Marguerite Stern
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Laurine de Oliveira Ferreira |
| Pseudonyme |
Marguerite Stern |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Militante pour les droits des femmes, militante anti-trans, extrême droite sur Internet |
| Membre de |
FEMEN (- |
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Marguerite Stern, née le à Clermont-Ferrand, est une activiste et ancienne militante féministe française.
Ancienne Femen, elle est la cofondatrice du mouvement des collages contre les féminicides. Critiquée pour ses actions jugées transphobes par les féministes intersectionnelles, elle est définitivement exclue du mouvement qu'elle a lancé et quitté quelques mois plus tôt.
Très active sur les réseaux sociaux, elle se rapproche progressivement de Dora Moutot et de Julien Rochedy, tout en exprimant des positions de plus en plus proches de l'extrême droite. Elle est également condamnée pour « injures publiques à caractère raciste » en .
Biographie
Fille d'un agent immobilier immigré portugais[1] et d'une agente de laboratoire française originaire de Vendée[2], elle nait à Clermont-Ferrand et grandit ensuite dans un village d'Auvergne[3]. Après son bac littéraire, elle quitte la région pour Paris, où elle entame des études d'arts plastiques à Paris-VIII-Saint-Denis, qu'elle ne terminera jamais[4], puis des études d'architecture à Bruxelles[5].
Le , au lendemain d'altercations avec des hommes de son quartier, un tir de balle de 9 mm frappe la fenêtre de son appartement marseillais en pleine nuit[2],[6].
Activisme FEMEN
À son retour à Paris en 2012, Marguerite Stern arrête ses études[5] et commence son engagement féministe au sein des FEMEN[D 1],[7]. Elle quitte le mouvement en 2015 puis passe plusieurs mois dans la jungle de Calais où elle propose des cours de français aux réfugiés[2].
Fin , elle présente « ses excuses » à l’Église catholique pour ses actions passées lors des manifestations contre l'opposition de l'Église au mariage pour tous et affirme avoir évolué après avoir « enquêté sur l'idéologie transgenre » et ses « conséquences néfastes »[8].
Manifestation contre le mouvement Civitas
Le , elle participe à une action du mouvement Femen lors d'une manifestation Civitas contre le mariage pour tous et subit des violences de membres du parti politique. Accusée d'injure publique envers les catholiques intégristes, elle est relaxée en [9].
Il lui est également reproché d'avoir utilisé avec six autres Femen des extincteurs en tant qu'« arme par destination ». Elle obtient alors un premier non lieu en . Elle est de nouveau relaxée des faits le [9].
Prison en Tunisie
Le , elle participe en Tunisie avec deux autres activistes à la première action FEMEN dans un pays arabe en soutien à Amina Sboui. Elles sont interpellées et détenues durant un mois à la prison de Manouba[10]. Le , elles sont condamnées à 4 mois et un jour de prison ferme pour atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur[11].
Au Maroc contre l'homophobie
Le 2 juin 2015, elle fait partie de la première action de FEMEN au Maroc, devant la tour Hassan à Rabat, où elle embrasse seins nus une autre activiste. Selon un communiqué, cette action a pour but de « célébrer les droits LGBT et dénoncer l’injustice faite à la communauté homosexuelle au Maroc ». Sept heures après l'action, elles sont arrêtées, interrogées durant six heures, puis expulsées du territoire[source insuffisante][12].
Collages contre les féminicides et le harcèlement de rue
En , elle initie en France des collages contre les féminicides et le harcèlement de rue sous forme de brefs slogans[13],[2], notamment à Paris et Marseille. Ses collages sont composés de lettres noires peintes une à une sur des feuilles blanches. Son premier slogan collé est « Depuis que j'ai 13 ans, des hommes commentent mon apparence physique dans la rue »[7],[3],[14].

Le , elle initie un collage collectif contre les féminicides[15]. Elle gère le fonctionnement du groupe de Paris et le lancement du mouvement à l'échelle nationale durant un mois, avant de s'en écarter. Elle continue à coller seule[3].
De par la simplicité du mode d'action et l'augmentation du nombre de féminicides en France, des groupes de collages se forment dans les villes[16], mais également à l'international[17]. Les médias, en France et à l'étranger, s'intéressent au phénomène[3]. Ces collages affichent des slogans qui ont pour but de sensibiliser et de dénoncer l'inaction des pouvoirs publics à agir efficacement contre les violences faites aux femmes[18]. Les messages rendent hommage aux victimes de féminicides. Ils affichent des phrases courtes qui décrivent les circonstances des meurtres ou qui portent une visée générale[19].
En , elle ouvre un squat féministe, dans le 12e arrondissement de Paris, « L'amazone », QG pour les collages, et lieu de création pour femmes, à l'exception notable des femmes trans, qu'elle refuse[20]. Il est évacué un mois plus tard.
Prises de positions et polémiques
Condamnation pour « injures publiques à caractère raciste »
Le , Marguerite Stern est condamnée pour « injures publiques à caractère raciste » par le tribunal judiciaire de Paris après une plainte de SOS Racisme pour ses propos tenus le dans le média Frontières où elle affirmait que « proportionnellement, les personnes issues de l’immigration […] africaine et moyen-orientale […], en majorité musulmane mais pas uniquement […] agressent plus les femmes que les Français de culture française. »[21],[22],[23],[24].
Prises de positions contre le port du voile, la prostitution
Représentant un féminisme « universaliste », par opposition au féminisme « essentialiste », elle déclare notamment que le voile, comme la prostitution, ne relève pas du libre arbitre[3].
Accusations de transphobie
Marguerite Stern est fréquemment accusée de tenir des propos transphobes[25] et lui valent, en autres, d'être considérée comme « TERF »[26],[27]. Les Jours relève qu'elle est devenue l'« une des figures antitrans en France », rappelant qu'elle a déclaré avoir une « petite obsession sur le trangenrisme » dans le média d’extrême droite Livre noir[28]. Le femellisme, mouvement lancé par Dora Moutot et Marguerite Stern, est rejeté pour sa transphobie car le mouvement adhère à la théorie du complot transphobe sur le « financement du lobby trans » et reste proche d'une idéologie ultraconservatrice ou d'extrême droite[29].
Des propos transphobes sont relevés dès , après un collage dans la ville de Montpellier appelant à l'inclusion des femmes trans dans le mouvement féministe avec le slogan « des sisters pas des cisTERF »[30]. Marguerite Stern s'exprime sur les réseaux sociaux contre l'intégration du militantisme trans dans le mouvement des collages et au sein du féminisme[31]. Elle considère qu'être une femme, ce qu'elle définit par le fait d'avoir une vulve, est une question de biologie[27],[32], et nie donc la qualité de femmes aux personnes assignées hommes à la naissance[3],[2]. À la suite de ces déclarations, le collectif Collages Féminicides Paris se désolidarise de ses propos. Elle est exclue définitivement du mouvement qu'elle a co-créé et quitté[31],[33],[34]. En , sept autrices se retirent d’un salon du livre féministe car elles refusent de participer avec Marguerite Stern et Dora Moutot[35].
En , Marguerite Stern cosigne une tribune intitulée « Trans : suffit-il de s'autoproclamer femme pour pouvoir exiger d'être considéré comme telle ? » jugée transphobe par la rédaction du Huffington Post qui décide de la retirer[32]. En , elle cosigne une nouvelle tribune avec Dora Moutot une tribune publiée dans Marianne adressée à Élisabeth Borne, dans laquelle elles s'opposent à une affiche du Planning familial représentant un homme enceint, affirmant qu'« elle reprend un vocabulaire utilisé par les militants transactivistes »[25]. La tribune est relayée par des militantes, organes de presse ou personnalités d’extrême droite [36]. La polémique s'étend en au sein du parti LREM où deux députés, Pierre Karleskind et Raphaël Gérard, s'offusquent de la réception de la militante accusée par Caroline Yadan et Aurore Bergé, deux députées de leur groupe politique[25].
Le , SOS homophobie annonce porter plainte contre Dora Moutot et Marguerite Stern pour leur livre Transmania. L'association y dénonce « la haine contre les personnes trans »[37]. L'ouvrage, accusé également de tenir plusieurs propos homophobes[38],[37], crée plusieurs polémiques. La ville de Paris refuse par exemple la promotion de l'ouvrage sur des panneaux publicitaires car il propage selon les élus un « discours de haine » envers les personnes transgenres, qui « va à l’encontre des valeurs portées par la Ville de Paris »[37],[39],[40],[41].
À partir de 2024, ses apparitions publiques font l'objet systématiquement de contestations. En , sa venue à Nantes au colloque organisé par Comité Laïcité République à Nantes pour une conférence sur le féminisme fait polémique et est annulée. La direction de l'association évoque des menaces envers Marguerite Stern et décide de reprogrammer le colloque dans une salle du Sénat[42],[43]. En , une conférence sur son livre Transmania à l'université Paris-Panthéon-Assas à l'initiative de l'association d'extrême droite Cocarde étudiante est annoncée. Des associations étudiantes de gauche et le sénateur communiste de Paris Ian Brossat demande alors son annulation[44]. La conférence se tient finalement sous protection policière dans un centre annexe, alors qu'une contre-manifestation de 150 personnes se déroule en face[45]. En , en réaction à une de ses conférences, l'Organisation de solidarité trans (OST) organise un contre-rassemblement de plusieurs centaines de personnes à proximité de la conférence[46].
De son côté, Marguerite Stern se défend d'être transphobe, expliquant : « Je ne suis pas transphobe parce que je dis qu'une femme trans est un homme et je ne combats pas les trans mais l'idéologie trans »[47].
Rapprochement politique de l'extrême droite
Elle participe à l'université d'été 2024 du parti d'extrême droite Reconquête dirigé par Éric Zemmour[48]. Libération rapporte que Marguerite Stern réalise des passerelles idéologiques et des obsessions communes avec les militants de La Manif pour tous et l'extrême droite[47] . Marguerite Stern apporte son soutien à Julien Rochedy, masculiniste et ancien directeur national de la jeunesse Front national avec qui elle dit partager des positions[28]. En , elle donne une conférence à l'Institut de sciences sociales économiques et politiques fondé par l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal[49].
Œuvres
Essais
- FEMEN, Manifeste FEMEN, éditions Utopia, 2014 (ISBN 978-2919160174).
- Héroïnes de la rue, Manifeste pour un féminisme de combat, éditions Michel Lafon, 2020[50] (ISBN 978-2749943961).
- avec Dora Moutot, Transmania, Magnus, 2024[50].
- Les Rives contraires. Histoire d'une transition politique, Magnus, 2026.
Podcasts
- Conversations avec Marie,
- Héroïnes de la rue, [51]
- Le dernier homme,
- Écoutez les survivantes,
- Ma fortune,
- Au peuple des femmes,
Notes et références
Références
- ↑ « Marguerite Stern : "En politique, il faudrait virer tous les hommes" », sur Le nouvel Economiste, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Violaine Epitalon, « Marguerite Stern : La Femme révoltée », Technikart, (version du sur Internet Archive)
- 1 2 3 4 5 6 Aurélie Jacques, « La nuit des colleuses », Vanity Fair n°87, mars 2021, p. 62-69.
- ↑ Louis-Valentin Lopez, « Marguerite Stern, 29 ans, féministe : des collages immédiats », sur France Inter, (consulté le )
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- ↑ Marie Desnos, « Femen françaises - "Être une prisonnière en Tunisie" », sur parismatch.com,
- ↑ « Prison ferme pour des Femen en Tunisie », sur Libération.fr, (consulté le )
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- ↑ « A Lyon, tensions autour de la venue de la militante Marguerite Stern et de sa conférence sur « les dérives de l’idéologie trans » », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Marguerite Stern (auteur de Héroïnes de la rue) », sur Babelio (consulté le )
- ↑ Marguerite Stern, « Héroïnes de la rue - prologue », sur Ausha, (consulté le )
Extraits d'ouvrages autobiographiques
- Certaines informations sont issues directement des ouvrages de Marguerite Stern :
- ↑ Marguerite Stern, « FEMEN », dans Marguerite Stern, Héroïnes de la rue, p. 76.
Liens externes
- Site officiel
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Personnalité utilisant un pseudonyme
- Écrivaine française du XXIe siècle
- Essayiste française du XXIe siècle
- Femen
- Féministe française du XXIe siècle
- Féministe radicale
- Féministe universaliste
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