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Atari 2600

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Atari 2600
Atari Video Computer System (VCS)
Modèle « S » de l'Atari 2600 à quatre boutons en version « placage bois » (en anglais : wood veneer) datant de 1980 à 1982, présentée avec une manette, un joystick standard.

Fabricant
Type
Génération

Date de sortie
Fin de production
Système d'exploitation
-Voir et modifier les données sur Wikidata
Processeur
Mémoire interne
Média
Contrôleurs

Unités vendues
30 millions[4]
Jeu le plus vendu
Pac-Man (8 millions)

L'Atari 2600, historiquement connue sous le nom d'Atari Video Computer System (également appelée Atari VCS), est une console de jeux vidéo de deuxième génération développée et produite par le fabricant américain Atari. L’appareil est commercialisé dans un premier temps aux États-Unis le ou le , avant de s'exporter à l’échelle mondiale au cours des années suivantes, sortant notamment en France le .

La VCS repose sur le microprocesseur MOS 6507, une variante du MOS 6502 spécialement produite pour Atari, et popularise les jeux stockés sur des cartouches interchangeables, un format utilisé pour la première fois avec la Video Entertainment System en 1976. La VCS est vendue avec deux contrôleurs dotés d'un joystick, une paire de manettes à paddle reliées entre elles et une cartouche de jeu, initialement Combat puis Pac-Man à compter de .

La VCS est lancée en avec neuf jeux sur des cartouches de 2 Ko. Atari réalise le portage de bon nombre de ses jeux d'arcade sur cette console, notamment celui de Breakout qui dispose de couleurs alors que les originaux d'arcade présentent un affichage monochrome. Le premier system seller de la console est l'adaptation pour le marché domestique du jeu Space Invaders en , année où paraît également Adventure qui est l'un des premiers jeux d'action-aventure et contient le premier easter egg largement reconnu. À partir d'Asteroids, de nombreux jeux utilisent la commutation de banques pour permettre l'utilisation de cartouches de 8 Ko ou plus. Au moment de l'apogée de la console, en , des jeux aux graphismes et au gameplay nettement plus avancés que ce pour quoi la console avait été conçue sont commercialisés à l'instar de Pitfall!.

Avec la commercialisation de l'Atari 5200 qui lui succède en , l'Atari VCS est renommée Atari 2600. Cette évolution s’accompagne de diverses modifications de l’apparence extérieure, tandis qu'une localisation au Japon paraît en sous le nom d'Atari 2800. Ces transformations se poursuivent malgré un changement de propriétaire en , lorsque Warner cède les actifs de la division électronique grand public d'Atari à Jack Tramiel, ancien PDG de Commodore. La même année apparaît une autre variante, communément appelée Atari 2600 Junior et caractérisée par un boîtier plus compact. En , la nouvelle société Atari Corporation commercialise un modèle 2600 révisé et à bas prix, ainsi que l'Atari 7800, compatible avec les anciens modèles.

Le cycle de vie de la console est durement marqué par le krach de 1983 et l'enfouissement de jeux vidéo par Atari tels que Pac-Man et E.T. the Extra-Terrestrial. En dépit de la mise en vente de nouvelles consoles Atari, la reprise de l'industrie vidéoludique est menée par Nintendo avec le lancement nord-américain de la Nintendo Entertainment System en . La production de l'Atari 2600 prend fin en avec environ 30 millions d'unités vendues dans le monde au cours de son existence, un chiffre englobant l’ensemble des modèles. L’Atari 2600 est considérée comme l’une des consoles les plus importantes sur les plans économique et culturel de l’histoire du jeu vidéo. Son succès a conduit à l'essor des développeurs de jeux tiers tels qu'Activision, ainsi qu'à l'émergence des consoles de deuxième génération dont l'Intellivision et la ColecoVision avec lesquelles l'Atari 2600 entre en concurrence aux côtés de l'Atari 5200.

Contextualisation

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Chronologie de l'Atari 2600
1972Fondation de Atari Inc. par Nolan Bushnell et Ted Dabney
1973
1974
1975Production du MOS 6502
Lancement d'une console dédiée, la Home Pong
1976Vente d'Atari à Warner Communications
1977Lancement de la Video Computer System (VCS)
1978
1979Création d'Activision
1980Sortie de Space Invaders et Adventure
1981Développement de la commutation de banques avec Asteroids
1982Atari VCS rebaptisé Atari 2600 et lancement de l'Atari 5200
Sortie de Pac-Man et E.T.
1983Krach du jeu vidéo de 1983 et enfouissement de jeux vidéo par Atari
1984Vente d'Atari à Jack Tramiel
Fondation de Atari Corp. (domicile) et de Atari Games (arcade)
1985
1986Parution d'un modèle à 50 $ et lancement de l'Atari 7800
1987
1988
1989
1990Sortie de Klax, dernier jeu sur Atari 2600
1991
1992Fin de production


Atari, Inc. est une entreprise américaine fondée par Nolan Bushnell et Ted Dabney, dont l'incorporation est datée du [5]. Son premier produit majeur est Pong, lancé le sur borne d'arcade, premier jeu vidéo à pièces ayant rencontré un succès commercial[6],[7]. Alors qu’Atari continue de développer de nouveaux jeux d’arcade dans les années suivantes, Pong entraîne l’apparition de nombreux concurrents sur le marché en pleine expansion des jeux d’arcade. Cette concurrence, associée à d’autres erreurs stratégiques, provoque des difficultés financières pour Atari en , avant que l’entreprise ne se redresse à la fin de l’année[8].

En , Atari commercialise une console domestique dédiée, la Home Pong, qui entre en concurrence avec l'Odyssey de Magnavox, alors seul autre grand fabricant de consoles de salon. En effet, l'Odyssey, première console de l'histoire commercialement disponible dans le monde entier, montre le potentiel d'une console de jeux vidéo. Ses jeux sont les premiers à utiliser un système d'affichage matriciel directement produit par transformation du signal vidéo. C'est aussi le premier système de jeux vidéo à fonctionner sur une télévision du commerce[9]. Toutefois, les ingénieurs d’Atari constatent les limites de la logique câblée intégrée aux circuits, qui confine définitivement la console Home Pong à un seul jeu[10].

L’intensification de la concurrence accroît les risques, comme Atari l’a déjà constaté avec les jeux d’arcade puis avec les consoles de salon. Ces deux types de plateformes reposent sur l’intégration de composants électromécaniques discrets dans des circuits, plutôt que sur une programmation comme sur un ordinateur central. Ainsi, le développement d’une console coûte au minimum 100 000 dollars (soit environ 598 000 dollars en ), auxquels s’ajoute le temps de conception, alors que le produit final ne dispose que d’une durée de vie commerciale d’environ trois mois avant d’être dépassé par la concurrence[8].

Microprocesseur Motorola MC6800 en boîtier céramique à broches dorées.
Le microprocesseur 8 bits Motorola MC6800 est annoncé en , avec des livraisons dès [N 1].

Dès , Atari, Inc. acquiert Cyan Engineering (en), une entreprise d’électronique basée à Grass Valley et fondée par Steve Mayer et Larry Emmons, anciens collègues de Nolan Bushnell et Ted Dabney chez Ampex. Cette équipe contribue au développement de nouvelles idées pour les jeux d’arcade d’Atari[11],[12]. Avant même la sortie de la version domestique de Pong, les ingénieurs de Cyan, dirigés par Steve Mayer et Ron Milner, envisagent une console de salon reposant sur de nouveaux microprocesseurs programmables, capables d’exécuter les jeux d’arcade d’Atari de l’époque. Ces microprocesseurs programmables rendent la conception d’une console nettement plus simple et plus puissante que celle des systèmes dédiés à un seul jeu[12]. Cependant, le coût de ces composants, compris entre 100 et 300 dollars, dépasse largement ce que le marché peut supporter[10]. Atari entame néanmoins des négociations pour utiliser le nouveau Motorola 6800 de Motorola dans ses futurs systèmes[11].

Fabrication et programmation

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En , MOS Technology présente le microprocesseur MOS Technology 6502 au prix de 25 dollars lors du salon Wescon à San Francisco[13],[12]. Steve Mayer et Ron Milner assistent à l’événement et rencontrent Chuck Peddle, responsable de l’équipe ayant conçu la puce. Ils proposent d’utiliser le 6502 dans une console de jeu et suggèrent de poursuivre les discussions dans les locaux de Cyan Engineering après le salon[11]. Pendant deux jours, les ingénieurs de MOS Technology et de Cyan Engineering esquissent une conception de console fondée sur le MOS Technology 6502, selon les spécifications de Steve Mayer et Ron Milner[14]. Les modèles financiers montrent que, même à 25 dollars, le 6502 reste trop coûteux. Chuck Peddle leur propose alors le MOS Technology 6507, une version à coût réduit du 6502, ainsi que la puce MOS Technology RIOT destinée aux entrées-sorties. Cyan et MOS négocient ces deux composants à un prix de 12 dollars la paire[11],[15].

MOS met également Cyan en relation avec Microcomputer Associates, qui a développé indépendamment des logiciels et du matériel de débogage pour MOS, ainsi que le JOLT Computer, conçu pour tester le 6502. Peddle suggère que cet outil pourrait être utile à Atari et Cyan pour le développement de leur système[12]. Milner parvient à démontrer une preuve de concept d’une console programmable en adaptant Tank (en), un jeu d’arcade de la filiale d’Atari Kee Games, sur le JOLT[12]. Dans le cadre de l’accord, Atari souhaite disposer d’une seconde source d’approvisionnement pour le chipset. Chuck Peddle et Bill Paivinen suggèrent alors Synertek, dont le cofondateur, Bob Schreiner, est un proche de Peddle. En , Atari annonce au marché qu’elle poursuit son partenariat avec MOS Technology. L’équipe commerciale de Motorola a déjà informé sa direction que l’accord avec Atari est finalisé, ce qui provoque la colère de la direction. Celle-ci annonce le lancement d’une action en justice contre MOS la semaine suivante[11].

Photo représentant une Magnavox Odyssey sortie en 1972.
Photo représentant une Fairchild Channel F sortie en 1976.
La Video Computer System (VCS) entre en production après la sortie de l'Odyssey de Magnavox (), première console de jeux inaugurant la première génération. La VCS est néanmoins précédé par la Channel de Fairchild (), débutant la deuxième génération.

Atari se remet encore de ses difficultés financières de 1974 et a besoin de capitaux supplémentaires pour s'implanter pleinement sur le marché des consoles de salon. L'entreprise obtint des investissements modestes tout au long de l'année 1975, mais pas à l'échelle dont elle a besoin, et commence à envisager une vente à une entreprise plus importante. Atari est présentée à Warner Communications, qui voit dans l'industrie florissante du jeu vidéo un moyen de compenser la baisse des bénéfices de ses divisions cinéma et musique. Les négociations se déroulent au cours de l'année , période durant laquelle Atari se décharge de ses dettes, notamment en réglant un procès pour contrefaçon avec Magnavox concernant les brevets de Ralph Baer à la base de l'Odyssey[12]. Pendant ce temps, le fabriquant Fairchild annonce la Video Entertainment System (VES) — ensuite renommée Channel F après la sortie de la Video Computer System — au milieu de l'année 1976 pour une sortie prévue plus tard dans l'année, devançant ainsi Atari sur le marché[16]. En , Warner et Atari concluent un accord portant sur le rachat d'Atari pour 28 millions de dollars. Warner apporte un financement estimé à 120 millions de dollars, ce qui permet d'accélérer le développement de la console[17]. En , le projet est suffisamment avancé pour être baptisé « Video Computer System » (VCS) et pour initier le développement de ses jeux vidéo[8].

Lancement et succès

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Variantes de la console Atari 2600 selon les versions matérielles
Console Atari 2600 noire avec façade imitation bois, équipée de 6 interrupteurs en façade.
Le second modèle de l'Atari VCS adopte un boîtier en plastique plus léger et une forme plus anguleuse que celui de 1977 (modèle « Light Sixer », 1978-1980).
Console Atari 2600 noire avec façade imitation bois, équipée de 4 interrupteurs en façade.
À partir de 1980, l'Atari VCS ne comporte plus que quatre interrupteurs en façade et adopte un logotype en lettres majuscules (modèle « Woody », 1980-1982).

La console est présentée le lors du Consumer Electronics Show, avec une commercialisation prévue pour le mois d’octobre. L’annonce est apparemment retardée afin de laisser expirer les termes de l’accord lié au litige de brevet avec Magnavox, qui aurait donné à cette dernière accès à toutes les informations techniques concernant les produits Atari annoncés entre le et le [12]. Cependant, Atari rencontre des problèmes de production lors de sa première série, et les phases de test se révèlent compliquées en raison de l’utilisation de cartouches[18].

Des publicités dans la presse pour l'Atari Video Computer System apparaissent dès , la console arrivant en magasin dans les mois suivants[19]. La console est lancée au prix de 199 $, avec deux joysticks et une cartouche du jeu Combat ; huit autres jeux sont vendus séparément[20]. La plupart des jeux de lancement sont adaptés de titres d’arcade développés par Atari ou sa filiale Kee Games : Combat s’inspire notamment de Tank (en) (1974) et de Jet Fighter (en) (1975)[8].

Borne d’arcade Space Invaders avec écran affichant des vagues d’aliens, manipulée par un joueur.
Borne d'arcade Pac-Man avec écran montrant le labyrinthe, Pac-Man et des fantômes colorés.
Certains des jeux de l'Atari Video Computer System constituent des portages de titres issus de bornes d'arcade, à l'instar de Space Invaders (, par Taito) et Pac-Man (, par Namco).

Au cours de l’année , Atari, Inc. vend entre 350 000 et 400 000 unités de l’Atari VCS. Ce résultat est en partie attribué aux retards de livraison ainsi qu’au manque de familiarité des consommateurs avec une console à cartouches interchangeables, par opposition aux systèmes dédiés à un seul jeu[21]. En , Atari, Inc. ne vend que 550 000 des 800 000 consoles produites, ce qui nécessite un soutien financier supplémentaire de la part de Warner Communications pour couvrir les pertes[21]. Atari vend environ 600 000 consoles VCS en , portant le parc installé à un peu plus de 1,3 million d’unités[22].

Atari, Inc. obtient une licence de Taito pour développer une adaptation sur la Video Computer System de son succès d’arcade de , Space Invaders, ce qui en fait le premier portage officiel d’un jeu d’arcade sur une console de salon[23]. Atari vend 1,25 million de cartouches Space Invaders ainsi que plus d’un million de consoles VCS en , ce qui entraîne presque un doublement du parc installé, atteignant plus de 2 millions d’unités, puis environ 3,1 millions en [22].

En , 10 millions de consoles sont écoulées aux États-Unis, tandis que le jeu le plus vendu est Pac-Man[24], dont plus de 8 millions d’exemplaires sont écoulés en [N 2],[27]. Pac-Man contribue à porter les ventes mondiales de la VCS à 12 millions d’unités en , selon un article de du magazine InfoWorld[28]. Un article ultérieur d’InfoWorld d’ indique que plus de 15 millions de VCS ont été vendus en [29]. De son côté, un article de du magazine IEEE Spectrum estime les ventes à environ 3 millions d’unités en et 5,5 millions en , pour un total dépassant 12 millions de consoles VCS et environ 120 millions de cartouches écoulées[30].

Dans le monde anglo-saxon, la Video Computer System est distribué notamment au Royaume-Uni — d’abord à partir de par Ingersoll Electronics Ltd., puis par Railway Terrace — où elle se vend à 125 000 exemplaires en [31], ainsi qu'en Australie par Futuretronics, au Canada par Paragon Entertainment à partir de jusqu'à où sa distribution est transférée à Irwin Toys, en Irlande par Quintin Flynn de à puis par Omnitek à compter de cette date, en Nouvelle-Zélande par Monaco, à Singapour par Hin Seng Ltd., en Afrique du Sud par Frank & Hirsch, à Hong Kong par Wong's Kong King Ltd et en Malaisie par Perangsang International Sdn Bhd[32]. En Europe, la VCS se vend à 450 000 unités en Allemagne de l'Ouest en [33]. En France, la console est lancée le et atteint 600 000 unités vendues en [34]. Au Japon, la console est distribuée par Epoch Co. dès sous le nom « Cassette TV Game » mais ne rencontre pas le même succès que la Cassette Vision, lancée par Epoch en [35].

Photo d'une version sombre de l'Atari 2600 avec un joystick
L'Atari Video Computer System est renommé Atari 2600, comme sur le modèle dit « Darth Vader », surnommé ainsi pour sa couleur en référence à l'antagoniste du film La Guerre des étoiles de 1977.

En , Atari, Inc. lance sa deuxième console programmable, l'Atari 5200. Afin d’uniformiser la nomenclature, la Video Computer System est renommé Atari 2600, le chiffre provenant du numéro de pièce CX2600[36]. Toujours la même année, la fabrication d’une Atari 2600 coûte environ 40 $ pour un prix de vente moyen de 125 $. Chaque cartouche coûte entre 4,50 $ et 6 $ à produire, auxquels s’ajoutent 1 $ à 2 $ de frais publicitaires, pour un prix de gros de 18,95 $[37].

Développement par des tiers

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Activision, fondée par David Crane, Larry Kaplan, Alan Miller et Bob Whitehead en [38], commence à développer des jeux pour l'Atari 2600 en tant qu’éditeur tiers, en s’appuyant sur leur connaissance de la conception du système et des techniques de programmation, et publie ses premiers jeux en [38]. Parmi ses plus grands succès figurent Kaboom! (1981) et Pitfall! (1982), vendus respectivement à au moins un million et quatre millions d’exemplaires[39]. En 1980, Atari, Inc. tente de bloquer la vente des cartouches Activision, accusant les quatre fondateurs de violation de propriété intellectuelle[40]. Les deux entreprises parviennent finalement à un accord à l’amiable : Activision accepte de verser des redevances à Atari pour ses jeux[40]. Cet accord fait d’Activision le premier développeur tiers de jeux vidéo et établit un modèle de licence qui reste utilisé par les fabricants de consoles pour le développement de jeux[41].

Le succès d'Activision conduit, au début des années , à la création d’autres développeurs tiers de jeux pour la Atari 2600, suivant son modèle[42],[43],[44], parmi lesquels U.S. Games (en), Telesys (en), Games by Apollo, Data Age (en), Zimag, Mystique et CommaVid (en). La fondation de Imagic inclut d’anciens programmeurs d’Atari[40]. Mattel et Coleco, qui produisent déjà chacun leur propre console plus sophistiquée, conçoivent des versions simplifiées de leurs jeux existants pour l'Atari 2600, Mattel utilisant la marque « M Network » pour ses cartouches. En , les jeux tiers représentent la moitié des ventes de jeux sur VCS[45].

Déclin et refonte

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Photo représentant une Intellivision sortie en 1979 rivalisant avec l'Atari 2600.
Photo représentant une ColecoVision sortie en 1982 rivalisant avec l'Atari 2600.
L'Atari 2600 rivalise au cours de son cycle de vie avec les consoles de jeux vidéo de deuxième génération, telles que l'Intellivision de Mattel () et la ColecoVision de Coleco ().

En plus du développement de jeux tiers, Atari, Inc. fait face à une première menace majeure pour sa domination matérielle avec la ColecoVision. Coleco détient en effet une licence de Nintendo pour développer une adaptation domestique du succès d’arcade de , Donkey Kong, incluse avec chaque console ColecoVision[46].

Coleco atteint environ 17 % du marché du matériel en , contre 58 % pour Atari[47]. Face à la concurrence des éditeurs tiers, Atari cherche à maintenir sa position dominante en acquérant des licences de jeux d’arcade populaires et d’autres propriétés afin de les adapter[48]. La version Atari 2600 de Pac-Man présente de nombreuses imperfections techniques et esthétiques, mais se vend néanmoins à plus de 7 millions d’exemplaires[49].

Photo montrant une personne retrouvant des cartouche du jeu Atari E.T enterré dans le désert du Nouveau-Mexique.
Suite au krach de 1983, Atari décide d'enfouir ses jeux vidéo tels que Breakout (1978), Centipede (1981) et E.T. (1982).

À l’approche des fêtes de fin d’année , Atari fonde de fortes attentes commerciales sur E.T. the Extra-Terrestrial, adaptation du film E.T., l'extra-terrestre, programmée en environ six semaines. Atari produit près de 4 millions de cartouches[50], mais le jeu reçoit un accueil critique négatif et ne se vend qu’à environ 1,5 million d’exemplaires[51]. En , Warner Communications révise à la baisse ses prévisions de résultats à destination de ses actionnaires : alors qu’une croissance annuelle de 50 % était attendue, l’entreprise n’anticipe plus qu’une hausse de 10 % à 15 %, en raison du recul des ventes chez Atari, Inc.[52],[53].

Combinée à la saturation du marché des jeux vidéo domestiques, cette situation fragilise Atari et pousse les investisseurs à retirer leurs capitaux du secteur, déclenchant une série d’effets en cascade qui aboutissent à ce que l’on appelle le krach du jeu vidéo de 1983[52]. De nombreux développeurs tiers créés avant ferment leurs portes, tandis que Mattel et Coleco se retirent également du marché du jeu vidéo d’ici [54].

Photo représentant Jack Tramiel, fondateur de Commodore International
Jack Tramiel, fondateur de Commodore International, s'exprimant lors de la cérémonie marquant le 25e anniversaire du Commodore 64 (2007).

En , Atari, Inc. envoie 14 camions de cartouches invendues d'Atari 2600 ainsi que du matériel dans une décharge du désert du Nouveau-Mexique[55]. Cet événement est longtemps considéré comme une légende urbaine affirmant que des millions de cartouches y ont été enterrées. Toutefois, lors de l’excavation du site en , environ 700 000 cartouches sont effectivement retrouvées, confirmant les témoignages d’anciens dirigeants d’Atari[56].

Atari enregistre une perte de 536 millions de dollars pour l’ensemble de l’année [57],  et continue de perdre de l’argent en , avec une perte de 425 millions de dollars au deuxième trimestre[58]. À la mi-, le développement de jeux pour la 2600 a pratiquement cessé, à l’exception de ceux d’Atari et d'Activision[59]. Warner, réticente à continuer de soutenir sa division Atari en difficulté, commence à rechercher des acquéreurs. En , elle vend la majeure partie des actifs des divisions électronique grand public et micro-informatique d’Atari, Inc. à Jack Tramiel, fondateur de Commodore, dans une transaction évaluée à 240 millions de dollars. Commodore fonde alors Atari Corp., bien que Warner conserve toutefois l'activité arcade d’Atari, qui est rebaptisée Atari Games[58]. Jack Tramiel, partisan des ordinateurs personnels, met rapidement fin à tout développement de jeux pour l'Atari 2600 après cette acquisition[58].

En , Atari Corp. commercialise une version redessinée de l'Atari 2600, soutenue par une campagne publicitaire mettant en avant un prix « inférieur à 50 dollars »[60]. Atari publie ses derniers jeux entre et , dont Secret Quest (en)[61], et Fatal Run (en)[62],[63]. En , plus de 20 millions d’unités de l'Atari 2600 ont été vendues dans le monde[64],[65]. La dernière sortie sous licence Atari est la version PAL — région correspondant à l'Europe de l'Ouest — du jeu d’arcade Klax en 1990[66]. Après plus de 14 ans sur le marché, la production de l’Atari 2600 ainsi que de l'Atari 7800 — console de troisième génération qui lui succède en 1986 — et des ordinateurs Atari 8-bits, cesse en [67].

Malgré cela, les ventes de la 2600 se poursuivent en Europe pendant encore plusieurs années. Au Royaume-Uni, où l'Atari 2600 coûte moins de 39,99 £, la console est principalement distribuée par des chaînes de vente par correspondance et reste attractive dans les magasins Littlewoods (en), tandis que 200 000 unités sont vendues sur le continent en [68]. Après la chute du communisme, Atari tente de commercialiser légalement l'Atari 2600 et l'Atari 7800 dans les anciens pays du bloc de l'Est, le faible prix constituant le principal atout des consoles. Cependant, Atari est devancé par des clones encore moins chers et facilement disponibles appelés « Rambo TV Game 2600 » — commercialisés avec le personnage du film Rambo de 1982 — qui contient jusqu’à plusieurs centaines de jeux intégrés[69],[70],[71]. En Europe de l'Ouest, les derniers stocks de l'Atari 2600 et de l'Atari 7800 se vendent jusqu’à l’automne [72].

Le processeur de l'Atari 2600 est le MOS Technology 6507, une version du 6502[73], fonctionnant à une fréquence de 1,19 MHz dans la console[74]. Bien que leur silicium interne soit identique, le 6507 est moins coûteux que le 6502, car son boîtier comporte moins de broches d’adressage mémoire, 13 au lieu de 16[75].

Les concepteurs de l'Atari 2600 choisissent une interface de cartouche peu coûteuse[76], qui possède une broche d’adressage en moins par rapport aux 13 autorisées par le 6507, réduisant davantage la mémoire adressable déjà limitée, de 8 ko (2¹³ = 8 192) à 4 ko (2¹² = 4 096). Cette capacité est alors considérée comme suffisante, puisque le jeu Combat n’occupe que 2 ko[77]. Par la suite, les jeux contournent cette limitation grâce à la commutation de banques (bank switching)[78].

La console dispose de 128 octets de mémoire vive (RAM) utilisés comme espace de travail, pour la pile d’appels (call stack) et pour l’état de l’environnement du jeu[79].

Photo représentant une atari 2600 branché sur un téléviseur à tube cathodique.
Une Atari 2600 branché sur un téléviseur à tube cathodique

L'Atari 2600 est conçu pour être compatible avec les téléviseurs à tube cathodique (CRT) produits à la fin des années et au début des années , lesquels ne disposent généralement pas d’entrées vidéo auxiliaires permettant de recevoir des signaux audio et vidéo provenant d’un autre appareil. Par conséquent, pour se connecter à un téléviseur, la console génère un signal de radiofréquence compatible avec les normes télévisuelles régionales (NTSC, PAL ou SECAM), en utilisant un boîtier de commutation spécial faisant office d’antenne pour le téléviseur[80],[81].

Atari développe la puce Television Interface Adaptor (TIA) dans la VCS afin de gérer les graphismes et la conversion vers un signal télévisuel. Celle-ci fournit un registre d’arrière-plan monochrome de 20 bits couvrant la moitié gauche de l’écran (chaque bit représentant 4 pixels adjacents), lequel est soit répété, soit reflété sur la partie droite. Le système dispose de cinq sprites monochromes : deux « joueurs » d’une largeur de 8 pixels ; deux « missiles » d’un bit, partageant les mêmes couleurs que les joueurs ; ainsi qu’une « balle » d’un pixel, partageant la couleur de l’arrière-plan. Les sprites d’un bit peuvent tous être étirés pour atteindre une largeur de 1, 2, 4 ou 8 pixels[82].

Le système est conçu sans mémoire tampon d’image (« frame buffer ») afin d’éviter le coût de la mémoire vive associée. L’arrière-plan et les sprites s’appliquent à une seule ligne de balayage (scan line) et, à mesure que l’affichage est transmis au téléviseur, le programme peut modifier les couleurs, la position des sprites et les paramètres de l’arrière-plan. Le minutage précis nécessaire pour synchroniser le code avec l’affichage est qualifié par les programmeurs de « racing the beam » (« courir après le faisceau ») ; la logique du jeu proprement dite s’exécute lorsque le faisceau du téléviseur se trouve en dehors de la zone visible de l’écran[83].

Les premiers jeux du système utilisent les mêmes graphismes pour des paires de lignes de balayage, ce qui entraîne une résolution verticale plus faible, afin de laisser davantage de temps pour préparer la ligne graphique suivante. Des jeux ultérieurs, comme Pitfall!, modifient les graphismes à chaque ligne de balayage ou étendent les zones noires autour de l’écran pour augmenter le temps de traitement du code du jeu[84].

Le mode NTSC propose 192 lignes visibles par écran, affichées à une fréquence de 60 Hz, avec 16 couleurs, chacune déclinée en 8 niveaux de luminosité. Le mode PAL offre un plus grand nombre de lignes verticales, avec 228 lignes visibles par écran, mais à une fréquence de 50 Hz et avec seulement 13 couleurs. Le mode SECAM, également à 50 Hz, se limite à 8 couleurs, chacune ne disposant que d’un seul niveau de luminosité[82].

Contrôleurs

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Les joysticks produits par Atari pour le VCS 2600 sont des joysticks numériques exclusifs à 8 directions[85]. Le premier modèle filaire, désigné CX10, est commercialisé dès . Il est ensuite remplacé par le modèle CX40, introduit en , moins coûteux mais difficile à distinguer extérieurement de son prédécesseur[86].

En 1983, Atari élargit sa gamme avec le modèle sans fil CX42, équipé d’une antenne et d’une unité de réception supplémentaire pour la console. La poignée reste identique à celle du CX40, mais le boîtier est plus volumineux en raison de la technologie radio et de la batterie intégrées[87].

Avec l’introduction de la version Junior en , Atari propose un nouveau joystick filaire, le ProLine, correspondant au modèle CX24[88]. À la fin des années , les nouveaux modèles Junior sont fournis avec un joypad déjà utilisé avec l’Atari 7800[89].

Contrôleur rotatif

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En plus des joysticks, Atari propose des contrôleurs rotatifs, comme les paddles et les contrôleurs de type volant. Les paddles fonctionnent de manière analogique grâce à une résistance variable, permettant un mouvement fluide à l’écran selon la vitesse de rotation (limitée à environ 300°)[90],[91].

Les contrôleurs de type volant fonctionnent quant à eux de manière numérique et peuvent tourner sans limite. Dans les deux cas, le bouton de tir est numérique. Les paddles sont fournis par paire sur un même connecteur, permettant d’en utiliser jusqu’à quatre simultanément sur la console[92].

Pour les jeux nécessitant des entrées plus complexes, Atari produit des claviers filaires à douze touches. Un cache peut être placé sur le clavier afin d’indiquer la fonction des touches selon le jeu[86].

Le premier contrôleur de ce type est conçu pour les jeux éducatifs et de logique, mais il peut être utilisé en paire, notamment avec des programmes comme le BASIC. Par la suite, Atari propose le Video Touch Pad pour le jeu Star Raiders ainsi que le Kids Controller, deux périphériques techniquement similaires[93].

Contrôleurs tiers

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Parmi les contrôleurs tiers figure le joystick Command Control de Wico[94]. Plus tard, les joysticks sans fil CX42 Remote Control, similaires en apparence mais utilisant une technologie sans fil, sont commercialisés, accompagnés d’un récepteur dont les câbles peuvent être branchés dans les ports de manette[95].


Photo représentant une Atari 2600 entièrement noir sortis en 1982.
Le modèle entièrement noir qui a été le premier à utiliser le nom Atari 2600, sorti en .
Console Atari Video Pinball avec façade imitation bois et commandes intégrées.
Sears a rebaptisé la VCS « Video Arcade » pour sa gamme de jeux vidéo inspirée de l'Atari 2600.
Console Atari 2800 noire au design anguleux avec commandes en façade.
Le design de l'Atari 2800, console exclusivement japonaise.
Console Atari 2600 Jr. noire compacte avec bande argentée et interrupteurs en façade.
La version à coût réduit de , surnommée « Atari 2600 Jr. ».

Révisions mineures

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Photographie du premier modèle d'Atari 2600, alors appelée Video Computer System
L'apparence de l'Atari 2600 évolue au cours de son cycle de vie, dont la première version est baptisée « Heavy Sixer ».

La production initiale de l'Atari 2600, alors appelée Video Computer System, est réalisée à Sunnyvale en , en utilisant un plastique polystyrène compact pour le boîtier, afin de donner une impression de poids malgré un intérieur en grande partie vide[96]. Le premier lot produit à Sunnyvale comprend également des emplacements prévus pour un système de haut-parleurs internes dans le boîtier, mais ceux-ci sont jugés trop coûteux à intégrer ; le son est donc finalement transmis via la puce Television Interface Adaptor (en) (TIA) vers le téléviseur connecté[96]. Au cours de la première année de production, Atari fabrique la puce CX2600 avec un blindage anti-interférences en aluminium ainsi qu'une partie inférieure en plastique de 12 mm d'épaisseur. Le premier modèle se distingue des suivants par une moulure épaisse sur les côtés du boîtier et incurvée à l'avant de l'appareil[97]. La production de l’unité est déplacée à Taïwan en , où un blindage métallique interne moins épais est utilisé, ainsi qu’un plastique plus fin pour le boîtier, ce qui réduit le poids du système. Les moulures précédentes cèdent la place à des matrices angulaires plus marquées aux avants droite et gauche[97]. Ces deux versions sont communément appelées « Heavy Sixer » et « Light Sixer », en référence aux six interrupteurs en façade[98],[96].

En , les interrupteurs de difficulté sont déplacés à l’arrière de la console, ne laissant plus que quatre interrupteurs sur la façade avant, tandis que les inscriptions passent d’une typographie en minuscules à des lettres entièrement en majuscules. Par ailleurs, ces modèles à quatre interrupteurs restent visuellement très proches des versions antérieures à six interrupteurs et arborent toujours un placage bois (en anglais : wood veneer), ce qui vaut à ce modèle d'être parfois qualifié « Woody »[99]. En , un prototype numéroté « Atari 2500 » entre en production et se démarque par la mise en place de manettes joystick et paddles directement intégrées à la console, mais ne verra finalement pas le jour[100]. En , à l’occasion de la sortie de l’Atari 5200, Atari rebaptise la console « Atari 2600 »[101], un nom déjà utilisé pour une version du modèle à quatre interrupteurs dépourvue de placage imitation bois, lui donnant une apparence entièrement noire[101]. Cette couleur, outre son logotype différent de celui des modèles précédents, vaut à ce modèle le surnom « Darth Vader » en référence à l'antagoniste du film La Guerre des étoiles — de son nom original Star Wars — diffusé en [102].

Sears Vidéo Arcade

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Photographie d'une Super Video Arcade sous la marque Tele-Games (1979), dans le cadre de l'exposition « Consoles, démocratiser l'image numérique, 1972-2003 », organisée par Abraham San Pedro à l'Etopia Center for Art and Technology de Saragosse.
La Super Video Arcade, version spéciale de l'Intellivision exclusivement commercialisée dans les magasins de l'enseigne Sears à partir de .

Atari poursuit sa relation avec Sears, Roebuck and Co., un fabricant d'équipement d'origine (en anglais : original equipment manufacturer, OEM), initiée en avec la version dédiée de Pong, la Home Pong. Cette entité ne doit pas être confondue avec la société Telegames, qui produit par la suite des cartouches pour la 2600[103].

Sears commercialise plusieurs modèles de la VCS dans la gamme « Sears Video Arcade » à partir de . Le dernier modèle spécifique à Sears est le Video Arcade II, lancé à l’automne [104]. Ces modèles présentent quelques différences esthétiques mineures par rapport aux versions vendues sous la marque Atari, parmi lesquelles figurent la « Heavy Sixer » (), la « Light Sixer » () et la « Woody » ()[97].

Sears commercialise des versions des jeux d’Atari sous la marque Tele-Games, généralement avec des titres différents[105]. Trois jeux sont produits par Atari en exclusivité pour Sears : Steeplechase (en) (), Stellar Track (en) () et Submarine Commander ()[105].

L’Atari 2700 est un prototype de console développé à la fin des années 1970, mais qui n’est jamais commercialisé. Présentée au Consumer Electronics Show en 1981, elle se distingue par l’utilisation de contrôleurs sans fil[106]. Ceux-ci reposent sur une technologie radio sujette à des interférences, pouvant provoquer des dysfonctionnements. En raison de ces limitations techniques, le projet est abandonné avant sa mise sur le marché. Certaines des technologies envisagées pour la 2700 sont ensuite réutilisées dans d’autres produits Atari[107],[108].

Photographie d'une Atari 2800 accompagnée de sa boîte et de plusieurs manettes.
L'Atari 2600 bénéficie d'une localisation au Japon sous le nom de « Atari 2800 ».

L’Atari 2800 est la version japonaise de la 2600, commercialisée en octobre [109]. Il s’agit de la première déclinaison spécifiquement destinée au marché japonais, bien que des entreprises comme Epoch aient déjà distribué la 2600 au Japon auparavant[109]. La 2800 est lancée peu après la Nintendo Family Computer et la Sega Game 1000, qui deviennent rapidement les consoles dominantes au Japon, limitant ainsi sa part de marché[110].

Sears avait déjà commercialisé ce modèle aux États-Unis à la fin de l’année sous le nom de Sears Video Arcade II, livré avec deux manettes et le jeu Space Invaders[104]. Le système est lancé en avec 25 jeux spécifiquement estampillés[111].

La 2800 dispose de quatre ports pour manettes au lieu des deux présents sur la 2600[112],[113]. Les contrôleurs adoptent une conception tout-en-un combinant un joystick numérique à huit directions et une molette rotative (en anglais : paddle) de 270 degrés, conçus par John Amber[114].

Atari 2600 Jr.

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Le modèle d'Atari 2600 paru en , surnommé « Atari 2600 Jr. », présente un format plus compact et une apparence similaire à celle de l'Atari 7800. Il est présenté comme une console de jeu économique, coûtant moins de 50 $ et capable de faire tourner une vaste ludothèque[115]. Sortie après le krach du jeu vidéo de 1983 et suite au lancement nord-américain de la Nintendo Entertainment System en , l'Atari 2600 Jr. est soutenue par de nouveaux jeux et des publicités télévisées promouvant le slogan « Le plaisir est de retour ! » (en anglais : The fun is back!). Atari commercialise plusieurs variantes stylistiques mineures : la « Large Rainbow » et la « Short Rainbow », nommées ainsi pour leur bande arc-en-ciel, et une version entièrement noire vendue uniquement en Irlande[116]. Les versions européennes ultérieures incluent une manette[117].

Jeux édités pendant le cycle de vie de la console

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Couverture du jeu Tank-Plus figurant dans un encadré central des chars d'assaut et des avions de guerre
Illustration de couverture du jeu Tank-Plus, édité par Sears sous la marque Tele-Games. Il correspond au jeu Combat d'Atari, titre de lancement sorti en 1977 et vendu avec la console sous forme de bundle.

En , neuf jeux sont publiés sur cartouche pour accompagner le lancement de la console : Air-Sea Battle, Basic Math (en), Blackjack (en), Combat, Indy 500 (en), Star Ship, Street Racer (en), Surround (en) et Video Olympics (en)[118]. Les trente-huit jeux des premiers modèles de l'Atari 2600, entre la sortie de la console en et l'été , sont tous développés et fabriqués par Atari Inc.. Bon nombre d'entre eux font également l'objet d'une licence accordée à Sears, qui les commercialise sous sa marque Tele-Games, souvent sous des titres différents[119]. Tele-Games n'a toutefois aucun lien avec la société Telegames, laquelle produit aussi des cartouches pour l'Atari 2600, principalement des rééditions de jeux conçu par la division M Network[120].

Atari considère que des illustrations de boîte se limitant à des descriptions du jeu et à des captures d’écran ne suffisent pas à vendre les jeux en magasin, la plupart reposant sur des principes abstraits et les captures apportant peu d’informations. L’entreprise confie la réalisation des visuels à Cliff Spohn, qui crée des illustrations visuellement marquantes, suggérant un mouvement dynamique destiné à stimuler l’imagination du joueur tout en restant fidèles au gameplay[121]. Le style de Spohn devient une norme chez Atari lors de l’intégration d’artistes assistants, dont Susan Jaekel, Rick Guidice, John Enright et Steve Hendricks[122]. Cliff Spohn et Steve Hendricks figurent parmi les principaux contributeurs aux jaquettes de la ludothèque de l’Atari 2600[121]. Ralph McQuarrie, artiste conceptuel de la série Star Wars, est chargé de réaliser une illustration, celle de l’adaptation arcade de Vanguard[123]. Ces artistes échangent généralement avec le programmeur afin de se familiariser avec le jeu avant de concevoir les visuels[122].

Une adaptation du jeu d’arcade Breakout pour l'Atari 2600 apparaît en [124],[125]. La version originale est en noir et blanc avec un cache coloré, tandis que la version domestique est en couleur[126]. En , Atari publie Adventure[127], premier jeu d’action-aventure, ainsi que le premier jeu domestique à contenir un easter egg caché[127]. Le portage de Space Invaders de Taito, réalisé par Rick Maurer et publié en [128], est le premier jeu sur Atari 2600 à se vendre à un million d’exemplaires, doublant ensuite ce chiffre[129], en un an[130], et atteignant plus de six millions de cartouches en [128]. Il devient un system seller, contribuant significativement à l'augmentation des ventes de la console et à la popularité de l'Atari VCS[25]. Les adaptations des jeux d’arcade Asteroids et Missile Command, développés par Atari et publiés en , rencontrent également un grand succès[131].

Capture d'écran du jeu Blackjack sur Atari 2600, figurant deux cartes J et K sur un fond vert. Capture d'écran du jeu Combat sur Atari 2600, figurant deux chars d'assaut se faisant face.
Capture d'écran du jeu Video Olympics sur Atari 2600, figurant un sport de hockey sur glace. Capture d'écran du jeu Adventure sur Atari 2600, affichant le message Created by Warren Robinett.
L'Atari 2600 est accompagnée de neuf jeux à son lancement en 1977, parmi lesquels figurent Blackjack (en), Combat et Video Olympics (en). Adventure (1980) est le premier à comporter un easter egg, un message caché dans une pièce secrète du jeu agissant comme générique : « Created by Warren Robinett »[134].

L’adaptation de Asteroids sur Atari 2600 est le premier jeu du système à utiliser 8 Ko grâce à la technique de la commutation de banques (en anglais : bank switching) entre deux segments de 4 Ko[135]. Certains jeux, dont les adaptations par Atari de Dig Dug et Crystal Castles, sont distribués sur des cartouches de 16 Ko[136]. L’un des derniers jeux de l'Atari 2600, Fatal Run (en) (), porte cette capacité à 32 Ko[136]. Deux jeux publiés par Atari tous deux issus de l’apogée du système en , E.T. the Extra-Terrestrial[137],[138] et Pac-Man[139], sont développés dans la précipitation et sont souvent cités comme des facteurs ayant contribué au krach du jeu vidéo de 1983[138].

À mesure que la console Atari 2600 gagne en popularité, d'autres développeurs de jeux, tels qu'Activision et Imagic, font leur entrée sur le marché à la fin des années 70 et au début des années 80, et publient plus de trois cent quatre-vingt de leurs propres cartouches pour l'Atari 2600. Bon nombre des jeux les plus vendus sur Atari 2600, comme Pitfall! et Demon Attack, sont des jeux développés par des éditeurs tiers (en anglais : third-party games)[140]. En 2003, Activision sélectionne plusieurs de ses jeux pour les inclure dans Activision Anthology, une compilation permettant notamment d'accéder aux jeux tiers de l'Atari 2600 sur des consoles portables de sixième et septième générations, la Game Boy Advance (GBA) et la PlayStation Portable (PSP)[141].

Contrairement aux consoles ultérieures, l'Atari 2600 accepte toute cartouche correctement configurée sans vérifier de signature numérique, permettant à des sociétés tierces de développer des jeux tiers pour l'Atari 2600 sans l'accord d'Atari[142]. Cela conduit l'entreprise à intégrer des fonctionnalités d'authentification dans sa console suivante, l'Atari 7800, afin d'empêcher d'autres sociétés de créer et de vendre leurs propres jeux sans autorisation[142]. Grâce à du matériel tiers tel que le Cuttle Cart et la Harmony Cartridge, les développeurs peuvent charger des jeux en cours de développement sur une console Atari pour les tester. Le Cuttle Cart, développé par Chad Schell au début des années 2000, est conçu pour être compatible avec le Starpath Supercharger (en) et permet de charger des images ROM via une interface mini-jack, telle qu'un lecteur de cassette audio ou de disque compact[143],[144].

Jeux édités après l'interruption de la console

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Quelques exemples de homebrew
Capture d'écran du jeu Thrust sur Atari 2600, par Thomas Jentzsch.
Thrust, adaptation sur Atari 2600 du jeu conçu par Jeremy Smith pour BBC Micro en 1986, est développé par Thomas Jentzsch et publié en 2002.
Capture d'écran du jeu Medieval Mayhem figurant un dragon à l'intersection de quatre chemins.
Medieval Mayhem (en), version améliorée du jeu d'arcade et shoot 'em up d'Atari Warlords de 1980, est programmé par Darrell Spice Jr. et paraît en 2006.
Capture d'écran du jeu Duck Attack! figurant au centre un personnage et à sa droite un canard.
Duck Attack!, développé par Will Nicholes pour l'Atari 2600 et édité par AtariAge, est un homebrew commercialisé en à l'occasion de la Classic Gaming Expo (en).

En 1993, l'année suivant le retrait de l'Atari 2600 du marché par Atari, Harry Dodgson lance la première cartouche conçue par un amateur : la « 7800/2600 Monitor Cartridge », un outil de développement destiné à aider les utilisateurs à programmer leurs propres jeux. Harry Dodgson propose le logiciel à Atari, qui le refuse. Il décide alors de le fabriquer lui-même en récupérant des cartouches de Hat Trick sur Atari 7800. Harry Dodgson fait la promotion de la cartouche sur Usenet et dans un catalogue du vendeur de jeux Video 61, et finit par en vendre environ 25 exemplaires[155]. Le premier jeu amateur développé pour l'Atari 2600 voit le jour en 1995, lorsque Ed Federmeyer lance SoundX, une cartouche permettant d'explorer les capacités sonores de la console[156]. Ed Federmeyer utilise le terme « homebrew » pour décrire le développement de jeux mené par des amateurs, s'inspirant du Homebrew Computer Club des années 1970[157]. Après avoir conçu la cartouche pour son usage personnel, Ed Federmeyer la met en avant sur Usenet, puis publie une version non autorisée de Tetris[156]. Depuis lors, plus d'une centaine de jeux amateurs ont été commercialisés sur Atari 2600, dont beaucoup par AtariAge (en)[158].

Contrairement aux consoles plus récentes, l'Atari 2600 ne nécessite pas de puce de modification pour faire fonctionner les cartouches[159]. La plupart des homebrew sont des clones de titres existants, créés dans le cadre de défis de programmation, et empruntent souvent le nom de l'original tout en étant destinés à d'autres plateformes. D'autres sont des jeux originaux ou des ROM hacks. Avec seulement 128 octets de RAM (acronyme de l'anglais random-access memory, « mémoire à accès aléatoire »), aucun tampon de trame et un code source et des graphismes étroitement liés, l'Atari 2600 est une machine difficile à programmer, et de nombreux titres amateurs sont créés pour relever ce défi technique. Des émulateurs, des outils de programmation et de la documentation logicielle sont disponibles pour cela[159].

Pour la majorité des homebrew, il s'agit d'imitation sans licence de jeux d'arcade et de jeux vidéo populaires dans les années 1980 : Lady Bug, publié par John W. Champeau en 2006, est une adaptation du jeu d'arcade Universal de 1981[160] ; Juno First, publié par Chris Walton en 2009, emprunte le nom et le design du jeu d'arcade Konami de 1983[161] ; et Thrust, publié par Thomas Jentzsch en 2000, est un clone du jeu BBC Micro du même nom inventé par Jeremy Smith en 1986[162]. D'autres programmeurs adaptent des jeux en en changeant légèrement l'intitulé, à l'instar de Seawolf (en), Edtris 2600 et Conquest of Mars. A-VCS-tec Challenge (2006), de Simon Quernhorst, représente quant à lui un portage non officiel du jeu vidéo Aztec Challenge (en) sorti en 1981 sur les ordinateurs de la gamme Atari 8-bits[163].

Néanmoins, plusieurs entrées correspondent à des versions développées de jeux précédents : Warring Worms (2002), de Billy Eno, reprend le concept de base de Surround (en) et ajoute de nouveaux modes de jeu, tels que la possibilité de tirer sur l'adversaire[164] ; et Medieval Mayhem (en) (2006), de Darrell Spice Jr., est une version approfondie de Warlords, shoot 'em up de 1980 qui inclut des éléments omis dans la version officielle d'Atari[165]. Enfin, certains jeux amateurs représentent un concept original : dans SCSIcide (2001), développé par Joe Grand, le joueur incarne une tête de lecture de disque dur qui doit capter des bits de données identifiés par des couleurs à mesure qu’ils défilent[166] ; Duck Attack! (2010), conçu par Will Nicholes, permet de son côté au joueur d’affronter des canards géants cracheurs de feu dans le but de sauver le monde des griffes d’un savant fou[167].

Un jeu amateur se voit qualifier différemment selon la nature de sa programmation. Un « demake » est une adaptation d'un jeu initialement conçu pour une console postérieure à l'Atari 2600[168]. Un exemple en est Halo 2600 (en) (2010), jeu de 4 Ko inspiré de la série Halo et développé par Ed Fries (en), ancien vice-président de Microsoft qui a participé au rachat par ce dernier de Bungie, le studio créateur de Halo[169],[170]. Le piratage de ROM (acronyme de l'anglais read-only memory, « mémoire à lecture seule ») consiste à modifier les programmes de jeux existants. Cela comprend généralement des graphismes et des couleurs alternatifs, mais peut également impliquer des modifications du gameplay et la possibilité d'utiliser une manette différente de celle pour laquelle le jeu a été initialement conçu[171]. L'une des cibles de ce type de piratage est la version 2600 de Pac-Man, dans laquelle les éléments graphiques ont été retravaillés pour ressembler davantage à la version d'arcade[172].

Postérité

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Essor et déclin des consoles Atari dans les années 1980 et 1990

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Photographie d'une Atari 2600, console sortie en 1982, avec sa manette. Photographie d'une Atari 2800, console sortie en 1986, avec sa manette.
Photographie d'une Atari Lynx II, console portable parue en 1991. Photographie d'une Atari Jaguar, console sortie en 1993, avec sa manette.
L'Atari 2600 va coexister avec deux successeurs au cours de son cycle de vie, l'Atari 5200 () et l'Atari 7800 (), de troisième génération. Après leur arrêt, Atari proposera de nouveaux appareils que sont la Lynx (console portable de quatrième génération) et la Jaguar (console de salon de cinquième génération), laquelle prend la relève du projet Panther au début des années 90.

Le succès de l'Atari 2600 dans les années 1980 ouvre la voie à la conception de nouvelles consoles par Atari. L'Atari 5200 est une console lancée par Atari, Inc. en afin de compléter, dans le haut de gamme, l'Atari Video Computer System qui est dès lors rebaptisée Atari 2600. Conçue pour rivaliser avec l'Intellivision de Mattel, la 5200 s'est retrouvée en concurrence directe avec la ColecoVision de Coleco peu après sa sortie. Alors que la ColecoVision est livrée avec la première version domestique de Donkey Kong de Nintendo, l'Atari 5200 comprend le jeu d'arcade Super Breakout de , qui est déjà apparu sur les précédentes plateformes domestiques d'Atari[173],[174]. L'architecture de la console est presque identique à celle des ordinateurs personnels de la série Atari 8-bits, bien que les logiciels ne soient pas directement compatibles entre eux. Les manettes de la 5200 sont équipées d'un joystick analogique et d'un pavé numérique, ainsi que de boutons de démarrage, de pause et de réinitialisation. Le , lors d'une conférence de presse au cours de laquelle le successeur de la 2600 et de la 5200 est présenté, les dirigeants de la société révèlent que la 5200 est retirée du marché après moins de deux ans de commercialisation. Les ventes totales de la console sont estimées comme ayant dépassées le million d'unités[175],[176].

L'Atari 7800 est une console commercialisée par Atari Corp. en pour succéder à la fois à l'Atari 2600 et à l'Atari 5200[177]. Elle est compatible avec la quasi-totalité des cartouches Atari 2600, ce qui en fait la première console rétrocompatible. Elle est vendue avec une manette à deux boutons, au lieu du joystick standard de la 2600, et avec Pole Position II comme jeu inclus. La plupart des premiers titres sortis pour la console sont des portages de jeux d'arcade de 1981 à 1983. La dernière vague de cartouches 7800 se rapproche davantage du style des jeux disponibles sur d'autres consoles de la fin des années 1980, comme Scrapyard Dog et Midnight Mutants[178]. Conçue par General Computer Corporation, la 7800 est équipée d'un matériel graphique sur mesure similaire à celui des jeux d'arcade du début des années 1980 et représente une amélioration notable par rapport aux consoles précédentes d'Atari. Afin d'éviter l'afflux de jeux de mauvaise qualité qui avait contribué au krach de 1983, les cartouches doivent être signées numériquement par Atari. Le support de l'Atari 7800, ainsi que celui de l'Atari 2600 et des ordinateurs Atari 8-bits, est officiellement interrompu le [179].

La Lynx est l'unique console portable commercialisée par Atari Corp. en en Amérique du Nord puis en en Europe de l'Ouest et au Japon, et de la première dotée d'un écran LCD (en anglais : liquid crystal display, écran à cristaux liquides). Équipée d'un processeur 8 bits 65C02 cadencé à 4 MHz et d'un blitter 16 bits sur mesure, la Lynx entre en concurrence avec la Game Boy de Nintendo, console monochrome sortie cinq mois plus tôt, ainsi qu'avec la Game Gear de Sega — disposant d'une matrice passive — et la PC-Engine GT de NEC — relevant d'une matrice active —, sorties l'année suivante. En , Atari lance une nouvelle version de la Lynx, baptisée en interne « Lynx II », plus petit et plus léger que l'original[180]. Lors de l'arrêt de production de la console en , deux millions d'unités ont été écoulées, ce qui représente un échec commercial en contraste avec les 16 millions d'unités vendues de la Game Boy[181],[182].

La Jaguar voit quant à elle le jour en et se compose d'un système 64 bits prenant en charge des graphismes 3D avancés par rapport aux consoles modernes d'alors, la Mega Drive et la Super Nintendo. Ses ventes ont cependant souffert d'un manque de jeux de qualité et d'un certain nombre de pratiques commerciales désastreuses de la part de la direction d'Atari. De plus, la manette est critiquée pour son manque de maniabilité et son nombre déconcertant de boutons, tandis que le jeu fourni avec la console, Cybermorph, est jugé décevant[183]. Après l'échec commercial de la Jaguar, n'ayant jamais réussi à s'imposer sur le marché avant la sortie de la Saturn et de la PlayStation, Atari cesse tout développement de jeux et toute fabrication de matériel et fusionne avec JTS le [184],[185].

L'entreprise Atari connaît ensuite plusieurs fusions et rachats au cours de son existence, après être passé successivement sous la direction de Warner Communications en puis de Tramel Technology en et enfin de JTS, laquelle entre en liquidation en , année où Hasbro acquiert les propriétés intellectuelles d'Atari et les transfère dans la nouvelle société Atari Interactive, filiale d'Hasbro Interactive[186]. L'entreprise Infogrames Entertainment rachète GT Interactive Software en et la renomme Infogrames Inc., puis Hasbro Interactive en qu'elle réintitule Infogrames Interactive[187]. En , Infogrames Inc. est requalifié Atari Inc. et prend la direction de la filiale née de l'incorpation d'Infogrames Interactive dans Atari Interactive. En , Infogrames Entertainment se renomme Atari SA et dépose son bilan en , année où elle reprend le contrôle de ses filiales américaines[188],[189].

Commercialisation de consoles et de jeux en hommage à l'Atari 2600

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Photographie d'une Atari VCS accompagnée de ses deux manettes et d'une clé USB pour PC
Modèle « Onyx » de l'Atari VCS (2021) accompagné de ses deux manettes, le « Classic Joystick » et le « Modern Controller », ainsi qu'une clé USB pour PC.

Atari SA annonce en la production d'une nouvelle console, d'abord baptisée « Ataribox » puis renommée Atari VCS en référence au premier nom de l'Atari 2600, qui bénéficie d'un financement participatif par le biais de la plateforme Indiegogo à partir du [190]. La console est expédiée aux distributeurs et financeurs le [191],[192], tandis que la date de sortie en magasin a lieu le en Australie et en Nouvelle-Zélande et le aux États-Unis et au Canada[193],[194]. Elle est proposée en deux packs : un pack Onyx Base comprenant uniquement la console, et un pack All-In composé de la console et deux manettes, un « Classic Joystick » inspiré du joystick de l'Atari 2600, et un « Modern Controller » qui ressemble davantage aux manettes actuelles, telles que la manette Pro ou la DualSense[195]. Le positionnement de l'Atari VCS est perçu comme n'étant pas limitée à une microconsole réservée au retrogaming mais se plaçant au sein de la neuvième génération de consoles, aux côtés de la Nintendo Switch de Nintendo, de la PlayStation 5 de Sony et des Xbox Series X/S de Microsoft[196],[197],[198],[199]. Selon les rapports financiers d'Atari, les chiffres de ventes liés au matériel sont passés de 2,44 millions de dollars en à environ 212 000 dollars en . En raison de « performances insuffisantes », la société suspend sa collaboration avec son FEO, Flex, en mais indique qu'elle « reste engagée envers la plateforme »[200].

Atari publie Atari Vault comme titre de lancement de l'Atari VCS en , une collection de plusieurs jeux d'arcade et d'Atari 2600 déjà paru sur macOS, Linux et Steam en [201]. Cette collection est divisée en un premier volume intégré à l'Atari VCS et un second volume accessible par DLC (en anglais : downloadable content, contenu téléchargeable additionnel)[202]. Code Mystics se charge de l'adaptation, après avoir développé la série Atari Greatest Hits pour la Nintendo DS, une compilation similaire de jeux mis à jour pour une console moderne[203]. Atari Recharged est une série de jeux vidéo qui propose des rééditions et des réinterprétations de franchises classiques d'Atari issues de l'Atari 2600[204]. Elle est lancée le avec Missile Command et s'achève le avec Berzerk, pour un total de dix opus[205],[206]. Elle est disponible en version numérique sur Atari VCS et Google Stadia ainsi qu'en version physique chez Limited Run Games pour PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X|S et Nintendo Switch[207].

En , à l'occasion du cinquantième anniversaire de la fondation d'Atari, Atari SA annonce Atari 50: The Anniversary Celebration, une compilation de jeux vidéo issus de toutes ces consoles présentée sous la forme d'une frise chronologique interactive en cinq parties qui retrace l'histoire de l'entreprise et de ses produits à travers des vidéos, des documents numérisés et des jeux thématiques[208]. Le jeu est publié le sur Atari VCS, Nintendo Switch, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X|S et Microsoft Windows. Une mise à jour gratuite de la compilation est publiée le , peu après l'acquisition par Atari de Digital Eclipse le , ajoutant douze jeux, dont deux prototypes inédits et deux homebrew créés par des amateurs[209],[210],[211]. Une « Expanded Edition » de la compilation est annoncée le et ajoute deux nouvelles chronologies : « The Wider World of Atari », publiée en version numérique le , contient dix-neuf jeux supplémentaires, un dossier consacré à Evelyn Seto — la dessinatrice du logo Atari — ainsi que des interviews d'archives et récentes avec des employés, des fans et des développeurs amateurs[212],[213] ; « The First Console War », parue le accompagnée d'une édition physique pour PlayStation 5 et Nintendo Switch, se concentre quant à elle sur la rivalité entre l'Atari 2600 et l'Intellivision de Mattel, dont la marque a été acquise peu avant par Atari, et comprend de nouvelles vidéos documentaires ainsi que dix-neuf jeux supplémentaires[214],[215]. La troisième extension, « The Namco Legendary Pack », est annoncé le et publié le dans le cadre d'un partenariat avec Bandai Namco Entertainment[216]. Elle comprend plusieurs versions de jeux de l'Atari 2600 ainsi que de nouvelles séquences documentaires retraçant l'histoire des relations entre Atari et Namco[217].

Photographie d'une Atari 2600+ accompagnée de son joystick et d'une cartouche insérée
L'Atari 2600+ (2023) avec son joystick et une cartouche ten-in-one insérée intégrée dans son bundle. Elle bénéficie de la rétrocompatibilité avec les jeux de l'Atari 2600, de l'Atari 5200 et de l'Atari 7800.

L'Atari 2600+, console développée et produite par Atari, Inc. en collaboration avec Plaion, est annoncée le et sort le [218],[219]. Cette console est une réplique légèrement plus petite du modèle en imitation bois à quatre commutateurs de l'Atari 2600, et prend en charge l'utilisation des cartouches originales de l'Atari 2600 ainsi que celles de l'Atari 7800[220]. Le système est livré avec une réplique du joystick de l'Atari 2600, lequel utilise le même matériel que l'original de 1977 qui est compatible avec l'Atari 2600+[221]. La cartouche fournie avec la console est équipée de boutons permettant de choisir le jeu à lancer et comprend un total de dix jeux : Adventure (1980), Combat (1977), Dodge 'Em (en) (1980), Haunted House (1982), Maze Craze (en) (1980), Missile Command (1980), RealSports Volleyball (en) (1982), Surround (en) (1977), Video Pinball (en) (1981) et Yars' Revenge (1982)[222]. L'Atari 2600+ est un exemple de « rétroconsole », qui met l'accent sur le retrogaming et les rééditions de jeux plus anciens[223].

Test des capacités des intelligences artificielles

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Dans les années 2010 l'entreprise DeepMind cherche à développer les techniques d'apprentissage profond et de réseaux de neurones[224]. Elle travaille pour cela à son application dans les jeux, dont le succès le plus connu est la victoire lors du match AlphaGo - Lee Sedol au jeu de go[224]. Avant d'aborder le go, les premiers travaux de DeepMind consistaient à développer une intelligence artificielle capable d'apprendre à jouer aux jeux de la console Atari 2600 sans qu'aucune règle de ces jeux ne soient implémentée dans le programme[224]. L'ordinateur n'avait accès qu'à la liste des commandes de la manette, aux pixels de l'image et au score[224]. La machine a été capable de jouer avec succès à la plupart des jeux et a même développé des techniques originales à Breakout, en revanche les premiers algorithmes d'apprentissage profond ont été incapables d'avancer dans plusieurs jeux dont Montezuma's Revenge (en) du fait de l'évolution lente du score[224].

Notes et références

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  1. Le suffixe « L » indique un boîtier céramique, « P » un boîtier plastique. Cette puce a été produite la 11e semaine de 1977.
  2. Chiffres détaillés : 7 271 844 en 1982, 684 569 en 1983, 37 063 en 1986, 61 685 en 1987, 3 885 en 1988, 34 374 en 1989 et 2 166 en 1990[25],[26].
  3. Les modèles à six commutateurs étaient la première version du 2600 sorti, à l'époque où la console était connue sous le nom d'Atari Video Computer System.
  4. Les modèles à six commutateurs étaient la première version du 2600 sorti, à l'époque où la console était connue sous le nom d'Atari Video Computer System.
  5. Cette version est sortie à l'époque de l'Atari 7800 et a été commercialisée tout au long des années 80.
  6. Chiffres détaillés : 7 271 844 en 1982, 684 569 en 1983, 37 063 en 1986, 61 685 en 1987, 3 885 en 1988, 34 374 en 1989 et 2 166 en 1990[25],[26].
  7. Chiffres détaillés : 1 318 655 en 1980, 2 964 137 en 1981, 1 373 033 en 1982, 435 353 en 1983, 17 523 en 1986, 65 148 en 1987, 29 717 en 1988, 36 308 en 1989 et 12 355 en 1990[25],[26].
  8. Chiffres détaillés : 3 800 000 jusqu'en 1983, 7 503 en 1986, 8 558 en 1987, 12 120 en 1988, 11 558 en 1989 et 24 705 en 1990[25],[26].
  9. Chiffres détaillés : 3 006 790 en 1982 (dont au moins 68 993 sont renvoyés en 1983), 2 298 en 1986, 6 160 en 1987, 24 741 en 1988 et 695 en 1989[25],[26].
  10. Chiffres détaillés : 2 637 985 en 1982 (dont au moins 669 733 sont renvoyés en 1983), 1 138 en 1986, 88 338 en 1987, 3 131 en 1988, 9 586 en 1989 et 54 en 1990[25],[26].
  11. Chiffres détaillés : 1 963 078 en 1983, 35 719 en 1986, 138 400 en 1987, 125 266 en 1988, 38 597 en 1989 et 10 368 en 1990[25],[26].
  12. Chiffres détaillés : 161 352 en 1980, 779 547 en 1981, 457 058 en 1982, 580 959 en 1983, 84 en 1986, 7 227 en 1987 et 4 416 en 1988[25],[26].
  13. Chiffres détaillés : 1 798 773 en 1982 (dont au moins 669 733 sont renvoyés en 1983), 2 046 en 1986, 54 444 en 1987, 15 170 en 1988 et 209 en 1989[25],[26].
  14. Chiffres détaillés : 1 475 240 en 1982, 49 774 en 1986, 150 572 en 1987, 107 168 en 1988, 21 973 en 1989 et 10 934 en 1990[25],[26].
  15. Chiffres détaillés : 936 861 en 1981, 420 924 en 1982, 372 454 en 1983, 11 412 en 1986, 6 370 en 1987, 38 504 en 1988, 1 865 en 1989 et 72 en 1990[25],[26].
  16. Chiffres détaillés : 256 265 en 1980, 838 635 en 1981, 242 764 en 1982, 312 672 en 1983, 7 060 en 1986, 1 680 en 1987 et 19 889 en 1988[25],[26].

Références

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  134. Les développeurs n'ayant pas à l'époque le droit de figurer dans un générique, seul le nom de la société Atari apparaissait, l'entreprise refusant de créditer publiquement les programmeurs. Le concepteur d'Adventure glisse alors l'inscription verticale « Created by Warren Robinett » dans une salle du jeu ne pouvant être ouverte qu'avec une clé ne mesurant qu'un pixel[132],[133].
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Vidéographies

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Articles connexes

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Liens externes

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