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Analamanga

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Analamanga
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Province Antananarivo
Chef-lieu
(Préfecture)
Antananarivo
Districts Antananarivo Renivohitra (101)
Antananarivo Atsimondrano (102)
Antananarivo Avaradrano (103)
Ambohidratrimo (105)
Andramasina (106)
Anjozorobe (107)
Ankazobe (108)
Manjakandriana (116)
Gouverneur Clémence Raharinirina (intérim)
Préfet Vonjy Andriasy[1]
Démographie
Population 2 650 000 hab. (2004)
Densité 152 hab./km2
Géographie
Coordonnées 18° 56′ 24″ sud, 47° 31′ 12″ est
Superficie 1 744 500 ha = 17 445 km2
Localisation
Localisation de Analamanga
Localisation de la région à Madagascar.

Analamanga est une région de Madagascar. Elle est située dans la province d'Antananarivo, dans le centre de l'île. La région est limitée au Nord par la région de Betsiboka ; à l'Est par la région d'Alaotra Mangoro ; au Sud par la région de Vakinankaratra et à l'Ouest par les régions d'Itasy et de Bongolava.

La direction de la région est assurée à titre intérimaire par Clémence Raharinirina depuis le [2].

La région d'Analamanga, située dans les hautes terres centrales de Madagascar, fut initialement occupée par les Vazimba, onsidéréescomme les tout premiers habitants de l'île. Ces populations proto-malgaches auraient fondé les premières communautés dans les hautes terres dès le premier millénaire de notre ère, bâtissant de modestes villages au cœur de forêts denses. Les fouilles archéologiques menées dans les hautes terres confirment la présence de ces sociétés agricoles primitives : l'étude des pollens et les vestiges céramiques témoignent d'une activité humaine vieille d'environ 2 00 ans, même si les transformations majeures du paysage, liées aux défrichements par le feu et aux cultures, ne s'intensifièrent véritablement qu'à partir de 600 de notre ère. Les sites mis au jour montrent la pratique de l'agriculture sur brûlis et la culture de plantes introduites, comme le riz, ce qui permit une sédentarisation dans les vallées et sur les pentes. Vers 1100-1200, la généralisation de la poterie dite Fiekena dans toute la région coïncide avec un basculement rapide des forêts en prairies, signe de l'essor de ces sociétés agro-pastorales[3].

Les premiers habitants d'Analamanga furent également marqués par des courants migratoires venus de la côte est de Madagascar, où les premiers navigateurs austronésiens auraient accosté avant de gagner progressivement l'intérieur des terres. Ces déplacements successifs contribuèrent à façonner le peuplement de la région, en mêlant influences côtières et adaptations à l'altitude[4].

Royaume merina

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Le royaume merina émergea dans les hautes terres centrales d'Analamanga au cours du XVIe siècle. Sa consolidation débuta sous le règne du roi Andrianjaka, qui établit Antananarivo comme capitale entre 1610 et 1625 en s'emparant de la colline d'Analamanga occupé jusque-là par les Vazimba, et le fortifia de 1 000 soldats, lui valant l'appellation de « Cité des Mille ». Le règne d'Andrianjaka, d'environ 1610 à 1630, marqua la transition entre chefferies fragmentées et pouvoir centralisé, avec la mise en place de structures défensives et d'une administration qui posèrent les bases de la domination merina dans la région. Cette fondation s'appuya sur les héritages vazimba locaux, intégrant certains de leurs éléments dans le nouvel ordre merina.

Le royaume connut une expansion décisive à la fin du XVIIe siècle sous le roi Andriamasinavalona (vers 1675-1710), qui consolida son emprise sur les hautes terres centrales par des campagnes militaires contre les groupes voisins, étendant l'influence merina à une grande partie de l'Imerina et au-delà. Sa politique visait l'unification territoriale, notamment par l'implantation de résidences royales sur les collines stratégiques, symboles et instruments de son autorité. Il sut nouer des alliances et soumettre ses rivaux pour créer un domaine cohérent dans les hautes terres. Ces efforts firent d'Analamanga le cœur politique d'un État en plein essor, avec Antananarivo comme centre administratif et symbolique.

Sur le plan militaire et administratif, le royaume dut sa stabilité à des réformes majeures, en particulier l'institution du fanompoana, un système de corvées apparu au début du XVIe siècle mais considérablement développé sous Andriamasinavalona. Ce système mobilisait les roturiers pour de grands travaux : aménagement de rizières en terrasses, construction de routes et de fortifications, entretien des infrastructures publiques. Il permettait de soutenir l'agriculture, les échanges et la logistique militaire sans recourir à une économie monétaire. Les gouverneurs provinciaux supervisaient les quotas de main-d'œuvre pour garantir l'efficacité du prélèvement des ressources et la défense du royaume.

L'unification culturelle renforça l'identité merina. Les monarques promurent la langue malgache comme langue d'administration, de tradition orale et de rituel, tout en élevant le culte des ancêtres au rang de pilier de l'ordre social et de la légitimité royale. La vénération des ancêtres, centrée sur les tombes royales et les amulettes sacrées (sampy), fut institutionnalisée pour souder les communautés des hautes terres autour de la personne du monarque, présenté comme un intermédiaire divin entre les vivants et les morts. Ces pratiques, diffusées par les cérémonies et les codes juridiques, contribuèrent à intégrer les territoires conquis dans un cadre culturel merina commun au cours des XVIIe et XVIIIe siècle.

La société merina se caractérisait par une forte hiérarchie, allant du roi (mpanjaka) au sommet jusqu'aux esclaves (andevo) en bas de l'échelle, en passant par les nobles (andriana) et les roturiers (hova). Les mariages étaient en principe endogamiques, chaque caste devant se marier en son sein, selon des règles précises. Les villages bénéficiaient d'une large autonomie dans le cadre du fokonolona, une sorte de communauté de base reposant sur des liens claniques.

Ralambo fonda le royaume de l'Imerina Roa Toko en rassemblant deux régions : Avaradrano et Vakinisisaony. Son successeur Andriamasinavalona créa l'Imerina Efa-Toko en réunissant quatre régions : Avaradrano, Vakinisisaony, Marovatana et Vonizongo. Ce n'est toutefois qu'avec le roi Andrianampoinimerina (1778-1810) que l'unification devint définitive, avec le rassemblement de six régions sous le nom d'Imerina Eni-Toko : Avaradrano, Vakinisisaony, Marovatana, Vonizongo, Imamo et Imerinatsimo (ou Vakinankaratra). À partir de cette époque, l'actuelle région Analamanga correspondait aux provinces suivantes :

Le toponyme Analamanga, qui signifie en malgache « forêt bleue », évoque un paysage de grands arbres et de sous-bois, bien plus boisé qu'aujourd'hui, tel qu'il devait apparaître aux premiers occupants. Cet environnement luxuriant permit aux Vazimba de mener une vie de subsistance pendant des siècles. Mais à mesure que leurs communautés s'agrandissaient, elles s'effacèrent peu à peu devant de nouveaux groupes, préfigurant l'émergence de la domination merina dans la région[5].

Ce toponyme, choisit durant le processus de décentralisation du début de la Troisième République, provient ici de la colline éponyme où fut construit la cité primaire d'Antananarivo.

Géographie

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Son chef-lieu est Antananarivo, la capitale du pays[6],[7].

Topographie

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Anjozorobe et un lavaka

Le relief de la région se distingue par trois (3) ensembles :

  • les hauts plateaux, au nord et l'ouest
  • les collines, au centre
  • des paysages très variés, à l'est

Hydrographie

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La région dispose d'un réseau hydrographique bien réparti dans l'ensemble de son territoire. Situé dans la partie est ces deux 2 lacs constituent les principaux réservoirs d'eau de la région : Tsiazompaniry et Mantasoa alimentant les deux centrales hydro-électriques de la région.

Le climat de la région est caractérisé par l'alternance d'une saison pluvieuse et chaude, avec une saison fraîche et relativement sèche.

Administration

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La région de Analamanga est constituée de treize districts et 134 communes :

Démographie

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La population est composée essentiellement de Merina. Mais on y trouve une frange non négligeable des migrants de toutes les ethnies de l'île.

La population de la région est estimée à environ 2 650 000 habitants, en 2004, sur une superficie de 17 445 km2[8]. En 2018, la population compte 3 623 925 habitants, avec une densité démographique moyenne de 208,9 habitants par km².

La région Analamanga est le point de convergence des différentes voies de communications de Madagascar.

Transport ferroviaire

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Le réseau ferroviaire d'Analamanga s'articule autour de deux lignes principales partant d'Antananarivo, capitale de la région, reflétant le rôle de carrefour des transports joué par cette dernière au sein du centre de Madagascar.

Ligne Tananarive-Antsirabe (TA)

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La ligne Tananarive-Antsirabe (TA), d'une longueur de 153 km à voie métrique, relie la capitale à la ville d'Antsirabe au sud-ouest. Construite à l'époque coloniale française, elle était destinée à faciliter les exportations agricoles et les échanges intérieurs dans les hautes terres. Les travaux débutèrent au début des années 1910 et s'achevèrent en 1923, constituant un exploit technique remarquable dans un relief difficile. La ligne TA joua un rôle historique essentiel dans le commerce colonial en reliant Antananarivo aux zones agricoles productives, favorisant l'acheminement de marchandises telles que le café et le riz. Cependant, des décennies de négligence entraînèrent une grave dégradation des infrastructures, aboutissant à sa fermeture au trafic régulier dans les années 1990, à la suite de dégâts causés par un cyclone.

Ligne Tananarive-Côte Est (TCE) et réseau Madarail

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La ligne Tananarive-Côte Est (TCE), longue de 371 km, relie Antananarivo au port de Toamasina en passant par Moramanga. Construite entre 1908 et 1913 dans le cadre du réseau colonial Réseau Nord, elle était essentielle pour l'exportation de produits tels que la vanille et les minerais vers les marchés internationaux. Cette ligne est exploitée par Madarail, qui assure la gestion du réseau dans le cadre d'une concession de 25 ans accordée en 2010. L'activité de Madarail est principalement axée sur le fret, mais la compagnie propose également des trains de voyageurs trois fois par semaine, comme le Dia Soa et le Trans Lemurie Express, pour les déplacements régionaux.

Malgré ces services, les infrastructures vieillissantes (voies et ponts notamment) continuent de limiter la fiabilité et la vitesse des circulations. Des initiatives de modernisation sont menées dans les années 2020 pour remettre en état les deux lignes, grâce à des réparations et à l'acquisition de nouvelles locomotives, afin d'améliorer la connectivité de l'économie d'Analamanga. Ces efforts s'inscrivent dans la continuité de l'héritage colonial tout en répondant aux besoins actuels, après des décennies de dégradation post-indépendance, pour restaurer une capacité opérationnelle complète.

Train urbain d'Antananarivo

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Il existe aussi une ligne de train urbain sur le réseau de transport en commun d'Antananarivo, reliant le centre-ville de la capitale à sa petite couronne.

Transport routier

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La province d'Antananarivo abrite le point-zéro des routes de Madagascar, de ce fait le réseau routier de l'île se centre sur Antananarivo.

Routes nationales desservant la province d'Antananarivo
RN Villes traversées Longueur

(km)

Groupe
N 1 AntananarivoArivonimamoMiarinarivoAnalavoryTsiroanomandidy 149 S
N 2 AntananarivoManjakandrianaMoramangaBrickavilleToamasina 349 P
N 2a AmbohimalazaAnjevaAmbatomanga 19 T
N 2b AnkorahotraUniversité d’Antananarivo 2 T
N 3 AntananarivoAnjozorobe 90 S
N 4 AntananarivoAmbondromamyMahajanga 562 P
N 7 AntananarivoAntsirabeAmbositraFianarantsoaToliara 920 P
N 51 RN 3Ambohimanga-Rova 5 T
N 52 TalatamatyIvato 6 S
N 56 Arivonimamoaérodrome 3 T
N 65 Liaison entre RN 2, RN 3 et la zone industrielle d'Ankorondrano[9] 8 S
Sources[10]
En gras, les villes de la région

Transport aérien

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Liste des aéroports de la province d'Antananarivo
Aéroport Code OACI Code IATA Long. Piste (m) Alt. (m)
Antananarivo-Ivato FMMI TNR 3 100 1 279

L'aéroport international d'Ivato, seul aéroport de la région, accueille des vols commerciaux réguliers, s'ouvre à 10 destinations nationales via Madagascar Airlines, et à 9 destinations internationales.

Notes et références

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  1. « ADMINISTRATION – Vonjy Maminjanahary Andriasy nommé préfet d'Antananarivo », sur 2424.mg, (consulté le ).
  2. « CONSEIL DES MINISTRES – Clémence Raharinirina nommée chef de région d'Analamanga par intérim, Alban “Babà” Rakotoarisoa désigné DG de l'ACM », sur 2424.mg, (consulté le ).
  3. Alexandra Bastaraud, Emeline Perthame, Jean-Marius Rakotondramanga et Jackson Mahazosaotra, « The impact of rainfall on drinking water quality in Antananarivo, Madagascar », PloS One, vol. 15, no 6, , e0218698 (ISSN 1932-6203, PMID 32542001, PMCID 7295214, DOI 10.1371/journal.pone.0218698, lire en ligne, consulté le )
  4. (en-US) Editorial Team, « Kingdom of Imerina: Images you haven't seen from Africa », sur Let Africa Speak, (consulté le )
  5. (en) Grant S. Joseph et Colleen L. Seymour, « Madagascan highlands: originally woodland and forest containing endemic grasses, not grazing-adapted grassland », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 287, no 1937, , p. 20201956 (ISSN 0962-8452 et 1471-2954, PMID 33109006, PMCID 7661296, DOI 10.1098/rspb.2020.1956, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  6. « TBE-Région Analamanga » Accès libre [doc], sur www.pnae.mg
  7. monographie de la région d'Analamanga, , 296 p., p. 25,30
  8. « Collectivité malgache », GeoHive, 2000-2008 (consulté le )
  9. contournement nord-est du centre d'Antananarivo
  10. « DECRET N° 99-776 Portant refonte du classement des Routes Nationales », sur arm.mg, Ministère des travaux publics (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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