Louis Jamme
| Louis Jamme | |
Auguste Chauvin, Portrait de Louis Jamme, 1874 (huile sur toile, 134 × 90 cm ; photographie de 1955 du KIK-IRPA), Liège, musée de l'Art wallon. | |
| Fonctions | |
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| Bourgmestre de Liège | |
| – (7 ans, 7 mois et 17 jours) |
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| Groupe politique | Unioniste |
| Coalition | Unioniste |
| Prédécesseur | Denis Marie de Mélotte d'Envoz |
| Successeur | Jean-Joseph Tilman |
| Député belge | |
| – (10 mois et 16 jours) |
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| Élection | 30 août 1831 |
| Monarque | Léopold Ier |
| Premier ministre | Félix De Mûelenaere |
| Gouvernement | Gouvernement de Muelenaere |
| Législature | 1re législature de la Chambre des représentants de Belgique |
| Groupe politique | Unioniste |
| Coalition | Unioniste |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Lambert Jean Louis Jamme |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Liège (Belgique) |
| Date de décès | (à 68 ans) |
| Lieu de décès | Liège (Belgique) |
| Sépulture | Cimetière de Robermont |
| Nationalité | Belge |
| Parti politique | Unionisme |
| Enfants | Émile Jamme (fils) |
| Famille | Léon Gérard (petit-fils), Laurent-Guillaume de Koninck (gendre) |
| Profession | Industriel |
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| Bourgmestres de Liège | |
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Louis Jamme, né le à Liège où il est mort le , est un industriel belge devenu, par un engagement politique tardif, une figure marquante de la vie liégeoise au lendemain de la révolution belge.
Notable resté à l'écart des affaires publiques jusqu'en 1830, il prend une part active à la révolution à Liège, non comme meneur mais comme garant de l'ordre et de la légalité, à la tête d'une compagnie de la garde bourgeoise puis de la garde urbaine, contribuant notamment à éviter un bombardement de la ville par l'armée hollandaise.
Élu premier bourgmestre de Liège après la révolution, poste qu'il occupe de 1830 à 1838, il siège aussi brièvement comme député à la Chambre des représentants avant de se recentrer sur son mandat communal.
Peintre amateur, il place l'instruction publique et le soutien aux arts au cœur de son action politique, car il y voit un outil d’émancipation intellectuelle et artistique des classes ouvrières.
En partie paralysé, il quitte son mandat politique en 1838 et meurt dix ans plus tard, éloigné de la vie politique liégeoise.
Biographie
[modifier | modifier le code]Lambert Jean Louis Jamme naît le à Liège[1],[2],[3],[4]. Ses deux parents, Jean Jamme (1737-1806) et Marie Mosin (1750-1809) sont négociants[5],[4]. Il est le quatrième fils d'une famille de six enfants : Jean François (1774-1859), Maximilien (1774-1775), Arnold (1777-*), Marie (1781-1813) et Jeanne (1785-1813)[6].
Louis Jamme devient industriel et négociant[3],[7]. À partir de 1835, il dirige une entreprise de fabrication puis de filature, en 1838, de coton[3],[4]. Il est également propriétaire d'une fabrique de tabacs[4].
Révolution belge
[modifier | modifier le code]En 1830, lorsque la révolution belge éclate, Louis Jamme, pourtant éloigné des affaires publiques, y participe non pas en tant qu'auteur principal mais en tant que patriote et garant d'un certain ordre[1],[2],[3],[7]. Il souhaite garantir le civisme, « le respect des personnes et de la propriété »[1]. Il participe ainsi à de nombreux appels au peuple, en compagnie de Charles Rogier ou d'autres personnalités liégeoises, pour garantir la légalité de la situation et éviter toute violence[8].
Le , il prend la tête d'une compagnie de la garde bourgeoise[2],[4]. Il s'emploie pendant de nombreuses semaines à prévenir les excès[8]. Cette garde évolue en garde bourgeoise auxiliaire, et Louis Jamme et Charles Rogier en sont reconnus comme chefs[8],[2]. En , Charles Rogier, révolutionnaire ardent, part pour Bruxelles tandis que Louis Jamme reste à Liège[8],[2]. Le , ce dernier est nommé chef de la légion de l'Ouest de la garde urbaine liégeoise, qui remplace la garde bourgeoise[8],[2],[7]. Le , il est nommé membre de la commission des secours et indemnité[7].
La garde hollandaise s'est retirée dans les forts et la garde urbaine assure la sécurité publique, notamment grâce à l'autorité et à la personnalité de Louis Jamme[8]. Il empêche notamment un bombardement de la ville par les Hollandais en s'opposant à la prise, par la foule, de pièces d'artillerie remisées au palais des princes-évêques[8],[2]. Celles-ci sont évacuées, sans heurt, durant la nuit[7].
Bourgmestre de Liège et carrière politique
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Le , Louis Jamme est élu bourgmestre de Liège « aux acclamations de la ville entière »[9],[2],[10]. Si la révolution se termine, l'armée de la Meuse est mise en déroute durant la campagne des Dix-jours et le général Daine se réfugie à Liège avant que la nouvelle de sa défaite n'atteigne les autorités[10]. Face aux rumeurs grandissantes et à l'inaction du général, qui s'est enfermé et ne donne aucun ordre, Louis Jamme se rend au quartier général du roi pour l'avertir du danger qui guette Liège. Finalement, l'intervention de la France met fin aux troubles[10].
Courte carrière de député
[modifier | modifier le code]Si Louis Jamme refuse de siéger au Congrès national, il siège l'année suivante à la première Chambre des représentants comme député[9].
Il n'occupe ce poste qu'un an, jusqu'en , préférant se concentrer sur son rôle de bourgmestre[9]. Durant ce court mandat, il prend part aux discussions budgétaires et marque son soutien au commerce libre[9],[4]. Défenseur de l'enseignement, il s'oppose à la réduction du financement des universités d'État[2]. Il combat également pour la défense des prérogatives communales face au gouvernement[11].
Un bourgmestre tourné vers les arts et l'éducation
[modifier | modifier le code]Comme bourgmestre, il promeut l'instruction publique et en tant que peintre amateur et autodidacte, il défend l'art[9],[7]. En 1835, il maintient l'école de dessin de la ville de Liège, qui se réorganise sous le nom d'Académie des beaux-arts[9],[12]. Il y voit un outil d’émancipation intellectuelle et artistique des classes ouvrières[2],[10].
En , il permet le rétablissement, en prenant l'initiative des réclamations, de la faculté des lettres au sein de l'université de Liège et, quelque temps après, il défend l'université, le gouvernement ne souhaitant plus financer qu'une seule université en Belgique[11].
Il occupe divers postes d'honneur durant son mandat : président d'honneur de la commission administrative de l'Académie de peinture de Liège, président honoraire de la commission administrative de l'Association nationale pour l'encouragement et le développement de la littérature en Belgique ou encore président d’honneur de la commission administrative du conservatoire royal de Liège[3],[4].
Une affection de la moelle épinière provoque un début de paralysie[Quand ?][2]. De plus, ses affaires personnelles, prospères avant la prise de ses mandats politiques, souffrent de son occupation politique. Il décide alors de quitter ses fonctions de bourgmestre[11]. Il faut cependant un an avant que sa démission ne soit acceptée le [13],[2].
Mort
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Louis Jamme passe les dix dernières années de sa vie de manière paisible, éloigné de la vie politique si ce n'est pour les périodes électorales[2],[11]. Son activité industrielle finit par échouer et la ville lui vote une pension civique[11].
Il meurt le à Liège[13],[4]. Il est inhumé, après des funérailles en l'église Saint-Christophe, le au cimetière de Robermont où un monument majestueux lui est érigé[13],[14]. De nombreux éloges lui ont été rendus, notamment par l'administration communale et par la société libre d'émulation, dont il a été vice-président[13],[3]. Cette dernière met d'ailleurs son éloge au concours[11]. « Son nom est synonyme de bon citoyen, d'administrateur éclairé et dévoué au bien général »[7].
Vie privée et descendance
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Louis Jamme épouse Marguerite Laguesse (1781-1857) à Paris en [15]. Ils ont quatre filles et un garçon : Joséphine (1811-1877), Louise (1812-1887), Adèle (1816-1885), Anne (1817-1818) et Émile (1820-1897)[16].
Joséphine épouse le paléontologue et chimiste Laurent-Guillaume de Koninck en 1838[16]. Louise épouse Jean Louis Léopold Gérard en 1836 ; leur fils Léon Gérard est député (1893-1894) et bourgmestre de Liège (1891-1900)[17]. Adèle épouse Charles Donckier de Donceel dont les parents sont les beaux-parents d'Émile Jamme[14].
Émile Jamme embrasse, comme son père, une vie politique. Il est élu député de 1882 à 1892[14].
Max-Léo Gérard, ministre belge, est un descendant de Louis Jamme[18].
Louis Jamme a son domicile au no 587 de la rue Pont d'Île jusqu'en 1835, puis au no 32 du quai de la Sauvenière, et enfin au no 94 de 1836 à 1848[14]. Il possède une maison de campagne à Fragnée, quartier de Liège[14].
Hommage
[modifier | modifier le code]À Liège, une rue du quartier d'Outremeuse, la rue Louis Jamme, porte son nom depuis 1863[19].
Décorations
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 Duchesne 1889, p. 92.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Jamme Louis - Biographie - Unionisme »
, sur unionisme.be (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 Caulier-Mathy 1996, p. 433.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 De Paepe et Raindorf-Gérard 1996, p. 361.
- ↑ Caulier-Mathy 1996, p. 434.
- ↑ Caulier-Mathy 1996, p. 434-435.
- 1 2 3 4 5 6 7 Le Roy 1869, p. XLI.
- 1 2 3 4 5 6 7 Duchesne 1889, p. 93.
- 1 2 3 4 5 6 Duchesne 1889, p. 94.
- 1 2 3 4 Le Roy 1869, p. XLII.
- 1 2 3 4 5 6 Le Roy 1869, p. XLIII.
- ↑ Bosmant 1930, p. 74.
- 1 2 3 4 Duchesne 1889, p. 95.
- 1 2 3 4 5 6 7 Caulier-Mathy 1996, p. 437.
- ↑ Caulier-Mathy 1996, p. 435.
- 1 2 Caulier-Mathy 1996, p. 436-437.
- ↑ Caulier-Mathy 1996, p. 436.
- ↑ « Max-Léo Gérard »
, sur ars-moriendi.be (consulté le ). - ↑ Camille Buffin, Mémoires et documents inédits sur la révolution belge et la campagne de dix-jours, Bruxelles, , 276 p. (lire en ligne
[PDF]), p. 66.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Jules Bosmant, La peinture et la sculpture au pays de Liège de 1793 à nos jours, Liège, Mawet éditeur, , 316 p. (OCLC 458651068, BNF 31848054, SUDOC 020550065).

- Nicole Caulier-Mathy, Le monde des parlementaires liégeois : 1831-1893 – Essai de socio-biographies, Bruxelles, Palais des Académies, , 850 p. (OCLC 490137669, lire en ligne
). 
- Eugène Duchesne, Biographie nationale de Belgique, t. 10, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, , 413 p. (ISSN 0770-7150, OCLC 1203646103, lire en ligne
[PDF]), p. 92-96. 
- Alphonse Le Roy, Liber memorialis : L'Université de Liège depuis sa fondation, Liège, Imprimerie de J. G. Carmanne, , 146 p. (OCLC 1355670317, lire en ligne
). 
- Jean-Luc De Paepe et Christiane Raindorf-Gérard, Le Parlement belge 1831-1894: données biographiques, Commission de la Biographie Nationale, Académie Royale de Belgique, (ISBN 978-2-8031-0140-5).

Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Bourgmestre de Liège
- Député belge de la 1re législature
- Député belge du XIXe siècle
- Personnalité politique belge francophone
- Récipiendaire de la croix de fer (Belgique)
- Chevalier de l'ordre de Léopold
- Naissance à Liège
- Naissance en octobre 1779
- Décès en février 1848
- Décès à Liège
- Décès à 68 ans
- Personnalité inhumée au cimetière de Robermont