John Beckett
| Membre du 35e Parlement du Royaume-Uni 35e Parlement du Royaume-Uni (d) Peckham (d) | |
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| Membre du 34e Parlement du Royaume-Uni 34e Parlement du Royaume-Uni (d) Gateshead (d) | |
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britannique (jusqu'au ) britannique |
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| Conjoint |
Kyrle Bellew (d) |
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| Partis politiques | |
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| Conflit |
John Warburton Beckett, né le à Hammersmith et décédé le à Londres, est un homme politique britannique dont l’activité parlementaire s’inscrit, entre 1924 et 1931, au sein du Parti travailliste, à la Chambre des communes. Au cours de la décennie suivante, il opère une réorientation idéologique marquée, se ralliant aux doctrines fascistes ; il adhère successivement à la British Union of Fascists, avant d’initier la National Socialist League, puis de constituer le British People’s Party. Durant la Seconde Guerre mondiale, en raison de ses compromissions avec des organisations de caractère subversif, il fait l’objet d’une mesure d’internement sur le territoire britannique.
Biographie
[modifier | modifier le code]John Beckett naît à Hammersmith, au sein de l’agglomération londonienne, dans un milieu familial relevant du négoce textile. Il est le fils de William Beckett, marchand en étoffes, et de Dorothy, née Salmon, laquelle, bien qu’issue de confession juive, renonce à cette appartenance religieuse préalablement à son mariage. Selon le témoignage rapporté par son fils Francis, il est inscrit à l’état civil sous les prénoms de Jack William Beckett lors de son baptême, avant d’adopter, en 1918, l’appellation de John Warburton Beckett.
Il poursuit sa formation initiale au sein de la Latymer Upper School jusqu’à l’âge de quatorze ans ; à cette date, la déconfiture financière de son père, consécutive aux manœuvres frauduleuses de l’escroc notoire Horatio Bottomley, le place dans l’incapacité de s’acquitter des droits de scolarité requis par l’établissement. Contraint d’interrompre prématurément sa scolarité, le jeune John entre alors dans la vie active en qualité de coursier. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s’engage dans le Middlesex Regiment, avant d’être rapidement affecté au King's Shropshire Light Infantry. Néanmoins, l’existence d’une affection cardiaque congénitale entraîne sa réforme en 1916.
Il est néanmoins attesté que Beckett indique, lors d’une déclaration publique isolée, avoir été déclaré inapte au service militaire en raison d’une lésion acquise dans les Balkans en 1917.
Début de carrière
[modifier | modifier le code]En 1918, Beckett procède à la fondation de l’Union nationale des anciens combattants, institution destinée à pourvoir aux besoins matériels et sociaux des vétérans issus de la Première Guerre mondiale. Cette structure associative, demeurée dépourvue de reconnaissance officielle par le Parti travailliste, se voit ultérieurement intégrée à la Royal British Legion. Parallèlement, Beckett s’affilie au Parti travailliste indépendant et exerce un mandat au sein du conseil municipal de Hackney durant la période comprise entre 1919 et 1922.
Beckett entreprend sa première candidature au Parlement lors des élections générales de 1923, sans parvenir à s’emparer du mandat correspondant à la circonscription de Newcastle upon Tyne North, et obtient ultérieurement le siège de député travailliste pour la circonscription de Gateshead en 1924. Il se fait élire à la circonscription de Peckham en 1929, année au cours de laquelle il est investi des fonctions de whip au sein du Parti travailliste indépendant. Durant ses premières années à la Chambre des communes, il se distingue par son étroite proximité avec Clement Attlee, auprès duquel il a exercé antérieurement comme agent électoral. Son nom se singularise en 1930 à l’occasion d’un épisode notable : lors d’un débat tumultueux portant sur la suspension du député Fenner Brockway, Beckett s’empare de la masse cérémonielle, attribut de l’autorité parlementaire, qu’il ne restitue qu’après qu’elle lui a été retirée de force dans l’enceinte même de l’assemblée.
Beckett s’affirme comme un acteur politique marqué par l’intensité de ses allocutions et la vigueur de ses diatribes. Il oppose une résistance soutenue à l’instauration du gouvernement national dirigé par Ramsay MacDonald et reprend sa place au sein du Parti travailliste indépendant en 1931, sans toutefois réussir à maintenir son mandat parlementaire, le scrutin se révélant fragmenté entre trois candidats se réclamant du mouvement travailliste. Retiré des arènes électives, il entreprend un séjour en Italie, où il observe avec attention les modalités d’organisation de l’État corporatiste alors en vigueur.
Adhésion au fascisme
[modifier | modifier le code]En 1934, Beckett adhère au British Union of Fascists et gravit progressivement les échelons de sa hiérarchie, culminant au poste de directeur des publications. Il exerce temporairement la fonction de rédacteur en chef des deux périodiques officiels du mouvement, Action et Blackshirt. Lors de la crise d’abdication d’Édouard VIII, il est appréhendé à proximité du palais de Buckingham et se distingue comme le seul militant de l’organisation à remporter une procédure judiciaire à l’encontre de ses contradicteurs, obtenant mille livres sterling au titre de dommages et intérêts à la suite d’une action en diffamation dirigée contre une association antifasciste, bien que cette dernière se dissolve avant qu’il puisse en percevoir le montant. Cependant, Beckett éprouve des difficultés à renouer avec ses anciens alliés de gauche. À son retour, la même année, pour y tenir des conférences à Gateshead et Newcastle upon Tyne, il fait face à des attroupements hostiles et à des manifestations verbales le qualifiant de « traître ». Le , une de ses allocutions dans les environs de Newcastle est contrainte d’être annulée, une foule d’environ mille militants antifascistes ayant investi l’estrade où il devait s’exprimer.
Après avoir obtenu quelques succès initiaux, le British Union of Fascists amorce un reflux notable et se fragmente en deux courants antagonistes : le premier, à orientation militariste, est conduit par Neil Francis Hawkins et F.M. Box, tandis que le second, à vocation plus politicienne, cherche à imprégner les masses de l’idéologie fasciste sous l’égide de Beckett et de William Joyce. En 1937, Oswald Mosley destitue Beckett de ses fonctions rétribuées, autant en raison d’un déficit de ressources financières que de son rapprochement progressif avec l’aile de Hawkins. Beckett réintègre promptement la sphère politique en cofondant avec Joyce la National Socialist League, mais son engagement se révèle fugitif : désabusé par l’orientation d’Adolf Hitler et jugeant Joyce excessif dans ses invectives antisémites publiques, il se retire de la Ligue dès 1938.
Nonobstant son rôle prééminent au sein de la Ligue, il participe activement aux travaux du British Council Against European Commitments. Cette instance, placée sous l'obédience du vicomte Lymington, tend à structurer une mouvance de gauche réfractaire à toute belligérance avec le Troisième Reich. Consécutivement à sa scission d'avec la Ligue, il maintient une interdépendance doctrinale avec Lymington ; cette synergie débouche sur la création de l'organe de presse The New Pioneer. Cette publication diffuse une weltanschauung caractérisée par un antisémitisme virulent et une inclination marquée pour les thèses germanophiles. Au cours de l'année 1939, il démissionne de cette rédaction pour assumer les fonctions de secrétaire honoraire du British People's Party (BPP), formation séminale alors sous l'égide de Lord Tavistock — futur duc de Bedford. Dès l'entrée en guerre, il assure le secrétariat du British Council for Christian Settlement in Europe, cénacle dont l'action se focalise sur l'obtention d'une paix de compromis immédiate.
John Beckett se distingue parmi les figures notoires de la mouvance fasciste et conservatrice placées en détention en vertu du Defence Regulation 18B au cours de la Seconde Guerre mondiale, sa captivité s’étendant initialement à la prison de Brixton avant d’être transféré dans un camp de rétention localisé sur l’île de Man, puis reconduit à Brixton. Ces déplacements successifs résultent de différends persistants avec d’autres membres de la British Union of Fascists détenus simultanément. Au cours de sa réclusion, Beckett bénéficie de l’orientation spirituelle d’un aumônier catholique, qui le conduit à embrasser cette confession. Sa remise en liberté intervient avant l’armistice, justifiée par l’altération notable de son état de santé.
Francis Beckett observe que son père manifeste, à l’issue de sa détention, une propension accrue au racisme et, plus particulièrement, à l’antisémitisme, par rapport à son état à l’incarcération — disposition alors récurrente parmi les détenus —, traduisant une colère intériorisée[1]. Après sa libération, Beckett, soumis à l’interdiction de résider à moins de trente-deux kilomètres de Londres et de se déplacer au-delà de huit kilomètres de son domicile[1], relance le British People’s Party et en assume la représentation lors des négociations avec A. K. Chesterton. Ce dernier fonde une organisation désignée sous l’appellation « Front national après la victoire », visant à coordonner les différentes composantes de l’extrême droite en vue des élections inaugurales de l’après-guerre. L’entreprise demeure cependant infructueuse et Beckett refuse in fine toute tentative de fusion.
Activités d'après-guerre
[modifier | modifier le code]À l’issue du conflit mondial, John Beckett et son épouse font l’objet d’une surveillance minutieuse exercée par les services de renseignement britanniques, et singulièrement par le MI5, qui se prolonge jusqu’au moins en 1955. Leurs déplacements sont scrupuleusement consignés et leurs conversations téléphoniques font l’objet d’écoutes méthodiques et systématiques. Peu après la cessation des hostilités, Beckett est recruté pour un poste administratif au sein d’un établissement hospitalier, mais il en est promptement écarté en raison de manœuvres clandestines orchestrées par l’officier du MI5 chargé de son dossier, Graham Mitchell. Cette situation le contraint à l’impossibilité d’accéder à l’emploi « paisible et ordinaire » auquel aspirait son épouse. Incapable de se stabiliser dans une activité professionnelle régulière, il ne peut finalement se voir confier qu’une fonction rémunérée par le duc de Bedford, son bienfaiteur, consistant à assurer la direction du British People’s Party, organisation affichant des penchants néofascistes[1].
Au sortir du conflit mondial, Beckett engage ses efforts dans une campagne plaidant pour la clémence à l’égard de son ancien collaborateur, William Joyce, désigné plus couramment sous l’appellation de Lord Haw-Haw, exposé à la peine capitale pour haute trahison. Cette tentative de faveur judiciaire échoue, et Joyce subit l’exécution par pendaison. En 1946, Beckett entretient une collaboration temporaire avec le jeune Colin Jordan, lui conférant même un siège au conseil national du British People’s Party. Néanmoins, cette association se révèle passagère, Jordan se détournant rapidement de Beckett pour s’aligner sur Arnold Leese, qu’il considère dès lors comme son mentor et guide idéologique.
En 1953, à la disparition du duc de Bedford, le British People’s Party (BPP), dont il assurait le financement, cesse ses activités. Les émoluments de Beckett, nommé directeur du parti, sont dès lors supprimés. Le successeur héréditaire, manifestant peu d’attrait pour les orientations politiques de son prédécesseur, engage des démarches visant à le déloger de la résidence familiale. Beckett se consacre alors à la parution d’un périodique spécialisé dans les placements financiers, intitulé Advice and Information, destiné à la diffusion de recommandations boursières. En 1958, il acquiert finalement Thurlwood House auprès des administrateurs de la succession, y fixant sa demeure.
Après la cession de sa résidence et son retour à Londres en 1962, Beckett se voit affecté par un carcinome gastrique, identifié en 1963, qui conduit à son décès le , son corps étant incinéré conformément à ses dispositions testamentaires.
Vie privée
[modifier | modifier le code]La lignée Beckett, enracinée dans les zones rurales du Cheshire, émane d’un milieu de condition modeste. La mère de Beckett appartient à la descendance d’un orfèvre israélite, dont les membres, animés par un rigorisme intransigeant, s’abstiennent de participer aux célébrations nuptiales de leur héritière. Lors de son engagement militaire, Beckett rencontre Helen Shaw et contracte avec elle un mariage dans un intervalle exceptionnellement bref de quatre jours. De cette union naît une fille, Lesley. Néanmoins, l’alliance conjugale se dissout au milieu des années 1920, en raison des écarts de conduite et de l’instabilité affective dont Beckett se rend responsable.
Sa seconde conjointe, Kyrle Bellew, appartient à une lignée éminente de comédiens et exerce la profession théâtrale avec régularité, leur alliance matrimoniale se montre cependant fugace et, bien que séparé de Beckett pendant dix-huit années, Bellew persiste à rejeter toute dissolution officielle, conservant ainsi juridiquement le statut d’époux
Il cohabite par la suite avec Anne Cutmore, dont il engendre un fils, Francis Beckett, né en l’année 1945, et ne contracte le mariage avec elle qu’en 1963, après une longue période de vie conjugale de fait. Anne Cutmore exerce temporairement les fonctions de secrétaire auprès de Robert Forgan au sein du siège de la British Union of Fascists.
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 Francis Beckett, « State spying helps to create extremists. My father was one of them », The Guardian, (lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives conservées par : University of Sheffield Library (GB 200 MS 238)
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- (en)Hansard 1803–2005 : contributions de John Beckett au Parlement du Royaume-Uni
- (en) Portraits de John Beckett sur la National Portrait Gallery de Londres

- Legacy of War Episode 5 BBC Radio4 programme about John Beckett