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IS-2

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IS-2 (JS-2)
Image illustrative de l’article IS-2
Char IS-2 exposé à Cracovie
Caractéristiques de service
Type Char lourd
Utilisateurs Drapeau de l'URSS Union soviétique
Drapeau de la Pologne Pologne voir dans l'article pour les utilisateurs d'après-guerre
Production
Concepteur Nikolaï Doukhov
Année de conception 1943
Unités produites 3395 [1]
Caractéristiques générales
Équipage 4
Longueur 6,77 m
Largeur 3,07 m
Hauteur 2,73 m
Garde au sol 47 cm
Masse au combat 46 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage Châssis : 120 mm en frontal, 90 mm en latéral
Tourelle : 100 mm en frontal, 90 mm en latéral.
Armement
Armement principal Canon de 122 mm D-25T
Armement secondaire 3 mitrailleuses de 7,62 mm DT
1 mitrailleuse DShK de12,7 mm
Mobilité
Moteur V-2IS
Puissance 520 ch [note 1] (382,3 kW)
Transmission manuelle à 10 rapports (8 av/2 ar)
Suspension barres de torsion
Vitesse sur route 37 km/h
Vitesse tout terrain 16 km/h
Pente franchissable 36°
Puissance massique 11,3 ch/tonne
Autonomie 150 km
Autonomie tout terrain 125 km

L'IS-2 ( en russe : ИС-2 , parfois romanisé en JS-2[note 2]) est un char lourd soviétique de la Seconde Guerre mondiale, le deuxième de la série de chars IS, nommée d'après le dirigeant soviétique Joseph Staline.

Successeur du KV-1 dont il est dérivé, il est déployé à partir du début de l'année 1944. Sa mission principale est l'appui aux formations d'infanterie qui doivent percer le front lors des offensives. Il est également utilisé par l'armée polonaise puis, après la fin de la guerre, par d'autres pays alliés de l'Union soviétique.

Il est produit à 3 395 exemplaires entre décembre 1943 et juin 1945. Son châssis sert également de plateforme pour le développement des canons automoteurs ISU-152 et ISU-122.

Son successeur immédiat, le char IS-3, apparaît en avril 1945, trop tard pour participer aux combats. Toutefois, ce dernier ne remplace pas entièrement l'IS-2, dont un bon nombre de modèles sont reconditionnés au cours des années 1950 et appelés IS-2M[1]. L'IS-2 ne sera officiellement retiré du service actif qu'en 1995[2],[note 3].

L'évolution du char KV-1

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Moins connu que le célèbre T-34, le char lourd KV-1 constitue néanmoins - comme ce dernier - une très mauvaise surprise pour la Wehrmacht qui le rencontre dès le début de l'Opération Barbarossa[3]. Son blindage, en particulier, en fait un adversaire particulièrement redouté[4].

Le KV-1 est cependant rapidement critiqué car, bien que doté du même canon que le T-34[note 4], il est plus cher que ce dernier. De plus, il est peu maniable et, du fait de son poids, il endommage les routes (et détruit même parfois les ponts)[5]. Moscou ordonne donc la conversion de certaines de ses chaînes d'assemblage pour produire plus de T-34, faisant craindre un arrêt de sa production et même la fermeture du bureau d'études SKB-2 (Специализированное Конструкторское Бюро, Spetsializirovannoïé Konstrouktorskoïé Biouro 2 - Bureau de constructions spécialisées 2), dirigé par Joseph Kotine[6], qui l'a conçu.

Ces critiques orientent le programme KV-1 dans deux directions successives :

KV-1S au musée de la Grand Guerre patriotique, à Moscou

En 1942, le problème du poids est partiellement résolu par le développement du KV-1S (S pour skorodsnoï, rapide) doté d'un blindage moins épais[7]. L'équipage reste composé de cinq personnes mais la répartition des rôles est plus logique que celle du KV-1[note 5] et devient similaire à celle des chars allemands, qui dispense le chef de char du service du canon.

Plus compétitif face au T-34, mais moins bien protégé que le KV-1, le KV-1S entre en fabrication en septembre 1942. Près de 1400 exemplaires sont produits entre cette date et avril 1943. Il est progressivement remplacé sur les chaînes de montage par le SU-152 (initialement appelé KV-14)[8].

KV-13

Le KV-1 sert également de base pour le développement du KV-13 ou Objet 233[note 6]. L'objectif est cette fois de produire un char universel capable de remplacer le T-34 et le KV-1. Le char subit une cure d'amaigrissement, qui ramène sa masse à 32 tonnes. Les dimensions sont également réduites et le train de roulement ne comporte plus que cinq paires de galets porteurs (contre six pour le KV-1). L'agencement intérieur est également revu avec un équipage réduit à trois personnes mais l'armement est conservé[9]. Le projet n'aboutit pas, notamment à cause du succès du programme KV-1S. Toutefois, le travail accompli sur le châssis servira pour le développement du futur char Staline[10].

Dans un développement parallèle, le même châssis est utilisé pour un prototype référencé Objet 234 doté d'un obusier de 122 mm[11]. Ce projet n'aboutit pas non plus mais l'idée d'employer une arme de fort calibre sera également reprise pour le futur char Staline (avec cette fois un canon au lieu d'un obusier)[note 7].

Un nouveau char lourd : un développement en deux phases

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La capture d'un char Tigre allemand en janvier 1943 accélère la décision de développer un nouveau char lourd. Le projet est appelé Objet 237[12]. Ce besoin est confirmé lors des violents combats de chars de l'été 1943[note 8].

Le nouveau char est appelé Joseph Staline (IS)[note 2], car Kliment Vorochilov, qui avait donné son nom au KV-1, est en disgrâce depuis 1941[13]. Cependant, l'apparition en 1943 de nouveaux modèles de chars allemands mieux protégés (comme notamment le Panther) fait comprendre que le canon de 85 mm sélectionné n'est pas assez performant. Le programme est donc réorganisé et un canon plus puissant est adopté dans une deuxième phase.

Un modèle intermédiaire : le KV-85 (Objet 239)

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Dans l'attente du nouveau char, le bureau d'études dirigé par Nikolaï Doukhov crée une dernière version du char KV, le KV-85, armé du canon D-5T de 85 mm, qui s'est avéré capable de perforer le blindage du Tigre à 1 000 m. Le canon est adapté dans la nouvelle tourelle développée pour le futur Objet 237 et celle-ci est montée sur un châssis de KV-1S modifié pour pouvoir l'accueillir[14].

Le poste de l'opérateur radio est remplacé par un râtelier à munitions pour le canon de 85 mm, la mitrailleuse de caisse est ensuite déplacée du côté opposé au pilote et fixée sur la paroi avant-droite pour être commandée par ce dernier. Cette modification présente le double avantage de permettre de réduire la taille de l'équipage tout en supprimant un point faible du glacis.

À l'instar du KV-1S, le KV-85 reste un projet intermédiaire. Produit à 130 exemplaires seulement de septembre à octobre 1943, il est rapidement supplanté par la série IS, plus performante[15].

Première phase : le char IS-85/IS-1 (Objet 237)

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Le prototype IS-85 (IS-1), équipé d'un canon D-5T de 85 mm

Le prototype Objet 237 bénéficie du travail réalisé sur le KV-13 tandis que l'équipage, comme sur le KV-85, est de quatre personnes seulement, l'opérateur radio/mitrailleur qui était assis à côté du conducteur étant supprimé. Le reste de l'équipage (chef de char, tireur et pourvoyeur) se tient dans la tourelle. Comme celle-ci ne possède pas de panier[note 9], ils doivent se tenir debout sur le plancher fixe du char ou rester assis sur les sièges qui sont, eux, solidaires de la tourelle[16].

Le canon est le D-5T de 85 mm[17] déjà retenu pour le KV-85. Un modèle très similaire, le D-5S-85 équipe également le canon automoteur SU-85 [14].

Le nouveau char est accepté pour la production sous la désignation de char lourd IS-85[18].

Les premières livraisons ont lieu en octobre 1943. Cependant, le canon, qui est également retenu pour équiper la dernière version du char moyen T-34 (le T-34-85), se révèle insuffisant pour détruire à coup sûr les dernières versions des chars allemands et notamment le Panther[19]. La production s'achève donc dès janvier 1944 après la livraison de seulement 107 chars, au bénéfice de l'IS-122, doté d'un canon de 122 mm[20].

La désignation IS-85 est simplifiée en IS-1 après l'introduction de l'IS-122, qui est lui-même renommé IS-2. Il semble d'ailleurs que tous les IS-1 survivants ont été modifiés rétroactivement et dotés leur tour du canon de 122 mm en 1944[20] mais les sources divergent sur ce point [note 10].

Deuxième phase : le char IS-122/IS-2 (Objet 240)

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Vues du IS-2

Aspect général

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Vidéo externe
Vidéo contemporaine d'un IS-2 polonais préservé en état de marche

Illustration vidéo de l'aspect général de l'IS-2, en statique puis en évolution.

Projectiles et charges des munitions à chargement séparé du canon A-19/D-25T de 122 mm. De gauche à droite : étui de cartouche, obus explosif/à fragmentation OF-471, obus perforant explosif BR-471, obus perforant à coiffe BR-471B. Tous les obus sont présentés de leurs deux faces.

Un canon de calibre 122 mm est choisi pour remplacer le D-5T : le D-25T, dérivé du canon de campagne A-19[21]. Sa munition, composée d'un obus et d'une charge de poudre séparés, est déjà utilisée par l'Armée rouge, ce qui est un avantage, mais sa cadence de tir est faible, un inconvénient certain lors des engagements entre blindés. Cependant des essais ultérieurs confirmeront que, pour ce calibre, un obus monobloc s'avère trop encombrant et n'apporte aucun gain[22].

L'obus explosif OF-471 (en russe : ОФ-471) de 122 mm est sa munition principale. Très efficace contre l'infanterie, les véhicules non blindés et les retranchements, il peut également servir en cas de nécessité contre les blindés lourds. En effet, propulsé à 800 m/s, avec un poids de 25 kg et une charge de 3,8 kg de TNT, il peut mettre hors de combat les chars les plus lourds, même sans perforation[23].

L'obus perforant utilisé pendant la guerre est le BR-471. Une version améliorée, le BR-471B (en russe : БР-471Б ), est développée au printemps 1945, mais ne devient disponible en quantité qu’après la fin de la Seconde Guerre mondiale [24].

Le tableau ci-dessous illustre la capacité de pénétration (en mm) de l'obus perforant BR-471 en dotation pendant la guerre. Le premier chiffre correspond à un tir sur une cible orientée perpendiculairement (90°) à la trajectoire de l'obus, le second à un angle de 60°. La performance de l'obus BR-471B - qui n'entre en service qu'après le fin du conflit - est donnée à titre indicatif.

Capacité de pénétration (en mm) du canon de l'IS-2 en fonction de la disposition du blindage[note 11]
Distance (m) 500 1000 1500 2000
Obus BR-471 150/122 138/113 133/107 118/96
BR-471B 157/128 147/120 NC 129/105

Après quelques améliorations, notamment le remplacement de la culasse manuelle à filetage interrompu par une culasse semi-automatique, la cadence de tir passe à deux ou trois coups par minute[25]. Une autre limitation, imposée par la taille des munitions dans un véhicule relativement petit, concerne leur stockage : le char ne peut emporter que 28 obus, dont 20 obus explosifs et 8 obus perforants[26], contre un total de 58 sur l'IS-1[27].

La puissance du canon D-25T, ainsi que le peu de place disponible à l'intérieur de la tourelle pour absorber le recul rendent également nécessaire l'adoption d'un frein de bouche (dont aucun autre char soviétique n'est doté [note 12], ce qui est parfois source de confusion[note 13]). Les développeurs expérimentent successivement une forme en T à simple chambre, qui s'avère trop fragile[note 14], puis une copie du frein à double chambre monté sur le Ferdinand allemand (appelé « du type allemand » dans la documentation officielle soviétique[28]), qui s'avère également insatisfaisant, avant d'arriver au modèle définitif[29].

l'IS-2 est équipé d'un viseur télescopique 10T-17, puis TSh-17 pour le tir direct. Il est de plus équipé d'un viseur périscopique PT4-17, qui est ultérieurement remplacé par un dispositif Mk IV[30].

Pour l'armement secondaire, la configuration déjà expérimentée pour le KV-85 est conservée, soit trois mitrailleuses DT de calibre 7,62 mm : une montée en position fixe sur le châssis et commandée par le conducteur, une coaxiale en tourelle et une montée sur rotule à l'arrière de la tourelle.

Motorisation

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L'IS-2 est propulsé par un moteur diesel V-2IS à 12 cylindres, d'une cylindrée de 39,9 litres, développant une puissance de 520 ch à 2300 tr/mn[note 1]. Son rapport poids/puissance de 11,3 ch/tonne et sa vitesse maximale sur route est de 37 km/h, avec une vitesse en tout-terrain de 16 km/h. Il peut franchir des obstacles avec des pentes jusqu'à 36°[31].

Le carburant est stocké dans trois réservoirs internes - deux dans compartiment de combat et un dans le compartiment moteur - pour une capacité totale de 520 litres. Pour accroitre l'autonomie, quatre bidons externes d'une capacité unitaire de 90 ou 100 litres selon les sources, sont montés à l'arrière du véhicule. Trois de ces bidons sont habituellement remplis de carburant (mais ne sont pas connectés au système d'alimentation du moteur) et le quatrième d'huile[32],[33].

Suspension et mobilité

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Le char est équipé d'une suspension à barres de torsion pour chacun des six galets de route jumelés. Les barbotins sont situés à l'arrière. La partie supérieure de la chenille repose sur trois petits galets porteurs. Chaque chenille est composée de 86 maillons dont un sur deux porte un bossage de guidage[34]. La pression au sol est de 0,81 kg par centimètre carré.

Le blindage de l'IS-2 est principalement constitué de pièces moulées, un procédé qui consiste à verser du métal en fusion dans un moule et à le laisser refroidir. Cette méthode permet de réduire les coûts et le temps de production (contrairement au Tigre II, son contemporain, dont la fabrication nécessite un usinage important). Le moulage facilite également la variation de la forme et de l'épaisseur du blindage, ce qui réduit la surface extérieure par rapport au volume du char. Cependant, le moulage doit tenir compte du retrait du métal lors du refroidissement (augmentation de sa densité) et, compte tenu des limitations de la technologie de moulage soviétique à l'époque, l'épaisseur du blindage de l'IS-2 peut varier même pour des pièces produites à partir du même moule[35].

Configuration du chassis, modèle 1943 (haut) and 1944 (bas).

Les principaux composants du char (châssis, tourelle, canon) proviennent d'usines sous-traitantes souvent proches de l'usine principale de l'Usine de Tcheliabinsk (ChKz - familièrement appelée Tankograd - la ville des chars) qui assure l'assemblage final pour la quasi-totalité de la production totale des 3395 IS-2 fabriqués pendant la guerre[1]. Sur ce total, seuls 10 exemplaires sont fabriqués par l'usine LKZ de Leningrad, dont le redémarrage après la libération du territoire est beaucoup plus lent que prévu[36].

Les premiers IS-2 - parfois qualifiés de modèles 1943 - se reconnaissent à la partie avant de la caisse, qui se relève au niveau de l'habitacle en formant une marche, avec une visière ouvrante pour le conducteur.

En 1944, l'avant de la coque est redessiné et ne forme plus de discontinuité, avec un angle constant de 60 degrés par rapport à la verticale, qui procure une bien meilleure protection. Ce nouveau nez est dépourvu de visière ouvrante pour le pilote. Ces versions sont souvent appelées « IS-2 - modèle 1944 » même si cette référence n'apparaît pas dans les documents officiels soviétiques de l'époque [37] (voir également la note sur les références ci-dessous).

Principales améliorations apportées ou envisagées pendant la guerre

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La liste des principales modifications apportées à l'IS-2 inclut :

  • adoption d'un mantelet élargi pour le canon D-25T, rendu notamment nécessaire par le frein de bouche qui interfère avec le champ visuel du tireur[38].
  • modification de l'avant de la coque mentionnée ci-dessus. Au moins trois versions différentes sont mises en œuvre par les différentes usines qui produisent cette partie de la coque[39].
  • ajout d'une chaise de route pour le canon à l'arrière du châssis[note 15].
  • ajouts de poignées pour l'infanterie transportée à partir de juillet 1944 [40]
  • addition, à partir de novembre 1944, d'une mitrailleuse DShK de calibre 12,7 mm montée sur le toit de la tourelle[41],[16].

Une autre amélioration - évaluée en 1944 mais finalement non retenue - est l'adoption d'un canon de calibre inférieur à celui du DT-25T, dans l'espoir de conserver les mêmes performances tout en réduisant la taille (et le poids) des obus - avec une augmentation simultanée de la capacité d'emport et de la cadence de tir. Parmi tous les candidats possibles, le canon de 100 mm D-10S, brièvement envisagé dès l'année 1943 mais encore en développement à l'époque, est testé en 1944. Les opinions sont partagées car certains résultats (comme la capacité de pénétration et la cadence de tir) sont bons mais l'arme n'est pas adoptée, notamment à cause de sa nouveauté (et donc de la difficulté de l'insérer dans le système logistique de l'Armée rouge) mais également à cause de la plus grande puissance de l'obus explosif de 122 mm[42]. Le D-10 est néanmoins choisi pour le chasseur de chars SU-100 et, après la guerre, il équipera les chars T-54 et T-55[43].

Synthèse de l'évolution des chars lourds soviétiques

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Le tableau ci-dessous montre que dans l'Armée rouge, l'évolution des chars lourds ne s'accompagne pas d'une prise de poids, contrairement à la Wehrmacht (57 tonnes pour le Tigre, 69 pour le Tigre II). De plus, la protection est fortement améliorée. Le prix à payer est une diminution de l'espace interne réservé tant à l'équipage qu'aux stockage de munitions.

Évolution des chars lourds soviétiques de la 2e Guerre Mondiale du KV-1 à l'IS-2[44]
KV-1
M1941
KV-1S
M1942
KV-85
M1943
IS-2
M1945
Équipage 5 5 4 4
Masse (tonnes) 47 42,5 47 46
Canon 76.2 mm
ZiS-5
76.2 mm
ZiS-5
85 mm
D-5T
122 mm
D-25T
Munitions 111 114 70 28
Armement secondaire 3× DT 3× DT 3× DT 3× DT
1 x 12.7mm DShK
Moteur 600 ch
V-2K
600 ch
V-2K
600 ch
V-25
520 ch
V-2IS
Carburant (litres) 600 975 975 820
Vitesse sur route (km/h) 35 45 40 37
Autonomie (km) 250 380 340 240
Autonomie (tout-terrain) (km) 150 240 220 180
Blindage (mm) 20–90 30–82 30–120 30–120

Histoire opérationnelle

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Organisation et tactique

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L'organisation des forces blindées soviétiques évolue sensiblement pendant la première moitié du conflit.

Ainsi, alors qu'en 1941, le KV-1 cohabite avec le char moyen T-34 et les chars légers T-60 puis T-70 au sein de brigades de chars mixtes, cette répartition se révèle inadaptée car, si les chars parviennent à peu près à se déplacer à la même vitesse sur route, les écarts de vitesse deviennent trop importants en tout-terrain et la cohésion des unités ne peut pas être maintenue. De plus, si les KV-1 sont correctement équipés de radios, ce n'est pas le cas pour tous les chars légers et moyens, ce qui aggrave encore les problèmes de coordination[7].

Aussi, dès l'année 1942, l'Armée rouge regroupe ses chars lourds KV-1 puis KV-1S au sein de régiments autonomes destinés principalement à l'appui des formations d'infanterie[45].

Cette organisation est conservée pour le char Staline. Si son poids le rend comparable au Panther, ce dernier est surtout employé au sein de divisions de chars alors que le rôle du Staline est plus proche de celui du Tigre qui sert comme fer de lance lors des percées. Le Staline est donc initialement déployé au sein de régiments autonomes de la Garde[note 16] appelés отдельный гвардейский тяжелый танковый полк (odtelni gvardeïski tiajeli tankovi polk) (OGvTTP)[note 17]. Chaque régiment compte 21 chars IS-2, répartis en quatre compagnies de cinq, plus un char pour le commandant du régiment[46]. Chaque équipage comprend deux officiers (le chef de char et le conducteur), ce qui est inédit dans l'Armée rouge, et deux sergents[47]. Ces régiments sont attachées temporairement aux divisions de fusiliers chargées de percer le front lors des offensives majeures[48]. Ils attaquent en priorité les positions fortifiées, telles que les lignes de défense antichar, les bunkers, les bâtiments et les armes enterrées et engagent les véhicules blindés allemands. Une fois la percée réalisée, des chars plus légers et plus mobiles sont utilisés pour l'exploitation et le nettoyage des positions ennemies[49].

Au cours de la guerre, l'Armée rouge crée au total 123 régiments indépendants de chars lourds de la Garde dont 58 sont dotés du char IS-2. À partir de la fin 1944, certains de ces régiments sont groupés par trois au sein de cinq brigades de chars lourds de la Garde[50] avec un effectif de 65 IS-2 par brigade.

Alors que l'emport de soldats embarqués lors d'une offensive, est une pratique courante dans l'Armée rouge, notamment à cause du manque de véhicules blindés de transport de troupe, la menace croissante des Faustniks armés de Faustpatrone - comme les soldats soviétiques nomment indistinctement les Panzerfausts et Panzerschrecks, la rend systématique, notamment pour le combat en zone urbaine. Chaque compagnie de cinq chars reçoit ainsi l'appui d'un peloton de fusiliers répartis en cinq groupes dotés de pistolets mitrailleurs et chaque rue est prise en compte par une paire de chars, qui assure la sécurité à partir de son côté de la voie. Cette méthode, ainsi que l'adoption d'une panoplie de protections contre les charges creuses (jupes, plaques, grillages) improvisées au niveau de chaque unité, aide à réduire les pertes, qui restent néanmoins élevées. Ainsi, par exemple, pendant la bataille de Berlin, la 67e brigade lourde de la Garde (ru), perd 12 machines détruites par l'artillerie ou les tanks mais 18 du fait des Faustniks[51].

Des chars IS-2 de la 7e brigade de chars lourds indépendante de la Garde devant le Reichstag, le 2 mai 1945

Dans l'Armée rouge

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Les premiers Staline, sont déployés au début de l'année 1944 pendant la reconquête de l'Ukraine. Cinq régiments de la Garde reçoivent des IS-1 : les 2e et 13e régiments au sein de la 2e armée de chars de la Garde pour la campagne de Korsun Tcherkassy ainsi que les 1er, 29e et 58e appartenant à la 1re armée de la Garde pour l'Offensive Proskourov-Tchernivtsi. Les IS-1 du 13e régiment sont engagés à partir du 15 février, puis de nouveau en mars aux alentours d'Uman. Les premières rencontres avec des Tigre confirment les insuffisances du canon de 85 mm[52].

Le premier engagement de l'IS-2 à lieu en avril 1944, avec le 11e régiment autonome de chars lourds de la Garde (ru), près de Tarnopol (aujourd'hui Tarnopil) en Ukraine[note 18]. Au cours de ces combats, le Staline est notamment confronté aux Tigre du 503e bataillon de chars lourds de la Wehrmacht[53]. Les rencontres avec le Tigre II sont rares, avec un combat (le premier ?) près de Sandomir enregistré en août 1944[54].

Le nombre de régiments d'IS-2 disponibles au front augmente lentement en 1944. Ainsi, selon S. Zaloga (1994, p 10-11), seuls quatre régiments sont engagés en support de l'Opération Bagration qui détruit le groupe d'armées Centre au cours de l'été. D'autres régiments sont engagés à la même période, notamment sur le front de Léningrad [55].

Le char participe en nombre croissant aux opérations suivantes jusqu'à la Bataille de Berlin. À ce stade de la guerre, chaque corps de chars comporte au moins un régiment équipé de Staline[56],[57].

Dans les forces alliées

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La seule force alliée qui reçoit des IS-2 pendant la guerre est l'Armée populaire de Pologne. Elle reçoit 71 chars et forme deux régiments de chars lourds qui participent activement à toutes les campagnes de l'automne 1944 à la fin de la guerre. Deux régiments supplémentaires sont encore en cours de formation lors de la capitulation allemande et n'ont pas le temps d'être engagés. La Tchécoslovaquie reçoit également quelques chars mais trop tard pour qu'ils soient engagés avant la fin du conflit[58].

Le bilan : forces et faiblesses de l'IS-2

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Alors que les observateurs occidentaux critiquent souvent les chars soviétiques pour leur construction rudimentaire et leur finition médiocre, les Soviétiques considèrent cette rusticité comme justifiée, compte tenu des nécessités du temps de guerre et de la durée de vie généralement courte de leurs chars sur le champ de bataille[59].

Selon un rapport d'opérations datant de l'été 1944, le char peut franchir une distance quotidienne de 70 à 100 km. Son rayon d'action est de 120 à 150 km et, en moyenne, les exemplaires en service ont parcouru 1100 km ou 270 heures, soit largement au dessus des 150 heures garanties par l'usine. Le même rapport rend hommage au canon mais critique la qualité des optiques ainsi que la forte quantité de fumée émise à chaque tir, qui révèle la position du char[60].

Comparé au Tigre I, l'IS-2 conserve des avantages en matière de blindage, même s'il est plus léger de 10 tonnes[61]. En 1944, il est le seul char allié produit en grande série dont le blindage offre une certaine protection contre les canons à long tube du Tigre de 88 mm et le canon de 75 mm L/70 du Panther.

Le tableau ci-dessous est extrait d'un rapport daté du 5 octobre 1944, établi par la section 6 du bureau des armes de l'armée de terre allemande (Heereswaffenamt ou HWA). Ce rapport, cité dans de nombreux ouvrages, établit la capacité de pénétration d'un blindage orienté à 60°[note 19] par rapport à la trajectoire de l'obus qui l'atteint. Ainsi, par exemple, dans ces conditions, un IS-2 peut déjà percer le glacis d'un Tigre I[note 20] à 1300 m tandis que ce dernier doit se rapprocher à 100 m du char soviétique pour obtenir le même résultat. Selon le même rapport, l'IS-2 ne peut jamais percer le glacis frontal d'un Panther (même à bout portant) mais peut percer les parois latérales ou arrière du-même Panther à grande distance (plus de 3500 m). Note : ce tableau donne des indications utiles mais ne précise pas les versions respectives des chars testés (le glacis du IS-2 modèle 1944 est très différent de celui du modèle 1943). De même, du fait de problèmes d'approvisionnement dans le cas des Allemands, ou de qualité de moulage chez les Soviétiques, de grandes variations de dureté ou de résilience des blindages peuvent être observées avec - notamment pour le Panther - un effondrement du niveau de protection, dû à une pénurie de manganèse à partir de la mi-1944 [62].

Capacités de pénétration comparées de l'IS-2 et de trois chars lourds allemands[note 21].
Tigre[63] Tigre II[64] Panther[65]
IS-2 contre Tigre Tigre contre IS-2 IS-2 contre Tigre II Tigre II contre IS-2 IS-2 contre Panther Panther contre IS-2
Frontal Tourelle 1 500 m 100 m m 2 300 m 1 500 m 800 m
Mantelet 3 500 m 100 m m 1 800 m+ 500 m 400 m
Glacis 1 300 m 100 m m 2 100 m+ m 600 m
Nez 1 000 m 300 m m 2 600 m+ 100 m 1 000 m
Latéral Tourelle 2 900 m 1 000 m 1 800 m 3 400 m+ 3 500 m+ 1 600 m
Superstructure 2 900 m 1 000 m 1 400 m 3 400 m 3 500 m+ 1 600 m
Chassis 3 500 m 1 500 m 2 900 m 3 500 m+ 3 500 m+ 2 000 m
Arrière Tourelle 2 900 m 100 m 900 m 1 800 m 3 500 m+ 400 m
Chassis 2 700 m 300 m 900 m 2 500 m 3 500 m+ 1 000 m

L'historien S. Zaloga résume bien la situation en écrivant que le Tigre et l'IS-2 peuvent se détruire mutuellement aux distances habituelles de combat (1000 m dans son exemple) et que, si l'IS-2 reste mieux protégé jusqu'à des distances supérieures, le Tigre conserve un avantage grâce à la qualité de ses optiques. En fait la victoire dépend au moins autant de la situation tactique (attaque, défense, embuscade etc..) et de l'expérience des équipages que des caractéristiques propres des engins[66].

Les points forts

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Grâce à une meilleure conception et une meilleure répartition de son blindage, l'IS-2 est mieux protégé que les chars de la série KV[67]. Il a pour principaux atouts son armement, son niveau de protection et sa rusticité.

Par rapport aux Tigre et Panther allemands, il est à la fois plus endurant et plus fiable, tout en se prêtant mieux à la production en grande série[note 22]. Il est légèrement plus lourd que le Panther et beaucoup plus léger que les Tigre I et II[note 23], avec un profil plus bas, notamment parce que, comme les autres chars soviétiques, il n'est pas doté d'un arbre de transmission traversant toute sa longueur puisque le barbotin est à l'arrière, ce qui présente le double avantage de simplifier la transmission mais également de diminuer la hauteur - et donc la vulnérabilité - du char [16]. Par contre, la combinaison d'un profil bas et d'une tourelle montée très en avant accroit le risque d'endommager le tube du canon lors de certaines manœuvres de franchissement.

Les faiblesses

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Le faible emport de munitions, la cadence de tir trop basse, la médiocrité des optiques et l'absence de panier dans la tourelle sont les points les plus notables. On peut y ajouter l'emplacement de deux des trois réservoirs d'essence dans le compartiment de combat, qui accroit le risque d'incendie. Par ailleurs, le char ne dispose en tout que deux trappes d'accès par la tourelle ce qui rend l'évacuation difficile en cas d'urgence (surtout pour le conducteur, malgré la présence d'une trappe sous le plancher mais on ne peut pas vraiment la qualifier d'issue de secours)[note 24].

Comparaison avec les Tigre, le Panther et le Pershing

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Du fait de la supériorité numérique écrasante de l'Armée rouge à la fin de la guerre, le nombre d'engagements entre le Staline et les chars lourds allemands est relativement faible[68]. Selon M. Baryatinskiy, on compte seulement une dizaine d'engagements avec les Tigre I[note 20] et II sur le Front de l'Est[69]. De ce fait, les Staline sont plus souvent confrontés aux canons antichars (PAK 40 notamment) et au armes anti-chars Panzerschreck ou Panzerfaust de l'infanterie et, pour lutter contre ces derniers, le rôle de l'armement secondaire et de l'infanterie d'accompagnement reste primordial. Toutefois, le comparaison entre les capacités mutuelles des principaux chars des belligérants reste légitime car elle illustre bien leurs philosophies de conception et leurs savoir-faire respectifs.

Comparaison avec les chars Panther[note 21], Tigre et Pershing)[70],[71]
IS-2 Panther Ausf. G Tigre I Tigre II M-26 Pershing
Équipage 4 5 5 5 5
Masse (tonnes) 46 45,5 57 69,8 42
Pression au sol (kg/cm2)[note 25]. 0,81 0,88 1,05 1,02 0,88
Canon 122 mm
D-25T/L43
75 mm
KwK 42/L70
88 mm
Kwk 36/L56
88 mm
KwK 43/L71
90 mm
M3
Munitions 28 81 92 84 70
Cadence de tir [note 26] 2 à 3 coups/mn 6 à 8 coups/mn[72] 5 à 8 coups/mn[73] 5 à 8 coups/mn[74] 8 coups/mn[75]
Puissance moteur (continue)[note 1] 520 ch
600 ch
600 ch
600 ch
550 ch
Puissance massique ch/tonne (arrondie) 11,3 13 10,5 8,6 13
Carburant (litres) 820 720 534 860 693
Autonomie (km) 240 200 140 170 160
Blindage (mm) 30–120 40-100 26-120 30-180 76-114

La fin de la guerre et ses suites

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Le successeur de l'IS-2 est l'IS-3, développé fin 1944 et qui sort d'usine en mai 1945. Ce dernier arrive cependant en unité trop tard pour participer aux combats. Avec la fin de la guerre, la production de l'IS-3 ne jouit plus du même niveau de priorité. Par ailleurs, si le nouveau char suscite l'admiration - et l'inquiétude - chez les puissances occidentales, il a été développé trop rapidement et des problèmes de moteur, de boîte de vitesse et de blindage apparaissent rapidement. Malgré deux programmes d'amélioration (à partir de 1948 puis à la fin des années 50), l'IS-3 ne remplacera jamais entièrement son prédécesseur[76].

À partir de 1954, puis - dans un deuxième temps - de 1957, les chars IS-2 restant (principalement des variantes du modèle 1944) sont portés au standard IS-2M, avec des améliorations telles que le raccordement des réservoirs de carburant externes au système interne du tank ainsi que l'ajout de coffres de rangement des deux côtés de la coque et de jupes de protection le long des bords supérieurs des chenilles. Le programme de modernisations se poursuit avec notamment le remplacement du moteur V-2-IS par le V-54K-IS ainsi que de nombreuses améliorations au niveau de la transmission, du train de roulement, de l'équipement optique et des radios. Enfin, la capacité d'emport d'obus est portée de 28 à 35[77].

Dans les années 1950, l'émergence du concept de char de combat principal – alliant la mobilité d'un char moyen à la puissance de feu et au blindage d'un char lourd – rend progressivement ces derniers obsolètes. Comme le constate la majorité des états-majors, le char lourd, s'il procure un gain d'efficacité de 20 à 30 % par rapport au char moyen, coûte deux fois plus cher et le concept est abandonné progressivement par l'ensemble des forces armées - à l'Est comme à l'Ouest[78]. À la fin des années 1960, les derniers chars lourds soviétiques sont transférés à la réserve de l'Armée rouge et stockés. L'IS-2 modèle 1944 reste en service beaucoup plus longtemps dans les armées cubaine, chinoise et nord-coréenne (un régiment d'IS-2 chinois est disponible pour la guerre de Corée, mais n'y participe pas).

Versions et variantes

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Note sur les références : Certaines publications (notamment Zaloga, 1994) divisent la production de l'IS-2 entre « modèles 1943 » et « modèles 1944 » (ou IS-2m). Cette classification est pratique mais anachronique car les documents d'époque en russe ne faisaient pas de différence entre les années de production[79]. Par ailleurs, les dates d'introduction de ces modifications et améliorations s'étendent sur toute la durée de la production.

  • IS-1 ou IS-85 (Objet 237) : Modèle de 1943 armé d'un canon de 85 mm. Après l'apparition de l'IS-2, un certain nombre d'exemplaires sont réarmés avec des canons de 122 mm.
  • IS-2 ou IS-122 (Objet 240).
  • IS-2T (T=Tiagatch - tracteur). Char de dépannage sans tourelle. Quelques machines livrées en 1945[80].
  • IS-2M Modernisation des chars IS-2 préexistants à partir de 1954 (voir détails ci-dessus).

Les opérateurs principaux

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Cette liste ne comprend que les armées qui ont reçu un nombre significatif de chars.

Seconde Guerre mondiale

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  • Drapeau de l'URSS URSS Union soviétique Armée rouge : Char de percée lourd de 1944-1945. Armée soviétique : Retiré du service au début des années 1970. Retrait complet des modèles 1943 et 1944 en 1995.
  • Drapeau de la Pologne Pologne Armée populaire polonaise : Environ 71 IS-2 ont été utilisés au combat entre 1944 et 1945. 180 IS-2 ont survécu jusqu'en 1955 et sont restés en service jusqu'aux années 1960 ; certains ont ensuite été convertis en véhicules blindés de dépannage .

Guerre froide

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  • Drapeau de la République populaire de Chine Chine Armée populaire de libération : 60 IS-2 livrés en 1950-1951. Déployés - mais non engagés - pendant la guerre de Corée.
  • Drapeau de Cuba Cuba Armée cubaine : 41 IS-2M livrés en 1960.
  • Drapeau de l'Allemagne de l'Est RDA NVA : 60 IS-2 livrés en 1956. En service jusqu'en 1963.

Véhicules survivants

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Deux chars IS-2 modèle 1943 au musée des chars de l'Armée populaire de libération , à Pékin
Char IS-2M restauré sur le terrain d'entraînement du district militaire est.

Quelques exemples de localisations de chars IS-2 survivants :

  • Musée de l'Armée polonaise, Varsovie, Pologne
  • Musée des armes de Fort Winiary , Poznań, Pologne
  • Exposition extérieure au parc Chrobry, Lębork , Pologne
  • Musée des armes blindées du centre d'entraînement des forces terrestres de Poznań, Pologne (machine préservée en état de marche, voir la vidéo ci-dessus au paragraphe )
  • Musée des chars de l'Armée populaire de libération, Pékin, Chine.
  • Musée de la Guerre d'Overloon, Pays-Bas.
  • Musée de l'histoire de l'Ukraine dans la Seconde Guerre mondiale, Kiev, Ukraine
  • Musée de la forteresse de Kurzeme, Zante, Lettonie.
  • Diorama de la bataille de Koursk, à Belgorod, en Russie.
  • American Heritage museum, Stow, Massachusetts , États-Unis
  • Musée des Blindés de Lešany, République tchèque
  • Monument commémoratif de guerre de Siekierki, Siekierki , Poméranie occidentale , Pologne

Notes et références

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  1. 1 2 3 La puissance continue est inférieure à la puissance maximum qui est parfois indiquée. Par exemple, pour l'IS-2, ces valeurs sont respectivement 520 et 600 cv.
  2. 1 2 Le nom de la série est une abréviation du nom Joseph Staline (en russe : Иосиф Сталин, Iosif Staline) ; IS-2 est une translittération directe de l'abréviation russe, tandis que JS-2 est une abréviation de la forme française du nom de Staline.
  3. L'IS-2 n'était plus déployé depuis longtemps dans les unités de première ligne mais restait en service dans des unités de réserve
  4. Le canon ZIS-5 de 76,2 mm qui équipe le KV-1 est un dérivé du F-34 qui équipe le T-34, très légèrement modifié pour pouvoir s'adapter dans sa tourelle. Source Zaloga, 1995, p 10
  5. Dans le KV-1, le chef de char est également chargeur/approvisionneur au profit du tireur tandis et le troisième occupant de la tourelle est en fait un assistant-conducteur qui encombre plus qu'il ne rend service lors des combats. En pratique, ce cinquième poste n'est pas toujours occupé en cas de pénurie de personnel Source: Zaloga 1995, p. 9
  6. изделие (izdelié), objet ou produit, est le nom générique pour un modèle développé par un bureau d'études militaire en URSS
  7. Les références utilisées en interne pour les deux projets sont source de confusion. En effet, le prototype KV-13/objet 233 était initialement identifié comme IS-1 tandis que celui de l'Objet 234, lui, était identifié comme... IS-2. Ces mêmes références seront ultérieurement adoptées pour les deux premières phases du char Staline lors de la production en série : référence: Zaloga 1995, Samsonov 2022, Baryatinskiy 2006
  8. En comparaison, il faudra attendre les combats de 1944 (en Normandie puis dans les Ardennes) pour que l'armée américaine décide de déployer son char lourd M26 Pershing en Europe. Source : Steve Zaloga ; Armored Champion, 2015, p. 261-2632
  9. Un panier comporte un plancher qui est solidaire de la tourelle (et pivote donc avec elle). Aucun char soviétique de cette époque n'en possède.
  10. M. Baryatinskkiy (2006) mentionne qu'il reste 37 IS-1 encore en service en 1945
  11. Les données de ce tableau proviennent de la combinaison de deux sources : Higgins, 2011 - p 27 - qui ne cite que le BR-171 et Baryatinskkiy,2006 - p 29 qui ne fournit pas de données pour la distance de 1500 m.
  12. L'Armée rouge est opposée à l'utilisation des freins de bouche à cause des nuisances qu'ils créent pour le personnel à proximité (bruit et projections de gaz) et parce que ces mêmes projections soulèvent un nuage de poussière qui révèle la position du char lors d'un tir
  13. Des soldats allemands pensent être en présence de Panther, lors des premières apparitions de l'IS-2 à cause du frein de bouche. Général von Senger und Etterling, cité par Jean Lopez in Le Chaudron de Tcherkassy-Korsun Et la bataille pour le Dniepr (septembre 1943 - février 1944) Economica 2011/2016 - p 328
  14. On cite souvent l'éclatement d'un modèle lors d'un essai au pas de tir, qui manque de tuer Piotr Vorochilov (le fils adoptif du ministre). Source : Samsonov 2022, p 46
  15. C'est un système qui permet, en amarrant le tube du canon au châssis, de le protéger lors des transits - par rail ou par route - et d'éviter tout endommagement ou perte de calibration
  16. Dans l'armée soviétique - comme dans l'armée russe contemporaine - le titre honorifique de la Garde est en général attribué à des formations (régiment, corps, division ou armée) qui se sont distinguées au combat (Référence : Jean Lopez, Koursk, 5 juillet-20 août 1943, les quarante jours qui ont ruiné la Wehrmacht, Paris, Economica, 2008, 317 p. (ISBN 978-2-7178-5514-2) p 55). Certaines formations, comme par exemple les lance-roquettes multiples Katioucha portent systématiquement cette appellation. Cela semble également être le cas pour les régiments de chars lourds (voir cependant note ci-dessous) - ref : Higgins, 2011 - p 45
  17. S. Zaloga mentionne dans deux de ses ouvrages (Armored Champions, Stackpole, 2015 p.217 et Tanks in Operation Bagration 1944, Osprey, 2023 p 14) des unités "ordinaires" отдельный танковый полк прорыва, odtelni tankovi polk provina (OTPP) qui ne portent donc pas la dénomination « de la Garde ».
  18. Jean Lopez (dans Le Chaudron de Tcherkassy-Korsun (2011), p 328) cite toutefois, sur la base de témoignages, un engagement de IS-2 - clairement identifiés par leur frein de bouche - dès février 1944, ce qui est en contradiction avec les dates citées par les autres auteurs. Il est probable que l'information donnée par le témoin est juste mais la date erronée.
  19. C'est à dire que le glacis frontal du char adverse n'est pas perpendiculaire à la trajectoire de l'obus car l'axe du char est orienté 30° vers la droite ou la gauche par rapport à celle-ci
  20. 1 2 L'appellation de Tigre I a été attribuée rétroactivement pour le différencier du Tigre II, apparu mi-1944. Dans cette article, elle n'est utilisée que lorsqu'il existe un risque de confusion entre les deux tanks
  21. 1 2 Bien que sa masse soit identique à celle de l'IS-2, qui est classé comme char lourd par les Soviétiques, le Panther, est classé char moyen par les Allemands. En pratique, la mission de l'IS-2 est plus proche de celle du Tigre que de celle du Panther.
  22. Il est également très probablement moins coûteux à produire du fait notamment de sa rusticité mais aucune comparaison chiffrée n'est possible, en dehors peut-être de celle des temps d'assemblage nécessaires
  23. La différence de poids par rapport aux deux Tigre, le favorise également quand le terrain contraint les "fauves" allemands à rester sur des routes en laissant une grande liberté de manœuvre au char soviétique - voir par exemple : Christopher Wilbeck, Sledgehammers: Strengths and Flaws of Tiger Tank Battalions in World War II, Aberjona, 2004, p. 134-135
  24. M Baryatinskkiy, 2006 - p 51 - mentionne la consigne d'interdiction de verrouillage des trappes de tourelle adoptée notamment en combat urbain afin que les fantassins puissent aider d'éventuels survivants blessés à évacuer leur char après une attaque de Faustniks...
  25. Certaines publications indiquent deux valeurs en fonction de la dureté du sol, la pression diminuant si le char s'est enfoncé dans un sol mou puisqu'une plus grande partie de la chenille est en contact avec le sol (avec toutefois une plus forte résistance à l'avancement).
  26. De nombreux facteurs influent sur la cadence de tir, dont le volume et l'ergonomie de la tourelle, la capacité physique et le niveau d'expérience du chargeur, le positionnement du char ainsi que les circonstances (champ de tir, combat réel etc.). Par exemple, pour le seul char Panther, Robert Forczyk (Panther vs T-34 Ukraine 1943; Osprey, Oxford, 2007 p. 29 ) donne une cadence de 3 à 5 coups/mn (sans citer de source) alors que M et G Green, citant "les manuels allemands" indiquent 6 à 8 (valeur qui est retenue ici) mais Walter Spielberger (The Panther & Its Variants; Schiffer Publishing, 1993, p. 160-161) cite un rapport du Ministère de la Guerre français qui mentionne une cadence pouvant aller jusqu'à 20 coups/mn "dans des cas exceptionnels". Les différents auteurs s'accordent cependant pour écrire que la cadence de tir des chars allemands était au moins le double de celle de l'IS-2, même doté de la culasse semi-automatique.

Références

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  1. 1 2 3 Samsonov 2022, p. 69
  2. Baryatinskiy 2026, p. 60
  3. Jean Lopez, Lasha Otkhmezuri - Barbarossa 1941. La guerre absolue - Editions Passés composés, 2019, 956 p -isbn=978-2-37933-186-2 p 246 (édition élecronique)
  4. Zaloga 1995, p. 21-22
  5. Higgins 2011, p. 12
  6. Zaloga 1994, p. 3-4
  7. 1 2 Zaloga 1995, p. 40
  8. Zaloga 1995, p. 41-44
  9. Zaloga 1995, p. 42-43
  10. Zaloga 1994, p. 4
  11. Baryatinskiy 2026, p. 4-7
  12. Zaloga 1994, p. 5
  13. Higgins 2011, p. 16
  14. 1 2 Samsonov 2022, p. 38
  15. Zaloga 1995, p. 45
  16. 1 2 3 Higgins 2011, p. 20
  17. Samsonov 2022, p. 39
  18. Zaloga 1994, p. 6
  19. Samsonov 2022, p. 42
  20. 1 2 Samsonov 2022, p. 41
  21. Samsonov 2022, p. 42-44
  22. Samsonov 2022, p. 75
  23. Higgins 2011, p. 28,74
  24. Higgins 2011, p. 29
  25. Samsonov 2022, p. 60
  26. Higgins 2011, p. 74
  27. Baryatinskiy 2026, p. 22
  28. Baryatinskiy 2026, p. 18
  29. Samsonov 2022, p. 61
  30. Samsonov 2022, p. 44-47,59
  31. Baryatinskiy 2026, p. 27
  32. Baryatinskiy (2006), p 26
  33. Samsonov 2022, p. 87-88, 96
  34. Higgins 2011, p. 18
  35. Higgins 2011, p. 28
  36. Samsonov 2022, p. 69-70
  37. Samsonov 2022, p. 63-64,86
  38. Baryatinskiy 2026, p. 17
  39. Samsonov 2022, p. 63
  40. Samsonov 2022, p. 62
  41. Samsonov 2022, p. 68
  42. Zaloga (1994) p 15 et Samsonov (2002) p 78
  43. Samsonov 2022, p. 78
  44. Zaloga & Grandsen (1984) pp. 119, 176
  45. Higgins 2011, p. 12-13
  46. Zaloga 1994, p. 8
  47. Baryatinskiy 2026, p. 31
  48. Zaloga 2023, p. 14
  49. Zaloga 1994, p. 8-9
  50. Source : Baryatinskiy (2006), p 47 ; Higgins (2011) p 46, quant à lui, en dénombre neuf
  51. Baryatinskiy 2026, p. 48, 53
  52. Baryatinskiy 2026, p. 38-39
  53. Zaloga 1994, p. 9
  54. Baryatinskiy 2026, p. 41
  55. Baryatinskiy 2026, p. 42-43
  56. Zaloga 1994, p. 16
  57. Baryatinskiy 2026, p. 47
  58. Zaloga 1994, p. 38
  59. Perrett 1987, p. 20
  60. Baryatinskiy 2026, p. 41-42
  61. Zaloga 1994, p. 25
  62. Baryatinskiy (2006), p 32
  63. Tom Jentz, Hilary Doyle & Peter Sarson, Tiger Heavy Tank 1942-45, Osprey Publishing - New Vanguard, 1993, p 20, isbn 185532-337-0
  64. Tom Jentz, Hilary Doyle & Peter Sarson, Kingtiger Heavy Tank 1942-45, Osprey Publishing - New Vanguard, 1993, p 35, isbn 1-85532-282-x
  65. Thomas Anderson, Panther, Osprey Publishing, 2017 p 208, isbn 978-1-4728-2703-6
  66. Zaloga 1994, p. 13
  67. Zaloga 1981, p. 28
  68. Zaloga 1994, p. 11
  69. Baryatinskiy 2026, p. 341
  70. Steve Zaloga ; Tanks in the Battle of Germany - Eastern Front ; Osprey Publishing, Oxford, UK ; 2022 ; p. 43, 176
  71. Zaloga 2015, p. 288
  72. Michael et Gladys Green ; Panther Germany’s quest for combat dominance, Osprey Publishing, Oxford, 2012 ; p. 57 ; isbn=978-1-84908-841-1
  73. Peter Samsonov: Achtung Tiger ! How The Allies Defeated Germany's Heavy Tank; Military History Group, London ; 2024, p. 121; isbn=978-1-915453-20-4
  74. Higgins 2011, p. 14
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  76. Baryatinskiy 2026, p. 77, 81
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  78. (en) Steven J. Zaloga, Tanks at the Iron Curtain 1946 - 1960, vol. 301, Oxford, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », , 48 p. (ISBN 9781472843319), p. 7, 10, 20, 25, 30-31.
  79. Samsonov 2022, p. 66
  80. Zaloga 1994, p. 44

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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Ouvrages sur l'IS-2

[modifier | modifier le code]
  • (en) Mikhail Baryatinskiy, The IS Tanks. IS-1, IS-2, IS-3, Ian Allan Publishings, Russian Armour Volume 1, , 96 p. (ISBN 978-0-7110-3162-3). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) David R. Higgins, Kingtiger vs. IS-2: Operation Solstice 1945, Osprey Publishing, coll. « Duel », , 80 p. (ISBN 978-1-84908-404-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Peter Samsonov, IS-2: Development, Design and Production of Stalin's War Hammer, London, Military History Group, (ISBN 978-1-915453-10-5). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Steven Zaloga, IS-2 Heavy Tank 1944-73, t. 7, Oxford, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », , 48 p. (ISBN 1-85532-396-6). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Ouvrages plus généraux

[modifier | modifier le code]
  • (en) Bryan Perrett, Soviet Armour Since 1945, Blandford Press, , 160 p. (ISBN 0-7137-1735-1). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Steven Zaloga, Jim Kinnear et Peter Sarson, KV-1 & KV-2 Heavy Tanks 1939-45, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », , 48 p. (ISBN 978-1-85532-496-1). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Steven Zaloga et James Grandsen, Soviet Heavy Tanks, Osprey Publishing, coll. « Vanguard », , 40 p. (ISBN 0 85045 422 0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Steven Zaloga, Armored Champion - The Top Tanks of Word War II, Stackpole Books, , 40 p. (ISBN 978-0-8117-1437-2). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Steven Zaloga et Felipe Rodriguez, Tanks in Operation Bagration 1944 - The demolition of Army Group Center, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », , 48 p. (ISBN 9781472853950). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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