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Culture

David Hockney est mort : le peintre pop s’éteint à 88 ans

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David Hockney peignant dans son atelier de Los Angeles en 1966
© Basil Langton / Photo Researchers History / Getty Images

David Hockney s’est éteint paisiblement à son domicile le 11 juin 2026, à l’âge de 88 ans. Des piscines californiennes aux paysages normands peints sur iPad, retour sur six décennies d’une œuvre que le peintre le plus populaire de l’art contemporain n’a jamais cessé de réinventer.

L’annonce est tombée jeudi soir, sobre comme l’homme ne l’était pas toujours. « Le célèbre artiste britannique David Hockney, l’une des figures les plus importantes de l’art contemporain des XXe et XXIe siècles, s’est éteint paisiblement chez lui le 11 juin 2026, un mois avant son 89e anniversaire », indique le communiqué transmis par son agente à la BBC. Toutefois, la cause du décès n’a pas été précisée. L’artiste laisse derrière lui son compagnon, Jean-Pierre Gonçalves de Lima. Il laisse aussi une œuvre immense, qui aura souvent devancé tous les courants de son temps.

Difficile de mesurer l’onde de choc. David Hockney n’était pas seulement le peintre vivant le plus cher de l’histoire des enchères, un titre décroché en 2018. Il était aussi l’un des rares artistes contemporains que le grand public connaissait vraiment. Ses lunettes rondes, ses costumes dépareillés et ses casquettes en tweed faisaient partie du paysage. En somme, une rock star de la peinture. Sa disparition résonne donc bien au-delà des galeries.

De Bradford au Royal College of Art

David Hockney naît le 9 juillet 1937 à Bradford, dans le Yorkshire. Quatrième des cinq enfants d’une famille modeste, il grandit dans une Angleterre industrielle, aux antipodes des couleurs saturées qui feront sa gloire. Son père, comptable et objecteur de conscience pendant la Seconde Guerre mondiale, lui transmet un goût tenace pour l’indépendance d’esprit. Le jeune David, lui, sait très tôt ce qu’il veut : dessiner. D’abord boursier de la Bradford Grammar School, il rejoint ensuite l’école d’art de sa ville natale. En 1959, il intègre enfin le Royal College of Art de Londres.

Dans la capitale, l’étudiant aux cheveux décolorés s’impose très vite. Il côtoie les futurs acteurs du pop art britannique, comme R.B. Kitaj ou Allen Jones. Ses premières toiles mêlent graffitis, poésie et confessions codées. Ainsi, « We Two Boys Together Clinging » (1961), titre emprunté à Walt Whitman, évoque déjà ouvertement le désir entre hommes. En 1962, le Royal College lui décerne sa médaille d’or. Déjà showman, il vient la chercher en veste de lamé doré.

Los Angeles, le choc fondateur

Le tournant décisif survient en 1964. Hockney quitte Londres pour Los Angeles. Il y découvre une lumière, une architecture et une liberté qui vont définir son langage pictural. Les piscines turquoise, les palmiers et les corps masculins au bord de l’eau deviennent alors ses motifs de prédilection. En 1967, il peint « A Bigger Splash », gerbe d’éclaboussures figée sur fond de ciel californien. Dès lors, la toile devient l’une des images les plus reconnaissables de l’art du XXe siècle.

À cette époque, l’homosexualité est encore criminalisée au Royaume-Uni. Hockney la revendique pourtant ouvertement, dans sa vie comme dans sa peinture. Ses toiles célèbrent le désir homosexuel avec une fraîcheur désarmante, sans provocation ni militantisme affiché. En réalité, il peignait simplement sa vie. Cette liberté tranquille, affichée des années avant la dépénalisation de 1967, a fait de lui un pionnier pour des générations d’artistes queer. Il a pourtant toujours refusé d’être réduit au rôle de porte-drapeau.

Le peintre des siens

On réduit parfois Hockney à ses piscines. Ce serait pourtant oublier le portraitiste, peut-être le plus attachant des deux. Tout au long de sa carrière, il n’a cessé de peindre son cercle intime : ses parents, ses amants, ses amis, ses chiens. Les doubles portraits des années 1968-1975 comptent parmi ses sommets. Au premier rang figure « Mr and Mrs Clark and Percy » (1970-1971). On y voit le couturier Ossie Clark et la créatrice textile Celia Birtwell, jeunes mariés du Swinging London, avec leur chat blanc. Conservée à la Tate, la toile est régulièrement citée parmi les tableaux préférés des Britanniques.

Celia Birtwell restera d’ailleurs son modèle de prédilection pendant un demi-siècle. Elle inspire d’innombrables dessins, lithographies et toiles. Cette fidélité dit quelque chose de l’homme. Derrière le dandy médiatique se cachait un artisan obstiné, qui revenait sans cesse aux mêmes visages et aux mêmes routes. Car on ne finit jamais de regarder ce qu’on aime.

« Portrait of an Artist », le tableau aux 90 millions de dollars

Parmi les toiles californiennes, une occupe une place à part : « Portrait of an Artist (Pool with Two Figures) », peinte en 1972. On y voit un homme en veste rose observant un nageur sous la surface d’une piscine. La figure debout est inspirée par Peter Schlesinger, ancien compagnon de l’artiste. La genèse douloureuse du tableau, contemporaine de leur rupture, est au cœur du film de Jack Hazan A Bigger Splash (1974). Ce docu-fiction culte a durablement façonné la légende Hockney.

Le 15 novembre 2018, ce même tableau est adjugé 90,3 millions de dollars chez Christie’s à New York. C’est alors un record du monde pour une œuvre d’artiste vivant, devant le « Balloon Dog (Orange) » de Jeff Koons. Certes, l’Américain reprendra son trône dès 2019 avec son « Rabbit ». Mais le symbole demeure : un peintre figuratif du Yorkshire, fidèle au pinceau, au sommet du marché mondial.

Hockney, lui, n’a jamais caché ce que cette inflation lui inspirait. L’argent l’amusait plus qu’il ne l’obsédait. Il préférait parler de regard, de perspective et de représentation de l’espace. C’était son grand sujet théorique. Il l’a notamment exploré dans son essai controversé Savoirs secrets. Le peintre y soutenait que les maîtres anciens utilisaient déjà des instruments optiques. La thèse a fait hurler les historiens de l’art. Elle a aussi passionné le grand public, comme tout ce qu’il touchait.

L’aura de la toile dépasse d’ailleurs largement les salles des ventes. Ses piscines ont essaimé partout dans la culture populaire. Au cinéma, Luca Guadagnino empruntera ainsi le titre A Bigger Splash pour son film de 2015. La mode, la photographie et d’innombrables pochettes de disques ont aussi puisé dans cet imaginaire. Un plongeoir, une eau turquoise, deux palmiers : chacun pense aussitôt à Hockney.

David Hockney, l’éternel expérimentateur

S’il fallait résumer la carrière de David Hockney en un trait, ce serait celui-là : une curiosité technologique insatiable. Dans les années 1980, il compose d’abord ses « joiners », assemblages de dizaines de Polaroids qui font éclater la perspective. Il dessine ensuite par fax, puis peint sur ordinateur dès les années 1990. Enfin, il adopte l’iPhone et l’iPad avec l’enthousiasme d’un adolescent. Ses bouquets numériques, envoyés à ses amis au réveil, ont réconcilié l’avant-garde technologique avec la tradition du motif.

Cette boulimie d’outils n’était jamais gratuite. Chez Hockney, chaque nouvelle machine servait la même question : comment représenter ce que l’œil voit vraiment, dans la durée et le mouvement ? C’est cette interrogation qui nourrit ses installations vidéo à multiples caméras. Elle inspire aussi, en 2023, l’expérience immersive « Bigger & Closer (not smaller & further away) » au Lightroom de Londres. Le public y déambulait littéralement dans ses images projetées.

La musique pour décor

La scène l’a également occupé toute sa vie. À partir des années 1970, Hockney signe des décors et des costumes restés célèbres. Il travaille notamment pour le festival de Glyndebourne, le Metropolitan Opera de New York ou encore le Lyric Opera de Chicago. Son répertoire va de The Rake’s Progress de Stravinsky à La Flûte enchantée de Mozart, en passant par Tristan und Isolde de Wagner. Ses scénographies, véritables tableaux habités, ont marqué l’histoire de la mise en scène lyrique.

Mélomane passionné, il considérait l’opéra comme une extension naturelle de sa peinture. La musique l’accompagnait jusque dans sa voiture. Il y organisait de véritables parcours sonores à travers les collines du Yorkshire, Wagner à plein volume dans les virages. Une surdité progressive le frappe pourtant dès la fin des années 1970. Elle n’a jamais entamé ce lien. Au contraire, il assurait qu’elle avait aiguisé sa perception de l’espace et des couleurs.

Le retour au Yorkshire

Au début des années 2000, il rentre dans son Yorkshire natal. Il y entame une monumentale série de paysages saisonniers, peints sur le motif le long des routes des Wolds. Le point d’orgue de cette période s’appelle « Bigger Trees Near Warter » (2007). Cette toile de 4,6 mètres sur 12,2, composée de cinquante panneaux, est la plus grande de sa carrière. Puis il l’offre à la Tate en 2008. « Je me suis dit que si je devais donner quelque chose à la Tate, je voulais leur donner quelque chose de vraiment bien », expliquait-il alors.

En 2012, l’exposition « A Bigger Picture » à la Royal Academy de Londres consacre cette renaissance paysagère. De plus, elle attire des foules considérables. Le phénomène est devenu rare dans l’art contemporain : un peintre vivant capable de déplacer le grand public en masse. Cinq ans plus tard, la rétrospective de ses 80 ans s’impose parmi les expositions les plus fréquentées de l’histoire de la Tate Britain. Elle voyage ensuite au Centre Pompidou à Paris, puis au Metropolitan Museum de New York.

La Normandie, dernier grand atelier

C’est en France que David Hockney aura vécu l’un de ses derniers grands chapitres créatifs. En 2019, séduit par le Pays d’Auge, il s’installe dans une ferme à colombages près de Beuvron-en-Auge, dans le Calvados. Il y trouve ce qu’il cherchait : des saisons marquées, des pommiers en fleurs, du calme. Il y gagne aussi la liberté de fumer en paix, lui qui aura défendu la cigarette jusqu’au bout. L’homme des lumières californiennes se passionne alors pour les ciels changeants et la boue normande, avec la même gourmandise visuelle qu’à vingt ans.

Pendant le confinement de 2020, le monde s’arrête. Hockney, lui, peint sur son iPad l’arrivée du printemps normand. Il adresse alors à la planète confinée un message resté fameux : « N’oubliez pas qu’ils ne peuvent pas annuler le printemps ». L’image qui l’accompagne, des jonquilles dressées dans l’herbe, fait le tour du monde en quelques heures. Une petite victoire de la peinture sur l’angoisse collective.

De cette immersion naît ensuite « A Year in Normandie ». Cette frise numérique de près de 80 mètres déroule le cycle complet des saisons. Elle est exposée en 2021 au musée de l’Orangerie à Paris. L’écho aux Nymphéas de Monet et à la tapisserie de Bayeux est assumé. L’artiste citait d’ailleurs volontiers ces deux références pour ce travail sur le temps long.

À Beuvron-en-Auge, où il avait ses habitudes avant de regagner Londres en 2023, l’émotion est réelle. « C’était quelqu’un de très discret et très humble », a confié le maire du village, Jérôme Bansard, au lendemain de l’annonce. Ainsi, les habitants croisaient régulièrement ce voisin mondialement célèbre, carnet ou iPad à la main, en train de scruter un talus ou un poirier.

« David Hockney 25 », l’adieu parisien

Le destin aura offert à la France le dernier grand rendez-vous public de l’artiste. Du 9 avril au 1er septembre 2025, la Fondation Louis Vuitton lui consacrait la plus vaste exposition jamais organisée de son vivant. « David Hockney 25 » réunissait plus de 400 œuvres réalisées entre 1955 et 2025. Elles occupaient les onze galeries du bâtiment de Frank Gehry. L’événement s’est aussitôt imposé comme l’une de ces expositions parisiennes à ne pas manquer, de celles qui débordent le cercle des amateurs d’art.

« Cette exposition compte énormément pour moi, parce que c’est la plus grande que j’aie jamais eue », confiait-il avant l’ouverture. Malgré une santé déclinante, il avait tenu à l’inaugurer en personne en avril 2025. Le public a suivi : 916 614 visiteurs en 127 jours, soit plus de 7 200 entrées quotidiennes. Rétrospectivement, ce triomphe a des allures de tour d’honneur.

Un héritage immense

Les honneurs, David Hockney les aura accueillis à sa manière, c’est-à-dire en les triant. Il refuse d’abord l’anoblissement en 1990. Il décline aussi une proposition de portrait officiel de la reine Elizabeth II, trop occupé à peindre des arbres. En revanche, il accepte en 2012 l’Order of Merit. Cette distinction, limitée à 24 membres vivants, lui est remise par la souveraine elle-même.

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages affluent du monde entier : musées, artistes, anonymes. Beaucoup rappellent que Hockney aura été un pont rare entre la grande peinture et un public massif. En effet, il remplissait les musées comme d’autres remplissent les stades. Pourtant, il n’a jamais sacrifié son obsession de chercheur pour la perspective, la couleur et le temps qui passe. Sur les réseaux sociaux, ses piscines, ses jonquilles et ses doubles portraits se partagent par milliers. Dernier paradoxe pour un homme qui défendait l’expérience directe du regard contre les écrans, tout en peignant sur tablette.

Son œuvre est déjà partout où l’histoire de l’art s’écrit : à la Tate, au Centre Pompidou, au Metropolitan Museum, au Getty. Elle vit aussi dans la mémoire des visiteurs français de la Fondation Louis Vuitton. L’an dernier encore, un vieil homme en casquette leur répétait, toile après toile, sa seule leçon : regardez mieux, le monde est plus vaste et plus coloré que vous ne le croyez.

Et maintenant ?

Les détails des obsèques n’ont pas encore été communiqués. Les dispositions prévues pour son immense fonds d’atelier restent également inconnues. Une partie de son héritage est toutefois déjà entre les mains de la David Hockney Foundation. Créée par l’artiste, elle préserve et documente son œuvre des deux côtés de l’Atlantique. Sans surprise, les grandes institutions devraient multiplier les hommages dans les mois à venir.

Jusqu’au bout, l’artiste aura travaillé, fumé, regardé. Il laissait volontiers à d’autres les théories sur la postérité. Sa philosophie tenait en une formule, qui pourrait lui servir d’épitaphe : l’amour de la vie, et l’obstination à la regarder vraiment. Les piscines de Los Angeles, les collines du Yorkshire et les pommiers de Normandie ont perdu leur plus grand témoin. Reste une certitude, que des générations de visiteurs continueront de vérifier devant ses toiles. Personne n’a peint la lumière du monde moderne comme David Hockney.

La rédaction.

Cinéma/Séries/TV

Netflix poursuivi après le vol d’un film inédit avec Nicolas Cage

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Les bureaux de Netflix à Los Angeles
Les bureaux de Netflix à Los Angeles. Mario Tama/Getty Images

La société Op-Fortitude réclame au moins 105 millions de dollars à Netflix après le vol, dans ses bureaux, d’un disque dur contenant Fortitude, film de guerre inédit à 45 millions de dollars porté par Nicolas Cage. La plateforme conteste toute responsabilité.

Une nouvelle plainte accuse Netflix de ne pas avoir protégé un film sur la Seconde Guerre mondiale encore inédit, avec Nicolas Cage, qui aurait traîné sur un disque dur jusqu’à ce que quelqu’un le vole. On dirait un pitch hollywoodien pour un film dont Cage tiendrait probablement la vedette — c’est pourtant la substance d’une très réelle plainte de seize pages déposée devant un tribunal fédéral de Californie.

Une société britannique baptisée Op-Fortitude, dirigée par un citoyen suisse du nom de Simon Afram, affirme avoir dépensé plus de 45 millions de dollars pour produire le film, intitulé Fortitude, qu’elle proposait aux acheteurs. Le film, que la plainte décrit comme « dans la veine, pour le ton, d’un Ocean’s Eleven croisé avec Inglourious Basterds », met en scène Cage dans le rôle de Duško Popov, espion bien réel qui aurait inspiré le personnage de James Bond.

« La mission secrète, baptisée opération FORTITUDE, reposait sur un réseau d’agents doubles, en coopération avec l’armée britannique et les nations alliées, qui ont tendu un piège à Adolf Hitler et à son armée », soutient la plainte. « Le piège déployait des éléments de déception stratégique : une armée fictive au complet, avec faux chars, avions et navires, des décorateurs de cinéma et des comédiens, de faux messages radio et sans fil, et bien plus encore. L’opération FORTITUDE a changé de manière décisive le cours de la Seconde Guerre mondiale et ouvert la voie à un monde libre. »

Le casting réunit aussi Ben Kingsley, Ron Perlman, Matthew Goode, Michael Sheen, Alice Eve et d’autres. Le cinéaste Simon West (Les Ailes de l’enfer, Expendables 2 : Unité spéciale) a réalisé le film — en pellicule 35 mm, s’il vous plaît, pour un rendu authentiquement Seconde Guerre mondiale. La plainte laisse entendre que la fabrication du film a pris sept ans.

Afram et Op-Fortitude affirment avoir remis à Netflix une copie numérique non chiffrée du film (DCP) le 16 juin. Selon la plainte, neuf jours plus tard, un cadre de Netflix, Sean Berney, a envoyé un e-mail — versé au dossier — avec pour objet « Stolen DCP » (« DCP volé »). « C’est une première pour nous », écrit-il. « Malheureusement, quelqu’un a dérobé une bonne quantité de disques sur les bureaux de nos locaux la semaine passée. » Il indique que l’équipe de sécurité de l’entreprise enquête sur le vol et que son équipe antipiratage guette d’éventuelles fuites. Selon lui, les disques ont été volés « pour la ferraille », et il n’en sortira probablement rien. Il propose de rembourser le prix du disque.

Les plaignants veulent bien davantage que le prix d’un disque dur. Ils soutiennent que le film était en mesure de rentrer dans ses frais, ce qu’ils chiffrent à 2,5 fois le coût de production, soit 112,5 millions de dollars. « La valeur du film dépendait pour une part significative de son exclusivité d’œuvre inédite, première sur son marché », avance la plainte. « En perdant le contrôle du film, Netflix a détruit cette exclusivité et substantiellement, sinon totalement, compromis sa commercialisation. » La plainte affirme encore que la sécurité de Netflix n’a pas coopéré avec le plaignant, qui ignore même si un signalement à la police a été effectué.

Afram et Op-Fortitude réclament à Netflix « au moins 105 000 000 de dollars, plus des montants supplémentaires à établir au procès », ainsi que des intérêts et d’autres dommages.

« Netflix conteste toute prétention selon laquelle il supporterait le risque de perte pour un film livré sans les protections adéquates, conformes aux standards de l’industrie », déclare un porte-parole de Netflix à Rolling Stone. « Bien que nous ne détenions pas les droits de Fortitude, nous prenons la sécurité des contenus au sérieux et avons pris des mesures supplémentaires pour accompagner le cinéaste et son équipe. »

« Cela inclut une enquête approfondie et une proposition de surveiller les sites pirates connus, à l’affût de toute distribution ou vente non autorisée », poursuit le porte-parole. « Nous avons refusé de partager quoi que ce soit de notre enquête en cours avec le cabinet qui représente Simon Afram, au vu de ses tentatives hostiles d’extorquer de l’argent à Netflix dans cette affaire — notamment en exigeant d’emblée 165 millions de dollars pour le film plutôt que de travailler avec nous de bonne foi. »

L’entreprise n’a pour l’heure constaté aucun signe de fuite de Fortitude. Reste une question en suspens : Nic Cage saurait-il jouer un avocat convaincant ?

Par Kory Grow

Traduit par la rédaction.

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Cinéma/Séries/TV

David Jonsson, nouveau Black Panther : cinq choses à savoir

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David Jonsson
David Jonsson. Gareth Cattermole/Getty Images

Annoncé au Comic-Con par Ryan Coogler, le Britannique de 32 ans révélé par Industry, Rye Lane et Alien: Romulus incarnera le prince T’Challa II et reprendra l’héritage de Chadwick Boseman. Portrait en cinq points du nouveau visage de Wakanda.

Le Marvel Cinematic Universe et la franchise Black Panther entrent dans une nouvelle ère. Lors du Comic-Con de cette année, Marvel Studios et le réalisateur Ryan Coogler ont officiellement annoncé que David Jonsson endosserait le rôle du nouveau Black Panther.

Des années après la disparition prématurée de Chadwick Boseman et la suite du carton au box-office, Wakanda Forever, Jonsson se glissera dans le rôle du prince T’Challa II et perpétuera l’héritage de Boseman et de son interprétation de Black Panther. Coogler aurait rencontré Jonsson en secret après la campagne de récompenses de Sinners. Selon le président de Marvel Studios, Kevin Feige, Coogler a immédiatement su que Jonsson était l’acteur qu’il fallait.

« Je l’ai trouvé. C’est lui, David Jonsson », se souvient Feige, citant un appel de Coogler. « “Je vais le rencontrer.” Il a eu un rendez-vous secret avec lui, à la faveur de la nuit, dans un hôtel quelque part, et il m’a appelé ensuite pour me dire : “C’est lui. C’est lui. Je l’ai senti. Je l’ai senti au plus profond de moi. C’est lui.” »

Depuis cette annonce majeure, une question demeure : qui est l’acteur qui incarnera le nouveau Black Panther ? Voici cinq choses à savoir sur David Jonsson, étoile montante britannique.

David Jonsson vient de Londres et est le benjamin d’une fratrie de cinq

Jonsson est né et a grandi dans l’est de Londres, dans un quartier qu’il décrit comme soudé malgré les difficultés. Élevé à Custom House, il a évoqué ouvertement auprès de Hollywood Authentic la violence du secteur et la façon dont elle a façonné son regard sur la vie.

« Je ne plaisante pas : là où j’ai grandi, il y avait des agressions au couteau toutes les deux semaines, tous les mois. J’ai assisté à trop de cérémonies d’hommage », a-t-il confié. « Selon l’endroit où tu grandis, cela dicte ce qui est possible — ou ce que tu crois possible. »

Jonsson, 32 ans, est le plus jeune de cinq enfants. Ses parents se sont séparés quand il avait 11 ans, et il a été élevé dans un foyer monoparental, sa mère travaillant comme policière dans le nord de Londres.

Il a joué dans de nombreux films et séries

Jonsson est loin d’être un débutant. L’acteur britannique a fait ses premiers pas à l’écran dans la série Endeavour (Les Enquêtes de Morse) en 2018, où il incarnait Cromwell Ames. Il a depuis tenu des rôles dans Rye Lane (2023), Alien: Romulus (2024), Industry (2020) et, plus récemment, Marche ou crève (2025).

Au-delà du jeu, Jonsson a aussi travaillé derrière la caméra comme scénariste et producteur. Alors que Black Panther 3 est en préproduction, plusieurs projets l’attendent, dont Alien: Romulus 2. Il serait également pressenti pour tenir le premier rôle d’un projet encore sans titre réalisé par Frank Ocean, en partenariat avec A24.

Jonsson est un acteur primé

En 2025, Jonsson a remporté le BAFTA Rising Star Award, une distinction d’autant plus significative que c’est la seule catégorie des BAFTA votée par le public britannique. Cette reconnaissance est venue couronner ses performances remarquées en Andy dans Alien: Romulus, en Dom dans Rye Lane et dans la série de HBO Industry.

Son palmarès compte aussi le prix du meilleur acteur dans une pièce aux Black British Theatre Awards 2022, pour sa performance dans and breathe, et le Robert Altman Award aux Film Independent Spirit Awards 2026, décerné à l’ensemble de la distribution de Marche ou crève.

Il partage sa date d’anniversaire avec Beyoncé et Damon Wayans

Né le 4 septembre 1993, Jonsson rejoint la longue liste des célébrités nées sous le signe de la Vierge, de Zendaya à Keke Palmer en passant par Michael Jackson. Il souffle même ses bougies le même jour que Beyoncé et que l’humoriste, acteur et producteur Damon Wayans. Les Vierges passent pour analytiques, méticuleuses et perfectionnistes — des qualités qui, veulent croire beaucoup, serviront Jonsson au moment d’endosser l’un des rôles les plus iconiques de Marvel.

Jonsson a fondé une société de production

Alors que le cinéma indépendant continue de croître, Jonsson est aussi passé aux commandes derrière la caméra. En 2025, il s’est associé à la productrice Sophia Gibber pour lancer sa société de production, Grey Area, afin de raconter les histoires qui n’entrent dans aucune case.

« Nous avons fondé Grey Area parce que les histoires que nous aimons ne vivent pas en noir et blanc », a déclaré Jonsson à Variety. « Elles vivent dans les contradictions, les complexités et toutes les vérités émotionnelles de l’entre-deux ; c’est là que naissent les récits les plus puissants. »

La société est soutenue par Tricky Knot, une structure de financement spécialisée dans le divertissement, qui accompagne la nouvelle génération de sociétés de production portées par des acteurs. Jonsson a aussi indiqué développer plusieurs projets avec, selon ses mots, des « gens brillants », à mesure qu’il s’affirme comme producteur.

Par Malik Davis

Traduit par la rédaction.

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Michael B. Jordan en voleur d’art dans le teaser de Thomas Crown

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Michael B. Jordan aux Oscars 2026
Robert Gauthier/Los Angeles Times/Getty Images

Milliardaire devenu voleur d’œuvres d’art, Michael B. Jordan semble convoiter Les Tournesols de Van Gogh, face à Adria Arjona en enquêtrice chargée de le faire tomber. Il signe là sa deuxième réalisation.

Le teaser du deuxième remake de The Thomas Crown Affair est arrivé. Michael B. Jordan y incarne le milliardaire devenu voleur d’œuvres d’art qui donne son titre au film, aux côtés d’Adria Arjona, qui joue l’enquêtrice chargée de le faire tomber. Au fil du casse, les deux ennemis commencent à tomber amoureux l’un de l’autre, en dépit de leurs missions opposées.

Le teaser s’ouvre sur Thomas Crown, traversant un musée des beaux-arts baigné de lumière. « Je prends des risques depuis toujours », dit-il. « Mais la nuit dernière, c’était différent. Je me suis senti vivant. » La bande-annonce fait la part belle aux plans sur Les Tournesols de Vincent Van Gogh, qui semble être le butin ultime que vise Crown au fil de ses casses. Tandis que son monologue se poursuit, on le voit enchaîner les scènes d’action — descentes de gratte-ciel, combat au corps-à-corps — et provoquer le personnage d’Arjona au cœur de leur liaison brûlante.

The Thomas Crown Affair marque la deuxième fois que Jordan est à la fois réalisateur et acteur principal, après Creed III en 2023. Le casting est complété par Kenneth Branagh, Lily Gladstone, Danai Gurira et Pilou Asbæk, dans des rôles non dévoilés. La musique du film est signée Jon Batiste, récompensé aux Grammy Awards.

Il s’agit du deuxième remake américain de The Thomas Crown Affair. L’original, L’Affaire Thomas Crown, porté par Steve McQueen et Faye Dunaway, est sorti en 1968. Pierce Brosnan et Rene Russo ont repris les rôles de Crown et Banning dans Thomas Crown, remake sorti en 1999. L’actrice oscarisée Michelle Yeoh a par ailleurs tenu le premier rôle d’une adaptation plus libre où le rôle-titre passe au féminin, intitulée Easy Money, où elle campait une millionnaire rongée par l’ennui qui organise un braquage à main armée.

En mars dernier, Michael B. Jordan a reçu son premier Oscar pour son rôle principal dans Sinners, réalisé par Ryan Coogler.

Par Jaeden Pinder

Traduit par la rédaction.

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John Legend incarnera Harry Belafonte dans un biopic sur Paul Simon

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John Legend et Harry Belafonte
John Legend et Harry Belafonte. Gilbert Flores/Dick Clark Productions ; Ron Galella Collection/Getty Images

Le chanteur prêtera ses traits à la légende du calypso et figure des droits civiques dans The Road Home, le film de Bill Condon consacré à la tournée Graceland de Paul Simon en plein apartheid. Johnny Flynn incarnera Simon, Cynthia Erivo sera Miriam Makeba. Le tournage a débuté.

Le multi-talentueux John Legend incarnera le multi-talentueux Harry Belafonte dans un film à venir consacré à la tournée Graceland de Paul Simon en Afrique du Sud, avec Hugh Masekela et Miriam « Mama Africa » Makeba, en plein apartheid. Le cinéaste Bill Condon réalisera ce long-métrage, intitulé The Road Home, selon Variety. Le tournage est en cours.

« J’ai eu l’honneur de connaître M. Belafonte comme ami, mentor et compagnon de lutte pour la justice », a déclaré Legend dans un communiqué. « C’était un être humain incroyable, qui a vécu une vie monumentale et révolutionnaire. Il était l’incarnation même de l’artiste et du militant, celui qui a fixé un cap pour moi et pour tant d’autres qui se tiennent sur ses épaules. C’est un privilège de me voir confier le rôle de Harry Belafonte dans ce film à part. »

Belafonte avait conseillé Simon pendant la fabrication de Graceland (1986), au vu de la controverse attendue : travailler avec des musiciens sud-africains en plein apartheid, alors que de nombreux artistes observaient un boycott culturel du pays. Simon venait de participer au single caritatif « We Are the World », et Belafonte, avec le producteur Quincy Jones, l’avait encouragé à s’y rendre en obtenant l’aval du Congrès national africain (ANC). Malgré la controverse, Makeba et le trompettiste Masekela avaient accompagné Simon sur la tournée Graceland.

Au casting, aux côtés de John Legend, Johnny Flynn jouera Simon, tandis que Thabo Rametsi interprétera Masekela et que Cynthia Erivo incarnera Makeba. Guy Pearce prêtera ses traits à l’archevêque Trevor Huddleston, qui mena par la suite un boycott contre Simon. Michael Bronner, scénariste de The Mauritanian et Vol 93, a signé un scénario original, d’après une histoire écrite avec l’auteur sud-africain Zakes Mda, à la demande de la Hugh Masekela Foundation.

Belafonte est mort en 2023, à l’âge de 96 ans. Après sa disparition, le Dr Irwin Redlener, qui avait travaillé avec lui sur des combats militants, avait rappelé son engagement social dans un hommage publié par Rolling Stone. « En 1987, Paul Simon, [ma femme] Karen et moi avons créé une organisation appelée Children’s Health Fund, où nous développions des programmes de santé pour les enfants sans abri et démunis à travers le pays », racontait-il. « Harry s’intéressait de près au Children’s Health Fund, et il est même venu à un gala en 2016 où nous rendions hommage à David Dinkins, Morgan Freeman et lui-même. Ce fut une soirée extraordinaire, et Harry a parlé avec une éloquence extraordinaire de la présence toujours aussi puissante, écrasante, de la pauvreté et du racisme en Amérique. »

Par Kory Grow

Traduit par la rédaction.

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Cinéma/Séries/TV

Quatre femmes accusent Jared Leto dans un documentaire de la BBC

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Jared Leto
© Maya Dehlin Spach/WireImage

Diffusé mercredi, un documentaire de la BBC recueille les témoignages de dix femmes, dont quatre accusent Jared Leto de faits à caractère sexuel commis alors qu’elles étaient adolescentes. L’acteur et chanteur dément catégoriquement.

Quatre femmes accusent Jared Leto d’agressions sexuelles. Les faits allégués, qui remonteraient à l’époque où elles étaient adolescentes, sont relatés dans un nouveau documentaire de la BBC, Jared Leto: Hollywood’s Dark Secret, diffusé mercredi.

L’une d’elles affirme avoir été agressée sexuellement par Leto dans la salle de bains d’un motel, alors qu’elle avait 17 ans. Une autre, âgée de 19 ans à l’époque, raconte que Leto l’a menacée d’agression sexuelle après qu’elle s’est retrouvée seule avec lui dans une chambre d’hôtel. Une troisième affirme avoir eu des relations sexuelles avec Leto en Californie alors qu’elle était mineure, à 17 ans — des faits qui relèveraient du statutory rape (relation sexuelle avec une personne mineure) au regard de la loi de cet État. La quatrième déclare avoir fait l’objet d’une manipulation à des fins sexuelles et accuse Leto d’avoir abusé de son statut de célébrité en lui passant de manière répétée des appels téléphoniques à caractère sexuel, quand elle avait 16 ans.

« Je n’ai jamais agressé sexuellement qui que ce soit de toute ma vie », déclare Leto à Rolling Stone par l’intermédiaire de ses représentants, sollicité pour réagir. « Ces accusations sont absolument et catégoriquement fausses. »

Le documentaire donne la parole à dix femmes au total, qui y évoquent ce qu’elles décrivent comme leurs expériences avec Leto. Neuf d’entre elles s’expriment publiquement pour la première fois sur ces faits. Toutes décrivent des rencontres avec Leto, aujourd’hui âgé de 54 ans, survenues entre 2002 et 2016, alors qu’il était trentenaire puis quadragénaire.

Les accusations visant Leto se sont multipliées ces dernières années. L’an dernier, la DJ angeline Allie Teilz affirmait sur les réseaux sociaux avoir été agressée par l’acteur alors qu’elle avait 17 ans, incitant plusieurs autres femmes à faire état de faits similaires. En juin dernier, Air Mail publiait un article recensant neuf accusations, que Leto a toutes démenties.

Dans le documentaire, les femmes décrivent des rencontres problématiques avec Leto dans plusieurs villes du monde. En 2006, un proche de Leto a abordé une jeune fille de 17 ans en coulisses lors d’un concert de Thirty Seconds to Mars et lui a demandé son numéro de téléphone pour le musicien, alors âgé de 34 ans. Elle affirme avoir eu des relations sexuelles avec lui à son domicile, en Californie.

« Il m’a dit : “J’aimerais que tu m’appelles papa” », a-t-elle raconté à la BBC. « Et il fallait soit faire semblant d’être une petite fille, soit être “sa petite fille”. » Elle explique avoir été « tellement naïve et vulnérable » et n’avoir eu aucune idée du caractère « normal » ou non d’un tel comportement. « Ce n’est qu’avec le temps que j’ai réalisé de plus en plus à quel point c’était effrayant », dit-elle, ajoutant que Leto avait « balayé » ses inquiétudes quant à la majorité sexuelle.

L’une des femmes se souvient avoir rencontré Leto lors d’un festival de musique en 2005, alors qu’elle avait 14 ans. Comme elle lui tendait un T-shirt à dédicacer, il a signé « en travers de ma poitrine », raconte-t-elle, avant de lui adresser un propos grossier sur son anatomie. « Il demandait à son garde du corps de m’emmener en coulisses. Il ne m’a même pas demandé si j’en avais envie. »

Outre les accusations de faits à caractère sexuel, cinq femmes apparaissant dans le documentaire affirment avoir reçu de la part de Leto des appels téléphoniques étranges et à connotation sexuelle. Plusieurs déclarent que l’avocat de Leto leur a demandé de signer des accords de confidentialité. Le documentaire donne aussi la parole à deux hommes ayant travaillé de longues années avec le groupe de Leto. Tous deux disent s’être sentis mal à l’aise face à la manière dont Leto interagissait avec des adolescentes. « Je crois que tout le monde trouvait que l’écart d’âge était beaucoup trop grand », déclare l’un d’eux.

Par Emily Zemler

Traduit par la rédaction.

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