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HISTOIRE DE LA CHOCOLATERIE MENIER DE NOISIEL

En 1872, Jules Saulnier adopta une structure m�tallique pour le moulin de la chocolaterie Menier, � Noisiel. Symbole de modernit�, cette structure r�pondait � des exigences techniques telles qu'une plus grande port�e, une meilleure r�sistance au feu, une am�lioration fonctionnelle gr�ce � de vastes espaces libres sans entrave, ainsi qu'� des crit�res �conomiques, notamment une rapidit� de construction accrue. En effet, la charpente fut fabriqu�e en atelier dans l'entreprise du m�tallier Armand Moisan. Cette r�alisation pr�coce, en forme de cage de faraday, fit du moulin de Noisiel le premier �difice � structure m�tallique porteuse, ouvrant la voie � l'�l�vation des gratte-ciels outre-Atlantique.

Plusieurs gr�ves de charpentiers � Paris ont jou� un r�le important dans l'essor des charpentes m�talliques. Lors de ces mouvements sociaux, en raison de la p�nurie de bois ou de difficult�s d'approvisionnement, certains entrepreneurs se tourn�rent vers le fer et le m�tal pour pouvoir achever leurs constructions en cours. Ce remplacement partiel contribua � populariser l'usage de ces charpentes d'un nouveau genre, aux multiples qualit�s, annon�ant ainsi l'�re des constructions m�talliques modernes.


Jean-Antoine Brutus Menier
(Archive restaur�e et coloris�e par IA)


 

Saga Menier� 2002
Dernières mises à jour:
26/06/2026

 

 


R�clame parl�e de 1898 grav�e sur cylindre Lioret et positionn�e au coeur de kiosques musicaux. (Collection Julien Anton)


Nestl� Brings
Noisiel�s Historic
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Index Th�matique

Saga Menier ou l'�grenage des générations et temporalit�s: "arri�re, arri�re, arri�re, arri�re, arri�re", ce son obscur du tombeau et des temps r�volus, qui exprimait cependant un rapport pieusement entretenu entre le pr�sent, ma propre vie et ses choses profond�ment ensevelies [...]. En percevant ce son, il me semblait ressentir le souffle des lieux qui vous incitent � une certaine d�marche d�f�rente et pench�e, le chapeau � la main, sur la pointe des pieds, je croyais aussi entendre le silence lointain et abrit� de ces lieux aux �chos sonores, des sensations d�votieuses se m�laient au son des syllabes sourdes, aux pens�es de la mort et de l'histoire, et tout cela me semblait, en quelque sorte bienfaisant. (Thomas Mann : La montagne magique)

Les groupes sociaux perp�tuent leur identit� par la v�n�ration, parfois inconsciente de leurs origines. La famille et la soci�t� produisent un r�cit coh�rent o� chaque individu s�inscrit dans une continuit� temporelle. Cette temporalit� rappelle que tout individu na�t dans des couches de temps sociales, faites de traditions, de r�cit familial, de m�moire collective, et que ces couches agissent comme un cadre invisible qui fa�onne la mani�re dont il per�oit le monde, se per�oit lui-m�me et comprend sa place dans la soci�t�.


Cette t�le bichromat�e s�inscrit dans la politique de repr�sentation sociale et industrielle de la maison Menier, c�l�bre pour son implantation � Noisiel et son rayonnement international. Elle illustre la valorisation des distinctions obtenues par plusieurs g�n�rations de la famille, dans une logique d�affirmation de prestige et de l�gitimit� sociale. Cet �l�ment �tait destin� � �tre pr�sent� dans des espaces institutionnels, industriels ou lors de manifestations publiques (expositions, pr�sentations officielles) Cette plaque regroupe les Ordres nationaux obtenus par les 3 premi�res g�n�rations productrices de chocolat Menier � Paris et à Noisiel. Une seule date signifie l'obtention de la distinction de Chevalier de la Légion d'Honneur, la deuxi�me �tant celle d'Officier de la Légion d'Honneur. Au XXe si�cle, l'institution de la L�gion d'Honneur �pinglera une nouvelle fois Henri Menier, Commandeur; Jacques Menier, Chevalier; Georges Menier, Officier; Antoine Menier, Chevalier. Tous les dirigeants de la firme, � l'exception d'Hubert, furent distingu�s dans l'ordre de la L�gion d'Honneur. D'innombrables accessits furent attribu�s aux diverses activit�s que les Menier entreprirent durant plus d'un si�cle de pr�sence � Noisiel, une vitrine regroupant l'ensemble des d�corations et encouragements est visible aux archives patrimoniales de la ville de Noisiel.

Au fil du XIX siècle si�cle, la famille Menier ne se contente pas d�imposer sa r�ussite dans l�industrie : elle l�expose aussi � travers un vaste patrimoine immobilier. Ces acquisitions, v�ritables vitrines sociales, traduisent l�ascension d�une dynastie devenue incontournable. Parmi ces propri�t�s, l�une se distingue particuli�rement par sa port�e symbolique et nationale : le ch�teau de Chenonceau, joyau du Val de Loire, dont l�acquisition inscrit les Menier dans une forme de l�gitimit� patrimoniale et historique.

Mais c�est � Paris que leur r�ussite s�exprime avec le plus d��clat. Dans la seconde moiti� du XIX si�cle, le quartier Monceau, transform� sous l�impulsion du baron Haussmann, devient l�un des lieux les plus pris�s de la capitale. Autour de l�ancien parc de Philippe �galit� s��l�ve un ensemble d�h�tels particuliers aux styles �clectiques mais harmonieux, nich�s entre cour et jardin. Ce secteur hautement sp�culatif attire alors les plus grandes fortunes de l��poque :les Pereire, les Lebaudy, les Guerlain, les Camondo et bien s�r, les Menier.

Ces derniers y multiplient les acquisitions, affirmant leur pr�sence au c�ur de cette g�ographie du pouvoir et de la richesse. �mile-Justin Menier s�installe avenue Van Dyck, tandis que Gaston Menier poss�de plusieurs h�tels, rue de Monceau et avenue Ruysdael. Henri Menier choisit la rue Alfred de Vigny. Georges Menier r�side rue Monsieur, dans l�h�tel de Jarnac, et Jacques Menier s��tablit avenue d�I�na. � travers ces adresses prestigieuses, les Menier inscrivent durablement leur nom dans le paysage parisien, faisant de la pierre un prolongement naturel de leur puissance industrielle.

Buste en marbre blanc sur piédouche en marbre gris repr�sentant Gaston Menier dirigeant en 1913 la Chocolaterie du m�me nom et petit-fils du fondateur ; Jean-Antoine Brutus Menier. Cette sculpture de 1900 est sign�e Denys Puech.
Le dernier propri�taire de ce buste fut Serge Couzigou qui cr�a le mus�e de Chocolat de Biarritz et qui malheureusement dut fermer ses portes en 2018.

Denys Puech est un sculpteur fran�ais n� le 3 d�cembre 1854 � Gavernac, d�c�d� le 9 d�cembre 1942. Il apprend le travail du marbre d�s 1872 chez Fran�ois Mahoux, un artiste marbrier. Puech poursuit sa formation � l'�cole des Beaux-Arts de Paris. L�-bas il sera l'�l�ve de Fran�ois Jouffroy puis d'Alexandre Falgui�re et d'Henri Chapu. Il va se distinguer et obtenir de nombreux prix acad�miques notamment le prix de Rome, il deviendra le directeur de cette institution (Acad�mie des Beaux-Arts de la villa M�dicis) de 1921 � 1933. Statuaire officiel de La R�publique, il n'�chappa pas en 1913 aux critiques acerbes de la presse et des litt�rateurs pr�f�rant une sculpture plus inspir�e dont le chef de file n'�tait autre qu'Auguste Rodin. Uneopposition artistique qui reprochait � l'Etat : " d'encombrer les places publiques et les jardins de pesantes masses de pierre ou de bronze " et de faire appel d'avantage � des "sculptiers" tels que Coutant et Puech et autres fabricants de l'Institut, travaillant pour "une sorte de magasin de pseudo-statues", faisant d'eux des "marbriers de la brocante".
Les bustes constitueront la premi�re et principale production de Puech. On la lui a beaucoup reproch�e, comme une �uvre facile, de peu d'effort et de grand rapport. Les bustes de quelques compatriotes aveyronnais ont �t� les premi�res commandes du jeune sculpteur r�cemment arriv� � Paris ; ce fut ses premiers gains, pas �tonnant que le sculpteur ait continu� dans la voie ainsi ouverte. Ces travaux, de dimensions restreintes, o� la pens�e se concentre dans quelques traits ou dans quelques lignes, conviennent d'ailleurs � sa tournure d'esprit et � son genre de talent. Puech n'a gu�re le sens de la sculpture architecturale ; les grandes compositions effrayent sa nature, il devait donc se complaire dans la perfection de bustes principalement féminins mais également d'industriels, de professeurs, de savants, de politiques, 72 bustes en marbre sortiront de son atelier. M. Denys Puech a �t� souvent moqu� et injuri� durant de longues ann�es par la presse ind�pendante qui inventa cette perfide opposition entre Denys Puech et Auguste Rodin. Ce dernier �tait homme de g�nie et d'inspiration, artiste avant d'�tre homme de m�tier. Denys Puech restait un praticien " souple, averti et digne d'int�r�t ". Homme d'institut, jalous� pour ses nombreuses commandes, il performait dans sa sp�cialit� et consid�rait, en lib�ral qu'il �tait, que chacun pouvait avoir sa place. En 1922, le statuaire Antoine Bourdelle, �l�ve de Rodin, ambassadeur de la sculpture moderne, pour ne pas dire de l'art fran�ais moderne, fit le voyage de Rome. C'�tait son premier contact avec la Cit�. Denys Puech convia l'immense sculpteur � prendre le th�. La rencontre fut des plus cordiales, l'accueil des plus simples et des plus chaleureux. Les deux artistes crois�rent leurs souvenirs, car Puech et Bourdelle s'�taient d�j� rencontr�s chez Mme Jules Michelet. Antoine Bourdelle qui fut le soir le confident des uns et des autres, confia l'enchantement r�ciproque procur� par cette entrevue.

Le mus�e d'Orsay conserve en ses murs quelques �uvres de l'artistes dignes d'int�r�t mais dans un relatif anonymat, au regard des �uvres d'Auguste Rodin magnifi�es.
Gaston menier �tait un collectionneur inv�t�r�, il offrit en 1904 � Denys Puech une estampe de Jean-Marc Nattier repr�sentant la comtesse de Caumartin extraite de sa collection personnelle, prouvant ainsi son admiration � celui qui immortalisa ses traits dans le marbre.(Gaston Menier poss�dait �galement le tableau qui fut � son d�c�s mis en vente). Gaston Menier envisageait-il sa future admission au sein du s�nat, s'imaginait-il un destin hors du commun autorisant son buste � int�grer La galerie des Bustes du s�nat? Denys Puech avait d�j� fait p�n�trer Jules Ferry dans cette prestigieuse galerie, sculpteur agr�� de la 3�me R�publique, il ouvrait en quelque sorte le chemin au futur s�nateur Gaston Menier; restait � ce dernier � accomplir son �uvre.


Liste arrêtée en 1908 des 72 bustes en marbre réalisés par Denys Puech,
suivant le catalogue raisonné d'Henry Jaudon (procureur de la R�publique � Toulouse
et vice-pr�sident du Conseil g�n�ral de l'Aveyron), compatriote de Denys Puech.

GASTON MENIER POLITICIEN

Gaston Menier n� � Paris le 25 mai 1855, dans le 4e arrondissement, est d�c�d� en 1934. Il avait 22 ans quand �clata le coup d'�tat du 16 mai 1877. Son p�re, Émile Justin, repr�sentait � cette �poque l'arrondissement de Meaux � la chambre des d�put�s et faisait partie de cette majorit� r�publicaine que le gouvernement Mac-Mahon pensa briser en faisant solennellement appel au pays. Au temps de la petite enfance de Marcel Proust, "tout ce qui appartenait � la soci�t� conservatrice �tait mondain, et dans un salon bien pos� on n'e�t pas pu recevoir un r�publicain. Les personnes qui vivaient dans un tel milieu s'imaginaient que l'impossibilit� de jamais invit� un "opportuniste", � plus forte raison un affreux "radical", �tait une chose qui durerait toujours"." Chassez-nous " disait alors Gambetta, " nous sommes 363 mais nous serons 400 quand nous reviendrons ".
Gambetta fut l'h�te d'Emile Justin Menier le 10 octobre, il visita en d�tail l'usine de Noisiel, ainsi que la cit� ouvri�re. Au soir, Gambetta pris la parole face aux ouvriers r�unis pour l'occasion : "Mes chers amis, j'ai �prouv� aujourd'hui une vive satisfaction en voyant toutes ces merveilles que renferme l'usine de Noisiel, cr��es par le travail, l'�nergie, l'intelligence de M. Menier, notre excellent coll�gue, et entretenues par votre esprit d'ordre, votre labeur de tous les jours. Je voudrais que tous nos ennemis politiques pussent jouir, comme nous l'avons fait aujourd'hui, du spectacle de cette population laborieuse qui devrait servir de mod�le � toutes les agglom�rations ouvri�res de France. Ils appr�cieraient peut-�tre enfin toutes les forces vives qui se trouvent dans l'initiative priv�e et ils pourraient trouver ici la juste perception des sentiments qui animent l'immense majorit� de la nation et qui lui font d�sirer si ardemment de se gouverner elle-m�me. Ces sentiments, d'ailleurs, vous en verrez l'�clatante manifestation dans quelques jours. Le 14 octobre, le suffrage universel, ob�issant � un r�el instinct de conservation, renverra � la Chambre, non seulement les 363, mais bien les 400 r�publicains que j'ai d�j� annonc�s � la tribune. Oui, mes amis, vous pouvez le r�p�ter � tous vos camarades, je maintiens mon dire avec la certitude la plus absolue que les faits me donneront raison."

La Chambre fut dissoute, les nouvelles �lections eurent lieu et le suffrage universel donnant raison � Gambetta, envoya 400 d�put�s r�publicains, dont Émile Justin Menier, si�ger au parlement le 14 octobre 1877. Gaston Menier venait d'achever son service militaire aux hussards et s'appr�tait � reprendre sa place, aupr�s de ses fr�res, � la t�te des �tablissements paternels ; il se passionna d�s sa vingti�me ann�e pour les id�es r�publicaines et involontairement entra en politique. Gaston Menier fit ses �tudes au lyc�e Condorcet, les dipl�mes en poche il second son p�re dans la direction des �tablissements que ce dernier poss�de en France, en Angleterre et au Nicaragua, ici comme ing�nieur, l� comme commer�ant, l�-bas comme agronome et collaborateur, entre temps, aux ouvrages que son p�re faisait paraitre sur l'agriculture, les finances et l'�conomie politique. Membre de la soci�t� des ing�nieurs civils depuis 1877, il recherche les progr�s � apporter aux voies de communication : routes, chemins de fer, ponts, rivi�res et notamment la navigation sur la marne.


Gaston Menier sortant de son v�hicule vers 1933

A partir de 1878 Gaston Menier collabore activement aux nombreuses expositions universelles comme exposant, membre du jury ou membre des comit�s d'organisation, tant pour l'industrie de l'alimentation que pour l'�conomie sociale. La croix de chevalier de la l�gion d'honneur en 1883, celle d'officier en 1891 viennent r�compenser sa carri�re au service d'une supr�matie fran�aise face aux nations rivales.C'est en 1882 que commence timidement sa carri�re politique, encourag� par sa relation avec Gambetta qu'il invite quelque fois dans sa propri�t� de Noisiel; Gaston Menier devient alors conseiller puis maire de Lognes en 1892. Les circonstances de 1891, avec le d�c�s de Foucher de Carel, lui ouvre les portes du conseil g�n�ral du canton de Lagny. Comme conseiller g�n�ral et nouveau propriétaire du château de Rentilly il se fait remarquer par une grande pugnacit� � satisfaire la population de seine et marne dans ses pr�occupations quotidiennes, les questions de travail, de logement, de chemin de fer, n'est-il pas le mieux plac� en tant que dirigeant de la plus grande chocolaterie du monde, fournissant � elle seule les deux tiers de la consommation fran�aise, pour �tudier et savoir ce qui serait le plus b�n�fique pour les uns et les autres? En 1891 la d�putation n'est pas � l'ordre du jour, malgr� les courriers l'incitant � franchir le pas, Gaston Menier reste inflexible. Dans un courrier de juin 1991, en r�ponse � une sollicitation �manant de Boutigny, en Seine et marne, il d�cline toute vell�it� nationale, il faudra attendre quelques années pour que Gaston Menier franchisse le Rubicon. En 1898 il sera �lu d�put� de la 1ère circonscription de l'arrondissement de Meaux face à Mr Derveloy avec 6.635 voix contre 6.406 pour son adversaire; occasion probable de graver dans le marbre son accession � la d�putation? Gaston Menier s�int�resse � toutes les questions sociales et �conomiques.Il soutient et fait adopter une loi (1904) instituant une caisse de pensions pour les anciens d�put�s, leurs veuves et leurs orphelins mineurs. Caisse aliment�e par une cotisation de 15 francs par mois, pr�lev�e sur l'indemnit� des d�put�s et par des dons ou legs. Il fait partie de toutes les grandes commissions et disciple de Waldeck-Rousseau, dont il �tait l�ami. Il sera r��lu en 1902 et 1909, date � laquelle, le 15 janvier, il ne soit élu s�nateur. L'accession � la chambre haute, qu'est le S�nat, est � l'origine d'un événement singulier ; en 1909 Gaston Menier est alors membre de l'Alliance r�publicaine d�mocratique qui apporte alors son soutien � M. Delpeuch au poste de d�put� de la 1�re circonscription de Meaux rest� vacant. Mais Gaston Menier r�agit vivement et remet sa la lettre de d�mission � M. Adolphe Carnot, pr�sident de l'Alliance sans omettre d'en pr�ciser les motifs : " tous les r�publicains de la 1�re circonscription de Meaux et moi-m�me, avons �t� surpris de voir la candidature de M. Delpeuch soutenue, d�s la premi�re heure, par un organe local notoirement cl�rical et r�actionnaire ". Position la�que mettant fin aux ambiguïtés et qui cantonne de facto le cultuel � la p�riph�rie de Noisiel.

A partir des ann�es 1910, les habits des communiants sont offerts et les deux meilleurs �l�ves du cat�chisme auront une marque visible sur leurs v�tements (rubans ou brassards). A tous, on sert le jour de la communion, une collation dans le parc du Ch�teau de Noisiel. Enfin, une messe chant�e � 6h00 du matin est incluse aux manifestations des f�tes communales de 1900 et de 1901. Cette promotion restera sans effet, Noisiel s'alignant ici sur les pratiques g�n�rales du monde ouvrier. Les habitants de la cit� passent devant le cur� pour les quatre sacrements : bapt�me, communion, mariage, enterrement. Henri et Gaston Menier trouvaient en Seine-et-Marne un terrain particuli�rement d�favorable � tout renouveau religieux. Comme le rappelle Pierre Pierrard, ce d�partement a �t� l'une des premi�res campagnes d�christianis�es. Il est aussi en 1894 l'un des mieux pourvus avec 13 soci�t�s de la "libre Pens�e", celle de Lagny avait �t� fond�e dans les ann�es 1870 par Girard, franc-ma�on notoire et ami d'Émile Justin Menier. Sénateur, Gaston Menier sera également : vice-pr�sident de la Commission de l'arm�e et pr�sident du groupe de l'aviation, il pr�sidera l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures ainsi que le Conseil d'administration du Conservatoire des Arts et M�tiers.

Gaston Menier fut successivement propriétaire de 2 h�tels parisiens : dernier en date, rue de Monceau, et avenue de Ruysdael. Le premier au 61 rue de Monceau, fut construit en 1890 par Charles Garnier pour Abraham de Camondo qui le revendit presque aussit�t � Gaston Menier. Le second, avenue de Ruysdael, est l'oeuvre de l�architecte Jules Pellechet en 1875. C'est dans cet h�tel que Julie Rodier, femme de Gaston Menier depuis 1879 s'�teindra le 5 f�vier 1892, en couches de son second fils, Jacques, probablement d'une embolie pulmonaire. Julie n'avait alors que 32 ans. Événement qui affecta durablement Gaston (comme celui-ci le coucha dans ses mémoires). C'est au 4 avenue de Ruysdael que Julie Rodier organisait des soir�es th��trales et musicales auxquelles elle participait activement, poussant la chansonnette avec un brin de talent av�r�. Gaston Menier avait, pour ces multiples occasions de repr�sentation, �lectrifi� les lieux depuis 1885. Toujours curieux de nouveaut�s scientifiques, il avait dispos�, entre l'office et la table de la salle � manger, une petite voie ferr�e sur laquelle circulait un train minuscule, une plate-forme oblongue, sur laquelle pouvaient �tre plac�s des assiettes, des plats ou des couverts, soutenue par deux wagonnets. La voie courrait tout le long de la table et la marche du train pouvait aller en avant, en arri�re et apporter de l'office les plats et les assiettes. Gaston Menier quitta Ruysdael après 19 ans de bonheur pour emménager au 61 rue de Monceau en cette tragique année 1892. Paul Lozouet Deviendra acqu�reur de l'h�tel avenue de Ruysdael, en 1893.

En 1913 Gaston Menier prend le contr�le de la chocolaterie apr�s la mort de son fr�re a�n� Henri dans son château de Vauréal. Il hérite de la "nue-propriété" du château de Chenonceau et de l'île d'Anticosti, laissant l'usufruit soit une somme viagère de 360.000 francs. à Thyra Seillière, veuve d'Henri, en application d'un testament laissé par le défunt et daté du 24 août 1913. En ce d�but de si�cle, cette troisi�me g�n�ration poss�de une fortune colossale qui en fait l'une des dix plus riches de France, Albert Menier, le plus jeune des trois fr�res décédé en 1899, d'avantage concern� par les courses hippiques que par les activit�s industrielles, s'octroyait une rente annuelle de 4 millions de francs. De quoi se composait la fortune de M Henri Menier � sa mort ? De ses parts dans la soci�t� form�e avec son fr�re Gaston, pour l'exploitation de la chocolaterie de Noisiel, de ses ch�teaux, villas, chasses et navires de plaisance et du domaine constitu� par l'�le d'Anticosti. Les salaires des ouvriers de la chocolaterie sont quant à eux, de 22 francs par mois pour les hommes et de 18 francs pour les femmes en 1926. Dans ses m�moires Gaston Menier �voque les directeurs successifs ayant particip� � la grandeur de l'entreprise.

"Quand je fus rentr� dans les affaires (en f�vrier 1881), notre fond� de pouvoirs, au si�ge de notre maison � Paris, �tait Mr Ernest Michel qui, pendant de nombreuses ann�es, fut un tr�s d�vou� et tr�s sur collaborateur; � sa mort en 1889, il f�t remplac� par Mr Meydieu. Ce dernier ayant pris sa retraite en 1901, c'est Mr Cholet qui le rempla�a et depuis la mort de celui-ci c'est Mr Tan qui occupe ces fonctions pendant que Mr Sabatier dirige surtout le c�t� commercial. Mr Sabatier est entr� � la Maison en Octobre 1886, venant de la raffinerie Lebaudy et peu � peu, par son activit�, son travail soutenu il a pris le poste de Secr�taire g�n�ral qu'il exerce encore remarquablement. A Noisiel, nous avons eu comme directeurs : Mr Desboeuf et Mr Jules Logre qui, jusqu'� leur mort, furent des collaborateurs tr�s d�vou�s. Nous avons eu �galement, comme r�gisseur, Mr Alphonse Dupuis qui, pendant tr�s longtemps, nous f�t tr�s d�vou�, mais dont le fils Eug�ne avait malheureusement terni un peu sa carri�re. Mr Jules Logre �tait un travailleur acharn�, ne prenant jamais de repos ; il aimait � travailler le soir et souvent tard dans la nuit. Par son intelligence il avait suppl�� � son instruction technique incompl�te et il ex�cutait toujours brillamment les travaux tr�s divers que nous lui imposions. Il avait d'abord d�but� comme dessinateur chez Armengaud, au service des brevets d'invention, puis il avait �t� ing�nieur chez S�raphin fr�res, nos constructeurs de machines, puis il �tait venu � Noisiel en 1867. Mr Logre avait �t� mon �ducateur scientifique tant au point de vue des applications m�caniques qu'� celui des constructions terrestres et hydrauliques. Mr Bordenave lui succ�da ; il �tait �galement un travailleur remarquable, un v�ritable savant qui honorait le souvenir de l'�cole Centrale qui l'avait form�. Mr Le S�n�chal, jeune encore, sorti de l'�cole Centrale des Arts et Manufactures; poss�de des �l�ments de travail que nous avons appr�ci� � leur valeur. Il prit la direction des Usines apr�s la disparition de Mr Bordenave d'une fa�on tr�s remarquable, entour� de Mr Barb� ing�nieur, et de Mr Ehrmann r�gisseur du domaine de Noisiel. A cette �poque nous avions �galement, comme tr�s d�vou� collaborateur � Noisiel Edouard Paulme que j'aimais beaucoup, consciencieux mais malheureusement, au point de vue technique, il n'�tait pas suffisamment complet; nous l'avions mis comme adjoint � Mr Le S�n�chal et c'est avec chagrin que nous le perd�mes le 5 Juillet 1933. Le pr�d�cesseur de Mr Ehrmann, Mr Valdder, nous avait d'abord consciencieusement donn� satisfaction, mais malheureusement pour sa m�moire, des �v�nements f�cheux sont venus la ternir et il s'�tait fait justice.[ndl : Mr. De Valdder fut retrouv� pendu le 26 Mai 1930 sous le kiosque de son jardin] Je nommerai, pour m�moire, le fid�le Charles Fedet, dont le p�re avait fait sa carri�re � la Maison ; j'y joins �galement le nom d'Henri Dublanchet qui, tous deux, continuent � me donner leur agr�able collaboration. Il en est de m�me de Mr Mironneau, rue de Ch�teaudun, et de beaucoup d'autres que je ne citerai pas particuli�rement."

Mais à Noisiel les innovations d'envergure ont cess� et l'entreprise rentre de plain-pied dans la premi�re guerre mondiale. Gaston Menier et Jean Jaur�s auront pourtant participé en vain au comit� permanent pour la paix, institu� par la conf�rence franco-allemande de Berne en 1913 ; premi�re conf�rence des parlementaires fran�ais et allemands fermement attach�s � la paix. En marge de la conf�rence de Berne : dans l'apr�s-midi, Jean Jaur�s et Gaston Menier se promen�rent de concert. Au cours de cette promenade, Jaur�s t�moigna pour la Suisse d'une admiration que Gaston Menier ne paraissait pas partager. D'ailleurs Gaston Menier gardait un front soucieux. Soudain prenant le bras de Jaur�s il indiqua du doigt un point � l'horizon et gravement, de façon prémonitoire, il dit " Jaur�s voil� le danger ". Alors, Jaur�s regarda. A l'horizon se dressait une immense affiche qui dessinait une montagne sur un ciel rouge. Aux flancs de la montagne un vacher conduisait son troupeau. Et au-dessous flamboyaient ces mots : " L'avenir appartient au chocolat Suchard ". Car au m�me moment la concurrence, qui �tait bas�e sur un produit identique, � savoir : le chocolat de sant� ou � cuire, allait s'internationaliser et s'amplifier par la production de chocolats fins, plus sophistiqu�s et au lait. D�marche progressive qui rognera sur les march�s de l'entreprise Menier malgr� les d�p�ts de nouvelles marques d�s 1924 avec Rialta et Jolta ; 1926 avec Marna ; 1930 avec Malakoff et fondant au lait.

Le mal dont souffrait l'entreprise datait d�j� de quelques ann�es ; d�s 1904, les publicitaires s'interrogent sur le manque de dynamisme et de renouv�lement de la marque : " Nous posons la question : Supposez le produit le plus connu, dont la r�putation semble d�finitive et compl�te, le Chocolat Menier, par exemple, dont la publicit� se borne � r�p�ter sans cesse : "Chocolat Menier, 50 Tonnes par jour", et dites-nous, �tant donn� qu'il y a une vente en France pour vingt fois plus de chocolat que n'en vend le Chocolat Menier, si l'on ne vendrait pas de plus grandes quantit�s de ce produit, s'il faisait des annonces originales, frappantes, vari�es, au lieu de son sempiternel clich�? La paresse pour cette marque, n'est peut-�tre pas le facteur de l'inaction, mais c'est alors la routine, et les deux sont, nous le r�p�tons, les conseillers de la d�faite et de la ruine." (La Publicit� : journal technique des annonceurs)

Ce conflit, qui touche dès lors Noisiel, r�v�le les qualit�s patriotiques de la famille Menier. La maison de retraite Claire Menier construite en 1902 sert d'h�pital militaire, ce qui permettra au coll�ge de Meaux, transform� en h�pital auxiliaire, de rouvrir imm�diatement. Chenonceau participera à l'effort et abritera jusqu'à 120 lits en 1914. Cette m�me ann�e, William Thaw, l'un des premiers am�ricains aviateur, offrit ses services comme aviateur � la France quelques jours seulement apr�s le d�but des hostilit�s. Son offre ayant �t� rejet�e, il s'engagea dans la L�gion �trang�re pour la dur�e de la guerre. D'autres Am�ricains s'engag�rent dans la L�gion �trang�re en ao�t 1914. D�s lors, le souhait de former une seule escadrille regroupant les aviateurs am�ricains en France s'installa dans l'esprit de chacun, cette id�e indisposa les autorit�s militaires fran�aises qui ne donn�rent aucune suite favorable au projet. Il fallut attendre l'intervention des politiques. Le 8 juillet 1915, un d�jeuner chez le S�nateur Gaston Menier r�unit le g�n�ral Hirschauer, nouveau Directeur de l'A�ronautique, M. L�on Bourgeois, le Dr. Gros, le Colonel Bouttiaux, M. de Sillac, et diverses autres personnalit�s fran�aises et am�ricaines. Ce d�jeuner avait �t� organis� � l'instigation de M. de Sillac, lequel d�sirait vaincre les r�sistances. Apr�s avoir entendu les opinions qui furent exprim�es, le g�n�ral Hirschauer se d�clara alors en faveur du projet. L'Escadrille Lafayette vit donc le jour, � Luxeuil-les-Bains avec � sa t�te deux officiers fran�ais, tous deux pilotes exp�riment�s, le Capitaine Georges Thenault et le Lieutenant Alfred de Laage de Meux.

L'ann�e 1918 marque la fin de la premi�re guerre mondiale, le d�but des premiers troubles sociaux et la vente de l'�le d'Anticosti pour 6 millions de dollars, en 1926, � trois des plus grosses soci�t�s de papier du Canada, syndiqu�es pour l'occasion. Gaston Menier continue de faire face �galement � la concurrence, il meurt le lundi 5 novembre 1934 au matin, en son h�tel particulier � Paris, rue de Monceau, �g� de 79 ans, un an apr�s son fils Georges laissant la place � Jacques qui d�j� affaibli physiquement au cours d'un grave accident durant la guerre va subir les foudres des syndicats et perdre pied au milieu de cette mar�e rouge. Le choix des urnes est hostile aux Menier. Ils perdront tour � tour leurs mandats municipaux. Pour la premi�re fois en 1921, on assiste � la baisse de la production (voir les chiffres) de chocolat suivie de grèves en février et mai 1926 occasionnant le licenciement de 91 ouvriers grévistes; d�s lors l'activité ne fera que d�cliner malgr� l'arriv�e d'une nouvelle �quipe dirigeante et de cadres ing�nieurs issus des grandes �coles prenant la place des techniciens venus du rang et la mise en retraite des plus de 65 ans, client�le �lectorale locale m�nag�e par les Menier pour asseoir leur carri�re politique. Ce rajeunissement de l'encadrement permet � l'entreprise d'�tendre son activit� dans tous les domaines de la bonbonnerie de chocolat.

Mais l'inexorable d�clin prend une nouvelle fois en 1937 la forme de licenciements : 146 ouvriers, 73 femmes et 73 hommes, sont gard�s, les ouvriers pr�sents � l'usine avant 1931 et les ouvri�res avant 1930, ainsi que les p�res de famille de 4 enfants et les jeunes gens de moins de 20 ans.

Le " chant du cygne " ou l'�ph�m�re embellie aura lieu en 1939 avec la sortie Du film anim�e de Walt Disney : " Blanche Neige et les sept nains " et une fabuleuse campagne publicitaire destin�e au lancement d'un chocolat sup�rieur avec : albums, vignettes et r�compenses. Cette campagne, dont le co�t s'�l�vera � plus de 30 millions de francs fit relever la production � hauteur des ann�es 1920. La seconde guerre mondiale sonnera la fin de l'entreprise. Hubert Menier tentera bien de redresser la situation jusqu'en 1950 mais la maladie l'emporte en 1959. Son fr�re Antoine, co-gérant depuis 1953, assure alors la direction de la firme. La presse parle de 600 millions de Frs de déficits. Les enfants d'Hubert sont trop jeunes pour lui succ�der, Jean-Louis n'a que 10 ans et pauline 8 ans et premi�re descendante f�minine depuis Claire Menier,cent ans auparavant. Cette guerre de succession opposant les h�ritiers ne pouvait que fragiliser les int�r�ts de l'entreprise. Cette méme ann�e 1953, les greniers � f�ve qu'�taient le Venezuela et le Nicaragua sont sortis de la soci�t� Menier et attribu�s � Antoine et Hubert. Outre l'aspect agricole : cacao, caf�, bananes et bovins, il y avait une vis�e sp�culative en ce qui concerne San-Emilio ; ces terres auraient pu �tre vendues à bon prix lors de la perc�e du canal.

En 1960, Menier doit fusionner avec la soci�t� Rozan, la nouvelle direction d�cide, face � la concurrence du March� commun de concentrer tous leurs efforts sur l'expansion et l'am�lioration de la production pour la porter � l'�chelle europ�enne. Une telle politique, les investissements consid�rables d�j� r�alis�s, ceux pr�vus pour une expansion nouvelle n�cessitent que tous les moyens soient ax�s uniquement sur leur r�ussite. Pareil dynamisme n'est pas compatible avec la gestion d'un lourd ensemble immobilier constitu� par un village de 1.200 habitants dont 200 seulement travaillent ou sont retrait�s de l'usine et dont 1.000 autres sont sans liens personnels avec elle. Aussi bien est-il d�sirable qu'un village de cette importance puisse se d�velopper librement sous le contr�le des pouvoirs publics de la ville de Noisiel. En 1966 les 200 derniers locataires devront quitter les lieux, ne pouvant racheter leur maison.

Un an après , Antoine meurt sans post�rit� � Paris le 12 ao�t 1967 � l'�ge de 62 ans. Le testament d'Antoine l�guait le ch�teau de Chenonceau � la " Demeure historique " au 57 quai de la Tournelle � Paris. Apr�s un proc�s, ce l�gue fut annul� et le ch�teau revint � la veuve d'Antoine qui le revendit � Odette Gazay, veuve d'Hubert Menier. Antoine aura �t� le dernier des Menier � diriger l'entreprise Menier. L'ann�e 1973 marque la naissance d'une ville nouvelle (Marne la Vall�e) con�ue pour r��quilibrer l'Est parisien. Longtemps oubli� des promoteurs et des cr�ateurs d'emplois, la ville nouvelle est install�e entre la Marne et 3 for�ts : Armainvilliers, Ferri�res et Cr�cy. Elle inclut dans son p�rim�tre des centres importants d'urbanisme tels que Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Noisiel, Croissy-Beaubourg, Torcy. La Mission d'Am�nagement, cr��e le 29 mai 1969 s'installera � Noisiel le 1er juillet 1970 sous les ordres de son directeur M. Carie. L'autoroute A-4 verra le jour en 1976 suivi de pr�s par le RER ligne A en 1977.

JACQUES MENIER

Jacques Menier est n� � Paris en 1892 de triste mani�re car occasionnant la disparition de sa m�re, Julie Rodier. Il part au service militaire en 1913, pilote de guerre en 1914, bless� gri�vement le 20 aout 1917, il est fait prisonnier, intern� en suisse en 1918 et rapatri� en France en octobre 1918, R�form� en 1919. De cette tragique aventure, il obtiendra, de par son h�ro�sme et le sacrifice de sa sant�, la m�daille militaire, la croix de-guerre ainsi que la L�gion d'honneur le 11 f�vrier 1927 des mains du G�n�ral Henri Gouraud aux Invalides. Il se marie le samedi 3 juin 1922 dans la plus stricte intimit� en l'�glise de l'Association � Passy, avec Suzanne Lavalley, petite-fille de l'ing�nieur qui dirigea les travaux de percement de l'isthme de Suez. Les t�moins furent, pour le mari� : Georges Menier et Louis G�rard, pour la mari�e M. Castaignet et le capitaine Jacques Ponsignon. Le mariage civil eu lieu � Noisiel avec comme t�moin, pour Jacques, le plus ancien ouvrier des usines Menier. Une r�ception eu lieu en fin de journ�e en l'h�tel de Gaston Menier au 61 rue de Monceau. Suzanne Lavalley fit un premier mariage, le 25 septembre 1912 � Reux avec Jean Broudehoux, lieutenant au 5e Dragons qui succomba quelques temps apr�s, en 1913, � Compi�gne, d'un accident de cheval. A la mort de son p�re Gaston Menier en 1934, il prend la direction des �tablissements Menier avec ses neveux Antoine et Hubert. La tradition familiale perdure et Jacques deviendra, � la place de son p�re, maire de Noisiel en d�cembre de la m�me ann�e. Jacques habitera Rentilly d'o� il g�rera dans la douleur les affaires courantes. Les ann�es � venir vont plonger l'entreprise dans un profond marasme : baisse de la consommation, concurrence �trang�re, gr�ves � l'usine et situation de stress mondial. En 1940 l'usine est occup�e par les troupes allemandes. En 1946 nouvelle r�duction du capital, ventes d'immeubles et abandon des investissements aux Nicaragua virant au fiasco, en 1948 la soci�t� Menier est transform�e en SARL, d�c�s de Jacques en 1953, en 1957 introduction de la soci�t� Chocolat Lombart dans le capital de la soci�t�, en 1959 disparition d'Hubert Menier. Antoine reste alors le dernier des Menier � diriger la soci�t�.

ANTOINE MENIER


Juillet 1926, de gauche à droite: Antoine, Gaston et Claude Menier

Antoine Menier est n� le 13 octobre 1904, comme tous les enfants de la haute bourgeoisie parisienne, il eut une nourrice venue du Morvan qui lui donna le sein pendant 18 mois, pratique encore courante en ce d�but de si�cle pour le bas peuple voulant assurer un minimum de revenu familial. Madame Thibaut demeurait au lieu-dit " La croix Maurienne ", Antoine, apr�s la guerre de 1914, aimait lui rendre visite et � s�journer � l'auberge " Ensoleill�e ", et c'est l�, par attachement au Morvan qu'il acheta le château de Ru�re.
Antoine Menier fit ses �tudes, comme son grand p�re Gaston, au lyc�e Condorcet. Alors que son fr�re Hubert jouait au polo � Bagatelle, Antoine passionn� d'automobiles se lan�a dans la comp�tition et �tablit 11 records du monde sur Alfa Rom�o.
A ces spectacles mondains, toute la jeunesse dor�e �tait pr�sente : jolies femmes, banquiers, industriels ; Ren�e Vigne, la plus jolie et la plus distingu�e fut immédiatement remarqu�e par Antoine lors d'un cocktail. Paul Ponant, beau-fr�re de Ren�e, est dou� pour les chiffres et les statistiques, il est recommand� par Gaston Menier aux maisons d'assurance : " Les Compagnies du Soleil " qui se trouvait au 44 rue de Ch�teaudun, non loin du 56, si�ge social de la maison Menier; pour quelle raison pareille ascension sociale ? L'histoire ne le dit pas ; cette promiscuit� et un go�t partag� pour l'automobile devaient rapprocher les deux jeunes hommes.
Ren�e Vigne n'acquit en 1902 d'une fille m�re, Georgette Petithomme, couturi�re, et Jean-Baptiste Vigne, cheminot, qui lui donnera son nom. M�re et fille ain�e jouent de l'aiguille pour les salons de haute couture, Ren�e attire l'attention de Maggy Rouff la cr�atrice de mode qui propulse la jeune fille mannequin pour son premier d�fil�, et d�s lors, mannequin vedette pour le tout Paris. Le coup de foudre est imm�diat entre Ren�e et Antoine, un ravissant studio parisien abritera d�sormais leur amour naissant au grand dam de Simonne Menier pour qui la diff�rence de classe sociale n'�tait pas � n�gliger.Elle consentira au mariage de son fils � une roturi�re, tardivement en 1961. Ren�e, d�c�d�e en 1981, et Antoine, n'eurent pas d'enfant, ils �panch�rent leur affection sur Jacques, fils de Paul Ponant et Marcelle Vigne, s�ur cadette de Ren�e. Jacques Ponant est le filleul de Ren�e Vigne, son l�gataire universel et neveu d'Antoine. (Mémoire de Jacques Ponant)

ANTOINE MENIER PAR ANDRÉ BEAUGUITTE

Parmi les visages sympathiques qui ont marqu� ma jeunesse de leur empreinte et ont continu� par la suite � illuminer mon existence de leur rayonnement au cours de fr�quences rencontres, se d�tache celui d'Antoine menier de la lign�e des chocolatiers. Nous nous sommes connus peu apr�s la fin de la guerre de 1914 1918 � Paris sur les bancs du lyc�e Condorcet o� nous faisions tous les deux notre philosophie. Nous suivions avec un int�r�t fervent le cours de l'�minant professeur Lachelier qui marchait sur les traces de son illustre p�re et nous captivait litt�ralement.
Antoine menier et moi d�croch�mes notre baccalaur�at de philosophie en fin d'ann�e scolaire et quitt�mes cr�nement le lyc�e Condorcet pour accomplir chacun notre destin, celui d'Antoine �tait tout trouv�. Apr�s ses inscriptions � la facult� et l'accomplissement de son service militaire, un fauteuil de choix l'attendait rue de Ch�teaudun. Il s'installa au si�ge social de la fabrique de chocolat, sans pour autant, abandonner ce qui le s�duisait.
Sensible et �motif, il �tait po�te � ses heures et se plaisait � contempler les bois et les champs. Modeste et simple, il s'�loignait de la splendeur du domaine qu'il avait h�rit� de son p�re : le ch�teau de Chenonceau. Cette demeure historique ne l'attirait pas outre mesure il pr�f�rait passer ses dimanches dans une modeste maison de campagne en Seine-et-Marne, et il abandonnait volontiers la visite de la r�sidence royale aux touristes f�rus de notre glorieux Pass�.
Antoine menier participait aux chasses organis�es par son oncle Jacques menier dans les for�ts d'Ardennes. Les serfs, les biches, les chevreuils y �taient si abondants que les invit�s, au nombre desquels je me trouvais parfois, ne devaient tirer qu'� balles. Jacques menier, grand seigneur dans l'�me, �tait entour� d'une v�ritable cours, hommes et femmes, pour qu'il faisait r�server tout un wagon de premi�re classe � la gare de l'Est. Derri�re les chiens qui jappaient, les cors et les rabatteurs en blouse blanche, nous partions jusqu'aux layons. Jacques menier arrivait toujours � la derni�re minute, pilotant un tank qu'il avait fait sp�cialement �quiper pour lui et �crasant ou arrachant tout sur son passage, monticule de terre, tas de cailloux, arbres.
Antoine Menier et moi nous nous placions habituellement l'un pr�s de l'autre. Que deux fois , ai-je vu mon camarade viser une biche inoffensive qui sautillait devant nous, puis baisser son fusil sans tirer et dire : " pourquoi tuer de si gentils animaux ? "

Antoine menier portait toujours en sautoir une vis attach�e � une ganse noire. Il �tait radiesth�siste et cette vis lui servait de pendule. Il me racontait qu'il avait d�cel� gr�ce � elle, l'emplacement du corps d'un noyer entra�n� par le courant d'une rivi�re et qu'on ne parvenait pas � retrouver.
La d�claration de guerre de 1939 nous s�parera, Antoine et moi. Nous nous retrouv�mes par hasard un jour � Meaux. Il �tait affect� en qualit� de lieutenant. Moi-m�me, lieutenant au secr�tariat g�n�ral du conseil sup�rieur de la D�fense nationale, j'avais fr�quemment � me rendre au ch�teau de Mondon, pr�s de La Fert�-sous-Jouarre, ou stationnait l'Etat-Major du g�n�ral Georges. C'est ainsi que je traversais Meaux o�, un apr�s-midi, je reconnu Antoine menier pris � partie par un commandant, un officier d'administration para�t-il, qu'il avait omis de saluer. " Qu'est-ce que vous faites dans le civil?" Avait questionn� le commandant "." Je suis dans le chocolat "." Ah oui, encore un fain�ant " Antoine racontait l'anecdote avec un sourire amus�. Ce soir l� je le ramenais � d�ner � notre propri�t�, pr�s de la Fert�-sous-Jouarre o� se trouvait ma femme. Antoine ne put voir que l'int�rieur de la maison car il faisait nuit � notre arriv�e et il devait rentrer pour minuit � son cantonnement. Il voulut cependant parcourir le parc dans les t�n�bres, entendre le bruissement du vent dans les arbres et regarder la sombre silhouette des sapins � la lueur de la lune. M�me pendant ces heures inqui�tantes des hostilit�s, la po�sie continuait � habiter son �me. Aussit�t apr�s la guerre, Antoine pris la t�te des usines de chocolat que la famille Menier dirigeait de p�re en fils depuis si longtemps.

LE CRÉPUSCULE DES LIEUX

 

Les 3 associ�s que sont Jacques, Antoine et Hubert Menier de la Soci�t� en Nom Collectif �MENIER� au capital de 210 millions de francs d�cident � l�unanimit� du changement de statut de leur entreprise. La S-A-R-L �CHOCOLAT-MENIER� voit donc le jour le 22 d�cembre 1948, r�git par la loi du 8 mars 1925. Le pr�c�dant statut datait du 12 juillet 1879 suivant la volont� d�Emile Justin Menier p�re, unique g�rant, d�sireux de p�renniser son entreprise au travers de ses 3 fils Henri, Gaston et Albert. Engagement de 30 ann�es sign� devant Maitre Duplan, notaire � Paris et qui, par prolongations successives, devait expirer en juin 2036, le dernier acte datant du 27 juin 1939, sign� chez Maitre Henri Jourdain. La soci�t� a pour objet principal la fabrication et la vente du chocolat et de sa confiserie mais �galement tout ce qui se rattache � cette industrie directement ou indirectement. Le si�ge social reste inchang� au n� 56 de la rue de Ch�teaudun � Paris, le capital est toujours de 210 millions de francs divis� en 2 100 parts sociales de 1 000 francs appartenant par tiers � chacun des associ�s.

En juin 1949, nouvelle assembl�e�; Antoine Menier en rappelle le sujet : fixer la r�mun�ration des g�rants. Apr�s un �change de vue entre les membres de l�assembl�e, personne ne demandant plus la parole, Antoine met aux voix la r�solution suivante : �L�assembl�e g�n�rale, apr�s avoir d�lib�r�, d�cide que seul Antoine et Hubert Menier percevront un traitement en qualit� de g�rant, � l�exclusion de Jacques Menier qui d�clare renoncer � �tre appoint� en qualit� de g�rant. Que le traitement d�Antoine et Hubert Menier est fix� pour chacun d�eux � compter du 1er janvier 1949 � 300 mille Francs par mois.� Novembre 1949, acte �tabli devant notaire, Maitre Henri Jourdain : augmentation du capital qui s��l�ve d�sormais � 600 millions de Francs divis�s en 6 mille parts d�une valeur du 100 mille Francs chacune et distribu�es part tiers � chacun des associ�s, soit 2 000 parts. D�cembre 1949, nouvelle assembl�e en vue de statuer sur l�opportunit� de la distribution d�un acompte de dividende sur les b�n�fices de l�exercice social s��tendant du 1er juillet 1948 au 30 juin 1949. A cet �gard, il communique � l�assembl�e un bilan arr�t� qui fait ressortir des b�n�fices substantiels et une situation de tr�sorerie favorable. Hubert Menier propose donc de mettre imm�diatement en distribution, un acompte de 150 millions de Francs qui sera � partager entre associ�s proportionnellement � leur nombre de parts et � leur fonction de g�rant pour Hubert et Antoine. La chocolaterie retrouve son niveau d�affaires de 1920, mais les dommages de la guerre et un endettement excessif handicape l�entreprise. Dans ce contexte stationnaire, CHOCOLAT-MENIER reste leader mais ce classement est trompeur, les exportations ne repr�sentent que 2% de la production totale, le mat�riel est obsol�te et la rentabilit� est trop faible pour un autofinancement.

En novembre 1950, Jacques Menier c�de 500 parts � Hubert moyennant la somme de 50 millions de Francs convertie en rente viag�re annuelle de 4 millions de Francs index�s sur l�inflation. 1950 est encore une ann�e b�n�ficiaire, 178 millions donc 21 pour les associ�s. Les 44 millions de Francs de b�n�fice de l�exercice 1951 ne permettent pas de faire face aux obligations fiscales. Hubert Menier propose de pr�lever les sommes n�cessaires sur la �r�serve tax�e� soit 80 millions de Francs, les associ�s se contentant de 14 millions � partager. Les r�sultats de 1952 enregistrent une perte de 192 millions de Francs, aucune distribution de dividendes n�est � l�ordre du jour. 1953 se solde par un b�n�fice de 80 millions de Francs. Hubert fait observer que ce b�n�fice n�est susceptible que d�amortir partiellement le d�ficit de l�exercice pr�c�dent mais que la soci�t� se doit de mettre � disposition des associ�s les sommes n�cessaires pour acquitter l�imp�t des personnes physiques dont ils sont redevables.En septembre de la m�me ann�e, Antoine et Hubert restent seuls membres de la soci�t� apr�s la mort de Jacques Menier, Hubert sollicite une assembl�e g�n�rale pour consentir une d�l�gation de pouvoir en raison de son �tat de sant�. Les pouvoirs attach�s � sa fonction seront donc attribu�s � sa femme, Odette Gazay. Tous les actes qu�elle sera amen�e � faire en vertu de sa d�l�gation auront lieu sous la responsabilit� d�Hubert Menier. Ce dernier d�l�gue � sa femme les pouvoirs n�cessaires pour le repr�senter en sa qualit� de co-g�rant de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER et valider toutes les d�lib�rations et d�cisions collectives qu�il serait utile de prendre.

En mars 1954, nouvelle augmentation du capital par un apport en nature d�une valeur de 61 millions de Francs ce qui correspond, sur la commune de Noisiel, � un groupe de constructions � usage de logements pour ouvriers comprenant 20 logements et une construction situ�e au lieudit �Le Buisson�, � usage de logements pour retrait�s comprenant 10 logements. En juin 1954, les b�n�fices de l�entreprise s��l�vent � 113 millions pour 63 millions � r�partir entre les associ�s. Une modification des statuts s�op�re ; la soci�t� pourra d�sormais �tre administr�e et g�r�e par des personnes autres que les associ�s, mais dans le m�me temps les Menier assurent leurs arri�res en conservant les parts d�un des leurs en cas de d�c�s. En cas de d�c�s d�Antoine et Hubert, les parts revenant alors � Odette Gazay.

En 1955, nouveau d�ficit de 375 millions de Francs�; pas de compensation par les r�serves constitu�es, les dividendes ne seront pas partag�s. En 1956, 32 millions de pertes, les Menier d�cident d�emprunter aupr�s du Cr�dit Notarial 250 millions au titre d�un emprunt d��quipement � moyen terme. Il devient urgeant de proc�der � des investissements tant pour r�nover le mat�riel de production que pour accroitre le potentiel de l�usine de Noisiel. Fran�ois Tavernier, Directeur G�n�ral de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER est mandat� pour pr�senter la demande d�emprunt.

En 1957, Le montant de la r�mun�ration mensuelle et de l�indemnit� forfaitaire allou�e � chacun des g�rants ne leur permet plus de faire face � leurs obligations personnelles, la r�mun�ration mensuelle passe donc de 500 mille Francs � 100 mille Francs et l�indemnit� forfaitaire de 200 mille Francs � 300 mille Francs, d�cision qui pr�c�de l�augmentation du capital de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER par l�apport d�actifs appartenant � la soci�t� du CHOCOLAT-LOMBART - Acte sign� par Fran�ois Tavernier, Directeur G�n�ral de la soci�t� CHOCOLAT-MENIER et Georges Faure, Pr�sident de la soci�t� du CHOCOLAT-LOMBART -. 881 mille Francs sont inject�s dans le capital qui se monte � 662 millions de Francs. Six nouveaux actionnaires entrent dans le capital CHOCOLAT-MENIER. CHOCOLAT-LOMBART apporte �galement une propri�t�, avenue de Choisy, � usage industriel, comprenant immeubles et divers b�timents d�saffect�s. L�ensemble de ces op�rations permettra de d�gager un b�n�fice de 117 millions de Francs. Les comptes arr�t�s de 1958 r�v�lent une perte de 389 millions de Francs. Les associ�s d�cident de renoncer d�finitivement � toute attribution d�int�r�ts sur leurs comptes courants aux titres des exercices 1958, 1959, 1960.

En 1959, Odette Gazay devient avec Antoine les seuls g�rants de l�entreprise apr�s la mort d'Hubert Menier. Nos 2 g�rants habitent sur Paris�: n�8 rue Monsieur pour Antoine et Cours Albert 1er au n� 26 pour Odette. Odette agit �galement au sein de l�entreprise, au nom de ses enfants mineurs, que sont Pauline et Jean-Louis. En cette ann�e troubl�e, nos 2 g�rants historiques d�cident de d�missionner de leur fonction. Repr�sent�s par leur mandataire Michel Tartrat au conseil de g�rance, la collectivit� des associ�s prend acte et nomme ce 10 octobre Ren� Lange, seul g�rant de la soci�t�. Ce dernier n�occupera que bri�vement sa fonction car remplac� en d�cembre de la m�me ann�e par Pierre Hecker demeurant � Paris.

Le 9 avril 1960 sonne le glas des esp�rances, l�Assembl�e G�n�rale approuve le bilan et les comptes de l�exercice 1959 qui se solde par des pertes � plus de 900 millions de Francs qui, cumul�es avec l�exercice 1958, d�passe le milliard de Francs. Des mesures de redressement sont prises, le capital est port� � 7 millions de nouveaux Francs et la soci�t� CHOCOLAT-MENIER change de statut pour devenir Soci�t� Anonyme. Le 18 mai 1960, dans le cadre de la fusion d�int�r�ts avec l�entreprise CHOCOLAT-ROZAN, les dettes que l�usine de Londres g�n�re soient 280 mille nouveaux Francs sont �pur�es. L� s�arr�te la Saga Menier, l�entreprise familiale bascule dans l�anonymat, les membres de la famille Menier quitte Noisiel, Antoine abandonne son mandat de maire. Les enfants d�Hubert et d�Odette, Jean-Louis et Pauline quitte Noisiel pour le Loir-et-Cher, � Mer, non loin du Ch�teau familial de Chenonceau.
( Source : Saga-Menier, comptes rendus des assembl�es g�n�rales de la S-A-R-L CHOCOLAT-MENIER)


LE SENECHAL

M.Le S�n�chal, jeune encore, sorti de l'�cole Centrale des Arts et Manufacture, prend la direction des Usines apr�s la disparition de M. Bordenave en 1928, entour� de M. Barb� ing�nieur et de M. Ehrmann, r�gisseur du domaine de Noisiel. M. Edouard Paulme est adjoint de M. Le S�n�chal. Gaston Menier pr�occup� par la politique d�laisse la chocolaterie. L�entreprise est en pleine d�confiture. Les fils de Gaston Menier : Georges et Jacques sont tr�s peu impliqu�s dans les affaires courantes par manque de confiance. Gaston Menier s�en remet alors � Mr Le S�n�chal, directeur � poigne, craint par les employ�s. Il sera remerci� par Odette Menier 30 ans plus tard. L�extrait ci-dessus illustre la s�v�rit� et les conditions de travail que proposait l�entreprise � l�aube des conflits sociaux pour ses employés. L�int�gralit� du document est � voir sur Ensemble en France

ALBERT EHRMANN

Albert Ehrmann d�tenteur du dipl�me d'ing�nieur agronome obtenu en 1913 est nomm� r�gisseur du domaine de Noisiel en 1930 et plus particuli�rement de la Ferme du Buisson. Il remplace Mr Valdder retrouv� pendu le 26 mai de la m�me ann�e sous le kiosque de son jardin.


Collection Saga-Menier

La soci�t� menier comprenait l'usine et le domaine, le domaine �tait consid�rable, il s��tendait sur une superficie de 1500 hectares allant de l�usine, au nord sur la marne et au sud, bois�e ou en culture qui s'�tendait jusqu'� la voie ferr�e Paris Belfort. La partie la plus importante du domaine, �tait constitu�e par trois fermes : la ferme du Buisson, la ferme de Lognes et la ferme d'Emerainville. La construction de la ferme du buisson, engag�e au d�but des ann�es 1885, constitue le point d'orgue d'une d�cennie marqu�e par la restructuration du domaine dont les Menier s'�taient rendus propri�taires. Le souci de g�rer de fa�on coh�rente un ensemble regroupant les terres de cinq exploitations conduit � la mise en place d'un dispositif dans lequel la ferme du buisson est l'�l�ment pr�dominant. Ce choix se traduit par la mise en �uvre d'un programme architectural dont la r�alisation s��chelonne de 1880 � 1888.
Celle-ci commence avec la construction par Louis Logre d'un vaste b�timent � deux niveaux dit "la grange �table" qui occupe le milieu de la cour. L'�dification des b�timents encadrant la cour centrale intervient dans les ann�es suivantes mais le projet qui pr�voyait deux granges sym�triques � l'Est et � l'Ouest n'est pas men� � son terme.
La r�alisation de l'ensemble s'ach�ve entre 1884 et 1888. En 1889, la ferme est �lectrifi�e et �quip�e du t�l�phone. Elle est dot�e des machines les plus perfectionn�es et les esp�ces s�lectionn�es par le laboratoire de l'usine ou acquises aupr�s des meilleurs �levages, permettent d'obtenir de tr�s hauts rendements.
La r�putation d'intense innovation qu'acquiert l'�tablissement de Noisiel lui vaut d'accueillir deux concours de machines agricoles de l'exposition de 1889 et d'�tre � cette occasion, visit� par le pr�sident Sadi Carnot. Suite � la vente des biens de la famille Menier en 1968, l'Etat rach�te la ferme du buisson pour en faire un Centre d'art et de culture qui a ouvert ses portes en 1990. 8 km de voies ferr�es reliaient les fermes � la gare de d'Emerainville o� un employ� s�s�journait � l�ann�e. La voie ferr�e traversait la plaine et les bois pour p�n�trer dans les fermes ou terminer sa course dans les diff�rents b�timents de la chocolaterie.

LE MÉMORIAL DE LA POINTE DE GRAVE


Brochure éditée par le Comité pour l'érection du monument

Le 4 juillet 1919, � l'occasion de la f�te, de l'ind�pendance des Etats-Unis, Maurice Damour, d�put� des Landes et futur pr�sident du comit�, proposa de comm�morer par un monument grandiose l'intervention am�ricaine dans la guerre. L'id�e fit son chemin et un projet monumental fut choisi pour voir le jour sur la c�te de l'Atlantique, � la pointe de Grave, " face � la statue de la Libert� �clairant le monde qui domine la rade de New-York ".

Le monument se dressera sur le rivage qui vit partir, en 1777, La Fayette et ses compagnons d'armes et o� d�barqu�rent en 1917 les arm�es am�ricaines. L'ex�cution du m�morial fut confi�e au ma�tre statuaire Bartholom�. La Chambre des d�put�s, s'associant � la r�alisation de l'entreprise, vota, pour la participation de l'Etat, un cr�dit d'un million de francs. Plus de mille municipalit�s envoy�rent leur contribution ; le montant souscrit d�passa 400,000 francs ; mais il convenait que tous les Fran�ais puissent apporter leur pierre, grande ou petite, au monument qui devait t�moigner de " l'indissoluble amiti� de notre pays pour la d�mocratie am�ricaine ". Une souscription nationale s'ouvrit dans ce but. L�on B�rard, ministre de l'instruction publique, autorisa le comit� � faire appel � la jeunesse des �coles, lyc�es et coll�ges de France. Les souscriptions furent envoy�es � Gaston Menier, s�nateur, tr�sorier du comit� d'organisation, au 56, rue de Ch�teaudun, Paris. Le comit� form� pour l'�rection du monument �dita une brochure, " De La Fayette au Pr�sident Wilson ", qui fut distribu� aux donateurs d�s le mois de Juin ; Gaston menier en �tait le signataire. La premi�re page reprendre tous les noms du comit� et les huit autres relatent l'�mergence de la d�mocratie am�ricaine et sa contribution d�cisive dans le premier conflit mondial.

Quelques jours avant la pose de la premi�re pierre, Le Pr�sident de la R�publique, Raymond Poincar�, re�u : M. Maurice Damour, d�put�, " pr�sident du Comit� du monument comm�moratif de l'intervention am�ricaine " et. M. Gaston Menier, s�nateur, tr�sorier du Comit�, accompagn�s du pr�fet de la Gironde, d'�lus du d�partement et du Pr�sident de la Chambre de commerce de Bordeaux. Cette d�l�gation avait pour mission d'inviter le chef de l'Etat � participer � la pose de la premi�re pierre du monument, le Pr�sident de la R�publique accepta de se rendre � la Pointe de la Grave. Le S�nat d�cida �galement de se faire repr�senter par une d�l�gation de dix membres. Le 6 septembre 1919, jour anniversaire de la naissance de La Fayette, le pr�sident de la R�publique, entour� de l'ambassadeur des Etats-Unis, du chef de la d�l�gation am�ricaine � la conf�rence de la paix, de d�l�gations de la Chambre des d�put�s et du S�nat et de contingents de l'arm�e et de la marine am�ricaines et fran�aises scella la premi�re pierre de l'�difice. Le monument comm�moratif sera inaugur� le 4 septembre 1938, en pr�sence de M. Georges Bonnet, ministre des Affaires �trang�res, et de M. William Bullitt, ambassadeur des Etats-Unis.

LE CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS

Le Conservatoire national des arts et m�tiers f�te le 21 mai 1931 le centenaire de l'abb� Gr�goire, son fondateur. M. Paul Painlev�, pr�sident depuis 1908 du conseil d'administration de l'�tablissement d'instruction scientifique et technique, en fait l'�loge en ces termes : "L'homme, qui entama une guerre sans merci contre l'ignorance et l'esclavage, m�rite la reconnaissance de l'humanit� pour les activit�s qu'il a suscit�es dans diff�rents domaines et l'exemple qu'il a donn� de son amour de la justice et des travailleurs." M. Painlev� y discerne un pr�curseur de l'�cole unique, que la politique a quelque peu d�figur�e, et de l'enseignement agricole, qui est encore � l'ordre du jour. Avant lui, Gaston Menier, vice-pr�sident du Conseil d'administration depuis 1919, pr�sident du Conseil de perfectionnement et en m�me temps pr�sident de la Soci�t� des Amis du Conservatoire national des Arts et M�tiers, avaient rappel� comment l'abb� Gr�goire avait r�alis� le groupement des collections de l'ancienne Acad�mie des sciences, de l'h�tel d'Aiguillon, de Vaucanson (qui fut le premier initiateur de l'institution) dans les b�timents de l'ancien prieur� de Saint Martin des-Champs, o� est encore le Conservatoire des arts et m�tiers. Puis M. Painlev�, ancien pr�sident du Conseil, inaugura le buste de l'abb� install� depuis deux jours dans l'une des salles du mus�e attenant au Conservatoire. Pendant la c�r�monie, des ch�urs interpr�t�rent divers chants.


quadricycle Peugeot de 1893

Durant pr�s de 20 ans de pr�sidence du Conseil de perfectionnement du Conservatoire Gaston Menier participa activement � son d�veloppement et � sa modernisation, il mit au point un programme en vue d'assurer la rationalisation des m�thodes de travail dans les diff�rentes sections du laboratoire d'essais : physique, chimie, m�taux, mat�riaux et machines. Il introduisit Ie cin�ma pour les cours et les recherches, la prise de vues au ralenti permettant, en particulier, de reconstituer les mouvements les plus secrets de la nature.Le Conservatoire comptait alors 8.000 auditeurs auxquels il fallait assurer place et confort. Le probl�me �tait difficile ; enserr�s de tous c�t�s, l'�tablissement ne pouvait s'agrandir en hauteur � cause des servitudes historiques, c'est donc sous terre que la solution fut trouv�e : le 6 octobre 1933, une d�l�gation pr�sid�e par M. Gaston Menier s'�tait rendue � l'Elys�e pour demander � M. Albert Lebrun, Pr�sident de la R�publique, de bien vouloir pr�sider l'inauguration des trois nouveaux amphith��tres creus�s sous la Cour d'Honneur, ces amphith��tres, creus�s profond�ment dans le sol, assuraient les meilleures conditions d'hygi�ne, de confort et d'acoustique. Gaston Menier entretenait un lien affectif avec le Conservatoire, ing�nieur de formation et passionn� d'automobile, il fut parmi les premiers clients de l'automobile, il commanda une Serpollet, premi�re voiture � vapeur � quatre places que l'on d�couvrit lors de l'exposition universelle de 1889. Voiture � vapeur qui n�cessitait une chaudi�re, situ�e � l'arri�re et chauff�e au coke. Pour acc�der � sa m�canique Gaston Menier devait faire basculer toute la carrosserie, ce qui devait mettre ses passagers à contribution. Plus tard, il fit don � l'institution d'un quadricycle Peugeot de 1893, premi�re voiture automobile, munie d'un moteur Daimler.

L'AVIATION ET LA GUERRE

Conf�rence faite le 3 mars 1918 au Conservatoire National des Arts et M�tiers PAR M. Gaston MENIER S�nateur

Gaston Menier, s�nateur, vice-pr�sident de la Commission de l'arm�e, Pr�sident de la Commission de l'A�ronautique en 1917 est un fervent partisan de la 5�me arme, comme on aime � qualifier l'aviation dans sa premi�re exploitation durant la premi�re guerre mondiale. Gaston Menier �tait conscient des r�ticences au changement qui privil�giait encore " L'�cole du plus lourd que l'air sur l'�cole du plus l�ger que l'air ". Mais pendant ce temps �tait n�e l'automobile, qui avait d� son rapide d�veloppement au moteur � gazoline. Gr�ce � l'automobile et au perfectionnement continu de son moteur, qui devenait sans cesse plus puissant, plus s�r en m�me temps que l�ger, on devinait d�j�, la clef de la conqu�te de l'air. Actif et d�termin�, il pr�sida une conf�rence au Grand amphith��tre de la Sorbonne en 1917 sur " L'Effort de l'aviation et de nos aviateurs ". Il anima la conf�rence du 3 mars 1918 au Conservatoire National des Arts et M�tiers sur " L'aviation et la guerre " ou il magnifia l'�uvre des constructeurs, l'effort des dirigeants de l'aviation et l'h�ro�sme des aviateurs. Gaston Menier venait de subir dans sa chair, la disparition de son fils, Jacques Menier aviateur, dans un premier temps disparu mais qui fut retrouv�, gravement bless� mais captif ; il ins�ra dans son expos� ces quelques phrases empreintes de solennit� et de d�licatesse :
" Et quel h�ro�sme admirable pour ce pilote qui, se sentant vou� � une mort certaine, essaie, en se pr�cipitant vers le groupe ennemi, d'accomplir un supr�me exploit " en vendant sa peau le plus cher possible ", comme me l'�crivait un pilote qui m'est cher, et, gri�vement br�l�, paie son sacrifice d'une dure captivit� dans un h�pital allemand " !
On pouvait ainsi se rem�morer la trag�die que v�cu quelque temps plus t�t son fils :
" Menier Jacques sergent de r�serve, matricule 572 au 3�me groupe d'aviation, revenu souvent avec un avion cribl� de balles et d'�clats. Le 20 ao�t 1917, apr�s une lutte tr�s dure, rentr� au terrain avec un avion endommag� par les bailes, est parti sur un autre appareil et a livr� aussit�t un nouveau combat au cours duquel il fut aux prises avec 6 appareils ennemis. A mis hors de combat deux de ses adversaires, tandis que lui-m�me, bless� � la nuque, gravement br�l�, tombait dans les lignes allemandes apr�s avoir �puis� toutes ses munitions et combattu jusqu'au bout. Est rentr� en France en octobre 1918 encore d�figur� et non gu�ri de ses blessures ".
La conférence de 2h30min se termina en ces termes:
"S'il est moins brillant dans ses �volutions que l'avion de chasse, il n'en a pas moins un r�le glorieux � remplir, comme nous l'avons vu ci-dessus. De tous c�t�s nous donnons nos soins � une intense production d'avions. Nos alli�s anglais font �galement un effort consid�rable en ce sens, et bient�t les Am�ricains, dont les pilotes volontaires avaient d�j� form� la fameuse escadrille Lafayette, vont nous apporter leur contribution d'une �norme production de moteurs et d'avions. Il en faut beaucoup, comme vous le savez, car la vie de l'avion est br�ve ; quelques dizaines d'heures en moyenne. C'est une libellule qui vit et qui meurt dans l'�ther. Mais cette existence �ph�m�re n'aura pas compromis l'avenir de l'aviation tel que nous pouvons d�s maintenant l'entrevoir pour l'apr�s-guerre. L'avion reprendra son r�le utilitaire, d'autant plus important que la guerre aura fait accomplir � l'aviation, dans les plus difficiles conditions, les progr�s les plus rapides et les plus merveilleux. En attendant, n'en doutons pas, l'avion nous apportera la victoire, et la plus belle invention sortie du cerveau de l'homme aura ainsi servi la juste cause du Droit et de la Libert�".

GASTON MENIER COLLECTIONNEUR

Gaston Menier �tait un collectionneur d'art des plus r�put�s, h�ritage culturel que sa m�re, collectionneuse �galement, lui insuffla; Gaston avait r�uni dans son h�tel de Paris Monceau, dans ses ch�teaux de Chenonceau et de Noisiel de pr�cieux tr�sors. Ses tendances le portaient de pr�f�rence vers les grands si�cles de l'art fran�ais. Tableaux, dessins, gravures, fa�ences hispano-mauresques, porcelaines de S�vres, objets de vitrine, bronzes, si�ges, meubles et 27 tapisseries composaient sa superbe collection, qui allait subir le sort de beaucoup d'autres et passer en vente publique. Lors de la dispersion de la premi�re partie de sa collection, le 24 novembre 1936 � la galerie Charpentier, tableaux, objets d'art, meubles anciens ont atteint de tr�s hauts prix : un portrait par Nattier de grande taille repr�sentant Madame de Laporte, n�e Caumartin, en nymphe chasseresse, un fil de perle retenant sa tunique ouverte sur une gorge charmante ; elle tient l'arc de la main gauche et tire une fl�che du carquois pos� aupr�s d'elle: adjug� 887.375 francs et un buste par Houdon de Jean de La Fontaine acquis par Gaston Menier à la vente du château de Valençay en 1899 qui trouva preneur pour 1.064.850 francs. Une première vente qui rapporta 4.223.700 francs.

Une deuxi�me vente fut n�cessaire et annonc�e pour les 7 et 8 d�cembre 1936, � l'H�tel Drouot, cette fois-ci, bien que les vacations pr�vues ne soient pas de l'importance de celles de novembre, nombre de pi�ces de cette deuxi�me vente furent dignes d'int�resser les amateurs les plus difficiles. De tr�s belles gravures en noir et en couleur des �coles fran�aise et anglaise des XVIIIe et XIXe si�cles, des tableaux anciens, etc. Les meubles et objets d'art �taient d'excellente qualit� et comprenaient des fa�ences et porcelaines fran�aises et �trang�res, des sculptures anciennes en marbre et en bois, des bronzes d'art et d'ameublement, des si�ges de la R�gence � la fin du XVIIIe si�cle et de beaux meubles en marqueterie en acajou et bois sculpt�. De magnifiques tapisseries compl�taient cet ensemble en particulier de belles tentures de Bruxelles, des Flandres et d'Aubusson royal de la fin du XVIe au XVIIIe si�cle. La ventre produisit 541.945 francs soit pour les 2 ventes : 4.765.645 francs

Tapisserie de Bruxelle de l'époque
Louis XIV. 2X4 m
Tapisserie des Fandres de l'époque
Louis XIV. 3x4 m

Gaston Menier connaissait les joies du collectionneur. D�s qu'il le pouvait, il s'adonnait � cette chasse passionnante du bibelot rare, de l'objet d'art introuvable. En 1897 il acquit lors de la dispersion des �uvres des Goncourt chez Drouot des dessins, aquarelles et pastels du dix-huiti�me si�cle. De Pierre-Antoine Baudouin "Les Soins tardifs" pour 3.750 Fr, "L'Indiscret" pour 8.000 Fr. De de Boucher "Acad�mie de femme" pour 18.500 Fr. De Fragonard "Dites donc, s'il vous pla�t !" pour 12.000 Fr, "La Culbute pour 18.100 Fr et "Des Cascatelles".Il aimait surtout tirer la grosse pi�ce, les tapisseries sans d�faut, de style et historiques. Certes, les toiles ou les plafonds qui ornaient les salons du rez-de-chauss�e du 61 rue de Monceau avaient une valeur artistique incomparable. Mais c'�tait les tapisseries qui apparaissaient hors de pair. La s�rie historique du grand salon, quatre larges panneaux, pouvaient rivaliser avec les plus beaux sp�cimens des �uvres fran�aises. Elle avait �t� command�e par Louis XVI suivant le modèle de Le Barbier � Beauvais en 1790, avec deux canap�s et douze fauteuils assortis, pour �tre envoy�e � Washington, en souvenir du trait� de Versailles de 1783. D'une fra�cheur et d'un �clat de coloris magnifiques, elle repr�sentait les quatre parties du monde : l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Am�rique. Sur l'une des tapisseries, l'Afrique, on voyait la France, sous les traits, de Marie-Antoinette, qui traitait, avec les reines d'Ethiopie. Dans celle consacr�e � l'Am�rique, la France terrassait l'Angleterre. Tout cet ensemble, non livr� par suite de la R�volution, d�corait depuis 1893 l'h�tel de M. Gaston Menier.Un soir pr�c�dant l'ouverture de l'Exposition Coloniale de 1931, Gaston Menier avait convi� � d�ner, dans son h�tel de la rue de Monceau, le Mar�chal Lyautey, Commissaire G�n�ral de l'Exposition Coloniale et la mar�chale. Apr�s le d�ner on passa dans le grand salon o� �tait r�serv�e une surprise devant "l'Asie", l'une des tapisseries repr�sentant les parties du Monde, les h�tes se trouv�rent face � une voiturette attel�e d'un �ne qui �tait le mod�le de celle qu'offrait le chocolat Menier � l'usage des visiteurs de l'Exposition coloniale. La Mar�chale Lyautey exprima le d�sir de s'asseoir dans la voiturette aux c�t�s de Gaston Menier et de s'y faire photographier.

Les premiers Gobelins de la salle � manger, du salon de famille du premier �tage, ainsi que la tapisserie repr�sentant le ch�teau de Monceaux, d'apr�s Charles Le Brun, pi�ce tiss�e en laine et soie, sign�e Jean de la Croix, compl�taient harmonieusement cette collection de prestigieuse valeur. Un dernier mot sur l'�crin majestueux que repr�sentait cet l'h�tel situ� au 61 de la rue de Monceau ; construit en 1890 par Charles Garnier pour Abraham de Camondo, celui-ci le revendit presque aussit�t � Gaston Menier. Une t�te de Mercure orne la clef de vo�te de la porte principale, deux lions soutiennent le balcon domin� par une large fen�tre, un groupe de chevaux marins sortant du fronton et coiffant la large baie sont de Dalou. De lui aussi, la t�te entour�e de roseaux qui orne le comble. Les masques de faune plac�s au-dessus des baies lat�rales d'entr�e, les huit masques de femmes qui se trouvent au-dessus des crois�es lat�rales du premier �tage et toutes celles de l'�tage sup�rieur sont du m�me auteur. M. Lefebvre, décorateur, fit �galement ex�cuter par Dalou les mod�les des quatre cariatides : L'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Am�rique. Un tr�s bel escalier int�rieur, r�plique de celui de l'Op�ra, un porche � doubles colonnes, surmont� des initiales " G M ", entre deux pavillons donnant sur l'enfilade de la rue de T�h�ran. Il compl�te l'h�tel de Camondo (le mus�e actuel) dont il est mitoyen. Si Gaston Menier savourait les joies du collectionneur il en partageait �galement les affres ; en 1906 il fut victime d'un cambriolage, plusieurs vitrines de deux des salons de son h�tel furent fractur�es. De nombreux bibelots, statuettes, cachets, bonbonni�res, tabati�res, m�daillons furent d�rob�s pour un montant de 80.000 � 100.000 francs. Le voleur n'�tait autre qu'un ancien valet de chambre. Apr�s enqu�te et perquisition, tous les objets vol�s � M. Menier furent retrouv�s au domicile de l'ancien valet, ainsi que d'autres objets d'art provenant de vols ant�rieurs ; car notre homme était avant tout : un professionnel du larcin.

Gaston Menier était très attaché aux choses de l'art, ce qui le fit tout naturellement participer � La commission extraparlementaire que le sous-secr�taire d'Etat aux beaux-arts, M. Dujardin-Beaumetz institua pour �tudier les mesures � prendre en vue de d�fendre le Louvre contre l'incendie. Dans son r�le de rapporteur de la Commission sp�ciale, Gaston Menier �tablit un rapport tr�s circonstancier en indiquant les mesures � prendre pour pr�venir le " d�sastre ". C'est en 1905 qu'il en fit part � la Chambre des parlementaires.

" Actuellement, le Louvre est chauff� par vingt-deux calorif�res distincts ; les cabinets des conservateurs sont chauff�s par des chemin�es � bois, preuve indubitable de l'amour pour le progr�s. Ce sont l� des dangers permanents d'incendie. De plus, les calorif�res apportent des poussi�res et des fum�es tr�s nuisibles � la conservation de nos chefs-d'�uvre. Ces dangers sont augment�s par la disposition des planchers et des couloirs de d�gagement, aux �tages sup�rieurs. Les cloisons en bois forment des corridors tortueux, impraticables aux pompiers. De sorte qu'il suffit d'une flamm�che pour mettre le feu aux tapis, toiles et dessins plac�s au-dessus de nos salles les plus pr�cieuses. Les dangers que fait courir au Louvre l'installation du minist�re des colonies dans le m�me �difice, place le Louvre dans les meilleures conditions d'incendie. Les vents r�gnants, � Paris, soufflent de l'ouest et du sud-ouest. N'�tant arr�t�s par aucun obstacle dans cette partie d�couverte, ils propageraient avec une telle rapidit� l'incendie qui se serait d�clar� dans le pavillon de Flore que le Louvre serait bient�t envelopp� tout entier par les flammes.

Voici donc les mesures � prendre sans d�lai : d�m�nagements et transferts du Minist�re des Colonies et du Minist�re des Finances ; d�placer les cabinets des conservateurs ; remplacement de tous les syst�mes dangereux de chauffage ; suppression de toutes les chemin�es et �tablissement de calorif�res, soit � vapeur, soit � eau chaude, avec foyer ext�rieur ; externaliser tous les ateliers de rentoilage, r�paration, menuiserie, collage ; suppression des cloisons en bois et remplacement par des cloisons en briques ; sectionner les combles par des cloisons en briques, de mani�re � localiser le feu et emp�cher son extension ; brancher les bouches d'incendie install�es cour du Carrousel sur une conduite plus importante ; exiger que les chevalets des copistes soient en bois inject� ; restreindre l'�clairage � l'huile ; remplacer les fermes en bois de la charpente du toit du vieux Louvre par des fermes en fer ; enfermer toutes les mati�res combustibles, chiffons gras, etc. ; entretenir les paratonnerres ; veiller avec le plus grand soin � l'application des r�glements d�fendant de fumer."

Gaston Menier endossait quelque fois l'habit de conf�rencier ; au pavillon de Flore, deux fois par semaines, des lectures ou des causeries �taient dispens�es et suivies par un public nombreux. Gaston Menier put y d�velopper ses souvenirs d'Egypte en montrant les photographies qu'il prit lui-m�me lors de ses fr�quents s�jours sur la terre des Pharaons.

Henri Menier, le fr�re de Gaston, �tait �galement un collectionneur compulsif, � sa mort en 1913, sa veuve, Thyra Seilli�re mis en vente la collection de son d�funt �poux. Pas moins de deux catalogues furent n�cessaires pour pr�senter tous les objets d'Art : fa�ences italiennes, porcelaines de Saxe, orf�vrerie allemande, pendules, chaises � porteurs, tra�neaux, meuble de salon en tapisserie Louis XVI, tapisseries des XVIe et XVIIIe si�cles, tapis orientaux, bronzes, pendules, tableaux anciens et modernes, furent expos�s et dispers�s le 5 mars 1914, Galerie Georges petit � Paris et le 24 mars � Drouot pour le reste de la collection.

SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS

Membre de la Soci�t� des Ing�nieurs civils, M. Gaston Menier joint une solide instruction technique et � un bagage de connaissances tr�s vari�es, acquises au cours de ses nombreux voyages. L'article ci-dessous, n'est pas li� directement � ce clich� photographique mais sa vraisemblance, sans avis contraire, permet à priori de le rattacher.

Apr�s les ing�nieurs am�ricains, voici les ing�nieurs anglais venus pour admirer les merveilles de notre Exposition de 1889 et pour constater les progr�s de notre industrie nationale. Les membres du l'Institution of mecanical ingineers au nombre de cent environ, ont �t� re�us par leurs coll�gues de la Soci�t� des ing�nieurs civils, qui se sont mis gracieusement � leur disposition pour les accompagner dans leur visite. Apr�s une cordiale r�ception � l'h�tel de la Soci�t� des ing�nieurs civils, dans laquelle M. Eiffel, pr�sident, leur a souhait� la bienvenue, les mecanical ingineers ont visit� la galerie des machines, les ateliers Edison, les �gouts de Paris et la tour de 300 m�tres o� un d�jeuner leur a �t� offert au restaurant Br�bant. La journ�e d'hier a �t� consacr�e � la visite des ateliers de Petit-Bourg. Les invit�s anglais et fran�ais de M. Decauville, au nombre de deux cents environ, parmi lesquels MM. Gottschalk, Br�ll Martin, Polonceaux, Gaston Menier, Picard, chef de l'exploitation du P.-L.-M., Goschrrane, Aspinall, Kennedy, etc., sont partis de la gare de Lyon, par train sp�cial, � neuf heures vingt du matin, gracieusement offert aux ing�nieurs anglais par la Compagnie P.-L. M. A 9 heures ils quittaient � Corbeil la ligne P.-L.-M. et montaient dans le train Decauville qui les transportait rapidement aux vastes ateliers de Petit-Bourg. M. Paul Decauville a souhait� la bienvenue aux visiteurs anglais. " C'est la premi�re fois que le pavillon anglais flotte sur notre �tablissement, dit-il ; j'esp�re, messieurs, que ce ne sera pas la derni�re." Apr�s cette allocution, salu�e par trois salves de hurrahs, on entre dans les ateliers, dont on admire la bonne organisation. Nous assistons d'abord � la fabrication des traverses et des rails, et nous voyons fonctionner une s�rie de machines construites avec une rare perfection. Les ing�nieurs anglais remarquent surtout une machine � peindre les rails, d'une invention tr�s ing�nieuse. M. Decauville fait ensuite man�uvrer devant nous un canon, pi�ce de campagne, qui, mont�e sur de petits wagonnets, tourne, valse avec une �tonnante rapidit� ; puis, c'est un canon de quarante-huit tonnes, syst�me de Bange, plac� sur seize essieux, qui man�uvre avec non moins d'aisance, et est plac� dans toutes les directions avec une rapidit� presque instantan�e. Nous n'avons pas besoin de faire-valoir les avantages que notre artillerie peut tirer de cette invention. Les rails et les wagonnets Decauville ont �t�, du reste, adopt�s par le minist�re de la guerre. Les ing�nieurs anglais ne tarissent pas d'�loges, et c'est au milieu d'un concert de f�licitations que M. Decauville nous conduit, toujours dans son train, son ch�teau, o� un somptueux d�jeuner nous est attend. Au dessert, dans de nombreux toasts, les visiteurs anglais ont traduit leur admiration pour notre industrie nationale et particuli�rement pour le Petit-Bourg et leur distingu� directeur, M.Decauville. (Le Matin du 1889-07-07)

INAUGURATION DU PONT DE VAIRES PAR GASTON MENIER


Souvenir offert par Mr Gaston Menier Conseiller G�n�ral

Bien avant que le nouveau pont ne soit inaugur� le 7 novembre 1897 par le ministre du Commerce Mr Henri Boucher, Gaston Menier s'empara du dossier. Fraîchement �lu conseiller g�n�ral de Seine et Marne en 1891, il exprime, par sa correspondance du moment, l'aspect politique du projet ou les int�r�ts de la Seine et Marne sont privil�gi�s au d�triment de la Seine et Oise et de l'encombrant, Mr de NICOLAY. Mais la praticit� du projet ne fait aucun doute, avant l'inauguration du pont, les habitants de Vaires et Torcy devaient emprunter en amont le pont de Lagny et en aval le pont � p�age de Gournay, soit 9 kilom�tres dans tous les cas.


Aquarelle repr�sentant le port de Noisiel, son moulin et son pertuis en amont de la Marne vers 1830. Amarr�e au port (à gauche) une embarcation � fond plat appel�e marnois. Utilis�e sur la Seine et la Marne jusqu'au XIXe si�cle pour le transport des marchandises; elle pouvait mesurer entre 20 et 40 m�tres, dimensions pour lesquelles le port de Noisiel s'adapte avec ses 34 m�tres . Ce marnois est gr�� d'une voile qui soulageait les b�tes de halage lorsque le vent le permettait, mais cela ne devait arriver que tr�s rarement � cause des nombreux m�andres tout au long du parcours. Le m�t n'�tait donc probablement utilis� que pour le halage.

Connu sous le nom de Mr. Clever Art dans le monde de l'art, Andrew Rosenblatt �merge fortement sur la sc�ne Pop Art Contemporain. N� � New York et vivant actuellement � Los Angeles, en Californie, il est surtout connu pour sa fa�on unique de fusionner des couleurs vives avec des produits de luxe tels que Louis Vuitton ou Chanel. M. Clever utilise une cr�ativit� artistique et �clectique al�atoire du Pop Art fusionn�e avec la juxtaposition, les lignes abstraites et les points pour constituer la majeure partie de son art contemporain. Ses �uvres sont rapidement et secr�tement r�cup�r�es par des collectionneurs d'art, des investisseurs en art et des galeries d'art du monde entier. Mr. Clever Art a merveilleusement illustr� l'un de ces artistes pr�f�r�s ; Damien Hirst et ses "Complete Spot Paintings " dans un collage repr�sentant la petite fille menier destin� � refl�ter ses inspirations artistiques (cliquez sur l'image)


Vue cavalière du site usinier de Noisiel, propriété des Menier, chromolithographie vers 1890 de Louis Poyet (1846-1913), illustrateur et graphiste fran�ais d'images industrielles et publicitaires.

 

CATHERINE TASCA, MINISTRE DE LA CULTURE, 13/12/2000


La convention sign�e entre la ville de Noisiel et le Minist�re de la Culture permet � Noisiel d'acc�der au rang prestigieux de "Ville d'Art et d'Histoire". Consciente de la diversit� et de ses atouts patrimoniaux, Noisiel pr�parait depuis plusieurs ann�es sa candidature au label. Trois d�clinaisons remarquables : en premier lieu, un patrimoine industriel unique datant de la fin du XIX�me si�cle et du d�but du XX�me si�cle li� � l'�tablissement de la chocolaterie Menier et � sa prodigieuse empreinte architecturale. En second lieu, un patrimoine architectural contemporain incluant diverses r�alisations de grands noms de l'architecture en ville nouvelle. Et pour finir, un patrimoine "vert" important en partie prot�g�.On pourrait rajouter la p�rennisation et le dynamisme �conomique de l'entreprise qui d�j� en 1878 affichait un capital de 4 millions de francs, soit 8 millions de nos euros.

NESTLE A NOISIEL, PRESIDENT YVES BARBIEUX, COURRIER AUX COLLABORATEURS EN 1993


Dans un monde qui �volue tr�s rapidement, o� le nombre d'op�rateurs se r�duit et la concurrence s'intensifie, les groupes industriels se doivent d'anticiper, afin de confirmer leurs performances. Comme vous le savez, le groupe Nestl� doit d'ailleurs une grande part de son succ�s sur le plan mondial � son aptitude � pr�voir ces �volutions. Nestl� France S.A est bien s�r une constellation de marques fortes, qui ont toutes pour objectif la recherche permanente du leadership sur leur march� respectif, mais Nestl� France S.A est aussi le deuxi�me groupe agro-alimentaire fran�ais, qui doit s'affirmer en tant que tel sur le plan national. C'est dans ce but, et en harmonie avec la strat�gie que Nestl� applique d�j� dans le monde, qu'il est pr�vu de r�unir, en France, sur un site unique, tous les collaborateurs des si�ges sociaux de nos diff�rentes unit�s op�rationnelles. Cette nouvelle orientation va, en effet, permettre de d�velopper la synergie de toutes nos forces tout en respectant la sp�cificit� de chacune de nos unit�s. Bien que ce regroupement ne doive s'effectuer, en principe, qu'� la fin de 1995, il m'a paru important de vous faire part de nos intentions d�s maintenant. Parmi les diff�rents sites � l'�tude, celui de Noisiel, � Marne-La-Vall�e, serait conforme � la culture de Nestl� : propri�t� du groupe, ce site class� est t�moin de l'�poque industrielle du chocolat Menier et allie un pass� architectural prestigieux � un environnement naturel exceptionnel. Un groupe de travail a �t� constitu� pour examiner la faisabilit� de ce projet et il me remettra ses conclusions avant la fin du mois d'avril prochain. Je vous tiendrai inform�s, le moment venu de la d�cision qui sera prise, sous r�serve de la consultation des repr�sentants du personnel concern�, afin de vous permettre de participer dans les meilleures conditions � cette nouvelle �tape de la vie de notre groupe.

INTERVENTION DE M. PHILIPPE ROBERT, ARCHITECTE


Le travail de Reichen et Robert est souvent consid�r� comme iconoclaste par un certain nombre de sp�cialistes de la pr�servation historique nous avons toujours consid�r� que, pour que les b�timents soient sauv�s, il fallait les r�utiliser avec une nouvelle fonction, quitte � modifier un peu ou beaucoup les b�timents. Nous avons cherch� � justifier notre travail et nous nous sommes aper�us que toute l'histoire de l'architecture est l'histoire de la transformation de b�timents. A titre d'exemple, le Louvre construit sur plus de six cents ans est une addition de t�moignages de toutes les �poques, y compris du XXe si�cle. Il existe tr�s peu de monuments qui n'ont pas subi de modifications diverses. Il n'y a aucune raison que l'histoire s'arr�te et nous consid�rons que l'on peut traiter, modifier des b�timents, les transformer, les sur�lever m�me, etc. Evidemment il y a monument, et monument prot�g� au titre des Monuments historiques, et il est �vident qu'il est plus facile de travailler sur des b�timents qui sont historiques sans �tre prot�g�s au titre de la loi. D'une fa�on g�n�rale, la plupart de nos projets font l'objet de longues n�gociations avec les architectes du minist�re de la Culture. Nous avons fait, dans le cadre de la chocolaterie Menier � Noisiel, un projet tr�s complet auquel nous avons ajout� des b�timents neufs de l'ordre de 20 000 m2. Il y a donc �galement la cohabitation de b�timents neufs dans un site industriel ancien. Le groupe Nestl� France a re�u en patrimoine la chocolaterie Menier par l'interm�diaire de Rowntree Macintosh qui l'avait rachet�e. En 1993, la fabrication fut arr�t�e apr�s la construction d'une autre usine plus moderne � Dijon, et la question du devenir de ce site industriel se posa. La solution de la vente ayant �t� retenue, Nestl� a demand� � notre cabinet de produire une �tude de mise en valeur du site de fa�on � le vendre. Au vu de notre �tude, le groupe a d�cid� de le garder pour lui et il nous a demand� un deuxi�me travail consistant � d�terminer s'il serait possible de transformer les locaux en bureaux plut�t qu'en ateliers. En effet, � l'�poque, le pr�sident de Nestl� cherchait � regrouper dans un m�me lieu les sept soci�t�s qui forment la holding Nestl� France. Dans l'�tude rendue, les crit�res relatifs au co�t, � l'image, � la s�curit� et � la situation dans le grand Paris ont �t� �tudi�s tr�s pr�cis�ment et finalement le projet a emport� l'adh�sion et la d�cision a �t� prise de faire cette r�alisation. Cette d�cision �tait importante car c'est la premi�re fois qu'une soci�t� aussi connue que Nestl� choisissait d'implanter son si�ge dans une ancienne usine et d'associer son image institutionnelle � celle d'un patrimoine industriel. La soci�t� Nestl� s'est install�e dans les lieux il y a un peu plus d'un an. Avant que les travaux ne d�marrent, une partie du site �tait utilis�e pour fabriquer du chocolat et l'autre partie �tait plus ou moins � l'abandon et servait parfois � des tournages de films, Camille Claudel par exemple. L'Architecte en chef des Monuments historiques est intervenu pour la restauration de la fa�ade et de la toiture class�es de ce moulin qui a �t� r�alis�e avec beaucoup de soin. Les d�tails de d�cor ont �t� remis en �tat (briques verniss�s, "M" de Menier, cloche, horloge). 20 000 m�tres carr�s de bureaux ont �t� construits en peigne reprenant le trac� r�gulateur des trois rues des maisons des ouvriers de Menier. De nombreux espaces verts ont �t� cr��s. Un pont a �t� construit. Tous les parkings ont �t� rejet�s autour du site de fa�on � ce qu'il n'y ait aucune circulation � l'int�rieur autre que l'entretien et les livraisons. Notre projet a consist� � essayer de faire cohabiter des parties anciennes et des parties contemporaines dans un dialogue que nous croyons int�ressant. Les �l�ments neufs viennent dialoguer avec les parties anciennes. Ce parti a d'ailleurs rejoint la volont� de la soci�t� Nestl� qui voulait se d�marquer de la soci�t� Menier et montrer qu'elle est une entreprise r�solument moderne. Trois artistes sont intervenus dans ce projet : Michel Boulang�, Sylvie Blocher, Dominique Bailly ainsi que Florence Robert, paysagiste. D'une fa�on g�n�rale, Nestl� pense que le surco�t pour r�habilitation de ce chantier a �t� de l'ordre de 5% pour un budget de 620 millions de francs de travaux et une surface de 60 000 m�tres carr�s hors �uvre, y compris les espaces de circulation. Il est certain que l'adaptation du moulin aux normes s�curit� n'a pas �t� facile mais elle a n�anmoins �t� tout � fait r�alisable.

AFFICHE : MARIE-LOUISE OU YVONNE?


Panonceau lithographié de 66x45 cm du chocolat Menier, signé Firmin Bouisset. Imprimé dans les ateliers d'Emile-Victor CAMIS, située quai de Jemmapes à Paris entre 1890 et 1906. Mis sous verre par J.Boyer, encadreur parisien depuis 1879. Cette affiche à été reproduite, cartonnée, dans les années 1980 par l'éditeur Bernard Carant, boulevard des Batignolles, à Paris.

Affiche du Chocolat Menier �dit�e par Camis. Allure de petite paysanne ais�e, avec ses lourds souliers lac�s, sa courte robe bleue � petits pois, son caraco marron �lim� et ses tresses de cheveux noirs luisants sur son dos fr�le ; qui inscrit sur un mur, au charbon, le nom du c�l�bre chocolat de Noisiel ; aux pieds duquel gisent le panier blanc du go�ter et le familial parapluie de coton rouge. Mais l'affiche de 1892 �voluera, selon l'anecdote, le parapluie familial qu'utilisait la gouvernante pour aller chercher Yvonne, � l'�cole, les jours de pluie, attristait la fillette d'une affiliation trop prononc�e au monde paysan. L'affiche � succ�s devait donc se moderniser pour p�n�trer les grandes villes, la disparition du parapluie eu lieu d�s 1893, ce qui n'emp�cha pas la diffusion des 2 versions, aux slogans différents, jusque dans les ann�es 1930.

Il est commun�ment admis que l�embl�matique affiche des Chocolats Menier, reproduite � profusion depuis plus d�un si�cle, repr�sente Yvonne, la fille de son cr�ateur, l�illustrateur et affichiste Firmin Bouisset. Cette id�e, longtemps relay�e, s�est impos�e au fil du temps comme une �vidence, renforc�e par la pratique courante de l�artiste qui utilisait souvent son propre enfant comme mod�le.
Pourtant, l�histoire, parfois, se heurte � des h�ritages tenaces, � des affirmations devenues v�rit�s par r�p�tition, et � des usurpations discr�tes que le manque de preuves rend difficiles � d�noncer. � cela s�ajoute un contexte du XIX si�cle o� le r�cit dominant, fa�onn� par des hommes d�tenant pouvoir et l�gitimit� culturelle, laisse peu de place aux voix alternatives. Dans ce cadre, une autre version existe, moins connue mais �tay�e par un t�moignage familial pr�cis.

Prenons le temps de lire le courrier que Madame Durand Mireille, belle-fille de Marie-Louise Paul Hedeline, adressa au magazine T�l� 7 Jours dans son �dition du 10 au 16 mai 1997, en r�action � un article �voquant l�affiche du Chocolat Menier. Elle y affirme que Marie-Louise Paul Hedeline, n�e le 28 f�vrier 1887 et d�c�d�e en 1975, aurait �t� la v�ritable fillette repr�sent�e. �lev�e par ses grands-parents maternels, Alphonse et Rose Dupuis, Marie-Louise vivait � Noisiel, o� son grand-p�re �tait r�gisseur des propri�t�s de Monsieur et Madame Menier.

C�est l�, raconte-t-elle, que Monsieur Menier cherchait alors un th�me pour une nouvelle affiche. Au m�me moment, Firmin Bouisset, de passage dans la propri�t�, aper�ut la jeune Marie-Louise, �g�e d�environ six ans, en train d��crire au charbon de bois sur un mur. Son attitude, un pied en dedans, l�autre pos� sur la pointe, attira imm�diatement l�attention de l�artiste. S�duit par la spontan�it� et la gr�ce de cette posture enfantine, il y trouva l�inspiration de sa composition devenue iconique. Lorsque Bouisset pr�senta le r�sultat � Monsieur Menier, ce dernier l�aurait montr� � son r�gisseur en lui disant cette phrase, rest�e dans la m�moire familiale : � N�emp�chez plus votre petite-fille d��crire sur les murs avec du charbon de bois : voil� le r�sultat. � Ce t�moignage, transmis au fil du temps, ne suffit certes pas � trancher d�finitivement la controverse, faute de documents officiels ou d�archives confirmant l�une des deux versions. N�anmoins, il rappelle que l�histoire de l�art se compose aussi de voix oubli�es, de r�cits familiaux, et d�enfants anonymes dont la spontan�it� a parfois donn� naissance � des images immortelles. Ainsi, la fillette du Chocolat Menier demeure une figure dont l�identit� r�elle oscille entre tradition, m�moire et incertitude, et dont le charme tient peut-�tre pr�cis�ment � ce myst�re.


Tablier immortalis� sur une carte postale de 1914 au cours de l'exposition Coloniale Internationale de Lyon; il fut �galement port� durant l'exposition internationale de 1900 � Paris et d�clin� sous diverses formes publicitaires: serviette, r�ticule. Des coupons de tissus imprim�s � taille d�finie (1m/1m) sont encore en circulation, ils n'avaient pas pour vocation � devenir serviettes publicitaires pour l'exposition de 1900 mais � confectionner des tabliers de domesticité pour jeunes filles.

L'Exposition Internationale de Lyon, de Mai � Novembre 1914, �tait pour la premi�re fois organis�e, fait original et tout � fait in�dit, par une municipalit�. L'Exposition Internationale de Lyon s'int�ressa particuli�rement � mettre en relief tout ce qui touchait � l'organisation et au perfectionnement de la Cit� Moderne. Toutes les colonies fran�aises particip�rent � l'Exposition Coloniale qui y �tait annex�e : Le gouvernement d'Afrique occidentale, d'Afrique �quatoriale, de Madagascar, d'Indochine, d'Alg�rie, de Tunisie, le Protectorat fran�ais du Maroc. Les plans du palais furent r�alis�s par l'architecte Lef�vre et l'entrepreneur Monier en assura la construction.


Bavoir en broderie richelieu vers 1900

La future m�nag�re doit s'appliquer de bonne heure � confectionner des v�tements. Dans du linge ou des v�lements hors d'usage, on peut trouver des morceaux assez bons pour faire du linge ou des robes d'enfant et commencer son apprentissage de couturi�re. Dans un m�nage modeste rien ne doit se perdre. Les couches sont souvent faites dans de vieux draps, Le tissu imprim� repr�sentant la petite fille du chocolat Menier, que l'on trouve dans toutes les expressions publicitaires tiss�es de la maison Menier, sera l'occasion de confectionner des bavoirs et d'apprendre quelques points de broderie, en particulier le feston.

Durant l'exposition Universelle Internationale et coloniale de Lyon en 1894, le directeur de l'enseignement primaire faisait savoir aux directrices d'�coles normales, d'�coles primaires sup�rieures et de cours compl�mentaires, que le ministre de l'instruction publique se proposait de participer � l'exposition de Lyon. En cons�quence, il leur demandait de confectionner des travaux de couture, soit : un objet de layette, une pi�ce de linge de maison telle que tablier de domestique, serviette, rideau, etc. ; les ouvrages devant constitu�s les albums du minist�re et �tre pr�sent�s dans le pavillon (f�minin) du Rh�ne, � deux pas de la grande coupole, dans le parc de la t�te d'or.
Sur une grande table s'�talaient les albums des 200 �coles. A Lyon, le public constata que les " Petites Parisiennes " travaillaient avec beaucoup de go�t et d'adresse. L'int�r�t des albums expos�s r�sidait aussi dans le choix des dentelles et des tissus employ�s qui diff�raient selon les localit�s. Le but du minist�re �tant de mettre � l'honneur les travaux de couture, qui devaient avoir une place pr�pond�rante dans l'�ducation des filles. Il faut, disait-il, que nos filles quittent l'�cole, ayant pour les travaux de couture le go�t d�velopp� et une certaine adresse, l'apprentissage les mettra ensuite rapidement en �tat de gagner leur vie.

RÉTICULE CHOCOLAT MENIER


Réticule 1900

L'h�tel du Matin et du Fran�ais a pr�sent�, hier, durant toute la journ�e, l'aspect le plus charmant et le plus pittoresque. Plus de six mille enfants, b�n�ficiaires de nos Surprises, sont venus, en compagnie de leurs parents au total douze mille personnes environ �changer leurs Bons contre des kiosques-distributeurs, r�ticules et bo�tes de chocolat Menier. Et cette distribution s'est effectu�e, par les soins de notre personnel, de la fa�on la plus heureuse du monde.

La livraison des chocolats Menier continuera aujourd'hui samedi, � partir de dix heures du matin. Il reste encore quatre mille surprises environ � remettre aux porteurs de nos Bons-Surprises, avant de cl�turer cette colossale et sensationnelle distribution. Pendant ce temps, les collaborateurs du Matin et du Fran�ais se prom�nent inlassablement dans les rues de Paris, dans la banlieue et en province, pour remplir leur agr�able mission r�compenser le z�le de nos lecteurs qui nous font si gentiment une publicit� dont nous leur sommes tr�s reconnaissants, et faire encore des milliers et des milliers d'heureux.

Photo (source musée d'Orsay) prise entre 1907 et 1910 au ch�teau de Noisiel, � gauche de la table, Henri Menier et sa compagne: Mathilde Heintz, � droite : Georges Menier et sa femme Simonne n�e Legrand.

Frac de livr�e de domestique en drap de laine bleu marine, de marque probable"La belle jardinière", deuxi�me moiti� du XIXe si�cle. Habit d�gag� � queue de pie, boutonnage crois� � 18 boutons de 3 cm et 4 d'1,8 cm en laiton monogramm� M (Menier). Coupe tailleur � doublure en serg� de laine � poche int�rieure. Biais de satin ray� jaune et vert cousus au col, simulant un gilet. Livr�e que l'on devait retrouver � :Paris Monceau, Noisiel, Rentilly, Houlgate, Bois-Larris, Cannes, Villers-Cotter�ts.
L'apparition des boutons de livr�es, sous leur forme m�tallique remonte � la fin du XVIII si�cle, o�, � l'exemple de l'arm�e, ils ont remplac� les boutons recouverts d'�toffes et les aiguillettes. Les premiers boutons armori�s furent port�s par la livr�e des colonels propri�taires de r�giments, et sont g�n�ralement en argent. On peut estimer � une dizaine de milliers les familles ayant fait frapper des boutons � leurs armes.
Ce Frac de livr�e de domestique est diff�rent de celui de l'�quipage de chasse � courre de la v�nerie Menier de Villers-Cotter�ts ; tenue � la fran�aise, rouge aux galons de v�nerie, gilet semblable, culotte en velours bleu roi, bas blancs, bottes de v�nerie. Les boutons en laiton monogramm�s M, Le bouton portant d'argent sur champ d'or, un cerf passant dans la lettre M.

L'INSTITUTION DES SAPEURS-POMPIERS

L'institution des sapeurs-pompiers de la chocolaterie Menier est une compagnie constitu�e de 40 membres en 1882
par Albert Menier, elle deviendra communale en 1886.Ci-dessus, le casque (mod�le SGFM de 1855) d'un certain "Chemin" avec cimier à godrons, plumet et jugulaire en fausse �caille, large bandeau o� l'on retrouve la grenade et les armoiries de la famille Menier caract�ris�es par le monogramme sous forme de M.

L'institution des sapeurs-pompiers est la seconde �uvre patronale de la cit� par le nombre de ses membres. Pour des raisons de s�curit� interne � l'usine, un premier groupe de b�n�voles avait �t� plac� sous la direction de Jules Logre dans les ann�es 1870. Une premi�re compagnie priv�e, sous l'�gide d'Albert Menier, est constitu�e en 1882. Elle adopte les statuts de subdivision communale en 1886. Comme les instituteurs quatre ann�es plus tard, cette modification est demand�e par les int�ress�s pour b�n�ficier du statut de sapeur-pompier et de l'exemption de la prestation vicinale � 6 Frs par an. D'autre part, une prime de 0.60 Frs � 1.50 Frs leur est allou�e apr�s chaque d�placement hors de la commune. Une nouvelle fois, les Menier conservent les diff�rentes charges de leur �uvre : entretien, locaux, chevaux, mat�riel (pompe � vapeur, �chelle, "casque pour feux de caves", ...). Durant ces ann�es, son effectif oscille entre 37 et 42 membres. Les ouvriers s'engagent pour 3 ou 5 ann�es. La subdivision est organis�e selon des principes militaires, grades et discipline � l'appui. Elle est plac�e sous l'autorit� directe du lieutenant Jules Logre jusqu'en 1901. Les sous-lieutenants sont Louis Logre, fils du pr�c�dent et Piette contrema�tre et conseiller municipal. Les autres cadres, Sergent Fourrier, Caporal, sont les m�mes contrema�tres et d�j� conseillers municipaux. Elle est une institution � Noisiel par le nombre de ses membres, sapeurs, sergents, tous � titre honoraire qui gravissent autour d'elle. Dans la cit�, la subdivision participe � toutes les manifestations : f�tes communales, comm�morations, 14 juillet et autres f�tes patriotiques. Seule, elle organise des d�monstrations d'exercices sur la place des �coles et les retraites aux flambeaux. Dans le canton, elle prend part aux comp�titions d'exercices. Si elle n'est pas une nouvelle voie de promotion sociale, lui appartenir est faire preuve de son int�gration dans la communaut� et signifier aussi sa "bonne volont�" � l'adresse des responsables de l'usine. Plus encore que l'Harmonie, la subdivision est un haut lieu de sociabilit� masculine. Ses membres affichent leurs valeurs viriles ; encourag�s en cela par ces exercices physiques et d'adresses, leur proximit� aux engins m�caniques, au danger le cas �ch�ant. Aux obs�ques des habitants, une savante �conomie des d�l�gations t�moigne de leur position respective dans la hi�rarchie sociale et symbolique de Noisiel. En novembre 1908, le Docteur Richon, membre honoraire, est gratifi� de 24 hommes. Mars, ancien Sergent et conseiller municipal, de 19, un ancien sapeur, plus tard membre honoraire, de 17. En juin 1911, un autre est enterr�, lui, sans c�r�monie. Ceci parce qu'il a "quitt� la subdivision en 1906 et s'en est d�sint�ress� compl�tement en n'assistant � aucune r�union, f�te ou banquet". Scrupuleuse comptabilit� des all�es et venues, des vus et non-vus, sur Noisiel l'oubli n'a pas prise. La Sainte C�cile et la Ste Barbe sont f�t�es le m�me jour. A chaque occasion, Jules Logre rappelle combien "il est heureux de voir renouveler cette double f�te toute intime et toute confraternelle" un commentateur salue "ces deux soci�t�s d'�lite qui vivent c�te � c�te dans un �tat de cordialit� qui leur fait honneur". Apr�s une retraite aux flambeaux dans la cit� un banquet r�unit tous les adh�rents et les nombreux invit�s. Les industriels sont ovationn�s tandis que "le caf� fume dans les tasses et que de bons cigares s'allument de toutes parts". Un grand bal public cl�t cette nouvelle famille". (Richard, M. ( 1986). Ma�trise d'histoire, La cit� de Noisiel.)


Giberne de l'harmonie de la compagnie des sapeurs de Noisiel.

Face � la chocolaterie, se trouve la Mairie construite en 1895. Nouvel �difice qui remplace la mairie-lavoir o� �mile Justin exer�ait mandat communal et direction de l'usine sans distinction notoire. Cette nouvelle mairie r�pond � une disposition de 1884 qui stipule que chaque commune doit poss�der un local � usage exclusif de mairie. Sur cette m�me place baptis�e Gaston Menier, se trouve le b�timent des Pompes : l'institution des sapeurs-pompiers de Noisiel.

Des produits sont lanc�s entre 1930 et 1935 dans la cat�gorie des chocolats fins par la maison Menier pour contrer une concurrence grandissante. Des boites de luxes font leur apparition et un salon au 114 avenue de Champs Elys�es parach�ve cette nouvelle tendance haut de gamme. Ces boites sont estampill�es " Menier confiseur ", la confiserie �tant depuis 1900 introduite dans les productions de Noisiel, celle-ci d�passant le chocolat de M�nage, produit phare depuis les ann�es 1870.(voir les chiffres)

Boite de confiserie cr��e pour l'exposition universelle de 1937 � Paris et faisant la publicit� pour le salon Menier se trouvant au 114 avenue des Champs Elys�es. Par�e des couleurs nationales cette poup�e semble faire �chos aux mont�es nationalistes et � la d�monstration de puissance germano-sovi�tique mat�rialis�e par 2 pavillons massifs et sans gr�ce (mastoc) et se faisant face. Cette m�me ann�e Menier organisa une consultation aupr�s de ses consommateurs pour donner un pr�nom � leur c�l�bre petite fille remani�e art d�co. Il est pr�cis� que ce pr�nom devra �tre " bien fran�ais ". Jacqueline �mergea de cette campagne publicitaire ce qui permettra une interactivit� entre des consommateurs qui allaient devenir auditeurs et spectateurs des diff�rents spectacles promotionnels � venir.

CAMION PUBLICITAIRE SAURER

L�industriel commande d�abord plusieurs camions � p�trole aupr�s de diff�rents constructeurs. L�exp�rience se r�v�le cependant d�cevante : les v�hicules sont peu fiables, co�teux � exploiter et incapables de r�pondre aux exigences d�un usage industriel r�gulier. Plut�t que de renoncer � cette technologie encore balbutiante, Saurer d�cide de construire lui-m�me les v�hicules dont il a besoin. D�j� familier de la m�canique et des moteurs � quatre temps gr�ce � ses pr�c�dents travaux industriels, il entreprend de d�velopper ses propres camions dans ses ateliers d�Arbon. Apr�s plusieurs ann�es de recherches, de t�tonnements et de mises au point minutieuses, Saurer parvient � concevoir des v�hicules robustes, �conomiques et parfaitement adapt�s au transport lourd. � une �poque o� le v�hicule industriel souffre encore d�une r�putation incertaine, ses r�alisations se distinguent imm�diatement par leur fiabilit� et leur qualit� de fabrication. C�est presque par amusement qu�Adolphe Saurer d�cide alors d�inscrire l�un de ses v�hicules � un concours de poids lourds organis� quelques ann�es plus tard. Le r�sultat d�passe toutes les attentes : Saurer remporte l��preuve. Ce premier succ�s marque le d�but d�une s�rie de victoires qui vont rapidement asseoir la r�putation internationale de la marque. D�s lors, les camions et omnibus Saurer s�imposent dans toutes les grandes comp�titions industrielles. La marque participe � quarante-deux concours disput�s sous les climats et r�glements les plus divers, et remporte quarante-deux victoires. Ce palmar�s exceptionnel contribue � transformer profond�ment l�image du v�hicule utilitaire. Alors que les premiers poids lourds inspiraient encore la m�fiance des industriels, les mod�les Saurer d�montrent qu�un camion peut �tre � la fois puissant, endurant, �conomique et agr�able � conduire. Leur souplesse de fonctionnement, leur silence m�canique et leur robustesse leur valent d��tre souvent compar�s aux meilleures automobiles de tourisme de l��poque. Le succ�s devient tel que les ateliers d�Arbon ne suffisent bient�t plus � r�pondre � la demande. Industriels, transporteurs et entrepreneurs fran�ais souhaitent d�sormais s��quiper en v�hicules Saurer. Adolphe Saurer comprend alors l�importance du march� fran�ais et d�cide de s�implanter directement aux portes de Paris. En 1910, la marque suisse prend possession des vastes ateliers de Suresnes, anciennement occup�s par le constructeur Serpollet, disparu depuis trois ans. Cette installation marque une �tape d�cisive dans l�histoire de l�entreprise. Elle consacre d�finitivement Saurer comme l�un des grands noms europ�ens du poids lourd et donne un nouvel �lan � l�industrie fran�aise du v�hicule utilitaire. Ce jouet publicitaire illustre parfaitement l�essor du camion industriel comme vecteur de modernit� commerciale au d�but du XXe si�cle. Repr�sentant un camion de livraison aux couleurs de la maison Chocolat Menier, il �voque fid�lement les v�hicules utilis�s par l�entreprise Menier pour assurer la diffusion de ses produits � travers la France. Le mod�le reproduit est un camion Saurer de 2 tonnes sp�cialement carross� pour les livraisons de la c�l�bre maison chocolati�re. � travers cette miniature promotionnelle se lit toute l��volution du v�hicule utilitaire au tournant du si�cle : d�sormais, le camion n�est plus seulement un outil de transport, mais �galement un support publicitaire mobile et un symbole de puissance commerciale.

BAPTÊME DE COSIMA

Monogramme de la famille Menier, propri�taire du ch�teau de Chenonceau, grav� sur ce c�ur offert aux invit�s durant le bapt�me de Cosima, fille de Jean-Louis et Laure Menier. Le monogramme est probablement modifi� en cons�quence, on peut y voir le A et le M de Marie Antoinette, ou bien, Le M de Menier suivi Du C de Cosima Menier, associ�e dans la soci�t� civile de Chenonceau-Rentilly.

 

INAUGURATION DU 8 Oct 1898

MM. Gaston et Henri Menier, entour�s de leurs collaborateurs, ont inaugur� samedi 8 Octobre 1898, � Noisiel, le monument �lev� � la m�moire de leur p�re, M. Emile-Justin Menier, fondateur de la chocolaterie, ancien d�put� de Meaux, et f�t� la pose de la premi�re pierre de la maison de retraite Claire Menier, fond�e en m�moire de leur m�re. De nombreux invit�s de Paris et des environs �taient venus assister � cette f�te familiale. La c�r�monie a d�but� par la pose de la premi�re pierre de la maison de retraite. 250 ouvriers, ouvri�res et des enfants des �coles de l'usine, accompagn�s par l'harmonie, ont chant� une ode � Mme Menier. A trois heures, a eu lieu, sur la place de Noisiel, l'inauguration du monument de M. Emile Menier, devant lequel a d�fil� tout le personnel de l'usine. Le buste du fondateur de l'usine est plac� sur un socle en marbre flanqu� de deux figures en bronze, de Carrier-fielleuse. Le soir, � six heures, a eu lieu un grand banquet qui r�unissait 2,300 invit�s. Tous les ouvriers et ouvri�res de l'usine avaient �t� invit�s, ainsi qu'un d�l�gu� ouvrier d�sign� par les conseils municipaux des 97 communes de la circonscription, des ouvriers d�l�gu�s de l'usine de Londres, de la vermicellerie de Chelles et de la sucrerie de Roye (Somme). Une tente fut dress�e au centre de l'ile pour accueillir tous les convives, mais les �curies du ch�teau durent �galement abriter des collaborateurs probablement tri�s sur le volet. Une broche (Insigne)pour l'occasion fut cr��e et visible sur le revers des vestons de certaines personnalit�s.

Les invit�s au banquet, munis de leurs cartes et de l'insigne se rendront dans l'�le, par le porche de la gare et le quai, � l'entr�e duquel aura lieu un contr�le g�n�ral. Apr�s avoir travers� le pont, les personnes munies de cartes bleues se dirigent en face � droite pour entrer par la porte bleue. Celles munies de cartes blanches iront en face � gauche pour entrer par la porte blanche situ�e au milieu. Et celle munies de cartes roses tourneront � gauche en suivant le chenal pour gagner la porte rose situ� en aval. Des pancartes indicatrices seront plac�es aux abords des Carrefours. En entrant, remettre le talon � d�tacher de la carte d'invitation au contr�le plac� � la porte, puis se diriger vers la table portant le num�ro indiqu� sur la carte o� se trouveront � l'avance les commissaires de table qui feront placer leurs convives � raison de 22 de chaque c�t� de table. Les contr�leurs et les commissaires devront trouver leur poste � 5h pr�cises pour l'ouverture des portes. Ils exerceront durant tout le repas une surveillance sur le service de leurs tables pour assurer que chacun ait ce qu'il lui faut, adresser aux gar�ons de service toute observation ou r�clamation, ou m�me au surveillant de la section de la cuisine, qui devra tenir compte de toute r�clamation � lui adresser, sauf � en r�f�rer aux commissaires g�n�raux. Les commissaires maintiendront l'ordre sous tous les rapports s'il y avait lieu � leur table.

Emile Justin Menier propose au Ministre de l'Instruction d'attribuer apr�s concours un Prix Menier � un �tudiant de l'Ecole sup�rieure de Pharmacie de Paris. Le ministre accepte et un d�cret du 17 d�cembre 1859 autorise l'Ecole � d�cerner une m�daille d'argent et un coupon de rente de 500 frs. Le prix fut attribué à F. Finet, interne des hopitaux de Paris, pour la thèse : Les produits donn�s � la mati�re m�dicale par les apocyn�es


Livret musical luxueux d�dicac� par les auteurs � l'attention de leur �g�rie, Cl�o de M�rode.

C'est l'�poque o� l�aristocratie partage d�sormais avec la haute bourgeoisie les b�n�fices exorbitants des richesses coloniales, des avanc�es technologiques et leurs d�bouch�s �conomiques exorbitants. La belle �poque sourit � quelques privil�gi�s : th��tre et danse sont les espaces privil�gi�s des fortunes parisiennes pour d�montrer une �l�gance, un raffinement, une certaine appropriation de la culture aristocratique. Les espaces confin�s des salles de spectacle voient pulluler et parader la cr�me des parvenus � la recherche d�une reconnaissance divine. Probablement herm�tique � la chose artistique, cette nouvelle population richissime succombe bien justement aux charmes des danseuses et com�diennes. Si certaines franchirent le Rubicon pour devenir courtisanes ou cocottes, d�autres rest�rent des muses inspiratrices pour artistes. Georges Menier fut l�un d�eux ; il succomba au charme ravageur de Cl�o de M�rode et lui composa un livret musical pour sa toute premi�re pi�ce de th��tre en 1909, intitul� "Le premier pas".

SIMONNE MENIER PAR HELLEU


Lithographie de Simonne Menier par Paul C�sar Helleu 1913

En 1901, Montesquiou �crit un nouvel article : LES PEINTRES DE LA FEMME - HELLEU, dans LES MODES D'AOUT, et Helleu fait la connaissance de Charles Ephrussi, ami de Proust qui lui doit quelques traits du portrait de Swann. Cet article fait son succ�s, Helleu peut maintenant acheter des meubles de prix, il s'installe d'une fa�on tr�s originale qui fait sensation, et qui va faire une r�volution dans le go�t. Il ne jure que par les couleurs blanc et argent ; il renonce au faux gothique, aux lourdes tentures � la mode dans les milieux d'artistes et de gens du monde. Pour lui, la plus belle couleur est celle d'un service � th� en argent.
Son salon aura les murs peints en blanc uni ; il y vit avec sa famille, il y travaille, car il trouve ridicule d'avoir un atelier. Dans ce d�cor, il a install� un large canap� recouvert de satin aussi blanc, et des meubles directoire qu'il n'h�site pas à montrer dans ses gravures : un buffet � deux portes, une table ronde, une petite table � �crire, quelques chaises au d�cor de lyre, des statuettes de porcelaines. Aux murs sont accroch�es quelques toiles de Manet, de Monet, de C�zanne.
Helleu devient tr�s vite l'arbitre du bon go�t, mais aussi l'arbitre des �l�gances. Les plus grands couturiers le consultent ; F�lix, Doucet et Worth suivent ses suggestions pour cr�er et lancer des modes nouvelles. On lui demande de d�signer les femmes les mieux habill�es, les plus �l�gantes. Il d�clare que les deux Fran�aises les plus belles sont Mme Henri Letellier (Veuve d'Albert Menier) et Mme Menier. Il a une grande action sur la mode f�minine, " Les pointes-s�ches qu'Helleu prodigue depuis 40 ans troublent les coquettes jusque dans les moindres sous-pr�fectures ; � l'exemple de ces jeunes filles allongeant leur taille, tirant leurs cheveux, �tudiant leurs gestes, la souplesse de leur poignet lorsqu'elles posent la main sur leur ombrelle. Un de ses mod�les pr�f�r�s, Madeleine Carlier, lui dit : " Avant m�me que vous ayez fait mon portrait, on m'appelait un Helleu. " (Vallery-Radot, Adh�mar,1957)

 

SIMONNE MENIER PAR ROESSINGER

Mlle Simonne Legrand mari�e � Georges Menier en 1903. Tirage argentique de 1909, timbre sec de l'atelier de Montreux,
signatures d'Arnold Casimir Roessinger-Jeanneret, photographe Suisse, et de son mod�le.
De nombreux portraits d�Arnold Casimir attestent d�une collaboration entre le photographe et Simonne Menier.

"C'est la plus jolie femme de Paris ! Robert de Rothschild est venu pour me rencontrer le premier vendredi chez Nathalie. Il fut charm� par ce salon amusant et disparate, ravi de me revoir et de me trouver si belle. Il organisa un d�jeuner chez les Lebel, grands industriels un peu associ�s avec les Menier � Neuilly, un beau dimanche. Tout fut comme dans un r�ve. On fut photographi� dans le jardin, on se grisa de tout, on bavarda, on sourit, on rit, on voulut briller de toutes les facettes. Quelques jours apr�s, Georges Menier dont la merveilleuse femme venait d'�tre op�r�e me t�l�phona : "Ma femme peut recevoir depuis hier. Son regret fut si grand de ne pas vous avoir vue l'autre jour chez les Lebel que j'ose vous demander de lui faire une petite visite � la clinique." En entrant dans la chambre transform�e en serre chaude et fleurie, nous aper��mes une d�esse sur un nuage blanc, dans un bouquet, dans la neige des plus fines lingeries, des enroulements de perles incomparables ! Un visage divin, souriant, r�gulier, joli. Une enfant aimable, simple, ayant autour d'elle quatre grands fils, son mari, son beau-p�re. Je lui tendis mes violettes blanches, lui marquais mon admiration sinc�re et ma tendre sollicitude. Elle eut les mots qu'il fallait. Je saluai amicalement mon vieux Gaston Menier, s�nateur, qui me rend souvent des services. J'aime cette femme, belle, simple, cordiale, parfaite, inattaquable. Tout Paris l'admire. J'en parlais un jour � la duchesse qui me r�pondit : "Oh ! On la dit si belle ! Mais elle s'en tient � son monde ; elle n'est pas snob. C'est bien dommage pour notre monde � nous dont elle s'�carte syst�matiquement. "Ceci, selon moi, est encore � l'avantage de cette charmante femme et � ma gloire puisqu'elle a d�sir� que je m'approche d'elle".(Liane de Pougy)

SINONNE ET SES FILS


Cadre familial de 1928, de gauche � droite : Jean, Claude, Simonne, Antoine, Hubert Menier.

Jean, famili�rement baptis� Jean IV car 4ème gar�ons naquit � Paris le 9 mars 1913. On le trouve, en 1924 �l�ve de l'Institut Saint-Charles de Monceau. Ce doit �tre le premier Menier � fr�quenter un �tablissement religieux. L'arri�re-grand-p�re �mile Justin doit tressaillir dans sa tombe. Jean meurt � Paris, c�libataire, le 11 janvier 1944 � 30 ans après une "petite maladie". Ses obs�ques ont lieu le 14 janvier, dans l'intimit�, en l'�glise Saint-Fran�ois-Xavier. Jean Menier, dans les pas de son p�re �crivit une com�die dramatique � l'�ge de 9 ans intitul� : " Sauver les escargots ". Agr�able divertissement, ou plaisanterie, qui fut appr�ci� par Marguerite Deval qui demanda d'y obtenir un r�le. Plus surement, Marguerite Duval participa � plusieurs cr�ations de Georges Menier : " Avec plaisir ", op�rette en 1 acte et " A paris tous les deux ", op�rette en 3 actes. Une promiscuit� professionnelle qui d�t permettre � Marguerite d'entrer dans l'intimité de la famille de Georges.

Claude, est né en 1906, de nature fragile il resta c�libataire. Il eut certainement un c�t� artistique comme son p�re auquel il fit les d�cors et cr�a l'affiche de " A Paris, tous les deux. ". Claude fit don au mus�e du Louvre des boucles d'oreilles en perles poires de l'imp�ratrice Jos�phine et l�gua au m�me mus�e les superbes bracelets en diamant et rubis de la duchesse d'Angoul�me, bijoux qu'il avait personnellement achet�s � Londres. On lui pr�te des fian�ailles avec Joséphine Baker, plus ou moins officielles mais il fut assur�ment un grand ami de la famille, au caract�re fac�tieux, aim� des enfants auxquelles il apportait de nombreux cadeaux.Il participa à l'achat en Dordogne du ch�teau de Castelnau-Fayrac pour la somme de 25 millions de francs où se fixera Joséphine et sa nombreuse famille. Claude aura surv�cu � ses trois fr�res. Il décédera � Paris le 13 avril 1973. Avec son fr�re Jean, il aura �t� le seul Menier, au travers de cinq g�n�rations, � n'avoir �t� ni impliqu� dans l'industrie chocolati�re, ni homme d'aventure. Claude n'�tait pas d�nu� d'altruisme puisqu'il l�gua l'int�gralit� de ses biens � l'�uvre des Jeunes Infirmes de la rue Lecourbe.

Antoine, naissance � Paris le 13 octobre 1904. Il fit ses �tudes au lyc�e Condorcet et obtint son baccalaur�at. Passionn� d'automobile, il sera d�tenteur de onze records du monde sur Alfa Rom�o. En 1929, il rencontre Ren�e Vigne au cours d'une course automobile � l'Aigle dans l'Orne. Entre Ren�e, mannequin vedette d'un grand couturier parisien, et Antoine riche bourgeois h�ritier d'un immense empire industriel, c'est le coup de foudre. Mais ce rapprochement de classe ne fait pas le bonheur de Simonne Menier. Malgr� la grande distinction de Ren�e Vigne, Il faudra attendre quelques ann�es de vie commune pour que Madame m�re consente au mariage de son fils. Celui-ci aura lieu bien tardivement en 1961.

Hubert, naissance � Paris, comme tous ses fr�res, le 12 d�cembre 1910. Il poursuit ses �tudes secondaires au lyc�e Carnot et en sort bachelier. Il sera co-g�rant de la soci�t� Menier et toute sa carri�re sera consacr�e � l'industrie chocolati�re. A 37 ans il �pouse, le 4 juin 1948, Odette Gazay, fille de M. Gazay, employ� aux Chemins de Fer et Mme Gazay, institutrice � l'�cole des filles de Nanterre puis directrice d'�cole � la Garenne-Colombes.Deux enfants na�tront de cette union : Jean-Louis en mai 1949 et Pauline en mai 1952. Apr�s la mort de leur oncle Jacques, la famille s'installera au domaine de Rentilly, � deux pas de Noisiel. Il sera le seul veneur de cette g�n�ration et aussi, le dernier "Menier-Veneur ; La passion de v�nerie ne le quittera jamais et, en 1950, il cr�era pr�s de Chantilly, son propre vautrait qui aura une existence �ph�m�re. Hubert Menier compta �galement parmi les joueurs assidus de Polo à Paris Bagatelle. Il mourra le 28 juin 1959 � 48 ans, �chappant au spectacle de la fusion puis du rachat de la firme familiale. Hubert fut tuteur de Philippe Naudy n� en juin 1940 du premier mariage d�Odette, son �poux Roger Naudy �tant d�c�d� � Oran en 1942. Odette Gazay d�c�dera le 11 juillet 1975.

 

SINONNE INFIRMIÈRE-MAJOR



Paul Barbarin, chirurgien �ducateur et ami, forma Simonne au m�tier d'infirmi�re, sa formation en poche, elle apporta sa comp�tence d'infirmi�re au ch�teau de Chenonceau offert � l'autorit� militaire comme h�pital de secours aux bless�s durant la premi�re guerre mondiale. Gaston Menier prit � sa charge toutes les installations et d�penses n�cessaires � l'entretien de cet H�pital, tous les services ont �t� install�s : �lectricit�, chauffage, canalisation d'eau. Les vastes pi�ces et les galeries du ch�teau ont �t� transform�es, peintes et organis�es pour accueillir 120 lits. Georges Menier, affect� comme "aide-major infirmier" � l'ambulance, a suppl�� son p�re dans cette installation et organisation. Les interventions m�dicales et chirurgicales �taient assur�es par le docteur Victor Morel, chirurgien en chef et d�put� du Pas-de-Calais, assist� du docteur Druon, de Lille. Simonne Menier, " infirmi�re-Major ", �tait assist�e par un grand nombre d'infirmi�res issues de diff�rents milieux (des S�urs de Saint-Vincent-de-Paul � la comtesse de Razay). Simonne Menier et ses condisciples furent r�compens�es � la fin des hostilit�s par la M�daille de vermeil des �pid�mies (journal officiel du 24 mai 1917). Une Prise d'armes et remises de m�dailles furent organis�es le 16 juillet 1917 dans les jardins de Chenonceau.

 

 

LA GALERIE DES FÊTES DE CHENONCEAU


La m�tamorphose de la Galerie des fêtes (Grande Galerie) de Chenonceau ( photo Constant Peigné 1896)

Construite par Catherine de M�dicis entre 1570 et 1576, la Grande Galerie de Chenonceau s��tire sur le Cher comme un pont royal. Lieu d�apparat et de r�ception, elle devient la Galerie des F�tes lorsque s�y tiennent bals et banquets. D�abord sobre, avec son sol en damier noir et blanc, la salle se transforme aux XVII et XVIII si�cles avec de partielles influences rococo: tapisseries, tableaux et meubles enrichissent son d�cor, elle devient alors un espace de promenade et de repr�sentation. Sous Louise Dupin, la galerie s�ouvre � l�esprit des Lumi�res. Restaur�e au XIX si�cle dans le go�t Renaissance, elle incarnait la m�moire du raffinement et du pouvoir f�minin � Chenonceau.

UN DINER A CHENONCEAU


Odette Gazay devant son Château à Chenonceaux

En cette douce soir�e de juin 1973, Madame Odette Gazay, veuve d'Hubert Menier recevait des amis am�ricains dans l'historique salle de r�ception du ch�teau de Chenonceau. Une table d'apparat fut dress�e pour un soir exceptionnel, table compos�e du service de S�vres cr�� pour la famille menier au 19e si�cle, avec verres au monogramme de la famille en cristal. D�cor de table en biscuit de S�vres, nappe � bouton de rose filet�e d'or. Le menu �tait compos� d'un consomm� aux profit�roles, venait ensuite les aspics de saumon de la Loire, mont�s en hauteur et d�cor�s par d'autres petits aspics d'�crevisses, puis enfin apparurent 12 pintades en voli�re pr�sent�es reconstitu�es avec leur plumage comme des faisans, les fromages et enfin la pi�ce mont�e au chocolat. Pour accompagner le d�but du repas, le vin blanc "ch�teau-Chenonceau", produit sur place, suivi par un Bordeaux : Ch�teau Lafitte 1947.

VISITE PRINCIÈRE

 


Pauline Menier, Laure Menier, Charles, Monique Lang, Jack Lang, Diana, Jean-Louis Menier.

Le 9 novembre 1988, sept ans apr�s leur mariage : le Prince Charles et la Princesse Diana visitent le Chateau de Chenonceau au cours de leur voyage officiel en val de Loire, repr�sentant la famille royale. Le couple princier avait �t� accueilli � Paris par le ministre de la Culture Jack Lang. Un h�licopt�re avait transport� le couple jusqu�au ch�teau de Chenonceau. La princesse de Galles arborait une robe-manteau �cossaise rouge et noire sign�e Chanel. Officiellement, le mariage �tait encore heureux, mais il touchait d�j� � sa fin, Diana fr�quentait James Hewitt et Charles avait renou� son idylle avec Camilla Parker-Bowles. Arriv�s � Chenonceau, ils sont accueillis par les membres de la famille Menier : Laure, la femme de Jean-louis Menier et Pauline Menier, la soeur de ce dernier. Le chateau de Chenonceau fut l'une des �tapes privil�gi�es de la royaut� britannique. Nous sommes le 24 octobre 1979 Elizabeth II atterrit � l�a�roport de Tours pour une journ�e de visite touristique priv�e. La reine souhaite se rendre dans deux des plus c�l�bres ch�teaux royaux fran�ais. Tout d�abord, elle visite le ch�teau de Chambord. Puis dans l�apr�s-midi, elle se rend � Chenonceau pour une visite au c�t� des propri�taires : Jean-Louis et Pauline Menier et d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing.

 

CATALOGUES PRIX COURANTS MENIER

 

Jean-Antoine Brutus Menier �dite en 1845 son "catalogue prix courant" qui recense tout ce qui est fabriqu� par la maison Menier. On y trouve principalement des produits destin�s aux pharmaciens ainsi que des articles de droguerie. La production chocolati�re n'est encore mentionn�e � cette date que comme activit� compl�mentaire. La quantit� produite n'est alors que de 2 tonnes par jour en France. Le v�ritable essor de l'entreprise Menier date de 1852. �mile Justin Menier est en passe de devenir le nouvel homme fort de la maison, il reprendra les m�mes principes �dict�s par son p�re. Malgr� son utilit� et les frais consid�rables qu'il a n�cessit�s, l'auteur ne le vend pas, il le donne...� ses commettants.Le "catalogue prix courant" de 1854 préfacé par �mile Justin comporte les m�mes produits que les �ditions pr�c�dentes. Son intérêt d�passe alors les fronti�res du public pour p�n�trer les instances �tatiques, durant la guerre de 1870 les pharmaciens s'engagèrent � fournir aux ambulances tous les m�dicaments n�cessaires aux traitements des bless�s et malades militaires conform�ment aux prix de revient du catalogue prix courant Menier..Les pharmaciens peuvent donc avoir des renseignements sur la valeur de tous les objets qui leur sont n�cessaires ou qui leur sont journellement demand�s. Mais les temps changent, si Jean-Antoine Brutus fit passer la pharmacie du stade des pr�parations magistrales � l'industrialisation des proc�d�s, �mile Justin exploite au maximum le potentiel existant et insuffle la modernit� dans ses �tablissements gr�ce aux grands esprits auxquels il fait appel. C'est � partir de ces m�mes ann�es que Noisiel b�n�ficie d'une politique de modernisation et de m�canisation au service de la fabrication du chocolat de consommation.

PUBLICATIONS UTILES.

Catalogue commercial, ou prix courant g�n�ral des drogues simples, des produits pharmaceutiques et chimiques, des plantes m�dicinales, des m�dicaments sp�ciaux et hom�opathiques, des instruments de pharmacie, de chirurgie, de chimie, de physique, et tout autres articles et appareils scientifiques et industriels a l'usage de la pharmacie et de la m�decine par M. M�nier, pharmacien droguiste. Le titre seul de cet ouvrage fait conna�tre son utilit� et son indispensabilit� dans les officines. En effet, il peut servir de guide au pharmacien pour la connaissance des prix moyens non seulement des objets de droguerie et de pharmacie, mais encore de la plupart des mati�res commerciales. La connaissance des prix des appareils et d'instruments de toute nature peut mettre le pharmacien � m�me de r�pondre sur ce prix, et de faire des fournitures qu'il n'aurait pu faire s'il e�t ignor� le prix des objets dont le prix lui �tait demand�.

Ce volume est termin� par une table des mati�res qui permet au lecteur de se renseigner sur la partie du livre dans laquelle il doit aller puiser les renseignements dont il a besoin. On voit que le catalogue commercial publi� par M. M�nier est un livre qui doit �tre constamment consult�. En effet, on y trouve des renseignements sur les prix de presque tous les objets employ�s en pharmacie, dans les sciences, dans les arts et dans l'industrie ; renseignements qui, sans ce livre, ne pourraient �tre obtenus qu'avec difficult� et apr�s des d�marches nombreuses, souvent faites avec inutilit�. (A Chevallier)

LA COMMANDITE MENIER


Compte-Rendu des r�sultats du 1er inventaire de 1835 par Antoine Brutus Menier � ses commanditaires.

Extrait :

"Quelques satisfactions que puisse �tre un pareil r�sultat, le but que je me suis propos� n'�tait pas encore atteint puisque mes efforts ont toujours tendu � amener la vente annuelle � 1 200 000 Frs et j'ai enfin la satisfaction de vous annoncer que les ventes d'octobre et les demandes que j'ai en ce moment � remplir, me laissent l'esp�rance d'arriver � ce chiffre. Les ventes de ce trimestre se sont �lev�es � 307 047 Frs, elles ont d�pass� de 34 327 Frs celles du trimestre le plus �lev� et de 78.743 Frs celles des trois mois correspondants".
Document intégral autographe de la main de Jean-Antoine Brutus Meneir

MARCHÉ ANGLAIS


�chantillon bo�te de chocolat Menier d�but XXe si�cle

Menier est tr�s pr�sente au Royaume-Uni d�s la fin du XIXe si�cle, avec une production et une distribution adapt�es au march� anglais. Au d�but du XXe si�cle (env. 1890�1910), Menier utilise largement des �chantillons de chocolat et de petites bo�tes publicitaires comme outils de promotion. Ces �chantillons se pr�sentent sous forme de petites bo�tes en m�tal lithographi� contenant de petites quantit�s de chocolat (pastilles, morceaux, poudre).Ils �taient destin�s :aux clients (d�couverte du produit), aux d�taillants, ou � la pr�sentation commerciale. Pour le march� anglais, certaines bo�tes comportent : des inscriptions en anglais, des formats ou d�cors l�g�rement diff�rents du march� fran�ais. Ces objets rel�vent autant du packaging que de la publicit�, Menier �tant une marque pionni�re en marketing visuel.

TÔLE CHOCOLAT MENIER ÉMAILLÉE ANGLAISE


Plaque �maill�e anglaise de Imperial Enamel Co, Birmingham, vers 1910.

TÔLE MENIER ÉMAILLÉE ALSACIENNE

Les Allemands dans leur �uvre de germanisation avaient donc � lutter contre les souvenirs de la guerre, contre une crise �conomique doubl�e d'une crise morale atteignant l'�me alsacienne dans ses replis les plus intimes. Ils ont encore aggrav� leur situation par des vexations de tout genre, qui auraient bris� des volont�s moins bien tromp�es que celles des Alsaciens. A la suite des �lections de 1887, l'opinion se surexcita, et la terreur fut d�cr�t�e. On vota la loi des maires, on commen�a la pers�cution contre tout ce qui rappelait la France. Les chants s�ditieux, comme la Marseillaise, furent punis de 400 marks d'amende et parfois de deux ans de prison. La guerre fut d�clar�e � la langue fran�aise. Les enseignes, �tiquettes, marqu�es de cette tare, furent prohib�es sauf quelques r�serves ; le chocolat Menier fut arr�t� � la fronti�re.

MARCELIN BERTHELOT A NOISIEL

 

Notes de Marcellin Berthelot � Noisiel, 1860-64. Reproductions en phototypie des travaux de chimie synth�tique inaugurant la carri�re scientifique du chimiste.
M. Del�pine, Professeur au Coll�ge de France et Membre de l'Institut qui occupait la chaire de Chimie organique et qui fut autrefois celle du chimiste Marcelin Berthelot d�posa sur le bureau de l'Acad�mie, pour les Archives, un cahier de notes de laboratoire ayant appartenu � Marcelin Berthelot. L'int�r�t de ce cahier, c'est qu'il se rapportait � une p�riode peu connue de l'activit� de Berthelot, celle o� il dirigeait et contr�lait les fabrications chimiques de la Maison Menier, � Noisiel. Cette p�riode s'�tendait du 26 octobre 1860 au 23 mai 1863, d'apr�s les inscriptions port�es par Berthelot m�me sur son cahier. Gaston Menier s�nateur a fait reproduire d'une fa�on parfaite ces pages de Berthelot dans une plaquette qu'il a offerte � la Biblioth�que de l'acad�mie de sciences.
"Mon p�re (Emile-Justin) avait ouvert ses laboratoires aux grands chimistes d'alors, les Fr�my, Balard, Sainte-Claire Deville, Laurent, W�rtz, Gr�hant, etc., qui avaient toujours trouv� � Noisiel les �l�ments n�cessaires aux travaux et recherches qu'ils effectuaient. C'est alors que mon p�re, en 1860, avait obtenu le concours et le contr�le du jeune et d�j� illustre Marcelin Berthelot qui poursuivait � Noisiel ses travaux de chimie synth�tique avec un vif succ�s. Sur le cahier de notes, Marcelin Berthelot notait presque au jour le jour ses importantes recherches et travaux sur les produits synth�tiques et entr�autres, on remarquera, � la date du 31 janvier 1862, la mention : "Synth�se de l'alcool" qui consacrait, comme on le sait, une des grandes d�couvertes de la chimie moderne."
(Souvenirs de Gaston Menier 8 Octobre, 1934)

MÉMOIRES DE LOUIS LOGRE

Deux livrets manuscrits r�dig�s dans les ann�es 1930 par Louis Logre qui fut, avec son p�re Jules Logre, architecte � l'usine Menier. Louis Logre fut �galement l'architecte en 1885 des r�fectoires pour les ouvriers de l'usine Menier au c�ur de la cit�. La d�cision de restauration en 2017 des anciens r�fectoires devrait permettre � cet espace patrimonial de retrouver son lustre et une fonction culturelle. Deux productions litt�raires cons�quentes avec de nombreux clich�s photographiques, la première retrace la g�n�alogie de la famille Menier, la seconde descrit de manière d�taill�e le ch�teau du duc de Levis rachet� par la famille Menier au c�ur du parc de Noisiel.

Le ch�teau de Noisiel construit au XVIII-�me si�cle par Paul Poisson de Bourvalais, fournisseur des arm�es, seigneur de Lognes, du Buisson et du Mandinet, est entour� d'un parc d'une grande �tendue. Il poss�de une tr�s belle futaie communiquant au parc de Champs dont M. Le Duc de L�vis est aussi propri�taire ainsi que la ferme du Buisson Saint Antoine [la ferme du Buisson].

LES CONTREFAÇONS MENIER

Avant la loi du 23 juin 1857, pas de l�gislation sp�ciale concernant les marques de fabrique. Chaque commer�ant apposait sur ses produits la marque qu'il souhaitait. Pour qu'il y est contrefa�on av�r�e, il fallait au pr�alable d�poser la Marque suivant l'article 18 du d�cret du 22 germinal an XI, au Greffe du Tribunal de Commerce d'o� rel�ve le chef-lieu de la manufacture ou de l'atelier. La propri�t� de la marque �tait effective d�s lors que celle-ci fut utilis�e de mani�re courante. C'est le 2 ao�t 1849 que Jean-Antoine-Brutus fit acte de d�p�t de sa marque. Il mandata pour cette op�ration M. Simon-Antoine Neyroux. Par ce geste, il fige�t dans les esprits les contours de ce qui deviendra un objet de d�tournement pour bon nombre de contrefacteurs.

CROISIÈRE DU STEAM-YACHT ARIANE SUR LES COTES DE NORVÈGE, DE SUÈDE ET DE DANEMARK


L'Ariane est le yacht qui a conduit en 1902 M. Waldeck-Rousseau en Su�de, Norv�ge et Danemark. Passionn� de peinture,ses aquarelles remarquables illustr�rent le livre consacr� par Gaston Menier à cette croisi�re en Norv�ge qui fut pour Waldeck-Rousseau de grandes vacances et un repos bien m�rit� pour l'homme d'�tat qu'il �tait. Mais l'�v�nement le plus important fut la fameuse entrevue de Bergen entre Gaston Menier convi� � la table de l'empereur d'Allemagne : Guillaume-II, � bord de son vaisseau imp�rial, le Hambourg.

"Le d�ner � bord du Hambourg fut d'une cordialit� exquise. L'Empereur attendait ses h�tes � l'entr�e d'un petit salon fleuri, et il offrit des bouquets d'admirables orchid�es � Mme Georges Menier et � Mme Journet. Pr�sentations, puis d�ner servis militairement par des marins, sous la direction d'un ma�tre d'h�tel en habit. Menu allemand, avec confitures, salades et marmelades traditionnelles, et musique fran�aise."

Pendant cette croisi�re Gaston Menier r�digea également au jour le jour, un recit de voyage qui retraçait la cordiale et charmante intimit� des passagers de cette croisi�re. Faisant route vers le Nord, le yacht avait � son bord: Mme Waldeck-Rousseau, M. Fernand Crouan, Mlle Marie Crouan, Mme Raffard, belle-s�ur de M. Gaston Menier, et le docteur Paul Barbarin, ancien interne des h�pitaux. Le samedi 28 juin 1902 � deux heures de l'apr�s-midi, par une pluie qui força les passagers � rester � bord, concert et revue furent improvis�s par les invit�s. De cette improvisation, une pi�ce de th��tre en 2 actes verra le jour et sera fig�e pour l'�ternit� sur papier avec comme titre " la Revue du Cercle Polaire " et jou�e officiellement le 5 juillet. Ouvrage dédicacé par Gaston Menier :
"A Madame Waldeck-Rousseau en souvenir des quelques bonnes heures de travers�e � bord de l'Ariane."

CROISIÈRE DU STEAM-YACHT ARIANE SUR LES COTES DE NORVÈGE, DE SUÈDE ET DE DANEMARK
ANNEXE : REVUE DU CERCLE POLAIRE



Si la croisi�re a largement �t� comment�e par les journaux en son temps, ce qui ne l'a pas �t� ce sont des extraits de la revue donn�e sur l'Ariane pendant la travers�e; cet opuscule est donc un rare t�moignage des r�jouissantes th��trales qu'appr�ciait Gaston Menier en amateur �clair�.

LES MENIER VENEURS

Tous les ans, Gaston Menier aimait clore la saison de chasse à Villers-Cotterets en apoth�ose par une cur�e aux flambeaux dans la cour de la v�nerie. Ala tomb�e de la nuit, un superbe six cors avait �t� rapport� de la for�t. On l'avait �corch� � l'abri des curieux, sa t�te et sa peau, appel� �galement "nappe", avaient �t� soigneusement mises de c�t�. Le piqueux ordonna � un valet de d�sarticuler la jambe avant-droite de l'animal et de torsader la peau, puis il accrocha cette relique aux manches de sa dague gliss�e dans le ceinturon de sa tunique.

Gaston Menier et une dizaine de "boutons" se tenaient � l'int�rieur du cercle des flambeaux v�tus de vestes rouges orn�es de galons d'or, de culottes bleu-roi, de hautes bottes de cuir noir. Un homme, les jambes �cart�s au-dessus de la "nappe", maintenait les bois de la t�te du cerf. Le piqueux, les valets de chiens, de veneurs, semblaient en faction derri�re leur souverain. Ils entam�rent les fanfares de la cur�e, puis le piqueux mis sa trompe en sautoir et s'avan�a vers Gaston Menier.

Il enleva de sa dague la jambe et la peau torsad�e, s'inclina devant Georges Menier. D'une main il �ta sa cape bleue, de l'autre il pr�senta le "pied d'honneur". Gaston Menier le conduisit aupr�s d'une invit�e de son choix � laquelle il l'invita � faire les honneurs du pied, lui offrant ainsi le sacrifice de l'animal. Selon le rite, aucune parole n'�tait prononc�e, sauf le "merci" du r�cipiendaire. "La cour des ma�tres" de Ren� Lucot

LES CÂBLES TÉLÉGRAPHIQUES MENIER RATTIER

 

 

Voici la section d'un c�ble t�l�graphique sous-marin de l'usine Rattier-Menier de 1895. Un conducteur central en cuivre de 2,5 mm� est recouvert par 12 conducteurs de m�me mati�re de 0.6 mm�. Cette partie est isol�e par de la gutta-percha et forme l'�me du c�ble, partie conductrice diffusant le signal. L'�me est prot�g�e par une enveloppe de chanvre qui devait �tre imbib�e de poix, de goudron, d'huile ou de suif. 15 Brins d'acier dispos�s en h�lice servent de protection m�canique et de tenseur, ils sont �galement recouverts de gutta-percha et terminent l'ensemble.

THÉÂTRE

Le Monde n'en saura rien, aimable com�die en deux actes de 1907, de M. Gaston Menier, repr�sent�e dans la salle des f�tes de son h�tel 61 rue de Monceau. La premi�re lecture a eu lieu, samedi 13 f�vrier 1904. Les r�les sont tenus par Mmes Marie Leconte, C�cile Sorel, de la Com�die Fran�aise, MM. Signoret, Mosnier et Tunc, du th��tre Antoine et Mlle Blanche Pierson pour la mise en sc�ne.
Quelques rares spectateurs privil�gi�s ont leur place d�j� marqu�e dans les salons de l'h�tel, de la rue de Monceau pour une unique repr�sentation priv�e : Adrien H�brard journaliste, Paul Hervieu romancier, Michel Carr� auteur, Henri Menier et des notabilit�s du monde de la politique venues pour f�ter les d�buts dramatiques du d�put� de Seine-et-Marne.

Et Gaston Menier de préciser : "L'�t� dernier, en juillet, pendant mes vacances à Rentilly, je me suis amus� � d�velopper sous forme dramatique une id�e que j'avais trouv�e plaisante. Elle m'avait �t� inspir�e par quelques cas assez fr�quents de divorce et non par un cas sp�cial observ� autour de moi, ainsi qu'on l'a dit. Il s'agit d'un jeune m�nage qui s'est mari� � la l�g�re, dans le feu de la passion, sans examiner de trop pr�s les clauses, du contrat et les conditions mat�rielles de. Son union. Les deux tourtereaux s'aper�oivent, mais un peu tard, qu'ils poss�dent un bien dotal dont ils ne peuvent jouir qu'� la condition de rompre le mariage. Il faut qu'ils divorcent, presque au lendemain de leurs noces, s'ils veulent profiter de leur fortune. Ils s'entendent pour divorcer � l'amiable ; ils ne se s�pareront que pour mieux se rapprocher. Ils deviendront ainsi des amants l�gitimes, de par la volont� du Code. Le sujet m'a s�duit ; je l'ai trait� avec un vif plaisir J'ai pass� dos heures tr�s agr�ables � l'�crire et j'ai mis environ un mois � achever ses deux actes. Le titre ? Le monde n'en saura rien. Des amis � qui j'ai lu cette com�die sans pr�tention l'ont jug�e, amusante et gaie, et m'ont engag�. � la faire repr�senter. Devant leurs instances, je m'y suis enfin d�cid�".

VUE AÉRIENNE DU SITE USINIER MENIER DE NOISIEL


La chocolaterie, le château Menier en 1899 photographi�s par le commandant HIRSCHAUER depuis un ballon � la Hauteur de 900 M. Auguste-Edouard Hirschauer Polytechnicien en 1876, il d�buta sa carri�re militaire en 1881 dans le Sud Oranais. Re�u � l'Ecole de Guerre en 1889, il entra en 1898 au service d'a�rostation de l'Arm�e et en devint le chef en d�cembre 1909. Sur cette photo apparait encore le grand ch�teau dans le parc de Noisiel ; pas encore construits, la Cath�drale et le pont hardi la reliant � la rive gauche de la marne.

LE PRINCE DE GALLES A VILLERS-COTTERETS

Le prince de Galles chasse � courre en for�t de Villers-Cotter�ts. Avant le d�part de la chasse, de gauche � droite : (1) Hubert Menier, fils de Georges ; (2) Jacques Menier, fils de Gaston Menier ; (3) Suzanne Broudehoux, femme de Jacques ; (4) le Prince de Galles ; (5) Georges Menier, fils de Gaston Menier ; (6) Simonne Legrand, femme de Georges Menier ; (7) Gaston Menier, fils d'Emile Justin Menier ; (8) Claude Menier, fils de Georges Menier.
Le prince de Galles vient de participer � une chasse � courre en for�t de Retz, en 1924, Gaston Menier adresse au docteur Mouflier, une lettre qui est reproduite en t�te de la brochure faisant le r�cit de cette chasse. Elle d�bute ainsi :
" Mon cher Maire, Vous m'avez manifest� le d�sir de conserver dans la biblioth�que de la ville de Villers-Cotter�ts, le petit compte-rendu tr�s familier et interne que j'avais �crit pour rappeler � nos amis la chasse int�ressante que S.A.R. le prince de Galles avait bien voulu accepter de venir suivre avec nous dans la for�t de Retz le 12 janvier 1924. C'est avec plaisir que je vous envoie un exemplaire de ce tr�s court opuscule." Le document contient également une copie de la lettre de remerciement re�ue de l'ambassade Britannique de la part du Prince de Galles.

SALON DE RENTILLY


Salon du château de Rentilly; sur chevalet, peinture de Fran�ois Flameng repr�sentant Julie Rodier, femme de Gaston Menier

En Mai 1890 le ch�teau de Rentilly, poss�dant plusieurs grands salons, 22 appartements de maitre, un jardin d'hivers, de vastes communs, un vaste parc dessin� par Le N�tre, des arbres s�culaires, une pi�ce d'eau, l'ensemble sur 47 hectares clos est mis en vente aux ench�res, la mise � prix est de 700.000 Fr., le mobilier est �galement disponible pour 100.000 Fr.
Mais le ch�teau ne trouvera pas preneur, il sera de nouveau mis en vente aux ench�res en 1891 pour une somme de d�part de 500.000 Fr. Finalement Gaston Menier en deviendra propri�taire pour la modique somme de. 1700.000 Fr. en 1891.C'est au ch�teau de Rentilly, que Julie Rodier, �pouse de Gaston M�nier, donnera rendez-vous � de nombreux invit�s venus pour entendre et jouer la com�die. Com�dies, ballets et mimes ex�cut�s au milieu d'un grand luxe de mise en sc�ne, de d�cors et de costumes.

LES OBSÈQUES D'ÉMILE JUSTIN MENIER


H�liogravure de Paul Dujardin repr�sentant une couronne mortuaire sculpt�e par Jean Barnab� Amy, d�dicac�e au nom de l'ensemble du personnel des �tablissements Menier : " A Madame E.Menier et � ses enfants. Hommage respectueux de tout leur personnel, le 17 f�vrier 1881 ".

C'est aujourd'hui samedi, � midi tr�s pr�cis, qu'auront lieu � l'�glise Saint Philippe-du-Roule les obs�ques de M. Emile Justin Menier, manufacturier, d�put� de Seine-et-Marne, officier de la L�gion d'honneur, membre de la Chambre de Commerce de Paris, d�c�d� avant hier, � Noisiel, dans sa cinquante-cinqui�me ann�e. Les employ�s des Pompes fun�bres ont commenc�, hier soir, la d�coration fun�bre de l'h�tel de l'avenue Van Dyck, n� 5, qu'habitait M. Menier lorsqu'il �tait � Paris. Cette d�coration consiste en une fa�ade monumentale, de la hauteur de deux �tages, partant du grand vestibule d'honneur et empi�tant largement sur la cour. Construite en forme de pourtour, cette annexe de l'h�tel facilitera la circulation des invit�s montant ou descendant l'escalier qui conduit au vestibule. C'est dans ce vestibule enti�rement tendu de noir et transform� en chapelle ardente, �clair� de cand�labres et de torch�res que sera expos� ce matin le cercueil de M. Menier. Deux salons, l'un � droite et l'autre � gauche, seront mis � la disposition des invit�s pour attendre l'heure du d�part du cort�ge. Le corps du d�funt a �t� mis en bi�re hier soir � NoisieL. Il arrivera � Paris dans la nuit et sera transport� aujourd'hui � la premi�re heure � l'h�tel du Parc Monceau. Le convoi se composera d'un corbillard � quatre chevaux empanach�s, et de quatorze berlines ou voitures de deuil. Le corbillard sera d�cor� de trente-quatre �cussons � l'initiale M. En t�te du cort�ge marcheront quatre ma�tres des c�r�monies, suivis d'un officier en manteau, porteur des d�corations du d�funt. A l'�glise Saint-Philippe-du-Roule enti�rement tendue de noir � l'int�rieur, les draperies seront rehauss�es par quatorze �cussons � la lettre M, quatre autres �cussons d�coreront en outre le catafalque. A l'ext�rieur, le portail sera envelopp� de tentures noires surmont�es de trois �cussons du m�me genre. Apr�s la c�r�monie religieuse qui durera une heure au moins, le convoi se dirigera vers le cimeti�re du P�re-Lachaise o� l'inhumation aura lieu dans le caveau de la famille Menier. (Le Figaro du 19-02-1881).
A partir de ce jour, la cloche du l'usine de Noisiel annon�ant l'entr�e et la sortie du personnel resta muette.

LE TRAIN FRANCO-CANADIEN 1920-1921

"Messieurs, j'ai eu l'honneur d'�tre pr�sident du comit� d'organisation du train-exposition de France-Canada, cr�� avec tant de succ�s, il y a deux ans, et, j'ai encore le souvenir de l'accueil enthousiaste que nous avons re�u des Canadiens lorsque ce train canadien, construit sp�cialement par la Canadian Pacific, charg� de produits fran�ais, parcourut ce grand pays. Aujourd'hui nous avons l'occasion d'offrir en �change, au Canada, une exposition analogue � celle dont nous avons �t� gratifi�s par ses soins.

L�-bas, nous avons �t� accueillis avec toute la g�n�rosit� susceptible de favoriser l'ex�cution de notre projet. Nous avons eu, sous la puissante �gide de M. le s�nateur Beaubien, l'ap�tre de cette id�e, le concours des grandes compagnies de chemins de fer, des membres du gouvernement, des universit�s commerciales et lorsque le train portant des produits fran�ais et pavois� des couleurs fran�aises eut accompli son circuit autour du Canada, lorsqu'il eut, appuy� par des conf�rences et des cin�mas, visit� cinquante-deux villes, il est revenu � Montr�al.
L�, sur l'invitation de M. Daoust, pr�sident de l'institut des hautes �tudes commerciales, dans le palais de cette cr�ation v�ritablement admirable, �lev� � Montr�al par le commerce canadien, nous avons �t� accueillis avec la plus touchante sollicitude. Nos produits ont �t� plac�s dans un immense hall o� ils ont donn� lieu � une exposition fixe, compl�tant l'exposition circulante. Cette d�monstration en faveur des produits fran�ais a attir� une foule consid�rable ; on estime � plus de 350,000 le nombre de personnes qui ont visit� le train.
Aujourd'hui, en donnant au Canada la formelle assurance que nous voudrons, par r�ciprocit�, permettre ainsi de faire connaitre � notre tour en France les produits canadiens dont beaucoup compl�tent les n�tres, nous allons au-devant des v�ux de ceux qui veulent avec ce grand pays non pas seulement une alliance de c�ur, mais aussi une alliance d'int�r�ts. Les accords commerciaux, soumis � l'approbation du Parlement, en sont la preuve mat�rielle. Pouvons-nous oublier qu'il y a l�-bas, comme vous le savez, de nombreux descendants de nos vieilles provinces fran�aises et que partout, au Canada, le symbole de la France est acclam�.
Nous avons vu les fils du Canada venir confondre leur sang avec celui de nos enfants sur les champs de bataille de la derni�re guerre. Ils sont accourus � notre aide contre l'envahisseur et se sont fait tuer avec la plus grande bravoure au champ d'honneur et je salue en passant le fils de l'honorable M. Lemieux, pr�sident de la Chambre des communes du Canada, tomb� � vingt et un ans sur la c�te de Vimy ; nous avons vu particuli�rement l'h�ro�que conduite du 22� bataillon canadien ayant � sa t�te le g�n�ral Tremblay s'illustrer dans l'Artois et tant d'autres ! L'occasion nous est offerte aujourd'hui de montrer que nous conservons plus que jamais le souvenir de ce glorieux pass� et que nous sommes heureux d'apporter � notre tour, une fois de plus � cette occasion, l'expression des sentiments g�n�reux et toujours vivants qui animent la France � l'�gard de ce grand pays et de rendre ainsi plus �troits les liens qui nous unissent � lui."

SENAT, s�ance du 29 mars 1923 M. Gaston Menier.


Oeuvre originale offerte à Mr Gaston Menier par le COMITÉ FRANÇAIS DES EXPOSITIONS
et le COMITÉ D'ORGANISATION DU TRAIN FRANCO-CANADIEN. En 1923 une reproduction en taille réduite fut réalisée.

CODOS ET ROBIDA A L'A�RO-CLUB DE FRANCE


Le 24 janvier 1932 Cados et Robida ont atterri au Bourget apr�s avoir accompli un vol de 11,000 kilom�tres en trois jours, cinq heures 40 minutes, battant ainsi de trente heures vingt minutes le reccord de Cosles, revenu d'Hanoi � Paris en quatres jours et douze heures. Les aviateurs fran�ais ont �t� re�us � l'A�ro Club de France, par M. Soreau, vice-pr�sident, qui pronon�a une courte allocution au nom de l'A�ro-Club. Mr Chaumi�, directeur de l'a�ronautique marchande, repr�sentant le ministre de l'Air, f�licita les deux aviateurs au nom du gouvernement et tra�a en un rapide expos� les progr�s accomplis par l'aviation fran�aise. Des coupes de champagne furent vid�es apr�s que Mr Br�guet et Mr Lacoste, constructeurs de l'avion et du moteur, eurent � leur tour f�licit� Mr Codos et Mr Robida.
(1) Mr Chaumi�, repr�sentant le ministre de l'Air, (2) Mr Codos, (3) Mr Soreau, (4) Mr Robida, (5) le mar�chal Franchet d'Esp�rey, (6) le colonel Renard, (7) Mr Br�guet et (8) Mr Gaston Menier, (9) Mr Jean-Jules Lacoste.

MARQUE MENIER ÉVOLUTION GRAPHIQUE 1930

Dans les ann�es 1920, la mode de la gar�onne incarne l��mancipation f�minine : cheveux courts, v�tements droits, allure sportive et moderne. Cette figure devient un symbole culturel qui influence profond�ment les arts graphiques et la publicit�, cherchant � s�duire une femme plus autonome, citadine et consommatrice.
C�est dans ce contexte qu�EDIA (�tablissements L�vy et Neurdein r�unis) r�alise en 1930 une r�actualisation de la fillette de Bouisset pour le chocolat Menier, au moment du lancement d�un nouveau produit en pleine vogue Art D�co. Le cahier des charges impos� au graphiste O. GUS exige une continuit� avec le personnage d�origine, mais la stylisation de l�affiche r�v�le clairement l�influence artistique du moment :
1- g�om�trisation des formes,
2- aplats de couleurs vives pour les affiches,
3- emploi mesur� de l�a�rographe,
4- lignes �pur�es typiques de l�Art D�co.
La fillette modernis�e adopte les codes visuels de la gar�onne : cheveux courts (coupe Chanel), jupe raccourcie, corsage simple, allure sportive, mouvement plus libre. Les accessoires traditionnels demeurent, assurant la continuit� iconique voulue par la marque. Ce nouvel avatar, entre tradition et modernit�, sera utilis� pendant une dizaine d�ann�es par Vic, Henchoz et Sendraf, illustrateurs charg�s de produire par la suite des publicit�s figuratives pour la presse illustr�e. Ainsi, cette céramique EDIA t�moigne de la mani�re dont Menier int�gre dans sa communication les codes esth�tiques et culturels de l��poque, en particulier ceux issus de la mode de la gar�onne et de l�Art D�co, pour renouveler son image tout en conservant son personnage embl�matique.

ÉVOLUTION GRAPHIQUE 1950

En 1948, une nouvelle version n�o-r�aliste est donn�e par William P�ra de la "petite fille Menier", cr�ation tr�s am�ricanis�e, qui devient blonde et semble esquisser un pas de bebop dans sa jupette � larges plis. Mais sa dur�e de vie sera �ph�m�re car, d�s le milieu des ann�es 50, la direction prenait conscience du fait que ce personnage-type constituait en r�alit� une entrave � la d�finition d'une image de marque renouvel�e, tourn�e vers les chocolats fins et non plus vers ce bon vieux chocolat dit de sant� qui avait conquis tous les foyers depuis la fin du si�cle pr�c�dent.(voir l'évolution graphique par l'intermédiaire des agendas)

 

TYRA SEILLIERE


Thyra Seilli�re, l'élégante brune � droite.

Madame H�l�ne Thyra Seilli�re, fille du baron Raymond Seilli�re et de la baronne d'Orzegowska. Premi�re rencontre avec Henri Menier vers 1897, elle est alors �g�e de 17 ans. A cette �poque, Mathilde Heintz est la compagne d'Henri Menier mais non son �pouse. Elle demeure � Paris, 8 rue Alfred-de-Vigny, o� elle d�c�dera le 24 f�vrier 1910. Thyra Seilli�re sera la femme d'Henri Menier en Juillet 1911 jusqu�� la mort de ce dernier en 1913 .
Extrait du film "J'ai tu� !" de Roger Lion 1924, Richard-Pierre Bodin producteur et mari de Thyra Seillière dont la soci�t� de production s'appelle "Thyra Film". Version reconstitu�e en 1990 par Ren�e Lichtig, plus d'informations sur : les films perdus

J'ai tu�.. (critique "le Candide" 1925). Sessue Hayakawa, qui est venu se r�fugier en France parce qu'il n'avait plus en Am�rique son prodigieux succ�s d'autrefois, a tourn� un film drainatique en collaboration avec Roger Lion. Cela n'alla pas sans mal,chacun donnant son avis. Le pauvre Roger Lion subit un bon nombre d'humiliations :l artiste japonais se lan�ait dans des col�res terribles chaque fois que Fon osait discuter ses ordres. On esp�rait que le film aurait � la fois les qualit�s des films fran�ais et celle des films am�ricains. Il n'en a que les d�fauts. Curieuse histoire vraiment que celle d'une femme du monde qui consent � se montrer publiquement en compagnie d'un aventurier qui fut son amant et d'une fille plus qu'�quivoque! Non moins curieux ce Japonais qui d�barque en France sans motif et en repart pr�cis�ment au moment o� celle qu'il aime a besoin de lui. Ce m�lo ou plus exactement ce m�li-m�lo n'a pas trouv� un public tr�s enthousiaste. Richard-Pierre Bodin, producer du film, n'avait pourtant pas l�sin� pour sa confection.. Il payait un cachet de 1.000 fr. par jour � Mme Huguette Duflos et le double � Sessue Hayakawa. La France est d�cid�ment en progr�s. Ses films commencent � devenir aussi chers et aussi mauvais qu'en Am�rique.

Oui, j�ai aim�

En 1943 Thyra Seilli�re fait ses d�buts dans les lettres. Thyra Seilli�re, apr�s avoir beaucoup v�cu, a atteint l'�ge des souvenirs : elle les publie, avec une certaine franchise, sous un titre qui a le m�rite de bien dire ce qu'il veut dire : Oui, j'ai aim�, affirme p�remptoirement cette nouvelle m�morialiste. Cousine du baron Seilli�re, de l'Acad�mie des Sciences morales, elle est la ni�ce de feu la princesse de Sagan, duchesse de Talleyrand, et elle eut pour tuteurs Antony Ratier, qui fut garde des Sceaux et le g�n�ral Henrion Berthier, qui fut maire de Neuilly. Beaucoup d'hommes dans les souvenirs de Mme Thyra Seilli�re, tous sont morts, et depuis longtemps. L'indiscr�tion de l'auteur n'est plus de la m�disance, c'est tout au plus une petite violation de s�pultures. Un retour de flamme.

Thyra Seilli�re, jeune fille du monde mai sans fortune, se pr�parait pour l'Op�ra, quand le premier mari se pr�senta en 1911. Ce quinquag�naire se pr�sentait bien ; il �tait l'un des hommes les plus riches du monde : Henri Menier fabriquait ce fameux chocolat, " le seul qui blanchisse en vieillissant ". Thyra Seilli�re joua, au naturel, la petite Chocolati�re. Un r�le en or, Henri Menier poss�dait, en for�t de Villers- Cotter�ts, un �quipage r�put�, deux yachts, l'Alm�e, de 250 tonneaux, la Bacchante de 1.000 tonneaux dont l'�quipage comptait 60 matelots et qui re�ut Guillaume II aux r�gates de Kiel, et des ch�teaux un peu partout. La vie de la jeune Mme Henri Menier se passait en chasses � courre, en croisi�res, en s�jours enchant�s dans les magnifiques r�sidences d'Henri Menier � Villers-Cotter�ts, � Vaur�al, et � Cannes, o� l'industriel avait fait construire sur un rocher une villa � l'italienne, meubl�e de pi�ces de mus�e.

Un jour, pour sa f�te, Henri Menier fit � sa jeune femme un cadeau peu banal : J'ai achet� pour vous, lui dit-il, le ch�teau de Chenonceau ! Et, comme Thyra se r�criait, il ajouta : En vous offrant Chenonceau, en donnant pour cadre � votre ch�re pr�sence ces vieilles pierres royales magnifi�es par tant de prestigieux souvenirs, j'ai voulu vous rendre l'hommage que les ch�telains de la Renaissance offraient � la dame de leurs pens�es. Ce galant chocolatier traitait sa femme comme les rois leurs ma�tresses. Il fit mieux, II lui offrit une ile. Une �le de 250 kilom�tres de long, � l'embouchure du Saint- Laurent. Louis XIV l'avait offerte � Louis Jolliet, le fameux explorateur. Henri Menier l'offrit � sa femme. C'�tait une �le d�serte ; il en fit un royaume, avec des villages, une route, un chemin de fer, des abattoirs, des usines, un h�pital et une �glise pour laquelle il avait sign� un concordat avec le pape. La ch�telaine de Chenonceau devenait reine d'Anticosti. Apr�s quoi Henri Menier mourut en 1913. Ce fut son troisi�me cadeau. Fichu cadeau. Le beau r�ve se termina dans un cauchemar de proc�s en succession qui firent grand bruit dans le monde judiciaire et ne laiss�rent � Thyra Menier qu'une faible partie de la fabuleuse fortune dont elle avait eu la jouissance. Dans les ann�es qui suivirent.

Thyra Seilli�re fut la muse d'un grand po�te dont elle laisse deviner le nom et qui mourut pr�matur�ment pour avoir abus� des paradis artificiels ; puis elle devint l'Eg�rie d'un grand homme d'Etat, Aristide Briand. Apr�s ces tendres et id�ales excursions dans la po�sie et la politique, Thyra Seilli�re revint � ses premi�res amours. Elle se remaria, dans l'alimentation. En 1917, elle �pousait un des hommes les plus riches de Russie, le Bi�lorusse Pierre de Elisseieff. La r�volution d'octobre �clatait, Pierre de Elisseieff, bien que sa t�te y f�t mise � prix, partit pour Saint-P�tersbourg pour r�cup�rer ses biens confisqu�s par les communistes. Mais � son retour il mourut � Helsinki dans des conditions qui n'ont jamais pu �tre �lucid�es. Veuve pour la deuxi�me fois, Thyra Seilli�re en 1924, se mariait de nouveau. Cette fois avec un jeune journaliste d'une beaut� insolente, Richard-Pierre Bodin. Leur union fut plus br�ve encore. Un matin, on trouva Richard-Pierre Bodin sans vie dans un meubl� sordide du faubourg Saint-Martin. Avec une vie si mouvement�e, Mme Thyra Seilli�re aurait pu �crire un conte de f�es, deux ou trois romans, mais avec cet ouvrage Thyra Seilli�re s'est content�e de faire une fin. En 250 pages, elle dresse quelque chose comme un bilan, avant liquidation. (Critique inconnu)

EX-LIBRIS

Vu son exp�rience dans la papeterie et la gravure ainsi que de ses liens avec les hommes de lettres, la Maison Maquet fournit � sa client�le des ex-libris personnalis�s, r�pondant ainsi aux attentes des bibliophiles passionn�s. Ex-libris monogramm� THM et affichant la devise suivante : Faire mon devoir. Le livre pr�sent� sous le lien est d�dicac� par Henry Bataille, � l'intention d'Henri Menier : " A Mr Henri Menier, sympathique hommage, pour remplacer la carte postale ; Vivi�res 1912. " Le c�l�bre dramaturge poss�dait un ch�teau acquit en 1910 proche de Villers Cotter�ts, terrain de chasse de la fratrie Menier, qui ne pouvait ignorer une telle promiscuit�; Henry Bataille �tait donc un " voisin de for�t ".
Au-del� d'une possible relation de classe, l'influence du po�te et penseur, sur la r�flexion de Thyra Seilli�re, est bien r�elle, un commerce spirituel s'institua entre Henry Bataille et Thyra Seilli�re. Cette fusion spirituelle apparait dans son ouvrage : L'intelligence du c�ur, " Je me suis inspir�e de ces lignes �crites par Henry Bataille, en 1917, durant les jours les plus sombres de l'autre guerre. " // " Henry Bataille avait raison. Une simple v�rit� suffit parfois � changer une existence. " Connais-toi toi-m�me ", disait le sage antique. Se conna�tre soi-m�me, c'est se conna�tre dans le pass�, le pr�sent et l'avenir. " La vierge folle (pi�ce en 4 actes, repr�sent�e pour la premi�re fois au le Th��tre du Gymnase le 25 f�vrier 1910) est donc un ouvrage issu de la biblioth�que personnelle de Thyra Seilli�re : �dition originale, reliure en demi basane marbr�e caramel, dos � cinq nerfs, orn� de doubles caissons dor�s et d�cor�s de motifs floraux dor�s.


Les r�gates de la Soci�t� Nautique de Lagny le 26 Mai 1935.

D�s la cr�ation de cette Soci�t� en 1905, la pr�sidence d'honneur est confi�e � Gaston Menier, Jacques Menier en sera le Pr�sident d'honneur puis vice-Pr�sident quelques ann�es plus tard. D�s 1910 Gaston Menier signalait l'importance progressive prise par la soci�t� nautique de Lagny et l'affluence des touristes qu'elle provoquait dans la r�gion de par l'organisation de croisi�res sur la Marne et de manifestations nautiques, Il insista donc pour que le Conseil g�n�ral lui donne une marque de sympathie en lui allouant 100 Fr. En cet apr�s-midi du 26 mai, Les r�gates annuelles de la Soci�t� nautique de Lagny ont eu lieu dans le bassin de Dampmard. C'est au cours de cette manifestation nautique qu'� �t� disput� le challenge Jacques Menier. Ce challenge est attribu� pour un an � la Soci�t� participant aux quatre �preuves de skiff et qui totalisera le plus de points. Challenge qui sera d�finitivement acquis par la Soci�t� qui l'aura remport� trois fois cons�cutivement ou cinq fois non cons�cutivement. Ce crit�rium de vitesse comporte quatre �preuves de skiff dont voici les d�tails et vainqueurs.

1-Skiff pour sculleur n'ayant Jamais disput� une �preuve en skiff), distance 600 m�tres : Union sportive du M�tro, Vinson.
2-Skiff Junior, distance 1.200 m : Union sportive du M�tro, Vinson.
3-Skiff d�putant 600 m�tres : Union sportive du M�tro, Vinson.
4-Skiff (senior) 600 m�tres : Soci�t� nautique de Lagny, Saurin.

EXPOSITION COLONIALE DE 1931

A l'exposition coloniale de 1931 Gaston Menier assurait un service de voitures attel�es par des �nes pour le transport des visiteurs dans l'enceinte de l'Exposition, cette disposition aurait grandement pu satisfaire la jeune population organis�e en caravanes d'enfants par la ville de Paris. Mais Paris d�clina l'offre g�n�reuse de Gaston Menier ; ce qui n'emp�cha pas ce dernier de r�galer les jeunes seine-et-marnais, accompagnés de leurs instituteurs, avec des gouters compos�s d'une ou deux tasses de chocolat, de brioches chaudes et d'eau min�rale. Le soir venu, ces jeunes visiteurs embarquaient � 19 heures � la gare de Reuilly, dans des trains sp�ciaux affr�t�s par la Compagnie des Chemins de fer de l'Est pour rejoindre leur foyer.

Le pavillon Menier, situ� sur la rive sud du lac Daumesnil, �tait confortable et tr�s �l�gant ; le public bourgeois parisien, assez distingu�, y trouvait, tables et chaises, service de qualit� pour y consommer, pour 1 franc, un chocolat chaud de marque Jolta, nouvelle venue dans le catalogue prix courants de la maison Menier. Les collaborateurs gardaient de cet �v�nement, et en remerciement des services rendus, un joli m�daillon �maill�. Plus de deux millions de personnes vinrent d�guster les produits Menier. Inspir�e par ce succ�s, la Maison Menier ouvrira quelque temps apr�s, avenue des Champs-Elys�es, un Salon de D�gustation. C'est l� que les amateurs de chocolats pourront consommer, non seulement le chocolat � la tasse, mais encore les nombreuses vari�t�s de chocolats � croquer, les Confiseries au Chocolat et notamment, la collection de bo�tes et de coffrets destin�s aux cadeaux de fin d'ann�e.

MUSETTE CHOCOLAT MENIER


Musette publicitaire ancien en toile de la marque Menier, probablement dat� du d�but du XX si�cle (1900�1930).
Il servait soit au transport, soit comme support promotionnel. Sa forme avec bandouli�re et boutons rappelle une musette de ravitaillement du Tour de France, mais il s�agit plut�t d�une version publicitaire inspir�e, et non d�un accessoire officiel de course.

Aux contr�les de ravitaillement la musette de satinette jaune Chocolat Menier est aussit�t vid�e de son contenu par le coureur qui place les bidons sur le guidon, les aliments dans les poches de son maillot, et la petite musette vide est alors abandonn�e, car les coureurs n'aiment pas �tre g�n�s dans les entournures. Elle est g�n�ralement ramass�e par un admirateur et devient alors un troph�e c�l�bre que l'on se montre au village. Identifi�e par le num�ro de dossard 17, cette musette devait probablement appartenir � Stan Ockers, 2e du tour de France en 1950. Mais d'autres courses b�n�ficiaient des largesses de l'entreprise Menier, telle la course Paris-Nangis, ouverte aux amateurs, et offrant une prime de 300 frs ainsi que des musettes au d�part de la course. Sans oublier une distribution de bonnets et chocolats � l'arriv�e.

Le 25 septembre 1929, Henri Desgrange d�crit dans L'Auto les grandes lignes de la vingt-quatri�me �dition du Tour de France. Celle-ci sera r�volutionnaire. L'�preuve se disputera selon la formule des �quipes nationales. Cinq formations de huit coureurs, s�lectionn�s par l'organisation, repr�senteront leur pays (France, Belgique, Italie, Espagne, Allemagne), le reste du peloton �tant compos� de touristes-routiers. Les v�los des coureurs des �quipes nationales seront tous identiques, fournis par L'Auto et de couleur jaune. N�anmoins, Henri Desgrange, qui a jusque-l� toujours soutenu l'id�e d'une course " strictement individuelle ", inscrit dans le r�glement une disposition ambigu� : "La course restera individuelle, mais l'esprit d'�quipe sera tol�r�."

Avec ce syst�me, Henri Desgrange pouvait craindre la r�action des marques de cycles, contraintes de s'effacer. En fait, ces derni�res, touch�es par la crise �conomique qui s�vit en Europe, se r�jouissent plut�t de voir l'organisateur du Tour prendre � sa charge tous les frais (v�los, h�bergement, etc.). Pour financer l'�preuve, plusieurs mesures sont adopt�es. La principale est la cr�ation de la caravane publicitaire, appel�e � devenir un �l�ment essentiel de la Grande Boucle au fil des ans ; le chocolat Menier, dont le chef de la publicit� Paul Th�venin organise la distribution de bonnets et de tablettes avant le passage des coureurs, fournira la majorit� des subsides. Par ailleurs, pour accueillir une �tape, les villes devront d�sormais acquitter une redevance.

Trois mois avant le d�but du Tour, le service qui s'occupe de cette organisation commence son travail. Il lui faut d'abord r�partir dans chacune de localit�s choisies comme lieu de contr�le, et il y en a 16 : 4.000 bananes pour les cyclistes, 1.100 musettes, 200 kilos de chocolat, 300 kilos de sucre, 100 kilos de pruneaux, 300 feuilles de papier sulfuris�, pas destin� � �tre mang�, mais simplement � envelopper les sandwiches. Ceci pour la nourriture non p�rissable. La nourriture p�rissable est achet�e sur place. Elle est compos�e de viande, de fruits, et � propos de fruits, 6.000 bananes sont consomm�es par les coureurs durant le Tour de France. Les-six ravitailleurs voyagent par chemin de fer. Chaque musette remise aux coureurs contient : une tranche, soit de poulet, soit de veau, soit de jambon, un sandwich-confiture, des pruneaux, des bananes, un g�teau de riz, du sucre, une tablette de chocolat au lait. De plus, il est remis � chaque contr�le du th�, du caf� ou du chocolat. En outre, � chaque fin d'�tape, il est fourni aux " touristes routiers " seulement un compl�ment de ravitaillement : sandwich-confiture, tablettes de chocolat au lait. Ce ravitaillement co�te de 60 � 80.000 francs par �preuve.

LE PRIX DE LA MONTAGNE

Le Chocolat Menier, cette grande marque fran�aise � la t�te de laquelle se trouve M. le s�nateur Gaston Menier, est une des plus fid�les amies du Tour de France. Depuis que nous avons adopt� la formule d'�quipe nationale, c'est-�-dire depuis 1900, le Chocolat Menier n'a jamais manqu� de ravitailler nos coureurs avec son chocolat universellement connu et appr�ci� ; Il ne se contente pas de distribuer � profusion ses exquis chocolats, il donne des bidons et musettes aux 80 s�lectionn�s garnies de ce bon chocolat qui, sous une forme r�duite, contient une r�serve de force telle qu'en croquer une simple tablette calme les crampes d'estomac les plus r�calcitrantes. Mais Mr Gaston Menier, que secondent si admirablement son fils M. Jacques Menier et son petit-fils Mr Antoine Menier dans les somptueuses usines de Noisiel, ne veulent pas limiter leurs g�n�rosit�s aux dons en nature, ils tiennent � ce que de bonnes esp�ces viennent en plus faire sentir � nos champions toute la sympathie qu'ils ont pour eux.

Oui, le Chocolat Menier aime les p'tits, gars du Tour, comme dit la chanson officielle de notre �preuve, il aime surtout les grimpeurs, monteurs de cols et c'est � ceux-l� que vont les 35.000 francs qu'il attribue chaque ann�e � notre grande �preuve. (L'Auto-v�lo 27e Tour de France 1933)


Boite m�tallique pour vivres de r�serve Chocolat Menier 1916, 1918

Ces boites correspondaient � la ration r�glementaire en temps de guerre. Elles r�pondaient � la n�cessit� de doter les hommes de vivres de r�serve individuels. Chaque homme poss�dait dans son havresac des vivres de r�serve pour une dur�e de 2 jours constitu�es de : pain, sucre, caf�, potage, viande et 250 gr de chocolat ; le paquetage �tait compl�t� de : gamelle, bidon, tente avec accessoires, capote ou veste, cale�on, chemise, gu�tres de toile, bonnet, mouchoir, livret, Brosse � : chaussures, habit, fusil ; bo�te � graisse, souliers, sous-pieds, savon.

Il �tait absolument interdit aux hommes d'entamer les vivres de réserve d'eux-m�mes. Elles n'�taient consomm�es que sur l'ordre du chef de corps ou du d�tachement lorsque tout autre mode d'alimentation �tait impossible. Elles �taient alors remplac�es dans le plus bref d�lai. La quantit� et la nature des vivres de r�serve �taient modifi�es au moment d'une attaque, quand on pouvait pr�voit que les trains ne suivraient qu'avec d'assez longs retards. Sur un front stabilis�, des d�p�ts de vivres �taient organis�s aux divers �chelons, en pr�vision de bombardement intense ou d'encerclement. Le chocolat Menier faisait alors partie des interminables convois de ravitaillement que constituaient toutes les marques commerciales parisiennes.

Les troupes s'installent dans les tranch�es, au fond de leurs abris. Un tir de barrage coupe toute communication entre les lignes. Les boyaux sont d�truits, les tunnels sont obstru�s, les ouvrages sont isol�s compl�tement et n'ont plus, avec les autres fronts, que la liaison incertaine et fragile du t�l�phone. Il faut s'alimenter cependant, soit que l'on marche, soit que l'on s'immobilise. C'est alors que les hommes ont recours aux vivres de r�serve : pain de guerre (galettes de biscuit), conserves de viande, potage sal�, chocolat, sucre, caf� en tablettes. Il doit y avoir, en principe, deux jours de vivres dans le sac, et un jour dans la voiture de compagnie, si les troupes se d�placent, ou dans les d�p�ts de r�serve de chaque compagnie (dans les abris m�mes du secteur) si les troupes restent dans leurs lignes. Ajoutons que l'entretien de ces vivres, dans certains centres tr�s humides et infest�s par les rats, qui p�n�trent jusque dans les sacs des hommes, est particuli�rement difficile, car le m�tal m�me des boites �tanches, o� l'on enferme pain, potage, sucre ou chocolat, finit, � la longue, par devenir poreux. Les officiers d'approvisionnement des corps doivent minutieusement veiller au remplacement des vivres avari�s, ainsi qu'au bon entretien des points d'eau. Les Allemands joignent � leurs vivres de secteurs des caisses de bouteilles d'eau min�rale dont la conservation est ais�e et qui se manipulent et se d�placent aussi facilement que des bo�tes de conserve. L'exemple pourrait �tre suivi. D'autre part, il ne serait pas tr�s co�teux de d�fendre les vivres du sac contre les rats au moyen d'une l�g�re enveloppe m�tallique. (La guerre Mondiale : 1917)

Quant au r�gime de la correspondance des prisonniers français, une seule lettre par mois, et une toute petite carte par semaine. Bien entendu, lettres et cartes lues par l'autorit� allemande, qui supprimait le droit d'�crire aussit�t qu'une phrase lui d�plaisait. Pour dire, la v�rit�, il fallait recourir aux subterfuges les plus ing�nieux. L'un �crivait par exemple : " J'ai de mauvaises nouvelles � t'apprendre. Le capitaine Gaston Menier est mort, le commandant Painlev� est gri�vement bless�, et le colonel Parmentier est moribond. " Cela voulait dire qu'il n'avait plus de chocolat (Menier) � manger ; que le pain et les pommes de terre commen�aient � manquer.

En dehors des op�rations militaires de nombreux r�giments poss�daient des salles de lecture et de jeux. En arrivant � la caserne les soldats y trouvaient un peu de ce qu'ils laissaient au pays, une sorte de foyer familial, un " Cercle pour le soldat ". Et Moyennant un prix minime, la coop�rative distribuait du chocolat Menier, du lait, de la bi�re, du vin chaud, des boissons rafra�chissantes, du pain, de la charcuterie.


Cadre publicitaire chocolat Gaston Menier

Cr�ation de la soci�t� en nom collectif des chocolats Gaston "Menier" le 13 ao�t 1908 entre Gaston Menier et Alfred Labouesse. Ce Gaston Menier �tait �tranger � l'industrie du chocolat, il r�sidait � Courpalay, loin du si�ge social parisien, o� il exer�ait sa profession de charpentier. Au terme du contrat liant les deux hommes, seul Labouesse assurait le fonctionnement de l'entreprise ; erreur fatale ! Car Labouesse avait commis l'ultime maladresse de laisser son coassoci� continuer � travailler son bois, avouant ainsi le r�le de pr�te-nom auquel il se trouvait confin�. Gaston Menier, de Noisiel, entreprit les d�marches n�cessaires pour r�duire � n�ant la tentative d'usurpation de son concurrent. La cour d'appel du 10 Juin 1910 ordonna donc la radiation de la soci�t� "Gaston Menier et Cie", la confiscation du mat�riel, et le versement d'une amende aux propriétaires de Noisiel.


En 1935, la MG N�4 de 750 cm3 monoplace type "R", � compresseur, quatre roues ind�pendantes et suspension par barres de torsion, �tait r�volutionnaire pour l'�poque, cette voiture d�tiendra le nouveau record � Montlh�ry parcourant les 2. 947 km � la moyenne de 133 km/h. A noter que seules 10 voitures de ce mod�le furent construites par la soci�t� M.G. qui les r�servait � ses repr�sentants officiels. D�s son apparition, cette voiture surclassait ses concurrents, notamment au Bol d'Or Automobile de 1935 en for�t de Saint-Germain-en-Laye.

L'�curie Jacques Menier, avec la la MG N�4, pilot�e par Maillard-Brune, battit le record g�n�ral de l'�preuve que d�tenait Cirean-Cabantous depuis 1930 avec 1.864 km. L'issue de la course est rest�e tr�s improbable jusqu' � la derni�re heure. Debille resta en t�te de la 10e � la 20e heure, tandis que Foultier lui succ�dait. Maillard-Brune, handicap� au d�but par une mauvaise arriv�e d'essence et le givrage de son carburateur, perdit 2 heures ; cependant, il remonta progressivement � vive allure et ce n'est qu'� neuf minutes avant la fin qu'il prit la t�te pour terminer 1er en couvrant 108 kilom�tres dans la derni�re heure. Voiture d�cidemment la plus rapide, elle termina l'�preuve en parcourant 1.963 km.

LES MG DE L'ECURIE JACQUES MENIER

De 1934 � 1936, l'�curie Jacques Menier disposait de 5 MG.
(1) La J2 de Philippe Maillard-Brune qui avait d�j� disput� le bol d'or de 1933 et pilote officiel de l'�curie ; Charles Druck apporta son concours en solo et en co-pilote pour les records d'endurance.
(2) La J4 de Philippe Maillard-Brune, ch�ssis J4008, 1er au bol d'or et abandon aux 24 heures du Mans de 1934 avec Druck. (Voiture restaur�e en Allemagne).
(3) La K3 de Philippe Maillard-Brune, ch�ssis K3029, 1er au bol d'or, aux 24 heures du Mans de 1935 avec Druck, 1er au bol d'or de 1936. (Voiture d�mont�e en Angleterre).
(4) La R monoplace de Philippe Maillard-Brune, 1er � la Coupe des petites cylindr�es, 1er � la Coupe d'argent 1936 ; voiture �quip�e du moteur Salmson, 8 cylindres par Eug�ne Martin. Ch�ssis et moteur r�unis en Allemagne. (Voiture d�mont�e).
(5) La J2+PA avec respectivement un ch�ssis 3176 et 1355 (d'origine).

 


Broche comémorative (collection Saga Menier)

A l'exposition universelle de 1900 une reconstitution d'un vaisseau de guerre de la marine de Louis XIV a �t� présentée aux visiteurs. Ce vaisseau se trouve dans l'ancienne galerie des machines, pr�s de la porte de l'avenue de la Bourdonnais. Il est arm� et �quip� avec sa voilure et ses cordages. Le vaisseau est incomplet. La maison Menier, dont il constitue l'exposition, n'ayant pu obtenir l'emplacement suffisant pour �difier compl�tement ce navire a d� se borner � en reconstituer les parties principales : l'avant avec son m�t de beaupr� et sa proue ornement�e, l'arri�re qui se distingue par ses dimensions gigantesques et sa d�coration artistique. Dans la batterie haute du navire se trouvent des fontaines automatiques � chocolat Menier distribuant du chocolat chaud ou froid, gratuitement, pendant toute la dur�e de l'exposition. Dans la soute du navire on assiste aux op�rations de pr�paration des p�tes du chocolat, quatre dioramas permettent de visualiser la division du travail de l'industrie chocolati�re de Noisiel jusqu'� l'empaquetage.Par convention et � cause de l'effet d�coratif qui �tait recherch�, l'arri�re a �t� rapproch� et plac� sur l'avant ; sauf cette modification, chacune des parties du navire est exacte en elle-m�me. Cet arri�re caract�rise les vaisseaux de cette �poque. On se pr�occupait bien moins alors de la stabilit� des navires que de leur aspect d�coratif. Ce vaisseau porte le nom de Triomphant. Il a �t� reconstitu� avec tous ses d�tails authentiques � l'aide de mod�les et de gravures d�couverts, apr�s de patientes recherches, dans les archives des arsenaux et chez des collectionneurs. Une inscription plac�e sur le navire indique le motif de cette reconstitution:
Le vaisseau du Roy, le Triomphant Battant pavillon de l'amiral D'Estr�es, vainqueur de Tabago, revient � Brest avec l'Escadre le 10 octobre 1679 apr�s avoir �tabli le commerce fran�ais aux Antilles. Il apporte au roi Louis XIV Parmi de nombreux pr�sents, Le chocolat pr�par� avec le cacao provenant des premi�res plantations de la Martinique.
C'est pour la maison Menier un �v�nement historique qui sera souligné par la réalisation d'une broche comm�morative � l'intention des personnels des Usines Menier.

MONNAIE DE NÉCESSITE

D�s le d�but des hostilit�s de la premi�re guerre mondiale la crise mon�taire commence � s�vir, tr�s vite on constate la disparition des pi�ces de monnaie par suite de la th�saurisation des esp�ces monnay�es en or et en argent, la collecte officielle de l'or et la r�quisition des pi�ces de m�tal strat�gique comme le nickel. Cette rar�faction perturbe la vie familiale, collective, industrielle et commerciale des provinces, touchant toutes les classes de la population. Pour combler ce manque, des esp�ces de monnaies de n�cessit� voient le jour, tels les " tickets-monnaie ", les " timbres-monnaie " et les pi�ces aux formes et de mati�res les plus diverses, �mises tant par des particuliers (commer�ants ou soci�t�s) que par les Chambres de Commerce et les Municipalit�s ; la famille Menier ne restera pas inactive et frappera sa propre monnaie. Cette derni�re est fabriqu�e avec une mati�re sans valeur en zinc, �vid�e pour �conomiser du m�tal, dont la valeur provisoire sera bien sup�rieure � leur valeur r�elle.

JETON DE RÉFECTOIRE USINE DE NOISIEL

Les Menier de Noisiel ont cr�� au c�ur de la cit�, trois grands r�fectoires : un pour les hommes, un autre pour les femmes, le troisi�me mixte, pour les m�nages ; espaces qui accueillaient �galement les ouvriers qui habitaient les environs de : Champs sur marne, Lognes, Gournay, Torcy. On pouvait y apporter le matin sa nourriture, qui �tait tenue au chaud jusqu'� l'heure des repas. Les prix �taient tr�s abordables, en 1914 les rations de viande �taient � 20 centimes, les l�gumes et les desserts � 10 centimes, le pain co�tait moins cher que chez le boulanger, le vin se vendait 10 centimes la 1/2 bouteille, mais on ne distribuait d'alcool sous aucune forme. Des jetons en Maillechort �taient propos�s aux ouvriers, de 5, 10, 15, 25 centimes et d�falqu�s du salaire. Muni de ces jetons, l'ouvrier pouvait bien aller prendre son repas matin et soir aux r�fectoires de Noisiel, mais il ne pouvait pas payer dans les diff�rents magasins d'approvisionnement, ou payer son propri�taire. Un caduc�e stylis� atteste d'une hygi�ne irr�prochable et de produits de qualit� propos�s par les services de l'entreprise Menier.

OCTOBRE 1912, LA HAUSSE DU SUCRE

Une nouvelle affaire de sp�culation, le commerce des sucres traverse, depuis une quinzaine de jours, une crise tr�s grave, due � une nouvelle affaire de sp�culation. Des sp�culateurs peu scrupuleux ont fait acheter par des courtiers le stock disponible d'ao�t et de septembre, soit environ 200.000 sacs, et comme la fabrication du nouveau sucre commence � peine, ils se sont rendus ma�tres du march�, si bien que le cours du sucre disponible est mont� samedi � 48 francs, alors que le livrable de la nouvelle r�colte reste cot� � 30 francs 25. M. Gaston Menier, s�nateur, pr�sident de la 14 Chambre syndicale des Chocolatiers et confiseurs, s'est rendu hier au minist�re de la justice pour exposer � M. Briand la situation intol�rable du march� des sucres. Le garde des sceaux a r�pondu � M. Menier qu'il allait saisir le procureur g�n�ral et r�clamer l'ouverture d'une instruction. Il n'y a gu�re que le commerce de d�tail qui soit � peu pr�s �pargn�, car la hausse ne s'applique qu'au sucre brut et cristallis� ; le raffin� n'a subi qu'une l�g�re augmentation. En r�sum�, la situation est des plus graves. La Chambre syndicale d�plore ces proc�d�s qui jettent la perturbation dans les affaires, La plainte d�pos�e entre les mains du ministre de la justice par M. Gaston Menier, a �t� transmise au procureur g�n�ral. Le minist�re du commerce avait �t� avis� de cette sp�culation et avait inform� le minist�re de la justice, seul ayant qualit� pour agir en la circonstance.

 

PORTE-ALLUMETTES CHOCOLAT MENIER

2 porte-allumettes nickel�s, glaçoides, avec frottoirs limes.
1 Porte-allumette en t�le lithographi�e
� ressort charni�re.

Vers la fin de 1910, des appareils pyrog�nes avec lesquels on se procure du feu sans le concours d'allumettes chimiques, et que l'on appelle " briquets " inond�rent le march� fran�ais. N� en Allemagne, sa propagation fut imm�diate, cet allumeur automatique conquit �galement : am�ricains, anglais et russes. Mais l'Etat, par l'interm�diaire de sa R�gie qui d�tenait le monopole de la fabrication des allumettes, y vit une concurrence directe. Le montant des ventes d'allumettes qui s'�levait � 41.683.775 francs en 1910 passa � 40.586.090 francs en 1911, soit une diminution de plus d'un million de francs. Sur la proposition du d�put� M. Klotz (qui deviendra Ministre), une taxation est �tablie sur les allumeurs automatiques, allant de 2 � 40 francs, suivant les dimensions et la composition des briquets. Ces mesures pr�ventives �taient destin�es � assurer le d�veloppement normal de la vente des allumettes et � arr�ter la diffusion des appareils pyrog�nes. Le nombre des appareils tax�s en 1911 s'�leva � 386.889 et le produit de l'imp�t atteignit 825.809 francs ! Quoi qu'il en soit, il apparaissait clairement que les produits fabriqu�s par la R�gie �taient d�laiss�s par la population, l'engouement du public pour les 'briquets �tait r�el et que l'imp�t sur ces appareils, lequel n'�tait exigible qu'une fois, ne produis�t pas l'effet escompt�.
Mais l'administration ne s'arr�te pas � cette sanction fiscale. Elle tint, malgr� tout, � ses allumettes que le briquet mena�ait d'extinction, Elle d�cida que les bo�tes d'allumettes " bougies " seraient bient�t orn�es de gravures en taille douce repr�sentant les immortels chefs-d'�uvre du Louvre. D'autre initiatives du m�me genre virent le jour, des porte-allumettes en t�le lithographi�e, � ressorts charni�res et des porte-allumettes nickel�s avec frottoirs limes furent adopt�s par le chocolat Menier comme supports publicitaires, aussi bien pour le march� am�ricain qu'anglais.

MAILLARD, LE MENIER D'AMERIQUE

M. Louis GERARD et Andr� TEISSIER, Directeurs des chocolats Lombart, ont fait part aux Menier de l'intention qu'aurait manifest� M. Maillard de New-York de vendre sa maison de commerce qu'il exploite � New-York. Ceux-ci ont propos� � Henri et Gaston Menier de constituer une Soci�t� pour l'acquisition et l'exploitation de la Maison MAILLARD. Maison New-Yorkaise de confiserie qui s'attachait les services de Fran�ais d'�lite, l'une des plus consid�rable des Etats-Unis. Maillard avait su surpasser tous ses concurrents puissants et nombreux.

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Lettre d'Henri Maillard, le 16 Novembre 1906 � MM. Tessier et G�rard

La demande verbale que vous m'avez adress�e pendant mon s�jour � Paris de vous faire savoir si je consentirai � vous donner une option pour l'achat de mon affaire commerciale, client�le et raisons sociales aux �tats-Unis d'Am�rique � un prix et � des conditions qui puissent aboutir � un plein accord, a �t� prise par moi en consid�ration. Et en r�ponse, je vous dirai que bien que je sois encore fortement oppos� � consentir une pareille option � quelqu'un, je veux bien, � cause de ma confiance personnelle en vous deux, vous accordez seulement � vous, cette option � des prix et conditions qui puissent �tre finalement agr��s pour une p�riode expirant le 1er f�vrier 1907, date � laquelle la vente doit �tre devenue effective et le contrat de vente et d'achat, ainsi que tous les autres documents n�cessaires � la r�alisation compl�te de cet achat, doivent �tre d�ment pass�s � un prix comptant �valu� � 400 000 $, non compris les loyers. Tous les contrats faits par moi pour l'achat de mati�res premi�res pour l'affaire et le bail prenant fin le 1er ao�t 1908 : des magasins de la 5�me avenue, du loyer annuel de 40 000 $ payable par quarts ainsi que le loyer pour un an seulement de l'�curie situ�e au 120 Ouest, 25�me rue, d'un loyer annuel de 1200 $, payable mensuellement, doivent �tre assum�s par l'acheteur. (Extrait de la correspondance incluant convention et projet, Source: Saga Menier)

BOIS LARRIS


240 Bataillon-Pionier - 170 Division d'Infanterie, 9 �me Armée en 1940

De 1945 à 1954 le manoir de Bois Larris est inoccupé. En 1955 il est acheté par la" Fondation pour le traitement et la formation des jeunes infirmes" avec le concours de capitaux brésiliens, de l'appui financier du Ministère de la Santé et de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale. En 1967 il devient école de cadres pour la Croix Rouge. Par convention entre la Fondation et la Croix Rouge, cette dernière est propriétaire du site au 1er janvier 1980.

LA CITÉ OUVRIÈRE DE NOISIEL


La cité Menier en 1889

Dans la cité ouvrière de Noisiel, chacun des logements auxquels on accède par un jardin où les enfants peuvent jouer sans sortir dans la rue, comprends une grande pièce à deux fenêtres servant de chambre ou de salon, une vaste cuisine avec fourneau monté et un évier, un hangar clos pour faire la lessive, conserver le bois et les diverses provisions, ainsi qu'une grande cave. Au premier étage se trouvent une grande chambre à coucher, puis une autre un peu plus petite pour les enfants et au-dessus, pour l'étendage du linge et les débarras, un grand grenier auquel on accède par une échelle.

LE THÉÂTRE MENIER OU LA PUBLICITÉ A L'ÉCOLE


Théâtre Menier ou la publicité à l'école

Petit théâtre aux décors interchangeables édité par le service psycho p�dagogique du chocolat Menier en 1963. Cette initiative est destinée, non pas aux enfants dans leur environnement familial, mais à l'institution scolaire afin d'apporter une réponse ludique sans négliger le caractère commercial. Comme l'indique la brochure Menier remise aux enseignants, "Les entreprises ont pris conscience qu'il existe des générations à former pour le plus grand bénéfice des entreprises. Que l'enfant intéresse directement les grandes marques et que celles-ci débloquent d'importants crédits à son éducation."


Chocolat Ménier, le seul qui blanchisse en vieillissant

Un chocolat de qualit� se doit de poss�der une couleur sans trace blanch�tre lors de la casse. La rupture du chocolat doit �galement s'obtenir de mani�re franche. Bien que le non respect de ces exigences n'entame en rien les qualit�s organoleptiques de la mati�re premi�re, une apparence granuleuse et neigeuse laisse le consommateur suspicieux. Pour obtenir un r�sultat satisfaisant, la maîtrise du refroidissement avant d�moulage du chocolat est primordiale.

CATHÉDRALE ET BÉTON FRETTÉ

Symbole d�une id�ologie bourgeoise bien �tablie, la cath�drale traduit la r�ussite �conomique et sociale des Menier.
Ils fixent ainsi dans la pierre leur entr�e triomphale dans l�histoire. Forme insidieuse de couronnement pouvant �tre traduit par une apog�e, une fin en soi qui permet la lecture en creux d�un d�clin annonc�. L�autre enseignement est le style architectural de la Cath�drale ; il est en rupture avec la vieille tradition aristocratique, �l�gante et sensuelle, mais consid�r�e en ce d�but de si�cle comme � criminelle � . La cath�drale édifiée en 1906 symbolise la p�n�tration dans le monde ouvrier et dans la modernit� �mergente du XX�me si�cle. L�utilisation de moyen moderne tel que le b�ton arm� ainsi que l�absence de d�coration pr�figure l�harmonisation de l�architecture avec les exigences et besoins de la vie moderne et la reconnaissance d�un mat�rialisme naissant. La cath�drale est le dernier b�timent d�envergure �rig� par les fils Menier ; elle rejette l�ensemble des syst�mes architecturaux existant sur le site et plus particuli�rement l�embl�matique moulin Saulnier �difi� par leur p�re Emile Justin � l�apog�e de sa gloire en 1872.

L'OBSERVATOIRE DU GÉNÉRAL MANGIN

Au milieu de la forêt de Retz également dénommée forêt de Villers-Cotterets, le Général Mangin, commandant de la Xe armée, avait fait élever un observatoire. C'est de là qu'il dirigea l'attaque du 18 juillet 1918 qui a provoqué la débâcle allemande.
L'observatoire élevé en charpente était accolé à deux grands arbres du massif. L'an dernier, il fut détruit par une violente tempête en même temps que les arbres qui le soutenaient. Pour perpétuer le souvenir de cet observatoire dont le rôle a été si important pour la préparation et la direction de cette attaque glorieuse, un comité s'est formé sous la présidence de M. Gaston Menier, sénateur, dont on sait les attaches dans la région, pour la pose d'un monument commémoratif.

LE TRAIN DE LA CHOCOLATERIE


La famille Menier: (1) parents d'Odette Gazay, (2) Hubert, (3) Pauline), (4) Jean-Louis)
et les employés du rail de la fabrique de Noisiel.

Le Rail dans l'entreprise Menier date de 1881 pour se terminer en 1959. En 1879, Émile Menier demanda à la Compagnie de l'Est un raccordement entre son entreprise et le réseau. Après une enquête menée dans les communes de Lognes, Emerainville, Torcy et Noisiel, l'autorisation fut accordée quelques temps après la mort du demandeur en 1881. Le point de départ du dispositif fut la gare d'Emerainville-Pontault-Combault qui, dans un premier temps, ne desservait qu'un entrepôt distant de 6 kms. Ensuite, le prolongement se fit jusqu'à Noisiel avec une bifurcation vers la Ferme du Buisson. Au total, il y avait 10 kms, dont 7 en lignes, 1.6 km à l'intérieur de l'usine et quelques centaines de mètres reliant la Ferme modèle du Buisson.( Voir le tracé).

LA FERME DU BUISSON

La ferme du Buisson Saint-Antoine culmine l'ensemble usinier ainsi que la cité ouvrière à près de 90 mètres. Les premières traces d'activités agricoles remontent à 1705 selon un Arrêt émis en juillet par le Parlement de Paris mentionnant le nom de Gilles Bourgoin, laboureur et propriètaire de moutons. Le domaine agricole devait couvrir une superficie de 6000 m², la ferme Est, est construite en 1789 et sera conservée lors des grandes transformations.

PHARMACIE CENTRALE DE FRANCE

Malgr� ses des talents de chasseur de cerveaux dont fera montre � plusieurs reprises Emile-Justin Menier, cette collaboration qui comporte �galement un projet de cr�ation d'une �cole de chimie pratique se solde par un �chec. Cet insucc�s est un des �l�ments qui p�se dans la d�cision d'abandonner � Dorvault les secteurs pharmaceutique et chimique. Une d�cision effective en septembre 1867. Dorvault annonce cette acquisition "la Pharmacie Centrale de France vient de faire l'acte le plus important depuis sa fondation". L'extension des activit�s permet � la Pharmacie Centrale de France d'ouvrir des succursales dans les grandes villes de France.

FIRMIN BOUISSET


Firmin Bouisset réserviste. Debout, 3ième en partant de la gauche

Firmin BOUISSET est né à Moissac le 02 Septembre 1859. Son père était un simple meunier des bords du Tarn. Une batisse du XVIIIème siècle vibrant du fracas des meules, le majestueux confluent où Tarn et Garonne mêlent leurs eaux en une drapée de florissants vergers, le bruissement des peupliers que balaye le vent d'ouest, les douces collines où dore le chasselas, tel est l'univers où grandit l'artiste; son frère cadet, Félix, bercé par cette même nature évocatrice deviendra également dessinateur et lithographe. Moment de contact privilégié avec la nature, ce temps de l'enfance est aussi celui des veillées au coin du feu, al cantou, la part de merveilleux des légendes contées par sa Grand-mère. Firmin Bouisset aura 5 enfants: Yvonne,Jacques,Pierre,Raymonde et Lucienne. Pierre Bouisset, le cadet de la famille était sculpteur, intégré au 10e bataillon de chasseurs � pied, il fut tu� le 1er Mars 2015 en montant � l'assaut des tranch�es allemandes.

MARIAGE DE GEORGES MENIER ET SIMONNE LEGRAND

Le Banquet a été suivi d'un défilé de tous les invités, des maires, des instituteurs, des notables de toutes les communes. 4 000 personnes passent devant les mariés pour les félicitations d'usage. Après une projection cinématographique, vers 6 heures les invités reprennent la route d'Emerainville. Mais vers 21 heures, la salle du premier étage est de nouveau remplie et l'on danse jusqu'au petit matin.

CAMPAGNES DU BELEM


Julien-Marie Chauvelon

Julien-Marie Chauvelon est n� le 11 F�vrier 1875 � Rez� en Loire-Atlantique. Cette r�gion situ�e sous Nantes, sur la rive gauche de la Loire, a toujours �t� une p�pini�re de marins et de capitaines de commerce. Fils de marin, Julien Chauvelon avait � son actif 28 mois de navigation, � 20 ans, lorsqu'il partit faire son service militaire sous les drapeaux, il en passa 10 en mer. Sous les ordres du Capitaine Chauvelon, le Belem effectua 24 campagnes transatlantiques. Les 3 premi�res, la neuvi�me, la dixi�me et la onzi�me ne sont �maill�es d'aucun �v�nement sp�cial. Nantes-Pointe-�-P�tre et retour � Nantes en 146 jours, Saint-Nazaire-Belem et retour en 87 jours, Nantes-Cap-Ha�tien et retour en 116 jours. Le chargement est toujours le m�me : sucres � la Guadeloupe et � Ha�ti, cacao au Br�sil. Douzi�me campagne du Belem en 1902, parti du Havre le 19 Mars avec un chargement, le navire arrivait dans les premiers jours de Mai devant Saint-Pierre � la Martinique, o� il avait l'habitude de d�barquer. Seulement la place �tait prise par un des amis du Capitaine Chauvelon, le Capitaine Mah�e. Les repr�sentants de l'armateur jug�rent bon de d�tourner le Belem sur le h�vre du Robert, de l'autre c�t� de l'�le, � 30 kilom�tres de la montagne Pel�e. Le Capitaine Chauvelon �tait furieux. Le dimanche 8 mai, sa col�re calm�e le Capitaine se pr�parait � rejoindre Saint-Pierre � cheval. Le temps �tait clair et la montagne �tait redevenue tranquille, alors que, dans les premiers jours de Mai, une pluie de cendres, des lueurs rouge�tres, des grondements puissants et prolong�s avaient montr� que le volcan se manifestait s�rieusement. La Capitaine Chauvelon n'eut pas le temps de quitter son navire. La montagne explosa litt�ralement. La ville de Saint-Pierre fut ras�e en 4 minutes par la puissance du souffle charg� de gaz incandescents atteignant une temp�rature tr�s �lev�e. Dans la rade, ce souffle d�cha�n� souleva d'�normes lames partant de la c�te et d�ferlant au large. Autour du volcan, le nuage de mort progressant � la vitesse d'un cheval fou, d�truisit toute forme de vie. Au Robert l'inqui�tude r�gnait � bord du B�lem. Le nuage incandescent noircissait et se trouvait entra�n� vers l'Est. Il s'approchait ainsi du navire. Au dernier moment une saute de vent le d�tourna. Le pont du Belem fut cependant couvert de scories, de cailloux et de cendres. Le gr�ement et la m�ture subirent quelques d�g�ts. La couche �paisse de poussi�res volcaniques fut transform�e, quelques heures plus tard, par une pluie diluvienne, en une boue dure et consistante qui adh�rait partout. Il fallut nettoyer le navire et gratter la boue. Le 26 Mai, une nouvelle �ruption eut lieu, mais de moindre importance. Enfin, apr�s une longue escale, le Belem charge son sucre et rentre � Nantes le 6 Ao�t 1902 apr�s 115 jours de campagnes.

TABLE ISOL�E (TYPE MENIER)

La meilleure disposition d'am�nagement pour les �tudes scolaires est sans contredit dans l'emploi de la table isol�e ; il serait � d�sirer que toutes les �coles puissent offrir des emplacements qui permettent l'adaptation de ce genre de tables. Un seul pied supporte la table et le si�ge, il est muni d'un �trier pour le repos des pieds; le si�ge est galb�, le dossier est cambr�, sa place est plus spacieuse, le bien-�tre est complet; ampleur, solidit�, tout est r�uni dans cette table. Le prix d'unit� en h�tre ou pitch-pin avec encrier ordinaire case libre est de 30 francs. En ch�ne avec encrier sp�cial, pupitre ouvrant 35 francs. Cette table, connue sous la d�nomination de table � Menier �, a �t� �tablie d'apr�s les donn�es de M.Menier et de M.Logre, ing�nieur ; elle est appliqu�e � l'am�nagement des �coles de l'usine de Noisiel.

(Mobiliers des Ecoles, syst�mes LENOIR: Le Mobilier scolaire, s�rie de prix, Exposition Paris 1878)

Le syst�me Lenoir (fin XIX si�cle) est un ensemble de normes fran�aises d�finissant l�organisation du mobilier et de l�espace dans les salles de classe. �labor� par L�on Lenoir, inspecteur de l�enseignement primaire, il vise � am�liorer l�hygi�ne, l�ergonomie et l�efficacit� p�dagogique.

 

LE HOME INSURANCE BUILDING


M�daille comm�morative en bronze produite par Franklin Mint,
The Skyscraper Forecasts the Changing City (Chicago 1884).

Entre fiert� nationale et controverse internationale, l'origine du gratte-ciel fait toujours d�bat. Bien avant que les silhouettes ac�r�es de Chicago ou New York ne redessinent l'horizon mondial, la France exp�rimentait d�j� l'usage de l'ossature m�tallique. Le Moulin Saulnier (1872), pionnier discret de cette r�volution architecturale, recourait � des structures de m�tal pour soutenir son �difice. Modeste par sa hauteur et destin� � un usage industriel, il ne comptait que quatre � cinq �tages : loin encore du gratte-ciel moderne, mais suffisamment novateur pour ouvrir une �re nouvelle dans la construction. L'autre grande �tape de cette histoire se joue outre-Atlantique. � Chicago, le Home Insurance Building, con�u en 1884-1885 par l'architecte William Le Baron Jenney, est g�n�ralement reconnu comme le premier v�ritable gratte-ciel. Avec ses dix � douze �tages enti�rement port�s par une ossature m�tallique, il franchit un seuil d�cisif : celui de la verticalit� moderne. Une prouesse alors impossible avec les traditionnels murs porteurs en brique ou en pierre. Cette double naissance nourrit aujourd'hui encore une subtile rivalit�. La France revendique l'ant�riorit� du premier �difice � structure m�tallique porteuse, tandis que les ing�nieurs et architectes am�ricains d�fendent la primaut� du grand saut vers la hauteur. Deux records, deux r�volutions compl�mentaires : l'un ouvre la voie technique, l'autre consacre l'ambition verticale. Ensemble, ils posent les fondations du gratte-ciel contemporain.

CARRÉ DE SOIE LOUIS VUITTON

Foulard en soie � Les D�cors Parisiens � H�tel Menier �

Ce foulard est un carr� de soie, sign� Louis Vuitton (environ 86 � 86 cm) imprim� de motifs inspir�s de l�architecture parisienne du XIXe si�cle, notamment le vestibule de l�H�tel Menier, situ� au Parc Monceau � Paris. � la crois�e de la mode et du patrimoine, ce carr� de soie rend hommage � l�un des h�tels particuliers les plus remarquables du Paris haussmannien : l�h�tel Menier, situ� aux abords du parc Monceau. � travers cette composition, ce foulard transpose sur soie l�architecture fastueuse de cette demeure embl�matique de la grande bourgeoisie industrielle du XIXe si�cle. Construit entre 1869 et 1870 pour �mile-Justin Menier, l�h�tel particulier est l��uvre de l�architecte Henri Parent. Son style, typique du Second Empire, se distingue par une fa�ade richement orn�e, une composition sym�trique et un d�cor sculpt� d�une grande finesse. Ces �l�ments architecturaux, pens�s comme une d�monstration de r�ussite sociale et de modernit�, sont minutieusement reproduits sur le carr� de soie.

COFFRET LAQUÉ FA�ON JAPON DE MARQUE MENIER


Coffret laqu� fa�on Japon de marque Menier

Dans les ann�es 1930, l�int�r�t de la France pour le Japon s�inscrit dans la continuit� du japonisme du XIX si�cle et se manifeste dans les arts d�coratifs, la mode et le design. Le Japon fascine par une esth�tique per�ue comme raffin�e et par sa capacit� � concilier traditions anciennes et modernit� industrielle, offrant un mod�le alternatif � un Occident fragilis� par la Premi�re Guerre mondiale et la crise de 1929. Cet engouement repose toutefois sur une vision largement id�alis�e et exotique, nourrie par une qu�te de spiritualit� et par l�admiration pour un �tat jug� disciplin� et puissant.
C�est dans ce contexte culturel que s�inscrit l�ouverture, en 1935, du magasin et salon de confiserie Chocolat-Menier sur les Champs-�lys�es. Les coffrets propos�s, parfois pr�sent�s comme laqu�s, reprennent des codes esth�tiques alors en vogue, inspir�s des arts d�coratifs et de motifs asiatiques, relevant davantage d�une appropriation occidentale de l�imaginaire japonais que d�une connaissance approfondie du pays.
Plus largement, cette approche s�inscrit dans l�orientalisme des ann�es 1930, h�ritier du regard colonial europ�en, m�lant fascination et mise � distance culturelle. Diffus� par les arts, la culture populaire et les expositions coloniales, il propose une repr�sentation souvent fantasm�e et st�r�otyp�e de l�Orient, per�u comme fig�, myst�rieux et sensuel, et oppos� � un Occident pr�sent� comme moderne et rationnel. Cet orientalisme contribue ainsi � la construction de clich�s durables, r�duisant l�Orient � un simple d�cor d�ailleurs plut�t qu�� une r�alit� historique et culturelle complexe.
Ce coffret laqu� repr�sente une grue, symbole majeur au Japon, associ�e � la long�vit�, � la paix et � la fid�lit�. Consid�r�e comme un animal noble et proche des dieux, elle relie la terre et le ciel. On la retrouve sur de nombreux supports : kimonos, origamis, peinture.

VUES DE FRANCE


Vues de France N°2

Les deux albums collecteurs � Vues de France �, �dit�s par Chocolat Menier au d�but des ann�es 1930, s�inscrivent dans la tradition des albums � images destin�s � �tre compl�t�s au fil des achats. Centr�s sur les paysages, villes et monuments fran�ais, il proposaient une approche � la fois p�dagogique et patrimoniale du territoire. � la m�me p�riode, Menier �dite �galement les deux l�albums � Un beau voyage � travers l�Europe �, dont l�ambition g�ographique plus large introduit une forme de concurrence interne. En proposant une ouverture continentale et un imaginaire du voyage plus d�paysant, cette collection a pu capter une part importante de l�attention du public, au d�triment des s�ries strictement nationales. Cette coexistence de deux albums similaires, conjugu�e � la fragilit� mat�rielle et � l�usage quotidien de ces objets, explique la faible survie des exemplaires de � Vues de France �. Objet publicitaire ordinaire � l�origine, � Vues de France � est d�sormais reconnu comme un t�moignage pr�cieux de la strat�gie publicitaire et culturelle de Menier, et de l��ge d�or de l�imagerie illustr�e.

JUMELLES D'OPÉRA MENIER



jumelles d�op�ra Menier

Les jumelles d�op�ra �taient tr�s populaires � partir du XIX si�cle, surtout en France et en Europe. Elles �taient souvent en m�tal, laiton ou argent, et d�cor�es avec du nacre pour les parties ext�rieures. La nacre �tait un mat�riau pr�cieux utilis� pour d�corer des objets de luxe ou semi-luxe : instruments optiques, bo�tes � bijoux, stylos, etc. L�existence de jumelles d�op�ra grav�es du nom �Menier�, connues � ce jour par un exemplaire unique, invite � une lecture prudente mais �clairante. Leur facture relativement sobre, seulement rehauss�e d�un discret d�cor nacr�, les distingue des accessoires luxueux g�n�ralement destin�s � un usage personnel, tout en leur conf�rant une �l�gance compatible avec les lieux de spectacle. Faute de sources factuelles permettant d�en �tablir avec certitude l�origine ou la destination, ces jumelles peuvent n�anmoins �tre envisag�es comme un objet � vocation publicitaire ou mondaine, possiblement li� aux pratiques culturelles de la maison Menier autour de 1900. Cette hypoth�se s�inscrit dans une d�marche coh�rente au regard de la sensibilit� lyrique et th��trale de la famille, ainsi que de sa propension � associer son nom aux manifestations culturelles par le biais d�objets diffusables et symboliques.

LLOYD REGISTER


Lloyd�s Register of yachts 1931 Gaston Menier


La plupart des nations disposent de leur propre registre de cote et de classification des navires. En France, un arr�t� du ministre de la Marine du 5 septembre 1908 a reconnu officiellement deux soci�t�s de classification : le Bureau Veritas et le Lloyd�s Register of British and Foreign Shipping. Ces soci�t�s poss�dent, dans les principaux ports du monde, des experts qui, � la demande des propri�taires et des armateurs, proc�dent � des visites p�riodiques des navires et leur attribuent une cote, consign�e dans les registres de la soci�t�. Les registres de classification contiennent ainsi des renseignements relatifs � l��ge du navire, � son mode de construction, � son degr� de solidit� et � son �tat actuel. Ils comprennent �galement les informations les plus d�taill�es concernant les yachts class�s par la soci�t� : noms, dimensions et autres caract�ristiques, tant pour les yachts anglais qu��trangers port�s � sa connaissance. Un appendice, plac� � la fin de l�ouvrage, renferme la liste de la plupart des yacht-clubs du monde entier, accompagn�e des dessins de leurs pavillons et guidons distinctifs, un index des signaux, la d�signation des yachts dont les noms ont �t� modifi�s, ainsi qu�une table alphab�tique, par noms, de tous les propri�taires de yachts, avec leurs adresses. Les conditions r�gissant la classification des yachts sont �galement expos�es dans l�ouvrage.

DINETTE CHOCOLAT MENIER

Produite vraisemblablement vers 1930, en pleine p�riode Art d�co, cette dinette publicitaire Menier de marque, "Les Jeux et Jouets Fran�ais",constitue un t�moignage remarquable de l'histoire de l'enfance, de l'�ducation et de la socialisation des jeunes filles dans la France du d�but du XX? si�cle. � travers le jeu, les enfants reproduisaient les gestes, les comportements et les usages observ�s dans le monde des adultes. Bien au-del� du simple divertissement, la dinette participait � l'apprentissage des normes sociales et des r�les traditionnellement attribu�s aux femmes.