Ipout Ire
| Ipout Ire | ||||||
Pyramides de deux des épouses de Téti, Ipout Ire et Khouit II | ||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Transcription | Jpw.t | |||||
| Période | Ancien Empire | |||||
| Dynastie | VIe dynastie | |||||
| Fonction principale | Reine d'Égypte | |||||
| Famille | ||||||
| Père | Ounas (?) | |||||
| Mère | Khenout (?) | |||||
| Conjoint | Téti | |||||
| Enfant(s) | Pépi Ier | |||||
| Fratrie | ♂ Pépi Ier♀ Ouâtetkhethor Sechséchet (?)♀ Noubkhetnebty Sechséchet (?)♂ Nebkaouhor Idou (?)♀ Sechséchet Idout (?)♀ Sechséchet Sathor (?)♂ Tétiânkhkhem (?)♀ Inti (?) | |||||
| Sépulture | ||||||
| Nom | Pyramide d'Ipout Ire | |||||
| Type | pyramide | |||||
| Emplacement | Saqqarah | |||||
| Date de découverte | 1897 | |||||
| Découvreur | Victor Loret | |||||
| Fouilles | 1897 - 1899 | |||||
| Objets | Sarcophage externe en calcaire Débris du sarcophage interne en cèdre Vases canopes bijoux Vaisselles en pierre Appui-tête en albâtre |
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Ipout Ire est une des épouses de Téti, pharaon de la VIe dynastie.
Attestations
[modifier | modifier le code]La reine est attestée par plusieurs documents[1] :
- son complexe funéraire, près de la pyramide de Téti,
- un décret de protection de son culte à Coptos émis par son fils Pépi Ier,
- la Pierre de Saqqarah Sud, comportant les annales de la VIe dynastie et où elle est mentionnée en tant que mère de Pépi Ier,
- les titres de prêtrise du culte funéraire de la mère du roi, associés à la prêtresse Sési, épouse de Séni[2] et à un prêtre anonyme[3] ; leurs mastabas respectifs se trouvent dans la nécropole de Téti.
Les titres de la reine sont les suivants[1],[4] :
- « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
- « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
- « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
- « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw),
- « Fille du Roi de Haute et Basse-Égypte » (sȝ.t nsw.t-bjty),
- « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
- « Mère du Roi » (mw.t nsw.t),
- « Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte » (mw.t nsw.t-bjty),
- « Mère du Roi de la pyramide de Pépi Ier » (mw.t nsw.t Mn-nfr-Mryrˁ),
- « Aimée des Faucons d'or » (mrr.t Bjk.w-Nbw)[note 1],
- « Fille du Dieu » (sȝ.t nṯr),
- « Grande en encensement dans la Maison du roi » (wr.t jdt m pr-[nsw.t ?]),
- « Celle qui s'unit à al perfection / beauté du roi » ? (ȝbḫ.t m nfr(.t) nsw.t),
- « Celle qui est honorée ... » (jmȝḫ.t [...]).
Généalogie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]La stèle fausse porte du complexe funéraire de la reine, datée du règne de son fils[note 2], indique qu'elle était « fille du roi de Haute et Basse-Égypte », roi que la chronologie ne peut identifier qu'au roi Ounas. S'agissant de la seule attestation de ce titre et ayant été inscrit sur une stèle datée du règne de son fils, ce titre a été remis en cause par certains chercheurs. Par exemple, Yannis Gourdon considère qu'il s'agit d'un titre rituel et honorifique et posthume accordé par son fils Pépi Ier à sa mère[6]. Ce point de vue n'est pas partagé par tous les chercheurs, et d'autres considèrent qu'il s'agit d'un véritable titre[7], tandis que d'autres sont plus réservés sur la question, l'absence systématique du titre de « fille royale » du reste du complexe funéraire restant en effet étrange[8],[9]. Thierry Stasser, attribuant à Khouit II la reine Nebet comme mère[10], la reine Khenout, l'autre épouse d'Ounas, pourrait alors être sa mère.
Époux et enfants
[modifier | modifier le code]La position de la pyramide, derrière celle de Khouit II, le fait qu'elle a été pensée comme un mastaba à l'origine, avant d'être transformée en pyramide lors de l'avènement de son fils Pépi Ier, et enfin le fait qu'elle n'eut droit qu'à un sarcophage en calcaire, contrairement à Khouit II et Neith Ire, suggèrent qu'il s'agit d'une reine de moindre importance que ces deux reines[11],[12].
Plusieurs enfants ont été proposés pour cette reine :
- le roi Pépi Ier, seul enfant de Téti dont le nom de la mère est connu avec certitude ; c'est sous le règne de son fils qu'elle acquit de manière posthume le titre de « mère du roi »[12],[13],
- la « fille aînée du roi de sa chair » Ouâtetkhethor Sechséchet, épouse du vizir Mérérouka ; enterrée dans le mastaba de son époux, elle est représentée à de nombreuses reprises et de la même taille que son époux, ce montrerait son rang de fille aînée d'une épouse principale de Téti[14] ; selon Stasser, le fait que la tombe ait été commencée dès le début du règne de Téti, et que la princesse faisait partie du décor dès cette période, montre que la reine princesse a été mariée à Mérérouka au tout début du règne, ce qui signifie que sa mère était déjà mariée à Téti avant son avènement sur le trône et en déduit donc que cette mère ne peut être que Khouit II[14] ; Kanawati, ayant déjà donné comme mère à Sechséchet Shechit la reine Khouit II, il privilégie l'hypothèse que la mère d'Ouâtetkhethor Sechséchet serait plutôt Ipout Ire[15],
- la « fille du roi de sa chair » Noubkhetnebty Sechséchet, épouse du vizir Kagemni ; enterrée dans le mastaba de son époux, elle est représentée en tant que très jeune fille ; son nom rappelle celui d'Ouâtetkhethor, tout deux basés sur la titulature du roi ; ainsi, elle est considérée comme étant née de la même reine qu'Ouâtetkhethor[16],[17] ; en conséquence, selon Kanawati, elle serait la fille de la reine Ipout Ire[16], tandis que selon Stasser, elle serait plus probablement la fille de Khouit II[17],
- le « fils aîné du roi de sa chair » Nebkaouhor Idou et la « fille du roi de sa chair » Sechséchet Idout, enterrés dans la nécropole d'Ounas, dans deux mastabas voisins, destinés à l'origine respectivement aux vizirs d'Ounas Akhethétep Hemi et Ihy, semble-t-il disgrâciés au début du règne de Téti ; ils semblent être frère et sœur germains, comme le suggèrent les surnoms Idou et Idout ; étant donné que Sechséchet Idout a été enterrée pendant le règne de Téti et qu'elle porte le nom Sechséchet, il s'agit très probablement de deux enfants de Téti[18],[15] ; deux théories sont alors proposées :
- la localisation de leurs tombes et la manière dont elles ont été réattribuées[note 3] suggèrent qu'ils ont été enterrés au début du règne de Téti, avant que la nécropole de la pyramide ne soit prête à accueillir ces tombes ; en conséquence, Stasser en déduit que leur mère devrait être la première reine de Téti, épousée avant son avènement, à savoir Khouit II[18],
- Naguib Kanawati considère quant à lui que ces deux enfants seraient nés de la reine Ipout Ire, qu'il considère comme la fille d'Ounas, ce qui justifierait l'enterrement de ces deux enfants royaux dans la nécropole de leur grand-père maternel[15],
- Sechséchet Sathor, épouse du gouverneur de la province d'Edfou Isi ; aucun titre ne la mentionne comme fille de roi ; cependant, son nom étant Sechséchet, et son surnom, Sathor étant à rapprocher des noms Nebkaouhor et Ouâtetkhethor (les noms basés sur Horus sont assez rares à cette époque), elle est très probablement une fille de Téti, issue de la même mère que ces deux enfants royaux[19],[20], à savoir Ipout Ire pour Kanawati[19] et Khouit II pour Stasser[20],
- le « fils aîné du roi de sa chair » Tétiânkhkem, dont le mastaba se trouve entre la pyramide d'Ipout Ire et celle de Neith Ire[21],[22] ; le nom de sa mère a fait l'objet de plusieurs hypothèses : Michel Baud considérait quant à lui que sa mère était la reine Ipout Ire, sa tombe étant située juste à côté[23] ; cependant, Zahi Hawass[24],[25] et Naguib Kanawati[21] font de sa mère la reine Khouit II tandis que Thierry Stasser fait de sa mère une reine importante mais distincte de ces deux reines car il semble toujours vivant pendant le règne de son frère Pépi Ier, comme l'attestent des marques de constructions de la pyramide de ce dernier ; Khouit II étant une reine plus importante qu'Ipout Ire, et cette dernière étant la mère de Pépi Ier, Tétiânkhkem ne peut pas être à la fois le fils aîné de l'une de ces deux reines et être vivant pendant le règne de son frère ; Stasser en déduit donc que ce prince soit né d'une troisième reine[22],
- la « fille aînée du roi de sa chair » Inti, enterrée dans un mastaba aujourd'hui perdu et situé dans la nécropole de la pyramide de Téti (les inscriptions du mastaba n'ont été que très partiellement publiées) ; elle est à la fois « fille aînée du roi de sa chair de la pyramide de Téti » et « fille aînée du roi de sa chair de la pyramide de Pépi Ier » ; les inscriptions publiées étant très lacunaires, il est possible qu'elle ait été surnommée Sechséchet, comme plusieurs de ses sœurs ; s'il y a eu des débats concernant la paternité de la princesse, Vivienne Callender et Stasser penchent clairement pour Téti, et justifient la présence du titre « fille aînée du roi de sa chair de la pyramide de Pépi Ier » par le fait qu'elle était une sœur de Pépi Ier, c'est-à-dire fille d'Ipout Ire, et que c'est au début de son règne que la princesse serait décédée, alors qu'elle était pressentie pour devenir une épouse de son frère[26] ; Yannis Gourdon n'est pas d'accord avec cette interprétation et considère plutôt qu'elle était une fille de Pépi Ier et de la reine Inenek Inti, l'une des principales reines du début du règne de Pépi Ier, mais qu'elle serait décédée avant que la nécropole de la pyramide de Pépi Ier ne soit prête[27], c'est-à-dire dans un scénario analogue à celui du prince Nebkaouhor Idou et de la princesse Sechséchet Idout.
Sépulture
[modifier | modifier le code]Située au nord du complexe funéraire de Téti, sa tombe a été découverte par Victor Loret. Redécouverte et fouillée dans les années 1990 par une équipe d'égyptologues du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes menée par Zahi Hawass[28], elle est située au nord de la pyramide de Khouit II et à l'est de celle de Neith Ire[29].
Ces dernières ont permis d'éclairer l'importance du personnage. En effet, épousée en secondes noces par Téti, Ipout Ire ne devait donc pas occuper la place de principale épouse de Téti. Sa tombe avait d'ailleurs été conçue initialement comme un mastaba, pour finalement être transformée par la suite en pyramide par son fils Pépi Ier une fois monté sur le trône, preuve d'un changement de destinée extraordinaire[30].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Les Faucons d'or est le nom d'Horus d'or de Pépi Ier[5].
- ↑ La reine Ipout porte en effet sur cette stèle fausse porte le titre de « mère du roi de Haute et Basse-Égypte », titre qu'elle n'a pu acquérir que sous le règne de Pépi Ier.
- ↑ Si le décor de la tombe d'Ihy a pu être adapté dans une certaine mesure à la princesse Sechséchet Idout, celui de la tombe d'Akhethétep Hemi a été à peine retouché pour pouvoir accueillir le prince Nebkaouhor Idou, ce qui suggère un enterrement précipité[18].
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Baud 2005, p. 410-411.
- ↑ Baud 2005, p. 570-571.
- ↑ Baud 2005, p. 625.
- ↑ Callender 2011, p. 223-226.
- ↑ Baud 2005, p. 410.
- ↑ Gourdon 2016, p. 51-52.
- ↑ Callender 2011, p. 223.
- ↑ Stasser 2013, p. 30-32.
- ↑ Baud 2005, p. 410–411.
- ↑ Stasser 2013, p. 97.
- ↑ Callender 2011, p. 226.
- 1 2 Stasser 2013, p. 30-31.
- ↑ Callender 2011, p. 225-226.
- 1 2 Stasser 2013, p. 38-40.
- 1 2 3 Kanawati 2007, p. 14, 20 et 50.
- 1 2 Kanawati 2007, p. 20, 32 et 50.
- 1 2 Stasser 2013, p. 42-43.
- 1 2 3 Stasser 2013, p. 34-36 et 45-46.
- 1 2 Kanawati 2007, p. 21-22 et 50.
- 1 2 Stasser 2013, p. 46-47.
- 1 2 Kanawati 2003, p. 139.
- 1 2 Stasser 2013, p. 36-37.
- ↑ Baud 2005, p. 432-433.
- ↑ Hawass 2000, p. 430-433.
- ↑ Hawass 2011, p. 174-175.
- ↑ Stasser 2013, p. 57-60.
- ↑ Gourdon 2016, p. 73-76.
- ↑ Stasser 2013, p. 31.
- ↑ Stasser 2013, p. 6.
- ↑ Stasser 2013, p. 30.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
- (en) Zahi Hawass, « Recent discoveries in the pyramid complexe of Teti at Saqqara », dans Miroslav Barta, J. Krejci, Abusir and Saqqara in the Year 2000, Archiv orientalni Supplementa IX, Prague, Czech Institute of Egyptology, , 612 p. (ISBN 978-8085425390), p. 413-444 ;
- (en) Zahi Hawass, « The Discovery of the Pyramid of Queen Sesheshet(?) at Saqqara », dans Vivienne Gae Callender, Times, Signs and Pyramids: Studies in Honour of Miroslav Verner on the Occassion of His Seventieth Birthday, Prague, Czech Institute of Egyptology, , 449 p. (ISBN 978-8073082574), p. 173-189 ;
- (en) Naguib Kanawati, Mereruka and King Teti. The Power behind the Throne, Supreme Council of Antiquities, (ISBN 9789774376009) ;
- (en) Naguib Kanawati, Conspiracies in the Egyptian Palace : Unis to Pepy I, New York, Routledge, , 208 p. (ISBN 0-415-27107-X) ;
- (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
- Thierry Stasser, La mère royale Seshseshet et les débuts de la VIe dynastie, Bruxelles, Editions Safran, , 112 p. (ISBN 978-2874570544) ;
- Yannis Gourdon, Pépy Ier et la VIe dynastie, Paris, Pygmalion, , 429 p. (ISBN 978-2-7564-0558-2 et 2-7564-0558-2)