Pour certains spécialistes, le nom de Lobbes trouve son origine dans le terme Laubacum signifiant ruisseau, d’autres y voient une origine germanique se rapprochant du terme lauh-baki ou lauha-baki signifiant généralement ruisseau des bois[2].
La géographie physique de Lobbes, commune située dans l’entité de Thuin en Wallonie, se caractérise par un relief doucement vallonné structuré par les ondulations du plateau hennuyer et par l’encaissement progressif de la vallée de la Sambre. L’altitude y varie sensiblement : les données topographiques indiquent une altitude moyenne d’environ 172 m, avec un minimum de 111 m et un maximum de 214 m, ce qui traduit une alternance de bas-fonds humides et de crêtes plus sèches[4]. Ces variations créent un paysage rythmé, où les plateaux agricoles dominent les hauteurs tandis que les versants boisés descendent vers la vallée. Cette configuration est typique de la botte du Hainaut, région marquée par l’érosion fluviatile et la présence de formations géologiques anciennes.
La région de Lobbes, située en Entre-Sambre-et-Meuse, repose sur un socle géologique typique du sud du Sillon Sambre‑et‑Meuse, marqué par l’affleurement de roches paléozoïques et par une structuration héritée des grands plissements hercyniens. Les données régionales montrent que le sous‑sol appartient à l’ensemble des formations dévoniennes et carbonifères qui caractérisent cette partie de la Wallonie. Les terrains y sont majoritairement constitués de grès, schistes et calcaires, issus de dépôts marins anciens, ensuite déformés par les mouvements tectoniques de la fin du Paléozoïque[5].
Les formations les plus anciennes visibles dans la région sont des roches dévoniennes, notamment des grès et schistes déposés dans des environnements marins peu profonds. Ces couches sont suivies par des calcairescarbonifères, riches en fossiles, qui forment traditionnellement les reliefs ondulés de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse. Ces alternances lithologiques expliquent la présence de tiges (crêtes gréseuses) et de chavées (dépressions calcaires), un modelé typique de la zone[5].
Lobbes se situe également à proximité du Sillon houiller, une bande géologique étroite composée de calcaires carbonifères et de puissantes séries de grès et schistes renfermant des couches de houille. Bien que le cœur du bassin houiller se trouve plus au nord, cette proximité explique la présence de structures tectoniques marquées, de failles et de plis orientés globalement est‑ouest, hérités de l’orogenèse hercynienne[5].
Les cartes géologiques fédérales et wallonnes confirment que la région est recouverte localement par des dépôts plus récents, essentiellement quaternaires, composés de limons et alluvions qui adoucissent le relief dans les vallées, notamment celle de la Sambre. Ces dépôts superficiels masquent parfois les affleurements paléozoïques, mais n’en modifient pas la structure profonde[6],[7].
Enfin, les observations de terrain réalisées lors d’activités naturalistes locales soulignent la présence d’éléments géomorphologiques caractéristiques : versants entaillés, crêtes gréseuses, zones calcaires plus érodées et vallées encaissées. Ces éléments confirment l’influence conjointe de la lithologie paléozoïque et de l’érosion quaternaire dans la morphologie actuelle du paysage de Lobbes[8].
Vue vers le hameau d'Heuleu vue de la collégiale Saint-Ursmer.
Les Bonniers, hameau qui se situe au nord de la commune.
La Grattière, se situe au sud du pont de la Sambre. Grattière désigne, dans l’usage régional, une pente très abrupte menant à Biercée sur la rive droite de la Sambre. Le substrat schisteux y affleure directement, ce qui explique l’association du terme avec des terrains pierreux. L’étymologie rapproche ce mot du patois de Montbéliardgrattery, « terrain pierreux et en pente », et renvoie à un ancien radical gra- signifiant « pierre », issu d’une racine pré‑indo‑européenne kara. De cette base provient également le pré‑latin sciïéi, « petite pierre, gravier », qui a donné gravaria puis gravière, désignant un lieu caillouteux formé à l’aide du suffixe collectif latin ‑aria. L’évolution vers grattière a pu être influencée par l’analogie avec le verbe « gratter », suggérant un endroit où la pierre semble « grattée » ou mise à nu par l’érosion[9].
Le Calvaire, il se situe sur le plateau de l'Entreville.
L'Entreville est le nom du quartier situé au carrefour du même nom. Il s'appelle ainsi car il se trouve entre le centre de Lobbes et le hameau des Bonners[10].
Heuleu, lieu-dit sur les hauteurs de Lobbes. On y trouve un cimetière militaire de la Première Guerre mondiale dominé par une tour blanche. Le toponyme Heul.eu semble désigner un lieu situé en surplomb immédiat de la Grattière. Son origine est généralement rattachée à un ancien composé germanique associant lôh, signifiant « bois », et hul, désignant une « éminence » ou une « colline ». Cette formation s’inscrit dans une famille de termes apparentés présents dans plusieurs langues germaniques. L’ancien français possédait ainsi le mot hauteur, issu de la même racine que l’allemand Hügel, tandis que l’anglo-saxon utilisait hoh pour évoquer une pente abrupte ou un relief marqué. À titre de comparaison, le nom de la commune de Hulluch, dans le Pas-de-Calais, procède d’une évolution similaire : les formes anciennes Hyluz et Hulut, attestées en 1098, témoignent d’une même construction étymologique fondée sur l’idée de colline boisée[11].
Gaux, ce lieu-dit se trouve près du centre de la commune.
Champ du Loup, une ferme qui porte le même nom datant des XVIIIe et XIXe siècles[12].
Les Quatre Chemins, il se situe entre le Calvaire et les Bonniers.
Les Crochets, il se situe sur la pente de la collégiale et la Sambre, une rue porte le nom.
Pichotin, près de la collégiale Saint-Ursmer.
Bambois, sur la rive droite en remontant la Sambre.
Briqueterie, nom donné à ce lieu où l'on trouvait une briqueterie.
Saint-Nicolèy, sur les hauteurs où se trouve la Portelette.
Champ de l'Abbaye.
Trou des Loups, entre les Quatre Chemins et les Bonniers.
Taille des Chevaux, au nord du quartier des Bonniers.
La Sambre. La Sambre, cours d’eau navigable majeur de Wallonie, constitue l’axe structurant du paysage local : elle traverse le territoire communal du sud-est vers le nord-ouest et forme une vallée encaissée où se sont historiquement implantés les noyaux d’habitat et les infrastructures[13].
Le Laubac, petit ruisseau qui prend sa source à Mont-Sainte-Geneviève et qui passe dans le domaine de l'ancienne abbaye, et se jette dans la Sambre.
Étang du Moulin de Mouligneau.
Étangs des Viviers qui se situe sur le lit du Laubac avec les étangs de la Brouille et de l'étang des Peupliers.
Le Rabion qui coule à l'ouest et qui se jette dans la Sambre.
La chaussée romaine reliant Strée à Estinnes constitue un ancien diverticule perpendiculaire à l’axe Bavai‑Meuse. Depuis Strée, elle traverse Ragnies en franchissant le ruisseau du Mortier, puis celui du Marais, avant de se diriger vers le nord‑ouest à hauteur du Chambry. Son tracé, aujourd’hui fragmentaire, réapparaît par endroits : rue des Catias, rue Grignard à Petit‑Biercée, puis en un long segment rectiligne à Bois‑de‑Villers jusqu’à la Sambre. Sur la rive gauche, plusieurs portions s’alignent encore, notamment près du château de Chevennes, à Sars‑la‑Buissière le long de la Couture du Gros Sou, et à Merbes‑Sainte‑Marie où elle marque la limite communale, malgré quelques déviations autour du ruisseau du Seigneur. Après Vellereille et le Bois de Pincemaille, elle reprend une orientation régulière au lieu‑dit Gros Cailloux avant de rejoindre, à Estinnes‑au‑Mont, la grande chaussée Bavai‑Tongres. Cet itinéraire antique reliait ainsi divers noyaux d’habitat de la région et structurait durablement le paysage[15].
Dans l’ancien canton de Famars, nommé d’après un sanctuaire dédié au dieu Mars, se trouvait un site apprécié pour ses bois, ses plaines et les collines qui l’entouraient. Un ruisseau, le Lobach, s’y jetait dans la Sambre ; son nom dériverait soit de racines germaniques signifiant « ruisseau ombragé », soit d’un pavillon d’été (lobia) que les souverains austrasiens auraient fait construire à proximité. Dominant la vallée, une église élevée sur un éperon rocheux témoigne de l’importance précoce d’un domaine ecclésiastique, même si la région était déjà habitée et active avant la christianisation du IVe siècle. La Sambre, navigable par endroits, servait de voie d’échanges, et un gué permettait aux marchands de circuler entre les villae[16].
L’histoire locale s’organise autour de la Sambre, de son gué et du refuge de Grignart, où apparaît Maurosus, fils de lignée royale devenu brigand avant de se convertir. Baptisé par l’évêque de Cambrai, il revient en 643 faire pénitence, puis, après des pèlerinages à Rome, il est envoyé sur les lieux de ses anciens méfaits. Sous le nom de Landelin, accompagné d’Adelin et de Domitien, il fonde vers 654 les premières cellules monastiques qui formeront l’abbaye de Lobbes, simples constructions de matériaux locaux. Il quitte ensuite Lobbes pour établir d’autres fondations à Aulne, Wallers et Crépin, avant de mourir en 686[17].
À son départ, l’établissement est fragile. Les maires du palais des rois francs appellent Ursmer, originaire de Thiérache, pour restaurer la communauté en déclin. Soutenu par de vastes donations, dont le domaine de Forestaille offert par Pépin le Vieux, Ursmer consolide le patrimoine monastique. Les biens apportés par Landelin et ceux donnés par Dagobert deviennent propriété définitive du monastère. Grâce à ces ressources, les cellules dispersées se transforment en un ensemble conforme à la règle bénédictine, inaugurant l’âge d’or de Lobbes. L’activité missionnaire d’Ursmer s’étend jusqu’aux régions de Gand, Bruges et au littoral, où il œuvre auprès de populations encore peu christianisées[18].
Le rayonnement de Lobbes attire l’attention du pape Sergius, qui offre à Ursmer une part des reliques de saint Pierre. Cette faveur entraîne l’interdiction d’inhumer dans l’abbaye et conduit à la construction, sur une colline voisine autrefois liée à des cultes païens, d’une église funéraire indépendante administrée par des clercs dotés de biens importants : le futur chapitre. La première église abbatiale, commencée sous Ursmer, est consacrée en 697. Trois autres édifices se succèdent : l’abbatiale de 920, remplacée en 1036, puis celle détruite par un incendie en 1546, et enfin l’abbatiale de 1576, disparue en 1794 lors des destructions révolutionnaires. Les matériaux serviront plus tard aux fortifications de Charleroi. Seule l’église funéraire, devenue paroissiale, subsiste ; des fouilles menées en 1942 ont révélé des éléments carolingiens dans sa structure[19].
L'abbaye de Lobbes.
Le patrimoine de Lobbes se constitue rapidement dès le VIIe siècle grâce aux donations de grands seigneurs et aux apports héréditaires des moines. Les domaines concédés comprennent terres, bois, pâturages, moulins, étangs et populations serviles. Les religieux défrichent la forêt charbonnière, transformant les terres incultes en zones agricoles. D’autres biens proviennent des largesses du duc Hydulphe, notamment dans les diocèses de Cambrai et Maastricht, ainsi que des conversions obtenues par Ursmer en Thiérache, Flandre, pays de Waes et Brabant. Au IXe siècle, un polyptique recense des possessions étendues dans de nombreuses localités du Hainaut, de Thiérache, de Flandre et jusqu’aux régions de Soissons, Laon, Mézières ou la Marne. Toutefois, dès la fin du XIIe siècle, le domaine s’est réduit à une trentaine de villae, conséquence de la fin des grandes donations et parfois de la gestion dispendieuse de certains abbés imitant les seigneurs féodaux[20].
L’organisation économique de Lobbes suit le modèle bénédictin tout en présentant des particularités locales. Le domaine distingue les terres exploitées directement pour l’abbaye et celles concédées à des tenanciers contre redevances. Les cultures, prés et forêts y sont répartis selon un usage hérité de l’époque franque, où l’étendue forestière se mesure au nombre de porcs pouvant s’y nourrir, cet animal constituant alors une ressource alimentaire majeure. À ces activités s’ajoutent la meunerie et la brasserie, gérées soit par les moines, soit par des exploitants soumis à des paiements en nature ou en argent. La population rurale se compose surtout de colons libres, auxquels s’ajoutent quelques leudes et serfs. Après les corvées dues à la réserve seigneuriale charroi, labour, semailles les cultivateurs travaillent leur propre tenure moyennant redevances. Autour de ces exploitations se forment les villages, structurés par les chapelles et églises que les moines font ériger et auxquelles ils attachent des droits paroissiaux[21].
L’administration du domaine repose sur les maiores, officiers chargés de centraliser les revenus, d’organiser les travaux, de percevoir les redevances et d’assurer la police rurale. Leur rémunération provient d’une part des amendes, d’une retenue sur les redevances et parfois de terres. L’importance des revenus apparaît dans les chiffres fournis pour les domaines de Ragnies, Thuillies, Leermes et Saintes : plus de 100 000 hl d’épeautre, des milliers de fusées de lin, du bétail et diverses productions agricoles. Autour de l’abbaye, dotée de granges, ateliers, écuries et d’un vaste bois nourrissant mille porcs, s’organise une véritable économie rurale où vivent près de quatre-vingt-dix chaumières de paysans. Mais cette structure décline lorsque les redevances en nature se transforment en paiements fixes : l’argent se déprécie, les tenanciers profitent des progrès agricoles et gagnent en autonomie, tandis que l’abbaye perd une partie de ses ressources réelles[22].
À ces revenus domaniaux s’ajoutent les revenus ecclésiastiques : patrimoine des églises, rentes en nature, oblations classées en cinq catégories (offrandes dominicales, droits de sépulture, dons liés au ministère, denier offert en semaine, honoraires de messes). L’abbaye prélève les deux tiers des deux premières catégories. Elle perçoit aussi la dîme dans de nombreux territoires, parfois en partage, ainsi que les offrandes liées au pèlerinage des Bancroix, réparties entre moines et chanoines. Malgré cette organisation rigoureuse, les dépenses princières de certains abbés, l’endettement croissant et l’impossibilité de profiter des ventes foncières liées aux croisades affaiblissent l’institution. La spécialisation des revenus chaque service disposant d’une dotation propre ne suffit pas à éviter la banqueroute à la fin du XIIe siècle, aggravée par l’indiscipline monastique[23].
L’abbaye de Lobbes exerce très tôt une seigneurie qui confère à son abbé un rang politique dans la hiérarchie féodale d’Austrasie. Cette autorité dérive des liens privilégiés unissant le monastère à la royauté : fondé sur des terres dynastiques et doté par les souverains, il reçoit de Pépin de Herstal, puis des Carolingiens, des droits assimilables à ceux du pouvoir public. Au IXe siècle, un diplôme d’Arnoul de Carinthie place Lobbes sous l’autorité de l’évêque de Liège et soustrait le domaine aux agents royaux. L’abbé détient alors police, justice et haute autorité, ce qui attire une population en quête de protection dans un contexte féodal instable. Pour accueillir ces habitants, des terrains proches de l’abbaye sont lotis en 1070, mais restent soumis à un cens annuel, l’abbé conservant ses prérogatives de seigneur foncier et judiciaire. Cette charte marque la naissance de l’agglomération, à l’image d’autres centres devenus villes, même si Lobbes demeure un village soumis au droit domanial : ses scabini restent des auxiliaires de l’abbé, et l’émancipation communale n’y progresse que faiblement jusqu’à la Révolution française[24].
La domination ecclésiastique, si elle rayonne largement grâce à l’œuvre civilisatrice issue de Landelin, freine paradoxalement l’essor local. Dans la forêt charbonnière où s’implante l’abbaye, le sol devient rapidement propriété monastique par défrichement ou donation, et nul ne peut bâtir sans l’accord du chapitre de Saint-Ursmer. Ce chapitre, puissant, est transféré à Binche en 1409 avec tous ses biens, malgré les protestations liégeoises. Il possédait deux sceaux, dont l’un représentait une tour peut‑être liée à la justice, probablement détruite en 1408. L’octroi de libertés communales ne modifie guère l’équilibre : les représentants locaux restent choisis dans l’orbite de l’autorité religieuse. La stagnation de Lobbes contraste avec l’essor de centres plus éloignés comme Bruxelles ou Louvain, tandis que la région souffre des conflits nés de sa position entre Liège, Brabant, Hainaut et Namur. Pourtant, sous les Carolingiens, l’économie locale prospère : les villae monastiques stimulent les échanges, les redevances en nature exigent un réseau de routes et la Sambre devient un axe privilégié pour le transport sécurisé des marchandises. Lobbes sert alors d’entrepôt, accueillant produits monastiques et marchandises de passage contre droit de dépôt. De là partent des flux vers Dinant, Huy, Liège, Maastricht ou Cologne, mais aussi vers la Picardie et l’Île‑de‑France, tandis que les routes relient le site au Brabant au nord et à Verdun au sud[25].
L’abbaye de Lobbes devient dès le haut Moyen Âge un centre intellectuel majeur du pays de Liège. Les moines, tout en menant vie ascétique et travaux agricoles, consacrent une large part de leur temps à l’étude. Moins d’un demi‑siècle après la fondation, l’abbé Ermin compose en vers la vie d’Ursmer, considéré comme le véritable organisateur du monastère. Le moine Anson, qui lui succède, rédige à son tour la vie d’Ermin et relate des épisodes contemporains tels que Vincy, l’Amblève ou l’intervention de Charles Martel. Sous son gouvernement apparaît un foyer d’études structuré, favorisé par la richesse de l’abbaye. La réunion de Lobbes à l’évêché de Liège en 889 stimule un renouveau littéraire illustré par Rothier, auteur prolifique dont les voyages nourrissent une œuvre abondante. L’abbé Folcuin, historien remarquable, enrichit considérablement la bibliothèque, établit un catalogue et confie l’école monastique à Hériger. Ce dernier, l’un des esprits les plus instruits de son époque, produit des écrits historiques, théologiques, poétiques et mathématiques, témoignant d’une véritable vocation encyclopédique. Deux écoles coexistent alors : l’une interne pour les oblats, l’autre externe pour les laïcs, toutes deux fondées sur l’enseignement des sept arts libéraux[26].
La bibliothèque, essentielle à la vie du cloître, compte déjà 52 volumes vers 972‑990 et 147 en 1049, un chiffre exceptionnel pour l’époque. Des bâtiments primitifs, il ne subsiste aujourd’hui qu’une aile de ferme, une porte Renaissance et un pan de muraille. L’église, élément central, passe d’un premier oratoire en bois héritage des techniques gauloises à un édifice de pierre enrichi de matériaux antiques récupérés dans les ruines romaines. S’y ajoutent peintures, orfèvrerie, cloches coulées sur place et un orgue rudimentaire dès le Xe siècle. Au XIe siècle, Richard de Verdun remplace l’ancienne abbatiale carolingienne par une vaste construction romane, entreprise longue faute de ressources. Les artistes de Lobbes restent peu connus, mais trois noms émergent : le frère Jean, orfèvre ; Bernard, auteur de polychromies ; et Goderan, enlumineur réputé. Leur production fut presque entièrement détruite lors de l’incendie de 1546 puis de la suppression du monastère en 1794. La pièce la plus prestigieuse, une bible remarquable par la pureté de son texte, échappe aux destructions : l’Ancien Testament est conservé au séminaire de Tournai, le Nouveau Testament a rejoint le British Museum[27].
Les plans précis de l’abbaye demeurent incertains, mais une lithographie de 1864 permet d’en restituer l’organisation générale, conforme aux modèles carolingiens et romans. Après avoir survécu au calvinisme, Lobbes est détruite en mai 1794 lorsque les troupes françaises, craignant qu’elle ne serve de refuge aux Autrichiens, y mettent le feu avec l’aide d’habitants hostiles aux communautés religieuses. Les moines fuient vers l’est en emportant une partie du trésor, tandis que la population pille les caves et que la bibliothèque est brûlée sur la place. En 1795, seize religieux tentent brièvement de reprendre possession des lieux, mais la loi du 15 fructidor an IV supprime définitivement les établissements religieux. L’abbaye et ses terres, estimées à près de 35 000 livres, sont vendues à bas prix ; les bâtiments sont démolis vers 1816 et leurs matériaux servent aux fortifications de Charleroi. Ainsi disparaît l’un des plus anciens foyers spirituels et intellectuels de la région, bien avant l’indépendance belge[28].
L’église Saint‑Ursmer, dressée au sommet de la colline de Lobbes, apparaît comme le dernier témoin d’un vaste domaine ecclésiastique médiéval. Son intérêt tient au fait qu’elle constitue l’unique édifice du sud‑ouest de la Belgique dont la structure révèle encore un plan cohérent remontant à l’époque carolingienne. La restauration de 1865, qui lui ajouta une flèche centrale fondée sur une lecture discutable des vestiges, n’efface pas cette continuité architecturale. Les fouilles menées en 1942 ont confirmé que l’ensemble appartient pleinement à l’art monumental préroman, rare par son état de conservation et par la lisibilité de ses volumes. Fondée entre 691 et 713 par Ursmer, l’église primitive correspond vraisemblablement à l’actuelle crypte, où furent déposés les corps des premiers abbés. L’édifice de la colline fut agrandi dès le Xe siècle et placé sous l’invocation d’Ursmer. Sa tour centrale, loin d’être un simple clocher, est une construction quadrangulaire de trois niveaux coiffée d’une pyramide à quatre pans, typique des formes carolingiennes tardives. De nouveaux travaux d’extension et d’embellissement furent entrepris au XIe siècle[29].
Après le transfert du chapitre vers l’église paroissiale de Binche, l’édifice perdit son statut collégial en 1409, avant de le retrouver plus tard. Les interventions des XVe et XVIIIe siècles altérèrent son harmonie, et si la foudre l’épargna en 1776, l’incendie de 1860 détruisit la flèche. La restauration, longtemps débattue, fut finalement confiée en 1864 à l’architecte Carpentier, dont le projet financé par la commune, la province et l’État introduisit la flèche actuelle, pourtant étrangère à la vérité historique. Par ses dimensions 71,50 m de longueur, 23,20 m de largeur au transept, 18,75 m sous clef de voûte l’église de Lobbes demeure l’un des monuments les plus significatifs de l’architecture préromane en Belgique, un témoin exceptionnel de la continuité monastique et de l’évolution des formes carolingiennes[30].
Gravure de l'ancienne abbaye Saint-Pierre de Lobbes.
L’abbaye Saint‑Pierre de Lobbes apparaît au IXe siècle comme l’un des centres monastiques les plus prospères et influents de la région, ce qui attira de nombreuses convoitises. Bien que les expéditions vikings aient ravagé une partie du territoire, elles n’atteignirent pas Lobbes. L’abbé Francon, également prince‑évêque de Liège, participa même aux opérations militaires menées aux côtés d’Arnould de Carinthie, qui mirent fin à la menace scandinave lors de la bataille de Louvain en 891. Les conflits internes qui suivirent la mort de Charlemagne eurent toutefois des conséquences plus dommageables pour l’établissement : l’abbaye changea plusieurs fois de détenteur avant d’être confiée en 865 à un certain Hubert, dont la gestion désastreuse entraîna la perte d’une part importante des biens monastiques. Cette situation conduisit à la rédaction, en 869, d’un polyptique ordonné par Lothaire II, document qui constitue aujourd’hui la première mention écrite de nombreuses localités de la région[31].
L’essor des pèlerinages vers les reliques de saint Ursmer et de ses compagnons rendit nécessaire l’édification d’un édifice religieux plus vaste et plus prestigieux. La translation solennelle des reliques par l’évêque Halitgaire de Cambrai, en 823, fut probablement l’un des premiers événements marquants célébrés dans cette nouvelle église, dont la structure en grès sombre traversa ensuite plus d’un millénaire. Le bâtiment conserva la mémoire des résistances opposées aux incursions vikings et, plus tard, aux Magyars, dont les dernières opérations en Europe occidentale eurent lieu en 955[31].
À partir de l’abbatiat de Francon, l’histoire de Lobbes se confond avec celle de la principauté épiscopale de Liège. Le puissant prince‑évêque Notger y exerça la justice en 980 et imposa des sanctions spirituelles aux communautés refusant de participer aux obligations religieuses des Bancroix. La position stratégique de Lobbes en fit également un avant‑poste liégeois face au comté de Hainaut dirigé par Régnier III. Cette proximité avec un voisin réputé belliqueux entraîna la mise en place de défenses : en 1260, Jehan II de Thuin autorisa l’érection d’un mur militaire autour de l’enclos abbatial[32].
Le début du XVe siècle fut marqué par l’influence croissante de la maison de Bourgogne, qui tenta de prendre le contrôle de la principauté liégeoise. L’élection d’un prince‑évêque issu de la maison de Bavière provoqua une révolte populaire à Liège et déclencha la guerre civile dite des Haydroits. En 1406, Guillaume de Bavière pénétra en Thudinie et incendia les résidences des chanoines du chapitre Saint‑Ursmer de Lobbes. Après la défaite liégeoise à la bataille d’Othée en 1408, la communauté canoniale fut contrainte de quitter Lobbes pour s’installer à Binche, laissant derrière elle un site en grande partie ruiné[33].
Au cours du XVIe siècle, la localité de Lobbes connut une phase de développement notable. Dès 1501, l’abbé Cordier institua un marché hebdomadaire le mardi, renforçant le rôle économique du bourg dans la vallée de la Sambre. Quelques décennies plus tard, en 1546, son successeur l’abbé Caulier fut confronté à un incendie d’une ampleur exceptionnelle qui ravagea entièrement l’abbaye. La reconstruction mobilisa ensuite la région pendant de longues années et transforma le site en un vaste chantier monastique[33].
Cette période vit l’essor du gothique hennuyer, un style architectural qui se diffusa dans plus d’une centaine de localités proches. L’abbatiale de Lobbes fut considérée comme l’un des exemples les plus représentatifs de cette esthétique, rapprochée par certains historiens, dont Simon Brigode, du modèle des halles picardes. Les travaux aboutirent à l’inauguration de la nouvelle église abbatiale le , sous l’abbatiat d’Ermin François. Malgré un contexte marqué par des tensions et des conflits récurrents, cette reconstruction ouvrit pour le monastère une période de prospérité et de prestige renouvelé[33].
La consultation de la carte de Ferraris permet de reconstituer l’organisation ancienne du territoire de Lobbes. La frange septentrionale des zones habitées et cultivées suivait un tracé passant par le Laid Pas, la rue du Champ du Loup, la rue et la ruelle du Calvaire, puis le Bonnet Bois, avant de rejoindre la rue du Trou des Loups après avoir franchi la rue du Seigneur. Au‑delà de cette limite, le paysage était dominé par des bois de taillis sous futaie, partagés entre l’abbaye et la communauté villageoise. Ces massifs forestiers, relativement éclaircis, avaient subi des prélèvements réguliers destinés à satisfaire les besoins locaux en combustible et en matériaux de construction. Le pâturage des animaux, notamment chevaux, bovins et porcs, entravait la régénération des jeunes pousses malgré les règlements protecteurs, auxquels s’ajoutaient les dommages causés par les conflits armés. L’abbaye possédait également le Bambois, situé au sud de la Sambre, ainsi que le Bonnet Bois, entre l’étang du Mouligneau et la chapelle Saint‑Roch, en vis‑à‑vis de la Terre au Gibet[34].
La Portelette - Portail d'enceinte de l'ancienne abbaye (XVIIe siècle).
Les terres arables les plus importantes appartenaient à l’abbaye et s’étendaient entre la route de Bienne‑lez‑Happart (actuelle rue du Spamboux) et le chemin reliant Lobbes à Leval. Elles se prolongeaient, au‑delà d’un îlot de vergers proche de la chapelle Saint‑Roch, jusqu’à la limite méridionale du Trou des Loups, à l’ouest du Laubacq. Les habitants cultivaient pour leur part plusieurs ensembles distincts : une parcelle entre la rue du Calvaire et la rue des Carrières, une autre entre la rue du Calvaire et les rues Paschal et Champ du Loup, la terre du Roeulx, ainsi qu’un dernier ensemble au sud d’Heuleu, en partie hors du territoire de Lobbes[34].
L’habitat se caractérisait par un bâti dispersé : les maisons étaient séparées par des intervalles d’une vingtaine de mètres ou davantage. La plupart disposaient d’un terrain attenant comprenant potager, verger ou pré, généralement clos de haies ou de levées de terre afin de protéger les cultures des animaux en pâture. La majorité des familles, hormis quelques artisans, commerçants ou notables, exploitait une petite parcelle et élevait au moins un animal de rente, ainsi qu’un porc destiné à la consommation domestique. Les terres de moindre qualité, situées dans la boucle de la Sambre, près de la ruelle de Thuin ou entre le Laid Pas et la rivière les Pasquiers servaient de pâturage au troupeau communal. Le paysage présentait déjà les caractéristiques du bocage, particulièrement visibles à Heuleu, avec ses alignements d’arbres (peupliers, ormes, saules) et ses haies fournissant bois de chauffage et matériaux pour la vannerie domestique[35].
Lobbes possédait également une institution judiciaire locale, comparable à celles des autres villages de la région. La mémoire collective a conservé longtemps le souvenir de cette cour, dont l’existence remonte à plusieurs siècles. Dès le XVIe siècle, certaines localités, comme Cerfontaine, parodiaient lors du carnaval les figures du seigneur, du greffier ou du mayeur, et mettaient en scène un « jugement » satirique où l’on brûlait une effigie représentant un personnage ayant suscité les commérages de l’année. En réalité, la cour se composait d’un mayeur distinct du bourgmestre et de six ou sept échevins, souvent nommés à vie, assistés d’un greffier formé au droit. Le mayeur, désigné par l’abbé‑seigneur, pouvait être révoqué par celui‑ci. La cour siégeait régulièrement, environ tous les quinze jours, et assumait à la fois les fonctions judiciaires et celles d’un office d’enregistrement pour les actes civils et les contrats[36].
Le bailli intervenait pour appréhender les contrevenants, organiser les exécutions et assurer l’ordre, tandis que sergents et geôliers accomplissaient les tâches subalternes : convocations, surveillance, affichage des ordonnances, protection des biens dans les champs et les bois. Tous devaient prêter serment. Le greffier consignait en double exemplaire les actes, jugements et contrats, l’un destiné au registre scabinal, l’autre aux intéressés. Les archives chartes, actes civils, registres judiciaires étaient conservées dans un coffre communal. Les échevins engageaient leurs biens propres en garantie des dettes de la communauté, ce qui rendait périlleux tout départ du village en cas d’endettement. Les débiteurs insolvables pouvaient être emprisonnés ou exclus de la communauté[37].
Le clocher central de la collégiale Saint-Ursmer.
Trois fois par an, lors de l’Épiphanie, de Pâques et de la Saint‑Remy, la cour réunissait l’ensemble des habitants pour les plaids généraux, assemblées destinées à traiter des affaires communes, notamment les emprunts ou les levées de taxes. Un compte rendu annuel de la gestion y était présenté. En cas de crimes graves meurtre, mutilation, blessures un accord pouvait être conclu entre le coupable et la famille de la victime, selon une tradition héritée du droit franc, puis ratifié par l’abbé. Les affaires jugées localement étaient ensuite transmises aux échevins de Liège, qui rendaient la sentence définitive. Le gibet se situait le long du chemin de Lobbes à Leval, avant la chapelle Saint‑Roch. Un document de 1559 mentionne des exécutions liées à des accusations de sorcellerie, sans que l’on puisse déterminer s’il s’agissait de faits ou de prescriptions juridiques. La justice de l’époque, marquée par la torture, les supplices et des peines souvent disproportionnées, reflétait un système pénal sévère[38].
La communauté villageoise se composait de plusieurs catégories. Les « masuirs » étaient les héritiers établis durablement dans une maison du lieu ; ils bénéficiaient des privilèges anciens. Les « surcéants » occupaient une habitation en location et se déplaçaient fréquemment ; ils ne jouissaient pas des mêmes droits, sauf autorisation du seigneur. Les veuves étaient exclues des assemblées publiques, et les non‑bourgeois ne pouvaient intervenir dans la gestion des biens communaux. Les indigents n’étaient pas autorisés à mendier hors du village, sauf auprès des abbayes, et tout vagabond étranger pouvait être arrêté et remis au mayeur. L’abbé pouvait proposer des candidats à la bourgeoisie, moyennant paiement des droits correspondants, dont le montant augmenta au XVIIIe siècle. Au XVIe siècle, aucun étranger ne pouvait s’installer à Lobbes sans l’accord du seigneur, sous peine de sanctions sévères ; les cabaretiers ne pouvaient héberger un inconnu plus de trois jours sans le signaler. Le curé menait une enquête sur les nouveaux arrivants, qui devaient attester de leur catholicité. Avec le temps, les personnes économiquement fragiles furent progressivement exclues des délibérations communautaires. L’usage des noms de famille se généralisa à partir du XVIe siècle, sous l’influence du concile de Trente, bien que de nombreux sobriquets aient perduré longtemps[39].
La fonction de bourgmestre, dans les communautés relevant d’une abbaye, apparaît comme une réponse pratique à l’impossibilité pour l’autorité seigneuriale de gérer directement l’ensemble des affaires quotidiennes d’un village. L’abbaye désignait donc un représentant chargé de dialoguer avec les habitants et de rechercher, avec eux, les solutions jugées acceptables pour la majorité. Cette charge, initialement conçue comme un relais de l’autorité abbatiale, demeurait étroitement liée aux intérêts du seigneur. Avec le temps, l’évolution des droits reconnus à la communauté villageoise entraîna l’apparition d’une seconde dimension de la fonction : les habitants souhaitèrent disposer d’un mandataire capable de défendre leurs propres intérêts. Cette dualité donna naissance, à l’époque moderne, à deux figures distinctes : l’une tournée vers l’abbaye, l’autre vers la collectivité[40].
Les bourgmestres étaient élus pour une durée annuelle lors des plaids généraux de Pâques, choisis parmi les bourgeois de la localité et soumis au paiement d’un droit d’entrée. Ils exerçaient leurs responsabilités aux côtés des échevins. Leur mission première consistait à percevoir les impôts décidés par les États de Liège ou les contributions imposées par une puissance occupante. En période de troubles, ils pouvaient être retenus comme otages. Les troupes étrangères recouraient fréquemment à eux pour obtenir des guides, des travailleurs ou des attelages réquisitionnés. Un exemple conservé dans les archives notariales de 1748 mentionne un bourgmestre nommé Bustin, contraint d’avancer des fonds pour payer des chariots réquisitionnés, et qui dut ensuite engager une procédure judiciaire pour être remboursé par la communauté de Lobbes[41].
La communauté devait parfois lever des tailles supplémentaires afin de financer des travaux, des procès ou le remboursement d’emprunts collectifs. La fiscalité foncière, d’abord rudimentaire et fondée sur un embryon de cadastre, se complexifia progressivement. Les prélèvements touchèrent les échanges commerciaux, les récoltes ou encore le bétail. Lorsque les besoins financiers étaient importants, plusieurs tailles pouvaient être imposées simultanément pour atteindre la somme requise. En 1695, la taille de la communauté était estimée à cinquante florins[42].
Les bourgmestres, en tant que mandataires reconnus de la collectivité, assumaient de nombreuses tâches : défense des intérêts communautaires, négociation de subsides, supervision des travaux publics, organisation de l’approvisionnement, gestion des biens communaux avec l’accord du seigneur, contrôle sanitaire en période d’épidémie ou d’épizootie, déplacements nécessaires à l’accomplissement de leurs missions, et présentation annuelle de leur gestion aux plaids généraux. Si la charge pouvait offrir certains avantages, elle exposait aussi ses détenteurs à des responsabilités lourdes et parfois périlleuses, ce qui poussait nombre d’habitants à tenter d’y échapper. Au fil des siècles, l’autorité coutumière perdit progressivement de son influence, tandis que l’intervention du pouvoir central s’accrut, transformant en profondeur le rôle et le statut des bourgmestres dans l’organisation locale[42].
La société rurale décrite se caractérisait par une hiérarchie nettement structurée. Au sommet se trouvaient les familles les plus aisées, issues du commerce prospère, de la propriété d’ateliers ou de fermes importantes. C’est parmi elles que se recrutaient les détenteurs des charges locales, tels que mayeurs et échevins. Leur position reposait sur l’accumulation de biens fonciers et sur des activités économiques génératrices de revenus stables. Une large partie de la population appartenait à un groupe intermédiaire composé d’artisans et de travailleurs modestes, dont les ressources, bien que limitées, permettaient de subvenir aux besoins essentiels et d’assurer une certaine stabilité sociale. À côté de ces familles dominantes et de leurs dépendants existaient des travailleurs journaliers, domestiques, valets de ferme, vachers ou moissonneurs, représentant environ un tiers des habitants. Leur situation demeurait précaire, mais suffisante pour éviter la misère. Enfin, la frange la plus vulnérable regroupait indigents, vagabonds et personnes inaptes au travail, parfois secourues par la communauté lorsqu’elles étaient reconnues comme pauvres[43].
L'ancienne brasserie qui est un vestige de l'abbaye.
Le rythme de travail variait selon les saisons. Durant la période allant du début mars à la fête de la Saint-Rémy, la journée s’étendait généralement de cinq heures du matin à sept heures du soir, tandis que les mois d’hiver imposaient une réduction à douze heures quotidiennes. Certains métiers exigeaient toutefois des durées encore plus longues, pouvant atteindre dix-sept heures. Les pauses consacrées aux repas représentaient une à deux heures. Malgré une semaine théorique de six jours, la fréquence des fêtes religieuses ramenait le total annuel à environ deux cent cinquante jours de travail. Les obligations religieuses, notamment la grand-messe dominicale, interrompaient toute activité, même urgente. L’agriculture locale reposait sur un territoire composé d’environ deux cents hectares de prairies et de terres labourables. Le système de culture suivait l’assolement triennal, alternant céréales d’automne, cultures de printemps et jachère pâturée. Cette organisation permettait la régénération des sols, bien que les moyens techniques fussent rudimentaires : la charrue en bois, munie seulement d’un soc et d’un coutre en fer, nécessitait plusieurs passages et une fumure limitée. Les exploitations les plus importantes, comme celles dépendant de l’abbaye, employaient une main-d’œuvre saisonnière et disposaient d’un cheptel varié comprenant chevaux, bovins, porcs et moutons. Le rendement des céréales demeurait faible, oscillant entre quatre et cinq fois la quantité semée, et les prélèvements seigneuriaux, les aléas climatiques ou les mauvaises récoltes réduisaient encore les bénéfices. Pour compenser, les agriculteurs diversifiaient leurs activités : transport, coupe de bois ou gestion des dîmes[44].
L’élevage constituait un complément essentiel, notamment grâce à la laine, aux peaux et à l’amélioration de la fumure. Certaines cultures spécialisées, comme le lin, le houblon ou la chicorée torréfiée, jouaient également un rôle notable dans l’économie locale. Les exploitants soumis à un bail à ferme assumaient l’ensemble des risques de production en échange d’un loyer fixe, tandis que le métayage restait également pratiqué. Les guerres et les bandes qui suivaient les armées entraînaient régulièrement pillages et destructions, aggravant la fragilité du monde rural. Les tentatives d’extension des terres cultivables se heurtaient à l’interdiction de déboiser, et l’absence d’engrais suffisants limitait les innovations agricoles. Malgré ces contraintes, certaines années permettaient un excédent de production, comme l’attestent les exportations de grains vers le Hainaut à la fin du XVIe siècle. La vie rurale était également marquée par des récits et traditions locales, tels que l’histoire d’une ferme prétendument hantée, utilisée par son propriétaire pour décourager les acheteurs lors d’une saisie judiciaire. Ces anecdotes témoignent de l’imaginaire populaire et du rapport particulier entretenu avec les paysages, les fermes anciennes et les lieux chargés de mémoire[45].
Antoine Chivot, seigneur de Lobbes, Haucourt, Precordier, Fossés, Alepolt, etc., bénéficie en de lettres de chevalerie héréditaire, données à Saint-Germain-en-Laye. Ancien échevin d'Arras, il est le fils de feu Jacques Chivot II, qui a été honoré du titre de chevalier et de la charge de président et chef du Conseil provincial d'Artois le . Ce Jacques Chivot II était lui-même fils de Jacques Chivot Ier, mayeur de la ville d'Aire-sur-la-Lys, et petit-fils de Floris Chivot, hommes d'armes du roi catholique (le roi d'Espagne)[46].
L'abside de la collégiale Saint-Ursmer
Au début du XVIIIe siècle, le village de Lobbes ne comptait qu’une petite communauté d’environ un millier d’habitants, répartis entre les hameaux situés entre la Grattière et la Gargotte. La moitié occidentale du territoire était dominée par l’abbaye de Saint‑Pierre, dont dépendait la population, intégrée alors à la Principauté de Liège et exposée aux influences hennuyères. Les forêts environnantes, encore vastes, fournissaient bois, fruits sauvages, pâturages et clairières cultivées. Un chemin menant vers Blanche Fontaine longeait une source où les voyageurs faisaient halte. Une image de la Vierge, fixée à un charme, donna naissance au culte de Notre‑Dame des Charmes, censée protéger les passants et dissiper les soupçons de pratiques païennes associés aux lieux isolés. Vers 1720, quelques habitants décidèrent d’ériger une chapelle en dur à cet emplacement. Sous l’impulsion de Jacques Bustin, elle fut construite en briques, pierre et ardoises, avec un chevet à pans et une frise décorative. L’édifice, bien que réalisé sans consultation préalable du curé, fut toléré à condition qu’aucune messe n’y soit célébrée. La chapelle ne rapporta guère de revenus au clergé local, mais elle traversa les siècles. Au XIXe siècle, la forêt fut défrichée pour laisser place à un quartier ouvrier structuré autour de la future Nationale 6. Malgré l’urbanisation, la chapelle demeura intacte, témoin discret de l’évolution du lieu‑dit des Bonniers et de la mémoire collective, même si le nom de son fondateur finit par s’effacer[47].
Au milieu du XVIIe siècle, le doyen de Binche effectue une tournée d’inspection dans les paroisses relevant de son ressort et transmet ses observations à l’évêque de Cambrai. Les communautés correspondant à l’actuelle entité de Lobbes Lobbes, Sars‑la‑Buissière, Bienne‑lez‑Happart et Mont‑Sainte‑Geneviève figurent parmi les localités visitées[48].
Au XVIIe siècle, une tradition rapporte que l’archiduc Albert, lors d’une visite à l’abbatiale de Lobbes en 1617, aurait annoncé que l’édifice deviendrait un jour le lieu de sépulture des moines. Cette prédiction trouva un écho dramatique à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les troupes révolutionnaires françaises pénétrèrent dans la région en 1794 et incendièrent l’abbaye Saint‑Pierre, mettant un terme à près de neuf siècles d’activité religieuse et culturelle. Après la période d’occupation, les vestiges encore visibles furent démantelés en 1817 afin de laisser place à la construction d’un château. La région de la Haute Sambre traversait alors une période de grande pauvreté, mais d’importants chantiers d’infrastructure contribuèrent progressivement à son redressement. La canalisation de la Sambre, achevée en 1829, l’ouverture d’une ligne ferroviaire en 1852 et l’aménagement précoce d’une route directe reliant Anderlues à Beaumont offrirent à Lobbes les bases d’un renouveau économique[49].
La collégiale, qui avait échappé à la destruction lors du passage des troupes du général Charbonnier, se trouvait néanmoins dans un état nécessitant une restauration profonde. Celle‑ci fut réalisée en 1865 sous la direction de l’architecte Carpentier. Il fallut toutefois attendre 1943 pour que des fouilles menées par Simon Brigade mettent en évidence l’ancienneté remarquable du site. Au début du XXIe siècle, un vaste programme de mise en valeur du cadre environnant fut entrepris et achevé en 2006, offrant à Lobbes un atout touristique majeur et renforçant l’intérêt patrimonial du lieu[50].
La route aujourd’hui connue sous le nom de nationale 59, désignée à Lobbes comme rue des Waibes et rue d’Anderlues, trouve son origine durant la période du Royaume uni des Pays-Bas. Sa création résulte d’une initiative conjointe de la ville de Thuin et de la commune de Lobbes, qui adressèrent le une requête au roi Guillaume 1er. Les autorités locales souhaitaient alors établir une liaison routière fiable entre leurs localités et Charleroi, dont l’importance économique croissait rapidement. À Anderlues, cette nouvelle voie devait rejoindre la chaussée récemment tracée reliant Binche, Fontaine-l’Évêque et Charleroi. Dès l’origine, le projet fut présenté comme un tronçon essentiel d’un axe plus vaste destiné à relier Beaumont à Bruxelles[51].
Soutenues par la députation des États et par le gouverneur du Hainaut, les communes obtinrent gain de cause : un arrêté royal daté du fixa officiellement le tracé de la future route. L’autorisation de construction fut accordée en décembre 1821. Les plans furent confiés à l’ingénieur de l’État Depuydt, dont les honoraires furent jugés particulièrement élevés pour l’époque. L’adjudication du chantier, le , attribua les travaux à l’entreprise Briard de Namur pour un montant de 66 146 francs. La réalisation fut pratiquement achevée à la fin de l’année 1824. Le bourgmestre Martin, à Thuin, dut cependant encore superviser la construction d’un pont sur la Sambre, conçu pour être compatible avec le projet de canalisation du fleuve, laquelle fut achevée en 1829. Le financement de la route fut assuré par les communes demandeuses : Lobbes prit en charge un tiers des dépenses, tandis qu’Anderlues contribua par un versement de 5 000 francs[51].
Ce projet témoigne du dynamisme des autorités locales dans un contexte politique particulièrement instable. La région venait de traverser plusieurs changements de régime domination autrichienne, période révolutionnaire française, Empire napoléonien, puis intégration au Royaume des Pays-Bas ainsi que les difficultés liées aux guerres, aux réquisitions et aux destructions. Malgré ces bouleversements, les acteurs locaux unirent leurs efforts pour favoriser la reprise économique. Le marquis de Brancas céda les terrains nécessaires dans son bois de Fontaine, l’administration des Eaux et Forêts autorisa l’extraction de pierres près de la chapelle aux Charmes, et les communes vendirent des parcelles boisées pour financer les travaux. Si l’accord entre les communes resta solide, Lobbes obtint néanmoins que la route traverse directement le centre du village, tandis que Thuin dut se contenter d’un embranchement depuis les Bonniers. L’archiviste thudinien J. Rombeau résuma cette situation par une remarque devenue célèbre : selon lui, lorsqu’il s’agit de routes, « les paysans se montrent toujours plus habiles que les bourgeois »[52].
Les Filles de Notre‑Dame du Sacré‑Cœur, congrégation fondée en 1874 à Issoudun, s’implantèrent en Belgique en 1902 après les lois françaises hostiles aux communautés religieuses. Deux sœurs ouvrirent d’abord une maison à Thuin, où elles se consacrèrent aux soins à domicile. Leur réputation attira rapidement des demandes des communes voisines, dont Lobbes, où elles étaient déjà actives depuis quinze ans. En 1916, grâce au don d’une maison par Mlle de Harveng, les religieuses purent s’établir durablement à Lobbes. Le texte précise : « Mademoiselle de Harveng fit don aux Sœurs de sa maison, sise rue de la Grattière » . Une seconde demeure, offerte en 1918 par Hélène Putsage, permit d’étendre leurs activités, entre soins infirmiers, aide aux familles et catéchèse. Durant la Première Guerre mondiale, elles assurèrent assistance aux blessés et accueillirent des réfugiés, malgré les pénuries et les bombardements. Après l’armistice, elles ouvrirent un home pour enfants orphelins à La Grattière, tandis que la maison du Sacré‑Cœur se spécialisait dans les soins hospitaliers. Le document note : « La Grattière fut transformée en un Home pour enfants afin de donner à ces petits une maison » . La Seconde Guerre mondiale provoqua un nouvel exode, mais les sœurs revinrent rapidement pour poursuivre leur mission auprès des malades et des victimes des bombardements. En 1948, elles furent appelées à travailler dans la clinique Saint‑Joseph de Thuin, où elles servirent plus de trente ans, jusqu’à la diminution des vocations. Toujours présentes à Lobbes à la fin du XXe siècle, les Filles de Notre‑Dame du Sacré‑Cœur y ont laissé une empreinte durable par leur engagement social, éducatif et hospitalier[53].
Lobbes, au tournant du XXe siècle, comptait environ 3 600 habitants répartis entre le Centre, plus administratif et commerçant, et les Bonniers, davantage marqué par les métiers du bâtiment et une économie semi‑rurale. Cette division nourrissait une rivalité locale persistante. Le Centre regroupait les services essentiels maison communale, église, gare, poste, professions libérales tandis que les Bonniers dépendaient de ces infrastructures sans en disposer. La vie économique reposait sur une mosaïque d’activités : ouvriers saisonniers des carrières de Saint‑Roch, travailleurs du laminoir de Hourpes, artisans, bûcherons, petites exploitations agricoles et migrations temporaires vers la France pour la fabrication de briques. Quelques industries structuraient l’emploi local, notamment les briqueteries de la Sambre, une platinerie utilisant la force hydraulique, deux petites fonderies et divers ateliers artisanaux. La gare, située à la jonction de plusieurs lignes, constituait un pôle ferroviaire animé, renforcé par la présence d’agents du Nord Belge. La vie sociale était dense : sociétés musicales, cercles dramatiques, associations sportives, groupes carnavalesques et nombreuses fêtes rythmaient l’année. Les cafés, très nombreux, jouaient un rôle central dans la sociabilité populaire. L’éclairage public restait sommaire jusqu’à l’arrivée progressive de l’électricité vers 1910, et la circulation automobile était quasi inexistante avant 1912[54].
Le monument aux morts.
La séquence d’événements qui touche Lobbes en août 1914 s’inscrit dans les premiers affrontements de la Première Guerre mondiale, lorsque les armées françaises et allemandes se rencontrent sur la Sambre et le plateau d’Heuleu durant les journées des 22, 23 et . L’épisode constitue l’un des volets de ce que les historiens désignent comme la bataille de Charleroi, intégrée à la vaste bataille des Frontières, prélude stratégique à la future bataille de la Marne. Les unités françaises, notamment les 57e et 144e régiments d’infanterie, franchissent la frontière belge le en rendant hommage à un pays qui a choisi de résister à l’invasion. Les combats, marqués par une lutte acharnée pour le contrôle des ponts, culminent le dans des affrontements rapprochés sur le plateau d’Heuleu, autour de la ferme Philémon[55].
Le , une crue de la Sambre emporte une péniche, détruisant le pont-levis, aujourd'hui disparu. Il a fallu faire appel aux soldats allemands pour retirer l'épave de la rivière[56].
Le cimetière militaire d'Heuleu.
La population civile subit directement les violences de l’occupation : réfugiée dans les caves, elle est confrontée aux exactions allemandes et à l’incendie de plusieurs habitations, dont la maison communale et ses archives. La mémoire locale conserve la trace de ces événements à travers un monument dédié aux soldats et aux victimes, érigé sur les degrés de la collégiale Saint‑Ursmer, ainsi qu’à travers le cimetière militaire d’Heuleu, lieu de pèlerinage régulier pour des visiteurs français et cadre de commémorations importantes en 1934, 1964 et 1984. Une plaque en bronze y reproduit quelques vers de Victor Hugo, rappelant la permanence du souvenir collectif. Sur le plan militaire, l’action du général Charles Lanrezac apparaît déterminante dans l’interprétation historique. Sa décision de positionner le 1er corps d’armée à Dinant dès le pour contrer la cavalerie de von Richthofen, puis de maintenir les forces de la 5ᵉ armée le long de la Sambre à partir du , contribue à freiner les manœuvres de débordement de l’armée de von Bülow. Son ordre de repli du 23 août, en évitant l’encerclement des troupes françaises aggravé par la retraite simultanée de la 4e armée permet à son armée de se retirer sur près de 250 kilomètres sans être détruite et de participer ensuite, en état de combattre, au redressement décisif de la Marne, étape majeure menant à l’issue du [57].
Le conflit de 1940‑1945 place la population dans une situation très différente de celle vécue lors de la Première Guerre mondiale. Dès le , l’avancée allemande provoque un mouvement massif de fuite vers la France[58], nourri par le souvenir encore vif des violences de 1914‑1918. Le bombardement, le , de convois ferroviaires transportant des réfugiés principalement originaires de Liège accélère encore l’exode. La mobilisation générale a entraîné la quasi‑totalité des jeunes hommes sous les drapeaux, mais la capitulation rapide de l’armée belge, dix‑huit jours après l’invasion, anéantit l’espoir d’une résistance durable face à l’occupant[59].
À partir de septembre 1940, une forme de vie civile se réorganise sous la tutelle allemande. Le gouvernement légitime s’étant réfugié à Londres, l’administration est confiée aux secrétaires généraux, tandis que les autorités locales élues sont écartées au profit de collaborateurs installés par l’occupant. Dans le même temps, soixante‑quatorze habitants de Lobbes sont faits prisonniers de guerre et envoyés dans divers oflags et stalags; plusieurs ne survivront pas à la captivité et beaucoup reviendront durablement diminués[59].
Une résistance locale se structure progressivement et parvient, par ses actions, à perturber certains projets de l’administration allemande, dont la détermination s’émousse au fil des années. Le bombardement allié du cause toutefois de lourdes pertes civiles et détruit de nombreux bâtiments, tout en signalant l’imminence d’un tournant militaire. La libération intervient le , mais la reconstruction administrative et matérielle exige encore de longs mois, d’autant que l’offensive allemande des Ardennes, durant l’hiver 1944‑1945, freine l’élan retrouvé. La capitulation de mai 1945 ravive enfin l’espoir du retour des habitants dispersés ou retenus loin de leur foyer depuis cinq ans[59].
La réorganisation administrative de 1977 intégra à la commune de Lobbes trois localités voisines situées au‑delà de l’ancienne limite de la principauté, bien que leur évolution historique ait été étroitement associée à celle de Lobbes durant de nombreux siècles. Sur la Sambre, à l’endroit où la tradition situe autrefois la vigilance du personnage légendaire Morosus surveillant le passage des convois, un pont d’architecture soignée fut mis en service en 1989, offrant un accès élargi aux voyageurs et renforçant l’ouverture de la Thudinie[60].
En 2022, le baron Jean-Marie Bogaert (ex-échevin MR de Lobbes) est arrêté, placé sous mandat d'arrêt et est incarcéré à la prison de Jamioulx[62],[63]. Il gère une fondation (la Fondation Baron-Baronne Jean-Marie et Monique Bogaert) et deux asbl (Vestric et Les amis des infirmes moteurs cérébraux). Des réquisitions bancaires ont permis de découvrir des mouvements financiers qui posent question entre les comptes des asbl, de la fondation, et les comptes personnels de Jean-Marie Bogaert[63]. À la suite du scandale, il est suspendu comme membre du Mouvement Réformateur par Denis Ducarme[64].
La collégiale qui porte le nom de Saint-Ursmer fondée au IXe siècle fait partie du Patrimoine majeur de Wallonie. Elle est reconnue comme la plus ancienne église de Wallonie. La nef et les deux transepts datent de l’époque carolingienne. À partir de la fin du XIe siècle ou, d’après une étude récente, dès la fin du Xe siècle, période durant laquelle un chapitre de chanoines fut instauré, l’église a été modifiée, notamment par l’agrandissement du chœur et la transformation de la vaste crypte semi-enterrée encore préservée aujourd’hui[66].
La portelette.L'ancienne abbaye, fondée au VIIe siècle par Saint-Landelin, l'abbaye devint, au Xe siècle, l'un des principaux foyers culturels de la région. Elle connut une nouvelle période de prospérité au XVIIIe siècle, marquée par d'importantes reconstructions sous l'abbatiat de Théodulphe Barnabé (1728-1752). Cependant, l'abbaye fut saccagée pendant la Révolution française en 1794, puis détruite en 1817. Les matériaux furent réutilisés pour restaurer les fortifications de Charleroi[67].
La portelette, qui marque la limite du domaine de l'abbaye datant de la fin du XVIIe siècle en style baroque[68], abrite dans ses deux niches les statues de Saint-Ursmer et de Saint-Landelin. La tourelle accolée au mur, construite au XVIe siècle, faisait partie du système défensif. Les murs, quant à eux, remontent au XIIIe siècle[69]. Une réplique de la portelette se trouve à Valle Hermoso en Argentine[70],[Note 1].
L'ancienne ferme abbatiale devenu dépôt de brasserie.Tramway touristique de Lobbes-Thuin.L'ancienne ferme abbatiale, construite sous l'abbatiat de Théodulphe Barnabé[67].
L'ancienne ferme datant du dernier tiers du XVIIIe siècle qui est dépendant de l'ancienne abbaye[71].
Lobbes est traversée par un tramway touristique qui rejoint Thuin[72]. Cependant, la commune a récemment voté une résolution demandant qu'une section importante d'un intérêt historique significatif soit déferrée pour y installer un espace de parking.
L'ancien pensionnat de la Visitation, rue Paschal. Il a été édifié entre 1874 et 1876[73]. Jusqu'en 1948, le couvent était une école libre (primaire et moyenne pour filles)[74]. Aujourd'hui, le couvent a été démoli sauf la façade qui donne sur la rue. À l'arrière se trouve une maison de retraite et une crèche.
L'ancienne maison communale. Construite par Alexis Dumont en 1923 et 1924[75], pour remplacer l'ancienne détruite durant la guerre de 1914-1918 par les troupes allemandes, elle se situe sur la place communale. Elle est devenue un poste de police et une salle d'expositions, tandis que l'administration communale a déménagé dans un bâtiment situé entre le pont du chemin de fer et la Sambre.
L'église du Sacré-Cœur, construite en 1913, est un édifice au style éclectique conçu par l'abbé Vanding[76]. L'église a été incendiée le [77]. Elle se trouve dans le quartier des Bonniers, au nord de Lobbes-Centre.L'ancienne maison communale.
La clinique Saint-Joseph, ancien bâtiment de l’abbaye, a été construite par l’architecte Hosdain.
Le jardin de Folcuin. Créé en 1997, ce jardin est l'héritage des traditions horticoles des moines, préservées pour lutter contre les famines et les épidémies. Géré par des bénévoles, il offre un espace de convivialité, avec des panneaux didactiques permettant de découvrir l'histoire de ce jardin féodal[78].
La chapelle Notre-Dame de Hal, sur le chemin de halage.
La chapelle Notre-Dame aux Charmes, située à Lobbes-Bonniers, a été construite au XVIIIe siècle[79].
Le pavillon situé rue des Quatre-Bras est de style Louis XVI, probablement rattaché à l’ancienne abbaye, date de 1782[80].
La chapelle Saint-Roch, se situe sur les hauteurs à l'ouest de la commune.
La tour blanche dans la nécropole d'Heuleu dédiée aux 226 soldats français tombés au champ d'honneur au cours de la bataille de Charleroi au début de la Première Guerre mondiale.
Le carnaval de Lobbes, créé en 1910[81], a un caractère unique : les Hottes, vêtues de costumes de grand-mère, transportent leurs maris dans leur hotte et les Nonancourts, un groupe folklorique, ont été fondés au début du XXe siècle, formant une société musicale unique, avec un costume revisité et des interprétations originales[82]’[83]. Il existe aussi d'autres sociétés comme les Sorcières lobbaines, les Gilles, les Paysans, etc. Le carnaval de Lobbes-centre qui se tien le week-end après le Laetare[84] et le carnaval de Lobbes-Bonniers qui se tient le week-end avant le Laetare[84].
Chaque dernier week-end de septembre a lieu à Lobbes la Ducasse 1900[85] qui se compose de danses traditionnel, brocante et la dégustation de la bière Saint-Dodon[86].
Pendant les mois d'été, la tradition des joutes nautiques perdure au pont de Sambre grâce aux deux sociétés lobbaines[87].
Remise en lumière par le père Luc en 1995, la procession menée par la confrérie des archers de Sainte-Appoline remonte à ses origines au XVIIe siècle[88].
cimetière aux 226 soldats français tombés au champ d'honneur au cours de la bataille de Charleroi au début de la Première Guerre mondiale. Une tour blanche domine le cimetière.
L'économie de Lobbes s'est principalement développée grâce à l'exploitation des carrières de grès, dont les blocs étaient transportés vers la gare par wagonnets. Jusqu'au début du XXe siècle, la Sambre attirait également des fonderies et un chantier naval. De l'autre côté, le long de l'actuelle rue de la Saline, un quartier abritant de petites industries comme une saline, une savonnerie, une brasserie et une briqueterie s'était établi au bord de l'eau[94]. Aujourd’hui, c’est la qualité de vie de l’endroit qui y attire non seulement une population avide de calme et d’air sain mais aussi des touristes épris par la beauté de ses sites naturels et architecturaux de la Thudinie.
Lobbes présente un tissu économique caractéristique des petites communes semi‑rurales de Wallonie : un maillage de petites entreprises, un secteur tertiaire dominant, et une activité agricole encore visible. Les données statistiques locales disponibles via Walstat indiquent que la commune s’inscrit dans un profil économique marqué par une faible densité d’entreprises et une économie de proximité centrée sur les services et le commerce local[95].
Les données régionales sur l’utilisation du sol (ODWB) montrent que les communes rurales du Hainaut, dont Lobbes, conservent une part significative de terres agricoles, principalement orientées vers[96]:
les cultures céréalières,
l’élevage bovin,
et les prairies permanentes.
Les diagnostics territoriaux mis à disposition par l’Open Data Wallonie‑Bruxelles confirment que les communes rurales de la région présentent une activité agricole encore structurante, même si elle n’est plus dominante en termes d’emploi.
Les indicateurs socio‑économiques régionaux publiés par l’IWEPS montrent que les communes rurales wallonnes, dont Lobbes, se caractérisent par[97]:
un taux d’emploi inférieur à la moyenne wallonne,
une dépendance aux pôles d’emploi voisins (ici : Thuin, Charleroi),
des revenus médians légèrement inférieurs à la moyenne régionale.
Ces tendances sont documentées dans les Chiffres‑clés de la Wallonie (édition 2023).
La vie économique locale reposait sur un ensemble restreint d’activités industrielles, dont la plus importante était constituée par les briqueteries de la Sambre, connues sous le nom de La Terre du Roeulx. Elles employaient près d’une centaine de personnes, majoritairement des femmes, et produisaient des briques de façade ainsi que des modèles spécifiques destinés aux cheminées d’usines, exportés jusqu’en Amérique du Sud. Une autre installation notable était la platinerie située près du déversoir de l’écluse, utilisant la force hydraulique de la Sambre pour fabriquer pelles, bêches et outils agricoles, et occupant une trentaine d’ouvriers. À cela s’ajoutait une petite fonderie de fonte installée sur l’emplacement d’une ancienne saline, qui employait une douzaine de travailleurs pour la production de pièces de petite mécanique, ainsi qu’une seconde fonderie aux Quatre-Bras, spécialisée dans les pompes de cuisine et mobilisant quelques hommes. Les carrières de Saint‑Roch, alors en pleine activité, fournissaient un granit réputé et faisaient travailler une quarantaine d’ouvriers. Enfin, diverses industries artisanales maréchaleries, charronneries, menuiseries, brasseries, saboteries et entreprises de construction complétaient ce tissu économique en offrant un emploi limité mais régulier à la main-d’œuvre locale[108].
L’industrie et l’artisanat lobbains des XIXe et XXe siècles se caractérisent par une activité variée, allant de la petite production spécialisée aux ateliers plus structurés. Un atelier de platinerie fondé vers 1850 par Bernard & Cie, installé près de l’écluse sous le Bois du Feuillu, transforma d’abord de la tôle avant de se consacrer, au XXe siècle, au forgeage d’instruments agricoles à partir de chutes métalliques. Après 1945, le site accueillit un atelier d’estampage, dont plusieurs ouvriers, notamment de la famille Michel, demeurèrent établis à Lobbes. Le recensement de 1846 mentionne diverses activités artisanales : un brodeur d’or père de l’historien Wotquenne installé près des escaliers de l’église, un relieur-cartonnier, ainsi qu’une savonnerie probablement située à la Grattière. Les salaires journaliers y étaient modestes : la majorité des adultes gagnait entre 0,50 et 2 francs, tandis que les enfants percevaient moins d’un franc. En 1880, l’économie locale reposait sur plusieurs secteurs. Deux carrières à pavés employaient environ soixante ouvriers et produisaient près d’un million de pièces par an grâce à des moteurs à vapeur. Les briqueteries, dont la principale se trouvait à la terre du Roeulx, fabriquaient trois millions de briques et attiraient une main-d’œuvre venant parfois à pied d’Anderlues. Deux brasseries Halbrecq et Mary produisaient près de 8 000 hectolitres de bière. S’ajoutaient un atelier de préparation de laine, deux abattoirs, une petite production d’instruments agricoles et une entreprise du bâtiment[109].
Les ateliers E. Briquet - Romain, s.a. Constructions Mécaniques & Métalliques à Lobbes - Bonniers
Les ateliers E. Briquet – Romain, implantés à Lobbes–Bonniers, furent une entreprise de constructions mécaniques et métalliques active de la fin du XIXe siècle aux années 1970. Fondés par Emile Briquet (1870‑1957), originaire de la région de Chimay, ils débutèrent vers 1895 comme atelier de ferronnerie réalisant grilles et ouvrages métalliques pour des demeures bourgeoises locales. L’activité s’élargit rapidement aux besoins industriels : équipements pour carrières, pièces pour usines, matériel pour charbonnages et dispositifs liés à l’essor des lignes électriques. Durant la Première Guerre mondiale, Briquet se réfugia à Paris, où il produisit du matériel pour entrepreneurs, avant de revenir en Belgique au moment de la reconstruction. L’entreprise se développa alors dans un bassin industriel dense, fournissant verreries, glaceries, charbonnages, cimenteries et centrales électriques[110].
Sous l’impulsion de son beau‑fils Jacques Druenne, ingénieur civil diplômé en 1929, la société atteignit une trentaine d’ouvriers avant 1940. Après la Seconde Guerre mondiale, elle participa à la mécanisation du bâtiment, à l’équipement des centrales et à la modernisation des installations charbonnières, avant de diversifier sa production vers la chaudronnerie, le traitement des produits oléagineux ou encore les accessoires ferroviaires. Dans les années 1950‑1970, les ateliers devinrent concessionnaires en Belgique des convoyeurs SOVEZ et développèrent des structures métalliques, passerelles, escaliers et panneaux ajourés brevetés Grip‑Light, utilisés en Belgique et à l’étranger. Malgré un effectif dépassant encore soixante ouvriers en 1975, l’entreprise cessa ses activités vers 1976. Jacques Druenne, dernier dirigeant, mourut en 1990[111].
Lobbes et ses villages (Mont-Sainte-Geneviève, Bienne-lez-Happart, Sars-la-Buissière) sont reliés par un réseau de sentiers balisés, idéal pour la randonnée pédestre. Le syndicat d'initiative se trouve au no 17 place Communale. Le Syndicat d’Initiative propose 2 visites et 7 randonnées thématiques, permettant d’explorer patrimoine, nature et villages[112].
Promenade « Au fil de Lobbes ». Itinéraire emblématique de 4,5 km (1 h 15), il relie la collégiale à la Sambre en traversant bois et campagnes[113]:
Difficulté : facile ;
Départ : Place Communale.
La région organise des événements tels que Lobb’icyclette, alliant promenade à vélo et arts de rue, et s’intègre dans des itinéraires cyclables d’envergure, tels que la Route UNESCO à vélo (tronçon Thuin–Charleroi)[114].
La collégiale est ouverte toute l’année, avec horaires élargis d’avril à octobre. Des audioguides, dont une version adaptée aux enfants, sont disponibles[115],[116].
Position centrale par rapport aux axes de mobilité (N59, N40 et N55), à 5 minutes d’Anderlues et de Thuin, 20 minutes de Charleroi et de Binche, et 40 minutes de Mons[117].
La clinique Saint‑Joseph de Lobbes, située rue de la Station 25, est un établissement hospitalier intégré au réseau du CHU HELORA, qui regroupe plusieurs sites de soins dans le Hainaut et le Brabant wallon. Elle se distingue comme un hôpital de proximité offrant des services médicaux, chirurgicaux et gériatriques, ainsi qu’un service d’urgences accessible 24 heures sur 24. L’infrastructure se trouve en face de la gare de Lobbes, ce qui facilite son accès en transports en commun, et dispose de parkings gratuits, dont un espace réservé aux urgences[121],[122].
L’établissement propose un ensemble de services cliniques variés, incluant notamment la pédiatrie avec des consultations spécialisées en néphrologie, allergologie, cardiologie ou dermatologie et un hôpital de jour gériatrique destiné aux patients âgés nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire en ambulatoire. Les horaires de visite sont adaptés selon les unités, avec des plages élargies pour les chambres particulières et des règles spécifiques pour les soins intensifs et la pédiatrie. Une boutique interne, ouverte en semaine et le week‑end, met à disposition boissons, collations, produits d’hygiène et presse, complétée par plusieurs distributeurs automatiques[122],[123].
La clinique s’inscrit dans la philosophie du CHU HELORA, qui vise à offrir des soins accessibles, performants et centrés sur le respect du patient. Elle fait partie d’un ensemble hospitalier plus vaste comprenant notamment les sites de La Louvière, Nivelles, Tubize, Mons et Warquignies, permettant une articulation entre centres d’expertise et structures de proximité. Cette intégration garantit une prise en charge globale des pathologies, tout en maintenant un ancrage local fort au sein de la commune de Lobbes[124].
La maison de repos La Visitation, située à Lobbes dans la province de Hainaut, est un établissement résidentiel pour personnes âgées géré par l’ASBL Entraide Fraternelle Jolimont. Implantée au cœur de la commune, elle domine la vallée de la Sambre et offre un panorama sur la collégiale Saint-Ursmer, ce qui contribue à son caractère paisible et à son ancrage local. L’institution accueille des résidents valides, en perte d’autonomie physique ou psychique, ainsi que des personnes désorientées ou en fin de vie, dans un cadre conçu pour allier sécurité, confort et atmosphère familiale[125].
L’établissement dispose d’une capacité d’hébergement comprenant 31 lits de maison de repos et 42 lits de maison de repos et de soins, répartis en 67 chambres individuelles et 3 chambres doubles. Chaque chambre est équipée d’une salle de bain privative avec douche de plain-pied, lavabo et WC, ainsi que d’un mobilier de base incluant un lit électrique et un fauteuil relax. Les résidents ont la possibilité d’apporter leur propre mobilier afin de personnaliser leur espace de vie. Les espaces communs comprennent notamment des salles de séjour climatisées avec vue sur la vallée, des kitchenettes et des coins repos à chaque étage[126].
La Visitation s’inscrit dans un ensemble intergénérationnel comprenant également une crèche et un espace d’accueil extrascolaire, favorisant les interactions entre générations. Une résidence-services attenante, ouverte en 2023, propose des logements adaptés et un espace bien-être incluant une piscine destinée à encourager l’activité physique des seniors. L’établissement met l’accent sur la qualité des soins, l’accompagnement pluridisciplinaire et le maintien de l’autonomie, tout en offrant diverses activités de loisirs et des services tels que coiffure, esthétique ou pédicurie[125].
La crèche Les Petits Canailles de Lobbes est un milieu d’accueil pour enfants de 0 à 3 ans, agréé par l’Office de la Naissance et de l’Enfance et géré par l’ASBL Le Bosquet, liée au Groupe Jolimont[127],[128]. Installée dans un bâtiment récent doté d’un jardin, elle accueille environ 56 enfants répartis en sections selon l’âge. L’horaire s’étend du lundi au vendredi dès 6 h 30, avec un encadrement continu incluant repas, siestes et activités d’éveil. Les repas, élaborés avec l’équipe diététique du Centre Hospitalier de Jolimont, s’inscrivent dans le Green Deal Cantines durables. L’établissement développe plusieurs projets pédagogiques, dont une Bibliocrèche favorisant l’éveil au langage et un potager éducatif soutenu par la Wallonie. Des activités intergénérationnelles sont organisées grâce à la proximité de la maison de repos La Visitation, renforçant l’ancrage communautaire de la structure[127].
Complexe Le Scavin. Il s’agit d’un hall omnisports destiné à accueillir clubs locaux, activités sportives scolaires et événements communaux. L’équipement constitue l’un des pôles sportifs majeurs de la commune[133]. Le complexe a connu un long processus de rénovation, marqué par des retards importants. Fermé depuis 2009, il a fait l’objet d’un chantier prolongé dont l’ouverture a été plusieurs fois reportée. En 2017, la commune indiquait être en phase de réception provisoire des travaux, tout en reconnaissant que les finitions tardaient à être achevées[134].
En 2024, un marché public a été lancé pour la rénovation et le réaménagement des abords du site, incluant notamment[135]:
enlèvement et remplacement des revêtements,
réfection des bordures et filets d’eau,
travaux de nivellement,
mise en conformité des avaloirs,
aménagement des accès et du parking. Ces travaux s’inscrivent dans le programme régional « Cœur de village 2022‑2026 ».
Il y a le stade de football Roger Langelez qui se situe sur le territoire de Thuin mais proche de Lobbes et piscine Aquacenter[136], rue Paschal sur le site de la Visitation.
Patronage Jean XXIII et Sainte-Agnès de Lobbes, basé rue des Écoles, actif dans l’animation des jeunes et l’organisation d’activités communautaires[137].
La dimension de la vie culturelle est soutenue par[138],[112]:
Le Centre culturel Haute Sambre, partenaire de la commune, qui propose des activités artistiques, expositions et ateliers pour tous publics .
Le Syndicat d’Initiative, organisateur de visites guidées, événements patrimoniaux et animations saisonnières (marché de Noël, visites guidées, activités estivales) .
Les événements annuels tels que Lobbes Estivales, les concerts, les marchés artisanaux ou les fêtes de village témoignent d’une vie culturelle active et participative[139].
Des mouvements proches situés dans les villages voisins (Thuin, Bienne-lez-Happart, Sars-la-Buissière), qui participent régulièrement aux événements intercommunaux, comme les marches ADEPS ou les activités estivales.
Les actualités communales témoignent d’une activité associative soutenue, avec des événements récurrents[139]:
Marches ADEPS ;
Visites et promenades guidées (G’Lobbes Trotters) ;
Marché de Noël au pied de la Collégiale ;
Activités des mouvements de jeunesse (petits-déjeuners, fêtes locales) ;
Concours de pétanque organisés par des groupes locaux (ex. Les Récalcitrants de Lobbes Bonniers) ;
Animations estivales dans les différents villages ;
Ces manifestations, largement relayées par la commune, illustrent une vie associative vivante et structurée.
La commune relaie également des initiatives sociales, notamment via[139]:
Le Plan de Cohésion Sociale, organisateur d’événements familiaux tels que le Family Day .
Des actions citoyennes (journées propreté, animations intergénérationnelles) portées par des groupes locaux et relayées dans les actualités communales .
Ces initiatives renforcent la solidarité locale et l’implication des habitants.
↑Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
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