ZSU-57-2
| ZSU-57-2 | |
ZSU-57-2 hongrois en 2010. | |
| Caractéristiques de service | |
|---|---|
| Type | Véhicule antiaérien |
| Service | À partir de 1955 |
| Utilisateurs | > 20 (Liste) |
| Production | |
| Concepteur | Vassili Grabine |
| Année de conception | 1948 |
| Constructeur | Union soviétique |
| Unités produites | 2 023 |
| Caractéristiques générales | |
| Équipage | 6 |
| Longueur | 6,22 m |
| Largeur | 3,27 m |
| Hauteur | 2,75 m |
| Masse au combat | 28 t |
| Armement | |
| Armement principal | 2x Canon automatique S-68 57mm |
| Mobilité | |
| Moteur | Diesel 12 cylindres V-54 |
| Puissance | 520 hp |
| Vitesse sur route | 50 km/h |
| Pente franchissable | 30% |
| Puissance massique | 18,6 t/hp |
| Autonomie | 420 km |
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|
Le ZSU-57-2 est un véhicule d'artillerie sol-air légèrement blindé conçu par l’Union soviétique pour succéder au ZSU-37. Il est entré en service dans les forces armées de ce pays en 1955.
Dénomination
[modifier | modifier le code]Le nom du modèle est ZSU-57-2. « ZSU » est l'abréviation de Zenitnaya Samokhodnaya Ustanovka, qui signifie « canon automoteur antiaérien ». Les chiffres « 57-2 » correspondent respectivement au calibre et au nombre de canons[1]. Dans le système soviétique, chaque projet porte par ailleurs un numéro d’article (Obiekt). Chaque version ayant un numéro d’article, un seul numéro de modèle peut correspondre à plusieurs numéros d’article. Ainsi, le ZSU-57-2 dispose de trois numéros d’article : Obiekt 500 pour la version initiale, Obiekt 510 pour la version pouvant être équipée du dispositif de flottation et Obiekt 520 pour la version avec le viseur Desna et l’affût Berezina[2].
Développement
[modifier | modifier le code]Contexte
[modifier | modifier le code]Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique développe considérablement son artillerie antiaérienne. Pendant cette période, les Soviétiques commencent alors à expérimenter l’installation de canons antiaériens sur des chars. Le premier véhicule de ce type réalisé est le T-90, une variante antiaérienne du T-70 armée de deux mitrailleuses DShK. Celui-ci étant insuffisant, un véhicule plus lourdement armé est développé, le ZSU-37, qui reprend le châssis du SU-76M avec un canon antiaérien M1939 de 37 mm[3]. Le ZSU-37 n’arrive toutefois qu’en et ne joue aucun rôle pendant la Seconde Guerre mondiale. En outre, les progrès rapide de l’aviation au cours des années 1940 le rendent rapidement obsolète et la recherche d’un remplaçant débute dès 1946[1].
Conception
[modifier | modifier le code]Une première proposition est faite en par les bureaux de recherche nº174 d’Omsk et nº58 de Kaliningrad. Basée sur le châssis du T-34, cette idée est rapidement abandonnée, les responsable préférant utiliser un châssis plus récent. En parallèle, Vassili Grabine, ingénieur en chef de l’usine nº92 Joseph Staline de Gorky et créateur du canon ZiS-3, est en train de finaliser le développement d’un nouveau canon antiaérien de 57 mm à tir rapide, le S-60. Le , le conseil des ministres prend une résolution chargeant l’usine nº174 de développer un canon antiaérien automoteur utilisant le nouveau canon développé par Grabine et le châssis du char T-54[4],[5].
Les plans du canon, baptisé ZSU-57-2 S-68, sont approuvés en et la production de deux prototypes commence à l’été 1950[5]. Ceux-ci sont prêts un peu moins d’un an plus tard, au printemps 1951, et une première série d’essais expérimentant à la fois les capacités de déplacement et de tir débute immédiatement. Les essais se poursuivent jusqu’en 1954 avant l’acceptation du ZSU-57-2 pour le service. Six autres prototypes étant encore construits au cours de ces quatre ans afin de corriger les problèmes identifiés, notamment en matière d’emport de munitions[4].
Production et améliorations
[modifier | modifier le code]Les limites montrées par la plateforme pour engager les avions volant à basse altitude et haute vitesse font envisager sa modernisation dès 1957, pour la doter notamment d’un radar, toutefois le projet est abandonné en faveur de la conception d’un nouveau véhicule[6]. Pour cette raison, le ZSU-57-2 n'est produit que pendant une période assez brève, de 1957 à 1960, pour un total de deux-mille-vingt-trois unités[5].
Histoire opérationnelle
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Le ZSU-57-2 entre en service dans l’armée soviétique le [4]. C’est toutefois dans les armées égyptienne et syrienne qu’il est engagé au combat pour la première fois lors de la guerre des Six Jours ainsi que pendant la guerre du Kippour[7].
Il est également utilisé par les Nord-vietnamiens lors de la guerre du Viêt Nam. Jusque en 1972, ils ne disposent que du Type 63, un véhicule antiaérien peu efficace du fait que le pointage est entièrement manuel[8]. Le ZSU-57-2 est utilisé pour la première fois en masse au cours de l’offensive de Pâques, dont la temporalité est choisie pour coïncider avec la mousson, le plafond bas devant obliger les avions américains et sud-vietnamiens à voler à basse altitude. Il rencontre néanmoins peu de succès, le manque de guidage radar rendant difficile le ciblage d’appareils évoluant à haute vitesse[9].
Le ZSU-57-2 est également présent en faible quantité dans l’armée irakienne pendant la guerre du Golfe, bien qu’il ne soit alors plus utilisé que dans les unités de deuxième ligne. Un ZSU-57-2 parvient néanmoins à abattre[réf. nécessaire] un Tornado GR1 du No. 617 Squadron RAF lors de l’attaque de la base aérienne de Shaibah (en) le [10]. Il est également utilisé par plusieurs belligérants des guerres de Yougoslavie au cours des années 1990. Il n’est toutefois presque employé que contre des cibles au sol et son efficacité contre les appareils de l’OTAN lors de la campagne de bombardement de 1999 est nulle[11].
En 2025, les armées de cinq pays ont encore le ZSU-57-2 dans leur inventaire : Cuba, l’Égypte, l’Iran, le Mozambique et la Syrie. Le véhicule est également en possession de quelques groupes armés, notamment du Hezbollah[12].
Caractéristiques
[modifier | modifier le code]Motricité
[modifier | modifier le code]Le ZSU-57-2 est construit sur la base d’une version allégée du châssis du char T-54. La masse étant réduite à vingt-huit tonnes, le ZSU-57-2 n’a besoin que de quatre galets porteurs, contre cinq sur le T-54[13]. Cette masse plus faible lui permet également de disposer d’une autonomie d’environ 420 km, similaire à celle des blindés à escorter, mais avec moins de carburant, les réservoirs contenant 640 l.
En dehors de ces quelques différences, le ZSU-57-2 est mécaniquement très similaire au T-54 modèle 1951. Le moteur est un V-54-5 modifié développant 520 hp et doté d’un système de préchauffage facilitant le démarrage par temps froid[14]. Les chenilles utilisent les maillons du modèle standard OMSh en acier monobloc de 580 mm de large, qui se retrouvent sur tous les chars soviétiques jusqu’à la fin des années 1960[15].
Armement
[modifier | modifier le code]Les deux canons S-68 de 57 mm confèrent au ZSU-57-2 une puissance de feu sans égal à son époque pour un véhicule de ce type : ils peuvent tirer jusqu’à deux-cent-quarante obus par minute, dont la vitesse de sortie de bouche est d’environ 1 000 m/s. La portée horizontale, lors d’engagements contre des cibles au sol, est d’environ 12 km contre 6 km environ lors des tirs contre aéronefs[16].
Le véhicule emporte trois-cents obus, pesant chacun 2,8 kg, dont 1,2 kg de poudre propulsive à base de nitrocellulose. Deux-cent-quarante-huit sont prêts à l’usage dans leur chargeur et cinquante-deux sont stockés en vrac[17]. Ces obus peuvent être de deux types : explosif ou perforant, ce dernier pouvant traverser environ 110 mm de blindage[18],[a].
L’armement est embarqué dans une tourelle ouverte, ce qui permet de contenir sa masse en dépit de sa grande taille et par conséquent de faciliter sa rotation à haute vitesse. Le pointage en azimut peut ainsi s’effectuer à une vitesse de 36° par seconde par l’intermédiaire d’un moteur électrique. Un moteur hydraulique rapide redonde le système. Le pointage en site peut s’effectuer à une vitesse d’environ 20° par seconde, dans une plage comprise entre -5° et +20°[16].
Protection
[modifier | modifier le code]Bien qu’employant le même châssis que le char T-54, le ZSU-57-2 est considérablement moins protégé, avec seulement 18 mm de blindage sur l’avant de la caisse en lieu et place des 100 mm du T-54. De même, le blindage de la tourelle n’est suffisant que pour protéger des éclats d’obus et des projectiles d’armes légères, tandis que l’absence de toit rend l’équipage très vulnérable à toutes les attaques provenant d’en haut, ce qui est problématique pour un véhicule dont la tâche principale est d’affronter des aéronefs[19].
Équipage
[modifier | modifier le code]Le ZSU-57-2 est mis en œuvre par un équipage de six hommes. Le conducteur, qui a aussi le rôle de mécanicien, prend place dans la caisse, à l’avant gauche. Le chef de char et le tireur se trouvent à l’avant de la tourelle, respectivement à droite et à gauche des canons. Derrière eux se trouvent deux chargeurs qui approvisionnent les armes en munitions. Enfin l’équipage est complété par un homme chargé de l’ajustement des optiques de visée[16],[19].
Variantes
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Deux variantes sont étudiées pour le ZSU-57-2, aucune ne dépassant cependant le stade de prototype. L’Objet 520, testée entre 1958 et 1959, est dotée d’une amélioration du système de visée[20]. L’Objet 510 était une expérience visant à guéer des étendues d’eau, et consistant à attacher au véhicule un ensemble de pontons, dit PST, permettant la flottaison. Le système est conçu de telle sorte que le ZSU-57-2 peut tirer tout en flottant du moment que l’eau n'est pas trop agitée et surnager de la sorte sur une distance de près de 100 km. Le dispositif est en revanche très encombrant et augmente considérablement la largeur et la longueur du véhicule[21].
En Iran, des tourelles sont installés au 21e siècle sur des camions KrAZ-6322, l'ensemble est nommé Bahman.
Annexes
[modifier | modifier le code]Liste des utilisateurs
[modifier | modifier le code]| Pays | Nombre d’exemplaires | Commentaire |
|---|---|---|
| Retirés du service vers la fin des années 2010[7],[12]. | ||
| 129 au total | En service de à 1979. Quelques exemplaires convertis en véhicules-école[22]. | |
| Retirés du service vers la fin des années 2010[7],[12]. | ||
| Retirés du service vers la fin des années 2010[7],[12]. | ||
| Environ 250 | Il s’agit d’une variante construite à partir de tourelles importées d’URSS montées sur un châssis de char Type 59[7]. | |
| Au moins 2 | Matériel pris à l’armée yougoslave au cours de la guerre de Croatie[9]. | |
| Toujours à l’inventaire en 2025[12] | ||
| 100 au total, 40 encore à l’inventaire en 2025[12],[7] | Une partie de la flotte a été modernisée avec l’ajout d’un radar[7]. | |
| Retirés du service vers la fin des années 2010[7],[12]. | ||
| environ 12 | En service du début des années 1960 à 2006[7]. | |
| 100 au total | Commandés en 1970, véhicules ex-soviétiques livrés entre 1971 et 1973. En service jusqu'au années 1990[7]. | |
| 100 au total, 80 encore à l’inventaire en 2025[12],[7] | En service à partir des années 1960[7]. Plusieurs tourelles installés au XXIe syr des camions 6x6. | |
| Hezbollah | Toujours à l’inventaire en 2025[12] | |
| 20 à l’inventaire en 2025[12] | ||
| En service de la fin des années 1950 aux années 1970[22]. | ||
| Plus de 200 en 1973 | En service à partir de 1967, quelques exemplaires encore à l’inventaire en 2025[12],[7]. | |
| 1 | Un seul exemplaire importé pour essais, mais rejeté en faveur du M53/59[22]. | |
| Environ 500 | En service jusqu’à la fin des années 2010[23]. | |
| Plus de 100 en 1964[22] |
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Mike Guardia, Self-Propelled Anti-Aircraft Guns of the Soviet Union, t. 222, Oxford, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », (ISBN 978-1-4728-0622-2).
- (en) James Kinnear et Stephen L. Sewell, Soviet T-54 Main Battle Tank, Oxford, Osprey Publishing, , 232 p. (ISBN 978-1-4728-3330-3).
- (en) Steven J. Zaloga, ZSU-23-4 Shilka & Soviet Air Defense Gun Vehicles, Hong-Kong, Concord, , 58 p. (ISBN 962-361-039-4).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Guardia indique 110 cm, mais il s’agit très probablement d’une coquille, ce chiffre étant invraisemblable.
- 1 2 Guardia 2015, p. 8-9.
- ↑ Kinnear et Sewell 2018, p. 172.
- ↑ Guardia 2015, p. 8.
- 1 2 3 Guardia 2015, p. 9.
- 1 2 3 Kinnear et Sewell 2018, p. 115.
- ↑ Guardia 2015, p. 13.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Guardia 2015, p. 16.
- ↑ Guardia 2015, p. 16-17.
- 1 2 Guardia 2015, p. 17-18.
- ↑ https://www.raf.mod.uk/our-organisation/stations/raf-honington/news/tornado-tribute-tour-remembering-the-crew/
- ↑ Guardia 2015, p. 18.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) The International Institute for Strategic Studies, The Military Balance 2025 : The Annual Assessment of Global Military Capabilities and Defence Economics, Londres, Routledge, (ISBN 978-1-041-04967-8).
- ↑ Kinnear et Sewell 2018, p. 116-117.
- ↑ Kinnear et Sewell 2018, p. 77, 117.
- ↑ Kinnear et Sewell 2018, p. 55.
- 1 2 3 Guardia 2015, p. 10.
- ↑ Guardia 2015, p. 11.
- ↑ Guardia 2015, p. 10, 12.
- 1 2 Kinnear et Sewell 2018, p. 116.
- ↑ Kinnear et Sewell 2018, p. 118.
- ↑ Kinnear et Sewell 2018, p. 111-112, 118, 135.
- 1 2 3 4 5 6 Guardia 2015, p. 14.
- ↑ Guardia 2015, p. 14, 16.