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Psaume 2

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Verset 11 sur la façade d'une synagogue à Sibiu en Roumanie.

Le psaume 2[1] est appelé en latin Quare fremuerunt, selon les premiers mots (l'incipit) de la version latine. Il n’indique pas son auteur, mais les Actes des Apôtres[2] l’attribuent à David. Le verset 7 de ce psaume apparaît plus loin dans ce même livre de la Bible chrétienne[3].

N.B. S’il y a conflit de numérotation des versets entre l’hébreu et le latin, c’est l’original hébreu qui prévaut et la traduction française le suit. Par contre, le latin ne se plie pas à la numérotation affichée. Les numéros de versets s'appliquent au texte latin, mais la traduction est décalée par endroits.

versetoriginal hébreu[4]traduction française de Louis Segond[5]Vulgate[6] latine
1לָ֭מָּה רָגְשׁ֣וּ גוֹיִ֑ם וּ֝לְאֻמִּ֗ים יֶהְגּוּ־רִֽיקPourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi les peuples ? Quare fremuerunt gentes, et populi meditati sunt inania ?
2יִ֥תְיַצְּב֨וּ ׀ מַלְכֵי־אֶ֗רֶץ וְרוֹזְנִ֥ים נֽוֹסְדוּ־יָ֑חַד עַל־יְ֝הֹוָ֗ה וְעַל־מְשִׁיחֽוֹPourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Éternel et contre son oint ?Astiterunt reges terræ, et principes convenerunt in unum adversus Dominum, et adversus Christum ejus.
3נְֽ֭נַתְּקָה אֶת־מֽוֹסְרוֹתֵ֑ימוֹ וְנַשְׁלִ֖יכָה מִמֶּ֣נּוּ עֲבֹתֵֽימוֹBrisons leurs liens, délivrons-nous de leurs chaînes ! Dirumpamus vincula eorum : et projiciamus a nobis jugum ipsorum.
4יוֹשֵׁ֣ב בַּשָּׁמַ֣יִם יִשְׂחָ֑ק אֲ֝דֹנָ֗י יִלְעַג־לָֽמוֹCelui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque d’eux.Qui habitat in cælis irridebit eos : et Dominus subsannabit eos.
5אָ֤ז יְדַבֵּ֣ר אֵלֵ֣ימוֹ בְאַפּ֑וֹ וּֽבַחֲרוֹנ֥וֹ יְבַהֲלֵֽמוֹPuis il leur parle dans sa colère, il les épouvante dans sa fureur :5 Tunc loquetur ad eos in ira sua, et in furore suo conturbabit eos.
6וַ֭אֲנִי נָסַ֣כְתִּי מַלְכִּ֑י עַל־צִ֝יּ֗וֹן הַר־קׇדְשִֽׁיC’est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte !Ego autem constitutus sum rex ab eo super Sion montem sanctum ejus, prædicans præceptum ejus.
7אֲסַפְּרָ֗ה אֶֽ֫ל־חֹ֥ק יְֽהֹוָ֗ה אָמַ֘ר־אֵלַ֥י בְּנִ֥י אַ֑תָּה אֲ֝נִ֗י הַיּ֥וֹם יְלִדְתִּֽיךָJe publierai le décret ; l’Éternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui.Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui te.
8שְׁאַ֤ל מִמֶּ֗נִּי וְאֶתְּנָ֣ה ג֭וֹיִם נַחֲלָתֶ֑ךָ וַ֝אֲחֻזָּתְךָ֗ אַפְסֵי־אָֽרֶץDemande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession ;Postula a me, et dabo tibi gentes hæreditatem tuam, et possessionem tuam terminos terræ.
9תְּ֭רֹעֵם בְּשֵׁ֣בֶט בַּרְזֶ֑ל כִּכְלִ֖י יוֹצֵ֣ר תְּנַפְּצֵֽםTu les briseras avec une verge de fer, tu les briseras comme le vase d’un potier.Reges eos in virga ferrea, et tamquam vas figuli confringes eos.
10וְ֭עַתָּה מְלָכִ֣ים הַשְׂכִּ֑ילוּ הִ֝וָּסְר֗וּ שֹׁ֣פְטֵי אָֽרֶץEt maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse ! Juges de la terre, recevez instruction !Et nunc reges intelligite : erudimini qui judicatis terram.
11עִבְד֣וּ אֶת־יְהֹוָ֣ה בְּיִרְאָ֑ה וְ֝גִ֗ילוּ בִּרְעָדָֽהServez l’Éternel avec crainte, et réjouissez-vous avec tremblement.Servite Domino in timore : et exsultate ei cum tremore.
12נַשְּׁקוּ־בַ֡ר פֶּן־יֶאֱנַ֤ף ׀ וְתֹ֬אבְדוּ דֶ֗רֶךְ כִּֽי־יִבְעַ֣ר כִּמְעַ֣ט אַפּ֑וֹ אַ֝שְׁרֵ֗י כׇּל־ח֥וֹסֵי בֽוֹBaisez le fils, de peur qu’il ne s’irrite, et que vous ne périssiez dans votre voie, car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui !Apprehendite disciplinam nequando irascatur Dominus, et pereatis de via justa. Cum exarserit in brevi ira ejus, beati omnes, qui confidunt in eo.

Usages liturgiques

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Début du psaume 2 dans Les Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, ms.65, f.45v. Miniature représentant David en cuirasse remerciant Dieu qui apparait dans une auréole.

Dans le judaïsme

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Dans le christianisme

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Chez les catholiques

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Ce psaume fut choisi par saint Benoît de Nursie pour l'office de prime du lundi, dans sa règle de saint Benoît fixée vers 530. Il était récité ou chanté entre le psaume 1 et le psaume 6[7].

Dans la liturgie des Heures actuelle, le psaume 2 est chanté ou récité à l’office des lectures du dimanche de la première semaine[8], avec le psaume 1 et le psaume 3.

Chaque mardi, les fidèles de l'Opus Dei, après avoir invoqué leur Ange Gardien et baisé le Rosaire, récitent en latin le Psaume 2[9].

Mise en musique

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En 1567, Thomas Tallis met en musique le psaume 2 dans 9 Psalm Tunes, pour le psautier de l'archevêque Parker. Le psaume 2 est l'un des psaumes utilisés dans le Messie de Haendel. Il figure à la fin de la seconde partie de la composition. En France, Pierre Robert compose un grand motet "Quare fremuerunt gentes", pour la Chapelle Royale au Louvre. Marc-Antoine Charpentier compose vers 1675 un "Quare fremuerunt gentes", pour solistes, chœur, cordes, et basse continue, H.168 - H.168 a et un autre, pour 3 voix, 2 dessus instrumentaux et basse continue, H.184 vers 1682. Plus tard, Michel-Richard de Lalande compose en 1706 son grand motet (S.70) concernant ce psaume. Il est utilisé par Mendelssohn dans le premier numéro de son op.78, Warum toben die Heiden. Il est opposé au psaume 24 dans le second mouvement des Chichester Psalms, de Leonard Bernstein. Il est aussi utilisé par Cyrillus Kreek dans son Taaveti Laul.

Notes et références

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  1. Les numérotations massorétique et grecque sont les mêmes pour ce psaume.
  2. Voir Actes 4, 25-26
  3. Voir Actes 13, 33 sur Wikisource, version Segond.
  4. L’original hébreu provient du site Sefaria.
  5. La traduction de Louis Segond est disponible sur Wikisource, de même que d'autres traductions de la Bible en français.
  6. La traduction de la Vulgate est disponible sur le Wikisource latin.
  7. Règle de saint Benoît, traduction par Prosper Guéranger, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, réimpression en 2007
  8. Le cycle principal des prières liturgiques se déroule sur quatre semaines.
  9. De spiritu et de piis servandis consuetudinibus - Del Espíritu y de las Costumbres, Roma, 1990 9e édition- n° 116

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Bibliographie

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Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :

  • Commentaires sur les psaumes, d’Hilaire de Poitiers, IVe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2008, collection sources chrétiennes no 515
  • Basile de Césarée, Magnifiez le Seigneur avec moi ! Homélies sur les Psaumes (extraits), Introduction, traduction et notes par Luc Brésard, o.c.s.o., (Foi vivante, 387 – Les classiques), Paris, Cerf, 1997, (ISBN 2-204-05643-X)
  • Commentaires sur les psaumes, de saint Jean Chrysostome, IVe siècleŒuvres complètes, M. Jeannin (dir. trad.), tome sixième. Commentaires sur les Psaumes et sur Isaïe – Homélies sur divers textes – Synopse de l'Ecriture sainte, Arras, Sueur-Charruey, 1887
  • Discours sur les psaumes, de saint Augustin, IVe siècle, 2 vol., collection « Sagesses chrétiennes », Éditions du Cerf
  • Séfer Tehilim, de Rachi, XIe siècle
  • saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes (jusqu'au psaume 52) (1273), Introduction, traduction, notes et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, osb, Paris, Cerf, 1996, (ISBN 2-204-05267-1).
  • Jehan Calvin, Commentaires sur le livre des Pseaumes (1557), Avec une table fort ample des principaux points traités Commentaires, tome premier, Paris, Ch. Meyrueis et Co., 1859.
  • Alphonse Maillot et André Lelièvre, Les Psaumes. Commentaire – Première partie, Genève, Labor et Fides, 1961.
  • Commentaire juif des psaumes, d’Emmanuel, Éditions Payot, 1963.
  • rabbin Avrohom Chaim Feuer, Tehilim – Les Psaumes (1977). Traduction et commentaires fondés sur les sources talmudiques, midrachiques et rabbiniques, Tamar Ittah (trad.), Volume I, 2e éd., 2e réimpr., (La Bible commentée), Paris, Colbo, 1990.

Liens externes

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