Bristol Centaurus
| Constructeur | |
|---|---|
| Pays du constructeur |
UK |
| Années de production |
1942- |
| Application |
| Cylindrée |
53,6 L |
|---|---|
| Disposition |
18 cylindres en double étoile |
| Alésage |
146 mm |
| Course |
177 mm |
| Puissance max. |
3 000 ch |
|---|
Le Bristol Centaurus est l’ultime développement de la série de moteurs radiaux à soupapes à manchons construits par la Bristol Aeroplane Company. Le Centaurus est un 18 cylindres sur deux rangées, une disposition aussi appelée « double étoile ». Il a atteint finalement la puissance de plus de 3 000 ch (2 200 kW). Ce moteur est entré en service à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il fut l’un des moteurs à pistons d’avion les plus puissants à voler. Le Royal Navy Historic Flight exploite un Hawker Sea Fury, propulsé par un moteur Bristol Centaurus.
Origine
[modifier | modifier le code]Le Centaurus est issu du programme de développement de moteurs en étoile dotés d'une distribution à chemises louvoyantes commencé avec le Perseus à neuf cylindres testé en 1932. Roy Fedden, ingénieur en chef de la partie moteur de Bristol, est en effet convaincu que les soupapes classiques ont atteint leur limite de développement, et qu'augmenter la puissance et le régime des moteurs doit passer par une distribution entièrement nouvelle. Il s'oriente donc vers le système Burt-McCollum à chemises louvoyantes. Dans ce système, chaque cylindre est entouré d'un manchon dont le déplacement ouvre des lumières d'admission et d'échappement. Il a des avantages indéniables : il évite l’échauffement de la soupape d'échappement, offre une plus grande section pour renouveler l'air plus rapidement, et diminue aussi quelque peu l'encombrement du moteur (surtout pour un radial) en retirant les soupapes et les culbuteurs de la tête de cylindre. C'est cependant, mécaniquement, une solution très complexe. Selon l'historien Douglas Calum, la voie choisie par Bristol n'est pas la bonne, et les progrès des soupapes classiques au cours des années 30 (comme l'arrivée des soupapes refroidies au sodium) ont rendu de moins pertinents les avantages des moteurs à chemises louvoyantes. L'obstination de Bristol à développer cette solution complexe a retardé le développement de ses moteurs[1].
Le Perseus reprend les dimensions générales du Bristol Mercury (et a la même cylindrée de 24,9 litres) en adoptant les chemises louvoyantes. Le Bristol Hercules à 14 cylindres sur deux rangées est une extrapolation logique du Perseus. Produit à partir de 1939, il joue un rôle important pendant la guerre, étant produit en masse (plus de 57000 exemplaires) pour des avions comme le Bristol Beaufighter. Le développement du Centaurus commence peu après celui du Hercules, comme une version 18 cylindres de la même famille. Ce qui devait, initialement, être un développement relativement simple dans la continuité des deux moteurs précédents se révèle plus long et complexe que prévu. De nouveaux alliages doivent être mis en oeuvres, certaines pièces butant sur des limites métallurgiques. La suralimentation est l'objet de nombreux problèmes techniques : pour réduire la longueur du moteur, il a été choisi d'utiliser un compresseur sans l'extension incurvée des pales qu'on rencontre sur le Hercules, ce qui cause des difficultés imprévues. En cours de développement, il est décidé d'augmenter la course des cylindres, portant la cylindrée du moteur à 53,6 litres (au lieu de 49,8 L). Par ailleurs, avec le déclenchement de la guerre, la priorité est la production en masse et l'amélioration incrémentale des moteurs existants et importants pour l'effort de guerre (pour Bristol, le Hercules), ce qui retarde le développement de nouveaux moteurs. Ainsi, malgré des tests au banc des 1938, le centaurus n'est pas produit avant 1942, et c'est à l'extrême fin de la guerre que des appareils l'utilisant entrent en service. Le Centaurus n'est finalement produit qu'à environ 2500 exemplaires, un chiffre très modeste en comparaison avec les moteurs adoptés en masse pendant le conflit[2].
Technologie
[modifier | modifier le code]Comme ses prédécesseurs, le Centaurus est un moteur sans soupape, l'admission et l'échappement étant gérés par des manchons qui coulissent autour des cylindres et donc les ouvertures viennent se placer de façon à relier le cylindre au collecteur d'admission et au collecteur d'échappement aux moments opportuns (Système Burt-McCollum. La suralimentation est relativement peu évoluée, ne comprenant qu'un compresseur centrifuge à un seul étage et à deux vitesses (voire une seule vitesse sur quelques versions). Cela se traduit par des performances en haute altitude en-deça de celles d'autres moteurs de la même catégorie. De nouveaux développements du Centaurus sont entrepris après la guerre, dont l'utilisation de l'injection directe (inspirée du BMW 801 et l'adoption d'une turbo-compresseur en plus du compresseur mécanique (comme sur le R-3350 par exemple) mais ces développements, dans un contexte où les turboréacteurs et les turbocompresseurs s'imposent rapidement, n'aboutissent pas à une production en série[3].
- ensemble vilbrequin, bielles, roulements, réducteur et trains d'engrenages de la distribution.
- Gros plan sur le réducteur épicycloïodal
- Têtes de cylindres
- Compresseur centrifuge.
Applications
[modifier | modifier le code]Avions militaires
[modifier | modifier le code]Avions civils
[modifier | modifier le code]Après la guerre le Centaurus a été commercialisé sans grand succès pour les avions de ligne. Quelques Short Solent ont recu ce moteur en remplacement des Hercules d'origine[4]. Le Ambassador n'a été produit qu'à 23 exemplaires, Les Brabazon et BZ.308 sont restés au stade de prototype.
Moteurs exposés
[modifier | modifier le code]Des moteurs Bristol Centaurus conservés sont exposés au public dans les musées suivants :
- Aerospace Museum of California de North Highlands
- Fleet Air Arm Museum de RNAS Yeovilton (HMS Heron)
- Imperial War Museum de Duxford
- Science Museum de Londres
- Midland Air Museum de Coventry
- Shuttleworth Collection à Old Warden
- Dumfries and Galloway Aviation Museum
- Musée de l'air et de l'espace de San Diego
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Bristol_Centaurus » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Calum E. Douglas, The Secret Horsepower Race: Western Front Fighter Engine Development, Mortons Media Group, (ISBN 978-1-911658-50-4 et 978-1-911658-90-0)
- ↑ Fedden-the life of Sir Roy Fedden,Bill Gunston 1998,Rolls-Royce Heritage Trust Historical Series No 26, (ISBN 1 872922 13 9), p.175,179
- ↑ Victor F. Bingham et Lyndon Jones, Major piston aero-engines of World War II, Airlife, (ISBN 978-1-84037-012-6)
- ↑ (en) MOTAT, « Last of the Great Flying Boats: The Short Solent », sur images.ctfassets.net (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) L. Bridgman, Jane's Fighting Aircraft of World War II, Crescent, (ISBN 0-517-67964-7).
- (en) Bill Gunston, Development of Piston Aero Engines, Cambridge, UK, Patrick Stephens, (ISBN 0-7509-4478-1).
- (en) Bill Gunston, World Encyclopedia of Aero Engines : From the Pioneers to the Present Day, Sutton, UK, Stroud, (ISBN 0-7509-4479-X).
- (en) Alec Lumsden, British Piston Engines and Their Aircraft, Marlborough, UK, Airlife Publishing, , 322 p. (ISBN 1-85310-294-6).
- (en) Graham White, Allied Aircraft Piston Engines of World War II : History and Development of Frontline Aircraft Piston Engines Produced by Great Britain and the United States During World War II, Warrendale, Pennsylvania, SAE International, (ISBN 1-56091-655-9).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Bristol Centaurus » (consulté le ).
- JPV, « Le Bristol Centaurus », sur Les faucheurs de marguerites 02, ven 12 mai 2017 (consulté le ).
- (en) « Bristol Engine Co: Centaurus », sur Grace's Guide, (consulté le ).