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Claude Autant-Lara

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Claude Autant-Lara
Claude Autant-Lara au Parlement européen en 1989.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Claude AutantVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Conjoint
Ghislaine Autant-Lara (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Condamné pour
Films notables
Claude Autant-Lara filmography (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Claude Autant, dit Claude Autant-Lara, est un réalisateur français, né le à Luzarches (Val-d'Oise) et mort le à Antibes (Alpes-Maritimes). Il a également exercé comme scénariste, costumier, directeur artistique et parfois acteur, en parallèle de son engagement en politique.

Après des débuts difficiles, il s'affirme sous l'Occupation avec notamment Douce (1943). Après-guerre, il devient l'un des metteurs en scène les plus prestigieux du cinéma français en signant l'adaptation du roman de Raymond Radiguet, Le Diable au corps (1947), puis L'Auberge rouge (1951), Le Blé en herbe (1954, d'après Colette), Le Rouge et le Noir (1954, adaptation du roman de Stendhal), En cas de malheur (1958, d'après Georges Simenon) et, surtout, La Traversée de Paris (1956, d'après la nouvelle de Marcel Aymé). À partir des années 1960, son cinéma rencontre moins de succès.

Claude Autant-Lara apparaît longtemps comme un cinéaste de gauche, « compagnon de route » du Parti communiste français. Il est de 1948 à 1954 le président du Syndicat des techniciens (syndicat dont la direction est majoritairement composée de techniciens membres ou proches du PCF), puis jusqu'en 1963 celui de la Fédération nationale du spectacle CGT, auquel ledit Syndicat est alors affilié. Dans les années 1980, cependant, il se rapproche du Front national ; en 1989, il est élu député européen sur la liste de ce parti. Deux mois plus tard, il démissionne de son mandat en raison de propos antisémites.

Des débuts difficiles

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Fils de l'architecte Édouard Autant et de la comédienne Louise Lara, sociétaire de la Comédie-Française où elle avait été engagée après un premier prix de comédie au Concours du Conservatoire, Claude Autant-Lara suit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly et découvre rapidement le cinéma, une véritable révélation.

Renvoyé du lycée en 1915, il part en Angleterre, dans un collège à la discipline sévère, puis revient pour s'inscrire à l'École des arts décoratifs, où il se lie d'amitié avec le futur comédien Julien Carette ainsi qu'avec Jean Dorville. Diplôme en poche, il commence à travailler dans un atelier de sculpture, puis est engagé par Marcel L'Herbier comme décorateur, d'abord pour une pièce de théâtre, puis en 1920 comme assistant-réalisateur et décorateur pour le film L'Homme du large, d'après Honoré de Balzac.

En 1923, L'Herbier produit le premier court-métrage d'Autant-Lara, Fait divers, dans lequel il dirige sa mère. Leur collaboration dure jusqu'en 1926. Cette année-là, Autant-Lara dessine les décors de Nana de Jean Renoir, d'après Émile Zola. Il devient ensuite assistant–réalisateur de René Clair.

Grand admirateur de Georges Méliès et fasciné par les nouvelles techniques, il tourne en 1929 son second film Construire un feu, d'après Jack London, en utilisant le procédé d'anamorphose de l'hypergonar[1], connu plus tard sous le nom de CinemaScope. C'est un échec. Déçu et criblé de dettes, il part pour les États-Unis, où il réalise les versions françaises de films américains, notamment de Buster Keaton et Douglas Fairbanks Jr. Il fréquente alors des Européens exilés comme Françoise Rosay et Luis Buñuel. L'ambiance américaine ne lui convenant pas, il revient en France deux ans plus tard.

En 1932, il réalise des courts métrages d'après Georges Courteline. En 1933, il signe son premier long-métrage, Ciboulette, adaptation de l'opérette de Reynaldo Hahn, mise en dialogue par Jacques Prévert. Nouveau revers. En 1936, tourne en Angleterre The Mysterious Mr Davis, dont le scénario de Jacques Prévert est remanié par la production britannique ; le film ne sort qu'en 1940 et Autant-Lara ne sera jamais payé.

De retour en France, il co-réalise avec Maurice Lehmann plusieurs films, dont Fric-Frac (1939), qui rencontre un grand succès. En 1941, il s'affirme comme réalisateur avec Le Mariage de Chiffon. Il dirige à nouveau Odette Joyeux dans Lettres d'amour (1941) puis Douce (1943), considéré comme le premier film où il donne libre cours à son humour noir.

À la Libération, Pierre Braunberger l'accuse d'avoir cherché à lui nuire sous l'Occupation. Claude Autant-Lara est blanchi en par le Comité d'épuration[2]. En 1990, Braunberger réitère ses accusations[3].

Succès et critiques

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Claude Autant-Lara assis à droite, sur le tournage de L'Auberge rouge en 1951.

Après le succès de Sylvie et le Fantôme (1946), il réalise en 1947 Le Diable au corps, tiré du roman de Raymond Radiguet, avec Micheline Presle et Gérard Philipe. Le film suscite de vives réactions. Il est salué par André Bazin mais devient plus tard une cible de François Truffaut dans « Une certaine tendance du cinéma français »[4],[5].

En 1949, il adapte Feydeau avec Occupe-toi d'Amélie. Suivent L'Auberge rouge (1951), Blé en herbe (1954), puis Le Rouge et le Noir (1954), qui cristallise les critiques de la Nouvelle Vague.

Il adapte Marcel Aymé avec La Traversée de Paris (1956) et La Jument verte (1959). Entre les deux, il réalise En cas de malheur (1958), d'après Simenon. Il milite alors contre les accords Blum-Byrnes et à la fédération du spectacle CGT.

Il signe encore une quinzaine de films, dont le Journal d'une femme en blanc (1965). Après Gloria (1977), il cesse de réaliser.

Il publie ensuite plusieurs ouvrages, dont La Rage dans le cœur (1984). Entre 1981 et 2000, il dépose ses archives à la Cinémathèque suisse[6].

Politique et polémiques

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Claude Autant-Lara
Fonctions
Député européen

(2 mois et 6 jours)
Élection 15 juin 1989
Législature 3e
Groupe politique GTDE
Successeur Jean-Claude Martinez
Biographie
Parti politique Front national

Tu ne tueras point et la censure

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Le film initialement intitulé L'Objecteur, puis Tu ne tueras point est interdit en France pendant la guerre d'Algérie[7]. Il sort finalement en 1963. La chanson du film, L'Amour et la Guerre, écrite par Bernard Dimey et interprétée par Charles Aznavour, est interdite sur les ondes nationales dès 1960[8],[9],[10].

En 1963, Autant-Lara et ses scénaristes, Jean Aurenche et Pierre Bost, signent un appel du Comité de secours aux objecteurs de conscience.

Engagement au Front national

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Le , il déjeune avec Jean-Marie Le Pen et annonce sa candidature aux élections européennes[11]. Élu député européen le sur la liste du Front national, alors même qu'il avait été auparavant président du Syndicat des techniciens de la production cinématographique CGT de 1948 à 1954, puis président de la Fédération nationale du spectacle CGT de 1954 à 1963 — organisations comprenant alors de nombreux membres du Parti communiste. Il avait notamment défendu les conditions d'emploi et de travail des artistes, ouvriers et techniciens du cinéma, ainsi que l'institution d'une régulation économique avec la création du Fonds de soutien du CNC.

Doyen d'âge de la nouvelle assemblée, il préside, conformément au règlement, la session inaugurale en . Lors de son discours, il exprime notamment ses « inquiétudes face à la menace culturelle américaine ». La quasi-totalité des députés quittent l'hémicycle afin de ne pas assister à l'intervention d'un élu du Front national.

À la suite de cette première polémique, et à l'initiative de son directeur Georges-Marc Benamou, il accorde une interview téléphonique dont des extraits sont publiés par le mensuel Globe en [12]. Il y tient des propos visant notamment Simone Veil, déclarant :

« Que vous le vouliez ou non, elle fait partie d'une ethnie politique qui essaie de s'implanter et de dominer… Oh elle joue de la mandoline avec ça [les camps de concentration]. Mais elle en est revenue, hein ? Et elle se porte bien… Bon alors quand on me parle de génocide, je dis, en tout cas, ils ont raté la mère Veil ! »

Dans le même entretien, il évoque également la « juiverie cinématographique internationale »[13].

Interrogé sur un éventuel révisionnisme, il répond :

« Oui, évidemment. Quand on regarde les choses d'un peu près, on voit bien qu'on est bourré d'histoires, de mensonges... Auschwitz... Le génocide, on n'en sait trop rien. Le prétendu génocide... Personne ne parle du génocide des Indiens par les Américains. N'est pas génocide qui veut ![14] »

Ces déclarations provoquent une vive controverse. Claude Autant-Lara démissionne de son mandat de député européen ; il est remplacé par Jean-Claude Martinez. Le garde des Sceaux de l'époque, Pierre Arpaillange, fait engager des poursuites pour « injures raciales, diffamation raciale et incitation à la haine raciale ». Il est finalement relaxé, les propos ayant été tenus dans le cadre d'une conversation téléphonique.

Par ailleurs, les membres de l'Académie des beaux-arts, dont il était vice-président, lui demandent de ne plus siéger parmi eux. À sa mort, il est remplacé par le cinéaste Francis Girod, qui prononce son éloge sous la Coupole le .

Après ces polémiques, Claude Autant-Lara participe à une série d'entretiens avec le critique et historien suisse Freddy Buache, directeur de la Cinémathèque suisse, dans lesquels il revient longuement sur la réalisation de ses films et livre de nombreuses anecdotes sur sa carrière.

Vie privée

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Claude Autant-Lara a été marié à Ghislaine Auboin (1912-1967), monteuse, productrice, scénariste et scripte. Elle collabore à plusieurs de ses films[15].

Tombe de Claude Autant-Lara au cimetière de Montmartre (division 26).

Claude Autant-Lara meurt le , à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans, dans une clinique d'Antibes, des suites d'une longue maladie[16].

Il est inhumé au cimetière de Montmartre (division 26)[17].

Filmographie

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Réalisateur

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Courts et moyens métrages

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Longs métrages

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Télévision

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Scénariste

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Directeur artistique

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Publications

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  • La Rage dans le cœur, Veyrier/Lib, L'Avenue, 1984 (autobiographie).
  • Le Coq et le Rat : Chronique cinématographique du XXe siècle, Flambeau, 1990.
  • Les Fourgons du malheur. Chronique cinématographique du XXe siècle, Flambeau, 1992.

Notes et références

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  1. Lo Duca, Histoire du cinéma, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1968, 8e éd. (1re éd. 1942), p. 15.
  2. Jean-Pierre Bleys, Claude Autant-Lara, Actes Sud, 2018, page 116.
  3. « Interview Pierre Braunberger à propos de la délation sous l'occupation », .
  4. Olivier Père, « Claude Autant-Lara, l’œil du diable », Blog d'Olivier Père, (lire en ligne, consulté le ).
  5. François Truffaut, « Une certaine tendance du cinéma français », Cahiers du cinéma, no 31, réédité dans François Truffaut, Le Plaisir des yeux, Flammarion, coll. « Champs », , p. 210-229.
  6. « Inventaire du fonds Claude Autant-Lara » (consulté le ).
  7. Georges Sadoul, Dictionnaire des films, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Microcosme », 4e trimestre 1965, 300 p., p. 254.
  8. « Tu ne tueras point », Exposition virtuelle Censure au cinéma, sur sciencespo.fr (consulté le ).
  9. « L'amour et la guerre interdite à la radio », La Défense, no 432, , p. 10.
  10. François Ménétrier, « Charles Aznavour, l'amour et la guerre », Union pacifiste, décembre 2018 - janvier 2019, p. 10.
  11. Michel Guilloux, « La deuxième mort de Claude Autant-Lara », L'Humanité, (lire en ligne, consulté le ).
  12. Serge Moati et Jean-Claude Raspiengeas, La Haine antisémite, éd. Flammarion, Paris, 1991, p.192.
  13. Dominique Albertini, « Les électrons trop libres du Front national », liberation.fr, 3 mars 2017.
  14. « Dans le mensuel "Globe" Les propos antisémites de M. Claude Autant-Lara député européen (FN) », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  15. « Ghislaine Autant-Lara - Unifrance », sur www.unifrance.org (consulté le ).
  16. Jean-Luc Douin, « Claude Autant-Lara, cinéaste libertaire devenu militant d'extrême droite », sur Le Monde, .
  17. Cimetières de France et d'ailleurs.
Une catégorie est consacrée à ce sujet : Film réalisé par Claude Autant-Lara.

Bibliographie

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Liens externes

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