens antiques ultérieurs, notamment Salluste (De coniuratione Catilinae) et Plutarque, au détriment de ce qu'était réellement Catilina.[réf. nécessaire]

Importance des Catilinaires dans l’art oratoire

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Ce sont elles qui ont établi la réputation de Cicéron comme l'orateur romain le plus important.

On les considère[Qui ?] en effet comme un chef-d'œuvre de la rhétorique antique, avec sa construction en trois parties :

L'incipit célèbre de la première Catilinaire

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Les premiers mots (l'incipit) du premier discours Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra?, sont devenus célèbres. La gradation qui les suit constitue un exemple de tricolon, figure de style latine basée sur trois éléments.

Texte original Traduction

« Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ?
Quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet ?
Quem ad finem sese effrenata jactabit audacia ?
 »

— Cicero.

« Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu, enfin, de notre patience ?
Combien de temps encore serons-nous le jouet de ta fureur ?
Jusqu’où s’emportera ton audace effrénée ? »

— Cicéron, Première Catilinaire.

La première partie du premier discours est une accumulation de questions rhétoriques ; elles sont disposées de telle sorte que chacune d’elles vise Catilina, elle cherche à le mettre au grand jour devant tous ceux qui sont présents et à le dévoiler comme quelqu'un qui agit contre la communauté romaine :

« Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? Combien de temps encore serons-nous ainsi le jouet de ta fureur ? Où s'arrêteront les emportements de cette audace effrénée ? Ni la garde qui veille la nuit sur le mont Palatin, ni les postes répandus dans la ville, ni l'effroi du peuple, ni le concours de tous les bons citoyens, ni le choix, pour la réunion du sénat, de ce lieu le plus sûr de tous, ni les regards ni le visage de ceux qui t'entourent, rien ne te déconcerte? Tu ne sens pas que tes projets sont dévoilés ? Tu ne vois pas que ta conjuration reste impuissante, dès que nous en avons tous le secret ? Penses-tu qu'un seul de nous ignore ce que tu as fait la nuit dernière et la nuit précédente, où tu es allé, quels hommes tu as réunis, quelles résolutions tu as prises ? »[3]

O tempora, o mores

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Le deuxième chapitre de ce discours commence par la célèbre apostrophe « O tempora, o mores » (« Ô temps, ô mœurs »), par laquelle Cicéron s'indigne de la corruption de son temps qui permet à Catilina d'aller et de venir librement.

La question de l'authenticité du texte transmis par Cicéron

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L'intervalle de temps n’empêche pas les versions écrites des discours d’être considérées comme authentiques : non seulement Cicéron avait une grande mémoire, mais il avait aussi une formation en mnémotechnique en tant que professeur d’éloquence. Comme des mots d'une telle importance politique avaient dû rester dans les esprits de leur auditoire, Cicéron n’aurait pu se permettre de s'écarter du discours d’origine. Par ailleurs, on peut supposer que Cicéron avait déjà pris des notes sur les principaux points de ses discours avant qu’ils fussent prononcés. Il est possible enfin que les deux discours tenus au Sénat aient été notés en sténographie.

Les Catilinaires dans la culture

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  • Les Catilinaires est le titre d'un roman d'Amélie Nothomb, paru en 1995, où se pose la question de savoir combien de temps un couple pourra supporter un voisin pénible et jusqu'où sa présence indésirable pourra les mener.
  • Le 3 novembre 2016, quatre jours avant le jour des élections aux États-Unis, le Washington Post a publié un article qui comparait Donald Trump et Cicéron. On y lisait, sous la plume de Julie Zauzmer : « Mais bien souvent, ce que dit le candidat républicain atteint son but. C'est en partie parce qu’il se sert des mêmes stratégies rhétoriques que Cicéron, un des plus grands orateurs de toute l'histoire ». Elle ajoute ce commentaire : « Souvent la prétérition ne va pas jusqu'à l’honnêteté complète ». Dans son livre Cicero's Style, Michael von Albrecht, un spécialiste des classiques, voit dans cette tactique « une figure de style particulièrement efficace si on veut faire allusion à des choses qu’on est incapable de prouver » [4].

Notes et références

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  1. Gustave Bloch et Jérôme Carcopino, La république romaine de 133 à 44 avant Jésus-Christ, à la mort de César, Presses universitaires de France, , p. 1 071.
  2. a b c d et e Cicéron, Discours - Tome X - Texte établi par Henri Bornecque et traduit par Edouard Bailly, Paris, Les belles lettres, (ISBN 2251010610)
  3. Les Catilinaires de Cicéron, traduction de J. Thibault, Hachette, 1849
  4. (en) Julie Zauzmer, « Donald Trump, the Cicero of 2016 », The Washington Post,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).

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Articles connexes

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Liens externes

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