Perak
| Perak Darul Ridzuan ڤيرق دار الرضوان | |
Héraldique |
Drapeau |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Statut | État fédéré |
| Capitale | Ipoh |
| Capitale royale | Kuala Kangsar |
| Sultan | Nazrin Muizzuddin Shah |
| Menteri Besar | Saarani Mohamad |
| Démographie | |
| Population | 2 574 900 hab. (est. 2025) |
| Densité | 122 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 4° 45′ nord, 101° 00′ est |
| Superficie | 2 114 600 ha = 21 146 km2 |
| Divers | |
| Hymne | Allah Lanjutkan Usia Sultan |
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Le Perak (en malais : Perak, prononcé /pe.raʔ/ ; en jawi : ڤيرق ; en chinois : 霹雳 ; en tamoul : பேராக்), officiellement le Perak Darul Ridzuan (ڤيرق دار الرضوان), est un État fédéré de Malaisie situé sur la côte occidentale de la péninsule Malaise. Sa capitale administrative et sa ville la plus peuplée est Ipoh, tandis que Kuala Kangsar constitue la capitale royale et le siège traditionnel du sultanat de Perak.
D’une superficie de 21 146 km2, le Perak est le deuxième plus vaste État de la Malaisie péninsulaire après le Pahang et le quatrième de la fédération. Il est bordé par le Kedah, Penang, le Kelantan, le Pahang et le Selangor, ainsi que par les provinces thaïlandaises de Yala et de Narathiwat au nord-est. Sa façade occidentale donne sur le détroit de Malacca[1]. Sa population est estimée à 2 574 900 habitants en 2025[2].
Le territoire est traversé par la rivière Perak et comprend plusieurs ensembles géographiques distincts : les forêts et montagnes du Hulu Perak au nord, les vallées minières de Kinta et de Larut, les plaines agricoles de Kerian et du bas Perak ainsi qu’un littoral ponctué de mangroves et d’îles, dont l’île de Pangkor. L’histoire moderne de l’État est profondément liée à l’extraction de l’étain, qui attire au XIXe siècle une importante main-d’œuvre chinoise et provoque l’intervention britannique consacrée par le traité de Pangkor de 1874.
Le Perak possède également un patrimoine archéologique majeur. Le patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong, qui conserve une séquence d’occupation humaine remontant à environ 1,83 million d’années, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012[3]. En 2026, le territoire élargi de Lenggong est également reconnu comme géoparc mondial de l’UNESCO[4].
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le nom commun malais perak désigne l’argent, métal blanc et brillant[5]. Le lien exact entre ce mot et le nom de l’État n’est cependant pas établi avec certitude.
Les traditions rapportées par le gouvernement de l’État proposent notamment une association avec Tun Perak, influent bendahara du sultanat de Malacca, ou avec les reflets argentés produits par des poissons dans l’eau. Ces récits relèvent de la tradition toponymique et ne constituent pas une étymologie historiquement démontrée[6].
Le complément honorifique Darul Ridzuan, d’origine arabe, est généralement traduit par « demeure de la grâce » ou « demeure de l’agrément ». Il est employé dans les dénominations officielles de l’État, de ses institutions et de certains bâtiments publics.
Géographie
[modifier | modifier le code]Situation et relief
[modifier | modifier le code]Le Perak occupe une grande partie du nord-ouest de la péninsule Malaise. Son territoire, allongé du nord au sud, s’étend de la frontière avec la Thaïlande jusqu’au fleuve Bernam, qui marque une partie de la limite avec le Selangor. Il comprend une façade maritime sur le détroit de Malacca ainsi que plusieurs îles côtières, dont Pangkor et Pangkor Laut.
Avec 21 146 km2, il représente environ 6,4 % de la superficie de la Malaisie. Les données officielles distinguent treize districts administratifs, dont le plus étendu est le Hulu Perak, largement couvert de reliefs, de forêts et de retenues d’eau[7].
L’est de l’État est dominé par la chaîne Titiwangsa, qui sépare le Perak du Kelantan et du Pahang. Le mont Korbu, culminant à 2 183 m, est le point le plus élevé de l’État et le deuxième sommet de la Malaisie péninsulaire[8]. Les chaînes de Bintang et de Kledang délimitent d’autres vallées intérieures.
La vallée de Kinta, autour d’Ipoh, est caractérisée par des plaines alluviales et des collines calcaires isolées. Ces formations karstiques abritent des grottes, des sites archéologiques et plusieurs temples aménagés dans la roche. Plus au nord, les bassins de Larut et de Kuala Kangsar sont encadrés par les monts Bintang, tandis que les régions côtières et méridionales présentent des reliefs généralement plus bas.
Hydrographie et climat
[modifier | modifier le code]La rivière Perak constitue le principal axe hydrographique de l’État. Elle prend naissance dans les hautes terres du nord, traverse le lac Temengor et les régions de Kuala Kangsar et du Perak Tengah, puis se jette dans le détroit de Malacca près de Bagan Datuk. Son bassin couvre une grande partie du territoire et joue un rôle majeur dans l’approvisionnement en eau, l’irrigation, la production hydroélectrique et la prévention des inondations.
Les autres cours d’eau importants comprennent les rivières Kinta, Plus, Bidor, Batang Padang, Kerian, Bernam et Larut. Les plaines alluviales de Kerian, dans le nord-ouest, sont notamment utilisées pour la riziculture irriguée.
Le climat est de type équatorial, avec des températures relativement uniformes, une forte humidité et des précipitations abondantes tout au long de l’année. Sur la côte occidentale de la péninsule, les maxima pluviométriques surviennent généralement durant les périodes de transition entre les moussons[9]. La quantité de pluie varie toutefois selon le relief : les zones montagneuses et Taiping sont particulièrement humides, tandis que certains secteurs côtiers autour de Manjung sont relativement moins arrosés.
Milieux naturels
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Le nord du Perak abrite le complexe forestier de Belum-Temengor, l’un des plus vastes ensembles continus de forêt tropicale de la péninsule. Le parc d’État de Royal Belum, classé comme parc d’État en 2007, figure depuis 2017 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO[10]. Il constitue un habitat pour de nombreuses espèces menacées, notamment le tigre de Malaisie, l’éléphant d’Asie, le tapir de Malaisie et plusieurs espèces de calaos.
Le littoral comprend d’importantes forêts de mangroves. La réserve de mangroves de Matang, près de Kuala Sepetang et de Taiping, fait l’objet d’une exploitation forestière organisée et de travaux scientifiques depuis le début du XXe siècle. Elle joue un rôle écologique dans la protection du littoral, la reproduction des espèces aquatiques et le stockage du carbone[11].
Le géoparc de Lenggong se situe entre les chaînes Titiwangsa et Bintang. Il associe terrasses fluviales, massifs calcaires, pics granitiques, dépôts volcaniques et traces d’un impact météoritique ancien. Sa désignation comme géoparc mondial en 2026 complète la reconnaissance archéologique accordée par l’UNESCO en 2012[4].
Histoire
[modifier | modifier le code]Préhistoire et premiers peuplements
[modifier | modifier le code]La vallée de Lenggong possède l’une des séquences archéologiques les plus longues d’Asie du Sud-Est. Les sites de plein air et les grottes de Bukit Bunuh, Kota Tampan, Bukit Jawa et Bukit Kepala Gajah ont livré des outils lithiques, des vestiges d’habitats et des sépultures couvrant une période comprise entre environ 1,83 million d’années et 1 700 ans avant le présent[3].
Parmi les découvertes les plus connues figure le Perak Man, squelette humain presque complet découvert dans la grotte de Gua Gunung Runtuh. Il aurait été inhumé il y a environ 10 000 ans avec des objets funéraires. Il constitue l’un des ensembles funéraires préhistoriques les mieux conservés de la région[12].
Les données archéologiques témoignent ensuite de cultures hoabinhiennes, néolithiques et de l’âge des métaux. Les sources historiques et traditions locales font état, avant la fondation du sultanat, de plusieurs entités politiques dans les régions de Manjung, Beruas, Perak Tengah et Hulu Perak. La nature, l’étendue et la chronologie de certaines de ces formations restent cependant discutées[6].
Formation du sultanat
[modifier | modifier le code]Le sultanat de Perak fait traditionnellement remonter sa fondation à Muzaffar Shah Ier, installé comme souverain en 1528. Selon la généalogie royale, il était un fils du sultan Mahmud Shah, dernier souverain de Malacca avant la prise de la ville par les Portugais en 1511[13].
La nouvelle dynastie reprend plusieurs institutions et titres de la cour de Malacca. L’autorité du sultan demeure cependant partagée avec les chefs territoriaux et les familles aristocratiques contrôlant les vallées fluviales, les districts miniers et les routes commerciales.
Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, le Perak est soumis aux pressions successives de l’Aceh, du Siam et de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. L’importance stratégique du territoire repose principalement sur ses réserves d’étain. Les Néerlandais, établis à Malacca, cherchent à contrôler ce commerce et construisent en 1670 un entrepôt fortifié sur l’île de Pangkor[14].

Essor minier et guerres de Larut
[modifier | modifier le code]Bien que l’étain soit exploité depuis plusieurs siècles, la production prend une nouvelle dimension au milieu du XIXe siècle. La découverte de riches gisements à Larut, traditionnellement attribuée à Long Jaafar en 1848, entraîne l’ouverture de nombreuses mines et la croissance rapide de villes comme Klian Pauh, future Taiping, et Klian Baru, future Kamunting[6].
Les exploitants font venir un grand nombre de travailleurs chinois, organisés en associations régionales, sociétés d’entraide et sociétés secrètes. Les rivalités opposant notamment les groupes Hai San et Ghee Hin dégénèrent en une série de conflits connus sous le nom de guerres de Larut. Ces affrontements perturbent la production et le commerce de l’étain.
Parallèlement, la mort du sultan Ali en 1871 déclenche une crise de succession. Raja Abdullah, qui estime avoir été écarté au profit de Raja Ismail, demande l’aide du gouverneur britannique des Établissements des détroits, Andrew Clarke. Les négociants britanniques de Penang et de Singapour réclament également une intervention afin de protéger le commerce régional.
Traité de Pangkor et domination britannique
[modifier | modifier le code]Le traité de Pangkor est signé le . Il reconnaît Raja Abdullah comme sultan et prévoit la nomination d’un résident britannique dont les avis doivent être sollicités et suivis dans toutes les affaires, à l’exception de la religion islamique et des coutumes malaises. Le résident reçoit également une influence directe sur la perception des recettes et l’administration générale[15].
Le traité marque une rupture avec la politique britannique officielle de non-intervention dans les États malais. James W. W. Birch devient le premier résident britannique de Perak. Ses tentatives pour réorganiser la fiscalité, limiter les pouvoirs des chefs locaux et modifier les pratiques administratives suscitent une forte opposition.
Birch est assassiné à Pasir Salak le par des hommes agissant dans le cadre d’un complot impliquant plusieurs dignitaires. Les Britanniques répliquent par une campagne militaire, parfois appelée guerre de Perak. Plusieurs chefs sont exécutés ou exilés, tandis que le sultan Abdullah est déposé et envoyé aux Seychelles.
Le système résidentiel est ensuite consolidé. Le Conseil d’État de Perak est établi en 1877 afin d’associer le sultan, les dignitaires malais et des représentants chinois aux décisions administratives, bien que le pouvoir colonial y demeure prépondérant. Taiping devient le principal centre administratif et minier du nord de l’État.
En 1896, le Perak est réuni au Selangor, au Negeri Sembilan et au Pahang dans les États malais fédérés sous autorité britannique. La fédération centralise une grande partie des finances, des chemins de fer, des postes et de l’administration à Kuala Lumpur.
Du XXe siècle à l’indépendance
[modifier | modifier le code]Au début du XXe siècle, l’économie repose sur l’étain et le caoutchouc naturel. L’expansion des mines de la vallée de Kinta favorise le développement d’Ipoh, Batu Gajah, Kampar et Gopeng. Des travailleurs venus de Chine et d’Inde transforment durablement la composition démographique de l’État.
Le chemin de fer relie progressivement les districts miniers aux ports de Penang et de Port Weld, aujourd’hui Kuala Sepetang. Ipoh supplante peu à peu Taiping comme principal centre économique et devient ultérieurement la capitale administrative de l’État.
Le Perak est occupé par l’Empire du Japon de 1941 à 1945. Après la capitulation japonaise, il est intégré à l’Union malaise en 1946, puis à la Fédération de Malaisie en 1948. Les mines, plantations et zones forestières de l’État deviennent plusieurs des principaux terrains d’opération de l’insurrection communiste durant l’état d’urgence, proclamé de 1948 à 1960[6].
Le Perak devient un État de la Fédération de Malaisie indépendante le , puis de la nouvelle fédération de Malaisie lors de sa formation le .
À partir de la fin du XXe siècle, le recul de l’industrie de l’étain conduit à une diversification vers les services, la construction, l’industrie manufacturière, l’agriculture commerciale et le tourisme. De nombreuses anciennes mines à ciel ouvert sont transformées en lacs, parcs, zones résidentielles ou espaces industriels.
Politique et administration
[modifier | modifier le code]Institutions de l’État
[modifier | modifier le code]Le Perak est une monarchie constitutionnelle au sein de la fédération malaisienne. Le sultan est le chef constitutionnel de l’État, le chef de l’islam et le gardien des coutumes malaises. Depuis 2014, le trône est occupé par le sultan Nazrin Muizzuddin Shah[16].
Le sultan nomme comme Menteri Besar un membre de l’Assemblée législative susceptible de disposer de la confiance de la majorité. Le Menteri Besar dirige le Conseil exécutif de l’État, chargé notamment des politiques foncières, de l’administration locale, de l’agriculture, de la gestion forestière et des questions religieuses relevant de l’État.
Depuis décembre 2020, la fonction est exercée par Saarani Mohamad. Il demeure en fonction en 2026 à la tête d’un gouvernement de coalition formé après les élections de 2022[17].
L’Assemblée législative de l’État de Perak est une chambre monocamérale élue. Elle adopte les lois relevant des compétences de l’État, approuve son budget et contrôle le Conseil exécutif. Les séances ont lieu dans le bâtiment Perak Darul Ridzuan à Ipoh.
La capitale royale, Kuala Kangsar, abrite l’Istana Iskandariah, résidence officielle du sultan, ainsi que plusieurs institutions et monuments liés à la monarchie.
Districts administratifs
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Le Perak est divisé en treize districts administratifs. Les districts sont eux-mêmes subdivisés en mukim et administrés par des bureaux de district et des terres. Les services municipaux sont assurés par quinze autorités locales[1].
La liste officielle actuelle distingue donc Larut et Matang de Selama. Les districts de Kampar, Muallim et Bagan Datuk ont été créés par séparation de territoires auparavant administrés par des districts plus vastes[18].
Population et société
[modifier | modifier le code]Démographie
[modifier | modifier le code]La population du Perak est estimée à 2 574 900 habitants au milieu de l’année 2025, contre 2 496 041 lors du recensement de 2020. La croissance annuelle récente est relativement modérée par rapport à celle des États de Selangor et de Johor. La densité moyenne atteint environ 122 hab./km2, mais elle varie fortement entre la vallée urbanisée de Kinta et les régions forestières du Hulu Perak[2].
Les principales concentrations de population se trouvent autour d’Ipoh, de Batu Gajah et de Kampar dans la vallée de Kinta, de Taiping et de Kamunting dans le nord-ouest, de Sitiawan, Seri Manjung et Lumut sur le littoral, ainsi que de Teluk Intan dans le sud-ouest.
Le Perak présente la population la plus âgée parmi les États malaisiens : en 2025, les personnes de 65 ans ou plus représentent 10,3 % de sa population. Les moins de 15 ans en constituent environ 20,5 %, tandis que 69,2 % des habitants ont entre 15 et 64 ans[2]. Cette structure s’explique notamment par une fécondité relativement faible, l’allongement de l’espérance de vie et les migrations de jeunes adultes vers les principaux pôles d’emploi du pays.
Composition ethnique et langues
[modifier | modifier le code]En 2025, le Perak compte environ 2 415 400 citoyens malaisiens et 159 500 non-citoyens. Parmi les citoyens, le Department of Statistics Malaysia estime à environ 1 507 000 le nombre de Bumiputera, dont la grande majorité sont des Malais. La population citoyenne comprend également environ 627 200 Chinois de Malaisie, 270 200 Indiens de Malaisie et 11 000 personnes classées dans les autres catégories[2].
Le malais est la langue officielle et la principale langue de l’administration et de l’enseignement public. Le parler malais du Perak comporte plusieurs variantes locales, notamment dans les vallées du Perak et de Kuala Kangsar.
Les communautés chinoises utilisent le mandarin ainsi que différentes variétés chinoises, principalement le cantonais, le hakka et le hokkien. Le tamoul demeure la principale langue communautaire d’une partie de la population d’origine indienne. Les groupes Orang Asli du nord et de l’est de l’État parlent notamment des langues appartenant aux branches asliennes de la famille austroasiatique.
L’islam est la religion officielle de l’État. Le paysage religieux comprend également de nombreux temples bouddhistes, taoïstes et hindous, des églises chrétiennes et des sanctuaires chinois, particulièrement dans les anciennes villes minières.
Économie
[modifier | modifier le code]L’économie du Perak a longtemps reposé sur l’extraction de l’étain et la culture du caoutchouc. La vallée de Kinta et la région de Larut comptaient parmi les principales zones productrices d’étain au monde aux XIXe et XXe siècles. Le recul de la production minière a conduit l’État à développer les services, l’industrie manufacturière, l’agriculture commerciale, la construction et le tourisme.
Selon le Department of Statistics Malaysia, le produit intérieur brut réel du Perak atteint environ 91,5 milliards de ringgits en 2025, en progression de 5,7 % par rapport à 2024. L’État représente alors environ 5,3 % du PIB national[19].
Les services constituent le premier secteur économique, avec environ 61,8 % du PIB de l’État en 2025. Ils comprennent le commerce, la restauration, l’hôtellerie, les transports, les services publics et les activités administratives. Ipoh est le principal centre commercial, administratif, médical et éducatif.
L’industrie manufacturière représente environ 21,1 % du PIB. Elle comprend notamment la fabrication d’équipements de transport, de composants électriques et électroniques, de produits métalliques, de matériaux de construction, de produits chimiques, de caoutchouc et de denrées alimentaires. Des zones industrielles sont implantées autour d’Ipoh, de Chemor, de Batu Gajah, de Kamunting, de Lumut et de Tanjung Malim. Cette dernière accueille notamment des activités liées à l’industrie automobile.
L’agriculture représente 13,6 % du PIB, une proportion supérieure à la moyenne nationale. Les principales productions comprennent le palmier à huile, le caoutchouc, le riz, les fruits, les légumes, l’élevage et la pêche. Les rizières sont concentrées dans le district de Kerian, tandis que les plantations de palmiers à huile dominent plusieurs régions côtières et méridionales.
Le complexe maritime de Lumut et de Seri Manjung regroupe des activités portuaires, navales, énergétiques, industrielles et halieutiques. Lumut abrite également l’une des principales bases de la Marine royale malaisienne.
Transports
[modifier | modifier le code]Réseau routier
[modifier | modifier le code]L’autoroute Nord-Sud constitue le principal axe terrestre du Perak. Elle traverse l’État de Parit Buntar à Tanjung Malim et dessert notamment Taiping, Kuala Kangsar, Ipoh, Gopeng, Kampar, Tapah et Bidor. Ouverte par étapes et achevée dans les années 1990, elle relie le Perak à Penang, au Kedah, à la vallée de Klang et au sud de la péninsule[20].
La route fédérale 1 suit en partie l’ancien axe routier reliant les principales villes de l’intérieur. D’autres routes traversent les montagnes vers les Cameron Highlands, le Kelantan et la frontière thaïlandaise.
L’autoroute de la Côte-Ouest dessert les districts côtiers de Bagan Datuk, Hilir Perak et Manjung avant de rejoindre l’autoroute Nord-Sud près de Taiping. Son tracé total entre Banting et Taiping comprend environ 139,2 km dans le Perak[21].
Chemin de fer
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La ligne ferroviaire principale de la côte occidentale traverse le Perak du nord au sud. Les services électriques interurbains KTM ETS desservent notamment Parit Buntar, Bagan Serai, Taiping, Kuala Kangsar, Sungai Siput, Ipoh, Batu Gajah, Kampar, Tapah Road, Sungkai, Slim River et Tanjung Malim. Ils relient directement l’État à Padang Besar, Butterworth, Kuala Lumpur, Gemas et Johor Bahru[22].
Des services de banlieue du réseau KTM Komuter relient également plusieurs localités du sud de l’État à la vallée de Klang et certains secteurs du nord à Penang et au Kedah.
La gare d'Ipoh, construite durant la période coloniale et largement reconstruite au début du XXe siècle, constitue à la fois le principal nœud ferroviaire de l’État et l’un des monuments les plus reconnaissables de la ville.
Transports aérien et maritime
[modifier | modifier le code]L’aéroport Sultan Azlan Shah, situé à Ipoh, assure des liaisons régionales. Sa capacité et son réseau sont toutefois sensiblement plus restreints que ceux des aéroports internationaux de Penang et de Kuala Lumpur, qui desservent également une partie de la population du Perak.
Lumut possède des installations portuaires commerciales et militaires. Des traversées régulières relient Lumut et Marina Island à l’île de Pangkor. Plusieurs petits ports et débarcadères de pêche sont répartis le long de la côte, notamment à Kuala Sepetang, Pantai Remis, Bagan Datuk et Hutan Melintang.
Patrimoine, culture et tourisme
[modifier | modifier le code]Patrimoine archéologique et naturel
[modifier | modifier le code]Le patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong est le seul bien du Perak inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Il se compose de quatre sites regroupés en deux ensembles archéologiques le long de la rivière Perak. Son intérêt réside dans la durée exceptionnelle de la séquence humaine, dans la conservation des ateliers de fabrication d’outils et dans les sépultures préhistoriques[3].
Les principales destinations naturelles comprennent le parc d’État de Royal Belum, le lac Temengor, les mangroves de Matang, les collines calcaires de la vallée de Kinta, Bukit Larut et les plages de Pangkor. Le développement du tourisme dans ces espaces est associé à des enjeux de conservation des forêts, de gestion de la fréquentation et de protection de la faune.
Villes historiques et architecture
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Kuala Kangsar conserve plusieurs des principaux monuments de la monarchie, notamment l’Istana Iskandariah, la mosquée Ubudiah et l’Istana Kenangan. La ville est également associée à des traditions artisanales malaises comme la poterie de Sayong et la broderie tekat.
Taiping, développée à partir des mines de Larut, conserve un important patrimoine colonial lié à l’administration britannique, au chemin de fer et aux institutions publiques. Ses jardins du lac ont été aménagés à partir d’anciens terrains miniers. La ville abrite également le musée de Perak, l’un des plus anciens musées du pays.
Ipoh possède un centre ancien formé durant la période d’expansion de l’étain. Il comprend la gare, l’hôtel de ville, l’ancien bureau de poste, des banques, des maisons de commerce et des quartiers de boutiques traditionnelles. Les collines calcaires des environs accueillent plusieurs temples rupestres bouddhistes et taoïstes.
À Batu Gajah se trouvent notamment le château de Kellie et plusieurs bâtiments liés à l’administration des mines et des plantations. Pasir Salak conserve un complexe historique consacré à l’assassinat de J. W. W. Birch et à la résistance locale contre l’administration coloniale.
L’île de Pangkor possède les vestiges du fort néerlandais de 1670 et plusieurs villages de pêcheurs. Elle constitue la principale destination balnéaire de l’État[23].
Vie culturelle
[modifier | modifier le code]La culture du Perak résulte de la coexistence de traditions malaises, chinoises, indiennes et orang asli. Les cérémonies de la cour de Kuala Kangsar, les formes locales de musique et de danse, les fêtes religieuses et les traditions culinaires reflètent cette diversité.
Ipoh est notamment connue pour une culture gastronomique issue de son passé minier et de ses communautés migrantes. Les anciennes villes minières conservent des associations claniques, temples, écoles et institutions communautaires fondées aux XIXe et XXe siècles.
L’hymne officiel de l’État, Allah Lanjutkan Usia Sultan, est interprété lors des cérémonies officielles et royales. Sa mélodie a servi de base au premier hymne national de la Fédération de Malaisie, Negaraku.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 (ms) « Latar belakang sosioéconomique de l’État de Perak », sur Department of Statistics Malaysia (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) « Current Population Estimates, Malaysia, 2025 », Department of Statistics Malaysia, (consulté le )
- 1 2 3 « Patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong », sur Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO (consulté le )
- 1 2 « L’UNESCO désigne douze nouveaux géoparcs mondiaux », sur UNESCO, (consulté le )
- ↑ (ms) « Perak », sur Pusat Rujukan Persuratan Melayu, Dewan Bahasa dan Pustaka (consulté le )
- 1 2 3 4 (ms) « Sejarah Ringkas Negeri Perak » [« Histoire abrégée de l’État de Perak »], sur Portail officiel du gouvernement de l’État de Perak (consulté le )
- ↑ (ms) « Saiz keluasan tanah mengikut negeri, Malaysia » [« Superficie terrestre par État, Malaisie »], Department of Statistics Malaysia, (consulté le )
- ↑ (en) « Mount Korbu », sur Visit Perak (consulté le )
- ↑ (en) « Malaysia's Climate », sur Malaysian Meteorological Department (consulté le )
- ↑ (en) « Royal Belum State Park », sur UNESCO World Heritage Centre (consulté le )
- ↑ (en) « Matang Mangrove Forest Eco-Education Center », sur Forestry Department of Peninsular Malaysia (consulté le )
- ↑ (ms) « Tapak Warisan Dunia UNESCO Lembah Lenggong » [« Site du patrimoine mondial de la vallée de Lenggong »], sur Département du patrimoine national de Malaisie (consulté le )
- ↑ (ms) « Senarai Sultan Perak Terdahulu » [« Liste des anciens sultans de Perak »], sur Bureau du sultan de Perak (consulté le )
- ↑ (en) « Dutch Fort Pangkor », sur Visit Perak (consulté le )
- ↑ (en) « Pangkor Treaty is signed », sur National Library Board Singapore (consulté le )
- ↑ (ms) « Sultan dan Raja-Raja Bergelar » [« Le sultan et les princes titulaires »], sur Bureau du sultan de Perak (consulté le )
- ↑ (en) « Prime Minister's Monthly Assembly and New Year Message 2026 », sur Portail officiel du gouvernement de l’État de Perak, (consulté le )
- ↑ (ms) « Daerah » [« Districts »], sur Portail officiel du gouvernement de l’État de Perak (consulté le )
- ↑ (en) « Gross Domestic Product by State, 2025 », sur Department of Statistics Malaysia, (consulté le )
- ↑ (en) « Our Expressways », sur PLUS Malaysia (consulté le )
- ↑ (en) « Frequently Asked Questions », sur West Coast Expressway (consulté le )
- ↑ (en) « Perkhidmatan ETS », sur Keretapi Tanah Melayu, (consulté le )
- ↑ (en) « Pangkor Island », sur Tourism Malaysia (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Barbara Watson Andaya, Perak, the Abode of Grace : A Study of an Eighteenth-Century Malay State, Kuala Lumpur, Oxford University Press,
- (en) Khoo Kay Kim et Andrew Clarke, « The Pangkor Engagement of 1874 », Journal of the Malaysian Branch of the Royal Asiatic Society, vol. 47, no 1, , p. 1-12
- (en) Emily Sadka, The Protected Malay States, 1874-1895, Kuala Lumpur, University of Malaya Press,
- (en) Isabella Lucy Bird, The Golden Chersonese and the Way Thither,
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (ms) Site officiel
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Ressources relatives à la géographie :