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Non-fiction

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Le vocable anglais non-fiction désigne, dans la classification des ouvrages de littérature, l'ensemble des écrits ne relevant pas de l'imagination pure. Son équivalent en français est « littérature documentaire », ou « ouvrages généraux ». Non-fiction est l'antonyme du mot anglais fiction, lequel désigne, dans le monde anglophone, la « littérature romanesque », les « romans »[1].

Dans les années 2000 et 2010, des journalistes, appuyés par des maisons d'édition, ont entrepris d'appliquer les catégories anglophones de fiction et non-fiction et de rattacher la littérature d'investigation, de reportage et de voyage à une variété de cette dernière, la creative non-fiction, en partant du principe que l'enquêteur, le reporter et le voyageur narrent la vie d'hommes et de femmes réels.

Selon Mathilde de Chalonge, de l'atelier littéraire Fabula, le genre creative non-fiction (litt. « littérature non romanesque créatrice ») s'est développé aux États-Unis en 1966, avec la parution de In Cold Blood (De sang froid) de Truman Capote, ouvrage qui raconte par le menu un quadruple homicide, son contexte et l'enquête menée par l'auteur sur place. « Roman ? Reportage ? Document ? », s'interroge la journaliste. À l'époque, le reportage cherchait à gagner ses titres de noblesse, précise-t-elle. En privilégiant l’écriture à la première personne, Truman Capote a pris la place du narrateur traditionnel : « À la lecture, l’effet se rapproche du roman à la distinction près qu’il s’agit du réel qui est narré. »[2].

Années 2000 et 2010

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Au tournant des années 2000, des écrivains francophones comme Emmanuel Carrère (avec L'Adversaire paru en 2000) ou Florence Aubenas s'attachèrent à la creative non-fiction[3],[4].

Selon la journaliste Laurence Houet, de France Télévisions, les œuvres de creative non-fiction sont « des textes qui racontent de événements d'actualité, des faits de société : prostitution en Inde, guerre en Syrie ou dictature en Corée du Nord. Ni essais ni documentaires, ce sont de vrais objets littéraires : roman, poésie, récit de voyage ». Elle cite le livre Bombay baby (Actes Sud), où l'Indienne Sonia Falheiro choisit la forme romanesque — des personnages, une intrigue, des rebondisements —, pour rendre compte, à travers le portrait d'une danseuse et de son entourage interlope, de son enquête dans les dance bars de Bombay[5].

Toujours selon Mathilde de Chalonge, la consécration du genre serait survenue en 2015, lorsque l'écrivaine et journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch, chantre de la non-fiction, reçut le prix Nobel de littérature pour son œuvre[2].

Notes et références

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  1. Dans la catégorie non-fiction utilisée par les bibliothèques, maisons d'édition, librairies et critiques littéraires anglophones, se rangent les essais, les encyclopédies, les modes d'emploi, les manuels scolaires, les livres traitant de politique, de pédagogie, de psychologie, d'histoire, de religion, de sciences, les enquêtes journalistiques, les livres de recettes de cuisine.
  2. 1 2 Équipe de recherche Fabula, « Fabula, Atelier littéraire : Territoires de la non-fiction », sur fabula.org (consulté le ).
  3. « La creative non-fiction, une littérature sans compromis », sur ActuaLitté.com (consulté le ).
  4. Clémentine Goldszal, « Aux frontières du réel : Comment la non-fiction a pris la relève du roman », Vanity Fair France, 1er mars 2019.
  5. « Reportage littéraire et "creative non-fiction" : quand la littérature s'empare du réel », sur Franceinfo, (consulté le ).

Liens externes

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