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Univers de Harry Potter

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Univers de Harry Potter
Description de l'image Wizarding World of Harry Potter Castle.jpg.
Univers de fiction
Genre(s) Fantasy
Auteur(s) J. K. Rowling
Année de création 1998
Pays d’origine Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Langue d’origine anglais
Support d’origine Suite romanesque de fantasy pour la jeunesse
Thème(s)
  • Magie et créatures fantastiques
  • La force de l'amour
  • Combat du Bien contre le Mal
  • Accession à l'âge adulte
Public visé
  • Enfants et adolescents
  • Lecteurs de fantasy
États Niveau technologique : années 1990 où la magie existe
Autre(s) support(s)

L'univers de Harry Potter est un sous-univers fictif du monde des sorciers créé par J. K. Rowling, dans lequel le personnage de fiction Harry Potter évolue au sein de la saga littéraire du même nom. Il décrit un monde parallèle au nôtre et ancré dans la société britannique des années 1990, où coexistent sorciers, créatures et objets magiques.

La communauté magique du Royaume-Uni est régie par des règles précises et encadrée par des institutions comme le ministère de la Magie, qui organise la société, surveille l'usage de la magie et entretient les relations avec le monde moldu. La hiérarchie sociale dépend à la fois du statut du sang et des capacités magiques, distinguant sorciers de sang-pur, sang-mêlé, nés-Moldus ou dépourvus de pouvoirs, et influençant la place des individus dans la communauté magique.

La vie quotidienne des sorciers comprend un système éducatif structuré autour de sa principale école Poudlard, des sports et loisirs tels que le quidditch, ainsi qu'un système économique autonome, des moyens de transport et des modes de communication spécifiques. Les repas, les traditions culinaires et les objets du quotidien illustrent la manière dont la magie s'intègre dans la culture et les interactions sociales.

L'univers de Harry Potter a profondément marqué la culture populaire mondiale. Il a notamment donné naissance à des produits dérivés et hommages scientifiques.

Dans l'univers de Harry Potter, le canon s'est construit et précisé au fil du temps, à mesure de la publication des romans, de la parution d'œuvres complémentaires et des déclarations de son auteure, J. K. Rowling[S 1],[1]. Les sept romans publiés entre 1997 et 2007 constituent le socle narratif principal[S 2],[S 3],[S 4]. D'autres textes ont progressivement enrichi l’univers et soulevé la question de leur statut au sein du canon[S 2].

Le site The Harry Potter Lexicon, une encyclopédie spécialisée, établit différents niveaux de canonicité pour Harry Potter, opposant un canon principal aux extensions ultérieures[S 2] :

  • Canon primaire : les sept romans de Harry Potter écrits par J. K. Rowling[S 2] ;
  • Canon secondaire ou étendu : les autres écrits directement rédigés par Rowling, complétant l’univers[S 2] ;
  • Canon tertiaire ou contesté : les adaptations, la pièce de théâtre, les interviews et déductions tirées du canon, dont l'intégration dans le canon principal a fait l'objet de débats[S 2].

Le canon initial : les romans

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J. K. Rowling a écrit sept romans Harry Potter, qui constituent le socle narratif principal[S 4], et dont les premières éditions ont été publiées sur une période de dix ans, entre 1997 et 2007.

Le canon étendu : les textes complémentaires

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En parallèle de sa série romanesque, J. K. Rowling écrit plusieurs textes, sous forme de guides, pour compéter la présentation de l'univers de Harry Potter. C'est le cas notamment des petits livres Le Quidditch à travers les âges, qui présente le sport populaire des sorciers, et de Vie et habitat des animaux fantastiques (ou Les Animaux fantastiques) qui répertorie de nombreuses créatures, dont celles introduites au cours de l'histoire. Les premières éditions de ces livrets, toutes deux publiées en 2001 pour l'association humanitaire Comic Relief[5], sont initialement présentées sous la forme de manuels scolaires que Harry Potter est amené à consulter à la bibliothèque de Poudlard. Depuis 2001, ces contenus additionnels ont été étoffés et plusieurs fois réédités, parfois en versions illustrées[5].

Enluminure du Vendeur d'indulgences (manuscrit Ellesmere), dont le Conte des trois frères est inspiré.

En 2008, J. K. Rowling publie le recueil des Contes de Beedle le Barde, contenant notamment Le Conte des trois frères raconté par le personnage d'Hermione Granger dans l'intrigue du dernier roman. Pour la légende autour des objets détenus par les frères Peverell  la légende des reliques de la Mort , Rowling s'inspire de l'histoire de Geoffrey Chaucer, Le Conte du vendeur d'indulgences (The Pardoner's Tale), extraite des Contes de Canterbury[6]. La même année, Rowling publie également un court prologue à Harry Potter, qui raconte l'une des aventures du parrain de Harry, Sirius Black, avec son père James Potter. La nouvelle de 800 mots est écrite en partenariat avec l’association des écrivains PEN club, puis vendue aux enchères au profit de deux associations caritatives britanniques[S 6].

Le site internet Pottermore, remplacé en 2019 par WizardingWorld.com, regroupe plusieurs textes inédits rédigés par Rowling, comme un complément d'informations sur les personnages, les lieux ou les objets de son univers. Certains de ces contenus additionnels ont été regroupés sous forme de recueils et publiés en 2016 au format numérique : Poudlard : Le Guide pas complet et pas fiable du tout regroupe les contenus relatifs aux lieux et aux objets, tandis que deux autres recueils intitulés Nouvelles de Poudlard (Pouvoir, Politique et Esprits frappeurs enquiquinants et Héroïsme, Tribulations et Passe-temps dangereux) développent essentiellement la biographie de certains personnages.

Selon le Harry Potter Lexicon, ces textes sont généralement considérés comme faisant partie d’un canon étendu, dans la mesure où ils sont directement rédigés ou validés par J. K. Rowling[S 2]. Leur statut reste toutefois distinct de celui des romans, auxquels ils ne se substituent pas. Ils viennent principalement les compléter ou les éclairer[S 2].

Canon contesté : adaptations et pièce de théâtre

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Les films Harry Potter et Les Animaux fantastiques

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L'univers de Harry Potter a fait l'objet d'une série de films adaptée des sept romans, sortie entre 2001 et 2011[7],[8]. Bien que ces adaptations sont considérées globalement fidèles à la trame narrative des livres, elles présentent des différences notables liées aux contraintes du support cinématographique, comme des modifications de personnages ou d'événements[S 7].

À partir de 2016, la série Les Animaux fantastiques propose des scénarios originaux écrits par J. K. Rowling (d'après son propre livre guide Vie et habitat des animaux fantastiques), situés dans le même univers, mais à une époque antérieure aux romans[9].

La place de ces adaptations cinématographiques dans le canon de Harry Potter a fait l'objet de plusieurs discussions, en particulier lorsque des éléments des films entrent en contradiction avec les romans ou les textes complémentaires[S 8],[S 9]. Selon le Harry Potter Lexicon, leur statut est généralement considéré comme complémentaire par rapport aux œuvres écrites de l'auteure : ils ne sont pas inclus dans le canon officiel, mais certains éléments des films peuvent y être intégrés s'ils ont été vérifiés comme provenant de J. K. Rowling elle-même[S 2].

Harry Potter et l'Enfant maudit

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La pièce de théâtre écrite en 2016 par Jack Thorne, en collaboration avec J. K. Rowling et John Tiffany, met principalement en scène l'un des fils de Harry Potter, Albus, au moment où celui-ci entame sa propre scolarité, soit 19 ans après l'intrigue des romans[S 10]. Le script de la pièce a été publié la même année[10].

La pièce, coécrite par Jack Thorne sur une histoire originale de J. K. Rowling, est considérée comme canon secondaire ou tertiaire (Rowling elle-même a souhaité l'intégrer au canon[S 11]) mais avec un statut plus contesté que les textes directement rédigés par Rowling, principalement en raison de la coécriture et du format théâtral[S 12], ou encore du fait d'éléments narratifs qui semblent contredire ou différer du canon établi dans les romans[S 13],[S 14].

Langage et terminologie magique

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Selon Farah Mendlesohn (auteure de Language and Lexicon in Fantasy), le langage et la terminologie constituent, dans la fantasy, un outil central de structuration et de cohérence des univers fictionnels, indépendamment des personnages et des lieux qui y apparaissent, et offrent une clé de lecture de ces mondes imaginaires[S 15].

Dans son chapitre, Mendlesohn analyse la façon dont les auteurs de fantasy, et notamment Rowling, utilisent le vocabulaire inventé et les emprunts aux langues anciennes pour structurer un univers cohérent[S 15]. Celui de Harry Potter se caractérise par l'usage d'un vocabulaire spécifique qui mêle les créations originales de Rowling et ses emprunts au latin, au grec ou à l'anglais ancien ou vieilli[S 16],[S 17]. Les sorts (Expecto Patronum, Expelliarmus, Lumos…), potions et objets magiques reposent souvent sur des termes à valeur étymologique ou symbolique[S 16],[S 17],[11],[12].

J. K. Rowling utilise également des noms propres à valeur sémantique, tels que « Albus Dumbledore », dont le prénom évoque la couleur blanche et la sagesse[S 18], ou « Diagon Alley » (Chemin de Traverse), construit sur un jeu de mots (diagonally signifiant « en diagonale »), pour caractériser les lieux et les personnages et marquer la différence entre le monde sorcier et le monde non magique[S 15],[S 17],[S 19]. Les noms de nombreux personnages font référence à une divinité, à un monstre ou à un personnage historique de l’Antiquité, en ayant des attributions similaires[S 16],[S 20]. C'est le cas par exemple de Minerva McGonagall, inspirée de la déesse Minerve, ou d'Argus Rusard, inspiré du gardien aux cent yeux Argos[S 20]. L'étymologie  du prénom, du nom ou parfois des deux  se trouve ainsi souvent en lien avec le caractère des personnages ou leur apparence physique[S 16],[S 20]. Les différentes traductions ont néanmoins pu atténuer cette recherche linguistique, notamment lorsque les jeux de mots ou les références étymologiques étaient difficiles à transposer[S 21],[S 22].

Aspects historiques

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Chronologie interne

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L'univers de Harry Potter possède une chronologie interne qui s'étend sur plus d'un siècle, même si la majeure partie de l'intrigue des romans se concentre sur une période de sept ans correspondant à la scolarité de Harry à Poudlard (1991‑1998 dans la chronologie interne)[S 23]. Les romans font parfois référence à des événements antérieurs, tels que la naissance et la jeunesse de Lord Voldemort avant sa confrontation avec Harry Potter, qui donnent au récit un contexte historique et expliquent en partie les motivations de plusieurs personnages[S 24],[S 25].

Les œuvres complémentaires de J. K. Rowling, comme Vie et habitat des animaux fantastiques, Les Contes de Beedle le Barde, et les textes publiés sur Pottermore, WizardingWorld.com puis HarryPotter.com, ainsi que la pièce Harry Potter et l'Enfant maudit, étendent cette chronologie en explorant des périodes antérieures ou postérieures aux événements principaux des romans[S 23]. Ces textes et adaptations introduisent de nouveaux personnages, tels que Norbert Dragonneau, Tina Goldstein ou Jacob Kowalski, et développent des éléments historiques et politiques du monde magique, tels que l’ascension de Grindelwald dans les années 1920 et 1930 ou la vie des sorciers après la chute de Voldemort[S 25]. Les romans et les textes complémentaires validés par l'auteure permettent de restituer la chronologie complète de son univers[S 23].

Périodes principales

Contexte externe à l'œuvre

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John Major (à droite) et Bill Clinton en 1995.

J. K. Rowling aurait conçu les premières lignes de la saga lors d’un trajet en train entre Manchester et Londres, en , moment qu’elle décrit comme une « révélation soudaine »[S 31]. En dehors des premiers chapitres rédigés par Rowling pendant son séjour au Portugal, la plus grande partie de l'univers est imaginée à Édimbourg, en Écosse, entre [S 31],[S 32] et 1995[S 33],[S 32], alors qu'elle vit d'allocations[S 33]. Le Royaume-Uni est alors sous le mandat de John Major et le Parti conservateur « essouflé » qu'il dirige après avoir succédé à Margaret Thatcher[S 34]. Thatcher défendait une société fondée sur la famille, les valeurs victoriennes et la modernisation du patronat et de l'industrie jusqu'en 1990, tandis que la politique de Major s'avère portée avant tout sur la nostalgie du passé, sans projet de modernisation[S 34]. Le gouvernement passéiste de Major ne rencontre que peu d'échos auprès de la population qui est lassée politiquement[S 35]. Dans son livre L'Irrésistible ascension d'Harry Potter paru en 2003, Andrew Blake estime que dans ce contexte politique, Harry Potter fait figure d'univers « rétrolutionnaire »[Note 1], et que sa renommée internationale peut s'expliquer en partie par cet aspect[S 37]. L'univers fait écho à une Angleterre en quête de symboles, qui est tiraillée entre son passé et son avenir[S 38]. Ce contexte social et politique influence la conception d’un univers où la tradition et la modernité se confrontent, et où la société magique reflète les tensions du Royaume-Uni contemporain[S 39],[S 40],[S 41],[S 42].

À la fin du XXe siècle, le Royaume-Uni est engagé dans un processus de redéfinition de son identité post-impériale, qui est marqué par la remise en question de son rôle international et par des débats internes sur la diversité culturelle et la cohésion nationale[S 43],[S 44]. Plusieurs chercheurs ont souligné que cet héritage transparaît dans l’univers de Harry Potter, notamment à travers la manière dont le monde magique gère ses propres minorités (créatures, populations marginalisées) et ses hiérarchies internes (comme la pureté du sang)[S 45],[S 46]. L’organisation du ministère de la Magie, ses pratiques de contrôle, ainsi que les tensions entre les différents groupes sociaux ou culturels rappellent les interrogations britanniques des années 1990 concernant l’autorité, la place des traditions héritées de l'Empire britannique et la capacité du pays à se projeter vers l’avenir[S 47],[S 48].

La vision du Royaume-Uni que présente J. K. Rowling est décrite du point de vue d'un jeune garçon orphelin des années 1990, issu d'une famille plutôt aisée, qui a grandi sans amour dans un monde ordinaire dépourvu de magie (monde moldu) avant d'évoluer et de vivre son adolescence dans une institution britannique du monde magique, où de nombreux enfants et adultes issus de divers milieux s'attachent à lui et l'accompagnent dans ses aventures. Les deux mondes ne sont pas strictement indépendants et communiquent par des lieux intermédiaires[S 49]. Selon Benoît Virole (auteur de L'Enchantement Harry Potter), le monde imaginaire présenté par Rowling (organisé, structuré et porteur de valeurs) comporte des familiarités, des ressemblances avec le monde ordinaire, et l'auteure joue avec ce contraste constant entre proximité et éloignement des aspects d'une vie ordinaire[S 50].

Selon Blake, Poudlard représente l'Angleterre contemporaine multiculturelle[S 38]. Ainsi, il existe bien une hiérarchie de classes, une atmosphère passéiste semblable à celles des œuvres écrites entre le milieu du XIXe siècle et celui du XXe siècle[S 51], une société patriarcale où le pouvoir est exercé par des hommes et transmis à d'autres hommes[S 52], mais l'intrigue n'est pas dirigée à la manière des romans victoriens ou des aventures d'écoliers des années 1920[S 38]. La communauté n'est pas figée et les capacités et les activités de chacun des membres de cette communauté la font évoluer[S 38]. Selon Blake, les romans évoquent l’enfance, l'âge adulte, la famille, le rapport entre éducation et travail, entre bien et mal et entre responsabilité personnelle et collective, dans un aspect extérieur qui semble familier aux lecteurs (avec un schéma d'initiation héroïque commun à la majorité des cultures) mais où s'affirment de nombreux aspects contemporains[S 53]. L'univers de Harry Potter évoque « le passé dans le présent », en s'appuyant à la fois sur les formes littéraires archaïques et sur les inquiétudes et les détails de la vie quotidienne des années 1990[S 54],[S 51].

Personnages

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Cosplay de Harry Potter, Hermione Granger (à gauche) et Ginny Weasley (à droite).

L'univers met en scène des personnages récurrents appartenant à plusieurs générations du monde sorcier. Les personnages principaux sont Harry Potter, Hermione Granger et Ron Weasley, élèves de l'école de sorcellerie de Poudlard, dont l'évolution accompagne l'intrigue centrale des sept romans[S 55],[13]. Des figures majeures comme Albus Dumbledore, directeur de Poudlard ; l'ambigu professeur Rogue ou Lord Voldemort, principal antagoniste de la série, jouent un rôle déterminant dans le déroulement de l'histoire[14]. Les personnages secondaires incluent des membres du corps enseignant, des élèves, des familles de sorciers et des représentants des institutions magiques, qui reflètent la diversité sociale et générationnelle du monde sorcier[S 56].

Certaines analyses interrogent la représentation des modèles familiaux et des rapports de genre dans Harry Potter. L'amour maternel et la protection parentale y sont particulièrement valorisés, parfois rapprochés d'une sensibilité d'inspiration chrétienne, bien que les références religieuses explicites restent rares avant le dernier tome[S 57]. Andrew Blake observe que, malgré la présence de personnages féminins actifs, les figures d’autorité et de pouvoir demeurent majoritairement masculines[S 52]. Certains personnages féminins peuvent incarner des stéréotypes émotionnels, tandis que l'héroïsme de Harry Potter se construit progressivement autour d'une responsabilité individuelle croissante[S 58],[S 59]. Hermione Granger illustre l'excellence scolaire et le travail intellectuel, mais selon Blake, les figures masculines conservent la position centrale dans l'exercice du pouvoir symbolique[S 58],[S 60].

Aspects géographiques

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L’univers de J. K. Rowling s’ancre profondément dans la géographie du Royaume-Uni, reflétant la topographie, les traditions et les contrastes sociaux de la société britannique contemporaine[S 61],[S 62].

Cadre général

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Les endroits où vivent les personnages, et ceux qu'ils fréquentent très régulièrement, comme le château de Poudlard en Écosse, permettent d'établir une topographie assez précise de l'univers[S 63], bien que Rowling ne s'attarde que très peu sur la description des paysages et des décors, privilégiant la succession rapide des actions, des dialogues et des péripéties[S 64]. L'auteure se contente généralement d'une seule phrase descriptive et introductive pour présenter un nouvel environnement, esquissant simplement les contours du contexte dans lequel l'action se situe afin de ne pas ralentir le rythme de son récit[S 65],[S 66].

Paysage du Wiltshire, dans lequel se situerait le manoir des Malefoy dans l'histoire.

Les lieux d'intrigues sont assez restreints et stables[S 67], ne sortant pas de l'île du Royaume-Uni. L'action se situe le plus souvent entre les Highlands de l'Écosse[15] et quelques comtés et régions du sud de l’Angleterre où se situent les villages de résidence (Surrey[S 68], Wiltshire[S 69], West Country[S 70],[R 1]). La plus importante ville est Londres, où se situent le ministère de la Magie, le chemin de Traverse, le square Grimmaurd et la gare de King's Cross.

D'autres lieux hors du Royaume-Uni sont simplement évoqués par les protagonistes, notamment des écoles de magie comme Beauxbâtons en France et Durmstrang en Europe de l'Est, ce qui démontre une volonté de montrer que la magie évoquée dans l'histoire ne se limite pas aux frontières du Royaume-Uni.

La gare de King's Cross, du monde moldu, est le lieu où se rendent les personnages à chaque rentrée scolaire.

Le monde ordinaire et le monde magique sont reliés par des lieux intermédiaires et des passages que les Moldus (les personnes sans pouvoirs magiques) ne peuvent pas voir[S 63],[R 2]. Des établissements réels du monde ordinaire figurent dans l'histoire, tout en possédant des caractéristiques magiques, à l'image de la gare de King's Cross, qui est une célèbre gare de Londres, mais dont la « Voie 9 ¾ » magique, située entre les voies 9 et 10, n'est accessible qu'aux sorciers[S 63]. Par ailleurs, des noms de régions et de villes réelles sont autant utilisés que des noms de lieux purement fictifs.

Harry Potter vit à la fois dans le monde des gens ordinaires et dans le monde des sorciers. Selon Benoît Virole, cette « bipartition de l'univers » présente un intérêt de mise en opposition catégorielle de deux systèmes de valeur et permet d'étudier leur différence[S 71]. Selon Andrew Blake, la géographie du monde magique fonctionne comme un miroir idéalisé de la société britannique : rurale, insulaire, marquée par l'héritage des classes et la nostalgie d'un ordre ancien[S 62].

Poudlard et le monde magique

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Poudlard est localisé dans les Highlands en Écosse.

L'action de la série Harry Potter se déroule essentiellement au sein de l'école de magie de Poudlard, et chaque roman équivaut à une année scolaire. Le château qui abrite l'école est situé dans les Highlands, en Écosse[15]. Dans une entrevue avec Lindsey Fraser en 2000, J. K. Rowling indique que Poudlard a été la première chose sur laquelle elle s'est concentrée le jour où elle a eu l'idée du personnage de Harry Potter[16]. Elle imaginait alors un endroit « dangereux où règne l'ordre », situé dans un endroit isolé, et elle choisit de le localiser en Écosse en hommage au lieu de mariage de ses parents Anne Volant et Peter Rowling[16]. Plusieurs sources d'inspiration possibles pour le bâtiment ont été évoquées, notamment le château de Glamis, le château d'Édimbourg (situé en face du café où Rowling prenait l'habitude de s'installer pour écrire), ou encore le pensionnat de Gordonstoun[S 72]. Mais aucune de ces inspirations possibles n'a été confirmée par l'auteure elle-même.

Le château de Glamis pourrait avoir inspiré J. K. Rowling pour Poudlard.

Rowling fait de Poudlard un château médiéval[17] figé dans le temps, à l'instar de certains pensionnats anglais[S 73],[S 74], et invisible des Moldus[S 75]. Les élèves sont répartis dès leur arrivée dans différentes maisons[R 3], selon le house system britannique. Ces maisons d'attribution portent respectivement le nom des quatre fondateurs de l'école : Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard, et requièrent pour chacune d'entre elles des qualités d'esprit spécifiques. Les élèves suivent des cours de magie, utilisent des plumes à l'ancienne[R 4] pour écrire sur des rouleaux de parchemins[R 5], approfondissent leurs connaissances en consultant principalement les livres anciens de la bibliothèque de l’école[R 6] et les lettres qu'ils écrivent sont encore cachetées de cire[R 7]. Toute technologie moderne de l'époque décrite (téléphones, ordinateurs, etc.), existante dans le monde moldu voisin et contemporain, demeure pour autant totalement absente au sein de cette institution magique où aucun objet de nature électronique ne peut fonctionner[18].

Le monde moldu : Privet Drive et la banlieue britannique

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C'est au numéro 4[R 8] de la rue Privet Drive[Note 2], à Little Whinging, dans le comté du Surrey, que réside la famille Dursley, composée de Vernon et Pétunia Dursley, et de leur fils Dudley. Il s'agit du premier lieu décrit dans l'histoire, situé dans le monde moldu (sans magie). Pétunia Dursley, sœur de Lily Potter, est le seul membre de la famille de Harry Potter encore vivant en 1981, et se trouve contrainte de recueillir son neveu à Privet Drive après la mort de ses parents[R 9]. La maison du numéro 4 est large et carrée, identique à toutes les autres maisons de la rue[19]. Sous l'escalier, un placard fait office de chambre pour Harry[R 10] jusqu'à ses onze ans.

Rue pavillonnaire de Winterbourne, près de Bristol, semblable à celle fréquentée par J. K. Rowling pendant son enfance.

Les Dursley sont les représentants de la classe moyenne d'Angleterre des années 1990, parfois considérée mesquine et fermée[S 76], que le jeune Harry Potter cherche à fuir[S 76]. Selon Andrew Blake, l'oncle et la tante de Harry seraient les représentants d'un courant culturellement conservateur et individualiste (l'Angleterre politique du centre), effrayés par les transformations sociales et politiques[S 77], ne s'intéressant généralement qu'à ceux qui sont en accord avec leurs intérêts personnels, et qui cherchent toujours à être rassurés[S 76]. J. K. Rowling les représente comme étant fermement ancrés dans la petite bourgeoisie pavillonnaire et très distinctement séparés du monde « sorcier » qu'elle imagine[20],[S 76]. L'auteure s'amuse à décrire l'univers des Dursley  des Moldus plus généralement  de manière si parodique qu'il en deviendrait irréel[S 78]. Elle inverse les rapports entre monde réel et imaginaire, en faisant percevoir le monde de Poudlard comme étant plus proche de la réalité que celui des Moldus, et où les rapports entre Bien et Mal deviennent plus complexes et moins caricaturaux[S 78],[20].

Le nom de la ville, « Little Whinging », sonne lui-même de manière appropriée, « whinging » signifiant familièrement « se plaindre » ou « pleurnicher » en anglais britannique. L'auteure s'inspire de son ancienne maison d'enfance de la banlieue de Winterbourne, près de Bristol (Gloucestershire), pour se représenter la maison des Dursley, et plus généralement la rigidité de la société de classe moyenne dans laquelle elle a grandi[20].

Londres, la ville passerelle

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Londres joue un rôle central dans l'univers, à la fois pour les intrigues et pour la cohérence de celui-ci, puisque la ville assure la fonction de point de jonction entre le monde moldu et le monde magique, tout en reflétant sa diversité sociale, économique et politique[S 63]. La gare de King's Cross, avec sa « voie 9¾ », constitue le lieu de départ des élèves vers Poudlard et symbolise le passage des jeunes sorciers vers leur éducation magique[21]. Le chemin de Traverse regroupe les boutiques et les services magiques principaux, comme Ollivander, Gringotts ou Fleury et Bott, et illustre l'organisation économique et sociale de la communauté magique, invisible pour les Moldus[S 79].

Le ministère de la Magie, situé sous Londres, représente l'autorité politique et administrative du monde sorcier et reflète la hiérarchie et la bureaucratie internes à la société magique[S 63]. D'autres lieux londoniens, comme le Square Grimmaurd ou le pub Le Chaudron Baveur, servent de points de contact pour les adultes sorciers, et de cadre pour plusieurs événements majeurs de la saga, notamment les organisations de batailles et missions[22].

L’Angleterre pittoresque : villages et manoirs

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De nombreux villages sorciers, comme Godric's Hollow ou Loutry Ste Chaspoule, sont localisés quelque part dans le West Country.
Les cottages traditionnels servent de lieux d'habitation pour les personnages secondaires.
Salle à manger du Terrier, maison familiale des Weasley, dans les films Harry Potter.

Les lieux de résidence des personnages sorciers sont généralement situés dans de petits villages rustiques du sud de l'Angleterre. Il s'agit souvent d'habitations ou de cottages conviviaux et chaleureux, comportant beaucoup d'éléments fabriqués de manière artisanale. C'est le cas du Terrier familial de la famille Weasley, où se réunissent les personnages principaux lors de certains événements estivaux, ou de la maison-atelier colorée des Lovegood[R 11], tous deux situés dans le petit village fictif de Loutry Ste Chaspoule (Ottery St. Catchpole), dans le comté du Devon[S 80].

Le village de Godric's Hollow, localisé dans une région venteuse du West Country[S 81], est visité par Harry Potter et Hermione Granger pendant l'hiver 1997, alors qu'il est recouvert de neige et décoré pour Noël, ce qui lui procure une allure de village de « carte postale »[R 12]. Il abrite l'ancien cottage où résidaient les parents de Harry avant leur mort[S 81]. La petite place du village, entouré par une église, un pub animé et quelques boutiques, comporte une statue représentant la famille Potter[R 13].

J. K. Rowling a souhaité créer un contraste fort entre les environnements familiaux des sorciers alliés, chaleureux et atypiques, et ceux plus austères et impersonnels des sorciers ennemis, comme le manoir des Malefoy, situé dans le Wiltshire[23],[S 69]. Le Terrier représente le refuge, la maison de famille par excellence, particulièrement animée, où l'amour que Mrs Weasley porte à Harry (qu'elle considère ouvertement comme son propre fils[R 14]) et la nourriture à la fois abondante, saine et réconfortante qu'elle lui offre sans restriction sont des détails marquants des romans[23].

Composantes du monde magique

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Les créatures magiques occupent une place importante dans l'univers de Harry Potter. J. K. Rowling s'inspire à la fois de figures issues de la mythologie antique, du folklore européen et britannique, ainsi que de créations originales relevant de la fantasy moderne. Certaines créatures sont reprises de traditions anciennes, parfois avec des modifications notables, tandis que d'autres constituent des inventions propres à l'univers de la saga.

« Certaines créatures se doivent de figurer dans Potter. Elles sont tellement connues qu'on s'attend à les trouver là, et j'ai joué avec jusqu'à un certain point[24]. »

 J. K. Rowling

Mythologie et folklore

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Plusieurs créatures présentes dans la série trouvent leurs origines dans la mythologie ou les légendes. Le basilic, serpent géant capable de tuer par le regard, tire son nom et son concept des anciennes traditions gréco-romaines, où le basiliskos petit roi ») était décrit comme un reptile mortel[25]. Dans la saga, la créature de la Chambre des secrets reprend cette caractéristique.

Phénix doré ornant le mausolée Goblet d'Alviella (Belgique).

De même, le phénix, oiseau mythique capable de renaître de ses cendres, est ancré dans les traditions mythologiques grecques et égyptiennes. Dans les romans, Fumseck, l'oiseau de Dumbledore, partage plusieurs traits de ce mythe, comme la régénération (sans les larmes curatives, ni le port de charges lourdes qui sont propres à l'oiseau de la saga)[S 82].

Les centaures, créatures mi-homme, mi-cheval, figurent aussi dans la mythologie grecque et sont réinterprétés dans la saga avec des caractéristiques sociales et culturelles propres à l'univers (don pour la divination, méfiance vis-à-vis des héros)[S 83]. Les elfes font partie du folklore européen depuis le Moyen Âge, bien que le terme « elfe de maison » ait été inventé par Rowling[S 83].

Influences littéraires et adaptations

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D'autres êtres relèvent d'adaptations ou de réinterprétations de créatures folkloriques européennes. L'hippogriffe, une créature hybride rencontrée dans les romans, avait déjà été imaginé dans la littérature médiévale comme un animal mi-aigle, mi-cheval[S 84].

Les géants, présents à plusieurs reprises dans la saga, s'inscrivent dans une longue tradition issue à la fois de la mythologie et de la littérature médiévale et moderne[S 85], où ils sont fréquemment représentés comme des figures marginales, brutales ou socialement exclues[S 86]. Dans Harry Potter, J. K. Rowling reprend ces caractéristiques en les intégrant à une réflexion sur la coexistence entre différentes espèces et sur les formes de discrimination au sein du monde magique[S 87].

Créations originales ou fantaisistes

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Certaines créatures apparaissent comme des inventions plus originales ou comme des adaptations libres d'éléments traditionnels. Par exemple, le détraqueur[S 83], le scroutt à pétard[S 83] ou d'autres espèces décrites dans les ouvrages complémentaires comme Vie et habitat des Animaux fantastiques n'ont pas d'équivalents directs dans les mythologies classiques et s'inscrivent davantage dans la tradition de la fantasy moderne.

Objets et artefacts

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Les balais volants présents dans l'intrigue sont empruntés au folklore.

Origines et inspirations

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Les objets magiques de l'univers de Harry Potter trouvent leur inspiration à la fois dans le folklore, la mythologie et les traditions alchimiques, mais également dans l'invention originale de J. K. Rowling. Les balais volants, par exemple, proviennent de récits européens de sorcières et de magie, tandis que la cape d'invisibilité s'inspire d'objets légendaires rendant invisible. D'autres artefacts, comme le retourneur de temps, évoquent des instruments mythiques ou alchimiques permettant de manipuler le temps et l'espace.

La baguette magique, qui peut être utilisée comme outil[R 15] ou comme arme[R 16], représente l'élément principal de l'usage de la magie : Rowling a inventé toutes ses propriétés, de la composition du cœur magique à la compatibilité avec le sorcier, faute de références historiques fiables[26]. Certaines baguettes sont célèbres, comme celle de Harry Potter (avec un cœur de plume de phénix) ou celle de Lord Voldemort (avec un cœur de plume du même phénix), ce qui illustre le lien intime entre un sorcier et son instrument.

Rôles narratifs

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Certains objets, comme le Choixpeau, ajoutent une dimension psychologique au récit.

Ces objets remplissent des fonctions variées dans l'intrigue. Certains sont utilitaires, facilitant la vie quotidienne et l'apprentissage de la magie, comme les balais de course ou les instruments d'études. D'autres possèdent une forte valeur symbolique et conditionnent le déroulement de l'histoire, à l'image des Horcruxes, qui représentent la corruption et la peur, ou des Reliques de la Mort qui incarnent la mort et la quête de pouvoir absolu[S 88].

Certains artefacts ont également un rôle pédagogique ou narratif : le Choixpeau magique répartit les élèves dans les maisons de Poudlard en fonction de leur personnalité et de leurs aptitudes, tandis que le miroir du riséd révèle les désirs les plus profonds de ceux qui le contemplent, ajoutant une dimension psychologique. Des objets moins centraux, comme la pensine, permettent aux personnages de revoir des souvenirs et d'explorer d'autres éléments narratifs, et les portraits de peinture animés permettent de discuter avec les sorciers et sorcières qu'ils représentent. De manière générale, l'interaction entre l'objet et son utilisateur est souvent mise en évidence et certains objets réagissent à la moralité, à l'intention ou à la compétence du sorcier.

Encadrement et usages

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L'usage des objets magiques dans le monde des sorciers est strictement réglementé. Les artefacts dangereux ou sensibles, comme les Horcruxes ou certains philtres puissants, sont interdits aux élèves. Le ministère de la Magie et les règlements internes de Poudlard définissent les limites à respecter pour prévenir les accidents et abus. Certains objets, bien que puissants, ne peuvent être utilisés que par des sorciers expérimentés ou dans des contextes précis, ce qui ajoute une dimension éthique à leur utilisation[S 89]. Par exemple, Harry choisit de ne jamais utiliser les Horcruxes, ni de profiter d'artefacts puissants pour son avantage personnel[R 17], illustrant le fait que certains objets, notamment ceux à fort potentiel de corruption, ne doivent pas être manipulés sans discernement.

Portrait de Nicholas Culpeper et l'une des planches de son herbier, à droite, qui servit d'inspiration à J. K. Rowling.

Dans les romans liés à l'univers de Harry Potter, de nombreuses plantes magiques imaginaires sont mentionnées. J. K. Rowling reprend des noms anciens qu'elle transforme légèrement, et puise son inspiration dans l'herbier de Culpeper, édité au XVIIe siècle, dont elle reprend l'approche descriptive et symbolique des plantes[24] : « Ce n'est pas seulement pour les propriétés des plantes, mais pour tout ce qui est écrit sur ces plantes : les observations [physiques et sensorielles], les liens avec les mouvements planétaires, etc. C'est tellement poétique… Même si je n'ai pas vraiment utilisé ce qui est écrit, ça m'a beaucoup inspirée[24]. »

Héritages de la sorcellerie traditionnelle

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Une Mandragore matérialisée pour le deuxième film (studios Harry Potter).

Certaines plantes du monde magique sont directement issues de la sorcellerie et de l'herboristerie traditionnelles. La mandragore ((en) mandrake ou mandragora) en constitue l’exemple le plus emblématique. Connue depuis l'Antiquité pour ses propriétés magiques et médicinales, elle est représentée dans la saga sous la forme d'une racine anthropomorphe au cri dangereux. Dans Harry Potter, la plante a d'immenses propriétés magiques, et notamment celle de redonner vie à ceux qui ont été pétrifiés par la vue indirecte du regard du Basilic[R 18]. Le cri des jeunes plants peut provoquer un évanouissement, tandis que celui d’une mandragore adulte est mortel pour quiconque ne se protège pas[R 19].

De nombreuses plantes réelles, déjà associées dans la tradition européenne à des vertus magiques ou médicinales  au moins supposées mais pas toujours prouvées , apparaissent également dans la saga, notamment dans les recettes de potions. C’est le cas de l’aconit napel[R 20], de l’aconit tue-loup[R 20], de l’armoise[R 20], de l’asphodèle[R 20], de l’achillée, du dictame, de la mauve douce, de la sauge ou encore de la livèche. Leur présence contribue à associer la botanique magique à un héritage culturel mêlant les savoirs médicinaux traditionnels et les croyances populaires autour de la sorcellerie.

Adaptations et jeux linguistiques

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D'autres plantes relèvent de réinterprétations originales, souvent accompagnées de jeux linguistiques. La branchiflore ((en) gillyweed) est une plante permettant à celui qui la mâche de développer des branchies ainsi que des mains et des pieds palmés, facilitant la respiration et la nage sous l'eau. Elle est utilisée par Harry Potter lors de la deuxième épreuve du Tournoi des Trois Sorciers dans La Coupe de feu[R 21]. Son nom anglais associe le terme gillyflower (giroflée) à gills branchies »).

En anglais, whomping willow saule cogneur ») est très proche phonétiquement de weeping willow saule pleureur »).

Le saule cogneur ((en) whomping willow), arbre magique planté dans le parc de Poudlard, constitue un autre exemple de cette créativité lexicale. Doté d’un comportement agressif, il dissimule l'accès à un passage secret menant à la Cabane hurlante[R 22]. En anglais, l'expression whomping willow évoque phonétiquement weeping willow saule pleureur »), et illustre les jeux de mots fréquemment présents dans l'écriture de Rowling.

Plantes fictives et botanique originale

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L'univers de Harry Potter introduit de nombreuses plantes entièrement fictives, sans équivalent direct dans les traditions botaniques.

Le Mimbulus mimbletonia, plante rare originaire d'Assyrie, se distingue par son aspect pulsatile et son liquide malodorant[R 23]. Le snargalouf ((en) Snargaluff) est une plante carnivore aux racines agressives[R 24], tandis que la tentacula vénéneuse ((en) Venomous tentacula) est dotée de tentacules toxiques[R 19]. Le bubobulb ((en) Bubotuber) produit quant à lui une substance utilisée pour soigner certaines affections cutanées[R 25].

L'utilisation de ces plantes dans l'enseignement de la botanique, les soins et les potions contribue à structurer l'univers autour d'un ensemble de références empruntant à la fois aux traditions culturelles et à la fantasy.

Potions et pratiques alchimiques

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Quelques ingrédients.
Planche botanique de la belladone, l'un des ingrédients des potions.

Les potions sont préparées à la manière de recettes de cuisine, à partir de différents ingrédients qui peuvent être d'origine végétale, animale ou minérale[S 90]. Les personnages utilisent aussi bien des ingrédients pharmaceutiques communs, comme les algues ou la menthe poivrée, que des plantes réelles toxiques telles que la belladone, la digitale ou l'aconit tue-loup, ainsi que des substances proprement magiques, comme le foie de dragon, les œufs de serpencendre ou la corne de licorne[S 90].

Certains ingrédients sont incorporés entiers dans un chaudron, tandis que d'autres subissent une transformation préalable — découpe, écrasement ou macération — afin que seuls des extraits soient utilisés, à la manière des principes actifs extraits en chimie ou en médecine traditionnelle[S 90]. Les préparations sont ensuite mélangées dans des chaudrons, parfois selon un sens et un rythme de rotation précis[S 90]. Il en résulte un liquide aux propriétés magiques, susceptible de produire des effets thérapeutiques, physiologiques ou psychologiques temporaires chez la personne qui le consomme.

Le chaudron est l'ustensile de base pour la préparation des potions.

Les potions les plus emblématiques de la série jouent un rôle narratif important. Le Polynectar ((en) Polyjuice Potion) permet de prendre temporairement l'apparence physique d'une autre personne[R 26],[R 27], au prix d'une préparation longue et délicate. La potion Tue-loup ((en) Wolfsbane Potion[27]) permet quant à elle aux loups-garous de conserver le contrôle de leurs actes pendant leur transformation, sans toutefois empêcher celle-ci[R 28]. Le Felix Felicis, surnommé « chance liquide », confère temporairement à son utilisateur une réussite exceptionnelle dans ses entreprises, au point d’être parfois comparé à des stimulants puissants[S 91].

Les potions occupent également une place centrale dans les pratiques de soins. À l'infirmerie de Poudlard, l'infirmière Madame Pomfresh prépare divers remèdes, tels que le Poussoss[R 26], qui permet de faire repousser les os, ou la Pimentine, utilisée contre le rhume mais provoquant un dégagement de fumée aux oreilles comme effet secondaire[R 29]. L'essence de dictame est également mentionnée comme un puissant cicatrisant magique, notamment par Hermione Granger et Severus Rogue[S 91].

Certaines potions agissent principalement sur les émotions et le comportement. Les philtres d'amour, dont le plus célèbre est l'Amortentia, reconnaissable à son aspect nacré, provoquent une attraction intense sans créer de sentiments authentiques[R 30]. D'autres préparations, comme les potions de vieillissement, sont utilisées à des fins transgressives, par exemple par Fred et George Weasley et Lee Jordan afin de contourner la limite d'âge imposée lors du Tournoi des Trois Sorciers[R 31]. Le Veritaserum, un sérum de vérité, est enfin évoqué à plusieurs reprises comme un outil de contrainte, bien que son usage soit strictement encadré et limité.

Médecine magique

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La Divinity School de l'université d'Oxford a servi de décor pour l'infirmerie de Poudlard dans les films.

Le système de santé des sorciers s'apparente à celui du National Health Service britannique, avec des structures publiques, peu de praticiens et des temps de consultation relativement courts[S 91]. À Poudlard, l'infirmière Madame Pomfresh gère l'équivalent d'un centre médical et prend en charge la majorité des pathologies « légères » des élèves, comme les rhumes, les grippes, les blessures mineures ou les fractures. Elle prépare des remèdes et potions adaptées à ces soins, jouant davantage le rôle d'un médecin généraliste que d'une simple infirmière scolaire.

Pour les maladies plus graves ou les blessures nécessitant des soins spécialisés, les sorciers peuvent se rendre à l'Hôpital Sainte Mangouste à Londres, un établissement public géré par le ministère de la Magie et financé en partie par des dons privés[S 91]. L'hôpital dispose de « médicomages », praticiens formés à la fois à la médecine magique et aux soins classiques, capables de traiter des affections allant de blessures graves à des maladies rares du monde magique.

Les maladies spécifiques aux sorciers sont souvent contagieuses ou magiques, comme la dragoncelle (comparée à la varicelle), l'éclabouille (qui provoque des pustules sur le visage) ou encore la lycanthropie[S 91]. Les sorciers montrent globalement une résistance accrue et une espérance de vie supérieure à celle des Moldus[S 91]. En revanche, la saga n'évoque pas de maladies chroniques ou liées à la sexualité (contraception, menstruations) et se concentre plutôt sur des affections aiguës ou les conséquences de la magie, notamment psychologiques : par exemple, les effets traumatisants du sortilège de torture ou du contact avec un détraqueur[S 91].

Au sein de ce système de soins, la magie permet d'accélérer la guérison, de soulager la douleur ou de restaurer des tissus, mais elle ne remplace pas totalement les interventions médicales spécialisées et les soins hospitaliers. Les potions médicinales, préparées par les guérisseurs et les infirmières comme Madame Pomfresh, complètent ainsi les traitements et permettent une prise en charge des élèves et sorciers malades[S 91].

Sortilèges et formes de magie

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Magie technique et institutionnelle

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La pratique de la magie dans l'univers de Harry Potter repose sur un ensemble de règles et de techniques enseignées dès la première année à Poudlard. La forme la plus courante de magie consiste à associer trois éléments : une formule verbale, un mouvement de baguette et une intention. L'approche confère à la magie un caractère technique et progressif, qui s'acquiert par l'apprentissage et l'entraînement.

À un niveau plus avancé, certains sorciers sont capables de pratiquer des sortilèges dits « informulés », sans prononcer l'incantation à voix haute. Cette maîtrise, enseignée à partir de la sixième année au niveau ASPIC, constitue un avantage notable lors des duels[R 30]. L'usage de la magie est cependant soumis à un encadrement juridique strict : trois sortilèges, qualifiés d'« impardonnables », sont formellement interdits par les lois de la sorcellerie en raison de leurs effets destructeurs. Il s'agit du sortilège de mort (Avada Kedavra), du sortilège de torture (Doloris) et du sortilège de contrôle mental (Imperium), dont l'usage entraîne de lourdes sanctions[R 32].

Sur le plan linguistique et culturel, la majorité des sortilèges présentent une consonance latine[S 16]. Blandine Le Callet a mis en évidence l'importance des références à l'Antiquité gréco-romaine dans la construction de cet ensemble magique, ainsi que la cohérence avec laquelle J. K. Rowling intègre ces éléments à son univers narratif[S 16],[S 20].

Capacités spécifiques

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Représentation possible de la forme animagus de Sirius Black (dit « Patmol »).

En plus de la magie enseignée, certains sorciers possèdent des capacités magiques spécifiques, innées ou acquises, qui les distinguent de la pratique ordinaire. Les Animagi (au singulier : Animagus) sont capables de se transformer volontairement en animal, sans baguette et à volonté[R 33]. Cette aptitude est strictement réglementée par le ministère de la Magie[R 21] : seuls sept Animagi sont officiellement déclarés au Royaume-Uni au XXe siècle[R 34], bien que plusieurs sorciers, comme Sirius Black, Peter Pettigrow, James Potter ou Rita Skeeter, exercent cette capacité illégalement.

D'autres aptitudes relèvent de dispositions innées. Les Métamorphomages, comme Nymphadora Tonks, peuvent modifier spontanément leur apparence physique sans recourir à un sortilège ou à une potion[R 35],[R 36]. Les Fourchelangs (Parseltongue en anglais) possèdent quant à eux la faculté de communiquer avec les serpents ; ce don, généralement héréditaire, est associé dans l'histoire à Salazar Serpentard et à ses descendants, dont la famille Gaunt[R 37].

Certaines formes de magie concernent directement l'esprit et la perception. La legilimancie permet d'extraire souvenirs et émotions de l'esprit d'autrui, généralement par un contact visuel[R 38], tandis que l'occlumancie vise au contraire à protéger son esprit contre toute intrusion mentale[R 38]. Ces disciplines sont pratiquées notamment par Severus Rogue[R 18], Albus Dumbledore[R 39] ou Voldemort[R 38].

Une fois par mois, pendant la pleine lune, les lycanthropes comme Remus Lupin se transforment en loup-garou.

Certaines pratiques magiques ont des conséquences profondes et durables sur l'identité des sorciers. La lycanthropie, transmise par morsure, entraîne une transformation incontrôlée lors de la pleine lune et une forte marginalisation sociale[R 40]. Des potions comme le Tue-loup permettent néanmoins à certains, tels que Remus Lupin, de conserver une conscience de leurs actes[R 34].

À l'inverse, le sortilège du Patronus constitue une forme de magie protectrice fondée sur des émotions positives telles que l'espoir ou la joie[R 41]. Il se manifeste sous la forme d'un animal argenté propre à chaque sorcier[R 42] et sert notamment à repousser les détraqueurs. Cette magie émotionnelle montre une autre facette des pratiques magiques, dans laquelle la maîtrise de soi et de ses affects est déterminante.

L'administration magique et ses institutions

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La magie et ses limites

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Avant la publication du premier roman, J.K. Rowling a consacré plusieurs années à définir les règles et limites de la magie. Elle a déclaré en 2000 : « Le plus important quand on crée un monde fantastique est de décider ce que les personnages ne peuvent pas faire[28] ».

Régulation et contrôle

Le monde magique met en place des règles et institutions pour encadrer l'usage de la magie. Le ministère de la Magie surveille et sanctionne les usages illégaux, notamment l'emploi de sorts sur les Moldus ou la pratique de la magie noire. Il a la possibilité d'enquêter, d'avertir ou de punir selon la gravité de certains faits. Des départements spécialisés, tels que le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, veillent au respect de ces lois.

Les jeunes sorciers (mineurs) sont également soumis à des restrictions, comme celles contenues dans le « décret sur la Restriction de la magie chez les sorciers de premier cycle »[R 43]. Chez ces jeunes sorciers, les émotions influencent souvent la magie. Ceux qui n'ont pas encore appris à maîtriser leurs pouvoirs peuvent provoquer des effets magiques involontaires sous l'effet de la colère ou de la peur[R 44]. L'éducation, notamment à Poudlard, permet de canaliser ces capacités et de respecter les limites établies par le monde magique.

Exceptions aux lois de Gamp sur la métamorphose élémentaire

Les exceptions aux lois de Gamp désignent ce qui ne peut pas être créé par la magie à partir de rien[R 45]. Les « exceptions » identifiées sont notamment :

  • Vie : il est impossible de ressusciter les morts. Les cadavres peuvent toutefois être transformés en inferi, obéissant aux sorciers vivants, et il est possible de faire apparaître les « ombres » des défunts via Priori Incantatum[R 47]. La pierre de résurrection permet de communiquer avec les morts sans leur redonner une consistance corporelle[R 48] ;
  • Argent : sa création perturberait le système économique du monde magique (selon Rowling[28]) ;

Certains objets mystiques peuvent contourner certaines limites, comme la pierre philosophale pour transformer le métal en or, ou les horcruxes et reliques de la Mort pour prolonger la vie.

Magie noire

La magie noire est définie comme l'usage malveillant de la magie. Les sorciers qui la pratiquent sont désignés comme mages noirs, le plus célèbre étant Voldemort. Dans le monde magique, la magie noire est fortement stigmatisée et illégale. Néanmoins, elle est suffisamment répandue pour que l'enseignement de la défense contre les forces du Mal soit dispensé dans de nombreuses écoles[R 2].

Statuts sociaux

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Le pouvoir magique, ou son absence, constitue dans l'univers de Harry Potter un attribut inné déterminant le statut social des individus. Selon des précisions apportées par J. K. Rowling, la capacité magique est héréditaire[29].

Dans les couples de sorciers, l'enfant naît généralement pourvu de pouvoirs magiques, tandis que dans les couples moldus, il en est dépourvu. Il existe toutefois des exceptions : les enfants nés de parents sorciers mais incapables de pratiquer la magie, appelés cracmols[R 18], et les sorciers issus de parents moldus, dits « nés-Moldus »[R 49].

Ces distinctions constituent un système hiérarchique qui structure la société magique et influence les représentations sociales, les alliances et l'accès au pouvoir politique.

Statuts des sorciers

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Un sorcier dit « sang-mêlé » (half-blood) possède au moins un ancêtre moldu. La majorité des sorciers présentés dans la saga appartiennent à cette catégorie, dont Harry Potter et Voldemort[R 39].

Un sorcier « né-Moldu » (muggle-born) est issu de parents moldus. Cette filiation est parfois désignée par l'insulte « sang-de-bourbe » (mudblood)[R 49], révélatrice d'une conception de la magie fondée sur la « pureté » du sang. Sous le régime de Voldemort, les nés-Moldus sont fichés et accusés d'avoir « volé » la magie[R 50],[R 51], illustrant la dimension politique et discriminatoire de ces catégories.

Un sorcier dit « sang-pur » (pure-blood) ne compte que des sorciers parmi ses ancêtres. Ces familles, rares et souvent apparentées[R 52], valorisent la préservation de la « pureté du sang »[R 53]. Certaines, comme la famille Gaunt, ont eu recours à la consanguinité[R 53]. La défense du sang-pur constitue un élément central de l'idéologie de Voldemort et de ses Mangemorts[R 39]. Toutefois, Rowling a indiqué qu'aucune famille intégralement sang-pur ne subsistait à l'époque du récit[30].

Le terme péjoratif de « traître à son sang » (blood-traitor en anglais) est quelque fois employé dans l'histoire par des personnes peu recommandables (telles que Kreattur, l'elfe serviteur de la famille Black)[R 52], pour désigner une personne ou une famille de sang-pur qui se rapprocherait trop des Moldus à leur goût, ou qui, surtout dans le septième livre, ne voudraient pas se joindre à lord Voldemort. Dans le Royaume-Uni, les Weasley sont considérés par ces mêmes personnes comme la pire famille de « traîtres à leur sang », étant particulièrement fière de ses liens ancestraux avec de nombreux Moldus illustres[31].

Autres statuts

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Le terme « Moldu » (muggle) désigne un humain dépourvu de pouvoirs magiques[R 44]. La société magique vit dissimulée au sein du monde moldu, le ministère de la Magie veillant au respect du secret par des lois de protection et des sortilèges d’amnésie. Si de nombreux sorciers entretiennent des relations bienveillantes avec les Moldus, certains courants idéologiques les considèrent comme inférieurs, allant jusqu’à proposer leur exclusion ou leur persécution[R 54].

Un « Cracmol » (squib) est un individu né dans une famille de sorciers mais dépourvu de capacités magiques[R 18]. Arabella Figg[R 43] et Argus Rusard[R 18] sont des Cracmols. Bien qu'intégrés au monde magique, les Cracmols occupent une position marginale au sein de cette hiérarchie[32].

Gouvernement et relations entre communautés

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Le pouvoir sur le monde des sorciers est exercé par un ministère de la Magie. Le seul décrit par J. K. Rowling dans Harry Potter est celui du Royaume-Uni, situé à Londres. Le ministre de la Magie est élu et peut être remplacé en cas de perte de confiance. Il dirige l'administration magique, qui comprend notamment le Magenmagot (Wizengamot), faisant office de haute cour de justice et d'organe législatif[S 92].

Les relations politiques entre le monde magique et celui des Moldus sont réduites au strict minimum. En Angleterre, le ministre de la Magie se présente au Premier ministre moldu lors de son entrée en fonction. Ce dernier fait partie des rares Moldus informés de l'existence des sorciers. Cette rencontre est généralement unique et ne confère au Premier ministre aucun pouvoir sur les affaires magiques. Toutefois, lorsque des Moldus sont menacés  comme lors de l'évasion de mangemorts d'Azkaban[R 55] ou du retour de Voldemort[R 56]  le ministre de la Magie doit en informer le Premier ministre.

Tous les gouvernements magiques sont réunis au sein de la Confédération internationale des mages et sorciers, chargée notamment de faire respecter le Code international du secret magique.

Les romans ne précisent pas dans quelle mesure les conflits entre gouvernements moldus (guerres mondiales, guerre froide) influencent les autorités magiques. Cependant, J. K. Rowling a indiqué que l'ascension du mage noir Gellert Grindelwald et sa défaite par Dumbledore en 1945 sont liées à celle du Troisième Reich[33].

Économie et classes sociales

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Monnaie et documents en circulation à la banque Gringotts. The Making of Harry Potter, Studios Leavesden (2012).

L'économie du monde des sorciers repose sur une monnaie propre, composée de gallions (galleon en anglais)  un gallion équivalant approximativement à cinq livres sterling selon J. K. Rowling[S 93] , de mornilles (sickle) et de noises (knut). Ces pièces, respectivement en or, en argent et en bronze, sont décrites comme étant fabriquées à partir de métaux ensorcelés[S 93],[R 57]. Les fonds sont conservés principalement à la banque Gringotts, située sur le chemin de Traverse à Londres et dirigée par des gobelins. Les coffres qu'elle abrite peuvent contenir aussi bien des liquidités que des objets de valeur[R 57]. Les échanges commerciaux s'effectuent dans des lieux spécialisés tels que le chemin de Traverse, où se concentrent libraires, apothicaires, fabricants de baguettes et autres artisans. Une part importante de la population magique semble également employée par le ministère de la Magie, qui constitue l'institution administrative centrale.

Les romans suggèrent l'existence de différentes classes sociales. Certaines familles anciennes de sang-pur, comme les Malefoy ou les Black, disposent d'un patrimoine considérable et d'une influence politique notable. À l'inverse, d'autres familles, telles que les Weasley, connaissent des difficultés financières malgré leur ancienneté dans la communauté magique. La hiérarchie sociale est également influencée par le statut du sang (sang-pur, sang-mêlé ou né-moldu), qui constitue un facteur de discrimination dans certains milieux, notamment parmi les partisans de Voldemort. Cette idéologie, qui valorise la pureté du sang, contribue à renforcer les clivages internes au monde magique. L'existence d'êtres non humains occupant des positions subalternes — tels que les elfes de maison, soumis à un régime de servitude, ou les gobelins, cantonnés à certaines fonctions économiques — suggère une organisation sociale hiérarchisée, sans que les romans ne décrivent pour autant un système de classes formellement structuré.

Salle de cours de potions (The Making of Harry Potter).

Le collège de Poudlard constitue l'unique établissement d'enseignement magique britannique décrit dans la série et son système éducatif est le seul à être présenté de manière détaillée.

Aucune information n'est donnée sur l'éducation des enfants sorciers avant leur entrée à Poudlard. J. K. Rowling a toutefois précisé en interview qu'ils pouvaient fréquenter une école primaire ordinaire ou être instruits à domicile[S 94]. Aucun texte ne mentionne d'obligation scolaire dans le monde magique britannique : les familles peuvent choisir l'instruction à domicile, l'inscription à Poudlard ou l'envoi dans des établissements étrangers tels que l'Académie de magie de Beauxbâtons ou l'Institut de Durmstrang[R 50].

Poudlard est une école mixte, contrairement à de nombreux internats décrits dans la littérature britannique pour la jeunesse[S 58]. Bien que l'uniforme scolaire soit largement répandu au Royaume-Uni, les élèves de Poudlard ne portent pas d'uniforme strict[34]. Ils sont décrits comme vêtus de robes de sorcier noires, d'un chapeau pointu noir et d'une cape d'hiver noire, notamment en première année[R 57]. Les élèves sont répartis entre quatre maisons lors de la cérémonie de répartition, au cours de laquelle le choixpeau magique attribue chaque élève à une maison en fonction de ses traits de personnalité[S 95]. Un système de points attribués aux maisons structure la vie scolaire[S 96].

Par son organisation, l'établissement présente des caractéristiques proches d'un collège britannique contemporain[S 96] : règlement intérieur[S 97], direction assistée d'un adjoint[S 96], supervision par un conseil lié au ministère de la Magie[S 97], emplois du temps fixes et examens standardisés (les BUSE et ASPIC)[S 96]. Des punitions sous forme de retenues ou de devoirs supplémentaires peuvent être infligées[S 96]. À la place des disciplines générales comme les langues ou les mathématiques, les élèves suivent des cours de sortilèges, de potions, de métamorphose, d'histoire de la magie et de défense contre les forces du Mal, dispensés par des sorciers qualifiés. Selon Smadja, l'enseignement de la magie est présenté comme dépourvu d'ésotérisme ou de pratiques occultes, dans un cadre rationalisé et pédagogique[S 96],[S 97]. Les scènes de classe reprennent les codes de l'enseignement contemporain, avec des relations variées entre élèves et professeurs[S 95].

Les élèves diplômés sont généralement en mesure d'exercer un emploi à l'issue de leur scolarité. Il n'existe pas d'enseignement supérieur structuré comparable à une université magique. Certaines professions, telles qu'Auror ou Médicomage, nécessitent toutefois des formations complémentaires spécialisées[R 35].

Organisations, groupes et réseaux

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Le monde magique est structuré par divers groupes organisés, souvent formés en réponse aux tensions politiques et aux conflits liés à l'ascension de Lord Voldemort. Ces organisations, souvent clandestines ou secrètes, se constituent généralement en marge des institutions officielles du ministère de la Magie.

Les mangemorts forment l'organisation fondée par Voldemort afin de promouvoir une idéologie fondée sur la suprématie du « sang pur » et d'imposer son autorité sur la communauté magique. Recrutés parmi des sorciers partageant les mêmes convictions, ils agissent principalement dans la clandestinité et recourent à la violence et à l'intimidation pour parvenir à leurs fins.

L'Ordre du Phénix tire son nom de la créature mythologique.

En opposition, Albus Dumbledore fonde l'Ordre du Phénix, société secrète réunissant sorciers et sorcières déterminés à lutter contre Voldemort. Son quartier général se trouve dans la maison de Sirius Black, au 12, square Grimmaurd à Londres[R 58]. L'Ordre existe déjà avant la chute de Voldemort, mais ses membres se réunissent à nouveau à partir du jour où Voldemort reprend forme humaine, à la fin du tome 4[R 59]. Les membres de l'Ordre sont des personnages récurrents dans les différents livres : la moitié de la famille Weasley en fait partie, certains membres du corps enseignant de Poudlard, et certains Aurors. Durant la cinquième année de Harry Potter à Poudlard, l'Ordre doit faire face à Voldemort, mais aussi au ministère de la Magie[R 60], qui nie le retour du mage noir et se méfie de Dumbledore.

L'Armée de Dumbledore (formée à l'insu du directeur Albus Dumbledore, dont elle porte le nom), est une organisation comptant uniquement des adolescents de Poudlard souhaitant s'entraîner à manipuler les sortilèges de défense contre les forces du Mal à une période où cela leur est interdit. L'organisation est fondée par Hermione Granger, dans le but de contrer l'autorité de l'une des professeurs de Poudlard de cinquième année et déléguée du ministère de la Magie, Dolores Ombrage.

Les « Maraudeurs » (Marauders en anglais)  « Lunard » (Remus Lupin), « Queudver » (Peter Pettigrow), « Patmol » (Sirius Black) et « Cornedrue » (James Potter)[R 61],[R 22]  constituent un groupe informel d'élèves de Gryffondor durant les années 1970[S 98]. Connus pour leurs explorations nocturnes du château et la création de la carte du maraudeur, ils rejoignent par la suite l’Ordre du Phénix[R 34]. La trahison de Peter Pettigrow en 1981 entraîne la mort de James et Lily Potter et marque durablement l’histoire du conflit[R 33]. Douze ans plus tard, dans Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, Harry Potter a connaissance du groupe co-formé par son père en héritant de la carte du maraudeur que lui confient les jumeaux Weasley après l'avoir volée dans le bureau du concierge Rusard[R 61]. La même année, Sirius Black s'évade de prison pour retrouver Peter Pettigrow et prouver son innocence[R 33], et Remus Lupin devient l'un des professeurs de Harry, ainsi que l'un de ses confidents et amis proches.

D'autres réseaux structurent également la communauté magique, qu'il s'agisse d'instances internationales comme la Confédération internationale des sorciers[S 99] ou de groupes institutionnels liés au ministère, tels que le Département des mystères ou la Brigade inquisitoriale mise en place par Dolores Ombrage.

Outils sociaux et vie quotidienne

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Communication et informations

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Les modes de communication diffèrent nettement entre le monde magique et le monde moldu. Ce dernier dispose de ses propres moyens de communication, qui sont ceux existants dans les années 1990 : le téléphone fixe et le courrier papier avec timbre postal. Pour s'informer, les Moldus disposent des journaux (l'oncle Vernon lit le Daily Mail[R 62], à l'instar de beaucoup de britanniques[S 100]), de la radio ainsi que de la télévision[R 63].

Le système de communication des sorciers est fondé sur des supports matériels et magiques plutôt que technologiques, du fait que le monde magique est coupé des nouvelles technologies et de l'électricité[S 101]. Ils communiquent essentiellement par voie postale et par l'usage des hiboux, chargés d'acheminer le courrier et les colis[S 101]. Des moyens plus exceptionnels existent : le patronus peut transmettre un message verbal à un destinataire précis[R 42],[R 64], tandis que les portraits de peinture animés permettent des échanges à l'intérieur d'un même bâtiment ou entre différents lieux où leurs cadres sont installés[R 65],[R 66].

Quelques couvertures du Chicaneur conçues pour les films.

La presse écrite occupe une place importante, et le principal quotidien, La Gazette du sorcier (en anglais : The Daily Prophet), constitue la source d'information dominante. Plusieurs autres journaux et magazines, tous agrémentés d'images en mouvement, sont régulièrement mentionnés, tels que Le Chicaneur ((en) The Quibbler) ou Sorcière-Hebdo[R 67]. Le Chicaneur, tenu par Xenophilius Lovegood, est présenté avec humour comme un journal indépendant aux théories conspirationnistes fantaisistes, souvent considérées douteuses[R 23],[S 101].

La radio indépendante à transmission magique (ou RITM) complète le dispositif d'informations, notamment à travers des programmes diffusés sur le réseau des sorciers. Elle diffuse quant à elle des émissions comme Salut les Sorciers ou Sorcellerie Info, et des artistes comme Célestina Moldubec, chanteuse préférée de Molly Weasley[S 101].

Rôle des médias
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La Gazette du sorcier est perçue par Marie-France Burgain, auteure de Le Daily Prophet dans Harry Potter ou le double visage de la presse, comme une version parodique magique du Sun ou du Daily Mirror[S 100]. Tirant sur le sensationnalisme[S 100], il est soutenu par le ministère de la Magie et détient le monopole de l'information dans tout le Royaume-Uni des sorciers, sans souffrir de concurrence directe à l'échelle nationale[S 101]. Il a de ce fait la liberté de pouvoir déclarer toute sortes de choses en toute impunité, sans souci de responsabilité[S 101], et ne craint pas d'être poursuivi pour diffamation, ni remis en cause, car il n'y a pas de cadre légal clairement établi[S 101]. La presse écrite magique joue par conséquent un rôle prépondérant dans l'intrigue[S 101], et ce journal devient même le média de propagande du gouvernement de Cornelius Fudge lorsque celui-ci ne souhaite pas reconnaître publiquement le retour de Voldemort[R 68]. Chaque foyer ou presque y est abonné, et le rituel matinal de la distribution de La Gazette du sorcier à Poudlard par les hiboux fait aussi du journal un relanceur ou déclencheur des aventures, et les articles servent à dynamiser le récit[S 100],[R 69],[R 68]. La presse permet aussi à J. K. Rowling de présenter un personnage avant son apparition dans l'histoire, contribuant à la mise en place d’un climat de peur et de menace, qui créait des attentes chez le héros et le lecteur[S 100]. Rowling utilise les médias pour installer, dans les derniers tomes, un climat d'avant-guerre et de pré-dictature[S 101].

Pile de Gazettes conçues pour les films (The Making of Harry Potter).

D'après Marie-France Burgain, J. K. Rowling montre par son écriture une intention de porter un regard critique sur le rôle des médias, et en particulier de la presse écrite, dans le quotidien de la société britannique contemporaine[S 100]. La presse est présentée dans le monde magique comme un outil politique au service du gouvernement[S 100],[S 101]. Rowling s'amuse à détailler toutes les rubriques propres à un journal, adaptées au monde sorcier : la politique, les affaires nationales ou étrangères, la publicité pour des produits magiques, les potins divers, ou des articles à scandale (notamment ceux rédigés par la seule journaliste connue de l'œuvre, Rita Skeeter[R 70]), en intégrant les notions de censure et d'écriture subjective[S 101], voire en caricaturant le métier de journaliste qui, pourtant normalement tenu à un maximum d'objectivité[S 101], présenterait ici son opinion non pas sous la forme d'un éditorial, mais comme une vérité indéniable, en étant motivé par un but purement lucratif[S 101]. Les informations fournies apparaissent mensongères, calomnieuses, incomplètes ou inintéressantes, voire hors de propos[S 101]. Marie-France Burgain pense qu'à travers le personnage de Skeeter  en anglais américain, Skeeter est une façon humoristique de désigner le moustique[S 100] , Rowling cherche à personnifier le journalisme « parasite » qu'elle aurait subi au Royaume-Uni pendant l'écriture des romans et souhaite retranscrire dans l'histoire, en particulier dans La Coupe de feu et L'Ordre du Phénix, l'expérience négative qu'elle en a retenu[S 100],[S 101].

La station Potterveille n'est pas sans rappeler les radios clandestines de la résistance comme Radio Belgique, ici à Londres en septembre 1944 (plaquette de la BBC).

La radio à transmission magique est très peu évoquée dans l'intrigue, et n'est pas écoutée à Poudlard[S 101]. Elle prend une place plus importante dans Les Reliques de la Mort, lorsque Harry, Ron et Hermione sont en fuite, car elle devient le seul moyen d’information dissident[S 101]. La station clandestine Potterveille ((en) Potterwatch), animée par les jumeaux Weasley et Lee Jordan en soutien à leur camarade, invite notamment Kingsley Shacklebolt et Remus Lupin à s'exprimer pour maintenir le moral des sorciers résistants à Voldemort. La fonction de Potterveille est mise en parallèle avec celle que pouvaient avoir Radio Londres ou Radio Belgique entre 1940 et 1944[S 100], lorsque les émissions animées par la résistance européenne pendant l'occupation nazie permettaient de donner les informations les plus fiables possibles[S 101].

Le Poudlard Express transporte les élèves entre Londres et Poudlard.

Pour se rendre sur des lieux précis, les sorciers disposent d'une grande variété de moyens de transport, distincts des infrastructures moldues et adaptés aux contraintes de la dissimulation magique. Certains reposent sur des dispositifs moldus détournés à usage exclusif des sorciers, comme le Poudlard Express, qui assure la liaison entre Londres et l'école de Poudlard, ou le Magicobus. D'autres modes de déplacement font appel à des créatures magiques (hippogriffe, phénix, sombrals, dragons) ou à des objets volants enchantés tels que les balais, les voitures volantes et, plus rarement, les tapis.

Le réseau des cheminées, utilisant la poudre de cheminette, permet également de relier des foyers et des bâtiments autorisés. Les portoloins constituent un autre dispositif collectif : ces objets enchantés transportent instantanément leurs utilisateurs vers une destination déterminée et sont soumis à un contrôle administratif.

Le transplanage, forme de téléportation individuelle, est l'un des moyens de transport les plus rapides. Il permet à un sorcier de se déplacer quasi instantanément d’un lieu à un autre[R 71], mais comporte des risques, notamment celui d’être « désartibulé », c’est-à-dire de laisser une partie de son corps derrière soi[R 72]. Cette pratique est strictement encadrée par le ministère de la Magie, qui exige l'obtention d’un permis[R 73]. Certaines zones, comme l'enceinte de Poudlard, sont protégées contre le transplanage, sauf levée exceptionnelle de cette restriction par le directeur[R 74].

Jeux, sports et loisirs

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Représentation d'un vif d'or, la balle qu'un sorcier doit saisir pour mettre fin à un match de quidditch.

Les pratiques ludiques participent, au cours de l'histoire, à la cohésion des groupes et à l'affirmation des appartenances institutionnelles (notamment entre maisons).

Le sport le plus populaire est le quidditch, jeu collectif  que J. K. Rowling apparente au basket-ball[35]  pratiqué sur balais volants, opposant deux équipes de sept joueurs. À Poudlard, chaque maison dispose de sa propre équipe, et les rencontres constituent des événements majeurs de l'année scolaire. Au-delà du cadre scolaire, le quidditch s'organise en ligues professionnelles et en compétitions internationales, notamment avec la Coupe du monde. Ce sport génère une économie spécifique (fabrication de balais, équipements, produits dérivés) et contribue à la notoriété publique de certains joueurs. Il joue un rôle fédérateur au sein de la communauté magique.

En dehors du sport, divers jeux et objets enchantés participent aux loisirs quotidiens : les bavboules (jeu de billes crachant un liquide nauséabond)[R 75], jeux de société aux effets magiques (bataille explosive[R 76], jeu d'échecs sorciers aux pièces animées), ou encore les cartes de sorciers célèbres à collectionner.

Nourriture et traditions culinaires

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Les banquets à Poudlard sont des moments conviviaux qui permettent de favoriser l'intégration des personnages.

À Poudlard, les repas sont pris collectivement dans la Grande salle et structurent la vie quotidienne des élèves. La nourriture est liée aux émotions et joue le plus souvent un rôle réconfortant dans l'histoire, en permettant de faciliter l'identification des lecteurs aux personnages[S 102]. Elle peut aussi jouer un rôle de marqueur social[S 102]. Les banquets de début et de fin d'année scolaire et les festins organisés à Noël donnent lieu à des mises en scène d'abondance qui soulignent la dimension communautaire de ces moments[S 102].

La cuisine décrite dans la série s'inspire largement de la tradition britannique. À l'image du livre préféré de son enfance, Le Cheval d’argent[36], J. K. Rowling se plaît à décrire tout au long de ses romans une nourriture abondante et typiquement anglaise[36]. Les repas comprennent notamment des rôtis, des tourtes à la viande, des saucisses, des pommes de terre, des légumes de saison, des gelées anglaises et divers puddings[R 77],[37]. Ils reflètent les habitudes alimentaires populaires du Royaume-Uni, souvent décrites comme copieuses et peu équilibrées[S 102]. Le thé occupe également une place importante dans les habitudes alimentaires, qu'il s'agisse de collations prises à Poudlard ou de moments plus informels dans les foyers accueillants[S 102]. Cette inscription dans un cadre culinaire familier contribue à ancrer l'univers magique dans une culture identifiable, en recherchant une proximité avec les habitudes alimentaires des lecteurs du Royaume-Uni[S 102]. C'est le cas par exemple de la tarte à la mélasse ((en) treacle tart), le dessert favori de Harry Potter, qui est un dessert traditionnel britannique datant de la fin du XIXe siècle et qui a connu, grâce au récit, un regain de popularité[S 103],[S 104].

Les plats sont préparés en cuisine par les elfes de maison, créatures magiques attachées au service domestique[S 102], et apparaissent par magie sur les tables. Le rôle des elfes dans la préparation des repas souligne l'organisation interne de l'école et la division des tâches au sein de la société magique[S 102]. En dehors de l'école, la préparation de la nourriture est souvent effectuée par des personnages archétypes de la « mère nourricière », tels que Molly Weasley ou Hagrid[S 102].

Parallèlement à cette cuisine traditionnelle, l'univers met en scène un large éventail de confiseries et de boissons propres au monde des sorciers. Parmi les plus connues figurent les Chocogrenouille[R 57], accompagnées de cartes à collectionner, les Dragées surprises de Bertie Crochue, réputées pour leurs goûts imprévisibles[R 78], ou encore la Bièraubeurre, consommée notamment dans le village de Pré-au-Lard et au goût proche de celui du caramel écossais[38],[R 61]. Les friandises sont achetées par les personnages sur les deux principaux lieux de vente que sont la boutique Honeydukes à Pré-au-Lard et le chariot circulant à bord du Poudlard Express. Ces produits participent à rendre l'univers singulier tout en empruntant aux formes familières de la confiserie et des boissons traditionnelles.

Les contrastes alimentaires entre monde magique et monde moldu apparaissent également dans la série. Les repas pris chez les Dursley, famille non magique qui élève Harry Potter durant son enfance, relèvent d'une cuisine ordinaire et sont parfois marqués par la restriction ou la privation[S 102]. Le gâteau très élaboré confectionné par la tante Pétunia dans Harry Potter et la Chambre des secrets, dans le seul but d'impressionner ses invités, souligne également le rôle de marqueur social joué par la nourriture dans le monde moldu[S 102].

À l'inverse, l'entrée de Harry dans le monde des sorciers est associée à la découverte d'une nourriture abondante et variée, que ce soit à Poudlard, dans les foyers sorciers ou lors des séjours à Pré-au-Lard[S 102]. Selon Leisa Anne Clark, auteure de La nourriture dans la série Harry Potter de J. K. Rowling, le gâteau d'anniversaire a également une symbolique très forte dans l'histoire, en tant que marque d'affection, de considération et de partage[S 102],[S 105]. C'est quelque chose qui est refusé à Harry chez les Dursley, et qu'il commence à connaître dès l'instant où il prend connaissance du monde magique, le jour de son onzième anniversaire : le gâteau apporté par Hagrid, premier cadeau personnalisé reçu par Harry, marque symboliquement son entrée dans une communauté qui est fondée sur le partage et l'affection[S 102],[S 105]. D'une manière générale, la nature généreuse de Hagrid s'exprime fréquemment par le don ou la préparation de nourriture, même si ses préparations ne sont généralement pas au goût des autres personnages[S 102].

Postérité de l’univers

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Collections et commercialisation de friandises

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Friandises de l'univers de Harry Potter présentées aux studios de Leavesden.

Depuis 2010[39], les parcs d'attractions Universal et le Studio Tour Harry Potter commercialisent des grenouilles en chocolat à l'intérieur de boîtes pentagonales violettes et dorées, identiques à celles conçues par MinaLima pour les films Harry Potter[40],[41]. Ces boites contiennent également chacune une carte holographique pentagonale représentant un sorcier ou une sorcière célèbre en photo-réalisme[39]. De 2010 à 2017, cinq cartes uniquement sont commercialisées : celle d'Albus Dumbledore (représenté par son interprète principal Michael Gambon) et une de chaque cofondateur ou cofondatrice de Poudlard[39]. Depuis 2017, la collection de cartes s'agrandit, avec notamment la vente des cartes de Gilderoy Lockhart (représenté par Kenneth Branagh)[42], de Bertie Crochue[43], de Monsieur Ollivander (représenté par John Hurt)[44], d'Artemisia Lufkin (première femme ministre de la Magie)[40], ou de Merlin[45]. Une ou plusieurs nouvelles cartes sont produites environ tous les six mois[39]. En 2025, la collection compte une vingtaine de cartes officielles[39].

Le Studio Tour commercialise d'autres produits sucrés officiels, tels que la biéraubeurre (Butterbeer), les dragées surprises (Bertie Bott's Every Flavour Beans), des mouches au caramel (Fudge Flies), des galions en chocolat (Gringotts Galleons Chocolate Coins), des bonbons « explosifs » (Exploding Bon Bons), des caramels fudges au beurre salé (Honeydukes Caramel Sea Salt Fudge), des Fizwizbiz (Fizzing Whizzbees), des crapauds à la menthe (Peppermint Toads), etc.

Hommages scientifiques

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Une espèce de dinosaure découverte en 2006 par des chasseurs de fossiles dans le Dakota du Sud, et dont le crâne évoque celui d'un dragon, est nommée Dracorex hogwartsia en référence au nom anglais de Poudlard (Hogwarts).

En 2014, une espèce de guêpes est nommée Ampulex dementor, en référence à sa ressemblance comportementale avec les détraqueurs (dementors en anglais), qui se « nourrissent de l'âme de leur proie » en laissant un corps « vide ».

En 2016, une nouvelle espèce d'araignée, dont la forme et la couleur évoquent le Choixpeau magique, est nommée Eriovixia gryffindori en hommage à Godric Gryffondor (Godric Gryffindor), le propriétaire ancestral de l'objet dans la saga[S 106]. L'année suivante, c'est une espèce de crabe qui est nommée Harryplax severus en référence au personnage Severus Rogue[S 107].

En 2021, une espèce de grenouille arboricole de Nouvelle-Guinée, la Litoria mira, est surnommée la chocolate frog chocogrenouille ») en raison de sa couleur chocolat[S 108],[S 109].

Notes et références

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  1. Néologisme apparu dans les années 1990 pour désigner l'association des styles traditionnels et modernes. Blake l'utilise pour qualifier une œuvre tournée vers le passé tout en apparaissant novatrice par son traitement[S 36].
  2. Privet signifiant « troène » en français, l'adresse pourrait être traduite en « Chemin des troènes ».

Références

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Références aux romans

  1. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 16.
  2. 1 2 Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 11.
  3. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 7, p. 121.
  4. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 8, p. 140.
  5. Harry Potter, t. III, 1999, chap. 9, p. 189.
  6. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 12, p. 204.
  7. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 3, p. 39.
  8. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 1, p. 5.
  9. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 1, p. 18.
  10. Harry Potter, t. I, 1998, chap. 2, p. 24.
  11. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 20, p. 429.
  12. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 16, p. 349.
  13. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 16, p. 350.
  14. Harry Potter, t. V, 2003, chap. 5, p. 107.
  15. Harry Potter, t. II, 1999, chap. 3, p. 39.
  16. Harry Potter, t. V, 2003, chap. 1, p. 23.
  17. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 31.
  18. 1 2 3 4 5 Harry Potter, t. II, 1999, chap. 9.
  19. 1 2 Harry Potter, t. II, 1999, chap. 6.
  20. 1 2 3 4 Harry Potter, t. I, 1998, chap. 8.
  21. 1 2 Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 26.
  22. 1 2 Harry Potter, t. III, 1999, chap. 17.
  23. 1 2 Harry Potter, t. V, 2003, chap. 10.
  24. Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 14.
  25. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 13.
  26. 1 2 Harry Potter, t. II, 1999, chap. 10.
  27. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 35.
  28. Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 7.
  29. Harry Potter, t. II, 1999, chap. 8.
  30. 1 2 Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 9.
  31. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 12.
  32. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 14.
  33. 1 2 3 Harry Potter, t. III, 1999, chap. 19.
  34. 1 2 3 Harry Potter, t. III, 1999, chap. 18.
  35. 1 2 Harry Potter, t. V, 2003, chap. 3.
  36. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 25.
  37. Harry Potter, t. II, 1999, chap. 11.
  38. 1 2 3 Harry Potter, t. V, 2003, chap. 24.
  39. 1 2 3 Harry Potter, t. V, 2003, chap. 37.
  40. Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 29.
  41. Harry Potter, t. III, 1999, chap. 12.
  42. 1 2 Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 8.
  43. 1 2 Harry Potter, t. V, 2003, chap. 2.
  44. 1 2 Harry Potter, t. I, 1998, chap. 4.
  45. 1 2 Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 15.
  46. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 21.
  47. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 34.
  48. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 34.
  49. 1 2 Harry Potter, t. II, 1999, chap. 7.
  50. 1 2 Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 11.
  51. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 13.
  52. 1 2 Harry Potter, t. V, 2003, chap. 6.
  53. 1 2 Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 10.
  54. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 29.
  55. Harry Potter, t. III, 1999, chap. 2.
  56. Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 1.
  57. 1 2 3 4 Harry Potter, t. I, 1998, chap. 5.
  58. Harry Potter, t. V, 2003, chap. 4.
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  60. Harry Potter, t. V, 2003, chap. 27.
  61. 1 2 3 Harry Potter, t. III, 1999, chap. 10.
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  63. Harry Potter, t. V, 2003, chap. 1.
  64. Harry Potter, t. VII, 2007, chap. 8.
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  70. Harry Potter, t. IV, 2001, chap. 24.
  71. Harry Potter, t. VI, 2005, chap. 4.
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Autres sources primaires

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Romans

Encyclopédies

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Autour de l'adaptation

Études

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  • William Irwin et Gregory Bassham (trad. de l'anglais), Harry Potter, Mythologie et Univers Secrets, Champs-sur-Marne, Original Books, , 298 p. (ISBN 978-2-36164-062-0).
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Autre

Univers étendu

Articles connexes

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Une catégorie est consacrée à ce sujet : Univers de Harry Potter.

Liens externes

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