Jean-Pierre Le Mat
| Jean-Pierre Le Mat | |
Jean-Pierre Le Mat en 2012 | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président du Strollad Pobl Vreizh | |
| – (4 ans) |
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| Porte-parole du mouvement des Bonnets rouges | |
| – | |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Plouigneau (Finistère) |
| Parti politique | SPV |
| Profession | Chef d’entreprise, auteur |
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Jean-Pierre Le Mat, né en janvier 1952 à Plouigneau dans le Finistère, est un ingénieur agronome, chef d’entreprise et militant breton.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Originaire de Plouigneau, Jean-Pierre Le Mat effectue ses études à l’école d’agronomie de Rennes au début des années 1970[1]. Proche à l’époque des milieux anarchistes, il s’intéresse progressivement à la question bretonne dans une démarche contestataire[2].
Insoumission et exil
[modifier | modifier le code]Refusant d’effectuer son service militaire, qu’il considère comme relevant d’une « armée d’occupation », il s’exile en Irlande fin 1974[3],[1]. Il y travaille comme ouvrier agricole et fréquente notamment le quartier républicain de Falls Road à Belfast pendant les Troubles[2],[1]. Il rencontre des exilés bretons, dont d’anciens militants nationalistes bretons, et apprend la langue bretonne auprès d’Alan Heusaff puis de Neven Henaff (pseudonyme de Célestin Lainé)[4],[5].
De retour en France en 1977, il revendique publiquement une insoumission motivée par le refus de l’armée française en tant qu’« armée d’occupation »[1]. Le tribunal permanent des forces armées de Rennes le condamne le 21 octobre 1977 à quinze mois de prison ferme pour insoumission et refus d’obéissance[PPN 1].
Engagement politique dans les années 1980
[modifier | modifier le code]En 1979, Jean-Pierre Le Mat participe à la fondation du Strollad Pobl Vreizh (SPV, Parti républicain breton), dont il devient le président[6],[1]. Ce parti prône l’indépendance de la Bretagne sur le modèle irlandais et est proche du Mouvement d’insoumission bretonne (MIB), qui encourage le refus du service militaire[6].
En avril 1982, des armes sont découvertes lors d’une opération policière impliquant des militants du SPV, Jean-Pierre Le Mat, soupçonné d’avoir laissé en dépôt une partie du matériel, est arrêté[PPN 2]. Il nie toute implication et entame une grève de la faim. Il est condamné avec sursis dans cette affaire[PPN 2],[1].
Le 29 mars 1983, lors d’incidents devant la maison d’arrêt de Rennes à l’occasion du procès de deux insoumis bretons, Jean-Pierre Le Mat est interpellé[PPN 3]. Il est condamné le 8 avril 1983 à un mois de prison ferme pour coups et blessures sur des gendarmes[PPN 4].
Après 1983, il dit s'être retiré progressivement de l’activisme de premier plan pour se consacrer à sa famille et à sa carrière professionnelle[1].
Carrière professionnelle
[modifier | modifier le code]Ingénieur agronome de formation, Jean-Pierre Le Mat fonde et dirige une entreprise spécialisée dans les logiciels pour traitements vétérinaires[7]. Il est président de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) des Côtes-d’Armor en 2013[7].
Engagement dans les Bonnets rouges
[modifier | modifier le code]En 2013, Jean-Pierre Le Mat participe à la création du Comité de convergence des intérêts bretons (CCIB) avec d’autres entrepreneurs « identitaires »[7]. Il devient l’un des porte-parole du mouvement des Bonnets rouges, né de la contestation contre l’écotaxe et plus largement des difficultés économiques bretonnes (crise agroalimentaire, plans sociaux)[PPN 5].
En avril 2014, après le retrait de Christian Troadec et Corinne Nicole pour les élections européennes, il est désigné avec Olivier Le Bras à la tête du collectif (ce dernier se retire rapidement)[8]. Il défend un discours centré sur la relocalisation des décisions économiques, le slogan « Décider, travailler et vivre au pays », et une gouvernance régionale renforcée[9]. Il se décrit comme « nationaliste breton » ou « internationaliste régional », estimant que, dans le cadre de l’Union européenne, un État-nation breton classique n’est pas envisageable, mais qu’il faut défendre l’avenir d’un peuple breton distinct[10].
En 2015, il reste porte-parole du collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » et encourage les anciens Bonnets rouges à se présenter sur différentes listes aux élections régionales, en position éligible, afin de maximiser leur influence sans étiquette partisane unique[PPN 6],[PPN 7].
Autres activités
[modifier | modifier le code]Jean-Pierre Le Mat est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de la Bretagne, dont une Histoire de Bretagne vue sous un prisme nationaliste breton[1].
Ouvrages
[modifier | modifier le code]- Jean-Pierre Le Mat, Alan Coraud et Noël Even, Mémorandum sur l'insoumission bretonne, Imp. Centre Bretagne, (lire en ligne)
- (en) The sons of the Ermine, An Clochán, (ISBN 1-900286-01-7, présentation en ligne)
- Les cent vies de l'hermine : la Bretagne au fil des siècles, Coop Breizh, (ISBN 2-84346-013-1, présentation en ligne)
- Henri Poisson et Jean-Pierre Le Mat, Histoire de Bretagne, Coop Breizh, 1960-1990 (8 éditions) (ISBN 2-903708-15-0, lire en ligne)
- Patrick Pearse et l'insurrection irlandaise de Pâques 1916 : textes politiques et littéraires inédits, Coop Breizh, (ISBN 2-84346-096-4, présentation en ligne)
- Histoire de Bretagne : le point de vue breton, Yoran Embanner, 2006 (rééditions : 2010, 2014) (ISBN 978-2-914855-75-4, présentation en ligne)
- Enquêtes sur les prophéties de Merlin, Yoran Embanner, (ISBN 978-2-916579-41-2, présentation en ligne)
- Carnet d'un Bonnet rouge - Saison 1 : version abrégée, Yoran Embanner, (ISBN 978-2-916579-69-6, présentation en ligne)
- Collectif, Vers une gouvernance économique bretonne (ouvrage collectif), Arès, (ISBN 978-2-918879-08-4, lire en ligne)
- Ils ont fait la France - Contre-enquête - de Clovis à Charles de Gaulle, Yoran Embanner, (ISBN 978-2-36747-005-4, présentation en ligne)
- Collectif, Le devenir breton. Du rêve aux possibles (ouvrage collectif), Locarn, (ISBN 978-2-9559677-0-6)
- Bien-Vivre, esquisse d'une Charte pour la Communauté de Bretagne (ouvrage collectif), Locarn, (ISBN 978-2-9559677-1-3)
- Serge Kergoat et Jean-Pierre Le Mat, La chevêche de Brocéliande, Serge Kergoat, (ISBN 978-2-919359-20-2)
- Qu'est-ce qu'une nation au 21ème siècle, BreizhMem, (ISBN 978-2-9587033-1-8)
- L'art de décider, (ISBN 978-2-9585877-1-0, présentation en ligne)
- L'art de se lancer, de l'armaturier, (ISBN 978-2-9585877-9-6)
- L'Identité contre la Raison, BreizhMem, (ISBN 978-2-9587033-7-0)
- L'hypothèse de l'Hermine, BreizhMem, (ISBN 978-2-9589046-0-9)
- Du rêve démocratique à l'aventure nationaliste, BreizhMem, (ISBN 978-2-9589046-1-6)
- Archives d'un Bonnet Rouge breton, BreizhMem, (ISBN 978-2-9587033-8-7, présentation en ligne)
- Histoire de la France : le point de vue breton, Yoran Embanner, (ISBN 978-2-36785-074-0)
Références
[modifier | modifier le code]- Presse périodique nationale et internationale
- ↑ « Un insoumis condamné à quinze mois de prison », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Marie-Christine Robert, « Des armes découvertes chez des indépendantistes bretons », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Marie-Christine Robert, « L'insoumission, cheval de bataille des indépendantistes bretons », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Prison ferme pour deux indépendantistes bretons », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ « Bretagne : la contagion », Le Figaro, (lire en ligne)
- ↑ Manon Rescan, « Régionales : des bonnets rouges incontournables en Bretagne », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Philippe Brochen, « Bretagne : les Bonnets rouges se font draguer », Libération, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Henry 2011, p. 279-280.
- 1 2 Chartier et Larvor 2002, p. 170.
- ↑ Chartier et Larvor 2002, p. 171.
- ↑ Cabon et Chartier 2006, p. 223.
- ↑ Kernalegenn et Pasquier 2019, p. 157.
- 1 2 John Day 1983, p. 415.
- 1 2 3 Rabier 2015, p. 160.
- ↑ Rabier 2015, p. 163.
- ↑ Loyer et Guyader 2014, p. 232.
- ↑ Loyer et Guyader 2014, p. 225.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]Ouvrages thématiques
- (en) Alan John Day, Political Dissent : An International Guide to Dissident, Extra-parliamentary, Guerrilla, and Illegal Political Movements, the University of Michigan, , 592 p. (ISBN 9780582902558, présentation en ligne)
- Erwan Chartier et Ronan Larvor, La question bretonne : Enquête sur les mouvements politiques bretons, An Here, , 175 p. (ISBN 978-2-86843-262-9, lire en ligne)
- Lionel Henry, Dictionnaire biographique du mouvement breton, Yoran Embanner, (ISBN 978-2-914855-74-7, présentation en ligne)
Ouvrages historiques
- Alain Cabon et Erwan Chartier, Le dossier FLB : Plongée chez les clandestins bretons, Coop Breizh, , 316 p. (ISBN 9782843462962)
Ouvrages et articles universitaires
- Barbara Loyer et Bertrand Guyader, « Les Bonnets rouges : un mouvement pour un projet géopolitique », Hérodote, La Découverte, vol. 154, no 3, , p. 223-242 (ISSN 0338-487X, DOI 10.3917/her.154.0223, lire en ligne)
- Marion Rabier, Sous le bonnet, la classe : retour sur le mouvement des Bonnets rouges, vol. 56, Agone, (lire en ligne), p. 153-172
- Tudi Kernalegenn et Romain Pasquier, L'Union démocratique bretonne : Un parti autonomiste dans un État unitaire, Presses universitaires de Rennes, , 271 p. (ISBN 9782753559301)