Ski nautique

Le ski nautique est un sport nautique consistant à se déplacer sur l'eau à l'aide de skis en se faisant tracter par un bateau à moteur, ou par un câble, sur un téléski nautique (Full Size ou bi-poulie). Il peut être pratiqué comme sport de loisirs. En compétition, il comporte quatre disciplines : le slalom, les figures, le saut et le combiné.
Historique
[modifier | modifier le code]Le ski nautique a été inventé en 1922 par Ralph Samuelson sur le Lac Pépin aux États-Unis[1],[2].
En 1925, Fred Waller dépose un brevet pour les premiers vrais skis nautiques appelés « Dolphin Akwa-Skees »[2].
En 1940, Jack Andersen met au point le premier ski pour faire des figures. Il s'agit d'un ski plus petit, plus large ne possédant aucune dérive.[réf. nécessaire]
Ce sport est popularisé par l'actrice américaine Esther Williams dans le film Désir d'amour (1953)[1].
Le ski nautique a fait une seule apparition aux Jeux olympiques d'été, en 1972 en tant que sport de démonstration[3]. Pierre Fradin[4] reste à ce jour le seul champion olympique de la discipline, avec un temps de 911 secondes[3].
Matériel
[modifier | modifier le code]Les premiers skis étaient faits en bois. À la fin des années 1970, la fibre de verre apparaît ; d'autres matériaux sont utilisés comme le carbone ou le graphite.
Les skis comportent une dérive réglable à l'arrière. Les skis de compétition actuels sont majoritairement réalisés en carbone, pour leur rigidité longitudinale et en torsion ainsi que pour leur légèreté. Les skis nautiques ressemblent aux skis alpins, mais plus larges et non paraboliques.
Les chausses
[modifier | modifier le code]Les fixations appelées « chausses » sont en caoutchouc, pour permettre un déchaussage du pied en cas de chute. En slalom et surtout en figures, un nombre croissant de compétiteurs utilisent des chausses-avant rigides, appelées « chausse technique » (ou « chausse tec »). Elles sont composées d'une coque similaire à celles utilisées pour les rollers en ligne. La première marque ayant conçu ces chausses est Reflex, suivie de Syndicate et Fluid Motion.
Elles possèdent un système de fixation issu du ski de randonnée ; il permet un déchaussage en cas de chute violente et plus de précision dans la prise de carre.
Marques de ski
[modifier | modifier le code]Les principales marques sont américaines : D3, Goode, Connelly, HO Syndicate, O'Brien, Jobe (devenue néerlandaise depuis), Radar. La plupart des marques européennes des années 1960 à 1970, SIMS et Horn ou la marque italienne Freyrie ont disparu. Le fabricant autrichien Fischer a lancé en 2006 un ski haut de gamme en carbone (le modèle « #01 »). Ces skis sont commercialisés à partir de 2010 sous la marque Razor Skis. Un autre fabricant autrichien, SansRival, commercialise des skis de slalom en carbone de haut de gamme depuis 2010. Les repreneurs de la marque française Reflex, à présent basée à Toulon, développent une gamme complète de skis de slalom et de figures mais aussi de fixations et d'accessoires.
Les bateaux
[modifier | modifier le code]Les skieurs sont tractés par un bateau motorisé à l'aide d'une corde comportant à son extrémité une poignée appelée le « palonnier ». Ils peuvent se déplacer latéralement en modifiant leur centre de gravité. Les skieurs peuvent aussi être tirés par un câble de téléski nautique.

Le ski est possible derrière un petit bateau équipé d'un moteur hors-bord d'une quarantaine de chevaux. Les bateaux utilisés en compétition mesurent habituellement entre 4 et 6 mètres et présentent certaines particularités. Ils sont motorisés par des moteurs (le plus souvent in-board) de 300 chevaux ou plus ; ils sont dotés d'un système zéro-off : il permet de garder une vitesse définie et régulière tout au long du tour malgré la forte traction du skieur.
Ils présentent un plan de pont très dégagé, avec un poste de pilotage avancé : le moteur et le mat de traction sont proches du centre de gravité, afin d'éviter un louvoiement de la poupe lorsqu'un skieur slalome derrière le bateau.
Enfin, les œuvres vives du bateau ont une forme particulière qui crée un sillage le plus plat possible. Ce point distingue les bateaux de ski nautique et ceux de wakeboard, qui doivent créer une vague de sillage haute afin de permettre des sauts.
Les principales marques de bateaux de ski nautique sont également américaines ou australiennes : Correct Craft, MasterCraft, Malibu, Centurion.
En France, la réglementation oblige la présence de deux personnes à bord du bateau : l'une pour la conduite du bateau et l'autre pour veiller sur le skieur[4].
Technique
[modifier | modifier le code]Départ de l'eau
[modifier | modifier le code]Le départ de l'eau s'effectue en position recroquevillée. Le plus important est de rester en boule, les genoux collés à la poitrine, les bras tendus. La pointe des skis doit sortir de l'eau afin de ne pas planter lors de la sortie de l'eau. Le skieur ne doit pas chercher à se relever trop vite lorsque le bateau démarre. Les débutants ont toujours tendance à tirer sur leurs bras pour regagner leur équilibre : dès qu'ils tirent sur leurs bras, ils se raidissent et tombent en arrière.
Pour résumer : gardez les bras tendus, pliez les genoux pour ne pas être trop raide et regardez loin devant vous.

Bi-ski
[modifier | modifier le code]Ce type de ski se pratique avec deux skis indépendants, plus facile pour les débutants. La plus grande surface obtenue avec les deux skis (en comparaison de celle d'un monoski) procure au skieur plus de portance et lui permet de sortir de l'eau plus facilement. Les jeunes débutants (dès l'âge de 3 ans) peuvent utiliser une version adaptée des bi-skis : ils seront à l'occasion liés entre eux et lestés à l'arrière pour accroître la stabilité des skis sous l'eau.
En bi-ski, la vitesse du bateau est adaptée au gabarit du skieur et se situe généralement entre 15 km/h (très jeunes skieurs) et 40 km/h. La vitesse du bateau n'augmente pas forcément proportionnellement au niveau du skieur.
Les disciplines du ski nautique
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Slalom
[modifier | modifier le code]Le slalom est l'une des trois épreuves de ski classique avec les figures et le saut. En slalom, le compétiteur skie sur un seul ski, dit « monoski » et doit contourner six bouées (situées de part et d'autre de la trajectoire rectiligne du bateau pendant que le bateau suit une ligne droite au centre d'un chenal)[5].
La compétition commence à 34 km/h (37 km/h pour la catégorie open) et progresse par palier de 3 km/h : 37, 40, 43, 46, 49, 52, 55 puis 58 km/h. Pour les femmes la vitesse maximale est limitée à 55 km/h. Chez les hommes, la vitesse est de 58 km/h dès l'entrée en catégorie Under 17 (skieurs ayant plus de 14 ans).
Après avoir contourné les six bouées, la vitesse du bateau est augmentée jusqu'à atteindre 55 km/h pour les femmes ou 58 km/h pour les hommes. Lorsque les six bouées sont prises à la vitesse maximale, la corde est raccourcie par paliers successifs (raccourcissement souvent désigné en langue anglaise par « x off » où « x » correspondant à la longueur de corde enlevée). Les bouées se situent toujours à la même distance du chenal dans lequel passe le bateau, le skieur a plus de mal à les contourner. À moins de 11,25 mètres, la corde est plus courte que la distance du chenal aux bouées : le skieur doit compléter la distance en se couchant sur l'eau.
La corde de slalom respecte un code couleur : il permet aux juges et au public de connaître la longueur :
- 18,0 m rouge
- 16,0 m orange (22 off)
- 14,25 m jaune (28 off)
- 13,0 m vert (32 off)
- 12,0 m bleu (35 off)
- 11,25 m violet (38 off)
- 10,75 m blanc (39.5 off)
- 10,25 m rose (41 off)
- 9,75 m noir (43 off)
- 9,50 m rouge (qui n'a jamais été franchi)
Le vainqueur de l'épreuve est celui qui a réussi à contourner le plus de bouées à la corde la plus courte. Le slalom en ski nautique est l'une des disciplines les plus athlétiques.
Le record du monde masculin est détenu depuis par Nate Smith, avec 2,5 bouées à 9,75 m (43 off). Le record féminin est détenu depuis par Regina Jaquess, avec 3,5 bouées à 10,25 m (41 off).
Figures
[modifier | modifier le code]Les figures consistent à accumuler durant deux parcours de 20 secondes le plus de points possible. Les points sont attribués selon un barème lié à la difficulté de la figure réalisée.
Le figuriste utilise un ski plus large et plus court que les skis de slalom ; il a la particularité de ne pas avoir de dérive. Les figures sont réalisées en « main-en-main », c'est-à-dire avec le palonnier dans les mains ou en « corde au pied » où le skieur met son pied dans le palonnier.
Cette discipline technique et spectaculaire a été longtemps dominée par le Français Patrice Martin. Le record du monde de figures est aujourd'hui détenu par le Biélorusse Aliaksei Zharnasek avec 12570 (réalisé en 2011) points et par l'Américaine Anna Gay chez les femmes avec 10700 points (réalisé en 2018).
La première femme à avoir franchi les 10000 points est Clémentine Lucine, le sur le plan d'eau de Recetto en Italie.
Saut
[modifier | modifier le code]Le saut est une discipline consistant à exécuter le saut le plus long possible à l'aide d'un tremplin. Le sauteur réalise son saut sur deux longs skis, généralement autour de 110-120 % de sa taille, munis de dérives longues d'une vingtaine de centimètres mais peu profondes pour pouvoir supporter le poids du skieur sur le tremplin et ne pas le déséquilibrer. Le skieur est tiré à l’arrière d’un bateau à une vitesse préalablement fixée et limitée à 57 km/h pour les hommes et 54 km/h pour les femmes. Le tremplin, d'une longueur de 6,80 m, est élevé selon la volonté du sauteur à 1,35 m (voir plus bas pour les plus jeunes), 1,50 m, 1,65 m, 1,75 ou 1,80 m.
Afin de sauter le plus loin possible, le skieur va prendre de la vitesse en effectuant des « coupes » (trajectoires diagonales à l'axe du bateau), accompagnées par un contre du bateau. Les meilleurs mondiaux arrivent à plus de 110 km/h sur le tremplin. À cause de la distance que parcourent les sauteurs professionnels, le bateau doit monter à 60 km/h au niveau du tremplin, sinon il risque de déséquilibrer et de faire tomber le skieur qui pourrait se blesser gravement en raison de la vitesse. En effet, la puissance du skieur lors de ces coupes peut ralentir la vitesse de traction de près de 5 km/h pour les skieurs de haut niveau. C'est pour cette raison que les bateaux sont équipés d'un switch, appareil accroché au mât du bateau et relié à la corde du skieur, afin que lorsque le skieur prend une accélération, le bateau accélère en fonction de sa traction. Adoptant en l'air une position comparable à celle des sauteurs à ski, le skieur va effectuer son saut et ne pas lâcher le palonnier pour que le saut soit homologué. En compétition, les skieurs ont droit à trois sauts par manche. Le record du monde masculin est actuellement détenu par le Canadien Ryan Dodd avec 77,4 mètres (256 ft) réalisé en 2017 et par l'Australienne Jacinta Carroll avec 60,3 mètres (198 ft) réalisé en 2016.
Combiné
[modifier | modifier le code]Chaque résultat de chaque discipline est converti en un nombre de points allant de zéro à mille. Le combiné est la somme des trois scores des trois disciplines, donnant un nombre entre zéro et trois-mille points. Seul un skieur pratiquant les trois disciplines (appelé « 3D » dans le jargon des skieurs) peut prétendre à des points. Il est alors appelé « combiniste ». Le record du monde du combiné est détenu par le Tchèque Adam Sedlmajer avec 2812,7 points (4 bouées à 10,25m; 10640 points et 65,7 mètres) et par la Biélorusse Natallia Berdnikava (record en cours d'homologation).
Bilan des championnats du monde de ski nautique
[modifier | modifier le code]Sports connexes
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- Le kneeboard, qui se pratique à genoux sur une planche
- Le wakeboard, qui se pratique les deux pieds fixés sur une planche, à l'instar du snowboard
- Le barefoot, qui se pratique pieds nus
- L'hydrofoil
- Le wakeskating, qui est une fusion du skateboard et du wakeboard
- Le wakesurfing, forme particulière de surf qui utilise la vague formée par le bateau comme une vague perpétuelle
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Jean-Marc Gonin, « Et le ski nautique sortit de l'eau », Le Figaro Magazine, semaine du 21 août 2015, p. 85
- 1 2 (en) « The History of Water Skiing », sur www.thoughtco.com, (consulté le )
- 1 2 (en) « Waterskiing », sur www.olympedia.org (consulté le )
- 1 2 Sports nautiques : Les sports tractés - Orange-marine.com
- ↑ « DISCIPLINES | EUROLAC Ecole de ski nautique », sur eurolac.fr (consulté le )
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) International Waterski & Wakeboard Federation (IWWF) - Fédération internationale de ski nautique et de wakeboard
- (en) IWWF Water Ski World Records : Open Women Tricks - IWWF
- Fédération française de ski nautique et de wakeboard (FFSNW)
- Fédération suisse de ski nautique et wakeboard (FSSW)
- Ressource relative au sport :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
