

En 1872, Jules Saulnier adopta une structure m�tallique pour le moulin de la chocolaterie Menier, � Noisiel. Symbole de modernit�, cette structure r�pondait � des exigences techniques telles qu'une plus grande port�e, une meilleure r�sistance au feu, une am�lioration fonctionnelle gr�ce � de vastes espaces libres sans entrave, ainsi qu'� des crit�res �conomiques, notamment une rapidit� de construction accrue. En effet, la charpente fut fabriqu�e en atelier dans l'entreprise du m�tallier Armand Moisan. Cette r�alisation pr�coce, en forme de cage de faraday, fit du moulin de Noisiel le premier �difice � structure m�tallique porteuse, ouvrant la voie � l'�l�vation des gratte-ciels outre-Atlantique.
Plusieurs gr�ves de charpentiers � Paris ont jou� un r�le important dans l'essor des charpentes m�talliques. Lors de ces mouvements sociaux, en raison de la p�nurie de bois ou de difficult�s d'approvisionnement, certains entrepreneurs se tourn�rent vers le fer et le m�tal pour pouvoir achever leurs constructions en cours. Ce remplacement partiel contribua � populariser l'usage de ces charpentes d'un nouveau genre, aux multiples qualit�s, annon�ant ainsi l'�re des constructions m�talliques modernes.
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Saga
Menier ou l'�grenage des générations et temporalit�s: "arri�re,
arri�re, arri�re, arri�re, arri�re", ce son obscur du tombeau et des temps
r�volus, qui exprimait cependant un rapport pieusement entretenu entre
le pr�sent, ma propre vie et ses choses profond�ment ensevelies [...].
En percevant ce son, il me semblait ressentir le souffle des lieux qui
vous incitent � une certaine d�marche d�f�rente et pench�e, le chapeau
� la main, sur la pointe des pieds, je croyais aussi entendre le silence
lointain et abrit� de ces lieux aux �chos sonores, des sensations d�votieuses
se m�laient au son des syllabes sourdes, aux pens�es de la mort et de
l'histoire, et tout cela me semblait, en quelque sorte bienfaisant.
(Thomas Mann : La montagne magique)
Les
groupes sociaux perp�tuent leur identit� par la v�n�ration, parfois inconsciente
de leurs origines. La famille et la soci�t� produisent un r�cit coh�rent
o� chaque individu s�inscrit dans une continuit� temporelle. Cette temporalit�
rappelle que tout individu na�t dans des couches de temps sociales, faites
de traditions, de r�cit familial, de m�moire collective, et que ces couches
agissent comme un cadre invisible qui fa�onne la mani�re dont il per�oit
le monde, se per�oit lui-m�me et comprend sa place dans la soci�t�.
Buste
en marbre blanc sur piédouche en marbre gris repr�sentant Gaston
Menier dirigeant en 1913 la Chocolaterie du m�me nom et petit-fils du
fondateur ; Jean-Antoine Brutus
Menier. Cette sculpture de 1900 est sign�e Denys Puech.
Le dernier propri�taire de ce buste fut Serge Couzigou qui cr�a le mus�e
de Chocolat de Biarritz et qui malheureusement dut fermer ses portes en
2018.
Denys
Puech est un sculpteur fran�ais n� le 3 d�cembre 1854 �
Gavernac, d�c�d� le 9 d�cembre 1942. Il apprend le travail du marbre d�s
1872 chez Fran�ois Mahoux, un artiste marbrier. Puech poursuit sa formation
� l'�cole des Beaux-Arts de Paris. L�-bas il sera l'�l�ve de Fran�ois
Jouffroy puis d'Alexandre Falgui�re et d'Henri Chapu. Il va se distinguer
et obtenir de nombreux prix acad�miques notamment le prix de Rome, il
deviendra le directeur de cette institution (Acad�mie des Beaux-Arts de
la villa M�dicis) de 1921 � 1933. Statuaire officiel de La R�publique,
il n'�chappa pas en 1913 aux critiques acerbes de la presse et des litt�rateurs
pr�f�rant une sculpture plus inspir�e dont le chef de file n'�tait autre
qu'Auguste Rodin. Une
opposition
artistique qui reprochait � l'Etat : " d'encombrer les places publiques
et les jardins de pesantes masses de pierre ou de bronze " et de faire
appel d'avantage � des "sculptiers" tels que Coutant et Puech et autres
fabricants de l'Institut, travaillant pour "une sorte de magasin de pseudo-statues",
faisant d'eux des "marbriers de la brocante".
Les bustes constitueront la premi�re et principale production de Puech.
On la lui a beaucoup reproch�e, comme une �uvre facile, de peu d'effort
et de grand rapport. Les bustes de quelques compatriotes aveyronnais ont
�t� les premi�res commandes du jeune sculpteur r�cemment arriv� � Paris
; ce fut ses premiers gains, pas �tonnant que le sculpteur ait continu�
dans la voie ainsi ouverte. Ces travaux, de dimensions restreintes, o�
la pens�e se concentre dans quelques traits ou dans quelques lignes, conviennent
d'ailleurs � sa tournure d'esprit et � son genre de talent. Puech n'a
gu�re le sens de la sculpture architecturale ; les grandes compositions
effrayent sa nature, il devait donc se complaire dans la perfection de
bustes principalement féminins mais également d'industriels,
de professeurs, de savants, de politiques, 72 bustes en marbre sortiront
de son atelier. M. Denys Puech a �t� souvent moqu� et injuri� durant de
longues ann�es par la presse ind�pendante qui inventa cette perfide opposition
entre Denys Puech et Auguste Rodin. Ce dernier �tait homme de g�nie et
d'inspiration, artiste avant d'�tre homme de m�tier. Denys Puech restait
un praticien " souple, averti et digne d'int�r�t ". Homme d'institut,
jalous� pour ses nombreuses commandes, il performait dans sa sp�cialit�
et consid�rait, en lib�ral qu'il �tait, que chacun pouvait avoir sa place.
En 1922, le statuaire Antoine Bourdelle, �l�ve de Rodin, ambassadeur de
la sculpture moderne, pour ne pas dire de l'art fran�ais moderne, fit
le voyage de Rome. C'�tait son premier contact avec la Cit�. Denys Puech
convia l'immense sculpteur � prendre le th�. La rencontre fut des plus
cordiales, l'accueil des plus simples et des plus chaleureux. Les deux
artistes crois�rent leurs souvenirs, car Puech et Bourdelle s'�taient
d�j� rencontr�s chez Mme Jules Michelet. Antoine Bourdelle qui fut le
soir le confident des uns et des autres, confia l'enchantement r�ciproque
procur� par cette entrevue.
Le mus�e
d'Orsay conserve en ses murs quelques
�uvres de l'artistes dignes d'int�r�t mais dans un relatif anonymat,
au regard des �uvres d'Auguste Rodin magnifi�es.
Gaston menier �tait un collectionneur inv�t�r�, il offrit en 1904 � Denys
Puech une estampe de
Jean-Marc Nattier repr�sentant la comtesse de Caumartin extraite
de sa collection personnelle, prouvant ainsi son admiration � celui qui
immortalisa ses traits dans le marbre.(Gaston Menier poss�dait �galement
le tableau qui fut � son d�c�s mis en vente). Gaston Menier envisageait-il
sa future admission au sein du s�nat, s'imaginait-il un destin hors du
commun autorisant son buste � int�grer La galerie des Bustes du s�nat?
Denys Puech avait d�j� fait p�n�trer Jules Ferry dans cette prestigieuse
galerie, sculpteur agr�� de la 3�me R�publique, il ouvrait en quelque
sorte le chemin au futur s�nateur Gaston Menier; restait � ce dernier
� accomplir son �uvre.
Gaston
Menier n� � Paris le 25 mai 1855, dans le 4e arrondissement, est d�c�d�
en 1934. Il avait 22 ans quand �clata le coup d'�tat du 16 mai 1877. Son
p�re, Émile
Justin, repr�sentait � cette �poque l'arrondissement de Meaux
� la chambre des d�put�s et faisait partie de cette majorit� r�publicaine
que le gouvernement Mac-Mahon pensa briser en faisant solennellement appel
au pays. Au temps de la petite enfance de Marcel Proust, "tout ce
qui appartenait � la soci�t� conservatrice �tait mondain, et dans un salon
bien pos� on n'e�t pas pu recevoir un r�publicain. Les personnes qui vivaient
dans un tel milieu s'imaginaient que l'impossibilit� de jamais invit�
un "opportuniste", � plus forte raison un affreux "radical", �tait une
chose qui durerait toujours"." Chassez-nous " disait alors Gambetta,
" nous sommes 363 mais nous serons 400 quand nous reviendrons ".
Gambetta fut l'h�te d'Emile Justin Menier le 10 octobre, il visita en
d�tail l'usine de Noisiel, ainsi que la cit� ouvri�re. Au soir, Gambetta
pris la parole face aux ouvriers r�unis pour l'occasion : "Mes
chers amis, j'ai �prouv� aujourd'hui une vive satisfaction en voyant toutes
ces merveilles que renferme l'usine de Noisiel, cr��es par le travail,
l'�nergie, l'intelligence de M. Menier, notre excellent coll�gue, et entretenues
par votre esprit d'ordre, votre labeur de tous les jours. Je voudrais
que tous nos ennemis politiques pussent jouir, comme nous l'avons fait
aujourd'hui, du spectacle de cette population laborieuse qui devrait servir
de mod�le � toutes les agglom�rations ouvri�res de France. Ils appr�cieraient
peut-�tre enfin toutes les forces vives qui se trouvent dans l'initiative
priv�e et ils pourraient trouver ici la juste perception des sentiments
qui animent l'immense majorit� de la nation et qui lui font d�sirer si
ardemment de se gouverner elle-m�me. Ces sentiments, d'ailleurs, vous
en verrez l'�clatante manifestation dans quelques jours. Le 14 octobre,
le suffrage universel, ob�issant � un r�el instinct de conservation, renverra
� la Chambre, non seulement les 363, mais bien les 400 r�publicains que
j'ai d�j� annonc�s � la tribune. Oui, mes amis, vous pouvez le r�p�ter
� tous vos camarades, je maintiens mon dire avec la certitude la plus
absolue que les faits me donneront raison."
La Chambre fut dissoute, les nouvelles �lections eurent lieu et le suffrage universel donnant raison � Gambetta, envoya 400 d�put�s r�publicains, dont Émile Justin Menier, si�ger au parlement le 14 octobre 1877. Gaston Menier venait d'achever son service militaire aux hussards et s'appr�tait � reprendre sa place, aupr�s de ses fr�res, � la t�te des �tablissements paternels ; il se passionna d�s sa vingti�me ann�e pour les id�es r�publicaines et involontairement entra en politique. Gaston Menier fit ses �tudes au lyc�e Condorcet, les dipl�mes en poche il second son p�re dans la direction des �tablissements que ce dernier poss�de en France, en Angleterre et au Nicaragua, ici comme ing�nieur, l� comme commer�ant, l�-bas comme agronome et collaborateur, entre temps, aux ouvrages que son p�re faisait paraitre sur l'agriculture, les finances et l'�conomie politique. Membre de la soci�t� des ing�nieurs civils depuis 1877, il recherche les progr�s � apporter aux voies de communication : routes, chemins de fer, ponts, rivi�res et notamment la navigation sur la marne.
Gaston Menier sortant de son v�hicule vers 1933
A partir de 1878 Gaston Menier collabore activement aux nombreuses expositions universelles comme exposant, membre du jury ou membre des comit�s d'organisation, tant pour l'industrie de l'alimentation que pour l'�conomie sociale. La croix de chevalier de la l�gion d'honneur en 1883, celle d'officier en 1891 viennent r�compenser sa carri�re au service d'une supr�matie fran�aise face aux nations rivales.C'est en 1882 que commence timidement sa carri�re politique, encourag� par sa relation avec Gambetta qu'il invite quelque fois dans sa propri�t� de Noisiel; Gaston Menier devient alors conseiller puis maire de Lognes en 1892. Les circonstances de 1891, avec le d�c�s de Foucher de Carel, lui ouvre les portes du conseil g�n�ral du canton de Lagny. Comme conseiller g�n�ral et nouveau propriétaire du château de Rentilly il se fait remarquer par une grande pugnacit� � satisfaire la population de seine et marne dans ses pr�occupations quotidiennes, les questions de travail, de logement, de chemin de fer, n'est-il pas le mieux plac� en tant que dirigeant de la plus grande chocolaterie du monde, fournissant � elle seule les deux tiers de la consommation fran�aise, pour �tudier et savoir ce qui serait le plus b�n�fique pour les uns et les autres? En 1891 la d�putation n'est pas � l'ordre du jour, malgr� les courriers l'incitant � franchir le pas, Gaston Menier reste inflexible. Dans un courrier de juin 1991, en r�ponse � une sollicitation �manant de Boutigny, en Seine et marne, il d�cline toute vell�it� nationale, il faudra attendre quelques années pour que Gaston Menier franchisse le Rubicon. En 1898 il sera �lu d�put� de la 1ère circonscription de l'arrondissement de Meaux face à Mr Derveloy avec 6.635 voix contre 6.406 pour son adversaire; occasion probable de graver dans le marbre son accession � la d�putation? Gaston Menier s�int�resse � toutes les questions sociales et �conomiques.Il soutient et fait adopter une loi (1904) instituant une caisse de pensions pour les anciens d�put�s, leurs veuves et leurs orphelins mineurs. Caisse aliment�e par une cotisation de 15 francs par mois, pr�lev�e sur l'indemnit� des d�put�s et par des dons ou legs. Il fait partie de toutes les grandes commissions et disciple de Waldeck-Rousseau, dont il �tait l�ami. Il sera r��lu en 1902 et 1909, date � laquelle, le 15 janvier, il ne soit élu s�nateur. L'accession � la chambre haute, qu'est le S�nat, est � l'origine d'un événement singulier ; en 1909 Gaston Menier est alors membre de l'Alliance r�publicaine d�mocratique qui apporte alors son soutien � M. Delpeuch au poste de d�put� de la 1�re circonscription de Meaux rest� vacant. Mais Gaston Menier r�agit vivement et remet sa la lettre de d�mission � M. Adolphe Carnot, pr�sident de l'Alliance sans omettre d'en pr�ciser les motifs : " tous les r�publicains de la 1�re circonscription de Meaux et moi-m�me, avons �t� surpris de voir la candidature de M. Delpeuch soutenue, d�s la premi�re heure, par un organe local notoirement cl�rical et r�actionnaire ". Position la�que mettant fin aux ambiguïtés et qui cantonne de facto le cultuel � la p�riph�rie de Noisiel.
A partir des ann�es 1910, les habits des communiants sont offerts et les deux meilleurs �l�ves du cat�chisme auront une marque visible sur leurs v�tements (rubans ou brassards). A tous, on sert le jour de la communion, une collation dans le parc du Ch�teau de Noisiel. Enfin, une messe chant�e � 6h00 du matin est incluse aux manifestations des f�tes communales de 1900 et de 1901. Cette promotion restera sans effet, Noisiel s'alignant ici sur les pratiques g�n�rales du monde ouvrier. Les habitants de la cit� passent devant le cur� pour les quatre sacrements : bapt�me, communion, mariage, enterrement. Henri et Gaston Menier trouvaient en Seine-et-Marne un terrain particuli�rement d�favorable � tout renouveau religieux. Comme le rappelle Pierre Pierrard, ce d�partement a �t� l'une des premi�res campagnes d�christianis�es. Il est aussi en 1894 l'un des mieux pourvus avec 13 soci�t�s de la "libre Pens�e", celle de Lagny avait �t� fond�e dans les ann�es 1870 par Girard, franc-ma�on notoire et ami d'Émile Justin Menier. Sénateur, Gaston Menier sera également : vice-pr�sident de la Commission de l'arm�e et pr�sident du groupe de l'aviation, il pr�sidera l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures ainsi que le Conseil d'administration du Conservatoire des Arts et M�tiers.
Gaston
Menier fut successivement propriétaire de 2 h�tels parisiens :
dernier en date, rue de Monceau, et avenue de Ruysdael. Le premier au
61 rue de Monceau, fut construit en 1890 par Charles Garnier pour Abraham
de Camondo qui le revendit presque aussit�t � Gaston Menier. Le second,
avenue de Ruysdael, est l'oeuvre de l�architecte Jules Pellechet en 1875.
C'est dans cet h�tel que Julie Rodier, femme de Gaston Menier depuis
1879 s'�teindra le 5 f�vier 1892, en couches de son second fils, Jacques,
probablement d'une embolie pulmonaire. Julie n'avait alors que 32 ans.
Événement qui affecta durablement Gaston (comme celui-ci
le coucha dans ses mémoires). C'est au 4 avenue de Ruysdael que
Julie Rodier organisait des soir�es
th��trales et musicales auxquelles elle participait activement,
poussant la chansonnette avec un brin de talent av�r�. Gaston Menier avait,
pour ces multiples occasions de repr�sentation, �lectrifi� les lieux depuis
1885. Toujours curieux de nouveaut�s scientifiques, il avait dispos�,
entre l'office et la table de la salle � manger, une petite voie ferr�e
sur laquelle circulait un train minuscule, une plate-forme oblongue, sur
laquelle pouvaient �tre plac�s des assiettes, des plats ou des couverts,
soutenue par deux wagonnets. La voie courrait tout le long de la table
et la marche du train pouvait aller en avant, en arri�re et apporter de
l'office les plats et les assiettes. Gaston
Menier quitta Ruysdael après 19 ans de bonheur pour emménager
au 61 rue de Monceau en cette tragique année 1892. Paul Lozouet
Deviendra acqu�reur de l'h�tel avenue de Ruysdael, en 1893.
En 1913 Gaston Menier prend le contr�le de la chocolaterie apr�s la mort de son fr�re a�n� Henri dans son château de Vauréal. Il hérite de la "nue-propriété" du château de Chenonceau et de l'île d'Anticosti, laissant l'usufruit soit une somme viagère de 360.000 francs. à Thyra Seillière, veuve d'Henri, en application d'un testament laissé par le défunt et daté du 24 août 1913. En ce d�but de si�cle, cette troisi�me g�n�ration poss�de une fortune colossale qui en fait l'une des dix plus riches de France, Albert Menier, le plus jeune des trois fr�res décédé en 1899, d'avantage concern� par les courses hippiques que par les activit�s industrielles, s'octroyait une rente annuelle de 4 millions de francs. De quoi se composait la fortune de M Henri Menier � sa mort ? De ses parts dans la soci�t� form�e avec son fr�re Gaston, pour l'exploitation de la chocolaterie de Noisiel, de ses ch�teaux, villas, chasses et navires de plaisance et du domaine constitu� par l'�le d'Anticosti. Les salaires des ouvriers de la chocolaterie sont quant à eux, de 22 francs par mois pour les hommes et de 18 francs pour les femmes en 1926. Dans ses m�moires Gaston Menier �voque les directeurs successifs ayant particip� � la grandeur de l'entreprise.
"Quand je fus rentr� dans les affaires (en f�vrier 1881), notre fond� de pouvoirs, au si�ge de notre maison � Paris, �tait Mr Ernest Michel qui, pendant de nombreuses ann�es, fut un tr�s d�vou� et tr�s sur collaborateur; � sa mort en 1889, il f�t remplac� par Mr Meydieu. Ce dernier ayant pris sa retraite en 1901, c'est Mr Cholet qui le rempla�a et depuis la mort de celui-ci c'est Mr Tan qui occupe ces fonctions pendant que Mr Sabatier dirige surtout le c�t� commercial. Mr Sabatier est entr� � la Maison en Octobre 1886, venant de la raffinerie Lebaudy et peu � peu, par son activit�, son travail soutenu il a pris le poste de Secr�taire g�n�ral qu'il exerce encore remarquablement. A Noisiel, nous avons eu comme directeurs : Mr Desboeuf et Mr Jules Logre qui, jusqu'� leur mort, furent des collaborateurs tr�s d�vou�s. Nous avons eu �galement, comme r�gisseur, Mr Alphonse Dupuis qui, pendant tr�s longtemps, nous f�t tr�s d�vou�, mais dont le fils Eug�ne avait malheureusement terni un peu sa carri�re. Mr Jules Logre �tait un travailleur acharn�, ne prenant jamais de repos ; il aimait � travailler le soir et souvent tard dans la nuit. Par son intelligence il avait suppl�� � son instruction technique incompl�te et il ex�cutait toujours brillamment les travaux tr�s divers que nous lui imposions. Il avait d'abord d�but� comme dessinateur chez Armengaud, au service des brevets d'invention, puis il avait �t� ing�nieur chez S�raphin fr�res, nos constructeurs de machines, puis il �tait venu � Noisiel en 1867. Mr Logre avait �t� mon �ducateur scientifique tant au point de vue des applications m�caniques qu'� celui des constructions terrestres et hydrauliques. Mr Bordenave lui succ�da ; il �tait �galement un travailleur remarquable, un v�ritable savant qui honorait le souvenir de l'�cole Centrale qui l'avait form�. Mr Le S�n�chal, jeune encore, sorti de l'�cole Centrale des Arts et Manufactures; poss�de des �l�ments de travail que nous avons appr�ci� � leur valeur. Il prit la direction des Usines apr�s la disparition de Mr Bordenave d'une fa�on tr�s remarquable, entour� de Mr Barb� ing�nieur, et de Mr Ehrmann r�gisseur du domaine de Noisiel. A cette �poque nous avions �galement, comme tr�s d�vou� collaborateur � Noisiel Edouard Paulme que j'aimais beaucoup, consciencieux mais malheureusement, au point de vue technique, il n'�tait pas suffisamment complet; nous l'avions mis comme adjoint � Mr Le S�n�chal et c'est avec chagrin que nous le perd�mes le 5 Juillet 1933. Le pr�d�cesseur de Mr Ehrmann, Mr Valdder, nous avait d'abord consciencieusement donn� satisfaction, mais malheureusement pour sa m�moire, des �v�nements f�cheux sont venus la ternir et il s'�tait fait justice.[ndl : Mr. De Valdder fut retrouv� pendu le 26 Mai 1930 sous le kiosque de son jardin] Je nommerai, pour m�moire, le fid�le Charles Fedet, dont le p�re avait fait sa carri�re � la Maison ; j'y joins �galement le nom d'Henri Dublanchet qui, tous deux, continuent � me donner leur agr�able collaboration. Il en est de m�me de Mr Mironneau, rue de Ch�teaudun, et de beaucoup d'autres que je ne citerai pas particuli�rement."
Mais à Noisiel les innovations d'envergure ont cess� et l'entreprise rentre de plain-pied dans la premi�re guerre mondiale. Gaston Menier et Jean Jaur�s auront pourtant participé en vain au comit� permanent pour la paix, institu� par la conf�rence franco-allemande de Berne en 1913 ; premi�re conf�rence des parlementaires fran�ais et allemands fermement attach�s � la paix. En marge de la conf�rence de Berne : dans l'apr�s-midi, Jean Jaur�s et Gaston Menier se promen�rent de concert. Au cours de cette promenade, Jaur�s t�moigna pour la Suisse d'une admiration que Gaston Menier ne paraissait pas partager. D'ailleurs Gaston Menier gardait un front soucieux. Soudain prenant le bras de Jaur�s il indiqua du doigt un point � l'horizon et gravement, de façon prémonitoire, il dit " Jaur�s voil� le danger ". Alors, Jaur�s regarda. A l'horizon se dressait une immense affiche qui dessinait une montagne sur un ciel rouge. Aux flancs de la montagne un vacher conduisait son troupeau. Et au-dessous flamboyaient ces mots : " L'avenir appartient au chocolat Suchard ". Car au m�me moment la concurrence, qui �tait bas�e sur un produit identique, � savoir : le chocolat de sant� ou � cuire, allait s'internationaliser et s'amplifier par la production de chocolats fins, plus sophistiqu�s et au lait. D�marche progressive qui rognera sur les march�s de l'entreprise Menier malgr� les d�p�ts de nouvelles marques d�s 1924 avec Rialta et Jolta ; 1926 avec Marna ; 1930 avec Malakoff et fondant au lait.
Le mal dont souffrait l'entreprise datait d�j� de quelques ann�es ; d�s 1904, les publicitaires s'interrogent sur le manque de dynamisme et de renouv�lement de la marque : " Nous posons la question : Supposez le produit le plus connu, dont la r�putation semble d�finitive et compl�te, le Chocolat Menier, par exemple, dont la publicit� se borne � r�p�ter sans cesse : "Chocolat Menier, 50 Tonnes par jour", et dites-nous, �tant donn� qu'il y a une vente en France pour vingt fois plus de chocolat que n'en vend le Chocolat Menier, si l'on ne vendrait pas de plus grandes quantit�s de ce produit, s'il faisait des annonces originales, frappantes, vari�es, au lieu de son sempiternel clich�? La paresse pour cette marque, n'est peut-�tre pas le facteur de l'inaction, mais c'est alors la routine, et les deux sont, nous le r�p�tons, les conseillers de la d�faite et de la ruine." (La Publicit� : journal technique des annonceurs)
Ce
conflit, qui touche dès lors Noisiel, r�v�le les qualit�s patriotiques
de la famille Menier. La maison
de retraite Claire Menier construite en 1902 sert d'h�pital militaire,
ce qui permettra au coll�ge de Meaux, transform� en h�pital auxiliaire,
de rouvrir imm�diatement. Chenonceau participera à l'effort et
abritera jusqu'à 120 lits en 1914. Cette m�me ann�e, William Thaw,
l'un des premiers am�ricains aviateur, offrit ses services comme aviateur
� la France quelques jours seulement apr�s le d�but des hostilit�s. Son
offre ayant �t� rejet�e, il s'engagea dans la L�gion �trang�re pour la
dur�e de la guerre. D'autres Am�ricains s'engag�rent dans la L�gion �trang�re
en ao�t 1914. D�s lors, le souhait de former une seule escadrille regroupant
les aviateurs am�ricains en France s'installa dans l'esprit de chacun,
cette id�e indisposa les autorit�s militaires fran�aises qui ne donn�rent
aucune suite favorable au projet. Il fallut attendre l'intervention des
politiques. Le 8 juillet 1915, un d�jeuner chez le S�nateur Gaston Menier
r�unit le g�n�ral Hirschauer, nouveau Directeur de l'A�ronautique, M.
L�on Bourgeois, le Dr. Gros, le Colonel Bouttiaux, M. de Sillac, et diverses
autres personnalit�s fran�aises et am�ricaines. Ce d�jeuner avait �t�
organis� � l'instigation de M. de Sillac, lequel d�sirait vaincre les
r�sistances. Apr�s avoir entendu les opinions qui furent exprim�es, le
g�n�ral Hirschauer se d�clara alors en faveur du projet. L'Escadrille
Lafayette vit donc le jour, � Luxeuil-les-Bains avec � sa t�te deux officiers
fran�ais, tous deux pilotes exp�riment�s, le Capitaine Georges Thenault
et le Lieutenant Alfred de Laage de Meux.
L'ann�e 1918 marque la fin de la premi�re guerre mondiale, le d�but des premiers troubles sociaux et la vente de l'�le d'Anticosti pour 6 millions de dollars, en 1926, � trois des plus grosses soci�t�s de papier du Canada, syndiqu�es pour l'occasion. Gaston Menier continue de faire face �galement � la concurrence, il meurt le lundi 5 novembre 1934 au matin, en son h�tel particulier � Paris, rue de Monceau, �g� de 79 ans, un an apr�s son fils Georges laissant la place � Jacques qui d�j� affaibli physiquement au cours d'un grave accident durant la guerre va subir les foudres des syndicats et perdre pied au milieu de cette mar�e rouge. Le choix des urnes est hostile aux Menier. Ils perdront tour � tour leurs mandats municipaux. Pour la premi�re fois en 1921, on assiste � la baisse de la production (voir les chiffres) de chocolat suivie de grèves en février et mai 1926 occasionnant le licenciement de 91 ouvriers grévistes; d�s lors l'activité ne fera que d�cliner malgr� l'arriv�e d'une nouvelle �quipe dirigeante et de cadres ing�nieurs issus des grandes �coles prenant la place des techniciens venus du rang et la mise en retraite des plus de 65 ans, client�le �lectorale locale m�nag�e par les Menier pour asseoir leur carri�re politique. Ce rajeunissement de l'encadrement permet � l'entreprise d'�tendre son activit� dans tous les domaines de la bonbonnerie de chocolat.
Mais l'inexorable d�clin prend une nouvelle fois en 1937 la forme de licenciements : 146 ouvriers, 73 femmes et 73 hommes, sont gard�s, les ouvriers pr�sents � l'usine avant 1931 et les ouvri�res avant 1930, ainsi que les p�res de famille de 4 enfants et les jeunes gens de moins de 20 ans.
Le
" chant du cygne " ou l'�ph�m�re embellie aura lieu en 1939 avec la sortie
Du film anim�e de Walt Disney : " Blanche Neige et les sept nains " et
une fabuleuse campagne publicitaire destin�e au lancement d'un chocolat
sup�rieur avec : albums, vignettes et r�compenses. Cette campagne, dont
le co�t s'�l�vera � plus de 30 millions de francs fit relever la production
� hauteur des ann�es 1920. La seconde guerre mondiale sonnera la fin de
l'entreprise. Hubert Menier tentera bien de redresser la situation jusqu'en
1950 mais la maladie l'emporte en 1959. Son fr�re Antoine, co-gérant
depuis 1953, assure alors la direction de la firme. La presse parle de
600 millions de Frs de déficits. Les enfants d'Hubert sont trop
jeunes pour lui succ�der, Jean-Louis n'a que 10 ans et pauline 8 ans et
premi�re descendante f�minine depuis Claire Menier,
cent
ans auparavant. Cette guerre de succession opposant les h�ritiers ne pouvait
que fragiliser les int�r�ts de l'entreprise. Cette méme ann�e 1953,
les greniers � f�ve qu'�taient le Venezuela et le Nicaragua
sont sortis de la soci�t� Menier et attribu�s � Antoine et Hubert. Outre
l'aspect agricole : cacao, caf�, bananes et bovins, il y avait une vis�e
sp�culative en ce qui concerne San-Emilio ; ces terres auraient pu �tre
vendues à bon prix lors de la perc�e du canal.
En
1960, Menier doit fusionner avec la soci�t� Rozan, la nouvelle direction
d�cide, face � la concurrence du March� commun de concentrer tous leurs
efforts sur l'expansion et l'am�lioration de la production pour la porter
� l'�chelle europ�enne. Une telle politique, les investissements consid�rables
d�j� r�alis�s, ceux pr�vus pour une expansion nouvelle n�cessitent que
tous les moyens soient ax�s uniquement sur leur r�ussite. Pareil dynamisme
n'est pas compatible avec la gestion d'un lourd ensemble immobilier constitu�
par un village de 1.200 habitants dont 200 seulement travaillent ou sont
retrait�s de l'usine et dont 1.000 autres sont sans liens personnels avec
elle. Aussi bien est-il d�sirable qu'un village de cette importance puisse
se d�velopper librement sous le contr�le des pouvoirs publics de la ville
de Noisiel. En 1966 les 200 derniers locataires devront quitter les lieux,
ne pouvant racheter leur maison.
Un an après , Antoine meurt sans post�rit� � Paris le 12 ao�t 1967 � l'�ge de 62 ans. Le testament d'Antoine l�guait le ch�teau de Chenonceau � la " Demeure historique " au 57 quai de la Tournelle � Paris. Apr�s un proc�s, ce l�gue fut annul� et le ch�teau revint � la veuve d'Antoine qui le revendit � Odette Gazay, veuve d'Hubert Menier. Antoine aura �t� le dernier des Menier � diriger l'entreprise Menier. L'ann�e 1973 marque la naissance d'une ville nouvelle (Marne la Vall�e) con�ue pour r��quilibrer l'Est parisien. Longtemps oubli� des promoteurs et des cr�ateurs d'emplois, la ville nouvelle est install�e entre la Marne et 3 for�ts : Armainvilliers, Ferri�res et Cr�cy. Elle inclut dans son p�rim�tre des centres importants d'urbanisme tels que Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Noisiel, Croissy-Beaubourg, Torcy. La Mission d'Am�nagement, cr��e le 29 mai 1969 s'installera � Noisiel le 1er juillet 1970 sous les ordres de son directeur M. Carie. L'autoroute A-4 verra le jour en 1976 suivi de pr�s par le RER ligne A en 1977.
Jacques
Menier est n� � Paris en 1892 de triste mani�re car occasionnant la disparition
de sa m�re, Julie Rodier. Il part
au service militaire en 1913, pilote
de guerre en 1914, bless� gri�vement le 20 aout 1917, il est fait
prisonnier, intern� en suisse en 1918 et rapatri� en France en octobre
1918, R�form� en 1919. De cette tragique aventure, il obtiendra, de par
son h�ro�sme et le sacrifice de sa sant�, la m�daille militaire, la croix
de-guerre ainsi que la L�gion d'honneur le 11 f�vrier 1927 des mains du
G�n�ral Henri
Gouraud aux Invalides. Il se marie le samedi 3 juin 1922 dans
la plus stricte intimit� en l'�glise de l'Association � Passy, avec Suzanne
Lavalley, petite-fille de l'ing�nieur qui dirigea les travaux de percement
de l'isthme de Suez. Les t�moins furent, pour le mari� : Georges Menier
et Louis G�rard, pour la mari�e M. Castaignet et le capitaine Jacques
Ponsignon. Le mariage civil eu lieu � Noisiel avec comme t�moin, pour
Jacques, le plus ancien ouvrier des usines Menier. Une r�ception eu lieu
en fin de journ�e en l'h�tel de Gaston Menier au 61 rue de Monceau. Suzanne
Lavalley fit un premier mariage, le 25 septembre 1912 � Reux avec
Jean Broudehoux, lieutenant au 5e Dragons qui succomba quelques temps
apr�s, en 1913, � Compi�gne, d'un accident de cheval. A la mort de son
p�re Gaston Menier en 1934, il prend la direction des �tablissements Menier
avec ses neveux Antoine et Hubert. La tradition familiale perdure et Jacques
deviendra, � la place de son p�re, maire de Noisiel en d�cembre de la
m�me ann�e. Jacques habitera Rentilly d'o� il g�rera dans la douleur les
affaires courantes. Les ann�es � venir vont plonger l'entreprise dans
un profond marasme : baisse de la consommation, concurrence �trang�re,
gr�ves � l'usine et situation de stress mondial. En 1940 l'usine est occup�e
par les troupes allemandes. En 1946 nouvelle r�duction du capital, ventes
d'immeubles et abandon des investissements aux Nicaragua
virant au fiasco, en 1948 la soci�t� Menier est transform�e en SARL, d�c�s
de Jacques en 1953, en 1957 introduction de la soci�t� Chocolat Lombart
dans le capital de la soci�t�, en 1959 disparition d'Hubert Menier. Antoine
reste alors le dernier des Menier � diriger la soci�t�.

Juillet 1926, de gauche
à droite: Antoine, Gaston et Claude Menier
Antoine
Menier est n� le 13 octobre 1904, comme tous les enfants de la haute bourgeoisie
parisienne, il eut une nourrice
venue
du Morvan qui lui donna le sein pendant 18 mois, pratique encore courante
en ce d�but de si�cle pour le bas peuple voulant assurer un minimum de
revenu familial. Madame Thibaut demeurait au lieu-dit " La croix Maurienne
", Antoine, apr�s la guerre de 1914, aimait lui rendre visite et � s�journer
� l'auberge " Ensoleill�e ", et c'est l�, par attachement au Morvan qu'il
acheta le château de Ru�re.
Antoine Menier fit ses �tudes, comme son grand p�re Gaston, au lyc�e Condorcet.
Alors que son fr�re Hubert jouait au polo � Bagatelle, Antoine passionn�
d'automobiles se lan�a dans la comp�tition et �tablit 11 records du monde
sur Alfa Rom�o.
A ces spectacles mondains, toute la jeunesse dor�e �tait pr�sente : jolies
femmes, banquiers, industriels ; Ren�e Vigne, la plus jolie et la plus
distingu�e fut immédiatement remarqu�e par Antoine lors d'un cocktail.
Paul Ponant, beau-fr�re de Ren�e, est dou� pour les chiffres et les statistiques,
il est recommand� par Gaston Menier aux maisons d'assurance : " Les Compagnies
du Soleil " qui se trouvait au 44 rue de Ch�teaudun, non loin du 56, si�ge
social de la maison Menier; pour quelle raison pareille ascension sociale
? L'histoire ne le dit pas ; cette promiscuit� et un go�t partag� pour
l'automobile devaient rapprocher les deux jeunes hommes.
Ren�e Vigne n'acquit en 1902 d'une fille m�re, Georgette Petithomme, couturi�re,
et Jean-Baptiste Vigne, cheminot, qui lui donnera son nom. M�re et fille
ain�e jouent de l'aiguille pour les salons de haute couture, Ren�e attire
l'attention de Maggy Rouff la cr�atrice de mode qui propulse la jeune
fille mannequin pour son premier d�fil�, et d�s lors, mannequin vedette
pour le tout Paris. Le coup de foudre est imm�diat entre Ren�e et Antoine,
un ravissant studio parisien abritera d�sormais leur amour naissant au
grand dam de Simonne Menier pour qui la diff�rence de classe sociale n'�tait
pas � n�gliger.Elle consentira au mariage de son fils � une roturi�re,
tardivement en 1961. Ren�e, d�c�d�e en 1981, et Antoine, n'eurent pas
d'enfant, ils �panch�rent leur affection sur Jacques, fils de Paul Ponant
et Marcelle Vigne, s�ur cadette de Ren�e. Jacques Ponant est le filleul
de Ren�e Vigne, son l�gataire universel et neveu d'Antoine. (Mémoire
de Jacques Ponant)
Parmi
les visages sympathiques qui ont marqu� ma jeunesse de leur empreinte
et ont continu� par la suite � illuminer mon existence de leur rayonnement
au cours de fr�quences rencontres, se d�tache celui d'Antoine menier de
la lign�e des chocolatiers. Nous nous sommes connus peu apr�s la fin de
la guerre de 1914 1918 � Paris sur les bancs du lyc�e Condorcet o� nous
faisions tous les deux notre philosophie. Nous suivions avec un int�r�t
fervent le cours de l'�minant
professeur
Lachelier qui marchait sur les traces de son illustre p�re et nous captivait
litt�ralement.
Antoine menier et moi d�croch�mes notre baccalaur�at de philosophie en
fin d'ann�e scolaire et quitt�mes cr�nement le lyc�e Condorcet pour accomplir
chacun notre destin, celui d'Antoine �tait tout trouv�. Apr�s ses inscriptions
� la facult� et l'accomplissement de son service militaire, un fauteuil
de choix l'attendait rue de Ch�teaudun. Il s'installa au si�ge social
de la fabrique de chocolat, sans pour autant, abandonner ce qui le s�duisait.
Sensible et �motif, il �tait po�te � ses heures et se plaisait � contempler
les bois et les champs. Modeste et simple, il s'�loignait de la splendeur
du domaine qu'il avait h�rit� de son p�re : le ch�teau de Chenonceau.
Cette demeure historique ne l'attirait pas outre mesure il pr�f�rait passer
ses dimanches dans une modeste maison de campagne en Seine-et-Marne, et
il abandonnait volontiers la visite de la r�sidence royale aux touristes
f�rus de notre glorieux Pass�.
Antoine menier participait aux chasses organis�es par son oncle Jacques
menier dans les for�ts d'Ardennes. Les serfs, les biches, les chevreuils
y �taient si abondants que les invit�s, au nombre desquels je me trouvais
parfois, ne devaient tirer qu'� balles. Jacques menier, grand seigneur
dans l'�me, �tait entour� d'une v�ritable cours, hommes et femmes, pour
qu'il faisait r�server tout un wagon de premi�re classe � la gare de l'Est.
Derri�re les chiens qui jappaient, les cors et les rabatteurs en blouse
blanche, nous partions jusqu'aux layons. Jacques menier arrivait toujours
� la derni�re minute, pilotant un tank qu'il avait fait sp�cialement �quiper
pour lui et �crasant ou arrachant tout sur son passage, monticule de terre,
tas de cailloux, arbres. Antoine
Menier et moi nous nous placions habituellement l'un pr�s de l'autre.
Que deux fois , ai-je vu mon camarade viser une biche inoffensive qui
sautillait devant nous, puis baisser son fusil sans tirer et dire : "
pourquoi tuer de si gentils animaux ? "
Antoine
menier portait toujours en sautoir une vis attach�e � une ganse noire.
Il �tait radiesth�siste et cette vis lui servait de pendule. Il me racontait
qu'il avait d�cel� gr�ce � elle, l'emplacement du corps d'un noyer entra�n�
par le courant d'une rivi�re et qu'on ne parvenait pas � retrouver.
La d�claration de guerre de 1939 nous s�parera, Antoine et moi. Nous nous
retrouv�mes par hasard un jour � Meaux. Il �tait affect� en qualit� de
lieutenant. Moi-m�me, lieutenant au secr�tariat g�n�ral du conseil sup�rieur
de la D�fense nationale, j'avais fr�quemment � me rendre au ch�teau de
Mondon, pr�s de La Fert�-sous-Jouarre, ou stationnait l'Etat-Major du
g�n�ral Georges. C'est ainsi que je traversais Meaux o�, un apr�s-midi,
je reconnu Antoine menier pris � partie par un commandant, un officier
d'administration para�t-il, qu'il avait omis de saluer. " Qu'est-ce que
vous faites dans le civil?" Avait questionn� le commandant "."
Je suis dans le chocolat "." Ah oui, encore un fain�ant " Antoine
racontait l'anecdote avec un sourire amus�. Ce soir l� je le ramenais
� d�ner � notre propri�t�, pr�s de la Fert�-sous-Jouarre o� se trouvait
ma femme. Antoine ne put voir que l'int�rieur de la maison car il faisait
nuit � notre arriv�e et il devait rentrer pour minuit � son cantonnement.
Il voulut cependant parcourir le parc dans les t�n�bres, entendre le bruissement
du vent dans les arbres et regarder la sombre silhouette des sapins �
la lueur de la lune. M�me pendant ces heures inqui�tantes des hostilit�s,
la po�sie continuait � habiter son �me. Aussit�t apr�s la guerre, Antoine
pris la t�te des usines de chocolat que la famille Menier dirigeait de
p�re en fils depuis si longtemps.
LE CRÉPUSCULE DES LIEUX
Les
3 associ�s que sont Jacques, Antoine et Hubert Menier de la Soci�t� en
Nom Collectif �MENIER� au capital de 210 millions de francs d�cident �
l�unanimit� du changement de statut de leur entreprise. La S-A-R-L �CHOCOLAT-MENIER�
voit donc le jour le 22 d�cembre 1948, r�git par la loi du 8 mars 1925.
Le pr�c�dant statut datait du 12 juillet 1879 suivant la volont� d�Emile
Justin Menier p�re, unique g�rant, d�sireux de p�renniser son entreprise
au travers de ses 3 fils Henri, Gaston et Albert. Engagement de 30 ann�es
sign� devant Maitre Duplan, notaire � Paris et qui, par prolongations
successives, devait expirer en juin 2036, le dernier acte datant du 27
juin 1939, sign� chez Maitre Henri Jourdain. La soci�t� a pour objet principal
la fabrication et la vente du chocolat et de sa confiserie mais �galement
tout ce qui se rattache � cette industrie directement ou indirectement.
Le si�ge social reste inchang� au n� 56 de la rue de Ch�teaudun � Paris,
le capital est toujours de 210 millions de francs divis� en 2 100 parts
sociales de 1 000 francs appartenant par tiers � chacun des associ�s.
En juin
1949, nouvelle assembl�e�; Antoine Menier en rappelle le sujet : fixer
la r�mun�ration des g�rants. Apr�s un �change de
vue
entre les membres de l�assembl�e, personne ne demandant plus la parole,
Antoine met aux voix la r�solution suivante : �L�assembl�e g�n�rale, apr�s
avoir d�lib�r�, d�cide que seul Antoine et Hubert Menier percevront un
traitement en qualit� de g�rant, � l�exclusion de Jacques Menier qui d�clare
renoncer � �tre appoint� en qualit� de g�rant. Que le traitement d�Antoine
et Hubert Menier est fix� pour chacun d�eux � compter du 1er janvier 1949
� 300 mille Francs par mois.� Novembre 1949, acte �tabli devant notaire,
Maitre Henri Jourdain : augmentation du capital qui s��l�ve d�sormais
� 600 millions de Francs divis�s en 6 mille parts d�une valeur du 100
mille Francs chacune et distribu�es part tiers � chacun des associ�s,
soit 2 000 parts. D�cembre 1949, nouvelle assembl�e en vue de statuer
sur l�opportunit� de la distribution d�un acompte de dividende sur les
b�n�fices de l�exercice social s��tendant du 1er juillet 1948 au 30 juin
1949. A cet �gard, il communique � l�assembl�e un bilan arr�t� qui fait
ressortir des b�n�fices substantiels et une situation de tr�sorerie favorable.
Hubert Menier propose donc de mettre imm�diatement en distribution, un
acompte de 150 millions de Francs qui sera � partager entre associ�s proportionnellement
� leur nombre de parts et � leur fonction de g�rant pour Hubert et Antoine.
La chocolaterie retrouve son niveau d�affaires de 1920, mais les dommages
de la guerre et un endettement excessif handicape l�entreprise. Dans ce
contexte stationnaire, CHOCOLAT-MENIER reste leader mais ce classement
est trompeur, les exportations ne repr�sentent que 2% de la production
totale, le mat�riel est obsol�te et la rentabilit� est trop faible pour
un autofinancement.
En novembre 1950, Jacques Menier c�de 500 parts � Hubert moyennant la somme de 50 millions de Francs convertie en rente viag�re annuelle de 4 millions de Francs index�s sur l�inflation. 1950 est encore une ann�e b�n�ficiaire, 178 millions donc 21 pour les associ�s. Les 44 millions de Francs de b�n�fice de l�exercice 1951 ne permettent pas de faire face aux obligations fiscales. Hubert Menier propose de pr�lever les sommes n�cessaires sur la �r�serve tax�e� soit 80 millions de Francs, les associ�s se contentant de 14 millions � partager. Les r�sultats de 1952 enregistrent une perte de 192 millions de Francs, aucune distribution de dividendes n�est � l�ordre du jour. 1953 se solde par un b�n�fice de 80 millions de Francs. Hubert fait observer que ce b�n�fice n�est susceptible que d�amortir partiellement le d�ficit de l�exercice pr�c�dent mais que la soci�t� se doit de mettre � disposition des associ�s les sommes n�cessaires pour acquitter l�imp�t des personnes physiques dont ils sont redevables.En septembre de la m�me ann�e, Antoine et Hubert restent seuls membres de la soci�t� apr�s la mort de Jacques Menier, Hubert sollicite une assembl�e g�n�rale pour consentir une d�l�gation de pouvoir en raison de son �tat de sant�. Les pouvoirs attach�s � sa fonction seront donc attribu�s � sa femme, Odette Gazay. Tous les actes qu�elle sera amen�e � faire en vertu de sa d�l�gation auront lieu sous la responsabilit� d�Hubert Menier. Ce dernier d�l�gue � sa femme les pouvoirs n�cessaires pour le repr�senter en sa qualit� de co-g�rant de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER et valider toutes les d�lib�rations et d�cisions collectives qu�il serait utile de prendre.
En mars 1954, nouvelle augmentation du capital par un apport en nature d�une valeur de 61 millions de Francs ce qui correspond, sur la commune de Noisiel, � un groupe de constructions � usage de logements pour ouvriers comprenant 20 logements et une construction situ�e au lieudit �Le Buisson�, � usage de logements pour retrait�s comprenant 10 logements. En juin 1954, les b�n�fices de l�entreprise s��l�vent � 113 millions pour 63 millions � r�partir entre les associ�s. Une modification des statuts s�op�re ; la soci�t� pourra d�sormais �tre administr�e et g�r�e par des personnes autres que les associ�s, mais dans le m�me temps les Menier assurent leurs arri�res en conservant les parts d�un des leurs en cas de d�c�s. En cas de d�c�s d�Antoine et Hubert, les parts revenant alors � Odette Gazay.
En 1955, nouveau d�ficit de 375 millions de Francs�; pas de compensation par les r�serves constitu�es, les dividendes ne seront pas partag�s. En 1956, 32 millions de pertes, les Menier d�cident d�emprunter aupr�s du Cr�dit Notarial 250 millions au titre d�un emprunt d��quipement � moyen terme. Il devient urgeant de proc�der � des investissements tant pour r�nover le mat�riel de production que pour accroitre le potentiel de l�usine de Noisiel. Fran�ois Tavernier, Directeur G�n�ral de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER est mandat� pour pr�senter la demande d�emprunt.
En 1957, Le montant de la r�mun�ration mensuelle et de l�indemnit� forfaitaire allou�e � chacun des g�rants ne leur permet plus de faire face � leurs obligations personnelles, la r�mun�ration mensuelle passe donc de 500 mille Francs � 100 mille Francs et l�indemnit� forfaitaire de 200 mille Francs � 300 mille Francs, d�cision qui pr�c�de l�augmentation du capital de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER par l�apport d�actifs appartenant � la soci�t� du CHOCOLAT-LOMBART - Acte sign� par Fran�ois Tavernier, Directeur G�n�ral de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER et Georges Faure, Pr�sident de la soci�t� du CHOCOLAT-LOMBART -. 881 mille Francs sont inject�s dans le capital qui se monte � 662 millions de Francs. Six nouveaux actionnaires entrent dans le capital CHOCOLAT-MENIER. CHOCOLAT-LOMBART apporte �galement une propri�t�, avenue de Choisy, � usage industriel, comprenant immeubles et divers b�timents d�saffect�s. L�ensemble de ces op�rations permettra de d�gager un b�n�fice de 117 millions de Francs. Les comptes arr�t�s de 1958 r�v�lent une perte de 389 millions de Francs. Les associ�s d�cident de renoncer d�finitivement � toute attribution d�int�r�ts sur leurs comptes courants aux titres des exercices 1958, 1959, 1960.
En
1959, Odette Gazay devient avec Antoine les seuls g�rants de l�entreprise
apr�s la mort d'Hubert Menier. Nos 2 g�rants habitent sur Paris�: n�8
rue Monsieur pour Antoine et Cours Albert 1er au n� 26 pour Odette. Odette
agit �galement au sein de l�entreprise, au nom de ses enfants mineurs,
que sont Pauline et Jean-Louis. En cette ann�e troubl�e, nos 2 g�rants
historiques d�cident de d�missionner de leur fonction. Repr�sent�s par
leur mandataire Michel Tartrat au conseil de g�rance, la collectivit�
des associ�s prend acte et nomme ce 10 octobre Ren� Lange, seul g�rant
de la soci�t�. Ce dernier n�occupera que bri�vement sa fonction car remplac�
en d�cembre de la m�me ann�e par Pierre Hecker demeurant � Paris.
Le 9
avril 1960 sonne le glas des esp�rances, l�Assembl�e G�n�rale approuve
le bilan et les comptes de l�exercice 1959 qui se solde par des pertes
� plus de 900 millions de Francs qui, cumul�es avec l�exercice 1958, d�passe
le milliard de Francs. Des mesures de redressement sont prises, le capital
est port� � 7 millions de nouveaux Francs et la soci�t� CHOCOLAT-MENIER
change de statut pour devenir Soci�t� Anonyme. Le 18 mai 1960, dans le
cadre de la fusion d�int�r�ts avec l�entreprise CHOCOLAT-ROZAN, les dettes
que l�usine de Londres g�n�re soient 280 mille nouveaux Francs sont �pur�es.
L� s�arr�te la Saga Menier, l�entreprise familiale bascule dans l�anonymat,
les membres de la famille Menier quitte Noisiel, Antoine abandonne son
mandat de maire. Les enfants d�Hubert et d�Odette, Jean-Louis et Pauline
quitte Noisiel pour le Loir-et-Cher, � Mer, non loin du Ch�teau familial
de Chenonceau.
( Source : Saga-Menier, comptes rendus des assembl�es g�n�rales de la
S-A-R-L CHOCOLAT-MENIER)
ALBERT EHRMANN

Albert Ehrmann d�tenteur du dipl�me d'ing�nieur agronome obtenu en 1913 est nomm� r�gisseur du domaine de Noisiel en 1930 et plus particuli�rement de la Ferme du Buisson. Il remplace Mr Valdder retrouv� pendu le 26 mai de la m�me ann�e sous le kiosque de son jardin.
La
soci�t� menier comprenait l'usine et le domaine, le domaine �tait consid�rable,
il s��tendait sur une superficie de 1500 hectares allant de l�usine, au
nord sur la marne et au sud, bois�e ou en culture qui s'�tendait jusqu'�
la voie ferr�e Paris Belfort. La partie la plus importante du domaine,
�tait constitu�e par trois fermes : la ferme du Buisson, la ferme de Lognes
et la ferme d'Emerainville. La construction de la ferme du buisson, engag�e
au d�but des ann�es 1885, constitue le point d'orgue d'une d�cennie marqu�e
par la restructuration du domaine dont les Menier s'�taient rendus propri�taires.
Le souci de g�rer de fa�on coh�rente un ensemble regroupant les terres
de cinq exploitations conduit � la mise en place d'un dispositif dans
lequel la ferme du buisson est l'�l�ment pr�dominant. Ce choix se traduit
par la mise en �uvre d'un programme architectural dont la r�alisation
s��chelonne de 1880 � 1888.
Celle-ci commence avec la construction par Louis Logre d'un vaste b�timent
� deux niveaux dit "la grange �table" qui occupe le milieu de la cour.
L'�dification des b�timents encadrant la cour centrale intervient dans
les ann�es suivantes mais le projet qui pr�voyait deux granges sym�triques
� l'Est et � l'Ouest n'est pas men� � son terme.
La r�alisation de l'ensemble s'ach�ve entre 1884 et 1888. En 1889, la
ferme est �lectrifi�e et �quip�e du t�l�phone. Elle est dot�e des machines
les plus perfectionn�es et les esp�ces s�lectionn�es par le laboratoire
de l'usine ou acquises aupr�s des meilleurs �levages, permettent d'obtenir
de tr�s hauts rendements.
La r�putation d'intense innovation qu'acquiert l'�tablissement de Noisiel
lui vaut d'accueillir deux concours de machines agricoles de l'exposition
de 1889 et d'�tre � cette occasion, visit� par le pr�sident Sadi
Carnot. Suite � la vente des biens de la famille Menier en 1968, l'Etat
rach�te la ferme du buisson pour en faire un Centre d'art et de culture
qui a ouvert ses portes en 1990. 8 km de voies ferr�es reliaient les fermes
� la gare de d'Emerainville
o� un employ� s�s�journait � l�ann�e. La voie ferr�e traversait la plaine
et les bois pour p�n�trer dans les fermes ou terminer sa course dans les
diff�rents b�timents de la chocolaterie.

Brochure éditée
par le Comité pour l'érection du monument
Le
4 juillet 1919, � l'occasion de la f�te, de l'ind�pendance des Etats-Unis,
Maurice Damour, d�put� des Landes et futur pr�sident du comit�, proposa
de comm�morer par un
monument grandiose l'intervention am�ricaine dans la guerre. L'id�e
fit son chemin et un projet monumental fut choisi pour voir le jour sur
la c�te de l'Atlantique, � la pointe de Grave, " face � la statue de la
Libert� �clairant le monde qui domine la rade de New-York ".
Le monument se dressera sur le rivage qui vit partir, en 1777, La Fayette et ses compagnons d'armes et o� d�barqu�rent en 1917 les arm�es am�ricaines. L'ex�cution du m�morial fut confi�e au ma�tre statuaire Bartholom�. La Chambre des d�put�s, s'associant � la r�alisation de l'entreprise, vota, pour la participation de l'Etat, un cr�dit d'un million de francs. Plus de mille municipalit�s envoy�rent leur contribution ; le montant souscrit d�passa 400,000 francs ; mais il convenait que tous les Fran�ais puissent apporter leur pierre, grande ou petite, au monument qui devait t�moigner de " l'indissoluble amiti� de notre pays pour la d�mocratie am�ricaine ". Une souscription nationale s'ouvrit dans ce but. L�on B�rard, ministre de l'instruction publique, autorisa le comit� � faire appel � la jeunesse des �coles, lyc�es et coll�ges de France. Les souscriptions furent envoy�es � Gaston Menier, s�nateur, tr�sorier du comit� d'organisation, au 56, rue de Ch�teaudun, Paris. Le comit� form� pour l'�rection du monument �dita une brochure, " De La Fayette au Pr�sident Wilson ", qui fut distribu� aux donateurs d�s le mois de Juin ; Gaston menier en �tait le signataire. La premi�re page reprendre tous les noms du comit� et les huit autres relatent l'�mergence de la d�mocratie am�ricaine et sa contribution d�cisive dans le premier conflit mondial.
Quelques jours avant la pose de la premi�re pierre, Le Pr�sident de la R�publique, Raymond Poincar�, re�u : M. Maurice Damour, d�put�, " pr�sident du Comit� du monument comm�moratif de l'intervention am�ricaine " et. M. Gaston Menier, s�nateur, tr�sorier du Comit�, accompagn�s du pr�fet de la Gironde, d'�lus du d�partement et du Pr�sident de la Chambre de commerce de Bordeaux. Cette d�l�gation avait pour mission d'inviter le chef de l'Etat � participer � la pose de la premi�re pierre du monument, le Pr�sident de la R�publique accepta de se rendre � la Pointe de la Grave. Le S�nat d�cida �galement de se faire repr�senter par une d�l�gation de dix membres. Le 6 septembre 1919, jour anniversaire de la naissance de La Fayette, le pr�sident de la R�publique, entour� de l'ambassadeur des Etats-Unis, du chef de la d�l�gation am�ricaine � la conf�rence de la paix, de d�l�gations de la Chambre des d�put�s et du S�nat et de contingents de l'arm�e et de la marine am�ricaines et fran�aises scella la premi�re pierre de l'�difice. Le monument comm�moratif sera inaugur� le 4 septembre 1938, en pr�sence de M. Georges Bonnet, ministre des Affaires �trang�res, et de M. William Bullitt, ambassadeur des Etats-Unis.
Le
Conservatoire national des arts et m�tiers f�te le 21 mai 1931
le centenaire de l'abb� Gr�goire, son fondateur. M. Paul Painlev�, pr�sident
depuis 1908 du conseil d'administration de l'�tablissement d'instruction
scientifique et technique, en fait l'�loge en ces termes : "L'homme, qui
entama une guerre sans merci contre l'ignorance et l'esclavage, m�rite
la reconnaissance de l'humanit� pour les activit�s qu'il a suscit�es dans
diff�rents domaines et l'exemple qu'il a donn� de son amour de la justice
et des travailleurs." M. Painlev� y discerne un pr�curseur de l'�cole
unique, que la politique a quelque peu d�figur�e, et de l'enseignement
agricole, qui est encore � l'ordre du jour. Avant lui, Gaston Menier,
vice-pr�sident du Conseil d'administration depuis 1919, pr�sident du Conseil
de perfectionnement et en m�me temps pr�sident de la Soci�t� des Amis
du Conservatoire national des Arts et M�tiers, avaient rappel� comment
l'abb� Gr�goire avait r�alis� le groupement des collections de l'ancienne
Acad�mie des sciences, de l'h�tel d'Aiguillon, de Vaucanson (qui fut le
premier initiateur de l'institution) dans les b�timents de l'ancien prieur�
de Saint Martin des-Champs, o� est encore le Conservatoire des arts et
m�tiers. Puis M. Painlev�, ancien pr�sident du Conseil, inaugura le buste
de l'abb� install� depuis deux jours dans l'une des salles du mus�e attenant
au Conservatoire. Pendant la c�r�monie, des ch�urs interpr�t�rent divers
chants.
Durant
pr�s de 20 ans de pr�sidence du Conseil de perfectionnement du Conservatoire
Gaston Menier participa activement � son d�veloppement et � sa modernisation,
il mit au point un programme en vue d'assurer la rationalisation des m�thodes
de travail dans les diff�rentes sections du laboratoire d'essais : physique,
chimie, m�taux, mat�riaux et machines. Il introduisit Ie cin�ma pour les
cours et les recherches, la prise de vues au ralenti permettant, en particulier,
de reconstituer les mouvements les plus secrets de la nature.Le Conservatoire
comptait alors 8.000 auditeurs auxquels il fallait assurer place et confort.
Le probl�me �tait difficile ; enserr�s de tous c�t�s, l'�tablissement
ne pouvait s'agrandir en hauteur � cause des servitudes historiques, c'est
donc sous terre que la solution fut trouv�e : le 6 octobre 1933, une d�l�gation
pr�sid�e par M. Gaston Menier s'�tait rendue � l'Elys�e pour demander
� M. Albert Lebrun, Pr�sident de la R�publique, de bien vouloir pr�sider
l'inauguration des trois nouveaux amphith��tres creus�s sous la Cour d'Honneur,
ces amphith��tres, creus�s profond�ment dans le sol, assuraient les meilleures
conditions d'hygi�ne, de confort et d'acoustique. Gaston Menier entretenait
un lien affectif avec le Conservatoire, ing�nieur de formation et passionn�
d'automobile, il fut parmi les premiers clients de l'automobile, il commanda
une Serpollet,
premi�re voiture � vapeur � quatre places que l'on d�couvrit lors de l'exposition
universelle de 1889. Voiture � vapeur qui n�cessitait une
chaudi�re, situ�e � l'arri�re et chauff�e au coke. Pour acc�der
� sa m�canique Gaston Menier devait faire basculer toute la carrosserie,
ce qui devait mettre ses passagers à contribution. Plus tard, il
fit don � l'institution d'un quadricycle Peugeot de 1893, premi�re voiture
automobile, munie d'un moteur Daimler.
Conf�rence faite le 3 mars 1918 au Conservatoire National des Arts et M�tiers PAR M. Gaston MENIER S�nateur
Gaston
Menier, s�nateur, vice-pr�sident de la Commission de l'arm�e, Pr�sident
de la Commission de l'A�ronautique en 1917 est un fervent partisan de
la 5�me arme, comme on aime � qualifier l'aviation dans sa premi�re exploitation
durant la premi�re guerre mondiale. Gaston Menier �tait conscient des
r�ticences au changement qui privil�giait encore " L'�cole du plus lourd
que l'air sur l'�cole du plus l�ger que l'air ". Mais pendant ce temps
�tait n�e l'automobile, qui avait d� son rapide d�veloppement au moteur
� gazoline. Gr�ce � l'automobile et au perfectionnement continu de son
moteur, qui devenait sans cesse plus puissant, plus s�r en m�me temps
que l�ger, on devinait d�j�, la clef de la conqu�te de l'air. Actif et
d�termin�, il pr�sida une conf�rence au Grand amphith��tre de la Sorbonne
en 1917 sur " L'Effort de l'aviation et de nos aviateurs ". Il anima la
conf�rence du 3 mars 1918 au Conservatoire National des Arts et M�tiers
sur " L'aviation et la guerre " ou il magnifia l'�uvre des constructeurs,
l'effort des dirigeants de l'aviation et l'h�ro�sme des aviateurs. Gaston
Menier venait de subir dans sa chair, la disparition de son fils, Jacques
Menier aviateur, dans un premier temps disparu mais qui fut retrouv�,
gravement bless� mais captif ; il ins�ra dans son expos� ces quelques
phrases empreintes de solennit� et de d�licatesse :
" Et quel h�ro�sme admirable pour ce pilote qui, se sentant vou� �
une mort certaine, essaie, en se pr�cipitant vers le groupe ennemi, d'accomplir
un supr�me exploit " en vendant sa peau le plus cher possible ", comme
me l'�crivait un pilote qui m'est cher, et, gri�vement br�l�, paie son
sacrifice d'une dure captivit� dans un h�pital allemand " !
On pouvait ainsi se rem�morer la trag�die que v�cu quelque temps plus
t�t son fils :
" Menier Jacques sergent de r�serve, matricule 572 au 3�me groupe d'aviation,
revenu souvent avec un avion cribl� de balles et d'�clats. Le 20 ao�t
1917, apr�s une lutte tr�s dure, rentr� au terrain avec un avion endommag�
par les bailes, est parti sur un autre appareil et a livr� aussit�t un
nouveau combat au cours duquel il fut aux prises avec 6 appareils ennemis.
A mis hors de combat deux de ses adversaires, tandis que lui-m�me, bless�
� la nuque, gravement br�l�, tombait dans les lignes allemandes apr�s
avoir �puis� toutes ses munitions et combattu jusqu'au bout. Est rentr�
en France en octobre 1918 encore d�figur� et non gu�ri de ses blessures
".
La conférence de 2h30min se termina en ces termes:
"S'il est moins brillant dans ses �volutions que l'avion de chasse,
il n'en a pas moins un r�le glorieux � remplir, comme nous l'avons vu
ci-dessus. De tous c�t�s nous donnons nos soins � une intense production
d'avions. Nos alli�s anglais font �galement un effort consid�rable en
ce sens, et bient�t les Am�ricains, dont les pilotes volontaires avaient
d�j� form� la fameuse escadrille Lafayette, vont nous apporter leur contribution
d'une �norme production de moteurs et d'avions. Il en faut beaucoup, comme
vous le savez, car la vie de l'avion est br�ve ; quelques dizaines d'heures
en moyenne. C'est une libellule qui vit et qui meurt dans l'�ther. Mais
cette existence �ph�m�re n'aura pas compromis l'avenir de l'aviation tel
que nous pouvons d�s maintenant l'entrevoir pour l'apr�s-guerre. L'avion
reprendra son r�le utilitaire, d'autant plus important que la guerre aura
fait accomplir � l'aviation, dans les plus difficiles conditions, les
progr�s les plus rapides et les plus merveilleux. En attendant, n'en doutons
pas, l'avion nous apportera la victoire, et la plus belle invention sortie
du cerveau de l'homme aura ainsi servi la juste cause du Droit et de la
Libert�".
Gaston
Menier �tait un collectionneur d'art des plus r�put�s, h�ritage culturel
que sa m�re, collectionneuse �galement, lui insuffla; Gaston avait r�uni
dans son h�tel de Paris Monceau, dans ses ch�teaux de Chenonceau et de
Noisiel de pr�cieux tr�sors. Ses tendances le portaient de pr�f�rence
vers les grands si�cles de l'art fran�ais. Tableaux, dessins, gravures,
fa�ences hispano-mauresques, porcelaines de S�vres, objets de vitrine,
bronzes, si�ges, meubles et 27 tapisseries composaient sa superbe collection,
qui allait subir le sort de beaucoup d'autres et passer en vente publique.
Lors de la dispersion de la premi�re partie de sa collection, le 24 novembre
1936 � la galerie Charpentier, tableaux, objets d'art, meubles anciens
ont atteint de tr�s hauts prix : un portrait par Nattier de grande taille
repr�sentant Madame de Laporte, n�e
Caumartin, en nymphe chasseresse, un fil de perle retenant sa
tunique ouverte sur une gorge charmante ; elle tient l'arc de la main
gauche et tire une fl�che du carquois pos� aupr�s d'elle: adjug� 887.375
francs et un buste par Houdon de Jean de La Fontaine
acquis par Gaston Menier à la vente du château de Valençay
en 1899 qui trouva preneur pour 1.064.850 francs. Une première
vente qui rapporta 4.223.700 francs.
Une deuxi�me vente fut n�cessaire et annonc�e pour les 7 et 8 d�cembre 1936, � l'H�tel Drouot, cette fois-ci, bien que les vacations pr�vues ne soient pas de l'importance de celles de novembre, nombre de pi�ces de cette deuxi�me vente furent dignes d'int�resser les amateurs les plus difficiles. De tr�s belles gravures en noir et en couleur des �coles fran�aise et anglaise des XVIIIe et XIXe si�cles, des tableaux anciens, etc. Les meubles et objets d'art �taient d'excellente qualit� et comprenaient des fa�ences et porcelaines fran�aises et �trang�res, des sculptures anciennes en marbre et en bois, des bronzes d'art et d'ameublement, des si�ges de la R�gence � la fin du XVIIIe si�cle et de beaux meubles en marqueterie en acajou et bois sculpt�. De magnifiques tapisseries compl�taient cet ensemble en particulier de belles tentures de Bruxelles, des Flandres et d'Aubusson royal de la fin du XVIe au XVIIIe si�cle. La ventre produisit 541.945 francs soit pour les 2 ventes : 4.765.645 francs
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Tapisserie
de Bruxelle de l'époque
Louis XIV. 2X4 m |
Tapisserie
des Fandres de l'époque
Louis XIV. 3x4 m |
Gaston
Menier connaissait les joies du collectionneur. D�s qu'il le pouvait,
il s'adonnait � cette chasse passionnante du bibelot rare, de l'objet
d'art introuvable. En 1897 il acquit lors de la dispersion des �uvres
des Goncourt chez Drouot des dessins, aquarelles et pastels du dix-huiti�me
si�cle. De Pierre-Antoine Baudouin "Les Soins tardifs" pour 3.750 Fr,
"L'Indiscret" pour 8.000 Fr. De de Boucher "Acad�mie de femme" pour 18.500
Fr. De Fragonard "Dites donc, s'il vous pla�t !" pour 12.000 Fr, "La Culbute
pour 18.100 Fr et "Des Cascatelles".Il aimait surtout tirer la grosse
pi�ce, les tapisseries sans d�faut, de style et historiques. Certes, les
toiles ou les plafonds qui ornaient les salons du rez-de-chauss�e du 61
rue de Monceau avaient une valeur artistique incomparable. Mais c'�tait
les tapisseries qui apparaissaient hors de pair. La s�rie historique du
grand salon, quatre larges panneaux, pouvaient rivaliser avec les plus
beaux sp�cimens des �uvres fran�aises. Elle avait �t� command�e par Louis
XVI suivant le modèle de Le Barbier � Beauvais en 1790, avec deux
canap�s et douze fauteuils assortis, pour �tre envoy�e � Washington, en
souvenir du trait� de Versailles de 1783. D'une fra�cheur et d'un �clat
de coloris magnifiques, elle repr�sentait les quatre parties du monde
: l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Am�rique.
Sur l'une des tapisseries, l'Afrique, on voyait la France, sous les traits,
de Marie-Antoinette, qui traitait, avec les reines d'Ethiopie. Dans celle
consacr�e � l'Am�rique, la France terrassait l'Angleterre. Tout cet ensemble,
non livr� par suite de la R�volution, d�corait depuis 1893 l'h�tel de
M. Gaston Menier.Un soir pr�c�dant l'ouverture de l'Exposition Coloniale
de 1931, Gaston Menier avait convi� � d�ner, dans son h�tel de la rue
de Monceau, le Mar�chal Lyautey, Commissaire G�n�ral de l'Exposition Coloniale
et la mar�chale. Apr�s le d�ner on passa dans le grand salon o� �tait
r�serv�e une surprise devant "l'Asie", l'une des tapisseries repr�sentant
les parties du Monde, les h�tes se trouv�rent face � une voiturette attel�e
d'un �ne qui �tait le mod�le de celle qu'offrait le chocolat Menier �
l'usage des visiteurs de l'Exposition coloniale. La Mar�chale Lyautey
exprima le d�sir de s'asseoir dans la voiturette aux c�t�s de Gaston Menier
et de s'y faire photographier.
Les
premiers Gobelins de la salle � manger, du salon de famille du premier
�tage, ainsi que la tapisserie repr�sentant le ch�teau
de Monceaux, d'apr�s Charles Le Brun, pi�ce tiss�e en laine et
soie, sign�e Jean de la Croix, compl�taient harmonieusement cette collection
de prestigieuse valeur. Un
dernier mot sur l'�crin majestueux que repr�sentait cet l'h�tel situ�
au 61 de la rue de Monceau ; construit en 1890 par Charles Garnier pour
Abraham de Camondo, celui-ci le revendit presque aussit�t � Gaston Menier.
Une t�te de Mercure orne la clef de vo�te de la porte principale, deux
lions soutiennent le balcon domin� par une large fen�tre, un groupe de
chevaux marins sortant du fronton et coiffant la large baie sont de Dalou.
De lui aussi, la t�te entour�e de roseaux qui orne le comble. Les masques
de faune plac�s au-dessus des baies lat�rales d'entr�e, les huit masques
de femmes qui se trouvent au-dessus des crois�es lat�rales du premier
�tage et toutes celles de l'�tage sup�rieur sont du m�me auteur. M. Lefebvre,
décorateur, fit �galement ex�cuter par Dalou les mod�les des quatre
cariatides : L'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Am�rique. Un tr�s bel escalier
int�rieur, r�plique de celui de l'Op�ra, un
porche � doubles colonnes, surmont� des initiales " G
M ", entre deux pavillons donnant sur l'enfilade de la rue de
T�h�ran. Il compl�te l'h�tel de Camondo (le mus�e actuel) dont il est
mitoyen. Si Gaston Menier savourait les joies du collectionneur il en
partageait �galement les affres ; en 1906 il fut victime d'un cambriolage,
plusieurs vitrines de deux des salons de son h�tel furent fractur�es.
De nombreux bibelots, statuettes, cachets, bonbonni�res, tabati�res, m�daillons
furent d�rob�s pour un montant de 80.000 � 100.000 francs. Le voleur n'�tait
autre qu'un ancien valet de chambre. Apr�s enqu�te et perquisition, tous
les objets vol�s � M. Menier furent retrouv�s au domicile de l'ancien
valet, ainsi que d'autres objets d'art provenant de vols ant�rieurs ;
car notre homme
était avant tout : un professionnel du larcin.
Gaston Menier était très attaché aux choses de l'art, ce qui le fit tout naturellement participer � La commission extraparlementaire que le sous-secr�taire d'Etat aux beaux-arts, M. Dujardin-Beaumetz institua pour �tudier les mesures � prendre en vue de d�fendre le Louvre contre l'incendie. Dans son r�le de rapporteur de la Commission sp�ciale, Gaston Menier �tablit un rapport tr�s circonstancier en indiquant les mesures � prendre pour pr�venir le " d�sastre ". C'est en 1905 qu'il en fit part � la Chambre des parlementaires.
" Actuellement, le Louvre est chauff� par vingt-deux calorif�res distincts ; les cabinets des conservateurs sont chauff�s par des chemin�es � bois, preuve indubitable de l'amour pour le progr�s. Ce sont l� des dangers permanents d'incendie. De plus, les calorif�res apportent des poussi�res et des fum�es tr�s nuisibles � la conservation de nos chefs-d'�uvre. Ces dangers sont augment�s par la disposition des planchers et des couloirs de d�gagement, aux �tages sup�rieurs. Les cloisons en bois forment des corridors tortueux, impraticables aux pompiers. De sorte qu'il suffit d'une flamm�che pour mettre le feu aux tapis, toiles et dessins plac�s au-dessus de nos salles les plus pr�cieuses. Les dangers que fait courir au Louvre l'installation du minist�re des colonies dans le m�me �difice, place le Louvre dans les meilleures conditions d'incendie. Les vents r�gnants, � Paris, soufflent de l'ouest et du sud-ouest. N'�tant arr�t�s par aucun obstacle dans cette partie d�couverte, ils propageraient avec une telle rapidit� l'incendie qui se serait d�clar� dans le pavillon de Flore que le Louvre serait bient�t envelopp� tout entier par les flammes.
Voici donc les mesures � prendre sans d�lai : d�m�nagements et transferts du Minist�re des Colonies et du Minist�re des Finances ; d�placer les cabinets des conservateurs ; remplacement de tous les syst�mes dangereux de chauffage ; suppression de toutes les chemin�es et �tablissement de calorif�res, soit � vapeur, soit � eau chaude, avec foyer ext�rieur ; externaliser tous les ateliers de rentoilage, r�paration, menuiserie, collage ; suppression des cloisons en bois et remplacement par des cloisons en briques ; sectionner les combles par des cloisons en briques, de mani�re � localiser le feu et emp�cher son extension ; brancher les bouches d'incendie install�es cour du Carrousel sur une conduite plus importante ; exiger que les chevalets des copistes soient en bois inject� ; restreindre l'�clairage � l'huile ; remplacer les fermes en bois de la charpente du toit du vieux Louvre par des fermes en fer ; enfermer toutes les mati�res combustibles, chiffons gras, etc. ; entretenir les paratonnerres ; veiller avec le plus grand soin � l'application des r�glements d�fendant de fumer."
Gaston Menier endossait quelque fois l'habit de conf�rencier ; au pavillon de Flore, deux fois par semaines, des lectures ou des causeries �taient dispens�es et suivies par un public nombreux. Gaston Menier put y d�velopper ses souvenirs d'Egypte en montrant les photographies qu'il prit lui-m�me lors de ses fr�quents s�jours sur la terre des Pharaons.
Henri Menier, le fr�re de Gaston, �tait �galement un collectionneur compulsif, � sa mort en 1913, sa veuve, Thyra Seilli�re mis en vente la collection de son d�funt �poux. Pas moins de deux catalogues furent n�cessaires pour pr�senter tous les objets d'Art : fa�ences italiennes, porcelaines de Saxe, orf�vrerie allemande, pendules, chaises � porteurs, tra�neaux, meuble de salon en tapisserie Louis XVI, tapisseries des XVIe et XVIIIe si�cles, tapis orientaux, bronzes, pendules, tableaux anciens et modernes, furent expos�s et dispers�s le 5 mars 1914, Galerie Georges petit � Paris et le 24 mars � Drouot pour le reste de la collection.
Membre
de la Soci�t� des Ing�nieurs civils, M. Gaston Menier joint une solide
instruction technique et � un bagage de connaissances tr�s vari�es, acquises
au cours de ses nombreux voyages. L'article ci-dessous, n'est pas li�
directement � ce clich� photographique mais sa vraisemblance, sans avis
contraire, permet à priori de le rattacher.
Apr�s
les ing�nieurs am�ricains, voici les ing�nieurs anglais venus pour admirer
les merveilles de notre Exposition
de 1889 et pour constater les progr�s de notre industrie nationale.
Les membres du l'Institution of mecanical ingineers au nombre de cent
environ, ont �t� re�us par leurs coll�gues de la Soci�t� des ing�nieurs
civils, qui se sont mis gracieusement � leur disposition pour les accompagner
dans leur visite. Apr�s une cordiale r�ception � l'h�tel de la Soci�t�
des ing�nieurs civils, dans laquelle M. Eiffel, pr�sident, leur a souhait�
la bienvenue, les mecanical ingineers ont visit� la galerie des machines,
les ateliers Edison, les �gouts de Paris et la tour de 300 m�tres o� un
d�jeuner leur a �t� offert au restaurant Br�bant. La journ�e d'hier a
�t� consacr�e � la visite des ateliers de Petit-Bourg. Les invit�s anglais
et fran�ais de M. Decauville, au nombre de deux cents environ, parmi lesquels
MM. Gottschalk, Br�ll Martin, Polonceaux, Gaston Menier, Picard, chef
de l'exploitation du P.-L.-M., Goschrrane, Aspinall, Kennedy, etc., sont
partis de la gare de Lyon, par train sp�cial, � neuf heures vingt du matin,
gracieusement offert aux ing�nieurs anglais par la Compagnie P.-L. M.
A 9 heures ils quittaient � Corbeil la ligne P.-L.-M. et montaient dans
le train Decauville qui les transportait rapidement aux vastes ateliers
de Petit-Bourg. M. Paul Decauville a souhait� la bienvenue aux visiteurs
anglais. " C'est la premi�re fois que le pavillon anglais flotte sur notre
�tablissement, dit-il ; j'esp�re, messieurs, que ce ne sera pas la derni�re."
Apr�s cette allocution, salu�e par trois salves de hurrahs, on entre dans
les ateliers, dont on admire la bonne organisation. Nous assistons d'abord
� la fabrication des traverses et des rails, et nous voyons fonctionner
une s�rie de machines construites avec une rare perfection. Les ing�nieurs
anglais remarquent surtout une machine � peindre les rails, d'une invention
tr�s ing�nieuse. M. Decauville fait ensuite man�uvrer devant nous un canon,
pi�ce de campagne, qui, mont�e sur de petits wagonnets, tourne, valse
avec une �tonnante rapidit� ; puis, c'est un canon de quarante-huit tonnes,
syst�me de Bange, plac� sur seize essieux, qui man�uvre avec non moins
d'aisance, et est plac� dans toutes les directions avec une rapidit� presque
instantan�e. Nous n'avons pas besoin de faire-valoir les avantages que
notre artillerie peut tirer de cette invention. Les rails et les wagonnets
Decauville ont �t�, du reste, adopt�s par le minist�re de la guerre. Les
ing�nieurs anglais ne tarissent pas d'�loges, et c'est au milieu d'un
concert de f�licitations que M. Decauville nous conduit, toujours dans
son train, son ch�teau, o� un somptueux d�jeuner nous est attend. Au dessert,
dans de nombreux toasts, les visiteurs anglais ont traduit leur admiration
pour notre industrie nationale et particuli�rement pour le Petit-Bourg
et leur distingu� directeur, M.Decauville. (Le Matin du 1889-07-07)
Souvenir offert par
Mr Gaston Menier Conseiller G�n�ral
Bien
avant que le nouveau pont ne soit inaugur� le 7 novembre 1897 par le ministre
du Commerce Mr Henri Boucher, Gaston Menier s'empara du dossier. Fraîchement
�lu conseiller g�n�ral de Seine
et Marne en 1891, il exprime, par sa correspondance du moment,
l'aspect politique du projet ou les int�r�ts de la Seine et Marne sont
privil�gi�s au d�triment de la Seine et Oise et de l'encombrant, Mr de
NICOLAY. Mais la praticit� du projet ne fait aucun doute, avant l'inauguration
du pont, les habitants de Vaires et Torcy devaient emprunter en amont
le pont de Lagny et en aval le pont � p�age de Gournay, soit 9 kilom�tres
dans tous les cas.
Aquarelle
repr�sentant le port de Noisiel, son moulin et son pertuis en
amont de la Marne vers 1830. Amarr�e au port (à gauche) une embarcation
� fond plat appel�e marnois. Utilis�e sur la Seine et la Marne jusqu'au
XIXe si�cle pour le transport des marchandises; elle pouvait mesurer entre
20 et 40 m�tres, dimensions pour lesquelles le port de Noisiel s'adapte
avec ses 34 m�tres . Ce marnois est gr�� d'une voile qui soulageait les
b�tes de halage lorsque le vent le permettait, mais cela ne devait arriver
que tr�s rarement � cause des nombreux m�andres tout au long du parcours.
Le m�t n'�tait donc probablement utilis� que pour le halage.
Connu
sous le nom de Mr. Clever Art dans le monde de l'art, Andrew Rosenblatt
�merge fortement sur la sc�ne Pop Art Contemporain. N� � New York et vivant
actuellement � Los Angeles, en Californie, il est surtout connu pour sa
fa�on unique de fusionner des couleurs vives avec des produits de luxe
tels que Louis Vuitton ou Chanel. M. Clever utilise une cr�ativit� artistique
et �clectique al�atoire du Pop Art fusionn�e avec la juxtaposition, les
lignes abstraites et les points pour constituer la majeure partie de son
art contemporain. Ses �uvres sont rapidement et secr�tement r�cup�r�es
par des collectionneurs d'art, des investisseurs en art et des galeries
d'art du monde entier. Mr. Clever Art a merveilleusement illustr� l'un
de ces artistes pr�f�r�s ; Damien Hirst et ses "Complete Spot Paintings
" dans un collage repr�sentant la petite fille menier destin� � refl�ter
ses inspirations artistiques (cliquez sur l'image)

Vue cavalière
du site usinier
de Noisiel, propriété des Menier, chromolithographie
vers 1890 de Louis Poyet (1846-1913), illustrateur et graphiste fran�ais
d'images industrielles et publicitaires.
CATHERINE TASCA, MINISTRE DE LA CULTURE, 13/12/2000
La convention
sign�e entre la ville de Noisiel et le Minist�re de la Culture permet
� Noisiel d'acc�der au rang prestigieux de "Ville
d'Art et d'Histoire". Consciente de la diversit� et de ses atouts
patrimoniaux, Noisiel pr�parait depuis plusieurs ann�es sa candidature
au label. Trois d�clinaisons remarquables : en premier lieu, un patrimoine
industriel unique datant de la fin du XIX�me si�cle et du d�but du XX�me
si�cle li� � l'�tablissement de la chocolaterie Menier et � sa prodigieuse
empreinte architecturale. En second lieu, un patrimoine architectural
contemporain incluant diverses r�alisations de grands noms de l'architecture
en ville nouvelle. Et pour finir, un patrimoine "vert" important en partie
prot�g�.On pourrait rajouter la p�rennisation et le dynamisme �conomique
de l'entreprise qui d�j� en 1878 affichait un capital de 4 millions de
francs, soit 8 millions de nos euros.
Dans
un monde qui �volue tr�s rapidement, o� le nombre d'op�rateurs se r�duit
et la concurrence s'intensifie, les groupes industriels se doivent d'anticiper,
afin de confirmer leurs performances. Comme vous le savez, le groupe Nestl�
doit d'ailleurs une grande part de son succ�s sur le plan mondial � son
aptitude � pr�voir ces �volutions. Nestl� France S.A est bien s�r une
constellation de marques fortes, qui ont toutes pour objectif la recherche
permanente du leadership sur leur march� respectif, mais Nestl�
France S.A est aussi le deuxi�me groupe agro-alimentaire fran�ais,
qui doit s'affirmer en tant que tel sur le plan national. C'est dans ce
but, et en harmonie avec la strat�gie que Nestl� applique d�j� dans le
monde, qu'il est pr�vu de r�unir, en France, sur un site unique, tous
les collaborateurs des si�ges sociaux de nos diff�rentes unit�s op�rationnelles.
Cette nouvelle orientation va, en effet, permettre de d�velopper la synergie
de toutes nos forces tout en respectant la sp�cificit� de chacune de nos
unit�s. Bien que ce regroupement ne doive s'effectuer, en principe, qu'�
la fin de 1995, il m'a paru important de vous faire part de nos intentions
d�s maintenant. Parmi les diff�rents sites � l'�tude, celui de Noisiel,
� Marne-La-Vall�e, serait conforme � la culture de Nestl� : propri�t�
du groupe, ce site class� est t�moin de l'�poque industrielle du chocolat
Menier et allie un pass� architectural prestigieux � un environnement
naturel exceptionnel. Un groupe de travail a �t� constitu� pour examiner
la faisabilit� de ce projet et il me remettra ses conclusions avant la
fin du mois d'avril prochain. Je vous tiendrai inform�s, le moment venu
de la d�cision qui sera prise, sous r�serve de la consultation des repr�sentants
du personnel concern�, afin de vous permettre de participer dans les meilleures
conditions � cette nouvelle �tape de la vie de notre groupe.
Le travail de Reichen et
Robert est souvent consid�r� comme iconoclaste par un certain
nombre de sp�cialistes de la pr�servation historique nous avons toujours
consid�r� que, pour que les b�timents soient sauv�s, il fallait les r�utiliser
avec une nouvelle fonction, quitte � modifier un peu ou beaucoup les b�timents.
Nous avons cherch� � justifier notre travail et nous nous sommes aper�us
que toute l'histoire de l'architecture est
l'histoire de la transformation de b�timents. A titre d'exemple,
le Louvre construit sur plus de six cents ans est une addition de t�moignages
de toutes les �poques, y compris du XXe si�cle. Il existe tr�s peu de
monuments qui n'ont pas subi de modifications diverses. Il n'y a aucune
raison que l'histoire s'arr�te et nous consid�rons que l'on peut traiter,
modifier des b�timents, les transformer, les sur�lever m�me, etc. Evidemment
il y a monument, et monument prot�g� au titre des Monuments historiques,
et il est �vident qu'il est plus facile de travailler sur des b�timents
qui sont historiques sans �tre prot�g�s au titre de la loi. D'une fa�on
g�n�rale, la plupart de nos projets font l'objet de longues n�gociations
avec les architectes du minist�re de la Culture. Nous avons fait, dans
le cadre de la chocolaterie Menier � Noisiel, un projet tr�s complet auquel
nous avons ajout� des b�timents neufs de l'ordre de 20 000 m2. Il y a
donc �galement la cohabitation de b�timents neufs dans un site industriel
ancien. Le groupe Nestl� France a re�u en patrimoine la chocolaterie Menier
par l'interm�diaire de Rowntree Macintosh qui l'avait rachet�e. En 1993,
la fabrication fut arr�t�e apr�s la construction d'une autre usine plus
moderne � Dijon, et la question du devenir de ce site industriel se posa.
La solution de la vente ayant �t� retenue, Nestl� a demand� � notre cabinet
de produire une �tude de mise en valeur du site de fa�on � le vendre.
Au vu de notre �tude, le groupe a d�cid� de le garder pour lui et il nous
a demand� un deuxi�me travail consistant � d�terminer s'il serait possible
de transformer les locaux en bureaux plut�t qu'en ateliers. En effet,
� l'�poque, le pr�sident de Nestl� cherchait � regrouper dans un m�me
lieu les sept soci�t�s qui forment la holding Nestl� France. Dans l'�tude
rendue, les crit�res relatifs au co�t, � l'image, � la s�curit� et � la
situation dans le grand Paris ont �t� �tudi�s tr�s pr�cis�ment et finalement
le projet a emport� l'adh�sion et la d�cision a �t� prise de faire cette
r�alisation. Cette d�cision �tait importante car c'est la premi�re fois
qu'une soci�t� aussi connue que Nestl� choisissait d'implanter son si�ge
dans une ancienne usine et d'associer son image institutionnelle � celle
d'un patrimoine industriel. La soci�t� Nestl� s'est install�e dans les
lieux il y a un peu plus d'un an. Avant que les travaux ne d�marrent,
une partie du site �tait utilis�e pour fabriquer du chocolat et l'autre
partie �tait plus ou moins � l'abandon et servait parfois � des tournages
de films, Camille Claudel par exemple. L'Architecte en chef des Monuments
historiques est intervenu pour la restauration de la fa�ade et de la toiture
class�es de ce moulin qui a �t� r�alis�e avec beaucoup de soin. Les d�tails
de d�cor ont �t� remis en �tat (briques verniss�s, "M" de Menier, cloche,
horloge). 20 000 m�tres carr�s de bureaux ont �t� construits en peigne
reprenant le trac� r�gulateur des trois rues des maisons des ouvriers
de Menier. De nombreux espaces verts ont �t� cr��s. Un pont a �t� construit.
Tous les parkings ont �t� rejet�s autour du site de fa�on � ce qu'il n'y
ait aucune circulation � l'int�rieur autre que l'entretien et les livraisons.
Notre projet a consist� � essayer de faire cohabiter des parties anciennes
et des parties contemporaines dans un dialogue que nous croyons int�ressant.
Les �l�ments neufs viennent dialoguer avec les parties anciennes. Ce parti
a d'ailleurs rejoint la volont� de la soci�t� Nestl� qui voulait se d�marquer
de la soci�t� Menier et montrer qu'elle est une entreprise r�solument
moderne. Trois artistes sont intervenus dans ce projet : Michel Boulang�,
Sylvie Blocher, Dominique Bailly ainsi que Florence Robert, paysagiste.
D'une fa�on g�n�rale, Nestl� pense que le surco�t pour r�habilitation
de ce chantier a �t� de l'ordre de 5% pour un budget de 620 millions de
francs de travaux et une surface de 60 000 m�tres carr�s hors �uvre, y
compris les espaces de circulation. Il est certain que l'adaptation du
moulin aux normes s�curit� n'a pas �t� facile mais elle a n�anmoins �t�
tout � fait r�alisable.
Panonceau
lithographié de 66x45 cm du chocolat Menier, signé Firmin
Bouisset. Imprimé dans les
ateliers d'Emile-Victor CAMIS, située quai de Jemmapes
à Paris entre 1890 et 1906. Mis sous verre par J.Boyer, encadreur
parisien depuis 1879. Cette affiche à été
reproduite, cartonnée, dans les années 1980 par l'éditeur
Bernard Carant, boulevard des Batignolles, à Paris.
Affiche du Chocolat Menier �dit�e par Camis. Allure de petite paysanne ais�e, avec ses lourds souliers lac�s, sa courte robe bleue � petits pois, son caraco marron �lim� et ses tresses de cheveux noirs luisants sur son dos fr�le ; qui inscrit sur un mur, au charbon, le nom du c�l�bre chocolat de Noisiel ; aux pieds duquel gisent le panier blanc du go�ter et le familial parapluie de coton rouge. Mais l'affiche de 1892 �voluera, selon l'anecdote, le parapluie familial qu'utilisait la gouvernante pour aller chercher Yvonne, � l'�cole, les jours de pluie, attristait la fillette d'une affiliation trop prononc�e au monde paysan. L'affiche � succ�s devait donc se moderniser pour p�n�trer les grandes villes, la disparition du parapluie eu lieu d�s 1893, ce qui n'emp�cha pas la diffusion des 2 versions, aux slogans différents, jusque dans les ann�es 1930.
Il est
commun�ment admis que l�embl�matique affiche des Chocolats Menier, reproduite
� profusion depuis plus d�un si�cle, repr�sente Yvonne, la fille de son
cr�ateur, l�illustrateur et affichiste Firmin Bouisset. Cette id�e, longtemps
relay�e, s�est impos�e au fil du temps comme une �vidence, renforc�e par
la pratique courante de l�artiste qui utilisait souvent son propre enfant
comme mod�le.
Pourtant, l�histoire, parfois, se heurte � des h�ritages tenaces, � des
affirmations devenues v�rit�s par r�p�tition, et � des usurpations discr�tes
que le manque de preuves rend difficiles � d�noncer. � cela s�ajoute un
contexte du XIX si�cle o� le r�cit dominant, fa�onn� par des hommes d�tenant
pouvoir et l�gitimit� culturelle, laisse peu de place aux voix alternatives.
Dans ce cadre, une autre version existe, moins connue mais �tay�e par
un t�moignage familial pr�cis.
Prenons le temps de lire le courrier que Madame Durand Mireille, belle-fille de Marie-Louise Paul Hedeline, adressa au magazine T�l� 7 Jours dans son �dition du 10 au 16 mai 1997, en r�action � un article �voquant l�affiche du Chocolat Menier. Elle y affirme que Marie-Louise Paul Hedeline, n�e le 28 f�vrier 1887 et d�c�d�e en 1975, aurait �t� la v�ritable fillette repr�sent�e. �lev�e par ses grands-parents maternels, Alphonse et Rose Dupuis, Marie-Louise vivait � Noisiel, o� son grand-p�re �tait r�gisseur des propri�t�s de Monsieur et Madame Menier.
C�est l�, raconte-t-elle, que Monsieur Menier cherchait alors un th�me pour une nouvelle affiche. Au m�me moment, Firmin Bouisset, de passage dans la propri�t�, aper�ut la jeune Marie-Louise, �g�e d�environ six ans, en train d��crire au charbon de bois sur un mur. Son attitude, un pied en dedans, l�autre pos� sur la pointe, attira imm�diatement l�attention de l�artiste. S�duit par la spontan�it� et la gr�ce de cette posture enfantine, il y trouva l�inspiration de sa composition devenue iconique. Lorsque Bouisset pr�senta le r�sultat � Monsieur Menier, ce dernier l�aurait montr� � son r�gisseur en lui disant cette phrase, rest�e dans la m�moire familiale : � N�emp�chez plus votre petite-fille d��crire sur les murs avec du charbon de bois : voil� le r�sultat. � Ce t�moignage, transmis au fil du temps, ne suffit certes pas � trancher d�finitivement la controverse, faute de documents officiels ou d�archives confirmant l�une des deux versions. N�anmoins, il rappelle que l�histoire de l�art se compose aussi de voix oubli�es, de r�cits familiaux, et d�enfants anonymes dont la spontan�it� a parfois donn� naissance � des images immortelles. Ainsi, la fillette du Chocolat Menier demeure une figure dont l�identit� r�elle oscille entre tradition, m�moire et incertitude, et dont le charme tient peut-�tre pr�cis�ment � ce myst�re.

Tablier
immortalis� sur une carte postale de 1914 au cours de l'exposition Coloniale
Internationale de Lyon; il fut �galement port� durant l'exposition internationale
de 1900 � Paris et d�clin� sous diverses formes publicitaires: serviette,
r�ticule. Des
coupons de
tissus imprim�s � taille d�finie (1m/1m) sont encore en circulation,
ils n'avaient pas pour vocation � devenir serviettes publicitaires pour
l'exposition de 1900 mais � confectionner des tabliers de domesticité
pour jeunes filles.
L'Exposition Internationale de Lyon, de Mai � Novembre 1914, �tait pour la premi�re fois organis�e, fait original et tout � fait in�dit, par une municipalit�. L'Exposition Internationale de Lyon s'int�ressa particuli�rement � mettre en relief tout ce qui touchait � l'organisation et au perfectionnement de la Cit� Moderne. Toutes les colonies fran�aises particip�rent � l'Exposition Coloniale qui y �tait annex�e : Le gouvernement d'Afrique occidentale, d'Afrique �quatoriale, de Madagascar, d'Indochine, d'Alg�rie, de Tunisie, le Protectorat fran�ais du Maroc. Les plans du palais furent r�alis�s par l'architecte Lef�vre et l'entrepreneur Monier en assura la construction.

Bavoir en broderie
richelieu vers 1900
La
future m�nag�re doit s'appliquer de bonne heure � confectionner des v�tements.
Dans du linge ou des v�lements hors d'usage, on peut trouver des morceaux
assez bons pour faire du linge ou des robes d'enfant et commencer son
apprentissage de couturi�re. Dans un m�nage modeste rien ne doit se perdre.
Les couches sont souvent faites dans de vieux draps, Le tissu imprim�
repr�sentant la petite fille du chocolat Menier, que l'on trouve dans
toutes les expressions publicitaires tiss�es de la maison Menier, sera
l'occasion de confectionner des bavoirs et d'apprendre quelques points
de broderie, en particulier le feston.
Durant
l'exposition Universelle Internationale et coloniale de Lyon en 1894,
le directeur de l'enseignement primaire faisait savoir aux directrices
d'�coles normales, d'�coles primaires sup�rieures et de cours compl�mentaires,
que le ministre de l'instruction publique se proposait de participer �
l'exposition de Lyon. En cons�quence, il leur demandait de confectionner
des travaux de couture, soit : un objet de layette, une pi�ce de linge
de maison telle que tablier de domestique, serviette, rideau, etc. ; les
ouvrages devant constitu�s les albums du minist�re et �tre pr�sent�s dans
le pavillon (f�minin) du Rh�ne, � deux pas de la grande coupole, dans
le parc de la t�te d'or.
Sur une grande table s'�talaient les albums des 200 �coles. A Lyon, le
public constata que les " Petites Parisiennes " travaillaient avec beaucoup
de go�t et d'adresse. L'int�r�t des albums expos�s r�sidait aussi dans
le choix des dentelles et des tissus employ�s qui diff�raient selon les
localit�s. Le but du minist�re �tant de mettre � l'honneur les travaux
de couture, qui devaient avoir une place pr�pond�rante dans l'�ducation
des filles. Il faut, disait-il, que nos filles quittent l'�cole, ayant
pour les travaux de couture le go�t d�velopp� et une certaine adresse,
l'apprentissage les mettra ensuite rapidement en �tat de gagner leur vie.
L'h�tel
du Matin et du Fran�ais a pr�sent�, hier, durant toute la journ�e, l'aspect
le plus charmant et le plus pittoresque. Plus de six mille enfants, b�n�ficiaires
de nos Surprises, sont venus, en compagnie de leurs parents au total douze
mille personnes environ �changer leurs Bons contre des kiosques-distributeurs,
r�ticules et bo�tes de chocolat Menier. Et cette distribution s'est
effectu�e, par les soins de notre personnel, de la fa�on la plus heureuse
du monde.
La livraison
des chocolats Menier continuera aujourd'hui samedi, � partir de dix heures
du matin. Il reste encore quatre mille surprises environ � remettre aux
porteurs de nos Bons-Surprises, avant de cl�turer cette colossale et sensationnelle
distribution. Pendant ce temps, les collaborateurs du Matin et du Fran�ais
se prom�nent inlassablement dans les rues de Paris, dans la banlieue et
en province, pour remplir leur agr�able mission r�compenser le z�le de
nos lecteurs qui nous font si gentiment une publicit�
dont nous leur sommes tr�s reconnaissants, et faire encore des milliers
et des milliers d'heureux.
Photo (source musée d'Orsay) prise entre 1907 et 1910 au ch�teau de Noisiel, � gauche de la table, Henri Menier et sa compagne: Mathilde Heintz, � droite : Georges Menier et sa femme Simonne n�e Legrand.
Frac
de livr�e de domestique en drap de laine bleu marine, de marque probable"La
belle jardinière", deuxi�me moiti� du XIXe si�cle. Habit d�gag�
� queue de pie, boutonnage crois� � 18 boutons de 3 cm et 4 d'1,8 cm en
laiton monogramm� M (Menier). Coupe tailleur � doublure en serg� de laine
� poche int�rieure. Biais de satin ray� jaune et vert cousus au col, simulant
un gilet. Livr�e que l'on devait retrouver � :Paris Monceau, Noisiel,
Rentilly, Houlgate,
Bois-Larris, Cannes,
Villers-Cotter�ts.
L'apparition des boutons de livr�es, sous leur forme m�tallique remonte
� la fin du XVIII si�cle, o�, � l'exemple de l'arm�e, ils ont remplac�
les boutons recouverts d'�toffes et les aiguillettes. Les premiers boutons
armori�s furent port�s par la livr�e des colonels propri�taires de r�giments,
et sont g�n�ralement en argent. On peut estimer � une dizaine de milliers
les familles ayant fait frapper des boutons � leurs armes.
Ce Frac de livr�e de domestique est diff�rent de celui de l'�quipage de
chasse � courre
de la v�nerie Menier
de Villers-Cotter�ts ; tenue � la fran�aise, rouge aux galons de v�nerie,
gilet semblable, culotte en velours bleu roi, bas blancs, bottes de v�nerie.
Les boutons en laiton monogramm�s M, Le bouton portant d'argent sur champ
d'or, un cerf passant dans la lettre M.
L'institution
des sapeurs-pompiers de la chocolaterie Menier est une compagnie constitu�e
de 40 membres en 1882
par Albert
Menier, elle deviendra communale en 1886.Ci-dessus, le casque
(mod�le SGFM de 1855) d'un certain "Chemin" avec cimier à
godrons, plumet et jugulaire en fausse �caille, large bandeau o� l'on
retrouve la grenade et les armoiries de la famille Menier caract�ris�es
par le monogramme sous forme de M.
L'institution
des sapeurs-pompiers est la seconde �uvre patronale de la cit� par le
nombre de ses membres. Pour des raisons de s�curit� interne � l'usine,
un premier groupe de b�n�voles avait �t� plac� sous la direction de Jules
Logre dans les ann�es 1870. Une premi�re compagnie priv�e, sous l'�gide
d'Albert Menier, est constitu�e en 1882. Elle adopte les statuts de subdivision
communale en 1886. Comme les instituteurs quatre ann�es plus tard, cette
modification est demand�e par les int�ress�s pour b�n�ficier du statut
de sapeur-pompier et de l'exemption de la prestation vicinale � 6 Frs
par an. D'autre part, une prime de 0.60 Frs � 1.50 Frs leur est allou�e
apr�s chaque d�placement hors de la commune. Une nouvelle fois, les Menier
conservent les diff�rentes charges de leur �uvre : entretien, locaux,
chevaux, mat�riel (pompe � vapeur, �chelle, "casque pour feux de caves",
...). Durant ces ann�es, son effectif oscille entre 37 et 42 membres.
Les ouvriers s'engagent pour 3 ou 5 ann�es. La subdivision est organis�e
selon des principes militaires, grades et discipline � l'appui. Elle est
plac�e sous l'autorit� directe du lieutenant Jules Logre jusqu'en 1901.
Les sous-lieutenants sont Louis Logre, fils du pr�c�dent et Piette contrema�tre
et conseiller municipal. Les autres cadres, Sergent Fourrier, Caporal,
sont les m�mes contrema�tres et d�j� conseillers municipaux. Elle
est une institution � Noisiel par le nombre de ses membres, sapeurs, sergents,
tous � titre
honoraire
qui gravissent autour d'elle. Dans la cit�, la subdivision participe �
toutes les manifestations : f�tes communales, comm�morations, 14 juillet
et autres f�tes patriotiques. Seule, elle organise des d�monstrations
d'exercices sur la place des �coles et les retraites aux flambeaux. Dans
le canton, elle prend part aux comp�titions d'exercices. Si elle n'est
pas une nouvelle voie de promotion sociale, lui appartenir est faire preuve
de son int�gration dans la communaut� et signifier aussi sa "bonne volont�"
� l'adresse des responsables de l'usine. Plus encore que l'Harmonie, la
subdivision est un haut lieu de sociabilit� masculine. Ses membres affichent
leurs valeurs viriles ; encourag�s en cela par ces exercices physiques
et d'adresses, leur proximit� aux engins m�caniques, au danger le cas
�ch�ant. Aux obs�ques des habitants, une savante �conomie des d�l�gations
t�moigne de leur position respective dans la hi�rarchie sociale et symbolique
de Noisiel. En novembre 1908, le Docteur Richon, membre honoraire, est
gratifi� de 24 hommes. Mars, ancien Sergent et conseiller municipal, de
19, un ancien sapeur, plus tard membre honoraire, de 17. En juin 1911,
un autre est enterr�, lui, sans c�r�monie. Ceci parce qu'il a "quitt�
la subdivision en 1906 et s'en est d�sint�ress� compl�tement en n'assistant
� aucune r�union, f�te ou banquet". Scrupuleuse comptabilit� des all�es
et venues, des vus et non-vus, sur Noisiel l'oubli n'a pas prise. La Sainte
C�cile et la Ste Barbe sont f�t�es le m�me jour. A chaque occasion, Jules
Logre rappelle combien "il est heureux de voir renouveler cette double
f�te toute intime et toute confraternelle" un commentateur salue "ces
deux soci�t�s d'�lite qui vivent c�te � c�te dans un �tat de cordialit�
qui leur fait honneur". Apr�s une retraite aux flambeaux dans la cit�
un banquet r�unit tous les adh�rents et les nombreux invit�s. Les industriels
sont ovationn�s tandis que "le caf� fume dans les tasses et que de bons
cigares s'allument de toutes parts". Un grand bal public cl�t cette nouvelle
famille". (Richard, M. ( 1986). Ma�trise d'histoire, La cit� de Noisiel.)

Giberne de l'harmonie de la compagnie des sapeurs de Noisiel.
Face
� la chocolaterie, se trouve la Mairie
construite en 1895. Nouvel �difice qui remplace la mairie-lavoir o� �mile
Justin exer�ait mandat communal et direction de l'usine sans distinction
notoire. Cette nouvelle mairie r�pond � une disposition de 1884 qui stipule
que chaque commune doit poss�der un local � usage exclusif de mairie.
Sur cette m�me place baptis�e Gaston Menier, se trouve le b�timent des
Pompes : l'institution des sapeurs-pompiers de Noisiel.
Des
produits sont lanc�s entre 1930 et 1935 dans la cat�gorie des chocolats
fins par la maison Menier pour contrer une concurrence grandissante. Des
boites de luxes font leur apparition et un salon au 114 avenue de Champs
Elys�es parach�ve cette nouvelle tendance haut de gamme. Ces boites sont
estampill�es " Menier confiseur ", la confiserie �tant depuis 1900 introduite
dans les productions
de Noisiel, celle-ci d�passant le chocolat de M�nage, produit phare depuis
les ann�es 1870.(voir les chiffres)
Boite
de confiserie cr��e pour l'exposition universelle de 1937 � Paris et faisant
la publicit� pour le salon
Menier se trouvant au 114 avenue des Champs Elys�es. Par�e des couleurs
nationales cette poup�e semble faire �chos aux mont�es nationalistes et
� la d�monstration de puissance germano-sovi�tique mat�rialis�e par 2
pavillons massifs et sans gr�ce (mastoc) et se faisant face. Cette m�me
ann�e Menier organisa une consultation aupr�s de ses consommateurs pour
donner un pr�nom � leur c�l�bre petite fille remani�e art d�co. Il est
pr�cis� que ce pr�nom devra �tre " bien fran�ais ". Jacqueline �mergea
de cette campagne publicitaire ce qui permettra une interactivit� entre
des consommateurs qui allaient devenir auditeurs et spectateurs des diff�rents
spectacles promotionnels � venir.
L�industriel
commande d�abord plusieurs camions � p�trole aupr�s de diff�rents constructeurs.
L�exp�rience se r�v�le cependant d�cevante : les v�hicules sont peu fiables,
co�teux � exploiter et incapables de r�pondre aux exigences d�un usage
industriel r�gulier. Plut�t que de renoncer � cette technologie encore
balbutiante, Saurer d�cide de construire lui-m�me les v�hicules dont il
a besoin. D�j� familier de la m�canique et des moteurs � quatre temps
gr�ce � ses pr�c�dents travaux industriels, il entreprend de d�velopper
ses propres camions dans ses ateliers d�Arbon. Apr�s plusieurs ann�es
de recherches, de t�tonnements et de mises au point minutieuses, Saurer
parvient � concevoir des v�hicules robustes, �conomiques et parfaitement
adapt�s au transport lourd. � une �poque o� le v�hicule industriel souffre
encore d�une r�putation incertaine, ses r�alisations se distinguent imm�diatement
par leur fiabilit� et leur qualit� de fabrication. C�est presque par amusement
qu�Adolphe Saurer d�cide alors d�inscrire l�un de ses v�hicules � un concours
de poids lourds organis� quelques ann�es plus tard. Le r�sultat d�passe
toutes les attentes : Saurer remporte l��preuve. Ce premier succ�s marque
le d�but d�une s�rie de victoires qui vont rapidement asseoir la r�putation
internationale de la marque. D�s lors, les camions et omnibus Saurer s�imposent
dans toutes les grandes comp�titions industrielles. La marque participe
� quarante-deux concours disput�s sous les climats et r�glements les plus
divers, et remporte quarante-deux victoires. Ce palmar�s exceptionnel
contribue � transformer profond�ment l�image du v�hicule utilitaire. Alors
que les premiers poids lourds inspiraient encore la m�fiance des industriels,
les mod�les Saurer d�montrent qu�un camion peut �tre � la fois puissant,
endurant, �conomique et agr�able � conduire. Leur souplesse de fonctionnement,
leur silence m�canique et leur robustesse leur valent d��tre souvent compar�s
aux meilleures automobiles de tourisme de l��poque. Le succ�s devient
tel que les ateliers d�Arbon ne suffisent bient�t plus � r�pondre � la
demande. Industriels, transporteurs et entrepreneurs fran�ais souhaitent
d�sormais s��quiper en v�hicules Saurer. Adolphe Saurer comprend alors
l�importance du march� fran�ais et d�cide de s�implanter directement aux
portes de Paris. En 1910, la marque suisse prend possession des vastes
ateliers de Suresnes, anciennement occup�s par le constructeur Serpollet,
disparu depuis trois ans. Cette installation marque une �tape d�cisive
dans l�histoire de l�entreprise. Elle consacre d�finitivement Saurer comme
l�un des grands noms europ�ens du poids lourd et donne un nouvel �lan
� l�industrie fran�aise du v�hicule utilitaire. Ce jouet publicitaire
illustre parfaitement l�essor du camion industriel comme vecteur de modernit�
commerciale au d�but du XXe si�cle. Repr�sentant un camion de livraison
aux couleurs de la maison Chocolat Menier, il �voque fid�lement les v�hicules
utilis�s par l�entreprise Menier pour assurer la diffusion de ses produits
� travers la France. Le mod�le reproduit est un camion
Saurer de 2 tonnes sp�cialement carross� pour les livraisons de
la c�l�bre maison chocolati�re. � travers cette miniature promotionnelle
se lit toute l��volution du v�hicule utilitaire au tournant du si�cle
: d�sormais, le camion n�est plus seulement un outil de transport, mais
�galement un support publicitaire mobile et un symbole de puissance commerciale.
Monogramme
de la famille Menier, propri�taire du ch�teau
de Chenonceau, grav� sur ce c�ur offert aux invit�s durant le
bapt�me de Cosima, fille de Jean-Louis et Laure Menier. Le monogramme
est probablement modifi� en cons�quence, on peut y voir le A et le M de
Marie Antoinette, ou bien, Le M de Menier suivi Du C de Cosima Menier,
associ�e dans la soci�t� civile de Chenonceau-Rentilly.
INAUGURATION DU 8 Oct 1898
MM.
Gaston et Henri Menier, entour�s de leurs collaborateurs,
ont inaugur� samedi 8 Octobre 1898, � Noisiel, le monument �lev� � la
m�moire de leur p�re, M.
Emile-Justin Menier, fondateur de la chocolaterie, ancien d�put�
de Meaux, et f�t� la pose de la premi�re
pierre de la maison de retraite Claire Menier, fond�e en m�moire
de leur m�re. De nombreux invit�s de Paris et des environs �taient venus
assister � cette f�te familiale. La c�r�monie a d�but� par la pose de
la premi�re pierre de la maison de retraite. 250 ouvriers, ouvri�res et
des enfants des �coles de l'usine, accompagn�s par l'harmonie, ont chant�
une ode � Mme Menier. A trois heures, a eu lieu, sur la place de Noisiel,
l'inauguration du monument
de M. Emile Menier, devant lequel a d�fil� tout le personnel de
l'usine. Le buste du fondateur de l'usine est plac� sur un socle en marbre
flanqu� de deux figures en bronze, de Carrier-fielleuse. Le soir, � six
heures, a eu lieu un grand banquet qui r�unissait 2,300 invit�s. Tous
les ouvriers et ouvri�res de l'usine avaient �t� invit�s, ainsi qu'un
d�l�gu� ouvrier d�sign� par les conseils municipaux des 97 communes de
la circonscription, des ouvriers d�l�gu�s de l'usine de Londres, de la
vermicellerie de Chelles et de la sucrerie de Roye (Somme). Une tente
fut dress�e au centre de l'ile pour accueillir tous les convives, mais
les �curies du ch�teau durent �galement abriter des collaborateurs probablement
tri�s sur le volet. Une broche (Insigne)pour l'occasion fut cr��e et visible
sur le revers des vestons de certaines personnalit�s.
Les invit�s au banquet, munis de leurs cartes et de l'insigne se rendront dans l'�le, par le porche de la gare et le quai, � l'entr�e duquel aura lieu un contr�le g�n�ral. Apr�s avoir travers� le pont, les personnes munies de cartes bleues se dirigent en face � droite pour entrer par la porte bleue. Celles munies de cartes blanches iront en face � gauche pour entrer par la porte blanche situ�e au milieu. Et celle munies de cartes roses tourneront � gauche en suivant le chenal pour gagner la porte rose situ� en aval. Des pancartes indicatrices seront plac�es aux abords des Carrefours. En entrant, remettre le talon � d�tacher de la carte d'invitation au contr�le plac� � la porte, puis se diriger vers la table portant le num�ro indiqu� sur la carte o� se trouveront � l'avance les commissaires de table qui feront placer leurs convives � raison de 22 de chaque c�t� de table. Les contr�leurs et les commissaires devront trouver leur poste � 5h pr�cises pour l'ouverture des portes. Ils exerceront durant tout le repas une surveillance sur le service de leurs tables pour assurer que chacun ait ce qu'il lui faut, adresser aux gar�ons de service toute observation ou r�clamation, ou m�me au surveillant de la section de la cuisine, qui devra tenir compte de toute r�clamation � lui adresser, sauf � en r�f�rer aux commissaires g�n�raux. Les commissaires maintiendront l'ordre sous tous les rapports s'il y avait lieu � leur table.
Emile
Justin Menier propose au Ministre de l'Instruction d'attribuer apr�s concours
un Prix Menier � un �tudiant de l'Ecole
sup�rieure de Pharmacie de Paris. Le ministre accepte et un d�cret du
17 d�cembre 1859 autorise l'Ecole � d�cerner une m�daille d'argent et
un coupon de rente de 500 frs. Le prix fut attribué à F.
Finet, interne des hopitaux de Paris, pour la thèse : Les produits
donn�s � la mati�re m�dicale par les apocyn�es

Livret musical luxueux
d�dicac� par les auteurs � l'attention de leur �g�rie, Cl�o
de M�rode.
C'est
l'�poque o� l�aristocratie partage d�sormais avec la haute bourgeoisie
les b�n�fices exorbitants des richesses coloniales, des avanc�es technologiques
et leurs d�bouch�s �conomiques exorbitants. La belle �poque sourit � quelques
privil�gi�s : th��tre et danse sont les espaces privil�gi�s des fortunes
parisiennes pour d�montrer une �l�gance, un raffinement, une certaine
appropriation de la culture aristocratique. Les espaces confin�s des salles
de spectacle voient pulluler et parader la cr�me des parvenus � la recherche
d�une reconnaissance divine. Probablement herm�tique � la chose artistique,
cette nouvelle population richissime succombe bien justement aux charmes
des danseuses et com�diennes. Si certaines franchirent le Rubicon pour
devenir courtisanes ou cocottes, d�autres rest�rent des muses inspiratrices
pour artistes. Georges
Menier fut l�un d�eux ; il succomba au charme ravageur de Cl�o
de M�rode et lui composa un livret musical pour sa toute premi�re pi�ce
de th��tre en 1909, intitul� "Le premier pas".

Lithographie de Simonne
Menier par Paul C�sar Helleu 1913
En
1901, Montesquiou �crit un nouvel article : LES PEINTRES DE LA FEMME
- HELLEU, dans LES MODES D'AOUT, et Helleu fait la connaissance
de Charles Ephrussi, ami de Proust qui lui doit quelques traits du portrait
de Swann. Cet article fait son succ�s, Helleu peut maintenant acheter
des meubles de prix, il s'installe d'une fa�on tr�s originale qui fait
sensation, et qui va faire une r�volution dans le go�t. Il ne jure que
par les couleurs blanc et argent ; il renonce au faux gothique, aux lourdes
tentures � la mode dans les milieux d'artistes et de gens du monde. Pour
lui, la plus belle couleur est celle d'un service � th� en argent.
Son salon aura les murs peints en blanc uni ; il y vit avec sa famille,
il y travaille, car il trouve ridicule d'avoir un atelier. Dans ce d�cor,
il a install� un large canap� recouvert de satin aussi blanc, et des meubles
directoire qu'il n'h�site pas à montrer dans ses gravures : un
buffet � deux portes, une table ronde, une petite table � �crire, quelques
chaises au d�cor de lyre, des statuettes de porcelaines. Aux murs sont
accroch�es quelques toiles de Manet, de Monet, de C�zanne.
Helleu devient tr�s vite l'arbitre du bon go�t, mais aussi l'arbitre des
�l�gances. Les plus grands couturiers le consultent ; F�lix, Doucet et
Worth suivent ses suggestions pour cr�er et lancer des modes nouvelles.
On lui demande de d�signer les femmes les mieux habill�es, les plus �l�gantes.
Il d�clare que les deux Fran�aises les plus belles sont Mme Henri Letellier
(Veuve d'Albert Menier) et Mme Menier. Il a une grande action sur la mode
f�minine, " Les pointes-s�ches qu'Helleu prodigue depuis 40 ans troublent
les coquettes jusque dans les moindres sous-pr�fectures ; � l'exemple
de ces jeunes filles allongeant leur taille, tirant leurs cheveux, �tudiant
leurs gestes, la souplesse de leur poignet lorsqu'elles posent la main
sur leur ombrelle. Un de ses mod�les pr�f�r�s, Madeleine Carlier, lui
dit : " Avant m�me que vous ayez fait mon portrait, on m'appelait un Helleu.
" (Vallery-Radot, Adh�mar,1957)
SIMONNE MENIER PAR ROESSINGER
Mlle
Simonne Legrand mari�e � Georges Menier en 1903. Tirage argentique de
1909, timbre sec de l'atelier de Montreux,
signatures d'Arnold
Casimir Roessinger-Jeanneret, photographe Suisse, et de son mod�le.
De nombreux portraits d�Arnold Casimir attestent d�une collaboration entre
le photographe et Simonne Menier.
"C'est la plus jolie femme de Paris ! Robert de Rothschild est venu pour me rencontrer le premier vendredi chez Nathalie. Il fut charm� par ce salon amusant et disparate, ravi de me revoir et de me trouver si belle. Il organisa un d�jeuner chez les Lebel, grands industriels un peu associ�s avec les Menier � Neuilly, un beau dimanche. Tout fut comme dans un r�ve. On fut photographi� dans le jardin, on se grisa de tout, on bavarda, on sourit, on rit, on voulut briller de toutes les facettes. Quelques jours apr�s, Georges Menier dont la merveilleuse femme venait d'�tre op�r�e me t�l�phona : "Ma femme peut recevoir depuis hier. Son regret fut si grand de ne pas vous avoir vue l'autre jour chez les Lebel que j'ose vous demander de lui faire une petite visite � la clinique." En entrant dans la chambre transform�e en serre chaude et fleurie, nous aper��mes une d�esse sur un nuage blanc, dans un bouquet, dans la neige des plus fines lingeries, des enroulements de perles incomparables ! Un visage divin, souriant, r�gulier, joli. Une enfant aimable, simple, ayant autour d'elle quatre grands fils, son mari, son beau-p�re. Je lui tendis mes violettes blanches, lui marquais mon admiration sinc�re et ma tendre sollicitude. Elle eut les mots qu'il fallait. Je saluai amicalement mon vieux Gaston Menier, s�nateur, qui me rend souvent des services. J'aime cette femme, belle, simple, cordiale, parfaite, inattaquable. Tout Paris l'admire. J'en parlais un jour � la duchesse qui me r�pondit : "Oh ! On la dit si belle ! Mais elle s'en tient � son monde ; elle n'est pas snob. C'est bien dommage pour notre monde � nous dont elle s'�carte syst�matiquement. "Ceci, selon moi, est encore � l'avantage de cette charmante femme et � ma gloire puisqu'elle a d�sir� que je m'approche d'elle".(Liane de Pougy)

Cadre familial de 1928,
de gauche � droite : Jean, Claude, Simonne, Antoine, Hubert Menier.
Jean,
famili�rement baptis� Jean IV car 4ème gar�ons naquit � Paris le
9 mars 1913. On le trouve, en 1924 �l�ve de l'Institut Saint-Charles de
Monceau. Ce doit �tre le premier Menier � fr�quenter un �tablissement
religieux. L'arri�re-grand-p�re �mile Justin doit tressaillir dans sa
tombe. Jean meurt � Paris, c�libataire, le 11 janvier 1944 � 30 ans après
une "petite maladie". Ses obs�ques ont lieu le 14 janvier, dans
l'intimit�, en l'�glise Saint-Fran�ois-Xavier. Jean Menier, dans les pas
de son p�re �crivit une com�die dramatique � l'�ge de 9 ans intitul� :
" Sauver les escargots ". Agr�able divertissement, ou plaisanterie, qui
fut appr�ci� par Marguerite Deval qui demanda d'y obtenir un r�le. Plus
surement, Marguerite Duval participa � plusieurs cr�ations de Georges
Menier : " Avec plaisir ", op�rette en 1 acte et " A paris tous les deux
", op�rette en 3 actes. Une promiscuit� professionnelle qui d�t permettre
� Marguerite d'entrer dans l'intimité de la famille de Georges.
Claude, est né en 1906, de nature fragile il resta c�libataire. Il eut certainement un c�t� artistique comme son p�re auquel il fit les d�cors et cr�a l'affiche de " A Paris, tous les deux. ". Claude fit don au mus�e du Louvre des boucles d'oreilles en perles poires de l'imp�ratrice Jos�phine et l�gua au m�me mus�e les superbes bracelets en diamant et rubis de la duchesse d'Angoul�me, bijoux qu'il avait personnellement achet�s � Londres. On lui pr�te des fian�ailles avec Joséphine Baker, plus ou moins officielles mais il fut assur�ment un grand ami de la famille, au caract�re fac�tieux, aim� des enfants auxquelles il apportait de nombreux cadeaux.Il participa à l'achat en Dordogne du ch�teau de Castelnau-Fayrac pour la somme de 25 millions de francs où se fixera Joséphine et sa nombreuse famille. Claude aura surv�cu � ses trois fr�res. Il décédera � Paris le 13 avril 1973. Avec son fr�re Jean, il aura �t� le seul Menier, au travers de cinq g�n�rations, � n'avoir �t� ni impliqu� dans l'industrie chocolati�re, ni homme d'aventure. Claude n'�tait pas d�nu� d'altruisme puisqu'il l�gua l'int�gralit� de ses biens � l'�uvre des Jeunes Infirmes de la rue Lecourbe.
Antoine, naissance � Paris le 13 octobre 1904. Il fit ses �tudes au lyc�e Condorcet et obtint son baccalaur�at. Passionn� d'automobile, il sera d�tenteur de onze records du monde sur Alfa Rom�o. En 1929, il rencontre Ren�e Vigne au cours d'une course automobile � l'Aigle dans l'Orne. Entre Ren�e, mannequin vedette d'un grand couturier parisien, et Antoine riche bourgeois h�ritier d'un immense empire industriel, c'est le coup de foudre. Mais ce rapprochement de classe ne fait pas le bonheur de Simonne Menier. Malgr� la grande distinction de Ren�e Vigne, Il faudra attendre quelques ann�es de vie commune pour que Madame m�re consente au mariage de son fils. Celui-ci aura lieu bien tardivement en 1961.
Hubert, naissance � Paris, comme tous ses fr�res, le 12 d�cembre 1910. Il poursuit ses �tudes secondaires au lyc�e Carnot et en sort bachelier. Il sera co-g�rant de la soci�t� Menier et toute sa carri�re sera consacr�e � l'industrie chocolati�re. A 37 ans il �pouse, le 4 juin 1948, Odette Gazay, fille de M. Gazay, employ� aux Chemins de Fer et Mme Gazay, institutrice � l'�cole des filles de Nanterre puis directrice d'�cole � la Garenne-Colombes.Deux enfants na�tront de cette union : Jean-Louis en mai 1949 et Pauline en mai 1952. Apr�s la mort de leur oncle Jacques, la famille s'installera au domaine de Rentilly, � deux pas de Noisiel. Il sera le seul veneur de cette g�n�ration et aussi, le dernier "Menier-Veneur ; La passion de v�nerie ne le quittera jamais et, en 1950, il cr�era pr�s de Chantilly, son propre vautrait qui aura une existence �ph�m�re. Hubert Menier compta �galement parmi les joueurs assidus de Polo à Paris Bagatelle. Il mourra le 28 juin 1959 � 48 ans, �chappant au spectacle de la fusion puis du rachat de la firme familiale. Hubert fut tuteur de Philippe Naudy n� en juin 1940 du premier mariage d�Odette, son �poux Roger Naudy �tant d�c�d� � Oran en 1942. Odette Gazay d�c�dera le 11 juillet 1975.

Paul
Barbarin, chirurgien �ducateur et ami, forma Simonne au m�tier d'infirmi�re,
sa formation en poche, elle apporta sa comp�tence d'infirmi�re au ch�teau
de Chenonceau offert � l'autorit� militaire comme h�pital de secours aux
bless�s durant la premi�re guerre mondiale. Gaston Menier prit � sa charge
toutes les installations et d�penses n�cessaires � l'entretien de cet
H�pital, tous les services ont �t� install�s : �lectricit�, chauffage,
canalisation d'eau. Les vastes pi�ces et les galeries du ch�teau ont �t�
transform�es, peintes et organis�es pour accueillir 120 lits. Georges
Menier, affect� comme "aide-major infirmier" � l'ambulance, a suppl��
son p�re dans cette installation et organisation. Les interventions m�dicales
et chirurgicales �taient assur�es par le docteur Victor Morel, chirurgien
en chef et d�put� du Pas-de-Calais, assist� du docteur Druon, de Lille.
Simonne Menier, " infirmi�re-Major ", �tait assist�e par un grand nombre
d'infirmi�res issues de diff�rents milieux (des S�urs de Saint-Vincent-de-Paul
� la comtesse de Razay). Simonne Menier et ses condisciples furent r�compens�es
� la fin des hostilit�s par la M�daille de vermeil des �pid�mies (journal
officiel du 24 mai 1917). Une Prise d'armes et remises de m�dailles furent
organis�es le 16 juillet 1917 dans les jardins de Chenonceau.

La m�tamorphose de
la Galerie des fêtes (Grande Galerie) de Chenonceau (
photo Constant Peigné 1896)
Construite
par Catherine de M�dicis entre 1570 et 1576, la Grande
Galerie de Chenonceau s��tire sur le Cher comme un pont royal.
Lieu d�apparat et de r�ception, elle devient la Galerie des F�tes lorsque
s�y tiennent bals et banquets. D�abord sobre, avec son sol en damier noir
et blanc, la salle se transforme aux XVII et XVIII si�cles avec de partielles
influences rococo: tapisseries, tableaux et meubles enrichissent son d�cor,
elle devient alors un espace de promenade et de repr�sentation. Sous Louise
Dupin, la galerie s�ouvre � l�esprit des Lumi�res. Restaur�e au XIX si�cle
dans le go�t Renaissance, elle incarnait la m�moire du raffinement et
du pouvoir f�minin � Chenonceau.

Odette Gazay devant
son Château à Chenonceaux
![]() |
|

Pauline Menier, Laure
Menier, Charles, Monique Lang, Jack Lang, Diana, Jean-Louis Menier.
Le
9 novembre 1988, sept ans apr�s leur mariage : le Prince Charles et la
Princesse Diana visitent le Chateau de Chenonceau au cours de leur voyage
officiel en val de Loire, repr�sentant la famille royale. Le couple princier
avait �t� accueilli � Paris par le ministre de la Culture Jack Lang. Un
h�licopt�re avait transport� le couple jusqu�au ch�teau de Chenonceau.
La princesse de Galles arborait une robe-manteau �cossaise rouge et noire
sign�e Chanel. Officiellement, le mariage �tait encore heureux, mais il
touchait d�j� � sa fin, Diana fr�quentait James Hewitt et Charles avait
renou� son idylle avec Camilla Parker-Bowles. Arriv�s � Chenonceau, ils
sont accueillis par les membres de la famille Menier : Laure, la femme
de Jean-louis Menier et Pauline Menier, la soeur de ce dernier. Le chateau
de Chenonceau fut l'une des �tapes privil�gi�es de la royaut� britannique.
Nous sommes le 24 octobre 1979 Elizabeth II atterrit � l�a�roport de Tours
pour une journ�e de visite touristique priv�e. La reine souhaite se rendre
dans deux des plus c�l�bres ch�teaux royaux fran�ais. Tout d�abord, elle
visite le ch�teau de Chambord. Puis dans l�apr�s-midi, elle se rend �
Chenonceau pour une visite au c�t� des propri�taires : Jean-Louis
et Pauline Menier et d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing.
Jean-Antoine
Brutus Menier �dite en 1845
son "catalogue
prix courant" qui recense tout ce qui est fabriqu� par la
maison Menier. On y trouve principalement des produits destin�s aux pharmaciens
ainsi que des articles de droguerie. La production chocolati�re n'est
encore mentionn�e � cette date que comme activit� compl�mentaire. La quantit�
produite n'est alors que de 2 tonnes par jour en France. Le v�ritable
essor de l'entreprise Menier date de 1852. �mile Justin Menier est en
passe de devenir le nouvel homme fort de la maison, il reprendra les m�mes
principes �dict�s par son p�re. Malgr� son utilit� et les frais consid�rables
qu'il a n�cessit�s, l'auteur ne le vend pas, il le donne...� ses commettants.Le
"catalogue
prix courant" de
1854 préfacé
par �mile Justin comporte les m�mes produits que les �ditions pr�c�dentes.
Son intérêt d�passe alors les fronti�res du public pour p�n�trer
les instances �tatiques, durant la guerre de 1870 les pharmaciens s'engagèrent
� fournir aux ambulances tous les m�dicaments n�cessaires aux traitements
des bless�s et malades militaires conform�ment aux prix de revient du
catalogue prix courant Menier..Les pharmaciens peuvent donc avoir des
renseignements sur la valeur de tous les objets qui leur sont n�cessaires
ou qui leur sont journellement demand�s. Mais les temps changent, si Jean-Antoine
Brutus fit passer la pharmacie du stade des pr�parations magistrales �
l'industrialisation des proc�d�s, �mile Justin exploite au maximum le
potentiel existant et insuffle la modernit� dans ses �tablissements gr�ce
aux grands esprits auxquels il fait appel. C'est � partir de ces m�mes
ann�es que Noisiel b�n�ficie d'une politique de modernisation et de m�canisation
au service de la fabrication du chocolat de consommation.
PUBLICATIONS UTILES.
Catalogue commercial, ou prix courant g�n�ral des drogues simples, des produits pharmaceutiques et chimiques, des plantes m�dicinales, des m�dicaments sp�ciaux et hom�opathiques, des instruments de pharmacie, de chirurgie, de chimie, de physique, et tout autres articles et appareils scientifiques et industriels a l'usage de la pharmacie et de la m�decine par M. M�nier, pharmacien droguiste. Le titre seul de cet ouvrage fait conna�tre son utilit� et son indispensabilit� dans les officines. En effet, il peut servir de guide au pharmacien pour la connaissance des prix moyens non seulement des objets de droguerie et de pharmacie, mais encore de la plupart des mati�res commerciales. La connaissance des prix des appareils et d'instruments de toute nature peut mettre le pharmacien � m�me de r�pondre sur ce prix, et de faire des fournitures qu'il n'aurait pu faire s'il e�t ignor� le prix des objets dont le prix lui �tait demand�.
Ce volume est termin� par une table des mati�res qui permet au lecteur de se renseigner sur la partie du livre dans laquelle il doit aller puiser les renseignements dont il a besoin. On voit que le catalogue commercial publi� par M. M�nier est un livre qui doit �tre constamment consult�. En effet, on y trouve des renseignements sur les prix de presque tous les objets employ�s en pharmacie, dans les sciences, dans les arts et dans l'industrie ; renseignements qui, sans ce livre, ne pourraient �tre obtenus qu'avec difficult� et apr�s des d�marches nombreuses, souvent faites avec inutilit�. (A Chevallier)

Compte-Rendu des r�sultats
du 1er inventaire de 1835 par Antoine Brutus Menier � ses commanditaires.
Extrait :
"Quelques
satisfactions que puisse �tre un pareil r�sultat, le but que je me suis
propos� n'�tait pas encore atteint puisque mes efforts ont toujours tendu
� amener la vente annuelle � 1 200 000 Frs et j'ai enfin la satisfaction
de vous annoncer que les ventes d'octobre et les demandes que j'ai en
ce moment � remplir, me laissent l'esp�rance d'arriver � ce chiffre. Les
ventes de ce trimestre se sont �lev�es � 307 047 Frs, elles ont d�pass�
de 34 327 Frs celles du trimestre le plus �lev� et de 78.743 Frs celles
des trois mois correspondants".
Document intégral
autographe de la main de Jean-Antoine Brutus Meneir


�chantillon bo�te de
chocolat Menier d�but XXe si�cle
Menier
est tr�s pr�sente au Royaume-Uni d�s la fin du XIXe si�cle, avec une production
et une distribution adapt�es au march� anglais. Au d�but du XXe si�cle
(env. 1890�1910), Menier utilise largement des �chantillons de chocolat
et de petites bo�tes publicitaires comme outils de promotion. Ces �chantillons
se pr�sentent sous forme de petites bo�tes en m�tal lithographi� contenant
de petites quantit�s de chocolat (pastilles, morceaux, poudre).Ils �taient
destin�s :aux clients (d�couverte du produit), aux d�taillants, ou � la
pr�sentation commerciale. Pour le march� anglais, certaines bo�tes comportent
: des inscriptions en anglais, des formats ou d�cors l�g�rement diff�rents
du march� fran�ais. Ces objets rel�vent autant du packaging que de la
publicit�, Menier �tant une marque pionni�re en marketing visuel.

Plaque
�maill�e anglaise de Imperial Enamel Co, Birmingham, vers 1910.

Les
Allemands dans leur �uvre de germanisation avaient donc � lutter contre
les souvenirs de la guerre, contre une crise �conomique doubl�e d'une
crise morale atteignant l'�me alsacienne dans ses replis les plus intimes.
Ils ont encore aggrav� leur situation par des vexations de tout genre,
qui auraient bris� des volont�s moins bien tromp�es que celles des Alsaciens.
A la suite des �lections de 1887, l'opinion se surexcita, et la terreur
fut d�cr�t�e. On vota la loi des maires, on commen�a la pers�cution contre
tout ce qui rappelait la France. Les chants s�ditieux, comme la Marseillaise,
furent punis de 400 marks d'amende et parfois de deux ans de prison. La
guerre fut d�clar�e � la langue fran�aise. Les enseignes, �tiquettes,
marqu�es de cette tare, furent prohib�es sauf quelques r�serves ; le chocolat
Menier fut arr�t� � la fronti�re.
Notes
de Marcellin Berthelot � Noisiel, 1860-64. Reproductions en phototypie
des travaux de chimie synth�tique inaugurant la carri�re scientifique
du chimiste.
M. Del�pine, Professeur au Coll�ge de France et Membre de l'Institut qui
occupait la chaire de Chimie organique et qui fut autrefois celle du chimiste
Marcelin Berthelot d�posa sur le bureau de l'Acad�mie, pour les Archives,
un cahier de notes de laboratoire ayant appartenu � Marcelin Berthelot.
L'int�r�t de ce cahier, c'est qu'il se rapportait � une p�riode peu connue
de l'activit� de Berthelot, celle o� il dirigeait et contr�lait les fabrications
chimiques de la Maison Menier, � Noisiel. Cette p�riode s'�tendait du
26 octobre 1860 au 23 mai 1863, d'apr�s les inscriptions port�es par Berthelot
m�me sur son cahier. Gaston Menier s�nateur a fait reproduire d'une fa�on
parfaite ces pages de Berthelot dans une plaquette qu'il a offerte � la
Biblioth�que de l'acad�mie de sciences.
"Mon p�re (Emile-Justin) avait ouvert ses laboratoires aux grands
chimistes d'alors, les Fr�my, Balard, Sainte-Claire Deville, Laurent,
W�rtz, Gr�hant, etc., qui avaient toujours trouv� � Noisiel les �l�ments
n�cessaires aux travaux et recherches qu'ils effectuaient. C'est alors
que mon p�re, en 1860, avait obtenu le concours et le contr�le du jeune
et d�j� illustre Marcelin Berthelot qui poursuivait � Noisiel ses travaux
de chimie synth�tique avec un vif succ�s. Sur le cahier de notes, Marcelin
Berthelot notait presque au jour le jour ses importantes recherches et
travaux sur les produits synth�tiques et entr�autres, on remarquera, �
la date du 31 janvier 1862, la mention : "Synth�se de l'alcool" qui consacrait,
comme on le sait, une des grandes d�couvertes de la chimie moderne."
(Souvenirs de Gaston Menier 8 Octobre, 1934)
Deux
livrets manuscrits r�dig�s dans les ann�es 1930 par Louis Logre qui fut,
avec son p�re Jules Logre, architecte � l'usine Menier. Louis
Logre fut �galement l'architecte en 1885 des r�fectoires pour
les ouvriers de l'usine Menier au c�ur de la cit�. La d�cision de restauration
en 2017 des anciens
r�fectoires devrait permettre � cet espace patrimonial de retrouver
son lustre et une fonction culturelle. Deux productions litt�raires cons�quentes
avec de nombreux clich�s photographiques, la première retrace la
g�n�alogie de la famille Menier, la seconde descrit de manière
d�taill�e le ch�teau du duc de Levis rachet� par la famille Menier au
c�ur du parc de Noisiel.
Le
ch�teau de Noisiel construit au XVIII-�me si�cle par Paul Poisson de Bourvalais,
fournisseur des arm�es, seigneur de Lognes, du Buisson et du Mandinet,
est entour� d'un parc d'une grande �tendue. Il poss�de une tr�s belle
futaie communiquant au parc de Champs dont M. Le Duc de L�vis est aussi
propri�taire ainsi que la ferme du Buisson Saint Antoine [la ferme du
Buisson].
Avant
la loi du 23 juin 1857, pas de l�gislation sp�ciale concernant les marques
de fabrique. Chaque commer�ant apposait sur ses produits la marque qu'il
souhaitait. Pour qu'il y est contrefa�on av�r�e, il fallait au pr�alable
d�poser la Marque suivant l'article 18 du d�cret du 22 germinal an XI,
au Greffe du Tribunal de Commerce d'o� rel�ve le chef-lieu de la manufacture
ou de l'atelier. La propri�t� de la marque �tait effective d�s lors que
celle-ci fut utilis�e de mani�re courante. C'est le 2 ao�t 1849 que Jean-Antoine-Brutus
fit acte de d�p�t de sa marque. Il mandata pour cette op�ration M. Simon-Antoine
Neyroux. Par ce geste, il fige�t dans les esprits les contours de ce qui
deviendra un objet de d�tournement pour bon nombre de contrefacteurs.

L'Ariane
est le yacht qui a conduit en 1902 M. Waldeck-Rousseau en Su�de, Norv�ge
et Danemark. Passionn� de peinture,ses
aquarelles remarquables illustr�rent le livre consacr� par Gaston Menier
à cette croisi�re en Norv�ge qui fut pour Waldeck-Rousseau de grandes
vacances et un repos bien m�rit� pour l'homme d'�tat qu'il �tait. Mais
l'�v�nement le plus important fut la fameuse entrevue de Bergen entre
Gaston Menier convi� � la table de l'empereur
d'Allemagne : Guillaume-II, � bord de son vaisseau imp�rial, le
Hambourg.
"Le d�ner � bord du Hambourg fut d'une cordialit� exquise. L'Empereur attendait ses h�tes � l'entr�e d'un petit salon fleuri, et il offrit des bouquets d'admirables orchid�es � Mme Georges Menier et � Mme Journet. Pr�sentations, puis d�ner servis militairement par des marins, sous la direction d'un ma�tre d'h�tel en habit. Menu allemand, avec confitures, salades et marmelades traditionnelles, et musique fran�aise."
Pendant
cette croisi�re Gaston Menier r�digea également au jour
le jour, un recit de voyage qui retraçait la cordiale et charmante
intimit� des passagers de cette croisi�re. Faisant route vers le Nord,
le yacht avait � son bord: Mme Waldeck-Rousseau, M. Fernand Crouan, Mlle
Marie Crouan, Mme Raffard, belle-s�ur de M. Gaston Menier, et le docteur
Paul Barbarin, ancien interne des h�pitaux. Le samedi 28 juin 1902 � deux
heures de l'apr�s-midi, par une pluie qui força les passagers �
rester � bord, concert et revue furent improvis�s par les invit�s. De
cette improvisation, une pi�ce de th��tre en 2 actes verra le jour et
sera fig�e pour l'�ternit� sur papier avec comme titre " la Revue du Cercle
Polaire " et jou�e officiellement le 5 juillet. Ouvrage dédicacé
par Gaston Menier :
"A Madame Waldeck-Rousseau en souvenir des quelques bonnes heures
de travers�e � bord de l'Ariane."
![]() |
Tous les ans, Gaston Menier aimait clore la saison de chasse à Villers-Cotterets en apoth�ose par une cur�e aux flambeaux dans la cour de la v�nerie. Ala tomb�e de la nuit, un superbe six cors avait �t� rapport� de la for�t. On l'avait �corch� � l'abri des curieux, sa t�te et sa peau, appel� �galement "nappe", avaient �t� soigneusement mises de c�t�. Le piqueux ordonna � un valet de d�sarticuler la jambe avant-droite de l'animal et de torsader la peau, puis il accrocha cette relique aux manches de sa dague gliss�e dans le ceinturon de sa tunique. Gaston Menier et une dizaine de "boutons" se tenaient � l'int�rieur du cercle des flambeaux v�tus de vestes rouges orn�es de galons d'or, de culottes bleu-roi, de hautes bottes de cuir noir. Un homme, les jambes �cart�s au-dessus de la "nappe", maintenait les bois de la t�te du cerf. Le piqueux, les valets de chiens, de veneurs, semblaient en faction derri�re leur souverain. Ils entam�rent les fanfares de la cur�e, puis le piqueux mis sa trompe en sautoir et s'avan�a vers Gaston Menier. Il enleva de sa dague la jambe et la peau torsad�e, s'inclina devant Georges Menier. D'une main il �ta sa cape bleue, de l'autre il pr�senta le "pied d'honneur". Gaston Menier le conduisit aupr�s d'une invit�e de son choix � laquelle il l'invita � faire les honneurs du pied, lui offrant ainsi le sacrifice de l'animal. Selon le rite, aucune parole n'�tait prononc�e, sauf le "merci" du r�cipiendaire. "La cour des ma�tres" de Ren� Lucot |
Voici
la section d'un
c�ble t�l�graphique sous-marin de l'usine Rattier-Menier de 1895.
Un conducteur central en cuivre de 2,5 mm� est recouvert par 12 conducteurs
de m�me mati�re de 0.6 mm�. Cette partie est isol�e par de la gutta-percha
et forme l'�me du c�ble, partie conductrice diffusant le signal. L'�me
est prot�g�e par une enveloppe de chanvre qui devait �tre imbib�e de poix,
de goudron, d'huile ou de suif. 15 Brins d'acier dispos�s en h�lice servent
de protection m�canique et de tenseur, ils sont �galement recouverts de
gutta-percha et terminent l'ensemble.
Le
Monde n'en saura rien, aimable com�die en deux actes de 1907, de M. Gaston
Menier, repr�sent�e dans la salle des f�tes de son h�tel 61 rue de Monceau.
La premi�re lecture a eu lieu, samedi 13 f�vrier 1904. Les r�les sont
tenus par Mmes Marie Leconte, C�cile Sorel, de la Com�die Fran�aise, MM.
Signoret, Mosnier et Tunc, du th��tre Antoine et Mlle Blanche Pierson
pour la mise en sc�ne.
Quelques rares spectateurs privil�gi�s ont leur place d�j� marqu�e dans
les salons de l'h�tel, de la rue de Monceau pour une unique repr�sentation
priv�e : Adrien H�brard journaliste, Paul Hervieu romancier, Michel Carr�
auteur, Henri Menier et des notabilit�s du monde de la politique venues
pour f�ter les d�buts dramatiques du d�put� de Seine-et-Marne.
Et Gaston Menier de préciser : "L'�t� dernier, en juillet, pendant mes vacances à Rentilly, je me suis amus� � d�velopper sous forme dramatique une id�e que j'avais trouv�e plaisante. Elle m'avait �t� inspir�e par quelques cas assez fr�quents de divorce et non par un cas sp�cial observ� autour de moi, ainsi qu'on l'a dit. Il s'agit d'un jeune m�nage qui s'est mari� � la l�g�re, dans le feu de la passion, sans examiner de trop pr�s les clauses, du contrat et les conditions mat�rielles de. Son union. Les deux tourtereaux s'aper�oivent, mais un peu tard, qu'ils poss�dent un bien dotal dont ils ne peuvent jouir qu'� la condition de rompre le mariage. Il faut qu'ils divorcent, presque au lendemain de leurs noces, s'ils veulent profiter de leur fortune. Ils s'entendent pour divorcer � l'amiable ; ils ne se s�pareront que pour mieux se rapprocher. Ils deviendront ainsi des amants l�gitimes, de par la volont� du Code. Le sujet m'a s�duit ; je l'ai trait� avec un vif plaisir J'ai pass� dos heures tr�s agr�ables � l'�crire et j'ai mis environ un mois � achever ses deux actes. Le titre ? Le monde n'en saura rien. Des amis � qui j'ai lu cette com�die sans pr�tention l'ont jug�e, amusante et gaie, et m'ont engag�. � la faire repr�senter. Devant leurs instances, je m'y suis enfin d�cid�".
La
chocolaterie, le château Menier en 1899 photographi�s par le commandant
HIRSCHAUER depuis un ballon � la Hauteur de 900 M. Auguste-Edouard Hirschauer
Polytechnicien en 1876, il d�buta sa carri�re militaire en 1881 dans le
Sud Oranais. Re�u � l'Ecole de Guerre en 1889, il entra en 1898 au service
d'a�rostation de l'Arm�e et en devint le chef en d�cembre 1909. Sur cette
photo apparait encore le grand
ch�teau dans le parc de Noisiel ; pas encore construits, la Cath�drale
et le pont hardi
la reliant � la rive gauche de la marne.
Le
prince de Galles chasse � courre en for�t de Villers-Cotter�ts. Avant
le d�part de la chasse, de gauche � droite : (1) Hubert Menier, fils de
Georges ; (2) Jacques Menier, fils de Gaston Menier ; (3) Suzanne Broudehoux,
femme de Jacques ; (4) le Prince de Galles ; (5) Georges Menier, fils
de Gaston Menier ; (6) Simonne Legrand, femme de Georges Menier ; (7)
Gaston Menier, fils d'Emile Justin Menier ; (8) Claude Menier, fils de
Georges Menier.
Le prince de
Galles vient de participer � une chasse � courre en for�t de Retz, en
1924, Gaston Menier adresse au docteur Mouflier, une lettre qui est reproduite
en t�te de la brochure faisant le r�cit de cette chasse. Elle d�bute ainsi
:
" Mon cher Maire,
Vous m'avez manifest� le d�sir de conserver dans la biblioth�que de la
ville de Villers-Cotter�ts, le petit compte-rendu tr�s familier et interne
que j'avais �crit pour rappeler � nos amis la chasse int�ressante que
S.A.R. le prince de Galles avait bien voulu accepter de venir suivre avec
nous dans la for�t de Retz le 12 janvier 1924. C'est avec plaisir que
je vous envoie un exemplaire de ce tr�s court opuscule." Le document contient
également une
copie de la lettre de remerciement re�ue de l'ambassade
Britannique de la part du Prince de Galles.

Salon du château
de Rentilly; sur chevalet, peinture de Fran�ois Flameng repr�sentant Julie
Rodier, femme de Gaston Menier
En
Mai 1890 le ch�teau de Rentilly, poss�dant plusieurs grands salons, 22
appartements de maitre, un jardin d'hivers, de vastes communs, un vaste
parc dessin� par Le N�tre, des arbres s�culaires, une pi�ce d'eau, l'ensemble
sur 47 hectares clos est mis en vente aux ench�res, la mise � prix est
de 700.000 Fr., le mobilier est �galement disponible pour 100.000 Fr.
Mais le ch�teau ne trouvera pas preneur, il sera de nouveau mis en vente
aux ench�res en 1891 pour une somme de d�part de 500.000 Fr. Finalement
Gaston Menier en deviendra propri�taire pour la modique somme de. 1700.000
Fr. en 1891.C'est au ch�teau de Rentilly, que Julie Rodier, �pouse de
Gaston M�nier, donnera rendez-vous � de nombreux invit�s venus pour entendre
et jouer la com�die. Com�dies, ballets et mimes ex�cut�s au milieu d'un
grand luxe de mise en sc�ne, de d�cors et de costumes.

H�liogravure de Paul
Dujardin repr�sentant une couronne mortuaire sculpt�e par Jean Barnab�
Amy, d�dicac�e au nom de l'ensemble du personnel des �tablissements Menier
: " A Madame E.Menier et � ses enfants. Hommage respectueux de tout leur
personnel, le 17 f�vrier 1881 ".
C'est
aujourd'hui samedi, � midi tr�s pr�cis, qu'auront lieu � l'�glise Saint
Philippe-du-Roule les obs�ques de M. Emile Justin Menier, manufacturier,
d�put� de Seine-et-Marne, officier de la L�gion d'honneur, membre de la
Chambre de Commerce de Paris, d�c�d� avant hier, � Noisiel, dans sa cinquante-cinqui�me
ann�e. Les employ�s des Pompes fun�bres ont commenc�, hier soir, la d�coration
fun�bre de l'h�tel de l'avenue Van Dyck, n� 5, qu'habitait M. Menier lorsqu'il
�tait � Paris. Cette d�coration consiste en une fa�ade monumentale, de
la hauteur de deux �tages, partant du grand vestibule d'honneur et empi�tant
largement sur la cour. Construite en forme de pourtour, cette annexe de
l'h�tel facilitera la circulation des invit�s montant ou descendant l'escalier
qui conduit au vestibule. C'est dans ce vestibule enti�rement tendu de
noir et transform� en chapelle ardente, �clair� de cand�labres et de torch�res
que sera expos� ce matin le cercueil de M. Menier. Deux salons, l'un �
droite et l'autre � gauche, seront mis � la disposition des invit�s pour
attendre l'heure du d�part du cort�ge. Le corps du d�funt a �t� mis en
bi�re hier soir � NoisieL. Il arrivera � Paris dans la nuit et sera transport�
aujourd'hui � la premi�re heure � l'h�tel du Parc Monceau. Le convoi se
composera d'un corbillard � quatre chevaux empanach�s, et de quatorze
berlines ou voitures de deuil. Le corbillard sera d�cor� de trente-quatre
�cussons � l'initiale M. En t�te du cort�ge marcheront quatre ma�tres
des c�r�monies, suivis d'un officier en manteau, porteur des d�corations
du d�funt. A l'�glise Saint-Philippe-du-Roule enti�rement tendue de noir
� l'int�rieur, les draperies seront rehauss�es par quatorze �cussons �
la lettre M, quatre autres �cussons d�coreront en outre le catafalque.
A l'ext�rieur, le portail sera envelopp� de tentures noires surmont�es
de trois �cussons du m�me genre. Apr�s la c�r�monie religieuse qui durera
une heure au moins, le convoi se dirigera vers le cimeti�re du P�re-Lachaise
o� l'inhumation aura lieu dans le caveau de la famille Menier. (Le Figaro
du 19-02-1881).
A partir de ce jour, la cloche du l'usine de Noisiel annon�ant l'entr�e
et la sortie du personnel resta muette.
"Messieurs,
j'ai eu l'honneur d'�tre pr�sident du comit� d'organisation du train-exposition
de France-Canada, cr�� avec tant de succ�s, il y a deux ans, et, j'ai
encore le souvenir de l'accueil enthousiaste que nous avons re�u des Canadiens
lorsque ce train canadien, construit sp�cialement par la Canadian Pacific,
charg� de produits fran�ais, parcourut ce grand pays. Aujourd'hui nous
avons l'occasion d'offrir en �change, au Canada, une exposition analogue
� celle dont nous avons �t� gratifi�s par ses soins
.
L�-bas,
nous avons �t� accueillis avec toute la g�n�rosit� susceptible de favoriser
l'ex�cution de notre projet. Nous avons eu, sous la puissante �gide de
M. le s�nateur Beaubien, l'ap�tre de cette id�e, le concours des grandes
compagnies de chemins de fer, des membres du gouvernement, des universit�s
commerciales et lorsque le train portant des produits fran�ais et pavois�
des couleurs fran�aises eut accompli son circuit autour du Canada, lorsqu'il
eut, appuy� par des conf�rences et des cin�mas, visit� cinquante-deux
villes, il est revenu � Montr�al.
L�, sur l'invitation
de M. Daoust, pr�sident de l'institut des hautes �tudes commerciales,
dans le palais de cette cr�ation v�ritablement admirable, �lev� � Montr�al
par le commerce canadien, nous avons �t� accueillis avec la plus touchante
sollicitude. Nos produits ont �t� plac�s dans un immense hall o� ils ont
donn� lieu � une exposition fixe, compl�tant l'exposition circulante.
Cette d�monstration en faveur des produits fran�ais a attir� une foule
consid�rable ; on estime � plus de 350,000 le nombre de personnes qui
ont visit� le train.
Aujourd'hui,
en donnant au Canada la formelle assurance que nous voudrons, par r�ciprocit�,
permettre ainsi de faire connaitre � notre tour en France les produits
canadiens dont beaucoup compl�tent les n�tres, nous allons au-devant des
v�ux de ceux qui veulent avec ce grand pays non pas seulement une alliance
de c�ur, mais aussi une alliance d'int�r�ts. Les accords commerciaux,
soumis � l'approbation du Parlement, en sont la preuve mat�rielle. Pouvons-nous
oublier qu'il y a l�-bas, comme vous le savez, de nombreux descendants
de nos vieilles provinces fran�aises et que partout, au Canada, le symbole
de la France est acclam�.
Nous avons
vu les fils du Canada venir confondre leur sang avec celui de nos enfants
sur les champs de bataille de la derni�re guerre. Ils sont accourus �
notre aide contre l'envahisseur et se sont fait tuer avec la plus grande
bravoure au champ d'honneur et je salue en passant le fils de l'honorable
M. Lemieux, pr�sident de la Chambre des communes du Canada, tomb� � vingt
et un ans sur la c�te de Vimy ; nous avons vu particuli�rement l'h�ro�que
conduite du 22� bataillon canadien ayant � sa t�te le g�n�ral Tremblay
s'illustrer dans l'Artois et tant d'autres ! L'occasion nous est offerte
aujourd'hui de montrer que nous conservons plus que jamais le souvenir
de ce glorieux pass� et que nous sommes heureux d'apporter � notre tour,
une fois de plus � cette occasion, l'expression des sentiments g�n�reux
et toujours vivants qui animent la France � l'�gard de ce grand pays et
de rendre ainsi plus �troits les liens qui nous unissent � lui."
SENAT, s�ance du 29 mars 1923 M. Gaston Menier.

Oeuvre originale offerte
à Mr Gaston Menier par le COMITÉ FRANÇAIS
DES EXPOSITIONS
et le COMITÉ D'ORGANISATION DU TRAIN FRANCO-CANADIEN.
En 1923 une reproduction en taille réduite fut réalisée.

Le
24 janvier 1932 Cados et Robida ont atterri au Bourget apr�s avoir accompli
un vol de 11,000 kilom�tres en trois jours, cinq heures 40 minutes, battant
ainsi de trente heures vingt minutes le reccord de Cosles, revenu d'Hanoi
� Paris en quatres jours et douze heures. Les aviateurs fran�ais ont �t�
re�us � l'A�ro Club de France, par M. Soreau, vice-pr�sident, qui pronon�a
une courte allocution au nom de l'A�ro-Club. Mr Chaumi�, directeur de
l'a�ronautique marchande, repr�sentant le ministre de l'Air, f�licita
les deux aviateurs au nom du gouvernement et tra�a en un rapide expos�
les progr�s accomplis par l'aviation fran�aise. Des coupes de champagne
furent vid�es apr�s que Mr Br�guet et Mr Lacoste, constructeurs de l'avion
et du moteur, eurent � leur tour f�licit� Mr Codos et Mr Robida.
(1) Mr Chaumi�, repr�sentant le ministre de l'Air, (2)
Mr Codos, (3) Mr Soreau, (4) Mr Robida, (5) le mar�chal
Franchet d'Esp�rey, (6) le colonel Renard, (7) Mr Br�guet
et (8) Mr Gaston Menier, (9) Mr Jean-Jules Lacoste.
Dans les ann�es 1920, la mode de la gar�onne incarne l��mancipation f�minine : cheveux courts, v�tements droits, allure sportive et moderne. Cette figure devient un symbole culturel qui influence profond�ment les arts graphiques et la publicit�, cherchant � s�duire une femme plus autonome, citadine et consommatrice.
C�est dans ce contexte qu�EDIA (�tablissements L�vy et Neurdein r�unis) r�alise en 1930 une r�actualisation de la fillette de Bouisset pour le chocolat Menier, au moment du lancement d�un nouveau produit en pleine vogue Art D�co. Le cahier des charges impos� au graphiste O. GUS exige une continuit� avec le personnage d�origine, mais la stylisation de l�affiche r�v�le clairement l�influence artistique du moment :1- g�om�trisation des formes,2- aplats de couleurs vives pour les affiches,3- emploi mesur� de l�a�rographe,4- lignes �pur�es typiques de l�Art D�co.
La fillette modernis�e adopte les codes visuels de la gar�onne : cheveux courts (coupe Chanel), jupe raccourcie, corsage simple, allure sportive, mouvement plus libre. Les accessoires traditionnels demeurent, assurant la continuit� iconique voulue par la marque. Ce nouvel avatar, entre tradition et modernit�, sera utilis� pendant une dizaine d�ann�es par Vic, Henchoz et Sendraf, illustrateurs charg�s de produire par la suite des publicit�s figuratives pour la presse illustr�e. Ainsi, cette céramique EDIA t�moigne de la mani�re dont Menier int�gre dans sa communication les codes esth�tiques et culturels de l��poque, en particulier ceux issus de la mode de la gar�onne et de l�Art D�co, pour renouveler son image tout en conservant son personnage embl�matique.
En
1948, une nouvelle version n�o-r�aliste est donn�e par William P�ra de
la "petite fille Menier", cr�ation tr�s am�ricanis�e, qui devient blonde
et semble esquisser un pas de bebop dans sa jupette � larges plis. Mais
sa dur�e de vie sera �ph�m�re car, d�s le milieu des ann�es 50, la direction
prenait conscience du fait que ce personnage-type constituait en r�alit�
une entrave � la d�finition d'une image de marque renouvel�e, tourn�e
vers les chocolats fins et non plus vers ce bon vieux chocolat dit de
sant� qui avait conquis tous les foyers depuis la fin du si�cle pr�c�dent.(voir
l'évolution graphique par l'intermédiaire des agendas)
TYRA SEILLIERE
Thyra Seilli�re, l'élégante brune � droite.
Madame
H�l�ne Thyra Seilli�re,
fille du baron Raymond Seilli�re et de la baronne d'Orzegowska. Premi�re
rencontre avec Henri Menier vers 1897, elle est alors �g�e de 17 ans.
A cette �poque, Mathilde
Heintz est la compagne d'Henri Menier mais non son �pouse. Elle
demeure � Paris, 8 rue Alfred-de-Vigny, o� elle d�c�dera le 24 f�vrier
1910. Thyra Seilli�re sera la femme d'Henri Menier en Juillet 1911 jusqu��
la mort de ce dernier en 1913 .
Extrait du film "J'ai tu� !" de Roger Lion 1924, Richard-Pierre Bodin
producteur et mari de Thyra Seillière dont la soci�t� de production
s'appelle "Thyra Film". Version reconstitu�e en 1990 par Ren�e Lichtig,
plus d'informations sur :
les films perdus
J'ai tu�.. (critique "le Candide" 1925). Sessue Hayakawa, qui est venu se r�fugier en France parce qu'il n'avait plus en Am�rique son prodigieux succ�s d'autrefois, a tourn� un film drainatique en collaboration avec Roger Lion. Cela n'alla pas sans mal,chacun donnant son avis. Le pauvre Roger Lion subit un bon nombre d'humiliations :l artiste japonais se lan�ait dans des col�res terribles chaque fois que Fon osait discuter ses ordres. On esp�rait que le film aurait � la fois les qualit�s des films fran�ais et celle des films am�ricains. Il n'en a que les d�fauts. Curieuse histoire vraiment que celle d'une femme du monde qui consent � se montrer publiquement en compagnie d'un aventurier qui fut son amant et d'une fille plus qu'�quivoque! Non moins curieux ce Japonais qui d�barque en France sans motif et en repart pr�cis�ment au moment o� celle qu'il aime a besoin de lui. Ce m�lo ou plus exactement ce m�li-m�lo n'a pas trouv� un public tr�s enthousiaste. Richard-Pierre Bodin, producer du film, n'avait pourtant pas l�sin� pour sa confection.. Il payait un cachet de 1.000 fr. par jour � Mme Huguette Duflos et le double � Sessue Hayakawa. La France est d�cid�ment en progr�s. Ses films commencent � devenir aussi chers et aussi mauvais qu'en Am�rique.
Oui, j�ai aim�
En
1943 Thyra Seilli�re fait
ses d�buts dans les lettres. Thyra Seilli�re, apr�s avoir beaucoup v�cu,
a atteint l'�ge des souvenirs : elle les publie, avec une certaine franchise,
sous un titre qui a le m�rite de bien dire ce qu'il veut dire : Oui, j'ai
aim�, affirme p�remptoirement cette nouvelle m�morialiste. Cousine du
baron Seilli�re, de l'Acad�mie des Sciences morales, elle est la ni�ce
de feu la princesse de Sagan, duchesse de Talleyrand, et elle eut pour
tuteurs Antony Ratier, qui fut garde des Sceaux et le g�n�ral Henrion
Berthier, qui fut maire de Neuilly. Beaucoup
d'hommes dans les souvenirs de Mme Thyra Seilli�re, tous sont morts, et
depuis longtemps. L'indiscr�tion de l'auteur n'est plus de la m�disance,
c'est tout au plus une petite violation de s�pultures. Un retour de flamme.
Thyra Seilli�re, jeune fille du monde mai sans fortune, se pr�parait pour l'Op�ra, quand le premier mari se pr�senta en 1911. Ce quinquag�naire se pr�sentait bien ; il �tait l'un des hommes les plus riches du monde : Henri Menier fabriquait ce fameux chocolat, " le seul qui blanchisse en vieillissant ". Thyra Seilli�re joua, au naturel, la petite Chocolati�re. Un r�le en or, Henri Menier poss�dait, en for�t de Villers- Cotter�ts, un �quipage r�put�, deux yachts, l'Alm�e, de 250 tonneaux, la Bacchante de 1.000 tonneaux dont l'�quipage comptait 60 matelots et qui re�ut Guillaume II aux r�gates de Kiel, et des ch�teaux un peu partout. La vie de la jeune Mme Henri Menier se passait en chasses � courre, en croisi�res, en s�jours enchant�s dans les magnifiques r�sidences d'Henri Menier � Villers-Cotter�ts, � Vaur�al, et � Cannes, o� l'industriel avait fait construire sur un rocher une villa � l'italienne, meubl�e de pi�ces de mus�e.
Un jour, pour sa f�te, Henri Menier fit � sa jeune femme un cadeau peu banal : J'ai achet� pour vous, lui dit-il, le ch�teau de Chenonceau ! Et, comme Thyra se r�criait, il ajouta : En vous offrant Chenonceau, en donnant pour cadre � votre ch�re pr�sence ces vieilles pierres royales magnifi�es par tant de prestigieux souvenirs, j'ai voulu vous rendre l'hommage que les ch�telains de la Renaissance offraient � la dame de leurs pens�es. Ce galant chocolatier traitait sa femme comme les rois leurs ma�tresses. Il fit mieux, II lui offrit une ile. Une �le de 250 kilom�tres de long, � l'embouchure du Saint- Laurent. Louis XIV l'avait offerte � Louis Jolliet, le fameux explorateur. Henri Menier l'offrit � sa femme. C'�tait une �le d�serte ; il en fit un royaume, avec des villages, une route, un chemin de fer, des abattoirs, des usines, un h�pital et une �glise pour laquelle il avait sign� un concordat avec le pape. La ch�telaine de Chenonceau devenait reine d'Anticosti. Apr�s quoi Henri Menier mourut en 1913. Ce fut son troisi�me cadeau. Fichu cadeau. Le beau r�ve se termina dans un cauchemar de proc�s en succession qui firent grand bruit dans le monde judiciaire et ne laiss�rent � Thyra Menier qu'une faible partie de la fabuleuse fortune dont elle avait eu la jouissance. Dans les ann�es qui suivirent.
Thyra Seilli�re fut la muse d'un grand po�te dont elle laisse deviner le nom et qui mourut pr�matur�ment pour avoir abus� des paradis artificiels ; puis elle devint l'Eg�rie d'un grand homme d'Etat, Aristide Briand. Apr�s ces tendres et id�ales excursions dans la po�sie et la politique, Thyra Seilli�re revint � ses premi�res amours. Elle se remaria, dans l'alimentation. En 1917, elle �pousait un des hommes les plus riches de Russie, le Bi�lorusse Pierre de Elisseieff. La r�volution d'octobre �clatait, Pierre de Elisseieff, bien que sa t�te y f�t mise � prix, partit pour Saint-P�tersbourg pour r�cup�rer ses biens confisqu�s par les communistes. Mais � son retour il mourut � Helsinki dans des conditions qui n'ont jamais pu �tre �lucid�es. Veuve pour la deuxi�me fois, Thyra Seilli�re en 1924, se mariait de nouveau. Cette fois avec un jeune journaliste d'une beaut� insolente, Richard-Pierre Bodin. Leur union fut plus br�ve encore. Un matin, on trouva Richard-Pierre Bodin sans vie dans un meubl� sordide du faubourg Saint-Martin. Avec une vie si mouvement�e, Mme Thyra Seilli�re aurait pu �crire un conte de f�es, deux ou trois romans, mais avec cet ouvrage Thyra Seilli�re s'est content�e de faire une fin. En 250 pages, elle dresse quelque chose comme un bilan, avant liquidation. (Critique inconnu)
EX-LIBRIS
Vu
son exp�rience dans la papeterie et la gravure ainsi que de ses liens
avec les hommes de lettres, la Maison Maquet fournit � sa client�le des
ex-libris personnalis�s, r�pondant ainsi aux attentes des bibliophiles
passionn�s. Ex-libris monogramm� THM et affichant la devise suivante :
Faire mon devoir. Le livre pr�sent� sous le lien est d�dicac� par Henry
Bataille, � l'intention d'Henri Menier : " A Mr Henri Menier, sympathique
hommage, pour remplacer la carte postale ; Vivi�res 1912. " Le c�l�bre
dramaturge poss�dait un ch�teau acquit en 1910 proche de Villers Cotter�ts,
terrain de chasse de la fratrie Menier, qui ne pouvait ignorer une telle
promiscuit�; Henry Bataille �tait donc un " voisin de for�t ".
Au-del� d'une possible relation de classe, l'influence du po�te et penseur,
sur la r�flexion de Thyra Seilli�re, est bien r�elle, un commerce spirituel
s'institua entre Henry Bataille et Thyra Seilli�re. Cette fusion spirituelle
apparait dans son ouvrage : L'intelligence du c�ur, " Je me suis inspir�e
de ces lignes �crites par Henry Bataille, en 1917, durant les jours les
plus sombres de l'autre guerre. " // " Henry Bataille avait raison. Une
simple v�rit� suffit parfois � changer une existence. " Connais-toi toi-m�me
", disait le sage antique. Se conna�tre soi-m�me, c'est se conna�tre dans
le pass�, le pr�sent et l'avenir. " La vierge folle (pi�ce en 4 actes,
repr�sent�e pour la premi�re fois au le Th��tre du Gymnase le 25 f�vrier
1910) est donc un ouvrage issu de la biblioth�que personnelle de Thyra
Seilli�re : �dition originale, reliure en demi basane marbr�e caramel,
dos � cinq nerfs, orn� de doubles caissons dor�s et d�cor�s de motifs
floraux dor�s.

Les r�gates de la Soci�t�
Nautique de Lagny le 26 Mai 1935.
D�s
la cr�ation de cette Soci�t� en 1905, la pr�sidence d'honneur est confi�e
� Gaston Menier, Jacques Menier en sera le Pr�sident d'honneur puis vice-Pr�sident
quelques ann�es plus tard. D�s 1910 Gaston Menier signalait l'importance
progressive prise par la soci�t� nautique de Lagny et l'affluence des
touristes qu'elle provoquait dans la r�gion de par l'organisation de croisi�res
sur la Marne et de manifestations nautiques, Il insista donc pour que
le Conseil g�n�ral lui donne une marque de sympathie en lui allouant 100
Fr. En cet apr�s-midi du 26 mai, Les r�gates annuelles de la Soci�t� nautique
de Lagny ont eu lieu dans le bassin de Dampmard. C'est au cours de cette
manifestation nautique qu'� �t� disput� le challenge Jacques Menier. Ce
challenge est attribu� pour un an � la Soci�t� participant aux quatre
�preuves de skiff et qui totalisera le plus de points. Challenge qui sera
d�finitivement acquis par la Soci�t� qui l'aura remport� trois fois cons�cutivement
ou cinq fois non cons�cutivement. Ce crit�rium de vitesse comporte quatre
�preuves de skiff dont voici les d�tails et vainqueurs.
1-Skiff
pour sculleur n'ayant Jamais disput� une �preuve en skiff), distance 600
m�tres : Union sportive du M�tro, Vinson.
2-Skiff Junior, distance 1.200 m : Union sportive du M�tro, Vinson.
3-Skiff d�putant 600 m�tres : Union sportive du M�tro, Vinson.
4-Skiff (senior) 600 m�tres : Soci�t� nautique de Lagny, Saurin.
A
l'exposition coloniale de 1931 Gaston Menier assurait un service de voitures
attel�es par des �nes pour le transport des visiteurs dans l'enceinte
de l'Exposition, cette disposition aurait grandement pu satisfaire la
jeune population organis�e en caravanes d'enfants par la ville de Paris.
Mais Paris d�clina l'offre g�n�reuse de Gaston Menier ; ce qui n'emp�cha
pas ce dernier de r�galer les jeunes seine-et-marnais, accompagnés
de leurs instituteurs, avec des gouters compos�s d'une ou deux tasses
de chocolat, de brioches chaudes et d'eau min�rale. Le soir venu, ces
jeunes visiteurs embarquaient � 19 heures � la gare de Reuilly, dans des
trains sp�ciaux affr�t�s par la Compagnie des Chemins de fer de l'Est
pour rejoindre leur foyer.
Le
pavillon Menier, situ� sur la rive sud du lac Daumesnil, �tait
confortable et tr�s �l�gant ; le public bourgeois parisien, assez distingu�,
y trouvait, tables et chaises, service de qualit� pour y consommer, pour
1 franc, un chocolat chaud de marque Jolta, nouvelle venue dans le catalogue
prix courants de la maison Menier. Les collaborateurs gardaient de cet
�v�nement, et en remerciement des services rendus, un joli m�daillon �maill�.
Plus de deux millions de personnes vinrent d�guster les produits Menier.
Inspir�e par ce succ�s, la Maison Menier ouvrira quelque temps apr�s,
avenue des Champs-Elys�es, un Salon de D�gustation. C'est l� que les amateurs
de chocolats pourront consommer, non seulement le chocolat � la tasse,
mais encore les nombreuses vari�t�s de chocolats � croquer, les Confiseries
au Chocolat et notamment, la collection de bo�tes et de coffrets destin�s
aux cadeaux de fin d'ann�e.

Musette publicitaire
ancien en toile de la marque Menier, probablement dat� du d�but du XX
si�cle (1900�1930).
Il servait soit au transport, soit comme support promotionnel. Sa forme
avec bandouli�re et boutons rappelle une musette de ravitaillement du
Tour de France, mais il s�agit plut�t d�une version publicitaire inspir�e,
et non d�un accessoire officiel de course.
Aux
contr�les de ravitaillement la musette de satinette jaune Chocolat Menier
est aussit�t vid�e de son contenu par le coureur qui place les bidons
sur le guidon, les aliments dans les poches de son maillot, et la petite
musette vide est alors abandonn�e, car les coureurs n'aiment pas �tre
g�n�s dans les entournures. Elle est g�n�ralement ramass�e par un admirateur
et devient alors un troph�e c�l�bre que l'on se montre au village. Identifi�e
par le num�ro de dossard 17, cette musette devait probablement appartenir
� Stan Ockers, 2e du tour de France en 1950. Mais d'autres courses b�n�ficiaient
des largesses de l'entreprise Menier, telle la course Paris-Nangis, ouverte
aux amateurs, et offrant une prime de 300 frs ainsi que des musettes au
d�part de la course. Sans oublier une distribution de bonnets et chocolats
� l'arriv�e.
Le 25 septembre 1929, Henri Desgrange d�crit dans L'Auto les grandes lignes de la vingt-quatri�me �dition du Tour de France. Celle-ci sera r�volutionnaire. L'�preuve se disputera selon la formule des �quipes nationales. Cinq formations de huit coureurs, s�lectionn�s par l'organisation, repr�senteront leur pays (France, Belgique, Italie, Espagne, Allemagne), le reste du peloton �tant compos� de touristes-routiers. Les v�los des coureurs des �quipes nationales seront tous identiques, fournis par L'Auto et de couleur jaune. N�anmoins, Henri Desgrange, qui a jusque-l� toujours soutenu l'id�e d'une course " strictement individuelle ", inscrit dans le r�glement une disposition ambigu� : "La course restera individuelle, mais l'esprit d'�quipe sera tol�r�."
Avec ce syst�me, Henri Desgrange pouvait craindre la r�action des marques de cycles, contraintes de s'effacer. En fait, ces derni�res, touch�es par la crise �conomique qui s�vit en Europe, se r�jouissent plut�t de voir l'organisateur du Tour prendre � sa charge tous les frais (v�los, h�bergement, etc.). Pour financer l'�preuve, plusieurs mesures sont adopt�es. La principale est la cr�ation de la caravane publicitaire, appel�e � devenir un �l�ment essentiel de la Grande Boucle au fil des ans ; le chocolat Menier, dont le chef de la publicit� Paul Th�venin organise la distribution de bonnets et de tablettes avant le passage des coureurs, fournira la majorit� des subsides. Par ailleurs, pour accueillir une �tape, les villes devront d�sormais acquitter une redevance.
Trois mois avant le d�but du Tour, le service qui s'occupe de cette organisation commence son travail. Il lui faut d'abord r�partir dans chacune de localit�s choisies comme lieu de contr�le, et il y en a 16 : 4.000 bananes pour les cyclistes, 1.100 musettes, 200 kilos de chocolat, 300 kilos de sucre, 100 kilos de pruneaux, 300 feuilles de papier sulfuris�, pas destin� � �tre mang�, mais simplement � envelopper les sandwiches. Ceci pour la nourriture non p�rissable. La nourriture p�rissable est achet�e sur place. Elle est compos�e de viande, de fruits, et � propos de fruits, 6.000 bananes sont consomm�es par les coureurs durant le Tour de France. Les-six ravitailleurs voyagent par chemin de fer. Chaque musette remise aux coureurs contient : une tranche, soit de poulet, soit de veau, soit de jambon, un sandwich-confiture, des pruneaux, des bananes, un g�teau de riz, du sucre, une tablette de chocolat au lait. De plus, il est remis � chaque contr�le du th�, du caf� ou du chocolat. En outre, � chaque fin d'�tape, il est fourni aux " touristes routiers " seulement un compl�ment de ravitaillement : sandwich-confiture, tablettes de chocolat au lait. Ce ravitaillement co�te de 60 � 80.000 francs par �preuve.
Le Chocolat Menier, cette grande marque fran�aise � la t�te de laquelle se trouve M. le s�nateur Gaston Menier, est une des plus fid�les amies du Tour de France. Depuis que nous avons adopt� la formule d'�quipe nationale, c'est-�-dire depuis 1900, le Chocolat Menier n'a jamais manqu� de ravitailler nos coureurs avec son chocolat universellement connu et appr�ci� ; Il ne se contente pas de distribuer � profusion ses exquis chocolats, il donne des bidons et musettes aux 80 s�lectionn�s garnies de ce bon chocolat qui, sous une forme r�duite, contient une r�serve de force telle qu'en croquer une simple tablette calme les crampes d'estomac les plus r�calcitrantes. Mais Mr Gaston Menier, que secondent si admirablement son fils M. Jacques Menier et son petit-fils Mr Antoine Menier dans les somptueuses usines de Noisiel, ne veulent pas limiter leurs g�n�rosit�s aux dons en nature, ils tiennent � ce que de bonnes esp�ces viennent en plus faire sentir � nos champions toute la sympathie qu'ils ont pour eux.
Oui, le Chocolat Menier aime les p'tits, gars du Tour, comme dit la chanson officielle de notre �preuve, il aime surtout les grimpeurs, monteurs de cols et c'est � ceux-l� que vont les 35.000 francs qu'il attribue chaque ann�e � notre grande �preuve. (L'Auto-v�lo 27e Tour de France 1933)

Boite m�tallique pour
vivres de r�serve Chocolat Menier 1916, 1918
Ces
boites correspondaient � la ration r�glementaire en temps de guerre. Elles
r�pondaient � la n�cessit� de doter les hommes de vivres de r�serve individuels.
Chaque homme poss�dait dans son havresac des vivres de r�serve pour une
dur�e de 2 jours constitu�es de : pain, sucre, caf�, potage, viande et
250 gr de chocolat ; le paquetage �tait compl�t� de : gamelle, bidon,
tente avec accessoires, capote ou veste, cale�on, chemise, gu�tres de
toile, bonnet, mouchoir, livret, Brosse � : chaussures, habit, fusil ;
bo�te � graisse, souliers, sous-pieds, savon.
Il �tait absolument interdit aux hommes d'entamer les vivres de réserve d'eux-m�mes. Elles n'�taient consomm�es que sur l'ordre du chef de corps ou du d�tachement lorsque tout autre mode d'alimentation �tait impossible. Elles �taient alors remplac�es dans le plus bref d�lai. La quantit� et la nature des vivres de r�serve �taient modifi�es au moment d'une attaque, quand on pouvait pr�voit que les trains ne suivraient qu'avec d'assez longs retards. Sur un front stabilis�, des d�p�ts de vivres �taient organis�s aux divers �chelons, en pr�vision de bombardement intense ou d'encerclement. Le chocolat Menier faisait alors partie des interminables convois de ravitaillement que constituaient toutes les marques commerciales parisiennes.
Les
troupes s'installent dans les tranch�es, au fond de leurs abris. Un tir
de barrage coupe toute communication entre les lignes. Les boyaux sont
d�truits, les tunnels sont obstru�s, les ouvrages sont isol�s compl�tement
et n'ont plus, avec les autres fronts, que la liaison incertaine et fragile
du t�l�phone. Il faut s'alimenter cependant, soit que l'on marche, soit
que l'on s'immobilise. C'est alors que les hommes ont recours aux vivres
de r�serve : pain de guerre (galettes de biscuit), conserves de viande,
potage sal�, chocolat, sucre, caf� en tablettes. Il doit y avoir, en principe,
deux jours de vivres dans le sac, et un jour dans la voiture de compagnie,
si les troupes se d�placent, ou dans les d�p�ts de r�serve de chaque compagnie
(dans les abris m�mes du secteur) si les troupes restent dans leurs lignes.
Ajoutons que l'entretien de ces vivres, dans certains centres tr�s humides
et infest�s par les rats, qui p�n�trent jusque dans les sacs des hommes,
est particuli�rement difficile, car le m�tal m�me des boites �tanches,
o� l'on enferme pain, potage, sucre ou chocolat, finit, � la longue, par
devenir poreux. Les officiers d'approvisionnement des corps doivent minutieusement
veiller au remplacement des vivres avari�s, ainsi qu'au bon entretien
des points d'eau. Les Allemands joignent � leurs vivres de secteurs des
caisses de bouteilles d'eau min�rale dont la conservation est ais�e et
qui se manipulent et se d�placent aussi facilement que des bo�tes de conserve.
L'exemple pourrait �tre suivi. D'autre part, il ne serait pas tr�s co�teux
de d�fendre les vivres du sac contre les rats au moyen d'une l�g�re enveloppe
m�tallique. (La
guerre Mondiale : 1917)
Quant au r�gime de la correspondance des prisonniers français, une seule lettre par mois, et une toute petite carte par semaine. Bien entendu, lettres et cartes lues par l'autorit� allemande, qui supprimait le droit d'�crire aussit�t qu'une phrase lui d�plaisait. Pour dire, la v�rit�, il fallait recourir aux subterfuges les plus ing�nieux. L'un �crivait par exemple : " J'ai de mauvaises nouvelles � t'apprendre. Le capitaine Gaston Menier est mort, le commandant Painlev� est gri�vement bless�, et le colonel Parmentier est moribond. " Cela voulait dire qu'il n'avait plus de chocolat (Menier) � manger ; que le pain et les pommes de terre commen�aient � manquer.
En dehors des op�rations militaires de nombreux r�giments poss�daient des salles de lecture et de jeux. En arrivant � la caserne les soldats y trouvaient un peu de ce qu'ils laissaient au pays, une sorte de foyer familial, un " Cercle pour le soldat ". Et Moyennant un prix minime, la coop�rative distribuait du chocolat Menier, du lait, de la bi�re, du vin chaud, des boissons rafra�chissantes, du pain, de la charcuterie.

Cadre publicitaire
chocolat Gaston Menier
Cr�ation
de la soci�t� en nom collectif des chocolats Gaston "Menier" le 13 ao�t
1908 entre Gaston Menier et Alfred Labouesse. Ce Gaston Menier �tait �tranger
� l'industrie du chocolat, il r�sidait � Courpalay, loin du si�ge social
parisien, o� il exer�ait sa profession de charpentier. Au terme du contrat
liant les deux hommes, seul Labouesse assurait le fonctionnement de l'entreprise
; erreur fatale ! Car Labouesse avait commis l'ultime maladresse de laisser
son coassoci� continuer � travailler son bois, avouant ainsi le r�le de
pr�te-nom auquel il se trouvait confin�. Gaston Menier, de Noisiel, entreprit
les d�marches n�cessaires pour r�duire � n�ant la tentative d'usurpation
de son concurrent. La cour d'appel du 10 Juin 1910 ordonna donc la radiation
de la soci�t� "Gaston Menier et Cie", la confiscation du mat�riel,
et le versement d'une amende aux propriétaires de Noisiel.
En
1935, la MG N�4 de 750 cm3 monoplace type "R", � compresseur, quatre roues
ind�pendantes et suspension par barres de torsion, �tait r�volutionnaire
pour l'�poque, cette voiture d�tiendra le nouveau record � Montlh�ry parcourant
les 2. 947 km � la moyenne de 133 km/h. A noter que seules 10 voitures
de ce mod�le furent construites par la soci�t� M.G. qui les r�servait
� ses repr�sentants officiels. D�s son apparition, cette voiture surclassait
ses concurrents, notamment au Bol d'Or Automobile de 1935 en for�t de
Saint-Germain-en-Laye.
L'�curie Jacques Menier, avec la la MG N�4, pilot�e par Maillard-Brune, battit le record g�n�ral de l'�preuve que d�tenait Cirean-Cabantous depuis 1930 avec 1.864 km. L'issue de la course est rest�e tr�s improbable jusqu' � la derni�re heure. Debille resta en t�te de la 10e � la 20e heure, tandis que Foultier lui succ�dait. Maillard-Brune, handicap� au d�but par une mauvaise arriv�e d'essence et le givrage de son carburateur, perdit 2 heures ; cependant, il remonta progressivement � vive allure et ce n'est qu'� neuf minutes avant la fin qu'il prit la t�te pour terminer 1er en couvrant 108 kilom�tres dans la derni�re heure. Voiture d�cidemment la plus rapide, elle termina l'�preuve en parcourant 1.963 km.
De 1934
� 1936, l'�curie Jacques Menier disposait de 5 MG.
(1) La J2 de Philippe Maillard-Brune qui
avait d�j� disput� le bol d'or de 1933 et pilote officiel de l'�curie
; Charles Druck apporta son concours en solo et en co-pilote pour les
records d'endurance.
(2) La J4 de Philippe Maillard-Brune, ch�ssis
J4008, 1er au bol d'or et abandon aux 24 heures du Mans de 1934 avec Druck.
(Voiture restaur�e en Allemagne).
(3) La K3 de Philippe Maillard-Brune, ch�ssis
K3029, 1er au bol d'or, aux 24 heures du Mans de 1935 avec Druck, 1er
au bol d'or de 1936. (Voiture d�mont�e en Angleterre).
(4) La R monoplace de Philippe Maillard-Brune,
1er � la Coupe des petites cylindr�es, 1er � la Coupe d'argent 1936 ;
voiture �quip�e du moteur Salmson, 8 cylindres par Eug�ne Martin. Ch�ssis
et moteur r�unis en Allemagne. (Voiture d�mont�e).
(5) La J2+PA
avec respectivement un ch�ssis 3176 et 1355 (d'origine).

Broche comémorative
(collection Saga Menier)
A
l'exposition universelle de 1900 une reconstitution d'un vaisseau de guerre
de la marine de Louis XIV a �t� présentée aux visiteurs.
Ce vaisseau se trouve dans l'ancienne galerie des machines, pr�s de la
porte de l'avenue de la Bourdonnais. Il est arm� et �quip� avec sa voilure
et ses cordages. Le vaisseau est incomplet. La maison Menier, dont il
constitue l'exposition, n'ayant pu obtenir l'emplacement suffisant pour
�difier compl�tement ce navire a d� se borner � en reconstituer les parties
principales : l'avant avec son m�t de beaupr� et sa proue ornement�e,
l'arri�re qui se distingue par ses dimensions gigantesques et sa d�coration
artistique. Dans la batterie haute du navire se trouvent des
fontaines automatiques � chocolat Menier distribuant du chocolat
chaud ou froid, gratuitement, pendant toute la dur�e de l'exposition.
Dans la soute du navire on assiste aux op�rations de pr�paration des p�tes
du chocolat, quatre dioramas permettent de visualiser la division du travail
de l'industrie chocolati�re de Noisiel jusqu'� l'empaquetage.Par convention
et � cause de l'effet d�coratif qui �tait recherch�, l'arri�re a �t� rapproch�
et plac� sur l'avant ; sauf cette modification, chacune des parties du
navire est exacte en elle-m�me. Cet arri�re caract�rise les vaisseaux
de cette �poque. On se pr�occupait bien moins alors de la stabilit� des
navires que de leur aspect d�coratif. Ce vaisseau porte le nom de Triomphant.
Il a �t� reconstitu� avec tous ses d�tails authentiques � l'aide de mod�les
et de gravures d�couverts, apr�s de patientes recherches, dans les archives
des arsenaux et chez des collectionneurs. Une inscription plac�e sur le
navire indique le motif de cette reconstitution:
Le vaisseau du Roy, le Triomphant Battant pavillon de l'amiral D'Estr�es,
vainqueur de Tabago, revient � Brest avec l'Escadre le 10 octobre 1679
apr�s avoir �tabli le commerce fran�ais aux Antilles. Il apporte au roi
Louis XIV Parmi de nombreux pr�sents, Le chocolat pr�par� avec le cacao
provenant des premi�res plantations de la Martinique.
C'est pour la maison Menier un �v�nement historique qui sera souligné
par la réalisation d'une broche comm�morative � l'intention des
personnels des Usines Menier.

D�s
le d�but des hostilit�s de la premi�re guerre mondiale la crise mon�taire
commence � s�vir, tr�s vite on constate la disparition des pi�ces de monnaie
par suite de la th�saurisation des esp�ces monnay�es en or et en argent,
la collecte officielle de l'or et la r�quisition des pi�ces de m�tal strat�gique
comme le nickel. Cette rar�faction perturbe la vie familiale, collective,
industrielle et commerciale des provinces, touchant toutes les classes
de la population. Pour combler ce manque, des esp�ces de monnaies de n�cessit�
voient le jour, tels les " tickets-monnaie ", les " timbres-monnaie "
et les pi�ces aux formes et de mati�res les plus diverses, �mises tant
par des particuliers (commer�ants ou soci�t�s) que par les Chambres de
Commerce et les Municipalit�s ; la famille Menier ne restera pas inactive
et frappera sa propre monnaie. Cette derni�re est fabriqu�e avec une mati�re
sans valeur en zinc, �vid�e pour �conomiser du m�tal, dont la valeur provisoire
sera bien sup�rieure � leur valeur r�elle.
Les
Menier de Noisiel ont cr�� au c�ur de la cit�, trois grands r�fectoires
: un pour les hommes, un autre pour les femmes, le troisi�me mixte, pour
les m�nages ; espaces qui accueillaient �galement les ouvriers qui habitaient
les environs de : Champs sur marne, Lognes, Gournay, Torcy. On pouvait
y apporter le matin sa nourriture, qui �tait tenue au chaud jusqu'� l'heure
des repas. Les prix �taient tr�s abordables, en 1914 les rations de viande
�taient � 20 centimes, les l�gumes et les desserts � 10
centimes, le pain co�tait moins cher que chez le boulanger, le
vin se vendait 10 centimes la 1/2 bouteille, mais on ne distribuait d'alcool
sous aucune forme. Des jetons en Maillechort �taient propos�s aux ouvriers,
de 5, 10, 15, 25 centimes et d�falqu�s du salaire. Muni de ces jetons,
l'ouvrier pouvait bien aller prendre son repas matin et soir aux r�fectoires
de Noisiel, mais il ne pouvait pas payer dans les diff�rents magasins
d'approvisionnement, ou payer son propri�taire. Un caduc�e stylis� atteste
d'une hygi�ne irr�prochable et de produits de qualit� propos�s par les
services de l'entreprise Menier.
Une
nouvelle affaire de sp�culation, le commerce des sucres traverse, depuis
une quinzaine de jours, une crise tr�s grave, due � une nouvelle affaire
de sp�culation. Des sp�culateurs peu scrupuleux ont fait acheter par des
courtiers le stock
disponible
d'ao�t et de septembre, soit environ 200.000 sacs, et comme la fabrication
du nouveau sucre commence � peine, ils se sont rendus ma�tres du march�,
si bien que le cours du sucre disponible est mont� samedi � 48 francs,
alors que le livrable de la nouvelle r�colte reste cot� � 30 francs 25.
M. Gaston Menier, s�nateur, pr�sident de la 14 Chambre syndicale des Chocolatiers
et confiseurs, s'est rendu hier au minist�re de la justice pour exposer
� M. Briand la situation intol�rable du march� des sucres. Le garde des
sceaux a r�pondu � M. Menier qu'il allait saisir le procureur g�n�ral
et r�clamer l'ouverture d'une instruction. Il n'y a gu�re que le commerce
de d�tail qui soit � peu pr�s �pargn�, car la hausse ne s'applique qu'au
sucre brut et cristallis� ; le raffin� n'a subi qu'une l�g�re augmentation.
En r�sum�, la situation est des plus graves. La Chambre syndicale d�plore
ces proc�d�s qui jettent la perturbation dans les affaires, La plainte
d�pos�e entre les mains du ministre de la justice par M. Gaston Menier,
a �t� transmise au procureur g�n�ral. Le minist�re du commerce avait �t�
avis� de cette sp�culation et avait inform� le minist�re de la justice,
seul ayant qualit� pour agir en la circonstance.

Vers
la fin de 1910, des appareils pyrog�nes avec lesquels on se procure du
feu sans le concours d'allumettes chimiques, et que l'on appelle " briquets
" inond�rent le march� fran�ais. N� en Allemagne, sa propagation fut imm�diate,
cet allumeur automatique conquit �galement : am�ricains, anglais et russes.
Mais l'Etat, par l'interm�diaire de sa R�gie qui d�tenait le monopole
de la fabrication des allumettes, y vit une concurrence directe. Le montant
des ventes d'allumettes qui s'�levait � 41.683.775 francs en 1910 passa
� 40.586.090 francs en 1911, soit une diminution de plus d'un million
de francs. Sur la proposition du d�put� M. Klotz (qui deviendra Ministre),
une taxation est �tablie sur les allumeurs automatiques, allant de 2 �
40 francs, suivant les dimensions et la composition des briquets. Ces
mesures pr�ventives �taient destin�es � assurer le d�veloppement normal
de la vente des allumettes et � arr�ter la diffusion des appareils pyrog�nes.
Le nombre des appareils tax�s en 1911 s'�leva � 386.889 et le produit
de l'imp�t atteignit 825.809 francs ! Quoi qu'il en soit, il apparaissait
clairement que les produits fabriqu�s par la R�gie �taient d�laiss�s par
la population, l'engouement du public pour les 'briquets �tait r�el et
que l'imp�t sur ces appareils, lequel n'�tait exigible qu'une fois, ne
produis�t pas l'effet escompt�.
Mais l'administration ne s'arr�te pas � cette sanction fiscale. Elle tint,
malgr� tout, � ses allumettes que le briquet mena�ait d'extinction, Elle
d�cida que les bo�tes d'allumettes " bougies " seraient bient�t orn�es
de gravures en taille douce repr�sentant les immortels chefs-d'�uvre du
Louvre. D'autre initiatives du m�me genre virent le jour, des porte-allumettes
en t�le lithographi�e, � ressorts charni�res et des porte-allumettes nickel�s
avec frottoirs limes furent adopt�s par le chocolat Menier comme supports
publicitaires, aussi bien pour le march� am�ricain qu'anglais.
M.
Louis GERARD et Andr� TEISSIER, Directeurs des chocolats Lombart, ont
fait part aux Menier de l'intention qu'aurait manifest� M. Maillard
de New-York de vendre sa maison de commerce qu'il exploite � New-York.
Ceux-ci ont propos� � Henri et Gaston Menier de constituer une Soci�t�
pour l'acquisition et l'exploitation de la Maison MAILLARD. Maison New-Yorkaise
de confiserie qui s'attachait les services de Fran�ais d'�lite, l'une
des plus consid�rable des Etats-Unis. Maillard avait su surpasser tous
ses concurrents puissants et nombreux.
.
Lettre
d'Henri Maillard, le 16 Novembre 1906 � MM. Tessier et G�rard
La demande verbale que vous m'avez adress�e pendant mon s�jour � Paris de vous faire savoir si je consentirai � vous donner une option pour l'achat de mon affaire commerciale, client�le et raisons sociales aux �tats-Unis d'Am�rique � un prix et � des conditions qui puissent aboutir � un plein accord, a �t� prise par moi en consid�ration. Et en r�ponse, je vous dirai que bien que je sois encore fortement oppos� � consentir une pareille option � quelqu'un, je veux bien, � cause de ma confiance personnelle en vous deux, vous accordez seulement � vous, cette option � des prix et conditions qui puissent �tre finalement agr��s pour une p�riode expirant le 1er f�vrier 1907, date � laquelle la vente doit �tre devenue effective et le contrat de vente et d'achat, ainsi que tous les autres documents n�cessaires � la r�alisation compl�te de cet achat, doivent �tre d�ment pass�s � un prix comptant �valu� � 400 000 $, non compris les loyers. Tous les contrats faits par moi pour l'achat de mati�res premi�res pour l'affaire et le bail prenant fin le 1er ao�t 1908 : des magasins de la 5�me avenue, du loyer annuel de 40 000 $ payable par quarts ainsi que le loyer pour un an seulement de l'�curie situ�e au 120 Ouest, 25�me rue, d'un loyer annuel de 1200 $, payable mensuellement, doivent �tre assum�s par l'acheteur. (Extrait de la correspondance incluant convention et projet, Source: Saga Menier)
240
Bataillon-Pionier - 170 Division d'Infanterie, 9 �me Armée en 1940
De
1945 à 1954 le manoir de Bois Larris est inoccupé. En 1955
il est acheté par la" Fondation pour le traitement et la formation
des jeunes infirmes" avec le concours de capitaux brésiliens,
de l'appui financier du Ministère de la Santé et de la Caisse
Nationale de la Sécurité Sociale. En 1967 il devient école
de cadres pour la Croix Rouge. Par convention entre la Fondation et la
Croix Rouge, cette dernière est propriétaire du site au
1er janvier 1980.
Dans
la cité ouvrière de Noisiel, chacun des logements auxquels
on accède par un jardin où les enfants peuvent jouer sans
sortir dans la rue, comprends une grande pièce à deux fenêtres
servant de chambre ou de salon, une vaste cuisine avec fourneau monté
et un évier, un hangar clos pour faire la lessive, conserver le
bois et les diverses provisions, ainsi qu'une grande cave. Au premier
étage se trouvent une grande chambre à coucher, puis une
autre un peu plus petite pour les enfants et au-dessus, pour l'étendage
du linge et les débarras, un grand grenier auquel on accède
par une échelle.

Théâtre
Menier ou la publicité à l'école
Petit
théâtre aux décors interchangeables édité
par le service psycho p�dagogique du chocolat Menier en 1963. Cette initiative
est destinée, non pas aux enfants dans leur environnement familial,
mais à l'institution scolaire afin d'apporter une réponse
ludique sans négliger le caractère commercial. Comme l'indique
la brochure Menier remise aux enseignants, "Les entreprises ont
pris conscience qu'il existe des générations à former
pour le plus grand bénéfice des entreprises. Que l'enfant
intéresse directement les grandes marques et que celles-ci débloquent
d'importants crédits à son éducation."

Chocolat Ménier,
le seul qui blanchisse en vieillissant
Un
chocolat de qualit� se doit de poss�der une couleur sans trace blanch�tre
lors de la casse. La rupture du chocolat doit �galement s'obtenir de mani�re
franche. Bien que le non respect de ces exigences n'entame en rien les
qualit�s organoleptiques de la mati�re premi�re, une apparence granuleuse
et neigeuse laisse le consommateur suspicieux. Pour obtenir un r�sultat
satisfaisant, la maîtrise du refroidissement avant d�moulage du
chocolat est primordiale.
Symbole
d�une id�ologie bourgeoise bien �tablie, la cath�drale traduit la r�ussite
�conomique et sociale des Menier.
Ils fixent ainsi dans la pierre leur entr�e triomphale dans l�histoire.
Forme insidieuse de couronnement pouvant �tre traduit par une apog�e,
une fin en soi qui permet la lecture en creux d�un d�clin annonc�. L�autre
enseignement est le style architectural de la Cath�drale ; il est en rupture
avec la vieille tradition aristocratique, �l�gante et sensuelle, mais
consid�r�e en ce d�but de si�cle comme � criminelle � . La
cath�drale édifiée en 1906 symbolise la p�n�tration
dans le monde ouvrier et dans la modernit� �mergente du XX�me si�cle.
L�utilisation de moyen moderne tel que le b�ton arm� ainsi que l�absence
de d�coration pr�figure l�harmonisation de l�architecture avec les exigences
et besoins de la vie moderne et la reconnaissance d�un mat�rialisme naissant.
La cath�drale est le dernier b�timent d�envergure �rig� par les fils Menier
; elle rejette l�ensemble des syst�mes architecturaux existant sur le
site et plus particuli�rement l�embl�matique moulin Saulnier �difi� par
leur p�re Emile Justin � l�apog�e de sa gloire en 1872.
Au
milieu de la forêt de Retz également dénommée
forêt de Villers-Cotterets, le Général Mangin, commandant
de la Xe armée, avait fait élever un observatoire. C'est
de là qu'il dirigea l'attaque du 18 juillet 1918 qui a provoqué
la débâcle allemande.
L'observatoire élevé en charpente était accolé
à deux grands arbres du massif. L'an dernier, il fut détruit
par une violente tempête en même temps que les arbres qui
le soutenaient. Pour perpétuer le souvenir de cet observatoire
dont le rôle a été si important pour la préparation
et la direction de cette attaque glorieuse, un comité s'est formé
sous la présidence de M. Gaston Menier, sénateur, dont on
sait les attaches dans la région, pour la pose d'un monument commémoratif.

La famille Menier:
(1) parents d'Odette Gazay, (2) Hubert, (3) Pauline), (4) Jean-Louis)
et les employés du rail de la fabrique de Noisiel.
Le
Rail
dans l'entreprise Menier date de 1881 pour se terminer en 1959.
En 1879, Émile Menier demanda à la Compagnie de l'Est un
raccordement entre son entreprise et le réseau. Après une
enquête menée dans les communes de Lognes, Emerainville,
Torcy et Noisiel, l'autorisation fut accordée quelques temps après
la mort du demandeur en 1881. Le point de départ du dispositif
fut la gare d'Emerainville-Pontault-Combault qui, dans un premier temps,
ne desservait qu'un entrepôt distant de 6 kms. Ensuite, le prolongement
se fit jusqu'à Noisiel avec une bifurcation vers la Ferme du Buisson.
Au total, il y avait 10 kms, dont 7 en lignes, 1.6 km à l'intérieur
de l'usine et quelques centaines de mètres reliant la Ferme modèle
du Buisson.( Voir le tracé).
La
ferme du Buisson Saint-Antoine culmine l'ensemble usinier ainsi que la
cité ouvrière à près de 90 mètres.
Les premières traces d'activités agricoles remontent à
1705 selon un Arrêt émis en juillet par le Parlement de Paris
mentionnant le nom de Gilles Bourgoin, laboureur et propriètaire
de moutons. Le domaine agricole devait couvrir une superficie de 6000
m², la ferme Est, est construite en 1789 et sera conservée
lors des grandes transformations.
Malgr�
ses des talents de chasseur de cerveaux dont fera montre � plusieurs reprises
Emile-Justin Menier, cette collaboration qui comporte �galement un projet
de cr�ation d'une �cole de chimie pratique se solde par un �chec. Cet
insucc�s est un des �l�ments qui p�se dans la d�cision d'abandonner �
Dorvault les secteurs pharmaceutique et chimique. Une d�cision effective
en septembre 1867. Dorvault annonce cette acquisition "la Pharmacie Centrale
de France vient de faire l'acte le plus important depuis sa fondation".
L'extension des activit�s permet � la Pharmacie Centrale de France d'ouvrir
des succursales dans les grandes villes de France.

Firmin Bouisset réserviste.
Debout, 3ième en partant de la gauche
Firmin
BOUISSET est né à
Moissac le 02 Septembre 1859. Son père était un simple meunier
des bords du Tarn.
Une batisse du XVIIIème siècle vibrant du fracas des meules,
le majestueux confluent où Tarn et Garonne mêlent leurs eaux
en une drapée de florissants vergers, le bruissement des peupliers
que balaye le vent d'ouest, les douces collines où dore le chasselas,
tel est l'univers où grandit l'artiste; son frère cadet,
Félix, bercé par cette même nature évocatrice
deviendra également dessinateur et lithographe. Moment de contact
privilégié avec la nature, ce temps de l'enfance est aussi
celui des veillées au coin du feu, al cantou, la part de merveilleux
des légendes contées par sa Grand-mère. Firmin Bouisset
aura 5 enfants: Yvonne,Jacques,Pierre,Raymonde et Lucienne. Pierre
Bouisset, le cadet de la famille était sculpteur, intégré
au 10e bataillon de chasseurs � pied, il fut tu� le 1er Mars 2015 en montant
� l'assaut des tranch�es allemandes.
Le
Banquet
a été suivi d'un défilé de tous les invités,
des maires, des instituteurs, des notables de toutes les communes. 4 000
personnes passent devant les mariés pour les félicitations
d'usage. Après une projection cinématographique, vers 6
heures les invités reprennent la route d'Emerainville. Mais vers
21 heures, la salle du premier étage est de nouveau remplie et
l'on danse jusqu'au petit matin.
Julien-Marie
Chauvelon est n� le 11 F�vrier 1875 � Rez� en Loire-Atlantique. Cette
r�gion situ�e sous Nantes, sur la rive gauche de la Loire, a toujours
�t� une p�pini�re de marins et de capitaines de commerce. Fils de marin,
Julien Chauvelon avait � son actif 28 mois de navigation, � 20 ans, lorsqu'il
partit faire son service militaire sous les drapeaux, il en passa 10 en
mer. Sous les ordres du Capitaine Chauvelon, le Belem effectua
24 campagnes transatlantiques. Les 3 premi�res, la neuvi�me,
la dixi�me et la onzi�me ne sont �maill�es d'aucun �v�nement sp�cial.
Nantes-Pointe-�-P�tre et retour � Nantes en 146 jours, Saint-Nazaire-Belem
et retour en 87 jours, Nantes-Cap-Ha�tien et retour en 116 jours. Le chargement
est toujours le m�me : sucres � la Guadeloupe et � Ha�ti, cacao au Br�sil.
Douzi�me campagne du Belem en 1902, parti du Havre le 19 Mars avec un
chargement, le navire arrivait dans les premiers jours de Mai devant Saint-Pierre
� la Martinique, o� il avait l'habitude de d�barquer. Seulement la place
�tait prise par un des amis du Capitaine Chauvelon, le Capitaine Mah�e.
Les repr�sentants de l'armateur jug�rent bon de d�tourner le Belem sur
le h�vre du Robert, de l'autre c�t� de l'�le, � 30 kilom�tres de la montagne
Pel�e. Le Capitaine Chauvelon �tait furieux. Le dimanche 8 mai, sa col�re
calm�e le Capitaine se pr�parait � rejoindre Saint-Pierre � cheval. Le
temps �tait clair et la montagne �tait redevenue tranquille, alors que,
dans les premiers jours de Mai, une pluie de cendres, des lueurs rouge�tres,
des grondements puissants et prolong�s avaient montr� que le volcan se
manifestait s�rieusement. La Capitaine Chauvelon n'eut pas le temps de
quitter son navire. La montagne explosa litt�ralement. La ville de Saint-Pierre
fut ras�e en 4 minutes par la puissance du souffle charg� de gaz incandescents
atteignant une temp�rature tr�s �lev�e. Dans la rade, ce souffle d�cha�n�
souleva d'�normes lames partant de la c�te et d�ferlant au large. Autour
du volcan, le nuage de mort progressant � la vitesse d'un cheval fou,
d�truisit toute forme de vie. Au Robert l'inqui�tude r�gnait � bord du
B�lem. Le nuage incandescent noircissait et se trouvait entra�n� vers
l'Est. Il s'approchait ainsi du navire. Au dernier moment une saute de
vent le d�tourna. Le pont du Belem fut cependant couvert de scories, de
cailloux et de cendres. Le gr�ement et la m�ture subirent quelques d�g�ts.
La couche �paisse de poussi�res volcaniques fut transform�e, quelques
heures plus tard, par une pluie diluvienne, en une boue dure et consistante
qui adh�rait partout. Il fallut nettoyer le navire et gratter la boue.
Le 26 Mai, une nouvelle �ruption eut lieu, mais de moindre importance.
Enfin, apr�s une longue escale, le Belem charge son sucre et rentre �
Nantes le 6 Ao�t 1902 apr�s 115 jours de campagnes.
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La
meilleure disposition d'am�nagement pour les �tudes scolaires est sans
contredit dans l'emploi de la table isol�e ; il serait � d�sirer que toutes
les �coles puissent offrir des emplacements qui permettent l'adaptation
de ce genre de tables. Un seul pied supporte la table et le si�ge, il
est muni d'un �trier pour le repos des pieds; le si�ge est galb�, le dossier
est cambr�, sa place est plus spacieuse, le bien-�tre est complet; ampleur,
solidit�, tout est r�uni dans cette table. Le prix d'unit� en h�tre ou
pitch-pin avec encrier ordinaire case libre est de 30 francs. En ch�ne
avec encrier sp�cial, pupitre ouvrant 35 francs. Cette table, connue sous
la d�nomination de table � Menier �, a �t� �tablie d'apr�s les donn�es
de M.Menier et de M.Logre, ing�nieur ; elle est appliqu�e � l'am�nagement
des �coles de l'usine de Noisiel.
(Mobiliers des Ecoles, syst�mes LENOIR: Le Mobilier scolaire, s�rie de prix, Exposition Paris 1878)
Le syst�me
Lenoir (fin XIX si�cle) est un ensemble de normes fran�aises d�finissant
l�organisation du mobilier et de l�espace dans les salles de classe. �labor�
par L�on Lenoir, inspecteur de l�enseignement primaire, il vise � am�liorer
l�hygi�ne, l�ergonomie et l�efficacit� p�dagogique.
LE HOME INSURANCE BUILDING

M�daille comm�morative
en bronze produite par Franklin Mint,
The Skyscraper Forecasts the Changing City (Chicago 1884).
Entre
fiert� nationale et controverse internationale, l'origine du gratte-ciel
fait toujours d�bat. Bien avant que les silhouettes ac�r�es de Chicago
ou New York ne redessinent l'horizon mondial, la France exp�rimentait
d�j� l'usage de l'ossature m�tallique. Le Moulin Saulnier (1872), pionnier
discret de cette r�volution architecturale, recourait � des structures
de m�tal pour soutenir son �difice. Modeste par sa hauteur et destin�
� un usage industriel, il ne comptait que quatre � cinq �tages : loin
encore du gratte-ciel moderne, mais suffisamment novateur pour ouvrir
une �re nouvelle dans la construction. L'autre grande �tape de cette histoire
se joue outre-Atlantique. � Chicago, le Home Insurance Building, con�u
en 1884-1885 par l'architecte William Le Baron Jenney, est g�n�ralement
reconnu comme le premier v�ritable gratte-ciel. Avec ses dix � douze �tages
enti�rement port�s par une ossature m�tallique, il franchit un seuil d�cisif
: celui de la verticalit� moderne. Une prouesse alors impossible avec
les traditionnels murs porteurs en brique ou en pierre. Cette double naissance
nourrit aujourd'hui encore une subtile rivalit�. La France revendique
l'ant�riorit� du premier �difice � structure m�tallique porteuse, tandis
que les ing�nieurs et architectes am�ricains d�fendent la primaut� du
grand saut vers la hauteur. Deux records, deux r�volutions compl�mentaires
: l'un ouvre la voie technique, l'autre consacre l'ambition verticale.
Ensemble, ils posent les fondations du gratte-ciel contemporain.
Foulard en soie � Les
D�cors Parisiens � H�tel Menier �
Ce
foulard est un carr� de soie, sign� Louis Vuitton (environ 86 � 86 cm)
imprim� de motifs inspir�s de l�architecture parisienne du XIXe si�cle,
notamment le vestibule de l�H�tel Menier, situ� au Parc Monceau � Paris.
� la crois�e de la mode et du patrimoine, ce carr� de soie rend hommage
� l�un des h�tels particuliers les plus remarquables du Paris haussmannien
: l�h�tel Menier, situ� aux abords du parc Monceau. � travers cette composition,
ce foulard transpose sur soie l�architecture fastueuse de cette demeure
embl�matique de la grande bourgeoisie industrielle du XIXe si�cle. Construit
entre 1869 et 1870 pour �mile-Justin Menier, l�h�tel particulier est l��uvre
de l�architecte Henri Parent. Son style, typique du Second Empire, se
distingue par une fa�ade richement orn�e, une composition sym�trique et
un d�cor sculpt� d�une grande finesse. Ces �l�ments architecturaux, pens�s
comme une d�monstration de r�ussite sociale et de modernit�, sont minutieusement
reproduits sur le carr� de soie.

Coffret laqu� fa�on
Japon de marque Menier
Dans
les ann�es 1930, l�int�r�t de la France pour le Japon s�inscrit dans la
continuit� du japonisme du XIX si�cle et se manifeste dans les arts d�coratifs,
la mode et le design. Le Japon fascine par une esth�tique per�ue comme
raffin�e et par sa capacit� � concilier traditions anciennes et modernit�
industrielle, offrant un mod�le alternatif � un Occident fragilis� par
la Premi�re Guerre mondiale et la crise de 1929. Cet engouement repose
toutefois sur une vision largement id�alis�e et exotique, nourrie par
une qu�te de spiritualit� et par l�admiration pour un �tat jug� disciplin�
et puissant.
C�est dans ce contexte culturel que s�inscrit l�ouverture, en 1935, du
magasin et salon de confiserie Chocolat-Menier sur les Champs-�lys�es.
Les coffrets propos�s, parfois pr�sent�s comme laqu�s, reprennent des
codes esth�tiques alors en vogue, inspir�s des arts d�coratifs et de motifs
asiatiques, relevant davantage d�une appropriation occidentale de l�imaginaire
japonais que d�une connaissance approfondie du pays.
Plus largement, cette approche s�inscrit dans l�orientalisme des ann�es
1930, h�ritier du regard colonial europ�en, m�lant fascination et mise
� distance culturelle. Diffus� par les arts, la culture populaire et les
expositions coloniales, il propose une repr�sentation souvent fantasm�e
et st�r�otyp�e de l�Orient, per�u comme fig�, myst�rieux et sensuel, et
oppos� � un Occident pr�sent� comme moderne et rationnel. Cet orientalisme
contribue ainsi � la construction de clich�s durables, r�duisant l�Orient
� un simple d�cor d�ailleurs plut�t qu�� une r�alit� historique et culturelle
complexe.
Ce coffret laqu� repr�sente une grue, symbole majeur au Japon, associ�e
� la long�vit�, � la paix et � la fid�lit�. Consid�r�e comme un animal
noble et proche des dieux, elle relie la terre et le ciel. On la retrouve
sur de nombreux supports : kimonos, origamis, peinture.
VUES DE FRANCE

Vues de France N°2
Les
deux albums collecteurs � Vues de France �, �dit�s par Chocolat Menier
au d�but des ann�es 1930, s�inscrivent dans la tradition des albums �
images destin�s � �tre compl�t�s au fil des achats. Centr�s sur les paysages,
villes et monuments fran�ais, il proposaient une approche � la fois p�dagogique
et patrimoniale du territoire. � la m�me p�riode, Menier �dite �galement
les deux l�albums � Un beau voyage � travers l�Europe �, dont l�ambition
g�ographique plus large introduit une forme de concurrence interne. En
proposant une ouverture continentale et un imaginaire du voyage plus d�paysant,
cette collection a pu capter une part importante de l�attention du public,
au d�triment des s�ries strictement nationales. Cette coexistence de deux
albums similaires, conjugu�e � la fragilit� mat�rielle et � l�usage quotidien
de ces objets, explique la faible survie des exemplaires de � Vues de
France �. Objet publicitaire ordinaire � l�origine, � Vues de France �
est d�sormais reconnu comme un t�moignage pr�cieux de la strat�gie publicitaire
et culturelle de Menier, et de l��ge d�or de l�imagerie illustr�e.

jumelles d�op�ra Menier
Les
jumelles d�op�ra �taient tr�s populaires � partir du XIX si�cle, surtout
en France et en Europe. Elles �taient souvent en m�tal, laiton ou argent,
et d�cor�es avec du nacre pour les parties ext�rieures. La nacre �tait
un mat�riau pr�cieux utilis� pour d�corer des objets de luxe ou semi-luxe
: instruments optiques, bo�tes � bijoux, stylos, etc. L�existence de jumelles
d�op�ra grav�es du nom �Menier�, connues � ce jour par un exemplaire unique,
invite � une lecture prudente mais �clairante. Leur facture relativement
sobre, seulement rehauss�e d�un discret d�cor nacr�, les distingue des
accessoires luxueux g�n�ralement destin�s � un usage personnel, tout en
leur conf�rant une �l�gance compatible avec les lieux de spectacle. Faute
de sources factuelles permettant d�en �tablir avec certitude l�origine
ou la destination, ces jumelles peuvent n�anmoins �tre envisag�es comme
un objet � vocation publicitaire ou mondaine, possiblement li� aux pratiques
culturelles de la maison Menier autour de 1900. Cette hypoth�se s�inscrit
dans une d�marche coh�rente au regard de la sensibilit� lyrique et th��trale
de la famille, ainsi que de sa propension � associer son nom aux manifestations
culturelles par le biais d�objets diffusables et symboliques.

Lloyd�s Register of
yachts 1931 Gaston Menier
La
plupart des nations disposent de leur propre registre de cote et de classification
des navires. En France, un arr�t� du ministre de la Marine du 5 septembre
1908 a reconnu officiellement deux soci�t�s de classification : le Bureau
Veritas et le Lloyd�s Register of British and Foreign Shipping. Ces soci�t�s
poss�dent, dans les principaux ports du monde, des experts qui, � la demande
des propri�taires et des armateurs, proc�dent � des visites p�riodiques
des navires et leur attribuent une cote, consign�e dans les registres
de la soci�t�. Les registres de classification contiennent ainsi des renseignements
relatifs � l��ge du navire, � son mode de construction, � son degr� de
solidit� et � son �tat actuel. Ils comprennent �galement les informations
les plus d�taill�es concernant les yachts class�s par la soci�t� : noms,
dimensions et autres caract�ristiques, tant pour les yachts anglais qu��trangers
port�s � sa connaissance. Un appendice, plac� � la fin de l�ouvrage, renferme
la liste de la plupart des yacht-clubs du monde entier, accompagn�e des
dessins de leurs pavillons et guidons distinctifs, un index des signaux,
la d�signation des yachts dont les noms ont �t� modifi�s, ainsi qu�une
table alphab�tique, par noms, de tous les propri�taires de yachts, avec
leurs adresses. Les conditions r�gissant la classification des yachts
sont �galement expos�es dans l�ouvrage.

Produite
vraisemblablement vers 1930, en pleine p�riode Art d�co, cette dinette
publicitaire Menier de marque, "Les Jeux et Jouets Fran�ais",constitue
un t�moignage remarquable de l'histoire de l'enfance, de l'�ducation et
de la socialisation des jeunes filles dans la France du d�but du XX? si�cle.
� travers le jeu, les enfants reproduisaient les gestes, les comportements
et les usages observ�s dans le monde des adultes. Bien au-del� du simple
divertissement, la dinette participait � l'apprentissage des normes sociales
et des r�les traditionnellement attribu�s aux femmes.
