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National Fascisti

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National Fascisti
Présentation
Fondateur Lt. Col. Henry Rippon-Seymour
Fondation 1924
Scission de British Fascists
Disparition 1928
Positionnement Extrême droite
Idéologie Fascisme britannique
Anticommunisme
Antisémitisme
Nationalisme britannique
Anticapitalisme
National-conservatisme
Conservatisme social
Couleurs Rouge, blanc et bleu

Le National Fascisti est une scission issue des British Fascists, constituée en 1924. Durant les prémices du fascisme britannique, le mouvement pâtit d’une absence de doctrine cohérente ainsi que d’une direction véritablement structurée. Dans ce contexte, cette faction dissidente se détache de l’organisation originelle afin de promouvoir l’instauration d’un État d’inspiration fasciste plus rigoureusement affirmée[1].

Le mouvement des National Fascisti est dirigé par le lieutenant-colonel Henry Rippon-Seymour. Ses adhérents arborent la chemise noire selon un mimétisme directement inspiré de Benito Mussolini et de ses partisans italiens. Le groupement soumet également ses membres à une préparation paramilitaire ; toutefois, ses effectifs demeurent trop ténus pour constituer une menace tangible dans le champ politique britannique. En dépit de leur acrimonie envers l’indigence doctrinale des organisations fascistes britanniques existantes, les conceptions défendues par les National Fascisti restent relativement convenues. Le mouvement préconise de manière imprécise l’instauration d’un gouvernement technocratique composé de spécialistes et d’administrateurs[2]. Son discours se caractérise surtout par un anticommunisme virulent : ses militants déclarent vouloir « briser les rouges et les roses », formule visant respectivement les communistes et les homosexuels[3]. Le groupement se singularise également par l’introduction d’un antisémitisme alors largement absent des autres formations fascistes britanniques de l’époque[4]. À cette orientation s’ajoutent des revendications relatives à la pureté raciale ainsi qu’au renforcement et à la cohésion de l’Empire britannique[5].

Développement

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En 1925, l’organisation se signale par une succession d’initiatives spectaculaires destinées à capter l’attention de l’opinion publique. Elle s’empare notamment d’un camion acheminant des exemplaires du Daily Herald, quotidien de sensibilité socialiste, alors immobilisé à la suite d’une collision[6]. Cet épisode bénéficie d’un retentissement médiatique éphémère, à l’instar d’un rassemblement tenu à Hyde Park, à Londres, qui réunit environ mille participants. La manifestation dégénère ultérieurement en affrontements de rue avec des militants du Parti communiste britannique[7]. Le mouvement administre par ailleurs des cercles de boxe et d’escrime destinés à l’instruction physique et paramilitaire de ses adhérents. Toutefois, son militarisme ostentatoire — caractérisé notamment par des défilés exécutés armes blanches au clair — suscite davantage l’ironie et la défiance qu’une adhésion véritable[8].

À l’instar des British Fascists, les National Fascisti sollicitent le ministre de l’Intérieur à l’approche de la Grève générale britannique de 1926 afin de mettre leurs effectifs à la disposition de l’Organisation pour le maintien des approvisionnements. Rippon-Seymour se refuse néanmoins à entériner l’initiative du président des British Fascists, R. B. D. Blakeney, qui préconise une rupture avec le fascisme. Les autorités gouvernementales déclinent dès lors cette proposition[9]. À titre individuel, certains adhérents des National Fascisti obtiennent toutefois l’autorisation d’intégrer la police spéciale durant le mouvement de grève[10].

Disparition

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Des dissensions internes se manifestent au sein de l’organisation à partir de la fin de l’année 1926. En décembre, un conflit éclate entre Arnold Leese, Rippon-Seymour et le responsable de la section de Croydon, Charles Eyres, après que ce dernier impute à la direction des malversations financières ainsi qu’un exercice autoritaire du commandement. Eyres se présente accompagné d’un contingent de militants issus de Kensington, munis de gourdins, afin d’intimider la faction adverse. Rippon-Seymour recourt alors à une épée ainsi qu’à un revolver Colt détenu sans autorisation réglementaire, arme appartenant en réalité à Victor Barker. Cette altercation entraîne sa comparution devant l’Old Bailey[11], où il est reconnu coupable de détention illicite d’arme à feu et de voies de fait. En 1927, le « colonel Victor Barker », identité adoptée par Valerie Arkell-Smith, occupe une position prééminente au sein des National Fascisti. Les adhérents de l’organisation ignorent qu’Arkell-Smith a été assignée femme à la naissance et la considèrent socialement comme un homme. Barker devient le secrétaire particulier de Rippon-Seymour et dispense l’instruction des membres dans des clubs consacrés à la boxe et à l’escrime[12].

Les dissensions intestines qui traversent l’organisation conduisent celle-ci à adopter l’appellation de British National Fascisti sous l’autorité de Rippon-Seymour. Parallèlement, plusieurs figures prééminentes du mouvement, parmi lesquelles le colonel Ralph Bingham, se retirent de cette formation afin de rejoindre l’Organisation pour l’entretien des fournitures, au sein de laquelle elles exercent désormais une activité militante. Affaibli par ces antagonismes factionnels et dépourvu d’assise numérique suffisante pour en absorber les effets centrifuges, le groupement connaît un rapide déclin puis sombre promptement dans l’insignifiance politique.

  1. Benewick, p. 36.
  2. Benewick, p. 37.
  3. Pugh, p. 53.
  4. Griffiths, p. 88.
  5. ] J.A. Cole, Lord Haw-Haw: The Full Story of William Joyce, Faber & Faber, 1987, p. 31.
  6. Benewick, p. 38.
  7. Thurlow, p. 54.
  8. Dorril, p. 199.
  9. Pugh, p. 66.
  10. Pugh, p. 99.
  11. Pugh, p. 69.
  12. Pugh, p. 54.